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Dérivation et convexité

Cette fiche reprend et complète la dérivation : dérivées des fonctions usuelles, opérations (produit, quotient, composée, forme f(ax+b)), puis le lien entre le signe de la dérivée et les variations. On introduit ensuite la dérivée seconde, la convexité et la concavité, les points d'inflexion et la position d'une courbe par rapport à ses tangentes. Ces outils servent à dresser un tableau de variations rigoureux et à démontrer des inégalités classiques.

5 sections·~31 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·0444 / 14
Profil d’examen
Calculer la dérivée d'une fonction en utilisant les dérivées usuelles et les opérations (produit, quotient, composée, fonction de la forme f(ax+b)).Étudier le sens de variation d'une fonction à partir du signe de sa dérivée et dresser un tableau de variations ; déterminer l'équation d'une tangente.Calculer la dérivée seconde, étudier la convexité ou la concavité, et déterminer les points d'inflexion d'une courbe.Exploiter la convexité pour comparer une courbe à ses tangentes ou à une corde et établir des inégalités.
Opérateurs :calculerétudierdémontrerjustifierinterpréterdresser

niveau de base

Maîtriser d'abord les dérivées usuelles, le produit et le quotient, puis le lien « signe de f′ ↔ variations » pour produire un tableau de variations correct.

niveau approfondi

Aller jusqu'à la dérivée seconde, la convexité et les points d'inflexion, et savoir s'en servir pour démontrer des inégalités (corde / tangente) comme dans les exercices à prise d'initiative.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Dérivation et convexité
    • 01Rappels et compléments : dérivées usuelles et opérations○
    • 02Dérivée d'une fonction composée et de x ↦ f(ax + b)◐
    • 03Dérivée et variations : tableau de variations, extremums et tangente◐
    • 04Dérivée seconde, convexité et concavité●
    • 05Points d'inflexion, position courbe / tangentes et inégalités●

5 sections · 24 points clés · 12 formules · 22 pièges signalés

§ 01
§ 01

Rappels et compléments : dérivées usuelles et opérations#

~6 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Derivation-et-convexite

Le nombre dérivé comme limite des taux d'accroissement

Graphe de fonction, y = f(x) = -0.05*x^2 + 0.9*x, 2 points marquésCourbe de y = f(x), racines en x = 0, maximum en (9, 4.05), ordonnée à l’origine y = 0, sur l’intervalle x de 0 à 1024681012345M(a)M(a+h)tangente en asécantey = f(x)x
Fig. 1La sécante passant par M et M+h pivote vers la tangente (en couleur) lorsque h tend vers 0 : sa pente tend vers f′(a).

Points clés

Nombre dérivé : f est dérivable en a lorsque le taux d'accroissement (f(a+h) − f(a)) / h admet une limite finie quand h tend vers 0. Cette limite est le nombre dérivé f′(a), qui est le coefficient directeur de la tangente à la courbe au point d'abscisse a.
Fonction dérivée : si f est dérivable sur un intervalle I, la fonction qui à tout x de I associe f′(x) est la fonction dérivée f′. On retient les dérivées usuelles : (x^n)′ = n·x^(n−1), (1/x)′ = −1/x², (√x)′ = 1/(2√x), (e^x)′ = e^x, (ln x)′ = 1/x, (cos x)′ = −sin x, (sin x)′ = cos x.
Opérations sur les dérivées : (u + v)′ = u′ + v′ et (k·u)′ = k·u′ (linéarité) ; produit (uv)′ = u′v + uv′ ; quotient (u/v)′ = (u′v − uv′) / v² là où v ne s'annule pas.
Une fonction dérivable sur I est continue sur I, mais la réciproque est fausse (par exemple x ↦ |x| est continue mais non dérivable en 0). La dérivabilité se lit géométriquement comme l'existence d'une tangente non verticale.
Le taux d'accroissement mérite d'être lu avant d'être manipulé, parce que c'est lui qui donne son sens au nombre dérivé. Le quotient (f(a + h) − f(a)) / h est le coefficient directeur de la SÉCANTE passant par les points d'abscisses a et a + h : une pente moyenne sur un petit intervalle. Faire tendre h vers 0, c'est rapprocher indéfiniment le second point du premier ; si les pentes de ces sécantes se stabilisent autour d'une valeur finie, cette valeur est la pente limite, c'est-à-dire celle de la TANGENTE. D'où la formulation à retenir : le nombre dérivé est la limite des pentes des sécantes, et la tangente est la position limite des sécantes.
Une méthode de rédaction évite l'essentiel des erreurs de calcul sur les produits et les quotients, et coûte trois lignes. Écrire d'abord, séparément, u(x) puis v(x) ; en dessous, u′(x) puis v′(x) ; ensuite seulement appliquer la formule sans réfléchir, puis réduire au même dénominateur. Le désordre naît toujours de la tentative de tout faire d'un trait. Pour un quotient, une simplification s'impose presque toujours après coup : on factorise le numérateur, car c'est SON signe, et lui seul, qui décidera des variations — le dénominateur v² étant positif partout où il est défini.
La dérivabilité est plus forte que la continuité, et l'ordre de l'implication tombe régulièrement en question de cours. Dérivable en un point ⇒ continue en ce point ; la réciproque est fausse. Le contre-exemple canonique est x ↦ |x| en 0 : la fonction est continue (aucun saut), mais les taux d'accroissement valent +1 à droite et −1 à gauche, deux limites différentes, donc aucun nombre dérivé. Géométriquement, la courbe présente un point anguleux : il n'y a pas UNE tangente. Second cas de non-dérivabilité, à connaître aussi : x ↦ √x en 0, où le taux d'accroissement tend vers +∞ — la courbe admet là une tangente, mais VERTICALE, sans coefficient directeur.

Vocabulaire

→ Cartes
  • taux d'accroissementQuotient (f(a + h) − f(a)) / h ; coefficient directeur de la sécante joignant les points d'abscisses a et a + h.
  • nombre dérivéLimite finie du taux d'accroissement quand h tend vers 0 ; coefficient directeur de la tangente en a.
  • fonction dérivéeFonction qui à tout x d'un intervalle associe le nombre dérivé f′(x).
  • point anguleuxPoint où les taux d'accroissement à gauche et à droite admettent des limites finies différentes ; la fonction y est continue mais non dérivable.

