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Fonction logarithme népérien

La fonction logarithme népérien ln est la réciproque de l'exponentielle : elle transforme les produits en sommes et permet de résoudre les équations où l'inconnue est en exposant. Définie et strictement croissante sur ]0;+∞[, dérivable de dérivée 1/x, elle relie les propriétés algébriques (ln(ab), ln(aⁿ)) à une étude analytique complète (variations, limites en 0⁺ et +∞, croissances comparées). C'est l'outil central pour modéliser les phénomènes à croissance multiplicative, notamment le temps de doublement. En ouverture (hors-programme), le logarithme décimal éclaire les échelles logarithmiques usuelles (pH, magnitudes, décibels).

5 sections·~27 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·0555 / 14
Profil d’examen
C1 · Utiliser les propriétés algébriques du logarithme (ln(ab), ln(a/b), ln(aⁿ), ln(1/a), ln(√a)) pour simplifier, transformer ou résoudre.C2 · Résoudre des équations et inéquations faisant intervenir ln et exp, en précisant systématiquement l'ensemble de définition.C3 · Étudier une fonction comportant un logarithme : domaine, dérivée, sens de variation, limites et asymptotes.C4 · Déterminer les limites de ln en 0⁺ et en +∞, exploiter les croissances comparées et modéliser des problèmes (échelles logarithmiques, temps de doublement).
Opérateurs :définirdémontrerétudiercalculerrésoudredéterminerinterpréterjustifier

niveau de base

Maîtrisez d'abord l'équivalence ln(x)=y ⇔ x=eʸ, les quatre règles algébriques et le tableau de variations : elles suffisent à traiter la majorité des questions d'analyse du sujet écrit.

niveau approfondi

Visez la rédaction experte : justifier l'ensemble de définition AVANT toute manipulation, démontrer les croissances comparées et conduire une étude complète de fonction de la forme ln(u) avec asymptotes et tableau de signes de la dérivée.

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Fonction logarithme népérien
    • 01ln comme réciproque de l'exponentielle : définition, valeurs et premières propriétés○
    • 02Propriétés algébriques du logarithme et résolution d'équations et d'inéquations◐
    • 03Étude analytique : dérivée, sens de variation et limites en 0⁺ et en +∞◐
    • 04Croissances comparées et asymptotes●
    • 05Fonctions de la forme ln(u) et problèmes de modélisation●

5 sections · 25 points clés · 14 formules · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

ln comme réciproque de l'exponentielle : définition, valeurs et premières propriétés#

~5 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Fonction-logarithme

Symétrie des courbes de ln et exp par rapport à la droite y = x

exp et ln, courbes symétriques par rapport à y = xCourbe de y = eˣ, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de -4 à 4, Courbe de y = ln(x), racines en x = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0.02 à 4−4−3−2−11234−4−3−2−11234(0 ; 1)(1 ; 0)y = eˣy = ln(x)yx
Fig. 1Comme deux fonctions réciproques, exp et ln se déduisent l'une de l'autre par symétrie axiale d'axe la droite y = x.

Points clés

La fonction exponentielle réalise une bijection de ℝ sur ]0;+∞[ : pour tout réel strictement positif a, l'équation eˣ=a admet une unique solution. La fonction logarithme népérien ln est définie comme la fonction réciproque de exp ; elle associe à tout réel a>0 l'unique réel x tel que eˣ=a.
Ensemble de définition : ln est définie sur ]0;+∞[ uniquement. Écrire ln(x) impose donc toujours la condition x>0, et ln(u(x)) impose u(x)>0. C'est la première chose à poser dans tout exercice.
Équivalence fondamentale : pour x>0 et y réel quelconque, ln(x)=y ⇔ x=eʸ. Elle découle directement de la définition et sert à transformer toute équation logarithmique en équation exponentielle (et réciproquement).
Relations de réciprocité : pour tout x>0, e^(ln x)=x ; pour tout réel x, ln(eˣ)=x. Composer ln puis exp (ou l'inverse) « annule » les deux fonctions, ce qui simplifie les expressions.
Valeurs remarquables : ln(1)=0 (car e⁰=1) et ln(e)=1 (car e¹=e). Plus généralement ln(eⁿ)=n pour tout entier n.
Lecture graphique : les courbes de exp et de ln sont symétriques par rapport à la première bissectrice d'équation y=x, propriété générale de deux fonctions réciproques dans un repère orthonormé.
La définition par réciprocité mérite d'être posée dans l'ordre où elle se démontre, car un sujet peut demander de la justifier. La fonction exponentielle est continue et strictement croissante sur ℝ, avec pour limites 0 en −∞ et +∞ en +∞ : par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à une fonction strictement monotone, elle réalise donc une bijection de ℝ sur ]0 ; +∞[. Tout réel a strictement positif admet ainsi un unique antécédent par exp, et l'on NOMME ln(a) cet antécédent. Le domaine ]0 ; +∞[ n'est pas une convention : c'est exactement l'ensemble des valeurs atteintes par l'exponentielle, et rien d'autre ne pouvait avoir d'antécédent.
Le graphe se déduit de la réciprocité sans aucun calcul, ce qui rend le tracé rapide et sûr. Deux fonctions réciproques ont des courbes symétriques par rapport à la droite d'équation y = x : chaque point (α ; β) de la courbe de exp donne le point (β ; α) sur celle de ln. La conséquence pratique est immédiate — l'asymptote HORIZONTALE de exp en −∞ (l'axe des abscisses) devient l'asymptote VERTICALE de ln en 0⁺ (l'axe des ordonnées), et la tangente de exp en (0 ; 1), de pente 1, devient la tangente de ln en (1 ; 0), de pente 1 elle aussi. Tracer l'une, c'est tracer l'autre par pliage le long de la bissectrice.

Vocabulaire

→ Cartes
  • fonction réciproqueFonction qui à chaque image associe son unique antécédent ; ln est la réciproque de exp sur ]0 ; +∞[.
  • bijectionCorrespondance où tout élément de l'ensemble d'arrivée a un antécédent et un seul.
  • logarithme népérienFonction définie sur ]0 ; +∞[ par ln(a) = l'unique réel dont l'exponentielle vaut a.

