EuraStudy
Fiches/SES — Sciences économiques et sociales/La structure de la société française actuelle
FR · Bac

La structure de la société française actuelle

Décrire la société française suppose d'abord de choisir ses instruments : la nomenclature des PCS de l'Insee, mais aussi le revenu, le diplôme, le sexe, la position dans le cycle de vie, le lieu de résidence et la composition du ménage, dont les découpages ne se superposent jamais tout à fait. Deux traditions en proposent la lecture — les classes antagonistes de Marx, les trois ordres de Weber — tandis que l'histoire longue de la structure socioprofessionnelle, faite de salarisation, de tertiarisation, d'élévation des qualifications et de féminisation, nourrit un débat toujours ouvert sur la pertinence d'une analyse en termes de classes. Ce questionnement figure au programme de l'épreuve écrite.

5 sections·~40 min de lecture·3 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0666 / 12
Profil d’examen
Socio 1.1 · Savoir identifier les multiples facteurs de structuration et de hiérarchisation de l'espace social : catégorie socioprofessionnelle, revenu, diplôme, composition du ménage, position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidenceSocio 1.2 · Comprendre les principales évolutions de la structure socioprofessionnelle en France depuis la seconde moitié du XXe siècle : salarisation, tertiarisation, élévation du niveau de qualification, féminisation des emploisSocio 1.3 · Connaître les théories des classes et de la stratification sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) et comprendre que la pertinence d'une approche en termes de classes fait débat : distances inter- et intra-classes, articulation avec les rapports sociaux de genre, identifications subjectives, facteurs d'individualisation
Opérateurs :définirdistinguerillustrerinterpréterlire un tableau / un graphiquecalculer une proportionargumenter / discuter

niveau de base

Maîtrise d'abord les définitions clés (structure sociale, PCS, classe sociale, stratification) et sache lire un graphique d'évolution des PCS pour décrire la société française aujourd'hui.

niveau approfondi

Sache mettre en tension Marx et Weber et mobiliser le débat moyennisation/polarisation pour discuter, exemples chiffrés à l'appui, la pertinence actuelle d'une lecture en termes de classes.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard · Interligne : Compact

Toujours charger les médias : désactivé

Sommaire · 5 sections▾
  1. La structure de la société française actuelle
    • 01Les facteurs de structuration de l'espace social français○
    • 02Les PCS : un outil de description de la société française◐
    • 03L'approche en termes de classes sociales : la lecture marxienne◐
    • 04L'approche en termes de stratification : la lecture wébérienne●
    • 05Moyennisation, polarisation : la structure sociale aujourd'hui●

5 sections · 25 points clés · 2 formules · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Les facteurs de structuration de l'espace social français#

~8 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Structure-de-la-société-française-actuelleBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

L'espace social multidimensionnel

L'espace social multidimensionnelroue segmentée, 7 segments, Données: Position sociale, PCS, Revenu, Diplôme, Âge, Sexe, Lieu de résidence, MénagePCSRevenuDiplômeÂgeSexeLieu de résidenceMénagePosition sociale

Points clés

La structure sociale désigne la manière dont une société est organisée en groupes sociaux hiérarchisés et différenciés ; l'espace social est l'ensemble des positions occupées par les individus, structuré par des distances sociales.
L'identification des groupes sociaux repose sur une multiplicité de critères : la catégorie socioprofessionnelle (PCS), le revenu, le diplôme, la position dans le cycle de vie (âge), le sexe, le lieu de résidence et la composition du ménage. Aucun critère pris isolément n'épuise la description de la société.
Ces facteurs se cumulent et se recoupent partiellement : un cadre diplômé, résidant en centre-ville d'une grande métropole, ne se distingue pas seulement d'un ouvrier par sa PCS, mais aussi par son revenu, son diplôme et souvent son lieu de résidence. Les inégalités sont ainsi multiformes et parfois cumulatives.
Mais ces facteurs peuvent aussi se croiser de façon non congruente : une jeune femme diplômée mais en début de carrière peut avoir un diplôme élevé et un revenu faible. La multidimensionnalité de l'espace social explique pourquoi un seul axe (par exemple le revenu) ne suffit jamais à rendre compte des positions sociales.
Le sexe et l'âge structurent l'espace social : à PCS identique, femmes et hommes connaissent des écarts de salaire et de carrière ; la position dans le cycle de vie (étudiant, actif, retraité) modifie revenu et mode de vie. Le lieu de résidence (métropole, périurbain, rural) et la composition du ménage (personne seule, couple, famille monoparentale) sont également différenciateurs.
Parler d'« espace social » plutôt que d'échelle sociale n'est pas une coquetterie de vocabulaire. Une échelle n'a qu'un axe et impose un ordre unique ; un espace en a plusieurs, et deux positions peuvent y être proches sur l'un et éloignées sur l'autre. Pierre Bourdieu construit ainsi l'espace social français à partir du volume et de la structure des capitaux détenus, en distinguant le capital économique (revenus, patrimoine) du capital culturel (diplômes, familiarité avec la culture légitime) : un professeur et un chef d'entreprise peuvent disposer d'un volume de capital comparable tout en occupant des positions opposées quant à sa structure. La distance sociale se mesure alors dans cet espace, et non sur une file d'attente.
Deux précautions de méthode font gagner des points. D'abord, ces facteurs ne se superposent pas, et une statistique le montre mieux qu'une affirmation : parmi les personnes en emploi en 2025, les employés rassemblent 37,5 % des femmes contre 11,7 % des hommes, et les ouvriers 6,9 % des femmes contre 27,6 % des hommes (Insee, enquête Emploi). Le sexe redistribue donc massivement les positions à l'intérieur d'une même nomenclature. Ensuite, la position dans le cycle de vie se lit rarement telle quelle : dans la même enquête, la part des cadres est de 9,5 % chez les 15-24 ans et de 26,2 % chez les 25-49 ans, mais cet écart mêle un effet d'âge — on devient cadre après des années de carrière — et un effet de génération — les jeunes générations sont plus diplômées. Confondre les deux en commentant un tableau par âge est l'erreur de lecture la plus fréquente sur ce thème.

Vocabulaire

→ Cartes
  • structure socialeManière dont une société est organisée en groupes différenciés et hiérarchisés, de façon durable et indépendamment des individus qui les occupent.
  • espace socialReprésentation des positions sociales selon plusieurs dimensions à la fois, où deux positions peuvent être proches sur un axe et éloignées sur un autre.
  • distance socialeÉcart entre deux positions dans l'espace social, mesuré par la différence de ressources, de pratiques et de chances qui les sépare.
  • position dans le cycle de vieÉtape de l'existence occupée par un individu — études, activité, retraite — qui modifie son revenu, son mode de vie et sa place dans les statistiques.
  • effet d'âgeDifférence entre classes d'âge qui tient à l'étape de la vie elle-même, et que chaque génération connaîtra à son tour en vieillissant.
  • effet de générationDifférence entre classes d'âge qui tient à ce que les cohortes n'ont pas vécu la même histoire, et qui persiste lorsqu'elles vieillissent.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Croiser deux critères sur des données réelles

En 2023, le salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein des salariés du privé s'élève à 4 570 € pour les cadres, 2 660 € pour les professions intermédiaires, 2 030 € pour les ouvriers et 1 960 € pour les employés (Insee, base Tous salariés). Parmi les personnes en emploi en 2025, les employés rassemblent 37,5 % des femmes contre 11,7 % des hommes, et les ouvriers 6,9 % des femmes contre 27,6 % des hommes (Insee, enquête Emploi). Montrez que l'identification des groupes sociaux mobilise plusieurs critères qui ne se rangent pas dans le même ordre.

