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La conscience et l’inconscient

La conscience définit le sujet comme être capable de se rapporter à lui-même et de répondre de ses actes ; mais cette transparence est mise à l’épreuve par autrui et, surtout, par l’hypothèse freudienne d’un inconscient psychique. Le thème croise les notions de conscience, d’inconscient et de sujet (perspective dominante : la connaissance, l’existence humaine et la culture). Notion pleinement au programme et évaluable à l’épreuve écrite de terminale.

5 sections·~41 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 13
Profil d’examen
Analyser la notion de conscience — conscience immédiate, conscience réflexive (de soi) et conscience morale — et la notion de sujet qui s’y rattache.Problématiser la transparence du sujet à lui-même : l’hypothèse de l’inconscient remet-elle en cause la maîtrise et la connaissance de soi, ainsi que la responsabilité ?Confronter conscience et inconscient en examinant les objections faites à l’hypothèse freudienne (la conscience comme seul psychisme ; la « mauvaise foi » sartrienne).Mobiliser des distinctions conceptuelles (repères) au service du problème : objectif / subjectif / intersubjectif, identité / égalité / différence, médiat / immédiat.
Opérateurs :analyserdéfinirdistinguerproblématiserconfronterargumenterobjecterjustifierillustrer par un exemple

niveau de base

Maîtrisez d’abord les définitions exigibles (conscience immédiate / réflexive / morale, sujet, inconscient) et un repère par auteur (cogito de Descartes, inconscient de Freud, mauvaise foi de Sartre) : c’est le socle attendu à l’épreuve écrite.

niveau approfondi

Pour viser l’excellence, sachez articuler le problème en trois temps — la conscience comme certitude (Descartes), sa médiation par autrui (Hegel), sa contestation par l’inconscient (Freud) puis la riposte de la conscience (Sartre) — et manier finement les repères (médiat / immédiat, objectif / subjectif / intersubjectif) dans une dissertation problématisée.

Profondeur

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Sommaire · 5 sections▾
  1. La conscience et l’inconscient
    • 01La conscience de soi : qu’est-ce qu’un sujet ?○
    • 02La certitude du cogito et l’identité personnelle (Descartes)◐
    • 03La conscience médiatisée par autrui (Hegel)●
    • 04L’hypothèse de l’inconscient psychique (Freud) et sa portée●
    • 05Objections et débats : la conscience est-elle transparente à elle-même ? (Sartre, la mauvaise foi)◐

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

La conscience de soi : qu’est-ce qu’un sujet ?#

~7 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-philosophie-terminale-§La conscience

Les trois degrés de la conscience

Les trois degrés de la consciencepyramide, 3 niveaux, Données: 1 · Conscience immédiate, 2 · Conscience réflexive — « je », 3 · Conscience morale1 · Conscience immédiatesentir, percevoir le monde2 · Conscience réflexive — « je »se prendre pour objet → le SUJET3 · Conscience moralese juger soi-même (bien / mal)
Fig. 1La conscience s'élève de l'immédiat (sentir le monde) au réflexif — où naît le sujet qui dit « je » et se prend pour objet — puis au moral (se juger bien ou mal).

Points clés

Étymologie éclairante : « conscience » vient du latin « cum-scientia », un savoir-avec, un savoir accompagné de lui-même. La conscience est ce redoublement par lequel un être ne fait pas seulement quelque chose, mais sait qu’il le fait. Distinguer trois degrés : conscience immédiate (sentir, percevoir le monde), conscience réflexive (se prendre soi-même pour objet, dire « je »), conscience morale (se juger soi-même, distinguer le bien du mal).
Le sujet est l’être capable de dire « je » : il se rapporte à ses actes et à ses pensées comme étant les siens, et peut en répondre. Le sujet n’est donc pas une chose (un objet parmi les objets), mais un pôle d’imputation : on lui attribue ses pensées et ses actions. Repère essentiel : objectif / subjectif (ce qui vaut pour tout esprit vs ce qui relève du vécu d’un sujet) et intersubjectif (ce qui se construit entre des sujets).
La conscience réflexive fonde une distance à soi : grâce à elle, l’homme n’est pas immédiatement ce qu’il est, il peut se ressaisir, se reprendre, se transformer. Pascal en tire la grandeur du roseau pensant : l’homme sait qu’il meurt, et cette connaissance de sa condition fait à la fois sa misère et sa dignité. Hegel décrit la même structure comme une existence pour soi : à la différence de la chose, qui est simplement ce qu’elle est, l’esprit se dédouble, se prend lui-même pour objet et se sait.
Distinction médiat / immédiat : la conscience immédiate est sans détour (je sens la douleur dès qu’elle survient) ; la conscience de soi est médiate, elle suppose un retour, une réflexion (le « réfléchi » au sens d’un rayon renvoyé). Ne pas confondre « avoir conscience de quelque chose » (relation à un objet) et « avoir conscience de soi » (relation à soi).
Enjeu moral et juridique : c’est parce qu’il est conscient et sujet que l’homme est tenu pour responsable. Supprimer la conscience (sommeil, démence, contrainte irrésistible), c’est suspendre l’imputabilité. Le thème de la conscience commande donc directement celui de la responsabilité — d’où l’importance de l’hypothèse de l’inconscient, qui interroge cette maîtrise.
Une conscience incarnée (Merleau-Ponty). Décrire la conscience comme un pur regard intérieur laisse échapper le fait le plus constant de l’expérience : je n’habite pas mon corps comme un pilote son navire, je le suis. Dans la Phénoménologie de la perception (1945), Merleau-Ponty sépare le corps objet — celui que le médecin examine, un corps parmi les corps — et le corps propre, celui que je vis du dedans et qui ne se place jamais devant moi comme une chose. Je sais où est ma main sans avoir à la chercher du regard ; le pianiste ne calcule pas la position de ses doigts, il les a. Cette conscience du corps n’est ni une pensée ni la perception d’un objet : elle est le sol sur lequel les autres reposent. Le sujet n’est donc pas un esprit qui posséderait ensuite un corps, mais un être situé, orienté, tenu à un point de vue qu’il ne peut pas quitter.
La limite de l’introspection. Se prendre pour objet n’est pas se voir comme on voit une table. Dès que j’observe ma colère, elle n’est déjà plus tout à fait celle que j’éprouvais : l’attention la modifie, l’apaise ou la durcit. L’observateur et l’observé ne font qu’un, ce qui interdit la distance dont toute observation a besoin. S’ajoute une seconde difficulté, plus sourde : ce que je découvre de moi par le dedans, je le dis avec des mots appris des autres, et je m’y juge selon des normes qui ne viennent pas de moi. La conscience de soi n’est donc pas un miroir fidèle, mais une interprétation — d’où la place laissée aux deux mises en question qui suivent, celle d’autrui et celle de l’inconscient.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Conscience réflexiveActe par lequel un être se prend lui-même pour objet, revient sur ses états et les reconnaît comme siens, par opposition à la conscience immédiate tournée vers le monde.
  • SujetÊtre capable de dire « je », de rapporter ses pensées et ses actes à lui-même et d’en répondre ; il désigne une fonction et non une substance ni un caractère.
  • Corps propreLe corps tel que je le vis du dedans, orienté et jamais placé devant moi comme un objet, par opposition au corps objet que le médecin examine.
  • IntersubjectivitéCe qui se constitue entre plusieurs sujets et vaut pour eux, sans être ni purement personnel ni indépendant de tout sujet.
  • ImputabilitéPossibilité d’attribuer un acte à son auteur comme étant le sien propre ; condition de la responsabilité, que suspendent le sommeil, la démence ou la contrainte irrésistible.
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Exemple corrigé

Distinguer les sens du mot « conscience »

« Avoir bonne conscience » et « reprendre conscience » emploient-ils le mot « conscience » dans le même sens ? Analysez la difficulté.