Équivalence définissant ln comme réciproque de exp

ln⁡(x)=y  ⟺  x=ey(x>0, y∈R)\ln(x) = y \iff x = e^{y} \quad (x>0,\ y \in \mathbb{R})ln(x)=y⟺x=ey(x>0, y∈R)

Cœur de la définition : tout passage d'une écriture logarithmique à une écriture exponentielle repose sur cette équivalence.

Relations de réciprocité

eln⁡x=x  (x>0)ln⁡(ex)=x  (x∈R)e^{\ln x} = x \ \ (x>0) \qquad \ln(e^{x}) = x \ \ (x \in \mathbb{R})elnx=x  (x>0)ln(ex)=x  (x∈R)

ln et exp se « neutralisent » par composition ; attention aux domaines respectifs : x>0 à gauche, x quelconque à droite.

Valeurs remarquables

ln⁡(1)=0,ln⁡(e)=1,ln⁡(en)=n\ln(1) = 0, \qquad \ln(e) = 1, \qquad \ln(e^{n}) = nln(1)=0,ln(e)=1,ln(en)=n

Points d'ancrage indispensables : la courbe coupe l'axe des abscisses en x=1 et passe par le point (e ; 1).

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Exemple corrigé

Du logarithme à l'exponentiel et réciproquement

Résoudre dans ℝ les équations suivantes, en précisant à chaque fois l'ensemble de définition : a) ln⁡(x)=3\ln(x) = 3ln(x)=3 ; b) ex=12e^{x} = 12ex=12 ; c) eln⁡x+2=5e^{\ln x + 2} = 5elnx+2=5.

  1. 01a) Ensemble de définition et résolution

    ln(x) n'existe que pour x>0, donc on travaille sur ]0;+∞[. L'équivalence ln(x)=y ⇔ x=eʸ donne directement x=e³.

    ln⁡(x)=3  ⟺  x=e3≈20,09\ln(x)=3 \iff x = e^{3} \approx 20{,}09ln(x)=3⟺x=e3≈20,09
  2. 02b) Inconnue en exposant

    eˣ est défini pour tout réel x. On applique ln aux deux membres (12>0) : ln(eˣ)=ln(12), soit x=ln(12).

    ex=12  ⟺  x=ln⁡(12)≈2,48e^{x}=12 \iff x = \ln(12) \approx 2{,}48ex=12⟺x=ln(12)≈2,48
  3. 03c) Simplifier avant de résoudre

    Condition d'existence : x>0x>0x>0 à cause de ln⁡(x)\ln(x)ln(x). On utilise ea+b=eaebe^{a+b}=e^{a}e^{b}ea+b=eaeb puis eln⁡x=xe^{\ln x}=xelnx=x : eln⁡x+2=eln⁡x⋅e2=x e2e^{\ln x + 2}=e^{\ln x}\cdot e^{2}=x\,e^{2}elnx+2=elnx⋅e2=xe2. L'équation devient x e2=5x\,e^{2}=5xe2=5.

    x e2=5  ⟺  x=5e2≈0,68x\,e^{2}=5 \iff x = \dfrac{5}{e^{2}} \approx 0{,}68xe2=5⟺x=e25​≈0,68
  4. 04Vérification du domaine

    Chaque solution est strictement positive (cas a et c) ou réelle quelconque (cas b), donc compatible avec l'ensemble de définition. On conclut.

Résultat : a) S = {e³} ; b) S = {ln(12)} ; c) S = {5/e²}. Toutes les solutions respectent leur ensemble de définition.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : passer instantanément de la forme exponentielle à la forme logarithmique (et inversement), par exemple résoudre eˣ=5 par x=ln(5) ou simplifier e^(ln 7).
  • Objectif Bac : justifier proprement le domaine de définition d'une expression contenant ln avant tout calcul ; une réponse sans condition d'existence est pénalisée.
  • Objectif Bac : utiliser ln(1)=0 et ln(e)=1 comme valeurs-pivots, et reconnaître que ln(eˣ)=x pour simplifier.
  • Justifier l'existence de ln par la bijectivité de exp — continuité, stricte croissance, limites 0 et +∞ — et non par une simple affirmation.
  • Déduire les propriétés graphiques de ln de celles de exp par symétrie d'axe y = x, ce qui évite de retenir deux jeux de résultats.

Erreurs fréquentes

  • Écrire ln(x) ou ln(u(x)) sans poser la condition x>0 (ou u(x)>0) : l'ensemble de définition est omis et le raisonnement est invalidé.
  • Confondre e^(ln x)=x (valable seulement pour x>0) et ln(eˣ)=x (valable pour tout réel x) : inverser les domaines de validité.
  • Croire que ln(0) ou ln d'un nombre négatif existe : la fonction n'est pas définie sur ]−∞;0].
  • Écrire la symétrie par rapport à l'axe des abscisses ou des ordonnées : la symétrie qui relie une fonction à sa réciproque est celle d'axe y = x.
  • Résoudre e^x = a sans discuter le signe de a : l'équation n'a de solution que pour a > 0, et c'est parfois toute la question.

§ 01

Révision active

Résoudre dans ℝ chacune des équations e^(2x)=3, ln(x)=−1, e^(ln x + 2)=5, en précisant à chaque fois l'ensemble de définition.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 02
§ 02

Propriétés algébriques du logarithme et résolution d'équations et d'inéquations#

~5 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Fonction-logarithme

Le logarithme transforme un produit en somme

Tableau de 2 colonnes et 5 lignes, cellule mise en évidence : ln(ab) = ln a + ln bTableau de 2 colonnes et 5 lignes, Données: Propriété · Formule (a, b > 0); Produit → somme · ln(ab) = ln a + ln b; Quotient → différence · ln(a/b) = ln a − ln b; Inverse · ln(1/a) = − ln a; Puissance · ln(aⁿ) = n · ln a; Racine · ln(√a) = ½ · ln a, cellule mise en évidence : ln(ab) = ln a + ln bPropriétéFormule (a, b > 0)Produit → sommeln(ab) = ln a + ln bQuotient → différenceln(a/b) = ln a − ln bInverseln(1/a) = − ln aPuissanceln(aⁿ) = n · ln aRacineln(√a) = ½ · ln a
Fig. 2Principe de l'échelle logarithmique : multiplier les grandeurs revient à additionner leurs logarithmes — fondement des règles à calcul et des échelles (pH, décibels, magnitudes).