Dérivée d'un produit

(uv)′=u′v+uv′(uv)' = u'v + uv'(uv)′=u′v+uv′

La dérivée d'un produit n'est jamais le produit des dérivées : on dérive l'un, on garde l'autre, puis on ajoute le terme symétrique.

Dérivée d'un quotient

(uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac{u}{v}\right)' = \dfrac{u'v - uv'}{v^2}(vu​)′=v2u′v−uv′​

Valable là où v ne s'annule pas. Le numérateur commence par u′v (le numérateur dérivé fois le dénominateur) ; le dénominateur est v².

Dérivées usuelles

(xn)′=n xn−1,(x)′=12x,(ex)′=ex,(ln⁡x)′=1x(x^n)' = n\,x^{n-1}, \quad \left(\sqrt{x}\right)' = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}, \quad (e^x)' = e^x, \quad (\ln x)' = \dfrac{1}{x}(xn)′=nxn−1,(x​)′=2x​1​,(ex)′=ex,(lnx)′=x1​

Tableau de référence à connaître par cœur : il sert de brique de base à tous les calculs de dérivées.

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Exemple corrigé

Dérivée d'un quotient

Soit f définie sur ℝ par f(x) = (2x − 1) / (x² + 1). Calculer f′(x) et simplifier.

  1. 01Identifier u et v

    On pose u(x) = 2x − 1 et v(x) = x² + 1, dérivables sur ℝ. Alors u′(x) = 2 et v′(x) = 2x. Comme x² + 1 > 0, f est dérivable sur ℝ.

    u(x)=2x−1,v(x)=x2+1,u′(x)=2,v′(x)=2xu(x) = 2x - 1,\quad v(x) = x^2 + 1,\quad u'(x) = 2,\quad v'(x) = 2xu(x)=2x−1,v(x)=x2+1,u′(x)=2,v′(x)=2x
  2. 02Appliquer la formule du quotient

    On reporte dans (u′v − uv′)/v² puis on développe le numérateur.

    f′(x)=2(x2+1)−(2x−1)(2x)(x2+1)2f'(x) = \dfrac{2(x^2 + 1) - (2x - 1)(2x)}{(x^2 + 1)^2}f′(x)=(x2+1)22(x2+1)−(2x−1)(2x)​
  3. 03Développer et réduire

    Le numérateur vaut 2x² + 2 − (4x² − 2x) = −2x² + 2x + 2.

    f′(x)=−2x2+2x+2(x2+1)2f'(x) = \dfrac{-2x^2 + 2x + 2}{(x^2 + 1)^2}f′(x)=(x2+1)2−2x2+2x+2​

Résultat : f′(x) = (−2x² + 2x + 2) / (x² + 1)². Le signe de f′ est celui du trinôme −2x² + 2x + 2 (le dénominateur est strictement positif), ce qui permettra d'étudier les variations.

Objectif Bac

  • Calculer sans erreur la dérivée d'un produit ou d'un quotient (par exemple f(x) = (2x + 1)/(x² + 1)) en posant clairement u, v, u′ et v′.
  • Reconnaître la forme d'une fonction (somme, produit, quotient) pour choisir la bonne règle, puis simplifier l'expression obtenue avant d'étudier son signe.
  • Poser u, v, u′ et v′ en colonne avant d'appliquer une formule de produit ou de quotient : la copie est lisible et l'erreur de signe disparaît.
  • Après le calcul d'une dérivée quotient, factoriser le numérateur : c'est son signe seul qui commande le tableau de variations, v² étant toujours positif.
  • Savoir citer les deux façons dont la dérivabilité peut échouer — point anguleux (x ↦ |x| en 0) et tangente verticale (x ↦ √x en 0) — et dire dans quel cas la fonction reste continue.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la dérivée d'un produit est le produit des dérivées : (uv)′ n'est PAS u′v′. Il faut écrire u′v + uv′.
  • Oublier le carré au dénominateur du quotient ou inverser l'ordre au numérateur : la formule est (u′v − uv′) / v², avec u′v en premier.
  • Dériver un quotient dont le dénominateur est une constante avec la formule du quotient : (f(x)/5)′ vaut f′(x)/5, la linéarité suffit et va cinq fois plus vite.
  • Écrire « f est continue donc dérivable » : l'implication ne va que dans l'autre sens.
  • Oublier le domaine de dérivabilité : (√x)′ = 1/(2√x) n'est valable que sur ]0 ; +∞[, la fonction n'étant pas dérivable en 0.

§ 01

Révision active

Soit f(x) = (3x − 2) / (x² + 1). Calculer f′(x) en utilisant la formule du quotient et préciser l'ensemble de dérivabilité.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 02
§ 02

Dérivée d'une fonction composée et de x ↦ f(ax + b)#

~5 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Derivation-et-convexite

Schéma de la dérivation en chaîne

Graphe, 3 nœuds, 2 arêtesGraphe, x → ax + b, ax + b → fxax + bf× a× f′
Fig. 2La règle de la composée : on enchaîne x → (ax + b) → f, et la dérivée multiplie les « vitesses » de chaque étape.