  1. 01Nommer les critères en présence

    Trois entrent en jeu : la profession (la PCS elle-même), le revenu (le salaire moyen du groupe) et le sexe (la composition du groupe). Décrire la société avec un seul de ces axes revient à en perdre deux.

  2. 02Mesurer la distance de revenu

    On rapporte le salaire moyen des cadres à celui des ouvriers : 4 570 / 2 030 ≈ 2,25. Un cadre gagne en moyenne un peu plus de deux fois ce que gagne un ouvrier, à temps de travail équivalent. La hiérarchie de revenu est donc réelle et large.

  3. 03Trouver le point où les critères se contredisent

    Les ouvriers gagnent en moyenne PLUS que les employés (2 030 € contre 1 960 €). Le revenu ne reproduit donc pas l'ordre de la nomenclature : la PCS classe par profession, statut et qualification, jamais par salaire — et c'est voulu.

  4. 04Ajouter la dimension de genre

    Les mêmes groupes ne recrutent pas les deux sexes de la même façon : les employés sont massivement féminins (37,5 % des femmes en emploi contre 11,7 % des hommes) et les ouvriers massivement masculins (27,6 % contre 6,9 %). La ligne de partage entre catégories recoupe largement une ligne de partage entre les sexes.

Résultat : Profession, revenu et sexe désignent trois découpages qui se recoupent sans coïncider : le revenu place les ouvriers au-dessus des employés que la nomenclature en distingue, et le sexe redistribue les positions à l'intérieur de la même nomenclature. C'est exactement ce qui justifie une lecture multidimensionnelle de l'espace social.

Objectif Bac

  • Partie 1 (4 points, sans document) : « Comment les sociologues identifient-ils les groupes sociaux ? » attend une liste ORDONNÉE des facteurs du programme — catégorie socioprofessionnelle, revenu, diplôme, composition du ménage, position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidence — avec un exemple pour chacun, pas une dissertation.
  • Sur un tableau à double entrée (partie 2), la consigne porte presque toujours sur le CROISEMENT : lisez d'abord une case, comparez-la ensuite à la ligne et à la colonne de marge, et dites enfin ce que le croisement apprend que chaque critère isolé ne disait pas.
  • Le tableau à double entrée relève des savoir-faire de LECTURE et d'interprétation. On vous demandera d'en tirer une proportion — calculable — et un sens, jamais d'en calculer un indicateur de dispersion.
  • Le lieu de résidence est le facteur le plus rentable parce que le moins mobilisé : métropole, périurbain et rural n'offrent ni les mêmes emplois, ni les mêmes prix du logement, ni le même accès aux services. Une phrase là-dessus distingue une copie.
  • En dissertation comme en partie 3, le mot qui rapporte est « cumulatif » : montrez que les facteurs se renforcent le plus souvent, puis exhibez un cas où ils divergent. La nuance vient de l'exception construite, jamais d'un adverbe.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la structure sociale au seul revenu. La position sociale ne se résume pas à un montant : le diplôme, la catégorie socioprofessionnelle et le mode de vie pèsent autant, et deux personnes au même salaire peuvent occuper des positions très différentes.
  • Confondre « facteur de structuration » et « inégalité ». Un facteur comme le lieu de résidence différencie les positions sans être en lui-même une inégalité, même s'il en produit.
  • Lire un tableau par âge comme une évolution historique. Un écart entre les 25-49 ans et les 50 ans ou plus mêle un effet d'âge et un effet de génération : seule la comparaison de deux DATES permet de conclure à une transformation de la société.
  • Écrire que « les femmes sont moins bien placées » sans dire où. Le genre agit surtout par la RÉPARTITION entre catégories, et par les écarts de salaire et de carrière à l'intérieur d'une même catégorie — pas par une absence des femmes de l'espace social.
  • Confondre « espace social » et « échelle sociale ». L'échelle n'a qu'un axe et impose un ordre unique ; l'espace en a plusieurs, ce qui permet à deux positions d'être proches sur l'un et éloignées sur l'autre. Tout le thème tient dans cette différence.

§ 01

Révision active

À partir d'un tableau de l'Insee croisant le niveau de diplôme et le revenu salarial médian, montrez que l'identification des groupes sociaux mobilise plusieurs critères qui ne se superposent pas parfaitement. Puis, à partir d'un second tableau donnant la répartition par catégorie socioprofessionnelle selon l'âge, expliquez pourquoi l'écart observé entre les 15-24 ans et les 25-49 ans ne permet PAS, à lui seul, de conclure à une évolution de la société française.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Catégorie socioprofessionnelle selon le sexe et l'âge (enquête Emploi, 2025) (Insee) · Salaires dans le secteur privé : caractéristiques des individus (base Tous salariés 2023) (Insee)

§ 02
§ 02

Les PCS : un outil de description de la société française#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Structure-de-la-société-française-actuelleBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

La répartition des actifs occupés par PCS

Répartition des personnes en emploi par groupe socioprofessionnel (France, 2025)Diagramme en barres: part (%), Données: part des personnes en emploi (%) · Agriculteurs: 1.3; part des personnes en emploi (%) · Artisans, commerçants: 6.8; part des personnes en emploi (%) · Cadres: 23.8; part des personnes en emploi (%) · Professions intermédiaires: 25.4; part des personnes en emploi (%) · Employés: 24.3; part des personnes en emploi (%) · Ouvriers: 17.50510152025AgriculteursArtisans,commerçantsCadresProfessionsintermédiairesEmployésOuvriers1,36,823,825,424,317,5part (%)
Fig. 2Répartition des personnes en emploi par groupe socioprofessionnel, France, 2025 (les 0,9 % de personnes dont la catégorie n'est pas déterminée ne sont pas représentés). Source : Insee, enquête Emploi, données annuelles 2025. Champ : France, personnes vivant dans un logement ordinaire, en emploi.

