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Entrée « Les métamorphoses du moi », troisième chapitre de l'objet d'étude « La recherche de soi » (terminale, semestre 1), sur la période de référence du romantisme au XXe siècle. Le programme n'y définit pas le moi : il l'interroge. Que désigne ce mot ? Le moi a-t-il une réalité nette et stable ? Qui le connaît le mieux, et quelle part revient, dans sa définition, à la société et au regard des autres ? Le thème suit ces questions à travers les formes de l'écriture de soi, les figures de la subjectivité qui coexistent dans la culture du « long XIXe siècle » (1789-1914), puis les déchirements de l'individualité moderne et la diffusion de la psychanalyse. À l'écrit, il peut nourrir aussi bien une interprétation qu'un essai, et l'orientation littéraire ou philosophique de chacun des deux exercices est annoncée par l'intitulé du sujet : elle n'est jamais fixée d'avance.
5 sections~53 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Tenez d'abord le problème : tout change en moi, et pourtant je continue de dire « je ». Sachez distinguer identité numérique et identité qualitative, nommer les formes de l'écriture de soi, et illustrer chaque figure de la métamorphose par un texte précis (Rousseau, Musset, Maupassant, Stevenson, Kafka).
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, maîtrisez la chaîne des réponses philosophiques — le moi-substance, la mémoire de Locke et l'objection de Reid, le faisceau de Hume, la durée de Bergson, l'identité narrative et le couple idem / ipse de Ricœur — et servez-vous-en pour interpréter les fictions du thème au lieu de les juxtaposer. Le Grand oral tire beaucoup de cette entrée.
Profondeur de lecture : Approfondi
Taille du texte : Standard · Interligne : Compact
Toujours charger les médias : désactivé
5 sections25 points clés0 formule25 pièges signalés
Qui connaît le mieux le moi ?
Vocabulaire
→ CartesSujet d'entraînement au format de l'épreuve. Le texte est un extrait des Confessions de saint Augustin : l'auteur parcourt les vastes salles de sa mémoire pour y trouver ce qu'il est, n'y parvient pas, et conclut : « Je suis devenu pour moi-même une énigme. » Question d'interprétation philosophique : comment ce texte fait-il de la connaissance de soi un problème, et non un point de départ ?
Le texte n'expose pas une thèse, il conduit une recherche : il entre dans la mémoire, l'explore, et la conclusion arrive comme un constat d'échec. Ce mouvement est le premier fait à relever, parce qu'il commande le sens : l'énigme n'est pas posée au départ, elle est obtenue au terme d'une enquête menée sérieusement. Un texte qui échoue après avoir cherché dit autre chose qu'un texte qui déclare d'emblée le moi inconnaissable.
Celui qui cherche et ce qu'il cherche sont le même. Dans toute autre enquête, le sujet se tient hors de son objet et peut en faire le tour ; ici, il en est fait. De là le mot « énigme » : il ne s'agit pas d'une ignorance ordinaire, qu'un renseignement lèverait, mais d'une opacité de principe, liée à la position même de celui qui interroge.
Le texte cherche dans la mémoire, ce qui est significatif : si le moi était le contenu de sa mémoire, il suffirait de la parcourir pour se trouver. Or la parcourir ne le livre pas. Elle contient des images, des affects, des savoirs — mais celui qui les parcourt n'y figure pas comme un objet parmi les autres. L'instrument de la recherche est aussi ce qui la fait échouer, et c'est un enjeu majeur du texte.
L'énigme n'est pas une modestie d'écrivain. Elle retire à l'introspection le privilège qu'on lui prête et rend légitimes toutes les positions modernes du thème : le moi opaque à lui-même que décrira la psychanalyse, le moi qui n'est qu'une succession chez Hume, le moi qui se construit en se racontant. Voilà pourquoi le programme cite cette phrase ancienne au seuil d'une entrée consacrée aux XIXe et XXe siècles.
On peut alors répondre à la question posée sans paraphraser : le texte transforme la connaissance de soi en problème parce qu'il montre que l'instance qui connaît et l'objet à connaître ne se séparent pas, et que le meilleur instrument disponible — la mémoire — rend tout sauf celui qui s'en sert.