Points clés

Dérivée d'une composée : si u est dérivable sur I et g est dérivable sur un intervalle contenant les valeurs de u, alors g∘u est dérivable et (g∘u)′(x) = u′(x)·g′(u(x)). On dérive « de l'extérieur vers l'intérieur » sans oublier de multiplier par la dérivée de la fonction intérieure.
Cas particulier exigible x ↦ f(ax + b) : sa dérivée est a·f′(ax + b). Le facteur a vient de la dérivée de la fonction interne x ↦ ax + b.
Conséquences usuelles : (e^(ax+b))′ = a·e^(ax+b), (ln(ax + b))′ = a/(ax + b) sur l'intervalle où ax + b > 0, (cos(ax + b))′ = −a·sin(ax + b), (sin(ax + b))′ = a·cos(ax + b).
Pour une puissance composée, (u^n)′ = n·u′·u^(n−1) ; pour une racine composée, (√u)′ = u′ / (2√u) là où u > 0 : ce sont des cas de (g∘u)′ = u′·g′(u).
La règle de la chaîne se retient comme une consigne d'ordre opératoire : dériver la couche EXTÉRIEURE en gardant l'intérieur intact, puis multiplier par la dérivée de l'intérieur. Sur x ↦ e^(x²), la couche extérieure est l'exponentielle, dont la dérivée est elle-même : on écrit d'abord e^(x²), puis on multiplie par (x²)′ = 2x, d'où 2x·e^(x²). Le facteur oublié est presque toujours celui de l'intérieur, jamais celui de l'extérieur — c'est là qu'il faut porter l'attention. Un contrôle rapide sur un cas connu détecte l'oubli : si votre règle donne (e^(2x))′ = e^(2x), elle est fausse, puisque e^(2x) = (e^x)² se dérive en 2e^x·e^x = 2e^(2x).
Trois formes composées reviennent si souvent qu'il vaut mieux les reconnaître d'un coup d'œil que les redémontrer. La forme u′·e^u, dont une primitive est e^u — d'où l'intérêt de faire APPARAÎTRE u′ devant l'exponentielle. La forme u′/u, dérivée de ln|u|, qui transforme un quotient en logarithme dès que le numérateur est, à un facteur près, la dérivée du dénominateur. La forme u′·uⁿ, dérivée de u^(n+1)/(n + 1). Ces trois lectures servent d'abord à dériver, puis, lues à l'envers, à trouver des primitives : le chapitre suivant les réutilise telles quelles.

Vocabulaire

→ Cartes
  • fonction composéeFonction g∘u obtenue en appliquant u puis g ; sa dérivée vaut u′(x)·g′(u(x)).
  • règle de la chaîneFormule de dérivation d'une composée : dériver l'extérieur en gardant l'intérieur, puis multiplier par la dérivée de l'intérieur.
  • fonction intérieureFonction u appliquée en premier dans la composée ; c'est sa dérivée que l'on oublie le plus souvent.

Dérivée d'une fonction composée

(g∘u)′(x)=u′(x) ⋅ g′(u(x))(g \circ u)'(x) = u'(x)\,\cdot\, g'\big(u(x)\big)(g∘u)′(x)=u′(x)⋅g′(u(x))

On dérive la fonction extérieure g, évaluée en u(x), puis on multiplie par la dérivée de la fonction intérieure u.

Dérivée de x ↦ f(ax + b)

(f(ax+b))′=a f′(ax+b)\big(f(ax + b)\big)' = a\,f'(ax + b)(f(ax+b))′=af′(ax+b)

Cas exigible : le coefficient a, dérivée de la partie affine intérieure, apparaît en facteur.

Deux composées fréquentes

(eax+b)′=a eax+b,(ln⁡(ax+b))′=aax+b\left(e^{ax+b}\right)' = a\,e^{ax+b}, \qquad \big(\ln(ax+b)\big)' = \dfrac{a}{ax+b}(eax+b)′=aeax+b,(ln(ax+b))′=ax+ba​

À connaître : l'exponentielle composée garde la même forme au facteur a près ; le logarithme composé donne a sur (ax + b), sur l'intervalle où ax + b > 0.

Exemple corrigé

Dérivée d'une exponentielle composée

Soit f définie sur ℝ par f(x) = (x + 2)·e^(−x). Calculer f′(x) et factoriser le résultat.

  1. 01Reconnaître un produit

    On a un produit u·v avec u(x) = x + 2 et v(x) = e^(−x). On dérivera v comme une composée e^(ax+b) avec a = −1.

    u(x)=x+2,v(x)=e−x,u′(x)=1,v′(x)=−e−xu(x) = x + 2,\quad v(x) = e^{-x},\quad u'(x) = 1,\quad v'(x) = -e^{-x}u(x)=x+2,v(x)=e−x,u′(x)=1,v′(x)=−e−x
  2. 02Appliquer la formule du produit

    On écrit f′ = u′v + uv′.

    f′(x)=1⋅e−x+(x+2)⋅(−e−x)f'(x) = 1\cdot e^{-x} + (x + 2)\cdot(-e^{-x})f′(x)=1⋅e−x+(x+2)⋅(−e−x)
  3. 03Factoriser par e^(−x)

    On met e^(−x) en facteur ; comme e^(−x) > 0, le signe de f′ est celui de (−x − 1).

    f′(x)=e−x(1−(x+2))=e−x (−x−1)f'(x) = e^{-x}\big(1 - (x + 2)\big) = e^{-x}\,(-x - 1)f′(x)=e−x(1−(x+2))=e−x(−x−1)

Résultat : f′(x) = −(x + 1)·e^(−x). Comme e^(−x) > 0, f′(x) est du signe de −(x + 1) : f est croissante sur ]−∞ ; −1] puis décroissante sur [−1 ; +∞[, avec un maximum en x = −1.

Objectif Bac

  • Dériver rapidement une fonction du type x ↦ e^(−2x+3) ou x ↦ (3x − 1)^5 en appliquant la règle de la composée, sans développer.
  • Reconnaître la forme f(ax + b) et appliquer le facteur a, situation fréquente avec l'exponentielle et le logarithme dans les exercices.
  • Ne jamais développer avant de dériver une puissance composée : (3x − 1)⁵ se dérive en 15(3x − 1)⁴, alors que le développement fait perdre dix minutes et introduit des erreurs.
  • Vérifier une dérivée composée sur un cas particulier simple (x = 0, ou un exposant que l'on sait développer) plutôt que de relire le calcul.
  • Reconnaître les formes u′e^u, u′/u et u′uⁿ dès la dérivation, car ce sont elles que le chapitre des primitives demandera de lire à l'envers.

Erreurs fréquentes

  • Oublier de multiplier par la dérivée de la fonction intérieure : (e^(−2x))′ vaut −2·e^(−2x), et non e^(−2x).
  • Confondre l'ordre dans la composée : dans (g∘u)′, on évalue g′ en u(x), pas en x, et on multiplie par u′(x).
  • Dériver ln(u) en 1/u : la dérivée est u′/u ; le facteur u′ est celui que le barème cherche.
  • Appliquer la règle de la composée à un produit : (x²·e^x)′ relève de la formule du produit, pas de la chaîne — la composition suppose une fonction DANS une autre.
  • Écrire (sin(2x))′ = cos(2x) : il manque le facteur 2, et la réponse correcte est 2cos(2x).