Points clés

Relation fonctionnelle fondamentale : pour tous réels a>0 et b>0, ln(ab)=ln(a)+ln(b). Le logarithme transforme un produit en somme — c'est la propriété qui fonde les échelles logarithmiques.
Quotient et inverse : ln(a/b)=ln(a)−ln(b) et, en particulier, ln(1/a)=−ln(a). On obtient le second cas en prenant b=a dans le premier, ou a=1 dans le quotient.
Puissance : pour tout réel a>0 et tout entier relatif n, ln(aⁿ)=n·ln(a). Cette règle s'étend aux exposants réels et permet de « faire descendre » l'inconnue d'un exposant.
Racine carrée : ln(√a)=½·ln(a), cas particulier de la règle de la puissance avec n=½ (puisque √a=a^(1/2)). Plus généralement ln(a^(1/n))=(1/n)·ln(a).
Méthode équation : isoler les ln d'un même côté, les regrouper en un seul ln à l'aide des propriétés algébriques, puis appliquer ln(A)=ln(B) ⇔ A=B (pour A>0 et B>0), ou ln(A)=k ⇔ A=eᵏ.
Méthode inéquation : la stricte croissance de ln donne ln(A)<ln(B) ⇔ A<B (pour A>0, B>0). On ne change PAS le sens de l'inégalité — contrairement à une multiplication par un nombre négatif. L'ensemble de définition restreint toujours l'ensemble solution.
La relation fonctionnelle se démontre en trois lignes à partir de la réciprocité, et cette démonstration est au programme. Soient a et b strictement positifs. On a e^(ln a + ln b) = e^(ln a) × e^(ln b) = a × b, par la relation fonctionnelle de l'exponentielle. Or ln(ab) est, par définition, l'unique réel dont l'exponentielle vaut ab. Les deux réels ln a + ln b et ln(ab) ont donc la même exponentielle ; comme exp est injective, ils sont égaux. Toutes les autres règles s'en déduisent : le quotient en écrivant a = (a/b) × b, l'inverse en prenant a = 1, la puissance entière par récurrence sur n.
La résolution d'une équation logarithmique se rédige en quatre temps, et l'ordre est ce qui rapporte les points. (1) DOMAINE : résoudre les conditions d'existence de chaque ln avant tout calcul, et en donner l'intersection. (2) CONDENSER : regrouper les logarithmes en un seul de chaque côté. (3) IDENTIFIER : appliquer ln A = ln B ⟺ A = B, ce qui donne une équation algébrique. (4) FILTRER : confronter chaque solution trouvée au domaine du (1) et rejeter celles qui n'y sont pas. L'étape 4 est celle que l'on saute, et c'est celle qui coûte le point : une équation en ln fabrique presque toujours une solution parasite.

Vocabulaire

→ Cartes
  • relation fonctionnellePropriété ln(ab) = ln a + ln b, qui transforme un produit en somme.
  • solution parasiteSolution de l'équation algébrique obtenue après condensation, mais extérieure au domaine de définition, donc à rejeter.
  • injectivitéPropriété d'une fonction pour laquelle deux antécédents distincts ont des images distinctes ; elle autorise le passage de ln A = ln B à A = B.

Produit et quotient (a>0, b>0)

ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡bln⁡ ⁣(ab)=ln⁡a−ln⁡b\ln(ab) = \ln a + \ln b \qquad \ln\!\left(\dfrac{a}{b}\right) = \ln a - \ln bln(ab)=lna+lnbln(ba​)=lna−lnb

Les deux règles maîtresses : un produit devient une somme, un quotient une différence.

Inverse, puissance et racine (a>0)

ln⁡ ⁣(1a)=−ln⁡aln⁡(an)=n ln⁡aln⁡(a)=12ln⁡a\ln\!\left(\dfrac{1}{a}\right) = -\ln a \qquad \ln(a^{n}) = n\,\ln a \qquad \ln(\sqrt{a}) = \tfrac{1}{2}\ln aln(a1​)=−lnaln(an)=nlnaln(a​)=21​lna

L'inverse change le signe ; un exposant entier (ou réel) se place en facteur ; la racine carrée correspond à l'exposant ½.

Résolution par stricte croissance de ln

ln⁡A=ln⁡B  ⟺  A=Bln⁡A<ln⁡B  ⟺  A<B(A>0, B>0)\ln A = \ln B \iff A = B \qquad \ln A < \ln B \iff A < B \quad (A>0,\ B>0)lnA=lnB⟺A=BlnA<lnB⟺A<B(A>0, B>0)

La bijectivité et la stricte croissance de ln permettent d'« enlever » les logarithmes en conservant l'ordre.

Exemple corrigé

Équation logarithmique avec contrôle du domaine

Résoudre dans ℝ l'équation ln(x) + ln(x − 3) = ln(10).

  1. 01Ensemble de définition

    Les deux logarithmes imposent x>0 ET x−3>0, donc x>3. On résout sur l'intervalle ]3;+∞[.

    D= ]3 ;+∞[\mathcal{D} = \,]3\,;+\infty[D=]3;+∞[
  2. 02Condenser le membre de gauche

    La règle du produit ln(a)+ln(b)=ln(ab) donne ln(x)+ln(x−3)=ln(x(x−3)). L'équation devient ln(x(x−3))=ln(10).

    ln⁡(x(x−3))=ln⁡(10)\ln\big(x(x-3)\big) = \ln(10)ln(x(x−3))=ln(10)
  3. 03Supprimer les logarithmes

    Par stricte croissance (donc injectivité) de ln : ln(A)=ln(B) ⇔ A=B. On obtient x(x−3)=10, soit x²−3x−10=0.

    x2−3x−10=0x^{2} - 3x - 10 = 0x2−3x−10=0
  4. 04Résoudre le trinôme

    Le discriminant vaut Δ=9+40=49, √Δ=7. Les racines sont x=(3+7)/2=5 et x=(3−7)/2=−2.

    x=3±72 ⇒ x1=5,x2=−2x = \dfrac{3 \pm 7}{2} \ \Rightarrow\ x_1 = 5,\quad x_2 = -2x=23±7​ ⇒ x1​=5,x2​=−2
  5. 05Confronter au domaine

    On garde uniquement les solutions de ]3;+∞[. La valeur −2 est exclue (hors domaine) ; 5 convient (5>3).