Résultat : Le texte fait de la connaissance de soi un problème en menant la recherche jusqu'à son échec : parce que le chercheur est aussi le cherché, et parce que la mémoire livre des contenus mais non celui qui les parcourt, le moi cesse d'être une donnée immédiate pour devenir une énigme. L'intérêt de cette conclusion est qu'elle ouvre le thème au lieu de le fermer : si le moi n'est pas transparent, il faut chercher son unité ailleurs que dans une intuition directe — dans la mémoire relatée, dans le regard d'autrui, ou dans le récit qu'on en fait.
Erreurs fréquentes
Révision active
Confrontez deux façons de fonder le moi : sur la conscience actuelle (Descartes) et sur la continuité de la mémoire (Locke). Rédigez le paragraphe de confrontation en montrant à quelle question la seconde répond, que la première ne posait pas — puis indiquez en deux phrases ce que l'objection de Reid coûte à Locke.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d'humanités, littérature et philosophie de terminale générale (semestre 1, « La recherche de soi », entrée « Les métamorphoses du moi ») + bibliographie indicative (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Sujet zéro commenté n° 1 — HLP terminale : texte d'Alain, « Les Idées et les âges », interprétation philosophique et essai littéraire, avec les éléments d'évaluation (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Personal Identity (encyclopédie de référence en anglais : identité numérique, critère psychologique de Locke, objection de Reid, thèse humienne du faisceau) (Stanford Encyclopedia of Philosophy)
Les formes de l'écriture de soi
Vocabulaire
→ CartesSujet d'entraînement au format de l'épreuve. Le texte est le fragment qui ouvre Mon cœur mis à nu, journal intime de Charles Baudelaire publié après sa mort : « De la vaporisation et de la centralisation du moi. Tout est là. » Le fragment se poursuit par une note où l'auteur déclare vouloir commencer son livre n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour selon l'inspiration du moment. Question d'interprétation littéraire : en quoi la forme adoptée par Baudelaire sert-elle ce qu'il dit du moi ?
Deux mots seulement, et ils s'opposent terme à terme. La vaporisation dit une dispersion, un moi qui se répand et perd ses contours ; la centralisation dit un rassemblement autour d'un point. Aucun verbe ne les relie, aucune subordination ne hiérarchise : les deux mouvements sont posés côte à côte, comme simultanés. La phrase ne décrit donc pas deux états successifs du moi, mais son double régime permanent.
« Tout est là » sonne comme une conclusion, alors que rien n'a été démontré. C'est un effet de fragment : l'auteur donne le résultat d'une pensée dont il garde le trajet pour lui. Le lecteur reçoit une formule dense, presque un mot d'ordre, et doit la déplier lui-même. La brièveté n'est pas de la paresse : elle transfère le travail au lecteur, ce qui est un choix de forme.
Le fragment est une forme dispersée, sans plan ni clôture, et le projet annoncé — commencer n'importe où, continuer au jour le jour — renonce d'avance à toute composition d'ensemble. Cette forme est donc la vaporisation même, mise en pratique. Mais chaque fragment, pris à part, est ramassé, aphoristique, tenu par une formule : c'est la centralisation. Le livre fait ce qu'il dit, à ses deux échelles.
Un tel texte se distingue nettement de l'autobiographie, qui suppose une vie achevée et racontée depuis sa fin. Ici, aucun récit, aucune rétrospection, aucun ordre : le journal saisit le moi dans son régime present. Le titre le confirme, avec sa violence chirurgicale — mettre son cœur à nu, c'est promettre l'exposition, non la mise en ordre.
On répond alors à la question sans paraphrase : la forme n'illustre pas le propos, elle le réalise. Il faudrait ajouter, pour être juste, que la promesse d'exposition et le refus de composer sont en tension — se mettre à nu suppose qu'il y ait quelque chose à découvrir, quand la forme du fragment suggère qu'il n'y a peut-être rien de fixe à exposer.
