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Fiches/HLP — Humanités, littérature et philosophie/Éducation, transmission et émancipation
FR · Bac

Éducation, transmission et émancipation

« Éducation, transmission, émancipation » est la première des trois entrées de l'objet d'étude de terminale « La recherche de soi » (semestre 1), dont la période de référence va du romantisme au XXe siècle. Le programme fait partir cette entrée d'une rupture : à l'âge des Lumières, « l'apprentissage des choses doit désormais primer la culture des mots » et l'éducation se centre sur l'utile, pratique et social. De là quatre questions que le thème travaille sans jamais les séparer : que fait-on quand on éduque ; que transmet-on, et par quelle autorité ; comment l'instruction devient-elle, dans la lignée de Condorcet, « la clé de la démocratie et des libertés » ; et à quelles limites — dogmatisme, contrainte, reproduction des inégalités — cette promesse se heurte-t-elle. L'entrée est pleinement évaluable : le programme limitatif est abrogé depuis la session 2024, et le sujet national du 17 juin 2025 portait précisément sur les Cinq mémoires sur l'instruction publique de Condorcet.

5 sections·~55 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0333 / 8
Profil d’examen
Interroger les finalités de l'éducation — instruire, former, émanciper — et en discuter l'articulation.Analyser la transmission d'un héritage culturel et l'autorité qu'elle suppose, sans la confondre avec la domination.Situer les parts respectives de la famille, de l'école et de la société dans la formation d'un individu.Confronter un texte littéraire et un texte philosophique du romantisme au XXe siècle autour d'une même notion.Construire une interprétation et un essai problématisés, chacun pouvant relever de l'orientation littéraire ou philosophique.
Opérateurs :interroger les finalitésinterpréter un texteanalyserdistinguerconfronterproblématisernuancerciter avec précisionillustrer par une œuvre datée

niveau de base

Le socle tient en quatre acquis vérifiables : distinguer instruire, éduquer et former ; nommer les trois sources d'éducation de Rousseau ; restituer la définition kantienne de la minorité et sa devise ; et énoncer l'argument de Condorcet reliant instruction publique et égalité réelle des droits. Chacun doit pouvoir s'appuyer sur une œuvre datée.

niveau approfondi

Pour viser l'excellence, ne traitez jamais l'entrée comme une liste de thèses favorables à l'éducation. Tenez les trois tensions que le programme met lui-même à l'horizon : on contraint pour rendre libre ; on transmet un héritage reçu pour former un jugement autonome ; on promet l'égalité dans une institution qui peut reconduire les écarts de départ. La copie qui monte est celle qui nomme la difficulté avant de la résoudre, et qui adosse chaque mouvement à un texte précis.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Éducation, transmission et émancipation
    • 01Éduquer : savoirs, apprentissage et formation de soi○
    • 02Transmettre : héritage, maîtres et disciples, autorité◐
    • 03Émanciper : instruction, esprit critique et autonomie de jugement●
    • 04Tensions et limites de l'éducation●
    • 05Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves◐

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Éduquer : savoirs, apprentissage et formation de soi#

~10 min de lecture●○○BaseBOHLP-Tle-S1-La recherche de soi-§Éducation, transmission, émancipation

Points clés

Éduquer n'est pas un métier avant d'être un problème. Le mot recouvre deux verbes latins que la langue a fondus : educare, nourrir et élever, qui suppose qu'on apporte du dehors ce qui manque ; et educere, conduire hors de, qui suppose au contraire qu'on fait sortir ce qui était déjà là. Toute la réflexion de l'entrée se joue dans cet écart. Le programme fait d'ailleurs commencer le thème par une rupture : à l'âge des Lumières, « l'apprentissage des choses doit désormais primer la culture des mots », et l'éducation se centre sur l'utile, pratique et social. Ce n'est pas une querelle de méthode, c'est un déplacement de la finalité.
Rousseau donne à cette question sa formulation la plus nette dans l'Émile ou De l'éducation (1762). Le nouveau-né y est décrit par une triple indigence : « Nous naissons faibles, nous avons besoin de force ; nous naissons dépourvus de tout, nous avons besoin d'assistance ; nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement. » Le troisième terme est le décisif : la force et l'assistance, la nature et les autres hommes les fournissent ; le jugement, non. « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation. » Rousseau distingue alors trois maîtres — la nature, les hommes, les choses — dont l'accord fait la réussite et la contradiction, l'échec : un élève tiré en sens contraires par ses trois éducations ne sera « ni homme ni citoyen ».
Kant reprend le problème et le divise (voir Fig. 1). Dans les leçons publiées en 1803 sous le titre Réflexions sur l'éducation — le Traité de pédagogie de la traduction de Jules Barni —, il écrit : « L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation. Il n'est que ce qu'elle le fait. » L'éducation y comprend quatre moments : les soins que réclame l'enfance, la discipline, l'instruction, la culture. La distinction la plus utile pour une copie est celle de la discipline et de l'instruction : « la discipline est purement négative, car elle se borne à dépouiller l'homme de sa sauvagerie ; l'instruction au contraire est la partie positive de l'éducation ». Sous ce triple rapport, poursuit Kant, le même individu est enfant, élève et écolier — trois âges d'une seule formation.

Les quatre moments de l'éducation selon Kant

Les quatre moments de l'éducation selon KantArbre de probabilité, 4 chemins, Données: Les soins — nourrir, protéger; La discipline — ôter la sauvagerie; L'instruction — la partie positive; La culture — former le jugementÉduquer, selon KantLes soins — nourrir, protégerLa discipline — ôter la sauvagerieL'instruction — la partie positiveLa culture — former le jugement
Fig. 1Kant, Réflexions sur l'éducation (1803, trad. J. Barni) : la discipline est purement négative, l'instruction est la partie positive ; la culture du jugement est la fin.
Fig. 1 ↓
De là une gradation que l'essai doit tenir fermement : instruire n'est pas éduquer, et éduquer n'est pas encore émanciper (voir Fig. 2). Instruire, c'est transmettre des connaissances et des savoir-faire déterminés — lire, compter, un corps de savoirs. Éduquer forme en outre la personne : mœurs, caractère, goûts, manière d'être avec autrui. Émanciper est l'horizon des deux, rendre capable de juger sans tuteur. On peut donc être savant et sans jugement — c'est l'érudit que Montaigne visait en préférant « une tête bien faite » à « une tête bien pleine » — et l'on peut être formé aux usages sans être instruit. Les trois cercles ne désignent pas trois activités séparées, mais une même opération dont l'ambition s'élargit.