Résultat : S = {5}. La racine −2 est rejetée car elle n'appartient pas à l'ensemble de définition ]3;+∞[.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : simplifier ou condenser une expression du type ln(8)−3ln(2) ou 2ln(3)+ln(5) en un seul logarithme, en justifiant chaque règle utilisée.
  • Objectif Bac : résoudre une équation telle que ln(x)+ln(x−2)=ln(3) en déterminant d'abord l'ensemble de définition (ici x>2), puis en vérifiant la compatibilité des solutions trouvées.
  • Objectif Bac : résoudre une inéquation logarithmique en exploitant la stricte croissance de ln sans inverser l'inégalité, et intersecter avec le domaine.
  • Démontrer ln(ab) = ln a + ln b en passant par l'exponentielle et l'injectivité — c'est une démonstration attendue, pas un résultat à citer.
  • Rédiger toute équation logarithmique en quatre temps : domaine, condensation, identification, filtrage des solutions par le domaine.

Erreurs fréquentes

  • Écrire ln(a+b)=ln(a)+ln(b) : FAUX. La règle ne concerne que le produit, ln(ab)=ln(a)+ln(b). Le logarithme d'une somme ne se développe pas.
  • Oublier de restreindre l'ensemble solution à l'ensemble de définition : par exemple résoudre ln(x)+ln(x−2)=ln(3) et garder une solution qui rend x−2 négatif.
  • Inverser le sens d'une inéquation lors du « passage au logarithme » : ln étant croissante, ln(A)<ln(B) ⇔ A<B, l'ordre est conservé.
  • Écrire ln(a)·ln(b) = ln(a + b) ou ln(a)/ln(b) = ln(a − b) : aucune règle ne porte sur un produit ou un quotient de logarithmes.
  • Faire descendre l'exposant sans vérifier la positivité de la base : ln(x²) = 2 ln(x) n'est valable que pour x > 0 ; pour x < 0, l'écriture correcte est 2 ln(|x|).

§ 02

Révision active

Résoudre dans ℝ l'équation ln(x) + ln(x − 3) = ln(10), puis l'inéquation ln(2x − 1) ≤ ln(x + 4), en précisant à chaque fois l'ensemble de définition.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 03
§ 03

Étude analytique : dérivée, sens de variation et limites en 0⁺ et en +∞#

~6 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Fonction-logarithme

Courbe de ln avec asymptote verticale en x = 0 et signe

Courbe de ln : asymptote x=0, racine en 1Courbe de y = ln(x), racines en x = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0.02 à 8, asymptote verticale en x = 012345678−4−3−2−1123(1 ; 0)(e ; 1)x = 0y = ln(x)yx
Fig. 3ln est strictement croissante sur ]0;+∞[ : asymptote verticale x=0 (limite −∞), valeur nulle en x=1, croissance lente vers +∞.

Points clés

Dérivée : la fonction ln est dérivable sur ]0;+∞[ et (ln x)′=1/x. Comme 1/x>0 sur ]0;+∞[, la dérivée est strictement positive : ln est strictement croissante sur tout son domaine.
Sens de variation et conséquences : de la stricte croissance découlent l'injectivité (ln(a)=ln(b) ⇔ a=b) et la conservation de l'ordre (a<b ⇔ ln(a)<ln(b)). En particulier, ln(x)>0 pour x>1, ln(x)<0 pour 0<x<1, et ln(x)=0 ⇔ x=1.
Limite en +∞ : lim(x→+∞) ln(x)=+∞. La croissance est cependant très lente — ln tend vers l'infini moins vite que toute puissance positive de x (voir croissances comparées).
Limite en 0⁺ : lim(x→0⁺) ln(x)=−∞. La courbe « plonge » vers le bas en se rapprochant de l'axe des ordonnées : la droite d'équation x=0 (l'axe Oy) est asymptote verticale.
Tangente en x=1 : au point d'abscisse 1, ln(1)=0 et (ln)′(1)=1, donc la tangente à la courbe en (1;0) a pour équation y=x−1. Cette tangente est au-dessus de la courbe (concavité tournée vers le bas, car (ln)″(x)=−1/x²<0).
Dérivée de ln(u) : si u est dérivable et strictement positive sur un intervalle, alors ln(u) est dérivable et (ln u)′=u′/u. C'est la clé de l'étude des fonctions composées avec un logarithme.
Les deux limites de ln se démontrent à partir de celles de l'exponentielle, et un sujet peut le demander. En +∞ : soit A un réel aussi grand que l'on veut ; pour tout x > e^A, la stricte croissance de ln donne ln(x) > ln(e^A) = A, donc ln(x) dépasse tout seuil fixé et tend vers +∞. En 0⁺ : on pose X = 1/x, qui tend vers +∞ quand x tend vers 0 par valeurs positives ; alors ln(x) = ln(1/X) = −ln(X), qui tend vers −∞. Ce changement de variable X = 1/x est un réflexe utile bien au-delà de ce cas : il transforme systématiquement une étude en 0⁺ en une étude en +∞.
La formule (ln u)′ = u′/u sert dans les deux sens, et c'est cette réversibilité qu'il faut installer maintenant. Dans le sens direct, elle dérive : (ln(x² + 1))′ = 2x/(x² + 1). Dans le sens inverse, elle reconnaît une primitive : toute expression de la forme u′/u a pour primitive ln|u|, ce qui rend intégrable un quotient dont le numérateur est, à un coefficient près, la dérivée du dénominateur. Prenez l'habitude, devant un quotient, de dériver mentalement le dénominateur et de comparer au numérateur — le chapitre du calcul intégral repose largement sur ce réflexe.