Résultat : La forme sert le propos parce qu'elle l'accomplit : écrire par fragments, au jour le jour et sans plan, c'est pratiquer la vaporisation du moi, tandis que la densité aphoristique de chaque fragment en pratique la centralisation. Le texte ne décrit donc pas un moi depuis l'extérieur, il en produit l'oscillation sous les yeux du lecteur — ce qui explique pourquoi le journal, dans ce thème, dit du moi ce qu'aucun récit rétrospectif ne peut dire.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sujet d'essai littéraire à traiter en une page : le récit d'une vie peut-il dire la vérité de celui qui l'écrit ? Mobilisez le pacte autobiographique, un obstacle précis à la sincérité et au moins une œuvre du programme autre que celles déjà commentées dans cette section — et n'oubliez pas que l'essai attend une réponse étayée, non un catalogue de genres.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Jean-Jacques Rousseau, « Les Confessions » — texte intégral (l'incipit porte la promesse de sincérité totale) (Wikisource — la bibliothèque libre) · Jean-Jacques Rousseau, « Les Rêveries du promeneur solitaire » — texte intégral (Wikisource — la bibliothèque libre)
Les figures de la subjectivité dans le « long XIXe siècle »
Vocabulaire
→ CartesSujet d'entraînement au format de l'épreuve. Le texte est un passage du Horla de Maupassant (1887), à la date du 19 août : le narrateur, qui se croit épié par une présence invisible, se retourne brusquement vers la haute armoire à glace devant laquelle il se rase chaque jour — et ne s'y voit pas. Le miroir est clair, profond, plein de lumière, mais son image n'y est pas ; puis elle revient lentement, comme à travers une eau qui glisse, jusqu'à le rendre à lui-même. Question d'interprétation littéraire : que la scène du miroir fait-elle éprouver de la perte du moi que le récit d'un simple dédoublement ne permettrait pas ?
Le narrateur ne choisit pas un miroir quelconque : c'est l'armoire à glace du quotidien, celle où il se rase et s'habille, devant laquelle il se regarde chaque fois qu'il passe. L'objet est le lieu ordinaire de la vérification de soi — le geste le plus banal par lequel une personne s'assure d'exister comme corps visible. C'est cette banalité qui rend l'absence intolérable.
Le miroir n'est ni brisé, ni noirci, ni occupé par un autre visage. Il est clair et plein de lumière : tout y fonctionne, sauf le reflet du narrateur. La scène ne substitue donc rien au moi, elle le retranche. On est loin d'un double, qui donnerait au moins une figure à opposer à la sienne ; ici, il n'y a pas d'adversaire, il y a un manque.
L'image revient, mais progressivement, dans une brume qui glisse comme une nappe d'eau, jusqu'à se préciser de seconde en seconde. Cette lenteur est décisive : le narrateur assiste à sa propre restitution, il se voit revenir à lui-même de l'extérieur. Même rétabli, il n'est plus dans le même rapport à son image, puisqu'il a fait l'expérience qu'elle pouvait manquer.
Le double retire l'unité ; le miroir vide retire quelque chose de plus élémentaire, la garantie que le moi soit visible, donc reconnaissable et attestable par autrui. Cette scène touche exactement l'une des questions du programme, celle de la part que la société et le regard des autres prennent dans la définition du moi. Un moi qui ne se reflète plus est un moi que personne ne pourrait plus identifier.
Le récit est un journal, écrit à la première personne et daté. Le lecteur n'a donc aucun témoin extérieur pour confirmer ou démentir la scène, et le doute qu'il éprouve sur la santé mentale du narrateur redouble le doute de celui-ci sur sa propre réalité. La forme du journal, ici, ne rapporte pas la crise : elle la propage.
On peut répondre précisément : la scène fait éprouver une perte du moi par soustraction et non par division, dans le lieu même où chacun vérifie ordinairement qu'il existe, et sans qu'aucune instance extérieure puisse l'attester.
Résultat : La scène du miroir fait éprouver ce qu'un dédoublement ne peut pas donner : une disparition sans adversaire. Là où le double laisse au moins deux figures à opposer, le miroir clair et vide retranche purement le moi du monde visible, dans l'objet quotidien qui servait à le vérifier. La scène atteint donc, par la voie du récit, la question que le programme pose en termes philosophiques — quelle part le regard d'autrui prend-il dans la définition du moi — et le journal à la première personne, privé de tout témoin, la rend insoluble pour le lecteur comme pour le narrateur.
Erreurs fréquentes
Révision active
Confrontez la formule de Rimbaud « Je est un autre » (lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871) et le dédoublement de Jekyll chez Stevenson. Rédigez le paragraphe de confrontation en tranchant une question précise : le récit de Stevenson illustre-t-il la formule de Rimbaud, ou dit-il tout autre chose de la division du moi ?