§ 02

Révision active

Dériver chacune des fonctions suivantes : a) g(x) = e^(−0,5x + 1) ; b) h(x) = (x² − 4x)^3 ; c) k(x) = √(2x + 5) sur ]−5/2 ; +∞[.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 03
§ 03

Dérivée et variations : tableau de variations, extremums et tangente#

~6 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Derivation-et-convexite

f(x) = x³ − 3x et sa tangente en 0

Variations et tangente de x ↦ x³ − 3xCourbe de f(x) = x³ − 3x, racines en x = -1.732, 0, 1.732, maximum en (-1, 2), minimum en (1, -2), ordonnée à l’origine y = 0, sur l’intervalle x de -2.5 à 2.5−2−112−4−3−2−11234max localmin local0tangente en 0f(x) = x³ − 3xyx
Fig. 3Maximum local en x = −1, minimum local en x = 1 ; la tangente en 0 a pour pente f′(0) = −3.

Points clés

Théorème fondamental : sur un intervalle I, f est croissante si et seulement si f′ ≥ 0 sur I, et décroissante si et seulement si f′ ≤ 0 sur I. Si f′ > 0 (sauf éventuellement en des points isolés), f est strictement croissante.
Méthode du tableau de variations : déterminer f′, étudier son signe (souvent via un trinôme ou un produit/quotient de facteurs), puis reporter le signe de f′ et le sens de variation de f, en indiquant les valeurs des extremums.
Extremum local : si f′ s'annule en a EN CHANGEANT de signe, alors f admet un extremum local en a (maximum si f′ passe de + à −, minimum si f′ passe de − à +). Une dérivée qui s'annule sans changer de signe ne donne pas d'extremum.
Tangente en a : la courbe représentative de f admet au point d'abscisse a la tangente d'équation y = f′(a)(x − a) + f(a). Son coefficient directeur est le nombre dérivé f′(a).
L'étude du signe de f′ est presque toujours l'étape qui coûte les points, et elle se mène par FACTORISATION, jamais par tâtonnement. Une fois f′ obtenue, on la met sous forme de produit ou de quotient de facteurs dont le signe est immédiat : un trinôme se factorise par ses racines, une exponentielle est toujours strictement positive et se met de côté d'un mot, un carré aussi. Puis on dresse un tableau de signes à une ligne par facteur, une ligne pour le produit. Écrire « e^x > 0 pour tout réel x, donc le signe de f′ est celui de … » fait gagner une ligne et sécurise tout le reste du tableau.
Le sens exact du théorème demande une attention que les énoncés sanctionnent. L'équivalence « f croissante sur I ⟺ f′ ≥ 0 sur I » porte sur un INTERVALLE : elle est fausse sur une réunion d'intervalles. La fonction inverse x ↦ 1/x a pour dérivée −1/x² < 0 partout où elle est définie, et pourtant elle n'est pas décroissante sur ℝ* : elle l'est sur ]−∞ ; 0[ et sur ]0 ; +∞[ séparément, comme le montre le fait que 1/(−1) = −1 est inférieur à 1/1 = 1. On conclut donc toujours intervalle par intervalle, et on ne relie jamais deux branches d'un tableau par une seule flèche.

Vocabulaire

→ Cartes
  • tableau de variationsTableau donnant le signe de f′ et le sens de variation de f, avec les valeurs des extremums.
  • extremum localValeur maximale ou minimale prise par f au voisinage d'un point, obtenue quand f′ s'annule en changeant de signe.
  • tangenteDroite d'équation y = f′(a)(x − a) + f(a), position limite des sécantes en a.

Équation de la tangente en a

y=f′(a)(x−a)+f(a)y = f'(a)(x - a) + f(a)y=f′(a)(x−a)+f(a)

Droite de coefficient directeur f′(a) passant par le point (a ; f(a)) de la courbe.

Signe de f′ et variations

f croissante sur I  ⟺  f′≥0 sur I,f deˊcroissante sur I  ⟺  f′≤0 sur If \text{ croissante sur } I \iff f' \ge 0 \text{ sur } I, \qquad f \text{ décroissante sur } I \iff f' \le 0 \text{ sur } If croissante sur I⟺f′≥0 sur I,f deˊcroissante sur I⟺f′≤0 sur I

Le sens de variation de f sur un intervalle se lit entièrement sur le signe de sa dérivée.

Exemple corrigé

Tableau de variations et tangente

Soit f définie sur ℝ par f(x) = x³ − 3x. 1) Calculer f′(x) et étudier son signe. 2) Dresser le tableau de variations et donner les extremums. 3) Déterminer l'équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 0.

  1. 01Calculer la dérivée

    f est un polynôme, dérivable sur ℝ. On dérive terme à terme.

    f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)f'(x) = 3x^2 - 3 = 3(x - 1)(x + 1)f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)
  2. 02Étudier le signe de f′

    Le trinôme 3(x − 1)(x + 1) s'annule en −1 et 1, est positif à l'extérieur des racines et négatif entre elles. Donc f′ > 0 sur ]−∞ ; −1[, f′ < 0 sur ]−1 ; 1[ et f′ > 0 sur ]1 ; +∞[.

    f′(x)>0 sur ]−∞;−1[∪]1;+∞[,f′(x)<0 sur ]−1;1[f'(x) > 0 \text{ sur } ]-\infty;-1[\cup]1;+\infty[, \quad f'(x) < 0 \text{ sur } ]-1;1[f′(x)>0 sur ]−∞;−1[∪]1;+∞[,f′(x)<0 sur ]−1;1[
  3. 03Conclure les variations et les extremums

    f croît, décroît puis croît. En x = −1, f′ passe de + à − : maximum local f(−1) = −1 + 3 = 2. En x = 1, f′ passe de − à + : minimum local f(1) = 1 − 3 = −2.

    f(−1)=2  (max local),f(1)=−2  (min local)f(-1) = 2 \;(\text{max local}), \qquad f(1) = -2 \;(\text{min local})f(−1)=2(max local),f(1)=−2(min local)
  4. 04Équation de la tangente en 0

    On calcule f(0) = 0 et f′(0) = 3·0² − 3 = −3, puis on applique la formule de la tangente.

    y=f′(0)(x−0)+f(0)=−3xy = f'(0)(x - 0) + f(0) = -3xy=f′(0)(x−0)+f(0)=−3x

Résultat : f est croissante sur ]−∞ ; −1], décroissante sur [−1 ; 1], croissante sur [1 ; +∞[, avec un maximum local 2 en −1 et un minimum local −2 en 1. La tangente à la courbe au point d'abscisse 0 a pour équation y = −3x.