  1. 01Repérer l’ambiguïté

    Le français nomme du même mot deux réalités différentes. « Reprendre conscience » renvoie à la conscience psychologique : le fait d’être éveillé, présent à soi et au monde. « Avoir bonne conscience » renvoie à la conscience morale : le sentiment d’avoir bien ou mal agi.

  2. 02Définir la conscience psychologique

    C’est le « savoir-avec » : percevoir, et en outre savoir que l’on perçoit. Elle se décline en conscience immédiate (du monde) et conscience réflexive (de soi). Elle peut s’éteindre et revenir (sommeil, syncope) — d’où « reprendre conscience ».

  3. 03Définir la conscience morale

    C’est l’instance qui juge la valeur de mes actes, la « voix » intérieure du bien et du mal. Elle suppose la conscience réflexive (il faut pouvoir se prendre pour objet de jugement), mais y ajoute une dimension normative absente de la simple veille.

  4. 04Articuler les deux

    La conscience morale présuppose la conscience réflexive : on ne peut se juger qu’à condition de se ressaisir comme sujet. Le mot est donc analogique : un sens fondamental (le savoir réfléchi de soi) se prolonge en un sens normatif (le jugement de soi).

Résultat : Non : « conscience » est ici un mot analogique. Dans « reprendre conscience » il désigne la conscience psychologique (veille, présence à soi) ; dans « bonne conscience » il désigne la conscience morale (jugement de la valeur de l’acte). La seconde suppose la première — la conscience réflexive — mais lui ajoute la dimension du bien et du mal.

Objectif Bac

  • Savoir définir et hiérarchiser les trois formes de conscience (immédiate / réflexive / morale) et les relier à la notion de sujet : c’est l’armature conceptuelle attendue dès l’introduction d’une dissertation sur ce thème.
  • Être capable d’employer correctement les repères objectif / subjectif / intersubjectif et médiat / immédiat dans l’analyse — par exemple pour distinguer la conscience-de-quelque-chose de la conscience-de-soi.
  • Objectif Bac : ne jamais traiter la conscience sans annoncer d’abord le sens qu’on retient, psychologique ou moral ; l’ambiguïté du mot français est le premier piège de tous les sujets sur cette notion.
  • Objectif Bac : savoir opposer la conscience comme pur regard intérieur et la conscience incarnée de Merleau-Ponty — c’est la référence qui manque le plus souvent aux copies, et celle qui les distingue immédiatement.
  • Objectif Bac : relier conscience et responsabilité par un cas net — le sommeil, la démence, la contrainte irrésistible suspendent l’imputation —, car presque tout sujet sur la conscience débouche sur cette question.

Erreurs fréquentes

  • Confondre la conscience morale (le sentiment du bien et du mal, « la voix de la conscience ») avec la conscience psychologique (le fait d’être éveillé, de se rendre compte). Ce sont deux sens distincts du mot, qu’il faut nommer et séparer.
  • Réduire le sujet à un simple « moi » substantiel et figé, alors que le sujet désigne d’abord une fonction (dire « je », répondre de ses actes) ; on confond alors le sujet (capacité réflexive) avec la personnalité psychologique.
  • Prendre l’étymologie pour un argument : le « savoir-avec » indique une piste, il ne démontre rien. Une introduction qui s’ouvre sur l’origine du mot et n’en tire aucune conséquence a perdu sa première page.
  • Faire de la conscience une chose logée quelque part dans la tête : ce n’est ni un organe ni un lieu, mais un rapport — être conscient, c’est toujours être conscient de quelque chose, ou de soi.
  • Employer « sujet » comme synonyme d’« individu » ou de « personnalité » : le sujet désigne la capacité de dire « je » et de répondre de ses actes, ce qui explique qu’on puisse être un individu sans être tenu pour sujet — le nourrisson, le dément.

§ 01

Révision active

Distinguez précisément, par des exemples, les trois sens du mot « conscience » (conscience immédiate, conscience réflexive, conscience morale), puis montrez en quoi seule la conscience réflexive permet de parler d’un « sujet ».

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La certitude du cogito et l’identité personnelle (Descartes)#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-philosophie-terminale-§La conscience

Points clés

Le doute méthodique de Descartes : pour fonder le savoir, il faut tenir pour faux tout ce qui peut être mis en doute (les sens trompent, le rêve imite la veille, un « malin génie » pourrait me tromper même en mathématiques). Ce doute est hyperbolique (poussé à l’extrême) et provisoire (un outil, non un scepticisme définitif).
Le cogito : même si je doute de tout, je ne peux douter que je pense en doutant ; or pour penser il faut être. « Je pense, donc je suis » (Discours de la méthode, IV, 1637) ; la formule latine « cogito, ergo sum » vient des Principes de la philosophie (I, 7), et les Méditations, II, la reformulent autrement — « je suis, j’existe » est nécessairement vrai chaque fois que je le prononce. C’est la première certitude indubitable, le « point d’Archimède » du savoir, vérité « si ferme et si assurée » que le scepticisme ne peut l’ébranler.
La nature du « je » : ce que je sais d’abord avec certitude, c’est que je suis « une chose qui pense » (« res cogitans ») — qui doute, conçoit, affirme, nie, veut, imagine, sent. La conscience apparaît comme transparence à soi : l’esprit se connaît lui-même immédiatement et plus aisément que le corps. La conscience est ainsi posée comme le fondement du sujet.
Identité personnelle : la conscience fonde le sentiment d’être le même à travers le temps. Locke (qui prolonge et déplace le problème) lie l’identité personnelle non à la substance mais à la continuité de la conscience et de la mémoire : je suis la même personne pour autant que je peux rattacher à moi mes états passés. Repère essentiel : identité / égalité / différence (rester identique à soi n’est pas être égal à un autre ni indifférencié).
Portée et limites : le cogito assure que la conscience existe et se sait exister, mais il n’épuise pas ce que je suis. Il dit que je pense, non tout ce qui me détermine. C’est précisément cette prétention de la conscience à se posséder entièrement que Freud, plus tard, viendra contester.
Les trois vagues du doute. Descartes ne doute pas en bloc, il procède par degrés, chacun emportant plus que le précédent. Les sens d’abord : ils m’ont trompé sur une tour lointaine, sur une rame plongée dans l’eau, et ce qui m’a trompé une fois peut me tromper toujours. Le rêve ensuite : rien dans mon expérience présente ne prouve que je ne dors pas, puisque les songes imitent la veille jusque dans le détail. Restent les vérités qui ne dépendent pas de l’existence des choses, celles des mathématiques ; c’est pour les atteindre que Descartes forge l’hypothèse d’un malin génie, trompeur assez puissant pour m’égarer jusque dans une addition. Le doute est alors total — et c’est de cette totalité même que naît la certitude, car pour être trompé, encore faut-il être (voir Fig. 2).