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Arthur Rimbaud, lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871 (dite « lettre du voyant ») — texte intégral, où se lit « Car Je est un autre. » (Wikisource — la bibliothèque libre) · Charles Baudelaire, « Mon cœur mis à nu » — texte intégral (le fragment d'ouverture : « De la vaporisation et de la centralisation du moi. ») (Wikisource — la bibliothèque libre) · Programme d'humanités, littérature et philosophie de terminale générale (semestre 1, « La recherche de soi », entrée « Les métamorphoses du moi ») + bibliographie indicative (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Qu'est-ce qui fait l'unité du moi ? Cinq réponses en chaîne
Vocabulaire
→ CartesSujet d'entraînement au format de l'épreuve, à traiter comme un essai philosophique en réponse à une question soulevée par un texte sur la métamorphose : ce qui change en moi peut-il encore être moi ? On attend une réponse étayée, appuyée sur des exemples précis, et non un exposé des doctrines.
Commencez par montrer que la question n'est pas artificielle. Nous disons couramment de quelqu'un qu'il « n'est plus le même » et, dans la même conversation, nous lui réclamons ce qu'il avait promis : nous exigeons donc de lui une permanence que nous venons de lui refuser. La contradiction est dans l'usage avant d'être dans les livres, et c'est elle qui fait le sujet.
Si le moi est un noyau permanent, la réponse est nette : ce qui change n'est jamais moi, seulement mes états. Mais cette réponse coûte cher. On ne rencontre jamais ce noyau dans l'expérience — Hume l'a assez montré — et surtout elle rend inintelligible ce que nous appelons une conversion, une guérison ou une maturation, où c'est bien la personne, et non ses accessoires, qui s'est transformée.
Supposons alors que le moi ne soit que la suite de ses états. La littérature du thème en donne des équivalents saisissants : le Lorenzo de Musset, dont le déguisement a fini par devenir la peau, ou le personnage de Pirandello qui se découvre cent mille versions dans le regard des autres. Mais l'hypothèse, poussée à bout, supprime ce qu'elle devait expliquer : si rien ne relie mes états, personne n'a changé, il y a seulement eu des états.
La sortie consiste à abandonner l'alternative entre une chose qui demeure et une poussière d'instants. Bergson y pourvoit : dans la durée, les moments ne se juxtaposent pas, ils se pénètrent, si bien que le présent porte le passé sans le répéter. Changer n'est plus alors le contraire de rester soi — c'est la façon dont un être conscient reste soi.
Reste à nommer ce qui, dans un moi transformé, fait encore répondre au même nom. Le couple de Ricœur le permet : sous le rapport de l'idem, presque tout a pu changer ; sous celui de l'ipse, je reste le même tant que je réponds de ce que j'ai promis. L'identité cesse d'être un fait à constater pour devenir une constance à tenir — et c'est cette constance que le récit, l'engagement ou la fidélité rendent possible.
Un essai honnête dit où sa réponse cesse de valoir. Elle vaut pour un moi qui peut encore se raconter et promettre ; elle ne dit rien du cas où le récit lui-même se défait — l'oubli massif, le délire, la dépersonnalisation. Ces cas ne réfutent pas la thèse, mais ils en marquent le bord, et le dire vaut mieux que de conclure trop large.
Résultat : Oui, ce qui change en moi peut encore être moi — mais à condition de changer la notion d'identité. Tant qu'on cherche un noyau permanent, tout changement réel est une perte ; dès qu'on pense l'identité comme durée (Bergson) et comme constance tenue plutôt que subie (l'ipse de Ricœur), la transformation devient la forme même de la permanence d'un être conscient. Ce déplacement a un prix, qu'il faut assumer : l'identité n'est plus garantie d'avance, elle est à tenir — et elle peut donc être manquée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Exercice de correction. Un candidat écrit : « Bergson prouve que le moi n'existe pas, puisque tout change en nous. » Rédigez la correction argumentée de cette phrase en trois temps — ce que Bergson dit réellement de la durée, ce qu'il ne dit pas, et la façon dont il redéfinit l'identité au lieu de la nier — puis proposez une reformulation d'une phrase, utilisable telle quelle dans une copie.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Personal Identity (encyclopédie de référence en anglais : identité numérique, critère psychologique de Locke, objection de Reid, thèse humienne du faisceau) (Stanford Encyclopedia of Philosophy) · Henri Bergson (encyclopédie de référence en anglais : la durée, le moi profond, la multiplicité qualitative) (Stanford Encyclopedia of Philosophy) · Henri Bergson, « Essai sur les données immédiates de la conscience » (1889) — texte intégral (Wikisource — la bibliothèque libre)
Le moi, de Rousseau à Sartre
L'épreuve écrite : un texte, deux questions
Vocabulaire
→ CartesSujet d'entraînement au format de l'épreuve. Le texte proposé est un extrait d'Un, personne et cent mille de Pirandello (1926) : une remarque anodine de sa femme sur son visage apprend au narrateur qu'il existe, pour chacun de ceux qui le connaissent, un homme qui porte son nom et qu'il n'est pas. Les deux intitulés sont : « Interprétation philosophique — comment le texte fait-il du regard d'autrui une puissance de dépossession ? » et « Essai littéraire — la littérature nous rend-elle nos vies plus habitables ? ». Vous disposez de quatre heures. Que faites-vous, dans quel ordre, et sur quelles copies ?