Points clés

La nomenclature des PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) est construite par l'INSEE. Elle classe la population active en grands groupes à partir de critères tels que le métier, le statut (salarié/indépendant), la position hiérarchique et la qualification.
Le premier niveau distingue six grandes catégories d'actifs : (1) agriculteurs exploitants, (2) artisans, commerçants et chefs d'entreprise, (3) cadres et professions intellectuelles supérieures, (4) professions intermédiaires, (5) employés, (6) ouvriers ; deux catégories complètent la nomenclature pour l'ensemble de la population : (7) retraités et (8) autres personnes sans activité professionnelle.
Les PCS ne sont pas un simple classement professionnel : elles visent à regrouper des individus partageant des conditions d'existence et souvent des comportements proches (pratiques culturelles, opinions, modes de vie). Elles supposent une certaine homogénéité sociale interne à chaque catégorie.
Avantages : nomenclature officielle, stable dans le temps, permettant des comparaisons et la production de statistiques sociales. Limites : l'hétérogénéité interne croît (un « employé » de banque diffère d'un « employé » de commerce) ; elles décrivent mal les personnes hors emploi, les pluriactifs et les frontières entre salariat et indépendance (statuts d'autoentrepreneur, plateformes).
La PCS d'une personne se rattache à sa profession ; celle d'un ménage est souvent définie par la « personne de référence ». Lire les PCS suppose de distinguer effectif (nombre de personnes) et proportion (part, en %), et de savoir calculer une part : part = (effectif de la catégorie / effectif total) × 100.
La nomenclature n'est pas une liste mais un emboîtement, et le savoir évite de dire n'importe quoi sur ce qu'une catégorie « contient ». Dans sa version en vigueur, la PCS 2020, l'Insee retient quatre niveaux d'agrégation emboîtés : 311 rubriques de profession au niveau le plus fin, 121 professions regroupées, 29 catégories socioprofessionnelles, et au niveau le plus agrégé les six groupes socioprofessionnels que l'on manipule au baccalauréat. Ces six groupes ne concernent que les personnes exerçant une profession ; pour décrire la population entière, on ajoute deux positions sans profession, les retraités et les autres personnes sans activité professionnelle. D'où les huit postes des tableaux de manuel — six groupes d'actifs et deux compléments, et non huit groupes d'actifs.
Ce qui range un individu dans un groupe plutôt qu'un autre n'est pas son revenu mais un faisceau de critères : la profession exercée, le statut (salarié ou indépendant), la qualification, la position hiérarchique, et pour les indépendants la taille de l'entreprise. Deux personnes au même salaire peuvent donc relever de groupes différents, et c'est voulu. Sur cette base, la France de 2025 se décrit ainsi parmi les personnes en emploi : 1,3 % d'agriculteurs exploitants, 6,8 % d'artisans, commerçants et chefs d'entreprise, 23,8 % de cadres et professions intellectuelles supérieures, 25,4 % de professions intermédiaires, 24,3 % d'employés et 17,5 % d'ouvriers, 0,9 % restant non déterminés (Insee, enquête Emploi). Retenez la hiérarchie plutôt que les décimales : les cadres y sont désormais plus nombreux que les ouvriers, ce qui aurait été impensable dans la France industrielle des années 1950.

Vocabulaire

→ Cartes
  • professions et catégories socioprofessionnellesNomenclature construite par l'Insee, qui classe la population selon la profession exercée, le statut, la qualification et la position hiérarchique.
  • groupe socioprofessionnelNiveau le plus agrégé de la nomenclature de l'Insee, qui réunit les personnes en emploi en six ensembles, des agriculteurs exploitants aux ouvriers.
  • actif occupéPersonne qui exerce effectivement un emploi, salarié ou non, par opposition au chômeur, qui en cherche un, et à l'inactif, qui n'en cherche pas.
  • personne de référence du ménageIndividu retenu par l'Insee pour caractériser un ménage entier, ce qui permet de lui attribuer une seule catégorie socioprofessionnelle.
  • pourcentage de répartitionPart d'une catégorie dans un total, obtenue en divisant son effectif par l'effectif total puis en multipliant par cent ; l'ensemble des parts fait 100.
  • point de pourcentageUnité dans laquelle s'exprime l'écart entre deux pourcentages, à ne pas confondre avec le taux de variation qui relie ces deux mêmes valeurs.

Part d'une catégorie (en %)

part de la PCS i=effectif de la PCS ieffectif total×100\text{part de la PCS } i = \dfrac{\text{effectif de la PCS } i}{\text{effectif total}} \times 100part de la PCS i=effectif totaleffectif de la PCS i​×100

On rapporte l'effectif d'une PCS à l'effectif total des actifs occupés, multiplié par 100 pour obtenir un pourcentage.

Taux de variation d'une part (en %)

taux de variation=Varriveˊe−VdeˊpartVdeˊpart×100\text{taux de variation} = \dfrac{V_{\text{arrivée}} - V_{\text{départ}}}{V_{\text{départ}}} \times 100taux de variation=Vdeˊpart​Varriveˊe​−Vdeˊpart​​×100

Permet de mesurer l'évolution dans le temps de la part d'une PCS, par exemple entre 1982 et aujourd'hui.

La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Points de pourcentage ou taux de variation : deux nombres, deux phrases

Parmi les personnes en emploi en France, la part des cadres et professions intellectuelles supérieures est passée de 7,8 % en 1982 à 19,3 % en 2019, tandis que celle des ouvriers reculait de 30,3 % à 19,6 % (Insee, enquêtes Emploi, séries longues). Exprimez chaque évolution d'abord en points de pourcentage, puis en taux de variation, et dites ce que chaque nombre autorise à écrire.

  1. 01Calculer les écarts en points

    On soustrait les deux parts, sans jamais les diviser : cadres, 19,3 − 7,8 = +11,5 points ; ouvriers, 19,6 − 30,3 = −10,7 points. L'unité est le POINT de pourcentage, pas le pourcentage.

  2. 02Calculer les taux de variation

    On rapporte l'écart à la valeur de départ : cadres, 11,5 / 7,8 ≈ 1,47, soit environ +147 % ; ouvriers, −10,7 / 30,3 ≈ −0,353, soit environ −35 %. Ces divisions se posent à la main — la calculatrice est interdite.

  3. 03Dire ce que chaque nombre permet

    Les points mesurent le déplacement de la structure : la part des cadres a gagné 11,5 points de l'emploi total. Le taux mesure l'ampleur relative du mouvement dans le groupe lui-même : le poids des cadres a été multiplié par près de 2,5. Écrire « la part des cadres a augmenté de 147 % » serait faux ; « le poids des cadres a augmenté de 147 % » est juste.

  4. 04Conclure sur la structure

    En 1982, les ouvriers pesaient près de quatre fois les cadres ; en 2019, les deux groupes font presque jeu égal. La déformation ne dit rien du nombre absolu d'ouvriers : une part peut baisser pendant que l'effectif se maintient, si l'emploi total progresse.

Résultat : Cadres : +11,5 points, soit environ +147 % ; ouvriers : −10,7 points, soit environ −35 %. La structure socioprofessionnelle s'est retournée en une génération, et les deux mesures répondent à deux questions différentes — le poids dans l'ensemble, et l'ampleur du mouvement pour le groupe.