Instruire, éduquer, émanciper : une ambition qui s'élargit

Instruire, éduquer, émancipercercles concentriques, 3 anneaux, Données: Un enfant, Instruire, Éduquer, ÉmanciperÉmanciperÉduquerInstruireUn enfant
Fig. 2Trois cercles emboîtés et non trois activités séparées : l'instruction est comprise dans l'éducation, qui a l'émancipation pour horizon.
Fig. 2 ↓
Le programme insiste sur un autre déplacement des Lumières : « une nouvelle attention est portée aux manières de penser des enfants et au langage à tenir avec eux ». Un enfant n'est pas un adulte insuffisant qu'il faudrait remplir plus vite. Rousseau en tire une pédagogie de la lenteur : « l'instruction des enfants est un métier où il faut savoir perdre du temps pour en gagner. » La formule est un paradoxe calculé — retarder l'enseignement des mots pour laisser les choses agir, différer le raisonnement jusqu'à ce que la raison existe. Elle a essaimé, note le programme, « jusqu'au milieu du XXe siècle avec les mouvements dits d'éducation nouvelle ».
L'entrée invite aussi à réfléchir sur « les différents âges de la vie et ce que veut dire être adulte ». La réponse n'est pas chronologique. Kant range l'enfant, l'élève et l'écolier sous un même processus ; Rousseau découpe l'Émile en âges dont chacun a sa forme d'apprentissage. Mais le seuil qui compte n'est pas un anniversaire : c'est le passage de la minorité à la majorité au sens du jugement, celui que la troisième section examinera. Être adulte, dans cette entrée, ce n'est pas avoir fini d'apprendre — c'est n'avoir plus besoin d'un autre pour décider de ce qu'on tient pour vrai.
Reste ce que fait l'élève. Apprendre n'est pas recevoir : c'est s'approprier, refaire pour soi, éprouver. La langue allemande nomme Bildung ce travail par lequel celui qui se cultive se construit en même temps — d'où le Bildungsroman, le roman de formation, dont la section suivante montrera qu'il est le grand genre de cette entrée. Une conséquence pratique pour l'épreuve : devant un texte sur l'apprentissage, la question à poser n'est jamais « que dit l'auteur de l'école ? » mais « quelle conception de l'apprendre ce texte met-il en œuvre — un remplissage, ou une activité ? ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • InstructionTransmission de connaissances et de savoir-faire déterminés ; elle vise le savoir, non la personne entière.
  • ÉducationFormation de la personne dans son ensemble — mœurs, caractère, goûts, jugement — dont l'instruction n'est qu'une part.
  • Discipline (au sens de Kant)Part négative de l'éducation : elle ôte à l'enfant sa sauvagerie et le soumet aux lois, sans rien lui enseigner encore.
  • Les trois maîtres (Rousseau)La nature, les hommes et les choses : les trois sources de toute éducation, qui doivent s'accorder sous peine de diviser l'élève.
  • Formation de soi (Bildung)Travail par lequel celui qui apprend se construit lui-même en s'appropriant une culture qu'il n'a pas produite.
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Exemple corrigé

Interprétation philosophique — l'ouverture de l'Émile

Support (décrit) : les premières pages de l'Émile ou De l'éducation de Rousseau (1762). Rousseau y constate que tout dégénère entre les mains de l'homme, puis pose que « on façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation ». Il décrit ensuite la condition du nouveau-né — « nous naissons faibles… nous naissons dépourvus de tout… nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement » — avant de distinguer trois sources d'éducation : la nature, les hommes, les choses. Question, orientation philosophique : pourquoi, d'après ce texte, l'être humain doit-il être éduqué ?

  1. 01Poser l'énigme que le texte ouvre

    Le passage commence par une accusation — la main de l'homme défigure ce qu'elle touche — et se conclut par une nécessité : l'homme doit pourtant être façonné par l'homme. L'enjeu de l'interprétation est là : comment un auteur qui se méfie à ce point de l'artifice peut-il tenir l'éducation pour indispensable ? Nommer ce paradoxe évite la paraphrase et donne son axe au développement.

  2. 02Relever la triple indigence et hiérarchiser ses termes

    Rousseau énumère trois manques : la force, l'assistance, le jugement. Les deux premiers se comblent par la croissance et par autrui ; le troisième, non. Aucun corps ne mûrit en jugement comme il mûrit en taille. C'est donc le jugement qui rend l'éducation nécessaire, et non la faiblesse physique : le texte range l'humain parmi les êtres qui doivent recevoir ce qui, chez l'animal, est donné.

  3. 03Interpréter la comparaison horticole plutôt que la citer

    « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation. » La comparaison ne dit pas que l'enfant est une matière inerte : une plante cultivée pousse selon sa propre loi, l'art du jardinier ne fait que l'écarter de ce qui l'étoufferait. L'éducation est donc conçue ici comme une aide au développement, pas comme un modelage — ce qui prépare l'idée d'éducation négative que Rousseau développera au livre II.

  4. 04Faire jouer les trois maîtres

    La nature développe nos facultés, les hommes nous apprennent à en user, les choses nous instruisent par l'expérience. Rousseau ajoute que ces trois éducations doivent concourir : celle de la nature ne dépend pas de nous, c'est donc sur elle qu'il faut régler les deux autres. Le texte fixe ainsi une norme — accorder l'art à la nature — dont l'écart produit l'homme divisé.

  5. 05Conclure sur le statut de la nécessité

    L'éducation n'ajoute donc pas un ornement à un être déjà constitué : elle achève un être qui naît inachevé. Le paradoxe de départ se résout en distinguant deux artifices : celui qui contrarie la nature — l'homme qui mutile son arbre — et celui qui la seconde. Le premier défigure, le second forme. Toute l'entrée reposera sur cette distinction, jusqu'à la question de savoir si l'école, à son tour, seconde ou contrarie.

Résultat : L'être humain doit être éduqué parce qu'il naît privé de jugement, et que le jugement est le seul de ses manques qu'aucune croissance ne comble. Le texte résout son propre paradoxe en distinguant l'artifice qui contrarie la nature de celui qui la seconde : l'éducation est bonne lorsque l'art des hommes et l'expérience des choses se règlent sur le développement naturel. Une copie complète nomme ce paradoxe, hiérarchise les trois manques et montre que la comparaison horticole engage déjà une pédagogie.

Objectif Bac

  • Distinguer avant tout : instruire vise des savoirs déterminés, éduquer forme la personne entière, émanciper vise l'autonomie du jugement. Cette gradation est l'outil de problématisation de toute l'entrée ; un essai qui la pose dès l'introduction gagne son plan.
  • Interpréter, ce n'est pas résumer : devant un texte sur l'apprentissage, dégagez la CONCEPTION qu'il engage — l'esprit y est-il un vase qu'on remplit ou une puissance qu'on éveille ? — puis montrez par quels mots du texte elle se manifeste.
  • Citer avec précision : donnez l'œuvre, la date et, pour un philosophe traduit, la traduction utilisée. « L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation » (Kant, Réflexions sur l'éducation, 1803, trad. J. Barni) vaut dix paraphrases.
  • Problématiser à partir du manque : demandez de quoi le petit d'homme est privé à la naissance. La triple indigence de Rousseau — force, assistance, jugement — fournit une entrée en matière rigoureuse et évite l'introduction décorative.
  • Illustrer par une œuvre datée plutôt que par un exemple personnel. Une scène d'apprentissage précise, située dans son siècle, prouve la culture attendue ; « quand j'étais au collège » ne prouve rien et coûte des lignes.

