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Ce « Regards croisés » articule l'économie et la sociologie autour d'une question : « Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la justice sociale ? » On y situe les grandes tendances des inégalités depuis le début du XXe siècle, on apprend à interpréter les outils qui les mesurent (courbe de Lorenz, coefficient de Gini, rapports inter-quantiles, part du top 1 %, corrélation des revenus entre parents et enfants), à distinguer les formes d'égalité (droits, chances, situations) et les grandes conceptions de la justice (utilitarisme, libertarisme, égalitarisme libéral de Rawls, égalitarisme strict), puis à évaluer l'action des pouvoirs publics, exercée sous contrainte de financement et discutée en termes d'efficacité, de légitimité et d'effets pervers. Attention : ce questionnement est au programme mais HORS du programme d'examen depuis la session 2025 (note de service du 17-9-2024) — aucun sujet ne peut porter dessus, ses notions restent en revanche mobilisables ailleurs et au Grand oral.
5 sections~34 min de lecture4 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord le vocabulaire (égalité des droits / des chances / des situations) et la lecture commentée d'une courbe de Lorenz et d'un rapport interdécile. Ce sont des acquis de cours : le questionnement étant hors programme d'examen, ils te serviront comme exemples et comme savoir-faire de lecture dans un sujet portant sur un autre questionnement.
niveau approfondi
Vise la mise en relation : rattache chaque mesure à une conception de la justice (un Gini élevé n'a pas le même sens pour un libertarien et pour un égalitariste strict) et tiens séparés les trois débats du programme — efficacité, légitimité (consentement à l'impôt), effets pervers. Ce chapitre ne peut pas faire l'objet d'un sujet, mais il fournit des arguments de premier ordre pour un raisonnement sur les politiques économiques ou le chômage, et une excellente matière de Grand oral.
Profondeur de lecture : Approfondi
Taille du texte : Standard · Interligne : Compact
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5 sections25 points clés3 formules25 pièges signalés
Le cumul des inégalités
Vocabulaire
→ CartesÀ l'aide d'un exemple, montrez que les inégalités peuvent présenter un caractère cumulatif. (exercice de cours ; rappel : ce questionnement n'est pas au programme d'examen)
Une inégalité est une différence hiérarchisée d'accès à des ressources socialement valorisées. Le caractère cumulatif signifie qu'un désavantage sur une dimension en entraîne d'autres.
Partons d'une inégalité économique : un ménage à faible revenu et faible patrimoine.
Ce faible revenu réduit l'accès à un logement sain et à des soins (inégalité de santé), pèse sur l'environnement d'étude des enfants (inégalité scolaire), donc à terme sur leur diplôme et leur revenu d'adulte.
Les inégalités ne s'additionnent pas seulement : elles se renforcent et se transmettent entre générations, ce qui peut fragiliser la cohésion sociale.
Résultat : L'exemple montre qu'une inégalité économique initiale se prolonge en inégalités sociales (santé, école) qui reproduisent l'inégalité économique à la génération suivante : c'est le caractère cumulatif des inégalités.
Erreurs fréquentes
Révision active
En vous appuyant sur deux exemples précis, montrez que les inégalités présentent un caractère à la fois multiforme et cumulatif ; puis, en une phrase, situez la période actuelle dans l'évolution des inégalités de revenu depuis le début du XXe siècle.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Courbe de Lorenz et aire de concentration (Gini)
Vocabulaire
→ CartesCoefficient de Gini
Le coefficient de Gini G est le double de l'aire de concentration, c'est-à-dire de l'aire comprise entre la diagonale d'égalité parfaite et la courbe de Lorenz. G = 0 : égalité parfaite ; G se rapproche de 1 à mesure que la concentration augmente. Cette relation s'interprète, elle ne se calcule pas en SES.
Rapport interdécile D9/D1
D9 est le revenu au-dessus duquel se situent les 10 % les plus aisés ; D1 le revenu en dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes. Un rapport de 3,4 signifie que le seuil D9 vaut 3,4 fois le seuil D1. Ce sont deux seuils, jamais deux moyennes.