Objectif Bac

  • Partie 2 (étude d'un document, 6 points, deux questions) : c'est ici que tombe le tableau de PCS. La proportion et le pourcentage de répartition sont explicitement au programme des savoir-faire à CALCULER — sachez poser part = effectif de la catégorie ÷ effectif total × 100 sans calculatrice, interdite comme l'indique chaque sujet récent.
  • Distinguez toujours l'EFFECTIF (un nombre de personnes) de la PART (un pourcentage). « Les ouvriers ont diminué » et « la part des ouvriers a diminué » ne disent pas la même chose, et un document tranche presque toujours entre les deux.
  • Savoir nommer les six groupes d'actifs dans l'ordre de la nomenclature est un acquis de partie 1 : une question de mobilisation des connaissances sur les PCS se règle en trois minutes si la liste est disponible de mémoire.
  • Une phrase sur les LIMITES de la nomenclature vaut souvent plus qu'une décimale exacte : hétérogénéité interne croissante des catégories, mauvaise prise des personnes hors emploi, frontière brouillée entre salariat et indépendance.
  • Les PCS servent d'outil dans presque tous les autres questionnements de sociologie — la table de mobilité sociale s'écrit en PCS. Ce qui est appris ici est réinvesti au moins deux fois dans l'année : c'est le meilleur rendement du programme.

Erreurs fréquentes

  • Croire que les PCS classent par revenu. Ce sont des catégories fondées sur la profession, le statut, la qualification et la position hiérarchique, pas un barème salarial : un artisan peut gagner davantage qu'un cadre.
  • Confondre employés et ouvriers. Les employés occupent surtout des emplois tertiaires (commerce, administration, services), les ouvriers des emplois d'exécution industriels ou de chantier. Ce sont deux groupes distincts, et le second n'est pas « le bas » du premier.
  • Annoncer huit groupes d'actifs. La nomenclature en compte SIX ; les retraités et les autres personnes sans activité professionnelle sont deux positions supplémentaires qui ne désignent aucune profession et n'entrent pas dans la population en emploi.
  • Comparer ou additionner des parts calculées sur des populations différentes. Une part des actifs occupés et une part de la population totale ne se cumulent pas et ne se comparent pas directement : vérifiez toujours le champ indiqué sous le tableau.
  • Écrire « le nombre de cadres a augmenté de 5 % » pour une part passée de 20 % à 25 %. C'est une hausse de 5 POINTS de pourcentage, soit un taux de variation de + 25 % — et cela ne dit rien de l'effectif, qui dépend aussi de la taille de la population.

§ 02

Révision active

À l'aide d'un tableau donnant l'effectif des actifs occupés par catégorie socioprofessionnelle à deux dates, calculez la part (en %) des cadres et celle des ouvriers à chaque date, puis exprimez l'évolution de chacune d'abord en points de pourcentage, ensuite en taux de variation. Expliquez en une phrase pourquoi ces deux nombres ne disent pas la même chose, et concluez sur ce que cette déformation révèle de la structure de la société française.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles — PCS 2020 (Insee) · Catégorie socioprofessionnelle selon le sexe et l'âge (enquête Emploi, 2025) (Insee) · Portrait des professions — répartition des personnes en emploi par groupe socioprofessionnel (séries longues 1982-2019) (Insee)

§ 03
§ 03

L'approche en termes de classes sociales : la lecture marxienne#

~7 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Structure-de-la-société-française-actuelleBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

De la position objective à la lutte des classes (Marx)

De la position objective à la lutte des classes (Marx)Graphe, Propriété des moyens de production → Bourgeoisie, Propriété des moyens de production → Prolétariat, Bourgeoisie → Exploitation (plus-value), Prolétariat → Exploitation (plus-value), Exploitation (plus-value) → Classe en soi, Classe en soi → Classe pour soi, Classe pour soi → Lutte des classesPropriété desmoyens deproductionBourgeoisieProlétariatExploitation(plus-value)Classe en soiClasse pour soiLutte desclassesdétienten est privépositionobjectiveconscience declasse
Fig. 3Chez Marx la classe se définit d'abord par une position OBJECTIVE dans les rapports de production — on détient les moyens de production ou on en est privé — et c'est de là que naît le rapport d'exploitation. Mais une classe en soi ne devient une classe pour soi qu'en prenant conscience d'elle-même : c'est ce passage, encadré ici, qui fait la différence entre une catégorie statistique et un acteur collectif.

Points clés

Pour Karl Marx, la société est structurée par les rapports de production : la place dans le système économique dépend de la propriété (ou non) des moyens de production (terre, usines, capital). Deux grandes classes antagonistes s'opposent dans la société capitaliste : la bourgeoisie (qui possède les moyens de production) et le prolétariat (qui ne possède que sa force de travail).
L'approche marxienne est unidimensionnelle (le critère décisif est économique : le rapport aux moyens de production), dichotomique (deux classes principales) et conflictuelle : les intérêts des classes sont irréductiblement opposés, ce qui fonde la « lutte des classes » comme moteur de l'histoire.
Marx distingue la « classe en soi » (les individus qui partagent objectivement la même position dans les rapports de production) et la « classe pour soi » (la classe devenue consciente d'elle-même, dotée d'une conscience de classe et d'une volonté d'action collective). Une classe n'existe pleinement, au sens fort, que lorsqu'elle se mobilise pour défendre ses intérêts.
La conscience de classe suppose des conditions favorables : conditions de vie et de travail communes, sentiment d'appartenance, organisations (syndicats, partis) et opposition à une autre classe. Sans elle, il n'y a qu'une classe « en soi », latente.
Cette approche met l'accent sur la domination et l'exploitation : la classe dominante extrait une plus-value du travail de la classe dominée. Elle reste un cadre puissant pour penser les rapports de pouvoir économiques, même si la réalité contemporaine est plus différenciée que le schéma à deux classes.
Le cœur du raisonnement est le mécanisme de l'exploitation, qu'une bonne copie explicite au lieu de le nommer. L'ouvrier ne vend pas son travail mais sa force de travail, dont la valeur correspond à ce qu'il faut pour la reproduire : se nourrir, se loger, élever des enfants. Or il produit dans sa journée une valeur supérieure à ce coût, et cet excédent — la plus-value — est approprié par le propriétaire des moyens de production. Le rapport de classe n'est donc pas une inégalité de résultat mais un rapport de production : ce n'est pas parce qu'il gagne peu que l'ouvrier est dominé, c'est parce qu'il ne possède rien d'autre que sa force de travail qu'il gagne peu.
Deux précisions d'honnêteté intellectuelle, appréciées à l'écrit comme à l'oral. Marx n'a jamais achevé sa théorie des classes : le chapitre du livre III du Capital intitulé « Les classes » s'interrompt après quelques lignes, et il y distingue non pas deux mais trois grandes classes, les ouvriers salariés, les capitalistes et les propriétaires fonciers, définies par la source de leur revenu — salaire, profit, rente. Le schéma dichotomique bourgeoisie contre prolétariat est donc une simplification pédagogique de sa thèse, pas une citation. De même, le couple « classe en soi / classe pour soi » systématise une formulation de Misère de la philosophie (1847), où Marx décrit une masse déjà constituée en classe face au capital, mais pas encore pour elle-même. Enfin l'analyse est dynamique : la concentration du capital devait, selon Marx, prolétariser les groupes intermédiaires et polariser la société — c'est précisément cette prédiction que l'essor des professions intermédiaires et des cadres au XXe siècle est venu contredire.