Vocabulaire

→ Cartes
  • asymptote verticaleDroite d'équation x = a dont la courbe se rapproche indéfiniment lorsque la fonction tend vers ±∞ en a.
  • stricte croissancePropriété d'une fonction dont la dérivée est strictement positive ; elle conserve l'ordre et rend la fonction injective.
  • dérivée d’une composéeFormule (ln u)′ = u′/u, valable sur tout intervalle où u reste strictement positive.
  • changement de variableSubstitution X = 1/x qui ramène une étude en 0⁺ à une étude en +∞.

Dérivée de ln et de ln(u)

(ln⁡x)′=1x(x>0)(ln⁡u)′=u′u(u>0)(\ln x)' = \dfrac{1}{x} \quad (x>0) \qquad (\ln u)' = \dfrac{u'}{u} \quad (u>0)(lnx)′=x1​(x>0)(lnu)′=uu′​(u>0)

Dérivée de base, puis sa version composée : on divise la dérivée de l'argument par l'argument lui-même.

Limites aux bornes du domaine

lim⁡x→0+ln⁡(x)=−∞lim⁡x→+∞ln⁡(x)=+∞\lim_{x \to 0^{+}} \ln(x) = -\infty \qquad \lim_{x \to +\infty} \ln(x) = +\inftyx→0+lim​ln(x)=−∞x→+∞lim​ln(x)=+∞

À gauche, chute vers −∞ (asymptote verticale x=0) ; à droite, croissance vers +∞, mais lente.

Signe de ln

ln⁡(x)>0  ⟺  x>1,ln⁡(x)<0  ⟺  0<x<1,ln⁡(x)=0  ⟺  x=1\ln(x) > 0 \iff x > 1, \qquad \ln(x) < 0 \iff 0 < x < 1, \qquad \ln(x) = 0 \iff x = 1ln(x)>0⟺x>1,ln(x)<0⟺0<x<1,ln(x)=0⟺x=1

Le signe du logarithme se lit par rapport à 1 : positif au-delà, négatif en deçà, nul en 1.

Exemple corrigé

Étude de f(x) = x − ln(x) sur ]0 ; +∞[

Soit f la fonction définie sur ]0;+∞[ par f(x) = x − ln(x). Étudier les variations de f et déterminer son minimum.

  1. 01Dérivée

    f est dérivable sur ]0;+∞[ comme somme de fonctions dérivables. On a f′(x)=1−1/x, soit, en réduisant au même dénominateur, f′(x)=(x−1)/x.

    f′(x)=1−1x=x−1xf'(x) = 1 - \dfrac{1}{x} = \dfrac{x-1}{x}f′(x)=1−x1​=xx−1​
  2. 02Signe de la dérivée

    Sur ]0;+∞[, le dénominateur x est strictement positif ; le signe de f′(x) est donc celui de x−1. Ainsi f′(x)<0 pour 0<x<1 et f′(x)>0 pour x>1.

    f′(x)<0 sur ]0;1[,f′(x)>0 sur ]1;+∞[f'(x) < 0 \text{ sur } ]0;1[, \qquad f'(x) > 0 \text{ sur } ]1;+\infty[f′(x)<0 sur ]0;1[,f′(x)>0 sur ]1;+∞[
  3. 03Variations

    f est strictement décroissante sur ]0;1] puis strictement croissante sur [1;+∞[. Elle admet donc un minimum global en x=1.

  4. 04Valeur du minimum

    f(1)=1−ln(1)=1−0=1. Le minimum de f vaut 1 et est atteint en x=1. On en déduit que pour tout x>0, x−ln(x)≥1, c'est-à-dire ln(x)≤x−1 (la tangente est au-dessus de la courbe de ln).

    ∀x>0,ln⁡(x)≤x−1\forall x>0,\quad \ln(x) \le x - 1∀x>0,ln(x)≤x−1

Résultat : f décroît sur ]0;1], croît sur [1;+∞[ ; minimum global f(1)=1. Conséquence : ln(x) ≤ x − 1 pour tout x>0.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Partons de la dérivée : ln est dérivable sur ]0;+∞[ et sa dérivée est 1/x. Comme 1/x est toujours strictement positif sur ce domaine, ln est strictement croissante.

  2. 2

    Regardons le comportement aux bornes. Quand x tend vers 0 par valeurs positives, ln(x) plonge vers moins l'infini : l'axe des ordonnées est asymptote verticale.

  3. 3

    À l'autre extrémité, quand x tend vers plus l'infini, ln(x) tend aussi vers plus l'infini, mais très lentement — bien plus lentement que x lui-même.

  4. 4

    On rassemble tout dans la courbe : négative entre 0 et 1, nulle en 1, positive ensuite, croissante partout, avec son asymptote verticale x=0.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : dresser le tableau de variations complet de ln (signe de 1/x, limites aux bornes, asymptote verticale) et le justifier.
  • Objectif Bac : déterminer l'équation de la tangente à la courbe de ln en un point donné, par exemple en (1;0) ou en (e;1).
  • Objectif Bac : calculer la dérivée d'une fonction de la forme ln(u) en appliquant correctement la formule u′/u après avoir vérifié u>0.
  • Savoir démontrer les limites de ln en +∞ et en 0⁺ à partir de celles de l'exponentielle, le changement de variable X = 1/x traitant le second cas.
  • Vérifier la condition u > 0 sur l'intervalle AVANT d'appliquer (ln u)′ = u′/u ; sans elle, la formule n'a pas de sens.

Erreurs fréquentes

  • Écrire (ln x)′ = x (au lieu de 1/x) ou (ln x)′ = ln(x)/x : la dérivée de ln est exactement 1/x.
  • Annoncer une limite finie en 0⁺ : ln(x) tend vers −∞ (et non vers 0), l'axe des ordonnées est asymptote verticale.
  • Pour (ln u)′, oublier le numérateur u′ et écrire seulement 1/u : la dérivée d'une fonction composée est u′/u.
  • Croire que ln est bornée parce qu'elle croît lentement : elle tend bien vers +∞, simplement plus lentement que toute puissance de x.
  • Confondre l'asymptote verticale de ln (la droite x = 0) avec une asymptote horizontale : la courbe plonge le long de l'axe des ordonnées, elle ne s'aplatit pas.