Erreurs fréquentes

  • Traiter instruire et éduquer comme des synonymes, puis écrire « l'éducation transmet des connaissances » pendant quatre pages. Écrivez plutôt : l'instruction transmet des connaissances déterminées, l'éducation forme en outre les mœurs et le jugement — sans cette distinction, la question des finalités ne peut même pas se poser.
  • Attribuer à Rousseau la thèse que l'enfant apprend tout seul. Rousseau confie au contraire Émile à un gouverneur qui règle jusqu'à ses promenades ; sa thèse est que l'éducation doit être d'abord négative, non qu'elle doit être absente. Dire « Rousseau laisse l'enfant libre » est un contresens fréquent et repérable.
  • Écrire que Kant définit l'éducation comme la seule transmission de savoirs. Kant la divise en quatre moments — les soins, la discipline, l'instruction, la culture — et précise que la discipline est purement négative tandis que l'instruction est la partie positive. Restituez la division, pas seulement le mot.
  • Citer « une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine » en l'attribuant à Rousseau ou à Kant. La formule est de Montaigne, Essais, I, 26, « De l'institution des enfants » (1580) : une attribution fausse dans une copie de HLP se voit immédiatement.
  • Confondre la formation de soi avec le développement personnel contemporain. La Bildung désigne un travail sur soi par l'appropriation d'une culture objective — des œuvres, des savoirs, une langue —, pas une recherche de bien-être : la référence est le roman de formation, pas le manuel de développement.

§ 01

Révision active

Essai littéraire d'entraînement : un roman de formation apprend-il quelque chose sur l'école qu'un traité pédagogique ne peut pas dire ? Rédigez l'introduction et le premier mouvement, en appuyant chaque affirmation sur une œuvre datée du corpus de l'entrée.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Émile, ou De l'éducation — livre I (texte intégral, édition Houssiaux 1852-1853) (Wikisource — Jean-Jacques Rousseau (1762)) · Traité de pédagogie — les leçons de 1803 publiées en français par Jules Barni (1855) (Wikisource — Emmanuel Kant, trad. J. Barni)

§ 02
§ 02

Transmettre : héritage, maîtres et disciples, autorité#

~10 min de lecture●●○StandardBOHLP-Tle-S1-La recherche de soi-§Éducation, transmission, émancipation

Points clés

Transmettre, c'est faire passer à qui n'a rien demandé un héritage qu'il n'a pas choisi : une langue, des savoirs, des œuvres, des manières de vivre. Le programme donne à cette opération sa formule la plus exacte lorsqu'il décrit les souvenirs d'écoliers du XIXe siècle : « Il s'agit toujours de comprendre ce qu'un individu est devenu à partir de ce qu'il a reçu, mais aussi de ce avec quoi il a rompu. » Deux termes, donc, et non un seul : la réception et la rupture. Une copie qui ne parle que de la première décrit un héritier, pas une formation (voir Fig. 4).

Reçu, rompu, devenu : la formule du programme

Reçu, rompu, devenuGraphe, Ce qu'il a reçu → Le maître, Le maître → L'élève, L'élève → Ce avec quoi il rompt, L'élève → Ce qu'il est devenu, Ce avec quoi il rompt → Ce qu'il est devenuCe qu'il a reçuLe maîtreL'élèveCe avec quoi ilromptCe qu'il estdevenu
Fig. 4Le programme demande de comprendre ce qu'un individu est devenu à partir de ce qu'il a reçu, mais aussi de ce avec quoi il a rompu : la rupture est une voie de la formation, pas son échec.
Fig. 4 ↓
La transmission suppose une asymétrie : le maître sait ce que l'élève ignore encore. C'est de cette asymétrie, et d'elle seule, que naît l'autorité éducative — l'élève reconnaît qu'il a quelque chose à apprendre. Trois notions voisines doivent rester distinctes. L'autorité est reconnue et s'adosse à un savoir ; l'autoritarisme exige l'obéissance pour elle-même ; l'argument d'autorité fait admettre une thèse parce qu'un maître l'énonce, et non parce que des raisons la soutiennent. Hannah Arendt, dans La Crise de la culture (1961), inscrite à la bibliographie de l'entrée, déplace la question : l'autorité de l'éducateur n'est pas un pouvoir sur les enfants, c'est la responsabilité qu'il assume à l'égard d'un monde commun qu'il doit présenter aux nouveaux venus.
Le programme demande d'examiner « les parts respectives de la famille, de l'école et de la société dans l'éducation » (voir Fig. 3). Les trois transmettent, mais pas de la même manière. La famille transmet par immersion, sans le dire et souvent sans le savoir : la langue, les mœurs, les croyances. L'école transmet délibérément, publiquement, selon un programme, et à tous les enfants les mêmes choses — ce qui l'oblige à arracher un peu l'enfant à son milieu. La société transmet par imitation, par les usages, par tout ce qui circule autour de l'enfant. Le partage n'est pas théorique : Jules Ferry le trace institutionnellement dans sa Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 — « L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école. »

Qui transmet ? Trois instances, trois manières

Trois instances de transmissionArbre de probabilité, 3 chemins, Données: La famille — par immersion; L'école — à tous, délibérément; La société — par imitationQui transmet ?La famille — par immersionL'école — à tous, délibérémentLa société — par imitation
Fig. 3La famille transmet sans le dire, l'école délibérément et à tous, la société par imitation ; la Lettre aux instituteurs de 1883 trace la frontière entre elles.
Fig. 3 ↓
Reste que ce qu'on transmet n'arrive pas toujours. Jules Vallès en fait la scène la plus cruelle du siècle dans L'Enfant (1878), au chapitre « Mes Humanités ». Le professeur, sorti de l'École normale, dit à son élève « Ne portez pas vos extrémités digitales à vos cothurnes » et lui donne pour sujet « Thémistocle haranguant les Grecs ». L'enfant n'a rien à en dire : « Je n'ai rien trouvé, rien, rien ! » Le maître le félicite pourtant de son imagination, et l'enfant laisse dire qu'il a des moyens en sachant qu'il n'en a pas. La culture des mots circule entre adultes, par-dessus la tête de celui qu'elle devait former : c'est exactement la « culture des mots » que le programme voit les Lumières mettre en cause.
L'autre versant est la rupture. Ernest Renan raconte dans les Souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883), au chapitre consacré au petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet — chapitre nommément inscrit à la bibliographie du programme —, une éducation dont il reconnaît la valeur au moment même où il en quitte la foi. Ses maîtres, écrit-il, « pratiquaient la première règle de l'éducation, qui est de ne pas trop faciliter des exercices dont le but est la difficulté vaincue ». Le récit montre ainsi qu'on peut rompre avec un héritage tout en lui devant la force intellectuelle qui rend la rupture possible. C'est l'un des points les plus rentables du thème : rompre n'est pas renier.
La figure du disciple met à l'épreuve la responsabilité du maître. Dans Le Disciple de Paul Bourget (1889), également cité par le programme, un jeune homme applique à la lettre la psychologie déterministe de son maître, le philosophe Adrien Sixte, et fait de la séduction d'une jeune fille une expérience — qui finit en mort. Le philosophe, resté dans ses livres, découvre alors qu'une doctrine transmise agit. Le roman ne condamne pas la transmission : il demande à quoi s'engage celui qui transmet, et ce qu'il doit remettre en même temps que ses thèses — les moyens de les discuter.
D'où le critère qui organise toute la section. Une transmission dogmatique se mesure à ce qu'elle interdit : elle donne des conclusions sans les raisons, et l'élève répète. Une transmission émancipatrice se mesure à ce qu'elle rend possible : elle donne les raisons avec les conclusions, et l'élève peut à terme contester le maître avec les outils du maître. Le bon professeur travaille donc à devenir inutile. L'héritage reste ambivalent — il peut enfermer comme il peut libérer —, et c'est cette ambivalence, non un choix entre transmettre et émanciper, que l'essai doit tenir.