Vocabulaire

→ Cartes
  • rapports de productionRelations que les individus nouent entre eux dans la production, définies par la propriété ou la non-propriété des moyens de production.
  • moyens de productionEnsemble des biens nécessaires pour produire — terre, locaux, machines, capital — dont la possession fonde, chez Marx, la position de classe.
  • classe en soiEnsemble d'individus objectivement placés dans la même position productive, mais qui n'en ont pas conscience et n'agissent pas ensemble.
  • classe pour soiClasse devenue consciente de ses intérêts communs et organisée pour les défendre, donc capable d'agir comme acteur collectif de l'histoire.
  • conscience de classeSentiment partagé d'appartenir à un groupe aux intérêts propres, opposés à ceux d'un autre groupe ; condition du passage à l'action collective.
  • plus-valueÉcart entre la valeur que le travailleur produit et la valeur de sa force de travail, approprié par le propriétaire des moyens de production.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Distinguer classe en soi et classe pour soi

Des ouvriers d'une même région partagent les mêmes conditions de travail et de salaire, mais ne se mobilisent pas collectivement et ne se reconnaissent pas comme un groupe uni. À l'aide de l'analyse marxienne, qualifiez leur situation et précisez ce qui leur manque pour constituer une classe au sens fort.

  1. 01Identifier la position objective

    Ces ouvriers occupent la même place dans les rapports de production : ils vendent leur force de travail et ne possèdent pas les moyens de production. Ils forment donc objectivement une « classe en soi ».

  2. 02Repérer ce qui fait défaut

    Il leur manque la conscience de classe : ils ne se reconnaissent pas comme un groupe partageant des intérêts communs et opposés à ceux de la classe dominante, et ne s'organisent pas pour les défendre.

  3. 03Nommer l'état visé

    Pour devenir une « classe pour soi », il faudrait qu'ils prennent conscience de leur position commune, développent un sentiment d'appartenance et se mobilisent collectivement (par exemple via un syndicat).

  4. 04Conclure sur l'enjeu théorique

    Marx montre ainsi que l'existence objective d'une classe ne suffit pas : c'est la conscience de classe qui transforme une catégorie statistique en acteur historique capable de mener la lutte des classes.

Résultat : Ces ouvriers constituent une classe en soi (position objective commune dans les rapports de production) mais pas encore une classe pour soi : il leur manque la conscience de classe et l'organisation collective qui en feraient un acteur de la lutte des classes.

Objectif Bac

  • Partie 1 : « Qu'est-ce qu'une classe sociale au sens de Marx ? » se traite en trois temps — le critère économique (le rapport aux moyens de production), l'antagonisme des deux classes principales, le passage de la classe en soi à la classe pour soi.
  • Le mot juste est « rapports de production », jamais « richesse ». Une copie qui définit la classe marxienne par le niveau de revenu perd le point de définition, quelle que soit la qualité du reste.
  • En partie 3 comme en dissertation, Marx sert de PREMIER TERME d'une comparaison. Construisez sa fiche pour pouvoir la mettre en regard de Weber en deux lignes, jamais pour la réciter seule : la question posée porte sur la pertinence des classes, pas sur Marx.
  • La conscience de classe est le levier argumentatif du questionnement : c'est par elle que l'analyse marxienne rejoint le débat contemporain, puisque son affaiblissement est l'argument central de ceux qui doutent de la pertinence des classes aujourd'hui.
  • Piste de Grand oral : « la lutte des classes a-t-elle encore un sens en France ? » Le sujet tient si vous exposez honnêtement ce que Marx a prédit — polarisation, prolétarisation des groupes intermédiaires — et ce que l'histoire n'a pas confirmé.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la classe marxienne au niveau de revenu. Pour Marx le critère décisif n'est pas combien on gagne, mais la position dans les rapports de production : propriétaire ou non des moyens de production.
  • Croire que « classe en soi » et « classe pour soi » désignent deux classes différentes. Ce sont deux ÉTATS d'une même classe, selon qu'elle a ou non pris conscience d'elle-même et qu'elle s'organise ou non pour défendre ses intérêts.
  • Attribuer à Marx un schéma strictement à deux classes. Le chapitre inachevé du livre III du Capital en distingue trois — salariés, capitalistes, propriétaires fonciers. La dichotomie est une simplification de manuel, utile mais qu'il faut savoir relativiser.
  • Confondre exploitation et pauvreté. Chez Marx, un ouvrier bien payé reste exploité dès lors qu'il produit une valeur supérieure à celle de sa force de travail : l'exploitation est un rapport, pas un niveau de vie.
  • Assimiler « prolétariat » et « ouvriers ». Le prolétariat désigne tous ceux qui ne possèdent que leur force de travail et doivent la vendre — ce qui inclut aujourd'hui une grande part des employés, et non les seuls ouvriers de l'industrie.

§ 03

Révision active

À l'aide de la distinction classe en soi / classe pour soi, expliquez pourquoi, pour Marx, l'existence objective d'une classe ne suffit pas à en faire un acteur historique. Indiquez ensuite deux transformations concrètes de la société française qui rendent ce passage plus difficile aujourd'hui qu'au XIXe siècle, et dites en une phrase si cela invalide ou non l'analyse marxienne.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

L'approche en termes de stratification : la lecture wébérienne#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Structure-de-la-société-française-actuelleBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Marx vs Weber : deux lectures de la structure sociale

Marx vs Weber : deux lectures de la structure socialeTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Critère · Marx · Weber; Notion · classes sociales · stratification; Critère · économique (capital) · pluridimensionnel; Dimensions · une (rapport de production) · économique, social, politique; Structure · dichotomique · gradualiste (strates); Rapport · conflit (lutte des classes) · pas nécessairement conflictuel, cellule mise en évidence : économique, social, politiqueCritèreMarxWeberNotionclasses socialesstratificationCritèreéconomique (capital)pluridimensionnelDimensionsune (rapport de production)économique, social,politiqueStructuredichotomiquegradualiste (strates)Rapportconflit (lutte des classes)pas nécessairementconflictuel