§ 03

Révision active

Soit f définie sur ]0;+∞[ par f(x)=x−ln(x). Calculer f′(x), étudier son signe, dresser le tableau de variations de f et déterminer son minimum.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 04
§ 04

Croissances comparées et asymptotes#

~5 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Fonction-logarithme

Comparaison des croissances de ln(x), √x et x

ln(x) ≪ √x ≪ x au voisinage de +∞Courbe de y = x, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 16, Courbe de y = √x, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 16, Courbe de y = ln(x), racines en x = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0.05 à 1624681012141651015y = xy = √xy = ln(x)yx
Fig. 4Au voisinage de +∞ : ln(x) ≪ √x ≪ x. La lenteur du logarithme se lit à l'aplatissement de sa courbe par rapport aux deux autres.

Points clés

Croissance comparée en +∞ : lim(x→+∞) ln(x)/x = 0. Le logarithme croît infiniment moins vite que la fonction x ↦ x ; toute puissance positive de x finit par « écraser » ln.
Croissance comparée en 0⁺ : lim(x→0⁺) x·ln(x) = 0. Bien que ln(x)→−∞, le facteur x tend vers 0 « plus fort » et le produit tend vers 0. On lève ainsi l'indétermination « 0 × (−∞) ».
Hiérarchie des croissances : au voisinage de +∞, ln(x) ≪ √x ≪ x ≪ x² ≪ eˣ. Graphiquement, la courbe de ln finit toujours en dessous de celle de x et même de celle de √x.
Application aux limites avec indétermination : pour lever une forme « +∞ − ∞ » comme x − ln(x), on factorise par le terme dominant : x − ln(x) = x(1 − ln(x)/x). Comme ln(x)/x → 0, le facteur tend vers 1 et la limite est +∞.
Asymptote oblique éventuelle : une fonction du type f(x)=x+ln(x) n'a pas d'asymptote oblique (l'écart ln(x) n'est pas borné), mais ln(x)/x → 0 garantit qu'elle se comporte « comme x » à grande échelle ; pour une asymptote, l'écart f(x)−(ax+b) doit tendre vers 0.
Lien avec la dérivée et le tracé : la lenteur de ln (dérivée 1/x → 0) explique l'aplatissement de la courbe en +∞ ; comparée à √x et x, sa croissance comparée se visualise directement.
La démonstration de lim ln(x)/x = 0 en +∞ se ramène à la croissance comparée de l'exponentielle, et l'astuce vaut d'être retenue. On pose X = ln(x), de sorte que x = e^X et que X tend vers +∞ avec x. Le quotient s'écrit alors ln(x)/x = X/e^X, dont la limite en +∞ est 0 par la croissance comparée exponentielle/puissance déjà établie. La limite en 0⁺ de x·ln(x) se traite par le même changement : en posant x = e^X avec X tendant vers −∞, le produit devient X·e^X, dont la limite est 0. Retenez le geste : toute croissance comparée faisant intervenir ln se ramène, par x = e^X, à une croissance comparée de l'exponentielle.

Vocabulaire

→ Cartes
  • croissance comparéeThéorème comparant la vitesse de croissance de deux fonctions ; en +∞, ln croît moins vite que toute puissance positive de x.
  • forme indéterminéeÉcriture du type ∞ − ∞, 0 × ∞ ou ∞/∞ qui ne permet pas de conclure directement et impose une transformation.
  • terme dominantTerme qui impose le comportement d'une expression à l'infini et par lequel on factorise pour lever l'indétermination.

Croissances comparées de référence

lim⁡x→+∞ln⁡(x)x=0lim⁡x→0+x ln⁡(x)=0\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x} = 0 \qquad \lim_{x \to 0^{+}} x\,\ln(x) = 0x→+∞lim​xln(x)​=0x→0+lim​xln(x)=0

Les deux limites exigibles : ln est dominé par x en +∞, et x domine ln en 0⁺.

Lever une indétermination +∞ − ∞ par factorisation

x−ln⁡(x)=x(1−ln⁡(x)x) →x→+∞ +∞x - \ln(x) = x\left(1 - \dfrac{\ln(x)}{x}\right) \ \xrightarrow[x \to +\infty]{}\ +\inftyx−ln(x)=x(1−xln(x)​) x→+∞​ +∞

On factorise par le terme dominant x ; le crochet tend vers 1 car ln(x)/x → 0, donc le produit tend vers +∞.

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Exemple corrigé

Lever des indéterminations grâce aux croissances comparées

Déterminer a) lim(x→+∞) (x − ln(x)) et b) lim(x→0⁺) x²·ln(x).

  1. 01a) Forme indéterminée +∞ − ∞

    En +∞, x → +∞ et ln(x) → +∞ : la différence est indéterminée. On factorise par le terme dominant x.

    x−ln⁡(x)=x(1−ln⁡(x)x)x - \ln(x) = x\left(1 - \dfrac{\ln(x)}{x}\right)x−ln(x)=x(1−xln(x)​)
  2. 02a) Conclusion par croissance comparée

    Comme ln(x)/x → 0, le crochet tend vers 1 ; le produit d'un facteur tendant vers +∞ par un facteur tendant vers 1 tend vers +∞.

    lim⁡x→+∞(x−ln⁡(x))=+∞\lim_{x \to +\infty} \big(x - \ln(x)\big) = +\inftyx→+∞lim​(x−ln(x))=+∞
  3. 03b) Forme indéterminée 0 × (−∞)

    En 0⁺, x² → 0 et ln(x) → −∞. On écrit x²·ln(x) = x·(x·ln(x)) et on utilise la croissance comparée x·ln(x) → 0.

    x2ln⁡(x)=x⋅(x ln⁡(x))x^{2}\ln(x) = x \cdot \big(x\,\ln(x)\big)x2ln(x)=x⋅(xln(x))
  4. 04b) Conclusion

    Le facteur x → 0 et le facteur x·ln(x) → 0 ; le produit de deux facteurs tendant vers 0 tend vers 0.