La concentration du revenu par décile
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Le document présente une courbe de Lorenz pour laquelle 50 % de la population la plus modeste détient 18 % du revenu total, et le coefficient de Gini vaut 0,42. Rédigez une phrase de lecture du point indiqué, puis interprétez la valeur du Gini.
On lit sur la courbe que les 50 % de la population aux revenus les plus faibles ne perçoivent que 18 % du revenu total. En situation d'égalité parfaite, ces 50 % en percevraient 50 % : l'écart de 32 points de pourcentage mesure l'inégalité.
Le coefficient de Gini est compris entre 0 et 1 : 0 = égalité parfaite (courbe confondue avec la diagonale), 1 = inégalité maximale (une personne détient tout).
Un Gini de 0,42 traduit une inégalité notable de la répartition du revenu : la courbe de Lorenz s'écarte sensiblement de la diagonale. Il faut le comparer (à un autre pays, à une autre date) pour le qualifier, mais on est nettement au-dessus de 0.
Le Gini résume la concentration en un seul nombre, mais ne dit rien de la forme précise des inégalités : on le complète par la part du top 1 % et par le rapport interdécile.
Résultat : Les 50 % les plus modestes ne détiennent que 18 % du revenu (contre 50 % attendus en égalité parfaite), et un Gini de 0,42 confirme une inégalité importante, à compléter par d'autres indicateurs.
On classe d'abord la population du plus pauvre au plus riche, en abscisse, et on porte en ordonnée la part cumulée du revenu qu'elle détient.
La diagonale figure l'égalité parfaite : à chaque part de population correspond une part égale du revenu.
La vraie courbe passe en dessous : les premiers déciles détiennent peu de revenu, l'écart à la diagonale grandit.
Le coefficient de Gini est le double de l'aire entre la diagonale et la courbe : plus cette aire est grande, plus le Gini est proche de 1 et plus la société est inégalitaire.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une courbe de Lorenz et de deux coefficients de Gini (0,30 puis 0,45), rédigez la phrase de lecture d'un point de la courbe, puis comparez les deux situations en termes d'inégalité. Vous n'avez rien à calculer : ces indicateurs se lisent et s'interprètent.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Efficacité et équité : deux canaux opposés
Vocabulaire
→ CartesVous montrerez que l'action des pouvoirs publics réduit les inégalités, puis vous discuterez les limites et les débats qu'elle suscite. (exercice de cours ; rappel : ce questionnement n'est pas au programme d'examen)
Prélèvements progressifs et prestations resserrent l'écart entre les revenus disponibles ; les services collectifs (école, santé) réduisent encore les inégalités mesurées et soutiennent l'égalité des chances.
Certains économistes soulignent des désincitations possibles : prélèvements élevés et prestations mal calibrées pourraient décourager le travail ou l'effort (trappe à inactivité). Ces effets sont discutés et d'ampleur incertaine, à présenter comme un débat.
Le débat est aussi normatif : pour les libertariens, la redistribution imposée porte atteinte à la liberté et aux droits de propriété ; pour les égalitaristes stricts, elle reste insuffisante face aux inégalités de situation.
La « bonne » dose de redistribution résulte d'un arbitrage entre efficacité et équité, qui n'est pas un calcul objectif mais un choix politique dépendant de la conception de la justice retenue. D'où la permanence du débat.
Résultat : La redistribution réduit réellement les inégalités, mais ses effets sont ambivalents : son ampleur fait l'objet d'un arbitrage entre efficacité et légitimité, qui dépend de la conception de la justice sociale que l'on défend.
Erreurs fréquentes
Révision active
Montrez que l'action des pouvoirs publics réduit les inégalités, puis discutez-en les limites en distinguant nettement les trois débats du programme : l'efficacité, la légitimité (consentement à l'impôt) et les effets pervers.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol
Voir aussi