Les intitulés vous apprennent une chose que le texte ne dira pas : l'orientation de chaque exercice. Ici, l'interprétation est philosophique et l'essai est littéraire — l'inverse de l'appariement que beaucoup de candidats attendent. Cette lecture préalable oriente aussi la prise de notes : vous saurez, en lisant le texte, quels éléments serviront à quoi.
Les deux développements sont d'ampleur comparable et chaque question compte pour 10 points. Prenez donc environ deux heures par exercice, relecture comprise, et fixez une heure de bascule que vous ne dépasserez pas. Notez-la en haut de votre brouillon : sous la pression, un candidat qui n'a pas décidé à l'avance donne toujours trop de temps à la question qui l'inspire.
La question demande comment le texte fait du regard d'autrui une puissance de dépossession : elle porte sur les moyens, donc sur le texte. Choisissez un enjeu majeur, un seul, et suivez-le — par exemple la disproportion entre la banalité de la remarque et l'ampleur de son effet. Chaque affirmation s'appuie sur un mot cité. Vous mobiliserez utilement la question du programme sur la part du regard des autres dans la définition du moi, mais toujours à partir du texte, jamais à sa place.
L'essai est littéraire et ne porte plus sur ce texte-ci : il pose une question que le texte soulève. Répondez-y en engageant des œuvres que vous connaissez vraiment, et non en récitant le cours sur le moi. Aucun plan n'est imposé : ce que l'on attend est une réponse étayée, avec des exemples que vous avez pratiqués et une position tenue. Une progression en deux ou trois moments suffit, à condition que chacun avance.
Les deux développements vont sur deux copies distinctes, lues séparément par un professeur de lettres et un professeur de philosophie. Identifiez clairement la question traitée en tête de chacune, et ne renvoyez jamais à l'autre partie : votre correcteur ne l'a pas. Si une référence sert dans les deux, réintroduisez-la brièvement les deux fois.
Gardez dix minutes par copie pour la langue. Le mémento des évaluations rappelle que l'orthographe, la syntaxe, la clarté et la lisibilité entrent dans la notation. Relisez en cherchant une seule chose à la fois : d'abord les accords, puis les phrases trop longues, puis les mots absents — c'est plus efficace qu'une relecture globale qui ne voit rien.
Résultat : La stratégie tient en quatre décisions : lire les intitulés d'abord pour établir que l'interprétation est ici philosophique et l'essai littéraire ; partager les quatre heures en deux blocs comparables avec une heure de bascule écrite ; ancrer l'interprétation sur un enjeu unique et sur des mots cités, tandis que l'essai part de la question et de vos propres œuvres ; enfin rendre deux copies autonomes, identifiées, relues. La note globale étant la somme de deux notes sur 10, cette discipline vaut plus de points que n'importe quelle connaissance supplémentaire.
Erreurs fréquentes
Révision active
Constituez votre corpus personnel de l'entrée. Choisissez quatre œuvres de la bibliographie indicative que vous n'avez pas étudiées en classe, une par quart de la période, et rédigez pour chacune quatre lignes : la date à quelques années près, un moment précis du texte, la figure du moi qu'elle met en jeu et la notion qu'elle permet de mobiliser. Terminez en indiquant, en une phrase, laquelle vous confronteriez à laquelle, et pourquoi.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d'humanités, littérature et philosophie de terminale générale (semestre 1, « La recherche de soi », entrée « Les métamorphoses du moi ») + bibliographie indicative (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Définition consolidée de l'épreuve terminale de spécialité HLP (dispositions en vigueur à compter de la session 2024) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Sujet zéro commenté n° 1 — HLP terminale : texte d'Alain, « Les Idées et les âges », interprétation philosophique et essai littéraire, avec les éléments d'évaluation (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Stanford Encyclopedia of Philosophy
Wikisource — la bibliothèque libre
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