Vocabulaire

→ Cartes
  • TransmissionPassage d'un héritage culturel — langue, savoirs, œuvres, usages — d'une génération à la suivante.
  • Autorité éducativeAsymétrie reconnue qui autorise à enseigner : elle s'adosse à un savoir et à un monde commun, non à la force.
  • Argument d'autoritéFaire admettre une thèse parce qu'un maître l'énonce, et non parce que des raisons la soutiennent.
  • HéritageCe qu'un individu reçoit sans l'avoir choisi, et à partir de quoi seulement il peut ensuite choisir.
  • Récit d'apprentissageRécit, romancé ou autobiographique, qui suit la formation d'un jeune héros, ses maîtres et ses ruptures.
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Exemple corrigé

Interprétation littéraire — une leçon qui n'atteint personne

Support (décrit) : Jules Vallès, L'Enfant (1878), chapitre « Mes Humanités ». Le jeune Jacques Vingtras a pour professeur un normalien qui traduit Pindare, dit « arakné » pour araignée et lui lance : « Ne portez pas vos extrémités digitales à vos cothurnes. » Le sujet de composition donné à la classe est « Thémistocle haranguant les Grecs » ; l'enfant, qui traîne dans les écuries voisines, n'y trouve rien à dire — « Je n'ai rien trouvé, rien, rien ! ». Le professeur le félicite néanmoins de son imagination, et l'enfant laisse dire qu'il a des moyens, tout en sachant qu'il n'en a pas. Question, orientation littéraire : comment ce passage met-il en cause une certaine manière de transmettre la culture ?

  1. 01Situer la scène et son dispositif

    Le chapitre s'intitule « Mes Humanités » : le titre annonce une culture prestigieuse et le récit livre son envers. Le narrateur est l'enfant devenu adulte, ce qui installe un écart ironique permanent entre ce que la scène prétend être — un moment de haute culture — et ce que l'enfant y éprouve, c'est-à-dire rien.

  2. 02Analyser la langue du maître

    « Extrémités digitales », « cothurnes », « arakné » : le professeur parle une langue qui traduit les choses les plus banales en grec et en latin. Le comique tient à l'écart entre ce vocabulaire et son objet — des souliers crottés de fumier. La culture ne sert pas ici à voir le monde, elle sert à ne pas le nommer.

  3. 03Interpréter le sujet de composition

    « Thémistocle haranguant les Grecs » est un sujet parfait au sens rhétorique : il n'exige aucune expérience, seulement des lieux communs. C'est pourquoi il produit chez l'enfant un blanc absolu, souligné par la triple répétition « rien, rien, rien ». Le vide n'est pas un défaut d'intelligence : c'est le symptôme d'une transmission qui n'a rien donné à quoi s'accrocher.

  4. 04Relever le malentendu et sa réciprocité

    Le professeur admire une imagination que l'enfant sait ne pas avoir ; l'enfant se tait et laisse dire. La transmission produit alors deux fictions symétriques — un maître qui croit avoir donné, un élève qui feint d'avoir reçu — et la seule chose réellement transmise est l'art de faire semblant. C'est l'enjeu majeur du texte.

  5. 05Rapporter la scène à l'enjeu de l'entrée

    Vallès ne condamne pas l'école mais une pédagogie précise, celle de la culture des mots héritée des humanités classiques — celle-là même dont le programme rappelle que les Lumières l'avaient déjà mise en cause au nom de « l'apprentissage des choses ». Le chapitre est donc un argument littéraire dans un débat pédagogique.

Résultat : Le passage met en cause une transmission qui se satisfait de ses propres signes : une langue savante détachée des choses, un sujet de composition sans expérience possible, un compliment adressé à une qualité inexistante. Ce qui circule entre le maître et l'élève n'est pas une culture mais une convention, et l'enfant apprend seulement à s'y tenir. L'interprétation attendue nomme ce malentendu réciproque et le rattache au débat, ouvert par les Lumières, entre la culture des mots et l'apprentissage des choses.

Objectif Bac

  • Analyser l'autorité en la découpant : autorité reconnue, autoritarisme, argument d'autorité. Trois mots, trois choses. Une copie qui écrit « le maître impose son savoir » sans ce découpage ne peut plus penser la transmission autrement que comme une violence.
  • Interpréter une scène de classe en cherchant qui parle à qui : dans le chapitre de Vallès, le professeur s'adresse moins à l'élève qu'à sa propre culture. Repérer le destinataire réel d'un discours pédagogique est souvent l'enjeu majeur du texte.
  • Nuancer systématiquement l'opposition héritage/liberté : montrez que la langue, les savoirs et les œuvres reçus sont la condition matérielle de toute pensée autonome. C'est le mouvement qui distingue une copie de niveau supérieur d'une copie de slogans.
  • Citer le programme lui-même quand il sert : « ce qu'un individu est devenu à partir de ce qu'il a reçu, mais aussi de ce avec quoi il a rompu ». La formule fournit un plan tout fait pour l'étude d'un récit d'apprentissage.
  • Distinguer les trois instances — famille, école, société — dès qu'un texte parle d'éducation : demandez toujours QUI transmet, car les objections changent selon l'instance. Ce que l'on reproche à la famille (l'arbitraire) n'est pas ce que l'on reproche à l'école (l'uniformité).