L’itinéraire du cogito : du doute à la certitude du sujet

L'itinéraire du cogito : du doute à la certitudeGraphe, Doute hyperbolique → « Je pense » (résiste), « Je pense » (résiste) → Donc je suis (certitude), Donc je suis (certitude) → Le sujet = res cogitansDoutehyperbolique« Je pense »(résiste)Donc je suis(certitude)Le sujet = rescogitans
Fig. 2Le doute met tout en suspens, mais « je pense » lui résiste (douter, c'est encore penser) : d'où « je suis », première certitude, et le sujet comme chose qui pense (res cogitans).
Fig. 2 ↓
Ce que le cogito ne donne pas. La certitude porte sur l’existence, non sur la nature : je sais que je suis, je ne sais pas encore ce que je suis. Descartes répond « une chose qui pense », et l’objection se lève aussitôt — cette « chose » est-elle une substance permanente, ou seulement le fait qu’une pensée a lieu ? Un siècle plus tard, Hume cherchera en lui-même ce moi et ne rencontrera jamais qu’une perception particulière, chaleur ou froid, lumière ou ombre, jamais le moi lui-même : le sujet ne serait qu’un faisceau de perceptions que l’habitude relie. La question de l’identité personnelle se déplace alors du fondement métaphysique vers la mémoire et le récit — et l’oubli, dès lors, cesse d’être un accident pour devenir un problème philosophique.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Doute méthodiqueSuspension volontaire et provisoire de tout jugement douteux, employée comme instrument pour atteindre une certitude première, et non comme renoncement sceptique au savoir.
  • Doute hyperboliqueDegré extrême du doute, poussé jusqu’à l’hypothèse d’un trompeur tout-puissant, afin d’éprouver s’il subsiste une vérité qu’aucune supposition ne puisse ébranler.
  • Res cogitansLa « chose qui pense » : ce que le sujet se découvre être une fois le doute traversé — un être qui doute, conçoit, affirme, nie, veut, imagine et sent.
  • IntuitionSaisie immédiate d’une évidence par l’esprit, d’un seul regard et sans enchaînement de raisons ; c’est ainsi, et non par déduction, que le cogito est atteint.
  • Identité personnelleCe qui fait que je demeure le même à travers le temps ; Locke le rapporte à la continuité de la conscience et de la mémoire plutôt qu’à la permanence d’une substance.
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Exemple corrigé

Le cogito prouve-t-il la connaissance de soi ?

« Je pense, donc je suis » : cette certitude suffit-elle à me faire connaître moi-même ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée.

  1. 01Dégager le problème

    Le cogito donne une certitude d’existence absolument indubitable. Mais exister et se connaître ne se confondent pas : je peux être assuré que je suis sans savoir ce que je suis. La question est donc : la transparence du « je pense » à lui-même est-elle une véritable connaissance de soi ?

  2. 02Thèse : oui, une connaissance première

    Pour Descartes, l’esprit se saisit immédiatement comme « chose qui pense » : doutant, voulant, imaginant, sentant. Cette connaissance est plus certaine que celle du corps ou du monde. La conscience est transparente : rien en elle ne lui échappe, elle se connaît en se pensant.

  3. 03Antithèse : une connaissance vide ou partielle

    Kant objecte que le « je pense » accompagne toutes mes représentations mais ne me livre pas un moi connu comme un objet : je me saisis comme sujet, non comme chose connue. Et l’expérience montre que je m’ignore largement (mes motifs réels, mes habitudes), ce que Freud radicalisera avec l’inconscient.

  4. 04Synthèse

    Le cogito établit avec certitude que je suis et que je pense, fondant le sujet ; mais il ne livre pas une connaissance achevée de ce que je suis. Se savoir exister n’est pas se connaître entièrement : la conscience est un point de départ, non une possession transparente de soi.

Résultat : Le cogito fonde la certitude de mon existence comme sujet pensant, mais ne constitue pas une connaissance complète de moi-même : il y a loin de « je suis » à « je me connais ». La conscience s’atteste sans pour autant se posséder tout entière — ce qui ouvre la voie aux philosophies de l’inconscient.

Objectif Bac

  • Restituer fidèlement la démarche cartésienne — doute méthodique et hyperbolique → cogito → définition du sujet comme « chose qui pense » — sans la caricaturer en simple scepticisme : c’est un repère central, très fréquemment mobilisé.
  • Savoir formuler le problème de l’identité personnelle (qu’est-ce qui fait que je reste « moi » dans le temps ?) et y articuler le rôle de la conscience et de la mémoire (repère identité / égalité / différence).
  • Objectif Bac : distinguer l’existence et l’essence dans le cogito — « je suis » est certain, « ce que je suis » ne l’est pas encore ; presque tous les sujets sur la connaissance de soi se jouent dans cet écart.
  • Objectif Bac : citer juste — « je pense, donc je suis » figure dans le Discours de la méthode (1637), la formule latine dans les Principes de la philosophie ; une référence approximative se remarque immédiatement.
  • Objectif Bac : opposer à Descartes une théorie de l’identité par la mémoire (Locke) et une théorie qui dissout le moi (Hume) ; deux objections nettes valent mieux qu’un résumé du doute étalé sur deux pages.

Erreurs fréquentes

  • Présenter Descartes comme un sceptique : le doute est méthodique et provisoire ; il vise au contraire à atteindre une certitude première et à fonder le savoir, non à y renoncer.
  • Traduire le cogito par un raisonnement logique (« syllogisme » : tout ce qui pense existe…) : Descartes y voit une intuition immédiate, une évidence saisie d’un seul coup dès que l’esprit pense, et non la conclusion d’une déduction.
  • Écrire que Descartes « doute de tout, même de son existence » : c’est précisément ce dont il ne peut pas douter, et l’erreur défait l’argument entier. Le doute porte sur les sens, le monde, le corps, les mathématiques — jamais sur le fait de penser en doutant.
  • Faire du malin génie une croyance de Descartes : c’est une fiction méthodique, forgée pour pousser le doute jusqu’à sa limite et abandonnée dès que la certitude est acquise.
  • Rapporter l’identité personnelle de Locke à la permanence d’un corps ou d’une substance : je suis la même personne aussi loin que ma conscience rattache à moi mes états passés, ce qui rend l’amnésie philosophiquement redoutable et non seulement médicalement fâcheuse.