    lim⁡x→0+x2 ln⁡(x)=0\lim_{x \to 0^{+}} x^{2}\,\ln(x) = 0x→0+lim​x2ln(x)=0

Résultat : a) lim(x→+∞) (x − ln(x)) = +∞ ; b) lim(x→0⁺) x²·ln(x) = 0.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : utiliser ln(x)/x → 0 et x·ln(x) → 0 pour lever une indétermination dans le calcul d'une limite.
  • Objectif Bac : déterminer la limite en +∞ d'une fonction combinant un terme polynomial et un logarithme en factorisant par le terme dominant.
  • Objectif Bac : justifier qu'une courbe comportant un ln admet (ou non) une asymptote, en étudiant l'écart f(x)−(ax+b).
  • Ramener une croissance comparée logarithmique à une croissance comparée exponentielle par le changement de variable x = e^X, plutôt que de citer un résultat isolé.
  • Factoriser par le terme DOMINANT devant une forme indéterminée « ∞ − ∞ » : x − ln x = x(1 − ln(x)/x), où la parenthèse tend vers 1.

Erreurs fréquentes

  • Conclure que x·ln(x) → −∞ en 0⁺ « parce que ln(x) → −∞ » : on oublie que le facteur x → 0 l'emporte, et la limite est 0 (forme indéterminée 0 × ∞).
  • Affirmer que ln(x)/x → +∞ : c'est l'inverse, ln croît moins vite que x donc le quotient tend vers 0.
  • Distribuer une limite sur une forme indéterminée +∞ − ∞ sans factoriser par le terme dominant.
  • Retenir la hiérarchie des croissances sans l'ordonner correctement : en +∞, ln x ≪ √x ≪ x ≪ x² ≪ e^x, et c'est la position de ln tout en bas qui décide de la plupart des limites.
  • Appliquer une croissance comparée en 0⁺ comme si elle valait en +∞ : les deux résultats sont distincts et se démontrent séparément.

§ 04

Révision active

Déterminer les limites suivantes : a) lim(x→+∞) (x − ln(x)) ; b) lim(x→+∞) ln(x)/x² ; c) lim(x→0⁺) x²·ln(x). Justifier en utilisant les croissances comparées.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 05
§ 05

Fonctions de la forme ln(u) et problèmes de modélisation#

~5 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Fonction-logarithme

Tableau de variations d'une fonction ln(u) : g(x) = ln(x² + 1)

Graphe de fonction, g(x) = ln(x² + 1) = ln(x^2 + 1), 1 points marquésCourbe de g(x) = ln(x² + 1), racines en x = 0, minimum en (0, 0), ordonnée à l’origine y = 0, sur l’intervalle x de -4 à 4−4−3−2−112340.511.522.53min : g(0) = 0g(x) = ln(x² +1)g(x)x
Fig. 5Étude de g(x)=ln(x²+1) : comme x²+1>0 partout, g est définie sur ℝ ; g′(x)=2x/(x²+1) a le signe de x ; minimum g(0)=ln(1)=0.

Points clés

Domaine d'une fonction ln(u) : ln(u(x)) n'est défini que là où u(x)>0. La première étape d'une étude est donc la résolution de l'inéquation u(x)>0 (tableau de signes).
Dérivée et variations de ln(u) : (ln u)′=u′/u. Comme u>0 sur le domaine, le signe de la dérivée est celui de u′. Les variations de ln(u) reproduisent donc celles de u sur le domaine où u>0.
Limites par composition : on calcule la limite de u, puis on compose avec ln (lim ln=−∞ en 0⁺, +∞ en +∞). Une limite de u vers 0⁺ donne ln(u)→−∞ (asymptote verticale possible) ; une limite de u vers +∞ donne ln(u)→+∞.
Modélisation — temps de doublement : pour une grandeur évoluant selon N(t)=N₀·qᵗ (croissance multiplicative de raison q>1) ou N₀·e^{kt}, le temps de doublement se trouve en résolvant 2=qᵗ, soit t=ln(2)/ln(q) (ou t=ln(2)/k). L'inconnue, placée en exposant, se libère grâce au logarithme.
Ouverture (hors-programme, culture scientifique) : les échelles logarithmiques usuelles — pH=−log₁₀([H₃O⁺]), magnitude sismique, niveau sonore en décibels — reposent sur le logarithme décimal log (lié à ln par log(x)=ln(x)/ln(10)). Le logarithme décimal n'est plus au programme de spécialité de terminale, qui ne traite que ln ; ce point est donné à titre de culture pour illustrer la « résolution de problème ». Idée à retenir : multiplier la grandeur par 10 ajoute une unité à l'échelle.
Méthode générale d'étude d'une fonction avec ln : (1) domaine via u>0 ; (2) limites aux bornes et asymptotes ; (3) dérivée u′/u et tableau de signes ; (4) tableau de variations ; (5) tracé et interprétation.
Le temps de doublement se calcule une fois pour toutes et se réutilise, quel que soit l'habillage de l'énoncé. Pour un modèle N(t) = N₀·q^t avec q > 1, doubler signifie q^t = 2, donc t·ln(q) = ln(2), donc t = ln(2)/ln(q). Pour un modèle continu N(t) = N₀·e^(kt) avec k > 0, la même manipulation donne t = ln(2)/k. Le résultat frappant, et qui fait souvent l'objet d'une question de commentaire, est que ce temps NE DÉPEND PAS de N₀ : une population double au bout du même temps qu'elle parte de cent ou de cent mille individus. Pour une décroissance (q < 1, ou k < 0), le même calcul avec 1/2 au lieu de 2 donne la demi-vie.

Vocabulaire

→ Cartes
  • temps de doublementDurée au bout de laquelle une grandeur à croissance multiplicative est multipliée par deux ; elle vaut ln(2)/ln(q) et ne dépend pas de la valeur initiale.
  • demi-vieDurée au bout de laquelle une grandeur décroissante est divisée par deux.
  • logarithme décimalFonction log = ln/ln(10), utilisée dans les échelles pH, décibels et magnitudes ; à ne pas confondre avec ln.