Erreurs fréquentes

  • Réduire toute autorité du maître à une oppression. L'asymétrie du savoir est ce qui rend l'apprentissage possible : sans elle, il n'y a plus de raison d'aller en classe. Écrivez plutôt que l'autorité devient illégitime lorsqu'elle exige l'obéissance pour elle-même, et non lorsqu'elle s'appuie sur un savoir.
  • Opposer transmission et émancipation comme deux camps. L'héritage — une langue, des savoirs, des œuvres — est la condition de la pensée autonome : on ne s'émancipe pas dans le vide. La bonne formulation est temporelle, non contradictoire : on reçoit d'abord pour pouvoir juger ensuite.
  • Prendre La Crise de la culture pour un éloge de l'autorité traditionnelle. Arendt fonde l'autorité éducative sur la responsabilité envers un monde commun, ce qui n'est pas la même chose que la défense d'une discipline ou d'une hiérarchie : citer Arendt à l'appui d'un simple « il faut de l'ordre en classe » est un contresens.
  • Écrire que Vallès dénonce l'école en général. L'Enfant vise une pédagogie précise — la culture des mots, la rhétorique latine, le sujet de composition détaché de toute expérience —, et Vallès a lui-même été professeur. Nommez la cible exacte : c'est ce qui distingue une lecture d'une indignation.
  • Dater Le Disciple de Bourget au XXe siècle ou en attribuer la thèse au maître. Le roman paraît en 1889, et c'est le disciple, Robert Greslou, qui applique la doctrine ; le philosophe Adrien Sixte en découvre les effets. Une attribution inversée détruit l'exemple.

§ 02

Révision active

Essai philosophique d'entraînement : obéir à un maître peut-il être un exercice de liberté ? Construisez un plan en trois mouvements, puis rédigez le troisième — celui qui dépasse l'alternative — en mobilisant au moins une référence datée.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : L'Enfant, chapitre 20 « Mes Humanités » (texte intégral) (Wikisource — Jules Vallès (1878)) · Souvenirs d'enfance et de jeunesse, chapitre III « Le petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet » (Wikisource — Ernest Renan (Calmann-Lévy, 1883))

§ 03
§ 03

Émanciper : instruction, esprit critique et autonomie de jugement#

~11 min de lecture●●●ApprofondissementBOHLP-Tle-S1-La recherche de soi-§Éducation, transmission, émancipation

Points clés

Émanciper, c'est affranchir d'une tutelle. Le mot vient du droit romain : emancipare désigne l'acte par lequel un père fait sortir son fils de sa propre main, de sa manus, et le rend maître de lui-même. Reporté sur l'éducation, il nomme le terme de la chaîne instruire, former, émanciper — l'état de celui qui n'a plus besoin d'être conduit. Le programme en fait le cœur historique de l'entrée : « dans la lignée de Condorcet, l'instruction des enfants des deux sexes devient la clé de la démocratie et des libertés. »
Le texte de référence est la Réponse à cette question : Qu'est-ce que les lumières ? de Kant (1784), inscrite à la bibliographie de l'entrée. Kant y définit : « Les lumières sont ce qui fait sortir l'homme de la minorité qu'il doit s'imputer à lui-même. La minorité consiste dans l'incapacité où il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui. » Le point décisif est le « qu'il doit s'imputer à lui-même » : la cause de cette minorité n'est pas « le manque d'intelligence, mais l'absence de la résolution et du courage nécessaires pour user de son esprit sans être guidé par un autre ». D'où la devise, dans la traduction de Jules Barni : « Sapere aude, aie le courage de te servir de ta propre intelligence ! »
Kant décrit ensuite le confort de la minorité, et c'est la partie du texte la plus utile en copie (voir Fig. 6). « Il est si commode d'être mineur ! J'ai un livre qui a de l'esprit pour moi, un directeur qui a de la conscience pour moi, un médecin qui juge pour moi du régime qui me convient. » Le mineur ne manque pas d'informations : il a délégué son jugement, domaine par domaine, à des tuteurs qu'il paie. Kant ajoute que « les règles et les formules » apprises mécaniquement sont « les fers qui nous retiennent » — un savoir mal appris peut donc entretenir la minorité au lieu d'en sortir. L'émancipation est ainsi d'abord un acte moral, non un diplôme.

Les tuteurs de la minorité

Les tuteurs de la minoritéroue segmentée, 4 segments, Données: La minorité, Le livre, Le directeur, Le médecin, Les formulesLe livrea de l'esprit pour moiLe directeura de la conscienceLe médecinjuge de mon régimeLes formulessont mes fersLa minorité
Fig. 6Kant, Qu'est-ce que les lumières ? (1784) : le mineur ne manque pas d'informations, il a délégué son jugement domaine par domaine.
Fig. 6 ↓
Condorcet fournit l'autre versant, politique et institutionnel (voir Fig. 5). Dans le premier des Cinq mémoires sur l'instruction publique (1791), il pose : « L'instruction publique est un devoir de la société à l'égard des citoyens », et d'abord « comme moyen de rendre réelle l'égalité des droits ». L'argument est en quatre temps. Des droits ont été déclarés égaux ; mais l'inégalité des savoirs empêche le plus grand nombre d'en jouir ; cette inégalité produit une dépendance concrète — « celui qui ne sait pas écrire, et qui ignore l'arithmétique, dépend réellement de l'homme plus instruit, auquel il est sans cesse obligé de recourir » ; l'instruction publique est donc le moyen de « ne laisser subsister aucune inégalité qui entraîne de dépendance ». Condorcet portera ce projet devant l'Assemblée législative dans son Rapport sur l'organisation générale de l'instruction publique, en avril 1792.

L'argument de Condorcet en quatre temps

L'argument de CondorcetGraphe, Des droits déclarés → Inégalité des savoirs, Inégalité des savoirs → Dépendance réelle, Dépendance réelle → Instruction publique, Instruction publique → Égalité rendue réelleDes droitsdéclarésInégalité dessavoirsDépendanceréelleInstructionpubliqueÉgalité rendueréelle
Fig. 5Premier des Cinq mémoires sur l'instruction publique (1791) : le but est de « ne laisser subsister aucune inégalité qui entraîne de dépendance ».
Fig. 5 ↓
Le programme note que « les penseurs révolutionnaires mettent quant à eux l'accent sur les conditions sociales et politiques de l'émancipation des individus ». La formule est exigeante : proclamer le droit à l'instruction ne suffit pas si le travail des enfants, la distance ou le prix la rendent inaccessible. C'est pourquoi l'émancipation par l'école prend, au XIXe siècle, la forme de conditions matérielles — gratuité en 1881, obligation et laïcité en 1882. Dans sa Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883, Jules Ferry explicite le principe du partage : il s'agit de « distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous ». L'école n'émancipe pas en imposant une doctrine : elle émancipe en se limitant au commun.
Les deux notions par lesquelles l'émancipation se laisse décrire sont l'esprit critique et l'autonomie. L'autonomie se lit dans le mot : autos, soi-même, et nomos, la loi — se donner à soi-même la règle de son jugement, par opposition à l'hétéronomie où la règle vient d'un autre. L'esprit critique en est l'exercice : non pas douter de tout, ce qui serait une autre paresse, mais exiger des raisons et savoir les évaluer. Une conséquence directe pour l'épreuve : un élève qui récite Kant sur l'autonomie sans examiner ce qu'il récite se trouve exactement dans la situation que Kant décrit.
L'émancipation n'est donc jamais un acquis définitif, et c'est ce qui interdit de conclure trop vite. Elle est un exercice qui recommence à chaque domaine où l'on est tenté de s'en remettre à un autre — et l'on peut être émancipé en une matière et mineur en une autre. Elle a de plus un coût : penser par soi-même est plus long, plus inconfortable et plus risqué que suivre. Kant le reconnaît lorsqu'il évoque « quelques chutes ». Reste alors la difficulté propre de l'éducation, que la section suivante prend de front : pour rendre l'élève capable de se passer de tuteur, il faut commencer par lui en donner un.