§ 02

Révision active

Reconstituez le cheminement du doute cartésien jusqu’au cogito, puis discutez : la certitude « je pense, donc je suis » prouve-t-elle que je me connais moi-même ?

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

La conscience médiatisée par autrui (Hegel)#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-philosophie-terminale-§La conscience

Points clés

Contre l’idée d’une conscience d’abord solitaire (le cogito s’éprouve seul), Hegel soutient que la conscience de soi ne s’atteint pleinement que par la médiation d’autrui : « la conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi ». Je ne deviens moi-même qu’en étant reconnu par un autre que moi. Repère central : médiat / immédiat — le rapport à soi passe par le détour d’autrui.
La dialectique du maître et de l’esclave (Phénoménologie de l’esprit) : deux consciences se rencontrent et chacune exige d’être reconnue. S’engage une lutte pour la reconnaissance. Celui qui, par peur de la mort, renonce et se soumet devient l’esclave ; celui qui a risqué sa vie devient le maître. La reconnaissance, d’abord, est inégale.
Le renversement : le maître, reconnu par un esclave qu’il méprise, obtient une reconnaissance sans valeur ; et, jouissant des choses sans les produire, il perd contact avec le réel. L’esclave, lui, par le travail, transforme le monde et s’y reconnaît dans son œuvre ; il accède à une véritable conscience de soi. Le travail est ainsi formateur : l’homme se connaît dans ce qu’il fait.
Repère objectif / subjectif / intersubjectif : la conscience de soi n’est pas seulement subjective (un repli intérieur), elle est intersubjective — elle se construit dans le rapport aux autres. La reconnaissance (être tenu pour un sujet libre par un autre sujet libre) est la condition d’une identité accomplie.
Enjeu pour le thème : autrui apparaît comme une seconde limite à la transparence de la conscience à elle-même. Je ne me connais pas de l’intérieur seulement ; je me découvre aussi dans le regard et la reconnaissance d’autrui. Après Descartes (la conscience se possède), Hegel montre qu’elle se doit à un autre — avant que Freud ne montre qu’elle s’échappe à elle-même.
Pourquoi la lutte, et pourquoi elle ne peut pas finir par un meurtre. Ce que chaque conscience réclame de l’autre n’est pas un service mais une reconnaissance : être tenue pour une liberté et non pour une chose. Or rien ne le prouve sinon le risque — accepter de mettre sa vie en jeu montre qu’on ne se réduit pas à un vivant attaché à sa survie. D’où l’affrontement. Mais la mort de l’adversaire ruinerait l’entreprise, car un mort ne reconnaît plus rien et le vainqueur retrouverait la solitude qu’il voulait quitter. La relation se stabilise donc en dépendance : l’un s’est soumis pour vivre, l’autre est servi (voir Fig. 3). Tout ce qui suit consiste à montrer que cette solution est fausse.

La dialectique du maître et de l’esclave

La dialectique du maître et de l'esclaveGraphe, Conscience A → Lutte pour la reconnaissance, Conscience B → Lutte pour la reconnaissance, Lutte pour la reconnaissance → Maître (risque sa vie), Lutte pour la reconnaissance → Esclave (cède par peur), Maître (risque sa vie) → Reconnaissance vide, Esclave (cède par peur) → Conscience de soi (travail)Conscience AConscience BLutte pour lareconnaissanceMaître (risquesa vie)Esclave (cèdepar peur)ReconnaissancevideConscience desoi (travail)
Fig. 3Renversement dialectique : le maître n'obtient qu'une reconnaissance vide (reconnu par un être méprisé) ; l'esclave, par le travail qui transforme le monde, accède à la conscience de soi.
Fig. 3 ↓
Une autre médiation : le regard (Sartre). Hegel n’est pas seul à faire passer la conscience de soi par autrui. Dans l’analyse sartrienne, il suffit d’être vu pour apprendre sur soi ce qu’aucune réflexion solitaire ne livrerait : surpris à écouter derrière une porte, je ne commence pas par me juger, j’éprouve la honte — et la honte est d’emblée conscience de moi tel que je suis pour un autre. Autrui n’est donc pas un objet que je constaterais dans le monde ; il est celui devant qui j’apparais. Le gain, pour le thème, est double. La conscience reçoit du dehors une part de ce qu’elle sait d’elle-même, et cette part peut être fausse : le regard fige, il donne une nature à qui n’en a pas. Se connaître exige alors de composer avec une image dont on n’est pas l’auteur.

Vocabulaire

→ Cartes
  • ReconnaissanceActe par lequel une conscience est tenue par une autre pour une liberté et non pour une chose ; elle n’a de valeur que réciproque et perd tout sens dès qu’elle est arrachée.
  • MédiationDétour par un terme tiers — autrui, le travail, le langage — sans lequel un rapport ne s’établit pas ; s’oppose à l’immédiat, qui se donne sans intermédiaire.
  • DialectiqueMouvement par lequel une position développe sa propre contradiction et se renverse en son contraire, chaque moment conservant ce que le précédent avait acquis.
  • Travail formateurTransformation de la matière par laquelle une conscience imprime sa marque au monde et se découvre elle-même dans l’œuvre qu’elle produit.
  • Le regardChez Sartre, épreuve par laquelle je me saisis comme objet pour un autre, la honte m’apprenant sur moi ce qu’aucune réflexion solitaire ne me livrerait.
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Exemple corrigé

A-t-on besoin d’autrui pour se connaître ?

La conscience de soi peut-elle se passer d’autrui ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée à l’aide de Hegel.

  1. 01Dégager le problème

    Le cogito semble montrer que je m’atteins seul, par une réflexion intérieure immédiate. Mais ce que je sais de moi (que je suis franc, courageux, intéressant) est constamment confirmé ou démenti par les autres. La question : la conscience de soi est-elle un repli solitaire ou une relation ?

  2. 02Le moment solitaire

    La conscience immédiate de soi est subjective : je me sens exister, je dis « je ». Mais ce sentiment reste indéterminé : je ne sais pas encore ce que je vaux, ni si l’image que j’ai de moi est juste. La certitude d’exister n’est pas encore connaissance de soi.

  3. 03La médiation par autrui (Hegel)

    Pour Hegel, « la conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi ». J’ai besoin d’être reconnu pour exister comme sujet. Dans la dialectique du maître et de l’esclave, c’est par la lutte pour la reconnaissance, puis par le travail, que la conscience se forme et se connaît dans son œuvre.

  4. 04Conclure

    La conscience de soi est intersubjective : elle se construit dans le rapport aux autres. Le détour par autrui n’est pas un accident mais la condition d’une identité accomplie ; me connaître, c’est aussi me reconnaître dans ce que je fais et dans le regard d’autrui.

Résultat : La conscience de soi ne se réduit pas à un repli intérieur : elle est médiate et intersubjective. C’est par la reconnaissance d’autrui et par le travail que je me connais véritablement. Autrui n’est donc pas un obstacle à la connaissance de soi, mais sa condition.