Objectif Bac

  • Dresser un tableau de variations complet : signe de f′, flèches de variation et valeurs des extremums, à partir d'une étude de signe rigoureuse.
  • Déterminer l'équation réduite de la tangente en un point donné et l'utiliser pour approcher la courbe ou comparer leurs positions.
  • Factoriser f′ avant d'en étudier le signe, et évacuer d'un mot les facteurs de signe constant (exponentielle, carré, dénominateur au carré).
  • Conclure toujours sur un INTERVALLE : « f est décroissante sur ]−∞ ; 0[ et sur ]0 ; +∞[ », jamais « sur ℝ* ».
  • Vérifier une équation de tangente en contrôlant qu'elle passe bien par le point (a ; f(a)) — une substitution de dix secondes.

Erreurs fréquentes

  • Conclure à un extremum dès que f′(a) = 0, sans vérifier le CHANGEMENT de signe : par exemple x ↦ x³ a f′(0) = 0 mais aucun extremum en 0.
  • Se tromper de signe dans l'équation de la tangente : c'est y = f′(a)(x − a) + f(a), avec (x − a) et non (x + a).
  • Relier par une seule flèche deux branches séparées par une valeur interdite dans un tableau de variations : la double barre coupe le tableau.
  • Confondre extremum LOCAL et extremum GLOBAL : un maximum local n'est le maximum de la fonction que si le tableau complet le confirme.

§ 03

Révision active

Soit f(x) = x³ − 3x sur ℝ. Calculer f′, dresser le tableau de variations, préciser les extremums, puis donner l'équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 0.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 04
§ 04

Dérivée seconde, convexité et concavité#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Derivation-et-convexite

Convexité : la courbe au-dessus de sa tangente

f convexe : courbe au-dessus de la tangenteCourbe de f(x) = x², racines en x = 0, minimum en (0, 0), ordonnée à l’origine y = 0, sur l’intervalle x de -1 à 3−1−0.50.511.522.53−2−1123456point de tangencetangente en 1f(x) = x²yx
Fig. 4f(x) = x² est convexe (f″ = 2 > 0) : la tangente en x = 1 reste sous la courbe en tout point.

Points clés

Dérivée seconde : lorsque f′ est elle-même dérivable, sa dérivée est la dérivée seconde, notée f″. Elle mesure la variation de la pente f′, donc la façon dont la courbe se « courbe ».
Définition géométrique de la convexité : f est convexe sur un intervalle I lorsque sa courbe est entièrement située AU-DESSUS de chacune de ses tangentes sur I (et en dessous de chacune de ses cordes). Elle est concave lorsque sa courbe est en dessous de ses tangentes (au-dessus de ses cordes).
Caractérisation par f″ : sur un intervalle I, f est convexe si et seulement si f″ ≥ 0 sur I, et concave si et seulement si f″ ≤ 0 sur I. De façon équivalente, f est convexe lorsque f′ est croissante (la pente augmente) et concave lorsque f′ est décroissante.
Fonctions de référence : x ↦ x² et x ↦ e^x sont convexes sur ℝ (f″ = 2 > 0 et f″ = e^x > 0) ; x ↦ √x et x ↦ ln x sont concaves sur ]0 ; +∞[ (f″ < 0).
Trois lectures de la convexité disent la même chose, et savoir passer de l'une à l'autre permet de répondre quel que soit l'angle de la question. LECTURE PAR f″ : f est convexe sur I si et seulement si f″ ≥ 0 sur I. LECTURE PAR f′ : f est convexe si et seulement si f′ est croissante — la pente augmente à mesure qu'on avance, la courbe « se redresse ». LECTURE GÉOMÉTRIQUE : la courbe reste au-dessus de chacune de ses tangentes et en dessous de chacune de ses cordes. Un énoncé qui fournit la courbe de f′ appelle la deuxième lecture ; un énoncé qui demande de comparer la courbe à une droite appelle la troisième ; un calcul appelle la première.
Variation et courbure sont deux informations INDÉPENDANTES, et les quatre combinaisons existent — ce que les copies confondent le plus souvent. Croissante et convexe : x ↦ e^x, la montée s'accélère. Croissante et concave : x ↦ √x sur ]0 ; +∞[, la montée s'essouffle. Décroissante et convexe : x ↦ 1/x sur ]0 ; +∞[, la descente ralentit. Décroissante et concave : x ↦ −x² sur ]0 ; +∞[, la descente s'accélère. Retenez la formulation en termes de rythme : f′ dit dans quel SENS on va, f″ dit si l'on ACCÉLÈRE ou si l'on ralentit.

Vocabulaire

→ Cartes
  • dérivée secondeDérivée de la fonction dérivée, notée f″ ; son signe donne la convexité.
  • convexeSe dit d'une fonction dont la courbe reste au-dessus de chacune de ses tangentes ; équivaut à f″ ≥ 0 sur l'intervalle.
  • concaveSe dit d'une fonction dont la courbe reste en dessous de chacune de ses tangentes ; équivaut à f″ ≤ 0.
  • cordeSegment joignant deux points de la courbe ; une fonction convexe reste en dessous de ses cordes.