Dérivée d'une composée ln(u)

(ln⁡(u))′=u′usur {x∣u(x)>0}\big(\ln(u)\big)' = \dfrac{u'}{u} \quad \text{sur } \{x \mid u(x) > 0\}(ln(u))′=uu′​sur {x∣u(x)>0}

Le signe de la dérivée se ramène à celui de u′ puisque u>0 ; les variations suivent celles de u.

Temps de doublement

N(t)=N0 ekt=2N0  ⟺  ekt=2  ⟺  t=ln⁡2kN(t) = N_0\, e^{kt} = 2N_0 \iff e^{kt} = 2 \iff t = \dfrac{\ln 2}{k}N(t)=N0​ekt=2N0​⟺ekt=2⟺t=kln2​

On isole l'exposant en appliquant ln : le temps de doublement ne dépend que du taux k, pas de la valeur initiale.

Logarithme décimal et échelle de pH (ouverture, hors-programme)

log⁡(x)=ln⁡(x)ln⁡(10)pH=−log⁡([H3O+])\log(x) = \dfrac{\ln(x)}{\ln(10)} \qquad \text{pH} = -\log\big([\mathrm{H_3O^+}]\big)log(x)=ln(10)ln(x)​pH=−log([H3​O+])

Hors-programme de spécialité de terminale (seul ln est exigible) : donné en ouverture. Le logarithme décimal se déduit du népérien par division par ln(10) ; il fonde les échelles multiplicatives (pH, décibels, magnitudes).

Exemple corrigé

Temps de doublement d'une population modélisée par une exponentielle

Une culture de bactéries est modélisée par N(t) = 500·e^{0,12 t}, où t est exprimé en heures. Déterminer, à l'heure près, le temps au bout duquel la population a doublé.

  1. 01Traduire « avoir doublé »

    La population a doublé lorsque N(t)=2×500=1000. On résout donc 500·e^{0,12t}=1000, soit e^{0,12t}=2.

    500 e0,12 t=1000  ⟺  e0,12 t=2500\,e^{0{,}12\,t} = 1000 \iff e^{0{,}12\,t} = 2500e0,12t=1000⟺e0,12t=2
  2. 02Libérer l'exposant avec ln

    On applique ln aux deux membres (qui sont strictement positifs) et on utilise ln(eˣ)=x : 0,12 t = ln(2).

    ln⁡ ⁣(e0,12 t)=ln⁡(2)  ⟺  0,12 t=ln⁡(2)\ln\!\big(e^{0{,}12\,t}\big) = \ln(2) \iff 0{,}12\,t = \ln(2)ln(e0,12t)=ln(2)⟺0,12t=ln(2)
  3. 03Isoler t

    On divise par 0,12 : t = ln(2)/0,12. Numériquement, ln(2)≈0,693, donc t ≈ 0,693/0,12 ≈ 5,78.

    t=ln⁡(2)0,12≈5,78 ht = \dfrac{\ln(2)}{0{,}12} \approx 5{,}78 \text{ h}t=0,12ln(2)​≈5,78 h
  4. 04Interpréter

    Le temps de doublement vaut environ 5,78 heures, soit à peu près 5 h 47 min. Remarque : il ne dépend pas de la population initiale 500, seulement du taux 0,12.

Résultat : La population double au bout de t = ln(2)/0,12 ≈ 5,78 heures (≈ 5 h 47 min).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : étudier complètement une fonction de la forme f(x)=ln(u(x)) — domaine, dérivée u′/u, variations, limites, asymptote verticale éventuelle.
  • Objectif Bac : résoudre un problème concret de croissance/décroissance exponentielle en isolant le temps avec ln (temps de doublement, demi-vie, seuil atteint).
  • Ouverture (hors-programme) : interpréter une échelle logarithmique (pH, décibels) et, le cas échéant, convertir entre logarithme décimal et logarithme népérien via log(x)=ln(x)/ln(10) — donné en culture, le log décimal n'étant pas exigible au Bac.
  • Établir t = ln(2)/ln(q) plutôt que de le citer, et commenter l'indépendance vis-à-vis de la valeur initiale — c'est le point que l'énoncé fait interpréter.
  • Contrôler l'ordre de grandeur d'un temps de doublement obtenu : une raison proche de 1 donne un temps long, une raison grande un temps court.

Erreurs fréquentes

  • Oublier de restreindre le domaine de ln(u) à {u>0} et étudier la fonction sur tout ℝ.
  • Pour résoudre qᵗ=2, diviser au lieu de prendre le logarithme : seul le passage à ln (ou log) libère l'exposant t.
  • Confondre le logarithme népérien ln (base e) et le logarithme décimal log (base 10) dans un problème d'échelle, sans conversion log(x)=ln(x)/ln(10) (le log décimal est hors-programme, mentionné ici en ouverture).
  • Écrire t = ln(2/q) au lieu de ln(2)/ln(q) : le logarithme ne se distribue pas sur un quotient de cette façon.
  • Interpréter un temps de doublement comme un temps de triplement en changeant le 2 en 3 dans la mauvaise position : le numérateur devient ln(3), le dénominateur ne bouge pas.

§ 05

Révision active

Une population de bactéries suit N(t)=500·e^{0,12t} (t en heures). Déterminer le temps au bout duquel la population a doublé, puis triplé. Étudier ensuite la fonction g(x)=ln(x²+1) sur ℝ (domaine, dérivée, variations, limites).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01ln comme réciproque de l'exponentielle : définition, valeurs et premières propriétés○
    • 02Propriétés algébriques du logarithme et résolution d'équations et d'inéquations◐
    • 03Étude analytique : dérivée, sens de variation et limites en 0⁺ et en +∞◐
    • 04Croissances comparées et asymptotes●
    • 05Fonctions de la forme ln(u) et problèmes de modélisation●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Fonction logarithme népérien

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A)

Voir aussi

  • Primitives et équations différentiellesln est la primitive de 1/x sur ]0 ; +∞[ : le lien qui rend intégrables les quotients.
  • Limites des fonctionsLes croissances comparées, dont les limites de ln sont le cas le plus fréquent au bac.
  • Suites numériquesLe logarithme résout les inéquations de seuil sur les suites géométriques.

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Dérivation et convexité

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Fonctions trigonométriques

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