Objectif Bac

  • Savoir exposer la dialectique du maître et de l’esclave comme thèse de la conscience médiatisée : reconnaissance, lutte, puis rôle formateur du travail. C’est le repère hégélien attendu sur ce thème (et un pont vers « le travail » et « autrui »).
  • Mobiliser le repère médiat / immédiat et la distinction objectif / subjectif / intersubjectif pour formuler que la conscience de soi n’est pas un donné immédiat mais une conquête passant par autrui.
  • Objectif Bac : montrer que la reconnaissance n’a de valeur que réciproque — celle qu’on arrache par la force ne vaut rien, puisqu’elle vient d’un être qu’on a soi-même réduit au rang de chose.
  • Objectif Bac : faire travailler Hegel du côté de la notion « le travail » — c’est en formant la matière que l’esclave se donne un contenu et se reconnaît dans son œuvre ; le pont entre les deux notions est attendu.
  • Objectif Bac : tenir les deux médiations distinctes — chez Hegel autrui me reconnaît et me constitue, chez Sartre il me regarde et me fige ; les confondre ruine la confrontation.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la dialectique du maître et de l’esclave à une simple description sociologique de la domination, en oubliant son enjeu : c’est une figure de la conscience de soi et de la reconnaissance, pas seulement un rapport de force économique.
  • Croire que le maître « gagne » : Hegel montre l’inverse — c’est l’esclave qui, par le travail, accède à la conscience de soi, tandis que le maître s’enferme dans une reconnaissance vide et la jouissance stérile.
  • Prendre la dialectique du maître et de l’esclave pour une analyse de l’esclavage antique ou colonial : Hegel décrit un moment de la conscience de soi dans la Phénoménologie de l’esprit (1807) ; l’application historique est une lecture postérieure, à distinguer du texte.
  • Écrire que l’esclave « prend le pouvoir » à la fin : rien de tel. Il accède à la conscience de soi par le travail, ce qui est un renversement de vérité et non une révolution politique dans le texte de Hegel.
  • Traiter autrui comme un simple obstacle à ma liberté : chez Hegel il en est la condition, et même chez Sartre le regard, s’il aliène, me révèle une dimension de mon être à laquelle je n’aurais seul aucun accès.

§ 03

Révision active

« La conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi » (Hegel). Expliquez cette thèse à l’aide de la dialectique du maître et de l’esclave, puis demandez-vous : ai-je besoin d’autrui pour me connaître moi-même ?

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

L’hypothèse de l’inconscient psychique (Freud) et sa portée#

~9 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-philosophie-terminale-§L’inconscient

Points clés

L’hypothèse fondatrice : Freud pose qu’il existe des phénomènes psychiques inconscients — des désirs, des représentations, des affects qui agissent en nous sans que nous en ayons conscience. « L’inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité » : le conscient n’est qu’une partie de la vie psychique, comme la partie émergée d’un iceberg.
La justification : Freud part de ce que la conscience ne sait pas expliquer — les rêves, les lapsus, les actes manqués, les oublis, les symptômes névrotiques. Plutôt que de les laisser inintelligibles ou de les renvoyer au hasard, il les explique comme des « formations de l’inconscient » : des compromis qui réalisent de façon déguisée un désir refoulé. L’hypothèse de l’inconscient est ce qui rend ces faits compréhensibles.
Le refoulement : certaines représentations, jugées inacceptables par la conscience morale, sont repoussées hors du champ conscient mais non détruites ; elles persistent dans l’inconscient et cherchent à revenir (retour du refoulé). L’inconscient freudien n’est donc pas une simple absence de conscience, mais un système dynamique, gouverné par ses propres lois (le « processus primaire »).
La seconde topique (1923) : l’appareil psychique comprend trois instances — le « ça » (réservoir des pulsions, régi par le principe de plaisir, entièrement inconscient), le « surmoi » (instance des interdits et de l’idéal, héritier de la conscience morale, en partie inconscient), et le « moi » (instance médiatrice, soumise au principe de réalité, qui arbitre entre le ça, le surmoi et le monde extérieur). Le moi « n’est pas maître dans sa propre maison ».
La portée philosophique — « troisième blessure narcissique » : après Copernic (la Terre n’est pas le centre du monde) et Darwin (l’homme n’est pas à part du règne animal), Freud porte un troisième coup à l’orgueil humain : la conscience n’est pas maîtresse en son propre domaine psychique. L’hypothèse de l’inconscient remet ainsi en cause la transparence du sujet à lui-même et interroge la maîtrise et la responsabilité.
Deux topiques, non une seule. Avant les trois instances de 1923, Freud décrit l’appareil psychique par lieux — c’est la première topique, contemporaine de 1900 : le conscient, ce dont je me rends compte à l’instant ; le préconscient, ce qui n’est pas présent à l’esprit mais peut y revenir sans obstacle, mon adresse ou un souvenir de vacances ; l’inconscient proprement dit, dont l’accès est barré et qui ne revient qu’en se déguisant. La distinction décide de tout le reste : ce qui sépare le préconscient de l’inconscient n’est pas un degré d’attention mais une force qui s’oppose au retour. La seconde topique ne congédie pas la première, elle la complète en décrivant des instances là où il y avait des lieux (voir Fig. 4).

La seconde topique freudienne : ça, moi, surmoi

La seconde topique : ça, moi, surmoiGraphe, Ça · pulsions (plaisir) → Moi · arbitre (réalité), Surmoi · interdits, idéal → Moi · arbitre (réalité), Réalité · monde extérieur → Moi · arbitre (réalité)Ça · pulsions(plaisir)Surmoi ·interdits, idéalRéalité · mondeextérieurMoi · arbitre(réalité)pousseinterditcontraint
Fig. 4Le moi arbitre, sous le principe de réalité, entre les pulsions du ça (principe de plaisir), les interdits du surmoi et les contraintes du monde extérieur ; l'essentiel reste inconscient.
Fig. 4 ↓
Le rêve, voie d’accès. Dans L’Interprétation du rêve (1900), Freud sépare le contenu manifeste — le rêve tel qu’on le raconte au réveil, souvent absurde — et le contenu latent, les pensées et le désir qu’il déguise. Entre les deux opère le travail du rêve. La condensation fond plusieurs personnes ou souvenirs en une seule image. Le déplacement transporte l’intensité d’un élément décisif sur un détail insignifiant, de sorte que l’essentiel passe inaperçu. La mise en images traduit une pensée en scène visible. L’élaboration secondaire, enfin, recoud le tout en un récit à peu près suivi. Interpréter, c’est refaire ce chemin à l’envers. L’absurdité apparente du rêve n’est donc pas une absence de sens : elle est l’effet d’un travail de déformation.
L’acte manqué est un acte réussi. On oublie le nom d’une personne qu’on prétend estimer, on égare la clé d’un lieu où l’on n’a pas envie de retourner, on déclare close une séance qui s’ouvre. Freud consacre à ces faits la Psychopathologie de la vie quotidienne (1901) et refuse d’y voir de la distraction ou du hasard : l’erreur est trop bien ajustée, elle réalise une intention que le sujet ne s’avoue pas. D’où le renversement contenu dans le nom même — l’acte est manqué du point de vue de l’intention consciente, réussi du point de vue de l’autre. Le critère se vérifie : là où le hasard prédirait des erreurs quelconques, on observe des erreurs orientées, répétées, et dont l’interprétation trouve appui dans les associations mêmes du sujet.
Le symptôme, la cure, et le statut de l’hypothèse. Le symptôme névrotique — une phobie, un rituel, une paralysie sans lésion — s’entend comme un compromis : il accorde au désir refoulé une satisfaction déformée tout en infligeant la punition que réclame l’instance morale. C’est pourquoi il résiste à la bonne volonté et ne cède pas aux conseils. La méthode qui en donne la clé est l’association libre : le patient dit tout ce qui lui vient sans rien trier, et c’est dans les ratés de son discours que le refoulé se signale ; le transfert rejoue ensuite, dans la relation au médecin, des rapports anciens. Reste le point que les copies oublient. L’inconscient n’est jamais observé, il est inféré : c’est une hypothèse au sens strict, et Freud la défend comme on défend une hypothèse scientifique — parce qu’elle rend intelligible un ensemble de faits que rien d’autre n’explique, et qu’elle permet d’agir sur eux.