Convexité et signe de f″

f convexe sur I  ⟺  f′′≥0 sur I,f concave sur I  ⟺  f′′≤0 sur If \text{ convexe sur } I \iff f'' \ge 0 \text{ sur } I, \qquad f \text{ concave sur } I \iff f'' \le 0 \text{ sur } If convexe sur I⟺f′′≥0 sur I,f concave sur I⟺f′′≤0 sur I

Critère central : on calcule f″ et on lit la convexité directement sur son signe.

Lecture par la dérivée première

f convexe  ⟺  f′ croissante,f concave  ⟺  f′ deˊcroissantef \text{ convexe} \iff f' \text{ croissante}, \qquad f \text{ concave} \iff f' \text{ décroissante}f convexe⟺f′ croissante,f concave⟺f′ deˊcroissante

La convexité revient à dire que la pente de la courbe augmente le long de l'intervalle.

Une fonction concave : x ↦ ln x

g concave : courbe sous la tangenteCourbe de g(x) = ln x, racines en x = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0.1 à 40.511.522.533.54−3−2−112(1 ; 0)tangente en 1g(x) = ln xyx
Fig. 5f(x) = ln x est concave sur ]0 ; +∞[ (f″ = −1/x² < 0) : la courbe reste sous chacune de ses tangentes.

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Exemple corrigé

Démonstration exigible : une fonction convexe est au-dessus de ses tangentes

Soit f deux fois dérivable sur un intervalle I, telle que f″ ≥ 0 sur I (f est convexe). Soit a un point de I et T la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a. Démontrer que, pour tout x de I, la courbe de f est au-dessus de T, c'est-à-dire f(x) ≥ f′(a)(x − a) + f(a).

  1. 01Introduire l'écart à la tangente

    L'équation de T est y = f′(a)(x − a) + f(a). On étudie le signe de la fonction d définie sur I par d(x) = f(x) − [f′(a)(x − a) + f(a)], qui mesure l'écart vertical entre la courbe et sa tangente. Montrer que la courbe est au-dessus de T revient à montrer que d(x) ≥ 0 sur I.

    d(x)=f(x)−[f′(a)(x−a)+f(a)]d(x) = f(x) - \big[f'(a)(x - a) + f(a)\big]d(x)=f(x)−[f′(a)(x−a)+f(a)]
  2. 02Dériver d

    La fonction d est dérivable sur I comme différence de fonctions dérivables. En dérivant par rapport à x (a est fixé), le terme f(a) disparaît et la dérivée de f′(a)(x − a) vaut f′(a).

    d′(x)=f′(x)−f′(a)d'(x) = f'(x) - f'(a)d′(x)=f′(x)−f′(a)
  3. 03Utiliser la convexité : f′ est croissante

    Comme f″ ≥ 0 sur I, la dérivée f′ est croissante sur I. Donc : pour x ≥ a, f′(x) ≥ f′(a), d'où d′(x) ≥ 0 ; pour x ≤ a, f′(x) ≤ f′(a), d'où d′(x) ≤ 0. La fonction d est donc décroissante sur la partie de I à gauche de a et croissante à droite de a.

    d′(x)≤0 pour x≤a,d′(x)≥0 pour x≥ad'(x) \le 0 \text{ pour } x \le a, \qquad d'(x) \ge 0 \text{ pour } x \ge ad′(x)≤0 pour x≤a,d′(x)≥0 pour x≥a
  4. 04Conclure par le minimum en a

    D'après ses variations, d admet un minimum sur I au point a. Or d(a) = f(a) − [f′(a)·0 + f(a)] = 0. Donc d(x) ≥ d(a) = 0 pour tout x de I : la courbe de f est au-dessus de sa tangente T.

    ∀x∈I,d(x)≥d(a)=0  ⟹  f(x)≥f′(a)(x−a)+f(a)\forall x \in I, \quad d(x) \ge d(a) = 0 \;\Longrightarrow\; f(x) \ge f'(a)(x - a) + f(a)∀x∈I,d(x)≥d(a)=0⟹f(x)≥f′(a)(x−a)+f(a)

Résultat : L'écart d(x) = f(x) − [f′(a)(x − a) + f(a)] a pour dérivée d′(x) = f′(x) − f′(a). La convexité (f″ ≥ 0) rend f′ croissante, donc d′ est négative avant a et positive après a : d atteint son minimum en a, où d(a) = 0. Ainsi d(x) ≥ 0 sur I, ce qui prouve que la courbe d'une fonction convexe est au-dessus de chacune de ses tangentes. (En remplaçant les inégalités par l'inégalité stricte, une fonction concave, pour laquelle f″ ≤ 0, est de même en dessous de ses tangentes.)

Exemple corrigé

Étude de la convexité

Soit f définie sur ℝ par f(x) = x³ − 3x. Déterminer les intervalles de convexité et de concavité de f.

  1. 01Calculer f′ puis f″

    On dérive deux fois le polynôme.

    f′(x)=3x2−3,f′′(x)=6xf'(x) = 3x^2 - 3, \qquad f''(x) = 6xf′(x)=3x2−3,f′′(x)=6x
  2. 02Étudier le signe de f″

    6x est négatif pour x < 0 et positif pour x > 0.

    f′′(x)<0 sur ]−∞;0[,f′′(x)>0 sur ]0;+∞[f''(x) < 0 \text{ sur } ]-\infty;0[, \qquad f''(x) > 0 \text{ sur } ]0;+\infty[f′′(x)<0 sur ]−∞;0[,f′′(x)>0 sur ]0;+∞[
  3. 03Conclure

    Là où f″ ≤ 0 la fonction est concave, là où f″ ≥ 0 elle est convexe.

    f concave sur ]−∞;0],f convexe sur [0;+∞[f \text{ concave sur } ]-\infty;0], \qquad f \text{ convexe sur } [0;+\infty[f concave sur ]−∞;0],f convexe sur [0;+∞[

Résultat : f est concave sur ]−∞ ; 0] et convexe sur [0 ; +∞[. Sur [0 ; +∞[ la courbe est donc au-dessus de chacune de ses tangentes ; sur ]−∞ ; 0] elle est en dessous. Le changement de convexité a lieu en x = 0.