Vocabulaire

→ Cartes
  • ÉmancipationSortie d'une tutelle : passage de l'état où l'on est conduit par autrui à celui où l'on se conduit soi-même.
  • Minorité (au sens de Kant)Incapacité de se servir de son propre entendement sans la direction d'autrui ; elle est imputable quand elle vient du manque de courage.
  • AutonomiePouvoir de se donner à soi-même la règle de son jugement ; du grec autos, soi-même, et nomos, la loi.
  • HétéronomieÉtat de celui dont la règle de pensée ou de conduite est reçue d'un autre — livre, directeur, coutume — et jamais examinée.
  • Instruction publiqueEnseignement organisé par la nation et dû à tous, tenu par Condorcet pour la condition de l'égalité réelle des droits.
  • Esprit critiqueExigence de raisons : refuser d'admettre une thèse sur la seule autorité de qui l'énonce, sans pour autant tout rejeter.
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Exemple corrigé

Essai philosophique — l'instruction suffit-elle à libérer ?

Support (décrit) : le premier des Cinq mémoires sur l'instruction publique de Condorcet (1791), où l'instruction publique est présentée comme un devoir de la société envers les citoyens et comme le moyen de rendre réelle l'égalité des droits, l'exemple retenu étant celui de l'homme qui, ne sachant ni écrire ni compter, dépend en fait de qui sait. Question, orientation philosophique : l'instruction suffit-elle à rendre les hommes libres ?

  1. 01Dégager la question du texte et la reformuler

    Condorcet établit une implication : sans instruction, pas d'exercice réel des droits. La question ajoute une exigence plus forte : cette condition est-elle aussi suffisante ? Distinguer condition nécessaire et condition suffisante est ici le geste qui ouvre le sujet, et il vaut d'être écrit explicitement en introduction.

  2. 02Établir la thèse de Condorcet dans toute sa force

    L'égalité juridique reste nominale tant que les savoirs sont inégaux : celui qui ne sait pas écrire doit recourir sans cesse à qui sait, et cette dépendance est une servitude réelle sous une liberté déclarée. L'instruction publique est donc l'instrument par lequel la société rend effectifs les droits qu'elle a proclamés. À ce stade, la réponse paraît positive.

  3. 03Opposer l'objection kantienne

    Kant interdit d'en rester là. La minorité, écrit-il, n'a pas pour cause le manque d'intelligence mais l'absence de résolution et de courage ; on peut être savant et mineur, s'en remettre à son livre, à son directeur, à son médecin. Pire, les règles et les formules apprises mécaniquement deviennent des fers. Une instruction reçue passivement peut donc consolider la tutelle qu'elle devait lever.

  4. 04Chercher l'objection sociale

    Une seconde limite tient aux conditions dont le programme rappelle qu'elles préoccupent les penseurs révolutionnaires. Une instruction proclamée mais payante, éloignée ou concurrencée par le travail des enfants n'atteint pas ceux qu'elle prétend libérer : c'est pourquoi l'émancipation par l'école a pris la forme de conditions matérielles — la gratuité, puis l'obligation. Le contenu ne suffit pas sans l'accès.

  5. 05Formuler la réponse et le critère qui la soutient

    L'instruction est nécessaire et non suffisante ; ce qui décide n'est pas la quantité de savoirs mais leur mode de transmission. Une instruction qui donne les raisons avec les conclusions rend l'élève capable de contester ce qu'on lui enseigne ; une instruction qui donne les conclusions seules produit un mineur bien pourvu. Le critère est donc pédagogique autant que politique.

  6. 06Mesurer ce que la réponse laisse ouvert

    Reste une difficulté que la conclusion doit nommer plutôt que masquer : pour donner les raisons, il faut d'abord imposer des exercices, une discipline et une durée que l'élève n'a pas choisis. Comment une contrainte peut-elle former une liberté ? C'est la question de Kant dans ses leçons de pédagogie, et elle appelle un traitement séparé.

Résultat : Réponse : l'instruction est la condition nécessaire de la liberté réelle, comme l'établit Condorcet, mais elle n'en est pas la condition suffisante, comme l'établit Kant — on peut être instruit et mineur. Ce qui fait la différence est la manière dont on instruit : transmettre les raisons émancipe, transmettre les seules conclusions équipe la dépendance. La copie complète tient les deux auteurs ensemble au lieu de choisir, et ferme sur la difficulté que cette réponse ouvre : celle d'une contrainte ordonnée à la liberté.

Objectif Bac

  • Citer Kant exactement et en nommant la traduction : la minorité est « l'incapacité où il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui » (trad. Barni, 1853). Une citation approximative de ce texte se repère immédiatement dans une copie de HLP.
  • Problématiser à partir du « qu'il doit s'imputer à lui-même » : si la minorité est imputable, elle n'est pas d'abord un manque de savoir mais un défaut de courage. Tout un essai peut se construire sur cet écart entre ignorance et minorité.
  • Analyser l'argument de Condorcet dans son ordre, et non par mots-clés : droits déclarés, inégalité des savoirs, dépendance réelle, instruction publique. Restituer un enchaînement vaut mieux que juxtaposer « égalité » et « liberté ».
  • Distinguer autonomie et indépendance : l'autonomie est de se donner sa propre règle de jugement, pas de n'avoir reçu de règle de personne. La confusion des deux ruine la moitié des essais sur ce thème.
  • Nuancer la thèse émancipatrice sans la trahir : montrez ce que l'instruction rend possible, puis ce qu'elle ne garantit pas. Une copie qui écrit « l'instruction libère » sans réserve n'a pas encore commencé à réfléchir.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que l'émancipation kantienne consiste à rejeter toute règle et toute autorité. Kant maintient l'obéissance dans l'usage privé de la raison — l'officier obéit, le fonctionnaire applique — et réserve la libre critique à l'usage public. Traiter Sapere aude comme un slogan de désobéissance générale est un contresens sur le texte.
  • Faire dire à Kant que la minorité vient de l'ignorance. Il écrit exactement le contraire : elle n'a pas « pour cause le manque d'intelligence, mais l'absence de la résolution et du courage ». Le mineur peut être très informé, il a seulement délégué son jugement.
  • Dater les Cinq mémoires sur l'instruction publique de 1792 en les confondant avec le Rapport présenté à l'Assemblée législative. Les mémoires paraissent en 1791, le rapport en avril 1792 ; le programme cite les premiers sous le titre Mémoires sur l'instruction publique (1791).
  • Attribuer à Jules Ferry l'invention de l'école obligatoire pour les deux sexes ou la gratuité de tout l'enseignement. Les lois de 1881 et 1882 rendent l'école primaire gratuite, obligatoire et laïque ; l'instruction des filles et des garçons était déjà l'exigence de Condorcet un siècle plus tôt, et la gratuité du secondaire est bien postérieure.
  • Employer « esprit critique » comme synonyme de « tout remettre en cause ». Le doute universel dispense d'examiner, exactement comme la crédulité : l'esprit critique consiste à demander des raisons et à les peser, ce qui suppose d'en accepter certaines.