Points clés

Pour Max Weber, la hiérarchie sociale est multidimensionnelle : la position d'un individu se définit selon trois ordres autonomes — l'ordre économique (les classes, définies par les chances d'accès aux biens et au marché), l'ordre social (les groupes de statut, définis par le prestige, l'honneur et le mode de vie) et l'ordre politique (les partis, qui visent la conquête du pouvoir).
Les classes wébériennes ne reposent pas, comme chez Marx, sur le rapport aux moyens de production, mais sur la « situation de classe » : la position qu'un individu occupe sur le marché, c'est-à-dire les chances typiques qu'il a de se procurer des biens, de tenir une certaine position et de connaître un certain destin personnel, compte tenu de ce dont il dispose — un patrimoine, ou une qualification qu'il peut monnayer. C'est ce que Weber appelle les « chances de vie ». Un médecin salarié et un ingénieur ne possèdent aucun moyen de production, mais leur qualification leur donne sur le marché du travail un pouvoir de négociation qui les place dans une situation de classe voisine.
Les groupes de statut (Stände) regroupent des individus partageant un même prestige et un même mode de vie, indépendamment du revenu : la noblesse, un corps de métier honoré ou un groupe défini par son style de vie en relèvent. Statut social et position économique ne coïncident pas toujours.
L'approche wébérienne est ainsi multidimensionnelle, gradualiste (la société est faite de strates qui se distinguent par degrés, et non de deux blocs opposés) et n'implique pas nécessairement le conflit : la stratification décrit des positions hiérarchisées sans postuler une lutte structurelle entre elles.
Cette lecture prolonge le débat avec Marx : là où Marx voit deux classes antagonistes définies par un critère économique unique, Weber voit une stratification continue où économie, prestige et pouvoir se combinent. Pierre Bourdieu s'inscrit dans cette tradition multidimensionnelle en structurant l'espace social par le capital économique et le capital culturel.
La formule des « trois ordres » se mémorise vite et se déforme aussi vite. Dans Économie et société, Weber analyse la répartition du pouvoir au sein d'une communauté selon trois principes distincts, auxquels correspondent trois types de groupements. À l'ordre économique correspondent les classes, définies par la situation de marché. À l'ordre social correspondent les groupes de statut, définis par une estimation sociale de l'honneur, c'est-à-dire par le prestige : ce prestige s'exprime dans un style de vie spécifique et se protège par des pratiques de clôture, du choix du conjoint aux fréquentations et aux consommations réservées. À l'ordre politique correspondent les partis, associations orientées vers la conquête du pouvoir à l'intérieur d'un groupement, quelle que soit la cause qu'elles défendent.
Une distinction porte à elle seule l'originalité de Weber, et c'est celle que les copies manquent : une classe n'est pas, pour lui, une communauté. C'est un ensemble d'individus placés dans une même situation de marché, qui peuvent parfaitement s'ignorer et n'agir jamais ensemble ; la classe est un fondement POSSIBLE de l'action collective, pas cette action elle-même. Le groupe de statut, à l'inverse, est normalement une communauté : on s'y reconnaît, on s'y fréquente, on en exclut les autres. Les trois ordres sont enfin analytiquement autonomes sans être indépendants dans les faits : la richesse finit souvent par se convertir en prestige, mais pas toujours ni tout de suite, et le prestige peut se dresser contre le marché lorsqu'un groupe honoré juge indigne telle activité lucrative. C'est cette non-coïncidence, et non un simple ajout de critères, qui fait la puissance du modèle.

Vocabulaire

→ Cartes
  • stratification socialeDécoupage d'une société en strates hiérarchisées selon plusieurs critères, sans que le conflit entre elles soit posé comme nécessaire.
  • situation de classeChez Weber, position d'un individu sur le marché, qui détermine ses chances typiques d'accéder aux biens et de connaître un certain destin personnel.
  • groupe de statutCommunauté d'individus partageant un même degré de prestige, reconnaissable à un style de vie propre et protégée par des pratiques de clôture sociale.
  • prestigeEstimation sociale de l'honneur attachée à une position, qui hiérarchise indépendamment du revenu et fonde les groupes de statut.
  • partiChez Weber, association volontaire organisée pour conquérir du pouvoir à l'intérieur d'un groupement, quel que soit le contenu de la cause qu'elle défend.
  • capital culturelRessources culturelles d'un individu — diplômes, savoirs, familiarité avec la culture légitime — que Bourdieu place face au capital économique pour situer une position sociale.
Exemple corrigé

Mobiliser les trois ordres de Weber sur un cas

Un enseignant du secondaire dispose d'un revenu modéré, d'un fort prestige social lié à sa fonction et adhère à un syndicat actif. À l'aide de l'analyse wébérienne, montrez en quoi sa position sociale ne peut être réduite à une seule dimension.

  1. 01Situer dans l'ordre économique

    Du point de vue de la classe (ordre économique), son revenu est modéré : sa position sur le marché et ses chances de vie le placent dans une classe moyenne, sans patrimoine considérable.

  2. 02Situer dans l'ordre social

    Du point de vue du groupe de statut (ordre social), il bénéficie d'un prestige élevé attaché à la fonction enseignante et d'un mode de vie reconnu : son statut est supérieur à ce que son seul revenu laisserait penser.

  3. 03Situer dans l'ordre politique

    Du point de vue du parti (ordre politique), son adhésion syndicale traduit une volonté de peser collectivement sur la défense d'intérêts : il s'inscrit dans l'ordre du pouvoir.

  4. 04Conclure

    Les trois ordres ne se superposent pas : revenu modéré, prestige élevé, engagement politique. La position sociale est donc multidimensionnelle, ce qui illustre l'apport de Weber par rapport au critère économique unique de Marx.

Résultat : La position de cet enseignant se lit sur les trois ordres wébériens — classe moyenne (économique), fort prestige (statut), engagement collectif (politique) — qui ne coïncident pas : sa situation illustre la nature multidimensionnelle de la stratification chez Weber.

Objectif Bac

  • Partie 1 : « Distinguez l'approche de Marx et celle de Weber » est la question de mobilisation la plus prévisible du questionnement. Trois axes suffisent : le nombre de dimensions, la nature des groupes, la place du conflit.
  • Nommez les trois ordres AVEC leur groupe : ordre économique et classes, ordre social et groupes de statut, ordre politique et partis. Une copie qui intervertit les paires perd le bénéfice de la connaissance qu'elle vient pourtant d'afficher.
  • La preuve que l'on a compris Weber tient en une phrase : chez lui une classe n'est pas une communauté, alors qu'un groupe de statut en est une. Placez-la, elle vaut à elle seule un paragraphe d'explication.
  • En dissertation, Weber n'est pas un « auteur à citer » mais un outil. Servez-vous des trois ordres pour montrer qu'un même individu peut être haut placé sur l'un et bas sur l'autre : c'est exactement l'argument contre une lecture en deux blocs.
  • Oral de contrôle : les deux premières questions simples (6 points) portent sur des notions de base dans DEUX CHAMPS DIFFÉRENTS. « Groupe de statut » est un candidat évident côté sociologie — sa définition doit tomber en deux phrases, prestige et style de vie compris.

Erreurs fréquentes

  • Présenter Weber comme l'opposé absolu de Marx en niant toute notion de classe chez lui. Weber conserve la classe comme catégorie de l'ordre économique ; il y ajoute le statut et le parti. Il enrichit, il ne supprime pas.
  • Confondre « classe » et « groupe de statut ». La classe relève de la position économique sur le marché, le groupe de statut du prestige et du mode de vie ; les deux peuvent parfaitement ne pas coïncider, et c'est là tout l'intérêt de la distinction.
  • Réduire Weber à une échelle de strates. Ses trois ordres ne sont pas trois barreaux d'une même échelle mais trois principes de hiérarchisation autonomes, qui peuvent classer les mêmes individus dans un ordre différent.
  • Faire du « parti » wébérien un parti politique au sens actuel. Weber désigne toute association organisée pour conquérir du pouvoir à l'intérieur d'un groupement : un syndicat ou une organisation professionnelle en relèvent aussi.
  • Attribuer à Weber l'idée que la position sociale se lit d'abord dans le revenu. Chez lui la situation de classe se définit par la position sur le MARCHÉ — patrimoine ou qualification monnayable — dont le revenu n'est que la conséquence.