Objectif Bac

  • Calculer f″ et étudier son signe pour déterminer les intervalles de convexité et de concavité d'une fonction.
  • Justifier la position d'une courbe par rapport à une de ses tangentes à l'aide de la convexité (courbe au-dessus si convexe, en dessous si concave).
  • Répondre par la lecture adaptée à la donnée de l'énoncé : f″ si l'on calcule, les variations de f′ si l'on donne sa courbe, la position par rapport aux tangentes si l'on compare à une droite.
  • Savoir produire un exemple de chacune des quatre combinaisons variation × courbure — c'est la vérification que la distinction est comprise.

Erreurs fréquentes

  • Confondre les variations et la convexité : le signe de f′ donne le SENS DE VARIATION, le signe de f″ donne la CONVEXITÉ. Une fonction peut être croissante et concave (par exemple x ↦ √x).
  • Croire que « convexe » signifie « croissante » : la convexité décrit la courbure (f″ ≥ 0), pas le sens de variation.
  • Lire un tableau de signes de f″ comme un tableau de variations de f : les flèches d'un tableau de convexité décrivent la courbure, pas la montée ou la descente.
  • Croire qu'une fonction convexe est positive : x ↦ x² − 4 est convexe et prend des valeurs négatives ; la convexité ne dit rien du signe de f.

§ 04

Révision active

Soit f(x) = x³ − 3x. Calculer f″(x), déterminer les intervalles de convexité et de concavité de f, puis préciser sur lequel la courbe est au-dessus de ses tangentes.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 05
§ 05

Points d'inflexion, position courbe / tangentes et inégalités#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Derivation-et-convexite

Point d'inflexion de x ↦ x³

Inflexion : la courbe traverse sa tangenteCourbe de f(x) = x³, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de -2 à 2−2−1.5−1−0.50.511.52−6−4−2246point d'inflexiontangente en 0f(x) = x³yx
Fig. 6f(x) = x³ : f″(x) = 6x s'annule en changeant de signe en 0 ; la courbe traverse sa tangente (l'axe des abscisses) en ce point d'inflexion.

Points clés

Point d'inflexion : un point de la courbe en lequel la fonction change de convexité (passage de concave à convexe ou inversement). En un tel point, la courbe traverse sa tangente.
Caractérisation par f″ : si f″ s'annule EN CHANGEANT de signe en a, alors le point d'abscisse a est un point d'inflexion. Attention : f″(a) = 0 ne suffit pas — il faut le changement de signe (par exemple pour x ↦ x⁴, f″(0) = 0 mais il n'y a pas d'inflexion).
Position courbe / tangente : sur un intervalle où f est convexe, la courbe est au-dessus de chaque tangente ; où f est concave, elle est en dessous. Pour comparer C et une tangente T au point a, on étudie le signe de d(x) = f(x) − [f′(a)(x − a) + f(a)].
Inégalités de convexité : f convexe ⇒ la courbe est au-dessus de ses tangentes et en dessous de ses cordes. En appliquant cela à x ↦ e^x (convexe) avec la tangente en 0, on obtient l'inégalité classique e^x ≥ 1 + x pour tout réel x.
Démontrer une inégalité par la convexité suit un plan invariable, qui vaut pour toutes celles que le bac demande. On identifie la fonction f et le point a où l'on prendra la tangente — presque toujours celui où l'inégalité devient une égalité. On établit la convexité (ou la concavité) de f sur l'intervalle par le signe de f″. On écrit l'équation de la tangente en a. On conclut par la propriété : une fonction convexe reste au-dessus de ses tangentes, une fonction concave reste en dessous. Sur e^x ≥ 1 + x, on prend f(x) = e^x et a = 0 : f″ = e^x > 0 donc f est convexe sur ℝ, sa tangente en 0 a pour équation y = x + 1, et la courbe est au-dessus. Sur ln(1 + x) ≤ x, on prend le logarithme, concave, avec la même tangente en 0.
Le passage par les CORDES sert dans les questions qui comparent une fonction à une droite passant par deux points de la courbe, et non par un seul. Sur un intervalle où f est convexe, pour tous réels u et v de cet intervalle, la corde joignant (u ; f(u)) à (v ; f(v)) reste au-dessus de la courbe : entre u et v, f est en dessous du segment. C'est la lecture qui justifie qu'une moyenne d'images est supérieure à l'image de la moyenne pour une fonction convexe — l'énoncé le fait souvent établir sur un cas particulier, sans nommer le résultat.

Vocabulaire

→ Cartes
  • point d'inflexionPoint où la fonction change de convexité ; la courbe y traverse sa tangente et f″ s'y annule en changeant de signe.
  • inégalité de convexitéInégalité obtenue en comparant une courbe convexe ou concave à l'une de ses tangentes ou de ses cordes.
  • point d’inflexionPoint où la courbe traverse sa tangente, c'est-à-dire où la dérivée seconde s'annule EN CHANGEANT de signe.
  • tangenteDroite d'équation y = f′(a)(x − a) + f(a), qui approche la courbe au voisinage du point d'abscisse a.

Caractérisation d'un point d'inflexion

a point d’inflexion  ⟺  f′′ s’annule en a en changeant de signea \text{ point d'inflexion} \iff f'' \text{ s'annule en } a \text{ en changeant de signe}a point d’inflexion⟺f′′ s’annule en a en changeant de signe

La courbe change de convexité : la condition f″(a) = 0 est nécessaire mais doit s'accompagner d'un changement de signe de f″.

Inégalité de convexité

∀x∈R,ex≥1+x\forall x \in \mathbb{R}, \quad e^{x} \ge 1 + x∀x∈R,ex≥1+x

Conséquence directe de la convexité de l'exponentielle : la courbe est au-dessus de sa tangente en 0, d'équation y = 1 + x.

L'inégalité e^x ≥ 1 + x

Convexité de l'exponentielle : e^x ≥ 1 + xCourbe de y = e^x, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de -2 à 2, Courbe de y = 1 + x, racines en x = -1, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de -2 à 2−2−1.5−1−0.50.511.52−1123456(0 ; 1)y = exy = 1 + xyx
Fig. 7La courbe de l'exponentielle (convexe) reste au-dessus de sa tangente en 0, d'équation y = 1 + x : on lit e^x ≥ 1 + x.
Exemple corrigé

Démontrer une inégalité par convexité

On admet que la fonction exponentielle est convexe sur ℝ. 1) Déterminer l'équation de la tangente T à sa courbe au point d'abscisse 0. 2) En déduire que pour tout réel x, e^x ≥ 1 + x. 3) Retrouver le résultat en étudiant les variations de g(x) = e^x − 1 − x.