§ 03

Révision active

Interprétation d'entraînement : « L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école » (Jules Ferry, Lettre aux instituteurs, 1883). Expliquez ce partage, montrez sur quelle distinction il repose, et dites quelle idée de la liberté de conscience il engage.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Réponse à cette question : Qu'est-ce que les lumières ? (1784), traduction de Jules Barni (1853) (Wikisource — Emmanuel Kant) · Sur l'instruction publique — premier mémoire, « Nature et objet de l'instruction publique » (1791) (Wikisource — Condorcet (Œuvres, Didot, 1847)) · Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 (texte intégral) (Wikisource — Jules Ferry)

§ 04
§ 04

Tensions et limites de l'éducation#

~10 min de lecture●●●ApprofondissementBOHLP-Tle-S1-La recherche de soi-§Éducation, transmission, émancipation

Points clés

Les tensions ne sont pas un supplément critique ajouté au thème : le programme les met lui-même à son horizon, puisqu'il place au terme de l'entrée « la définition d'une éducation moderne et la question de la justice sociale et de l'équité au sein d'un système éducatif ». Une copie qui célèbre l'éducation émancipatrice sans examiner ses difficultés reste donc en deçà du programme. Cette section en isole cinq, qui fournissent autant de mouvements d'objection utilisables dans un essai.
Première tension, la plus philosophique : on contraint pour rendre libre. Kant la formule sans l'adoucir dans ses leçons de pédagogie : « Un des plus grands problèmes de l'éducation est de concilier sous une contrainte légitime la soumission avec la faculté de se servir de sa liberté. Car la contrainte est nécessaire ! Mais comment cultiver la liberté par la contrainte ? » Sa réponse tient dans une distinction d'usages : il faut habituer l'élève à supporter que sa liberté soit soumise, et en même temps l'instruire à en faire un bon usage — faute de quoi « il n'y aurait en lui que pur mécanisme ». La contrainte éducative est bonne quand elle est ordonnée à sa propre extinction.
Deuxième tension : jusqu'où faut-il s'abstenir ? Rousseau pousse l'exigence à son point extrême au livre II de l'Émile : « La première éducation doit donc être purement négative. Elle consiste, non point à enseigner la vertu ni la vérité, mais à garantir le cœur du vice et l'esprit de l'erreur. » La formule est libératrice — elle interdit d'endoctriner — mais elle a un coût : préserver un enfant de l'erreur n'est pas encore lui donner de quoi juger. Le programme note que ces idées « ont essaimé jusqu'au milieu du XXe siècle avec les mouvements dits d'éducation nouvelle ». La tension traverse donc deux siècles.
Troisième tension : les finalités elles-mêmes sont disputées (voir Fig. 7). Le programme situe précisément le moment du débat : « En Europe comme en Amérique, le tournant du XXe siècle est le moment d'un vaste débat sur les finalités de l'éducation scolaire, ses méthodes et son extension. » John Dewey, cité par la bibliographie de l'entrée avec Mon Credo pédagogique (1897) et L'Éducation au point de vue social (1913), fait de l'école un milieu d'expérience et de vie démocratique ; Célestin Freinet en tirera des techniques de travail coopératif. En face, Alain défend dans ses Propos sur l'éducation (1932) une école exigeante où l'effort forme le jugement, et Émile Durkheim en propose une science — L'Éducation morale, L'Évolution pédagogique en France. Quatre réponses cohabitent : transmettre un héritage, partir de l'activité de l'enfant, former à l'utile social, corriger les inégalités de départ.

Quatre réponses au débat du tournant du XXe siècle

Les finalités de l'école en débatArbre de probabilité, 4 chemins, Données: Transmettre un héritage commun; Partir de l'activité de l'enfant; Former à l'utile et au civisme; Corriger les inégalités de départLes finalités de l'école en débatTransmettre un héritage communPartir de l'activité de l'enfantFormer à l'utile et au civismeCorriger les inégalités de départ
Fig. 7« En Europe comme en Amérique, le tournant du XXe siècle est le moment d'un vaste débat sur les finalités de l'éducation scolaire, ses méthodes et son extension » (programme de terminale).
Fig. 7 ↓
Quatrième tension : l'école peut reconduire ce qu'elle prétend corriger (voir Fig. 8). Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron soutiennent, dans Les Héritiers (1964) puis La Reproduction (1970), que l'institution suppose chez tous les élèves une familiarité avec la culture savante que seules certaines familles transmettent, et qu'en évaluant cette familiarité comme un don personnel elle convertit un héritage social en mérite scolaire. Ces deux ouvrages ne figurent pas dans la bibliographie indicative de l'entrée, qui s'arrête à Arendt et Freinet ; ils y sont pleinement mobilisables au titre de la question de la justice sociale que le programme inscrit lui-même à son horizon. La thèse ne nie pas la valeur émancipatrice de l'instruction : elle indique à quelle condition elle est tenue.

Le cercle de la reproduction

Le cercle de la reproductionGraphe, La culture de la famille → L'aisance scolaire, L'aisance scolaire → Les bons résultats, Les bons résultats → Le diplôme, Le diplôme → La position sociale, La position sociale → La culture de la familleLa culture de lafamilleL'aisancescolaireLes bonsrésultatsLe diplômeLa positionsociale
Fig. 8Bourdieu et Passeron, Les Héritiers (1964) et La Reproduction (1970) : la boucle se rompt là où l'école enseigne explicitement ce que certaines familles transmettent sans le dire.
Fig. 8 ↓
Cinquième tension : que serait une école équitable ? L'égalité formelle donne à tous la même chose, et laisse donc intacts les écarts de départ ; l'équité tient compte de ces écarts, et donne davantage à qui a reçu moins — mais elle traite alors les élèves différemment, ce que l'égalité de principe semblait interdire. Condorcet avait déjà posé le critère qui permet d'arbitrer : le but n'est pas d'effacer toute différence, c'est de « ne laisser subsister aucune inégalité qui entraîne de dépendance ». Formulée ainsi, la question cesse d'être un slogan et devient discutable.
Ce que ces cinq tensions ont en commun mérite d'être énoncé, car c'est la conclusion la plus solide de l'entrée : une même puissance — former un être humain en lui transmettant ce qu'il n'a pas choisi — peut servir l'émancipation ou l'assujettissement, et rien dans l'éducation elle-même ne décide entre les deux. Ce qui décide, ce sont ses finalités et ses méthodes. D'où la question que tout essai gagne à poser explicitement : au nom de quoi, et comment, éduque-t-on ?