Vocabulaire

→ Cartes
  • RefoulementOpération par laquelle des représentations inacceptables sont maintenues hors de la conscience par une force qui s’oppose à leur retour, sans qu’elles cessent pour autant d’agir.
  • Contenu manifeste / contenu latentLe rêve tel qu’on le raconte au réveil, opposé aux pensées et au désir qu’il déguise et que l’interprétation cherche à retrouver.
  • Travail du rêveL’ensemble des opérations — condensation, déplacement, mise en images, élaboration secondaire — qui transforment le contenu latent en contenu manifeste.
  • Acte manquéOubli, lapsus ou maladresse qui échoue au regard de l’intention consciente mais réalise une intention que le sujet ne s’avoue pas.
  • Formation de compromisProduction psychique — rêve, symptôme, lapsus — qui satisfait le désir refoulé sous une forme déguisée tout en ménageant l’interdit qui l’avait repoussé.
  • TopiqueDescription de l’appareil psychique par ses parties : des lieux dans la première (conscient, préconscient, inconscient), des instances dans la seconde (ça, moi, surmoi).
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Exemple corrigé

L’inconscient rend-il l’homme irresponsable ?

L’hypothèse de l’inconscient psychique nous délivre-t-elle de toute responsabilité ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée.

  1. 01Dégager le problème

    Si des forces inconscientes me déterminent à mon insu, comment serais-je encore responsable de mes actes ? On peut craindre que l’inconscient n’abolisse la liberté et n’offre une excuse permanente : « ce n’est pas moi qui ai agi, c’est mon inconscient ».

  2. 02Le moment de la menace

    Freud établit que le moi « n’est pas maître dans sa propre maison » : des désirs refoulés s’expriment dans les rêves, les lapsus, les symptômes. La conscience n’a donc pas la pleine maîtrise de la vie psychique, ce qui semble fragiliser l’imputation des actes.

  3. 03La riposte freudienne

    Mais l’inconscient reste mien : ce sont mes désirs, non une puissance étrangère. Surtout, la cure analytique vise à étendre la conscience — « Là où était le ça, le moi doit advenir » : par la prise de conscience, le sujet se réapproprie ce qui le déterminait, donc se rend davantage responsable, non moins.

  4. 04Conclure

    L’inconscient déplace la responsabilité sans l’abolir : il interdit de croire la conscience toute-puissante, mais il appelle un travail de connaissance de soi. Invoquer l’inconscient comme alibi serait précisément ce que Freud refuse ; la lucidité conquise sur soi est au contraire une conquête de liberté.

Résultat : Non : l’hypothèse de l’inconscient limite la transparence et la maîtrise immédiate de soi, mais elle n’abolit pas la responsabilité. L’inconscient est encore le mien, et la cure vise à m’en rendre conscient — donc plus libre et plus responsable, et non à m’en disculper.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Vous oubliez le nom d’une personne que vous n’aimez pas ; vous dites « je déclare la séance close » à l’ouverture d’une réunion ennuyeuse. Hasard ? Freud refuse cette facilité. Et s’il y avait, derrière ces ratés, un sens caché ?

  2. 2

    Freud fait une hypothèse audacieuse : la conscience n’est qu’une petite partie du psychisme. Sous elle s’étend un vaste inconscient, comme la masse immergée d’un iceberg. Là dorment des désirs refoulés, repoussés parce qu’inacceptables.

  3. 3

    Pourquoi refouler ? Une instance morale, le surmoi, héritière des interdits, juge certains désirs inacceptables et les repousse. Mais refoulé n’est pas effacé : le désir persiste et cherche à revenir — par le rêve, le lapsus, le symptôme.

  4. 4

    La conséquence est vertigineuse. Après Copernic, qui déloge la Terre du centre du monde, après Darwin, qui range l’homme parmi les animaux, Freud porte une troisième blessure : le moi n’est plus maître dans sa propre maison. La conscience ne se possède plus tout entière.

Objectif Bac

  • Exposer rigoureusement pourquoi Freud pose l’inconscient (rêves, lapsus, actes manqués, symptômes) et comment il le structure (refoulement ; ça / moi / surmoi) : c’est le cœur du thème, presque toujours mobilisé en dissertation comme en explication de texte.
  • Savoir formuler l’enjeu philosophique — l’inconscient remet en cause la transparence et la maîtrise de soi — sans pour autant conclure trop vite à la fin de la liberté : Freud lui-même vise, par la cure, à étendre le domaine du moi (« là où était le ça, le moi doit advenir »).
  • Objectif Bac : distinguer le préconscient de l’inconscient — l’un revient dès qu’on y pense, l’autre est retenu par le refoulement ; une copie qui les confond ne peut plus expliquer pourquoi l’inconscient a besoin de se déguiser.
  • Objectif Bac : traiter une formation de l’inconscient en détail — le rêve avec son contenu manifeste et son contenu latent, ou l’acte manqué — plutôt que d’en citer quatre en une ligne ; un exemple analysé vaut une liste.
  • Objectif Bac : présenter l’inconscient pour ce qu’il est, une hypothèse justifiée par son pouvoir d’explication ; c’est cette honnêteté qui permet ensuite de discuter les objections au lieu de les balayer.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l’inconscient psychique (au sens de Freud : refoulé, dynamique, doté de lois propres) avec le « non-conscient » ordinaire (ce dont je ne m’occupe pas sur le moment, ce qui est simplement hors d’attention, ou les processus physiologiques). L’inconscient freudien n’est pas un simple « pas encore conscient ».
  • Tirer de l’inconscient une excuse universelle (« ce n’est pas moi, c’est mon inconscient ») : pour Freud, l’inconscient est encore mien ; la cure vise précisément à m’en rendre responsable, non à m’en déresponsabiliser.
  • Appeler « inconscient » tout ce dont on n’a pas conscience — la digestion, un geste automatique, un souvenir qui dort. Le refoulé se reconnaît à ceci qu’une force lui interdit le retour ; sans cette force, il n’y a pas d’inconscient freudien mais du préconscient ou du physiologique.
  • Faire du « ça » un personnage qui décide et du « moi » sa victime : ce sont des instances, c’est-à-dire des fonctions de l’appareil psychique, et le moi arbitre bien plus qu’il ne subit — la cure vise précisément à étendre son domaine.
  • Attribuer la seconde topique à L’Interprétation du rêve : les trois instances ça / moi / surmoi datent du Moi et le Ça (1923), tandis que la première topique — conscient, préconscient, inconscient — accompagne l’ouvrage de 1900. Se tromper de date revient ici à se tromper de théorie.