§ 04

Révision active

Construisez un tableau comparant l'approche de Marx et celle de Weber selon trois critères (nombre de dimensions, nombre et nature des groupes, place du conflit). Rédigez ensuite un paragraphe montrant en quoi Weber complexifie l'analyse de Marx, en vous appuyant sur le fait qu'une classe n'est pas pour lui une communauté alors qu'un groupe de statut en est une.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Moyennisation, polarisation : la structure sociale aujourd'hui#

~9 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Structure-de-la-société-française-actuelleBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Moyennisation vs polarisation : deux formes de la structure sociale

Moyennisation vs polarisationTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Moyennisation · Polarisation; Forme · société en toupie · société en sablier; Classe moyenne · large, dominante · qui se réduit; Inégalités · écarts réduits · creusement haut / bas, cellule mise en évidence : société en sablierMoyennisationPolarisationFormesociété en toupiesociété en sablierClasse moyennelarge, dominantequi se réduitInégalitésécarts réduitscreusement haut / bas

Points clés

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la structure socioprofessionnelle française s'est profondément transformée : effondrement de la part des agriculteurs exploitants, fort déclin de la part des ouvriers, et essor des cadres, des professions intermédiaires et des employés. C'est l'effet de la tertiarisation, du progrès technique et de l'élévation du niveau de qualification.
La thèse de la moyennisation (Henri Mendras, « constellation centrale ») soutient que, durant les Trente Glorieuses, le développement d'une vaste classe moyenne, l'élévation générale du niveau de vie et l'homogénéisation des modes de consommation ont réduit les distances entre les groupes : la pyramide sociale se serait « renflée » au milieu, affaiblissant la pertinence d'une lecture en classes nettement séparées.
La thèse de la polarisation soutient au contraire que les écarts se sont rouverts depuis les années 1980 : creusement des inégalités de revenu et de patrimoine, montée de la précarité, distance croissante entre les très hauts revenus et le reste. Les distances intergroupes se rétabliraient, redonnant de la force à l'analyse en termes de classes.
L'analyse fine distingue distances intergroupes (entre les PCS) et distances intragroupes (au sein d'une même PCS) : l'hétérogénéité interne croissante des catégories (les « employés » ou les « ouvriers » sont de moins en moins homogènes) brouille les frontières de classe et complique l'idée d'une « classe pour soi » unifiée.
La pertinence d'une approche en termes de classes fait donc débat : un « brouillage » des frontières (déclin de la conscience ouvrière, moyennisation des modes de vie) coexiste avec un possible « renouveau » des frontières (persistance d'inégalités fortes, reproduction sociale, sentiment d'appartenance). La réponse attendue au Bac est nuancée : ni disparition pure des classes, ni maintien inchangé.
Le programme nomme quatre transformations, et une copie complète les chiffre. La salarisation : le salariat est devenu la condition commune, avec 86,5 % des personnes en emploi en 2025, la part des indépendants étant tombée de 18,6 % en 1982 à 13,5 %. La tertiarisation : le secteur tertiaire regroupe 76,8 % des personnes en emploi. L'élévation du niveau de qualification, qui se lit dans l'écart entre générations : 43,9 % des 25-34 ans détiennent un diplôme supérieur à bac + 2, contre 17,5 % des 55-64 ans. La féminisation enfin : l'écart entre le taux d'emploi des hommes et celui des femmes n'est plus que de 5,1 points, contre 30,0 points en 1975 (Insee, enquête Emploi 2025).
Cette dernière transformation est celle que le programme demande d'articuler aux rapports sociaux de genre, et les données l'imposent : en 2025, les employés rassemblent 37,5 % des femmes en emploi contre 11,7 % des hommes, et les ouvriers 27,6 % des hommes contre 6,9 % des femmes (Insee, enquête Emploi). La féminisation n'a donc pas dissous les frontières, elle les a déplacées : elle a nourri les employés et les professions intermédiaires bien plus que le groupe ouvrier, si bien que la ligne de partage entre catégories recoupe très largement une ligne de partage entre les sexes. Une analyse en termes de classes qui ignore le genre laisse échapper la moitié des positions.
Deux dimensions achèvent le débat, et ce sont celles qu'on oublie. L'identification subjective d'abord : une classe n'existe pas seulement dans les tableaux, elle existe aussi dans la conscience qu'ont les individus d'appartenir à un groupe — écho direct de la classe pour soi de Marx. Les enquêtes posent la question telle quelle, et l'écart entre la position objective et le groupe déclaré est en lui-même un résultat. L'individualisation ensuite : Ulrich Beck a soutenu que les trajectoires se détachaient des appartenances héritées, chacun devant construire sa biographie sans que sa classe d'origine la dicte ; Bernard Lahire montre que les individus portent des dispositions plurielles, parfois contradictoires, mal résumées par une position unique. Aucun de ces auteurs ne conclut à la disparition des inégalités : ils contestent que la classe suffise à les expliquer.

Vocabulaire

→ Cartes
  • moyennisationProcessus par lequel revenus et modes de vie se rapprochent autour d'une vaste classe moyenne, réduisant les distances entre les groupes sociaux.
  • polarisationRéouverture des écarts entre le haut et le bas de la hiérarchie sociale, qui vide le milieu et redonne de la netteté aux frontières entre groupes.
  • constellation centraleVaste ensemble médian de la société française décrit par Henri Mendras en 1988, aux modes de vie proches, qui remplace l'image de la pyramide sociale.
  • salarisationÉlévation de la part des salariés dans l'emploi total, au détriment des exploitants agricoles et des petits indépendants.
  • tertiarisationDéplacement de l'emploi de l'agriculture et de l'industrie vers les services, moteur principal de la déformation de la structure socioprofessionnelle.
  • identification subjective à un groupe socialSentiment déclaré par un individu d'appartenir à un groupe donné, qui peut ne pas coïncider avec la position que les statistiques lui assignent.

Ouvriers et cadres dans l'emploi (France, 1982-2019)

Ouvriers et cadres dans l'emploi (France, 1982-2019)Graphique en courbes: part (%), Données: ouvriers · 1982: 30.3; ouvriers · 1990: 27; ouvriers · 2000: 25.7; ouvriers · 2010: 21.3; ouvriers · 2019: 19.6; cadres · 1982: 7.8; cadres · 1990: 10.4; cadres · 2000: 13.3; cadres · 2010: 16.5; cadres · 2019: 19.30510152025303519821990200020102019part (%)ouvrierscadres
Fig. 6Part des ouvriers et des cadres parmi les personnes en emploi, France, 1982-2019 : les deux courbes se croisent, ce qui donne à la thèse de la moyennisation son argument le plus visible. Source : Insee, enquêtes Emploi, séries longues sur le marché du travail.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Interpréter l'évolution de la part des ouvriers

Entre 1982 et 2019, la part des ouvriers parmi les personnes en emploi en France est passée de 30,3 % à 19,6 % (Insee, enquêtes Emploi, séries longues). Calculez la variation en points de pourcentage, puis discutez en quoi cette évolution nourrit l'interrogation sur la pertinence d'une approche en termes de classes.

  1. 01Calculer la variation en points

    On retranche la valeur de départ de la valeur d'arrivée, toutes deux exprimées en pourcentages, ce qui donne un écart en points de pourcentage.