  1. 01Équation de la tangente en 0

    Pour f(x) = e^x, on a f(0) = 1 et f′(0) = e^0 = 1. La tangente en 0 a donc pour équation y = f′(0)(x − 0) + f(0).

    T:  y=1⋅(x−0)+1=1+xT : \; y = 1\cdot(x - 0) + 1 = 1 + xT:y=1⋅(x−0)+1=1+x
  2. 02Utiliser la convexité

    Une fonction convexe a sa courbe située au-dessus de chacune de ses tangentes. Comme l'exponentielle est convexe, sa courbe est au-dessus de T.

    ∀x∈R,ex≥1+x\forall x \in \mathbb{R}, \quad e^x \ge 1 + x∀x∈R,ex≥1+x
  3. 03Vérifier par une étude de fonction

    Posons g(x) = e^x − 1 − x. Alors g′(x) = e^x − 1, négative pour x < 0 et positive pour x > 0 : g admet un minimum en 0, égal à g(0) = 0. Donc g(x) ≥ 0 partout.

    g′(x)=ex−1,g(0)=0=min⁡g  ⇒  g(x)≥0g'(x) = e^x - 1, \quad g(0) = 0 = \min g \;\Rightarrow\; g(x) \ge 0g′(x)=ex−1,g(0)=0=ming⇒g(x)≥0

Résultat : La tangente à la courbe de l'exponentielle en 0 est y = 1 + x ; la convexité place la courbe au-dessus de cette tangente, d'où e^x ≥ 1 + x pour tout réel x. L'étude de g(x) = e^x − 1 − x, de minimum nul en 0, confirme l'inégalité.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    On part de la fonction exponentielle, dont on admet la convexité sur ℝ. L'objectif est d'encadrer la courbe par une droite simple.

    f(x)=ex(convexe sur R)f(x) = e^x \quad (\text{convexe sur } \mathbb{R})f(x)=ex(convexe sur R)
  2. 2

    On calcule la tangente au point d'abscisse 0 : la valeur f(0) = 1 et la pente f′(0) = 1 donnent l'équation y = 1 + x.

    T:y=f′(0)(x−0)+f(0)=1+xT : y = f'(0)(x - 0) + f(0) = 1 + xT:y=f′(0)(x−0)+f(0)=1+x
  3. 3

    Comme une fonction convexe reste au-dessus de ses tangentes, la courbe de l'exponentielle est au-dessus de la droite y = 1 + x. On le visualise nettement sur le graphique.

    e^x au-dessus de sa tangente

    Graphe de fonction, y = e^x = exp(x); y = 1 + x = 1 + x, 1 points marquésCourbe de y = e^x, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de -2 à 2, Courbe de y = 1 + x, racines en x = -1, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de -2 à 2−2−1.5−1−0.50.511.52−1123456(0 ; 1)y = exy = 1 + xyx
  4. 4

    On conclut : pour tout réel x, e^x est supérieur ou égal à 1 + x, avec égalité seulement en x = 0. C'est une inégalité de convexité de référence.

    ∀x∈R,  ex≥1+x    (eˊgaliteˊ si x=0)\forall x \in \mathbb{R}, \; e^x \ge 1 + x \;\; (\text{égalité si } x = 0)∀x∈R,ex≥1+x(eˊgaliteˊ si x=0)

Objectif Bac

  • Déterminer les abscisses des points d'inflexion d'une courbe en cherchant les valeurs où f″ s'annule en changeant de signe.
  • Démontrer une inégalité du type e^x ≥ 1 + x ou ln(1 + x) ≤ x en exploitant la convexité (comparaison à une tangente).
  • Suivre le plan en quatre temps pour toute inégalité de convexité : fonction, point de tangence, signe de f″, position courbe/tangente.
  • Choisir le point de tangence là où l'inégalité devient une égalité — c'est presque toujours ce point que l'énoncé attend.
  • Distinguer dans l'énoncé si la comparaison porte sur une TANGENTE (un point de contact) ou sur une CORDE (deux points) : les deux propriétés vont en sens contraires.

Erreurs fréquentes

  • Affirmer un point d'inflexion dès que f″ s'annule, sans contrôler le changement de signe (cas de x ↦ x⁴ en 0).
  • Confondre point d'inflexion (changement de COURBURE, lié à f″) et extremum (changement de VARIATION, lié à f′).
  • Écrire l'inégalité dans le mauvais sens pour une fonction concave : concave signifie EN DESSOUS de la tangente, donc ln(1 + x) ≤ x et non l'inverse.
  • Chercher un point d'inflexion là où f′ s'annule : f′ commande les extremums, f″ commande l'inflexion.

§ 05

Révision active

On admet que la fonction exponentielle est convexe sur ℝ. En utilisant la tangente à sa courbe au point d'abscisse 0, démontrer que pour tout réel x, e^x ≥ 1 + x.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01Rappels et compléments : dérivées usuelles et opérations○
    • 02Dérivée d'une fonction composée et de x ↦ f(ax + b)◐
    • 03Dérivée et variations : tableau de variations, extremums et tangente◐
    • 04Dérivée seconde, convexité et concavité●
    • 05Points d'inflexion, position courbe / tangentes et inégalités●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Dérivation et convexité

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~31
min
4
Compétences
50
questions
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A)

Voir aussi

  • Limites des fonctionsVariations et limites se lisent sur le même tableau — l'un ne se rédige pas sans l'autre.
  • Primitives et équations différentiellesL'opération inverse : remonter d'une dérivée à la fonction.
  • Fonction logarithme népérienUn terrain d'application immédiat, où la dérivée 1/x commande toute l'étude.

Chapitre précédent

Continuité et théorème des valeurs intermédiaires

Chapitre suivant

Fonction logarithme népérien

EuraStudy·Fiches T·04·MMXXVI

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