§ 04

Révision active

Expliquez pourquoi Freud pose l’hypothèse de l’inconscient psychique (à partir des actes manqués et des rêves), puis demandez-vous : cette hypothèse rend-elle l’homme étranger à lui-même et irresponsable de ses actes ?

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Rappel actif

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Sources : Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Objections et débats : la conscience est-elle transparente à elle-même ? (Sartre, la mauvaise foi)#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-philosophie-terminale-§La conscienceBOBO-2019-philosophie-terminale-§L’inconscient

Points clés

Première objection (rationaliste) : pour Alain et la tradition cartésienne, parler d’un « psychisme inconscient » est une contradiction dans les termes — le psychique, c’est par définition ce dont on a conscience. L’inconscient déresponsabiliserait l’homme en faisant de lui le jouet de forces obscures ; mieux vaut maintenir que rien dans l’esprit n’échappe à la conscience.
L’objection sartrienne : Sartre récuse l’inconscient au nom de la nature même de la conscience, qui n’est jamais un objet opaque pour elle-même — toute conscience d’un objet est en même temps, sans se poser comme telle, conscience d’elle-même. Mais il doit alors expliquer autrement ce que Freud appelait refoulement. C’est l’enjeu du concept de mauvaise foi.
La critique de la « censure » : si une instance (la censure freudienne) refoule un désir, c’est qu’elle doit le connaître pour le repousser, et savoir le cacher — donc en être consciente. L’inconscient supposé reconduit ainsi en lui la conscience qu’il prétendait éliminer. Pour Sartre, le « refoulement » n’est pas l’œuvre d’une instance séparée, mais un acte de la conscience qui se ment à elle-même.
La mauvaise foi : c’est se mentir à soi-même. Différente du mensonge (où je sais la vérité que je cache à autrui), la mauvaise foi est un mensonge à soi : je me dissimule à moi-même une vérité que pourtant je connais. Elle n’est possible que pour un être conscient et libre — non un mécanisme inconscient, mais une fuite devant ma propre liberté. Exemples sartriens : la femme qui « ne voit pas » l’intention du séducteur, le garçon de café qui se fait pur rôle.
Enjeu et synthèse : le débat oppose deux explications de l’opacité du sujet à lui-même. Freud l’explique par une instance inconsciente (réaliste, déterministe) ; Sartre, par une conduite de mauvaise foi (la conscience est responsable de son propre aveuglement, donc reste libre). Le sujet n’est transparent ni au sens naïf (je ne me connais pas tout entier), ni au sens où je serais le simple jouet de mon inconscient : se connaître soi-même reste une tâche, jamais un donné.
L’argument de fond : ni chose, ni deux. Se mentir à soi-même paraît impossible tant qu’on se représente le mensonge sur son modèle ordinaire, qui exige deux termes — celui qui sait, celui qu’on trompe. Freud sauve la dualité en séparant deux instances ; Sartre refuse cette solution et en tire son argument décisif. Si la mauvaise foi existe, et les conduites d’aveuglement sur soi sont un fait, c’est qu’une seule et même conscience peut tenir les deux rôles. Aucune chose ne le pourrait, car une chose coïncide avec ce qu’elle est. Seul le peut un être qui ne coïncide jamais tout à fait avec lui-même, toujours à distance de ses propres états : autrement dit, une conscience. La mauvaise foi n’est donc pas un accident que la conscience subirait, elle est une possibilité qui lui appartient en propre et qui atteste sa structure.
Une conduite, non un état. Pour fuir efficacement une vérité, il faut savoir laquelle on fuit, et ce savoir doit être tenu, faute de quoi la fuite manquerait sa cible. La mauvaise foi n’est donc jamais acquise une fois pour toutes : elle se refait à chaque instant, elle est un projet qu’il faut soutenir. On voit ce que Sartre y gagne. Un mécanisme inconscient déchargerait le sujet ; une conduite qu’il mène lui-même le laisse responsable de son propre aveuglement et suffit à expliquer qu’on puisse s’ignorer sans cesser d’être libre. Le garçon de café qui joue avec application au garçon de café n’est pas déterminé à ce rôle : il s’y réfugie, parce qu’être une chose au métier défini dispense d’avoir à se choisir.
Ce que le débat laisse ouvert. Rien n’oblige à trancher, et une copie qui tranche trop vite se prive de l’essentiel. Deux points méritent d’être vus. Freud peut d’abord répondre que la censure n’est pas un petit homme installé dans la tête qui saurait et cacherait : c’est une fonction, décrite par ses effets, et l’objection sartrienne suppose peut-être ce qu’elle prétend réfuter. Sartre doit ensuite expliquer la résistance : si l’aveuglement est un projet libre, pourquoi tant de sujets échouent-ils à en sortir, même lorsqu’ils le veulent ? Ce qui sépare vraiment les deux thèses n’est pas la constatation — chacune accorde que le sujet s’ignore — mais l’enjeu qui la suit : la liberté et la responsabilité de celui qui s’ignore (voir Fig. 5).