  2. 02Lire le résultat correctement

    La part des ouvriers a reculé de 10,7 points de pourcentage : c'est une baisse de la PROPORTION d'ouvriers dans l'emploi, pas une disparition. Le groupe ouvrier reste l'un des plus nombreux du pays — environ une personne en emploi sur cinq.

  3. 03Relier à la moyennisation

    Ce recul, conjugué à l'essor des cadres et des professions intermédiaires, illustre la tertiarisation et l'élévation des qualifications : il alimente la thèse de la moyennisation et d'un affaiblissement de la classe ouvrière comme acteur collectif (déclin de la conscience de classe).

  4. 04Nuancer

    Toutefois, la persistance d'inégalités fortes et la rouverture des écarts (polarisation) montrent que les classes ne disparaissent pas : la réponse attendue est un brouillage des frontières qui coexiste avec leur persistance.

Résultat : La part des ouvriers a baissé de 10,7 points de pourcentage entre 1982 et 2019 (de 30,3 % à 19,6 %), pendant que celle des cadres passait de 7,8 % à 19,3 %. Cette transformation nourrit la thèse de la moyennisation et le débat sur la pertinence d'une approche en termes de classes, sans signifier la disparition des classes.

Explication pas à pas5 étapes
  1. 1

    Depuis 1950, la France a changé de visage social : les agriculteurs et les ouvriers, autrefois majoritaires, ont vu leur part s'effondrer.

  2. 2

    Dans le même temps, les cadres, les professions intermédiaires et les employés se sont développés : c'est l'effet de la tertiarisation et de l'élévation des qualifications.

  3. 3

    Pour Henri Mendras, cette élévation générale du niveau de vie a renflé le milieu de la pyramide : c'est la moyennisation, qui affaiblirait les frontières de classe.

  4. 4

    Mais depuis les années 1980, les écarts de revenu et de patrimoine se rouvrent : la thèse de la polarisation redonne du poids à l'analyse en classes.

  5. 5

    La réponse attendue est nuancée : un brouillage des frontières (déclin de la conscience ouvrière) coexiste avec leur persistance (inégalités durables, reproduction sociale).

Objectif Bac

  • C'est LE sujet de dissertation du questionnement : « La société française est-elle encore structurée en classes sociales ? » Le plan attendu tient les deux bouts — brouillage ET persistance des frontières — et tranche prudemment en conclusion, sans jamais conclure à la disparition.
  • Le sujet de dissertation et la partie 3 portent sur des CHAMPS DIFFÉRENTS. Ce questionnement relève de la sociologie et science politique : si la dissertation du jour porte dessus, la partie 3 relèvera de la science économique ou des regards croisés. Réviser ce thème avec un thème économique couvre donc les deux faces du sujet.
  • Sur un graphique d'évolution des catégories socioprofessionnelles (partie 2), le taux de variation et l'écart en points sont calculables et attendus. En revanche, si le document porte sur les inégalités, le rapport inter-décile et le coefficient de Gini se LISENT et s'interprètent : on ne vous demandera jamais de les calculer.
  • Quatre mots font tout le nuancement : distances INTERgroupes (entre catégories) et INTRAgroupes (à l'intérieur d'une catégorie). Les employer à bon escient vaut mieux que d'aligner trois exemples.
  • Le programme exige explicitement le genre, les identifications subjectives et l'individualisation. Une copie qui n'en mobilise aucune a traité un autre sujet que celui qui était posé, même si tout le reste est juste.

Erreurs fréquentes

  • Affirmer que « les classes sociales ont disparu ». Le programme attend une réponse nuancée — brouillage ET persistance des frontières — et non une conclusion tranchée dans un sens ou dans l'autre.
  • Confondre baisse de la part des ouvriers et disparition des ouvriers. Leur part dans l'emploi a fortement reculé, mais ils restent l'un des groupes les plus nombreux : c'est la proportion qui diminue, pas l'existence du groupe.
  • Confondre les deux sens de « polarisation ». La polarisation des REVENUS désigne la réouverture des écarts entre le haut et le bas ; la polarisation de l'EMPLOI désigne la progression simultanée des emplois très qualifiés et peu qualifiés au détriment des emplois intermédiaires. Ce sont deux phénomènes distincts.
  • Attribuer la moyennisation au premier auteur venu. La thèse et l'image de la « constellation centrale » sont d'Henri Mendras, dans un ouvrage de 1988 qui décrit la France des Trente Glorieuses : c'est un diagnostic daté, pas une description du présent.
  • Faire de l'individualisation un synonyme de disparition des inégalités. Les auteurs qui la défendent contestent que la classe explique tout, non que les inégalités existent — les confondre transforme une thèse discutable en thèse absurde.

§ 05

Révision active

À partir du graphique d'évolution de la part des ouvriers et des cadres dans l'emploi entre 1982 et 2019, décrivez les transformations de la structure socioprofessionnelle, puis discutez la pertinence actuelle d'une approche en termes de classes sociales. Votre réponse devra mobiliser au moins trois des quatre dimensions exigées par le programme : distances inter- et intra-classes, articulation avec les rapports sociaux de genre, identifications subjectives, facteurs d'individualisation.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Catégorie socioprofessionnelle selon le sexe et l'âge (enquête Emploi, 2025) (Insee) · Statuts d'emploi — Emploi, chômage, revenus du travail (Insee Références, édition 2026) (Insee) · Portrait des professions — répartition des personnes en emploi par groupe socioprofessionnel (séries longues 1982-2019) (Insee)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Les facteurs de structuration de l'espace social français○
    • 02Les PCS : un outil de description de la société française◐
    • 03L'approche en termes de classes sociales : la lecture marxienne◐
    • 04L'approche en termes de stratification : la lecture wébérienne●
    • 05Moyennisation, polarisation : la structure sociale aujourd'hui●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

La structure de la société française actuelle

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~40
min
3
Compétences
50
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019

Insee

  • Catégorie socioprofessionnelle selon le sexe et l'âge (enquête Emploi, 2025)
  • Salaires dans le secteur privé : caractéristiques des individus (base Tous salariés 2023)
  • Nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles — PCS 2020
  • Portrait des professions — répartition des personnes en emploi par groupe socioprofessionnel (séries longues 1982-2019)
  • Statuts d'emploi — Emploi, chômage, revenus du travail (Insee Références, édition 2026)

Voir aussi

  • Caractéristiques et facteurs de la mobilité socialeLes tables de mobilité se lisent dans la nomenclature construite ici : sans les PCS, aucune table n'a de sens.
  • Quelles mutations du travail et de l'emploi ?La salarisation, la tertiarisation et la polarisation des emplois sont les moteurs de la déformation de la structure sociale.
  • Justice sociale et inégalitésLes hiérarchies décrites ici y sont mesurées, puis rapportées aux conceptions de la justice.

Chapitre précédent

Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?

Chapitre suivant

Quelle est l'action de l'École sur les destins individuels et sur l'évolution de la société ?

EuraStudy·Fiches T·06·MMXXVI

Continuez avec le chapitre suivant — le parcours est conservé.