Deux explications de l’opacité de soi : Freud / Sartre

Pourquoi je m'ignore ? Freud / SartreTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Face à « je m'ignore » · Freud · Sartre; Mécanisme · un inconscient refoule · la mauvaise foi; Statut · cause séparée du moi · acte conscient et libre; Inconscient ? · oui, dynamique · non : tout est conscient; Responsabilité · le moi la subit · le sujet en répond; Issue · cure : étendre le moi · assumer sa libertéFace à « je m'ignore »FreudSartreMécanismeun inconscient refoulela mauvaise foiStatutcause séparée du moiacte conscient et libreInconscient ?oui, dynamiquenon : tout est conscientResponsabilitéle moi la subitle sujet en répondIssuecure : étendre le moiassumer sa liberté
Fig. 5Devant le même fait — le sujet n'est pas transparent à lui-même — Freud invoque un inconscient qui refoule, Sartre une mauvaise foi consciente et libre dont le sujet reste responsable.
Fig. 5 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • Mauvaise foiConduite par laquelle une conscience se dissimule à elle-même une vérité qu’elle connaît, unité paradoxale du trompeur et du trompé, impossible à toute chose et propre au seul être conscient.
  • MensongeActe qui suppose deux termes, celui qui détient la vérité et celui à qui on la cache ; il s’oppose à la mauvaise foi, où les deux rôles reviennent au même sujet.
  • CensureChez Freud, fonction qui interdit au refoulé l’accès à la conscience et n’autorise son retour que déguisé ; Sartre lui objecte qu’elle devrait connaître ce qu’elle écarte.
  • Conscience non positionnelle (de) soiPrésence immédiate de toute conscience à elle-même dans l’acte où elle vise un objet, sans qu’elle ait à se prendre elle-même pour objet ni à s’observer.
  • TransparencePropriété prêtée à la conscience de se connaître tout entière et sans reste ; c’est elle que l’inconscient freudien et la mauvaise foi sartrienne contestent, pour des raisons opposées.
  • Psychanalyse existentielleMéthode proposée par Sartre pour déchiffrer les conduites d’un sujet à partir du projet libre qui les unifie, sans recourir à l’hypothèse d’un inconscient.
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Exemple corrigé

La conscience est-elle transparente à elle-même ?

La conscience est-elle transparente à elle-même ? Dégagez le problème et construisez une réponse argumentée en confrontant Descartes, Freud et Sartre.

  1. 01Dégager le problème

    Spontanément, j’ai le sentiment de me connaître mieux que personne : nul n’a accès à mes pensées comme moi. Pourtant je me surprends, je me contredis, je m’ignore. La transparence de la conscience à elle-même est-elle un fait, ou une illusion que l’on doit corriger ?

  2. 02Thèse : la transparence (Descartes)

    Pour Descartes, l’esprit se connaît immédiatement comme « chose qui pense » ; rien dans la pensée n’échappe à la pensée. La conscience est lumière de part en part : c’est le sens premier et la dignité du sujet.

  3. 03Antithèse : l’opacité (Freud)

    Mais les rêves, lapsus et symptômes manifestent un sens que la conscience ne maîtrise pas. Freud pose un inconscient psychique : le moi « n’est pas maître dans sa propre maison ». La transparence cartésienne serait donc une illusion ; le sujet est en partie opaque à lui-même.

  4. 04Discussion et dépassement (Sartre)

    Sartre objecte à Freud qu’une « censure » qui refoule doit savoir ce qu’elle cache — donc en avoir conscience. Il réinterprète l’opacité par la mauvaise foi : la conscience se ment à elle-même, librement. Le sujet n’est ni purement transparent, ni purement déterminé par un inconscient : il est responsable de son propre aveuglement.

  5. 05Conclure

    La transparence immédiate et totale est intenable : je ne me possède pas d’emblée. Mais l’opacité n’est pas non plus une fatalité mécanique. Se connaître soi-même est une tâche — par la réflexion, la cure ou la lucidité conquise sur la mauvaise foi —, jamais un donné acquis une fois pour toutes.

Résultat : La conscience n’est pas spontanément transparente à elle-même : ni la certitude cartésienne, ni l’hypothèse freudienne ne suffisent seules. Que l’on explique l’opacité par l’inconscient (Freud) ou par la mauvaise foi (Sartre), la connaissance de soi se révèle une conquête, jamais une évidence donnée.

Objectif Bac

  • Savoir confronter Freud et Sartre comme les deux grandes réponses au problème de l’opacité de soi : l’hypothèse de l’inconscient contre la mauvaise foi. C’est l’axe d’une dissertation problématisée sur « la conscience est-elle transparente à elle-même ? ».
  • Distinguer rigoureusement mensonge / mauvaise foi / refoulement, et savoir présenter honnêtement les objections faites à Freud sans pour autant le « réfuter » : il s’agit de discuter, pas de trancher dogmatiquement.
  • Objectif Bac : donner à l’argument sartrien sa forme forte — se mentir à soi-même n’est possible que pour un être qui ne coïncide pas avec lui-même, donc pour une conscience — et non comme un simple refus de Freud.
  • Objectif Bac : dans une dissertation sur la transparence, ne pas s’arrêter au constat que le sujet s’ignore ; toute la valeur du devoir tient à ce qu’on en tire ensuite pour la responsabilité.
  • Objectif Bac : traiter Alain, Freud et Sartre comme trois positions argumentées, chacune avec sa raison et son coût, plutôt que comme une thèse suivie de deux critiques ; l’exercice demande d’examiner des réponses possibles, pas d’en couronner une.

Erreurs fréquentes

  • Croire que Sartre nie tout simplement l’opacité du sujet : il maintient que je peux m’ignorer, mais l’explique par la mauvaise foi (une conduite consciente et libre), non par un inconscient mécanique. C’est l’explication qui change, pas le fait.
  • Confondre mauvaise foi et mensonge ordinaire : dans le mensonge je trompe autrui en sachant la vérité ; dans la mauvaise foi, c’est moi-même que je trompe, unité paradoxale du trompeur et du trompé.
  • Présenter Sartre comme un adversaire de la psychanalyse en bloc : il en conteste l’inconscient et la censure, mais lui oppose une psychanalyse existentielle, c’est-à-dire une autre manière d’atteindre le projet fondamental d’un sujet.
  • Réduire la mauvaise foi à un manque de lucidité ou à une hypocrisie sociale : c’est une structure de la conscience, possible du seul fait qu’un être conscient n’est pas ce qu’il est à la manière d’une chose.
  • Conclure en une phrase qu’il « faut choisir » entre Freud et Sartre : le sujet demande d’examiner deux explications d’un même fait, et une conclusion vaut par la raison qui la justifie, jamais par la fermeté du ton.

§ 05

Révision active

« La conscience est-elle transparente à elle-même ? » Construisez le plan détaillé d’une dissertation confrontant la transparence cartésienne, l’hypothèse freudienne de l’inconscient et la mauvaise foi sartrienne.

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Sources : Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01La conscience de soi : qu’est-ce qu’un sujet ?○
    • 02La certitude du cogito et l’identité personnelle (Descartes)◐
    • 03La conscience médiatisée par autrui (Hegel)●
    • 04L’hypothèse de l’inconscient psychique (Freud) et sa portée●
    • 05Objections et débats : la conscience est-elle transparente à elle-même ? (Sartre, la mauvaise foi)◐

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La conscience et l’inconscient

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de philosophie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (NOR MENE1921238A)

Voir aussi

  • Le tempsLa conscience est temporelle : rétention, présent, protention prolongent l’analyse du sujet.
  • Le devoir et la libertéSi l’inconscient me détermine, suis-je responsable ? La discussion se poursuit là.
  • Le langagePeut-on penser sans mots ? La question revient sur ce que la conscience saisit d’elle-même.

Chapitre précédent

Méthodes de l’épreuve : dissertation et explication de texte

Chapitre suivant

Le langage

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