Vocabulaire

→ Cartes
  • Éducation négativeChez Rousseau, première éducation qui n'enseigne ni la vertu ni la vérité mais préserve l'enfant du vice et de l'erreur.
  • Éducation nouvelleEnsemble de mouvements pédagogiques nés autour de 1900 qui partent de l'activité et de l'expérience de l'enfant.
  • Reproduction socialeProcessus par lequel une institution censée égaliser reconduit en fait les écarts de départ entre les élèves.
  • Capital culturelRessources héritées de la famille — langue, lectures, habitudes — que l'école suppose acquises sans les enseigner.
  • ÉquitéTraitement qui tient compte des inégalités de départ, distinct de l'égalité formelle qui donne la même chose à tous.
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Exemple corrigé

Interprétation philosophique — cultiver la liberté par la contrainte

Support (décrit) : un passage des leçons de pédagogie de Kant (publiées en 1803, traduites par Jules Barni en 1855). Kant y observe que l'enfant obéit d'abord par crainte de la punition ou par désir d'obtenir ce qu'il veut, puis énonce : « Un des plus grands problèmes de l'éducation est de concilier sous une contrainte légitime la soumission avec la faculté de se servir de sa liberté. Car la contrainte est nécessaire ! Mais comment cultiver la liberté par la contrainte ? » Il ajoute qu'il faut accoutumer l'élève à souffrir que sa liberté soit soumise, et en même temps l'instruire à en faire un bon usage, sans quoi « il n'y aurait en lui que pur mécanisme ». Question, orientation philosophique : quelle difficulté propre de l'éducation ce texte nomme-t-il, et comment la lève-t-il ?

  1. 01Nommer la difficulté avant de la résoudre

    Kant ne présente pas une objection extérieure à l'éducation mais son problème interne. La fin visée est l'usage libre de la faculté de choisir ; le moyen employé est la soumission. Le texte se donne donc pour tâche d'articuler deux termes que le sens commun oppose, et l'interprétation manque son objet si elle escamote cette contradiction apparente.

  2. 02Prendre au sérieux le point de départ empirique

    Le passage commence par une description : l'enfant obéit pour éviter la punition ou pour obtenir un plaisir. Cette obéissance-là est encore hétéronome, elle dépend d'un intérêt extérieur. Kant montre ainsi que le point de départ réel de toute éducation n'est pas une liberté déjà là qu'il faudrait respecter, mais une dépendance qu'il faut transformer.

  3. 03Repérer l'adjectif qui porte la solution

    Tout tient dans « contrainte légitime ». La contrainte n'est pas justifiée par son efficacité mais par sa fin : elle est légitime quand elle vise à rendre l'élève capable d'un bon usage de sa liberté. Kant ne défend donc pas la discipline en général ; il en fixe le critère, et ce critère permet de condamner toute contrainte qui se prolongerait au-delà de son office.

  4. 04Analyser la menace du « pur mécanisme »

    L'expression est décisive : une contrainte qui obtiendrait l'obéissance sans instruire à l'usage de la liberté produirait un être réglé du dehors, exact et sans jugement. Ce n'est pas un élève mal élevé, c'est un automate poli. Kant nomme ici l'échec spécifique de l'éducation autoritaire, et l'on comprend pourquoi les deux opérations doivent être simultanées et non successives.

  5. 05Formuler la levée du paradoxe

    Le paradoxe se dissout dès qu'on distingue deux contraintes : celle qui obtient une conduite et celle qui développe une capacité. La seconde est un moyen dont la réussite se mesure à sa disparition — on discipline pour que l'élève puisse se discipliner lui-même. La liberté n'est donc pas cultivée malgré la contrainte, mais par une contrainte dont la fin est de devenir inutile.

  6. 06Mesurer la portée du texte

    L'interprétation gagne à montrer ce que cette solution engage pour l'entrée entière : elle fournit le critère qui permet de juger une institution scolaire. Une école est légitime dans la mesure où ses contraintes rendent capables ; elle cesse de l'être lorsqu'elles se perpétuent pour elles-mêmes. Le texte donne ainsi une norme, et pas seulement une réponse.

Résultat : La difficulté nommée est interne à l'éducation : elle emploie la soumission pour produire l'usage libre du jugement. Kant la lève en qualifiant la contrainte de légitime, c'est-à-dire en la définissant par sa fin — instruire au bon usage de la liberté en même temps qu'on l'exerce à la subir. La contre-épreuve est le « pur mécanisme » : une contrainte qui n'instruirait pas fabriquerait un automate. Une contrainte éducative n'est donc justifiée que si elle est ordonnée à sa propre extinction, ce qui fournit du même coup un critère pour juger toute institution scolaire.

Objectif Bac

  • Problématiser au lieu de trancher : « l'éducation libère » et « l'école domine » sont deux slogans symétriques. L'attendu est de tenir la tension et de dire à quelle condition chacun des deux devient vrai.
  • Nuancer par la distinction des usages : opposez la contrainte qui assujettit durablement et la contrainte qui développe des capacités, comme Kant distingue soumission et bon usage de la liberté. Cette distinction sauve la moitié des copies sur ce thème.
  • Citer une critique en la situant : dites que Les Héritiers date de 1964 et La Reproduction de 1970, et signalez que ces ouvrages débordent la bibliographie indicative de l'entrée. Un correcteur valorise l'exactitude bibliographique autant que l'idée.
  • Distinguer égalité et équité chaque fois que le mot « justice » apparaît dans un sujet : donner la même chose à tous, ou davantage à qui a moins. Sans cette distinction, la troisième partie d'un essai sur l'école tourne à vide.
  • Interroger les finalités jusqu'au bout : demandez au nom de quoi et par quels moyens, et non seulement si l'éducation est bonne. C'est l'opération que le programme appelle interroger les finalités, et elle se voit dans le plan.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que Rousseau est le père des pédagogies non directives. L'éducation négative de l'Émile est un dispositif extrêmement dirigé — le gouverneur organise jusqu'aux expériences que l'enfant croit faire seul. Dire « Rousseau laisse faire » inverse la thèse du livre II.
  • Présenter Bourdieu et Passeron comme des adversaires de l'école. Leur analyse porte sur le mécanisme par lequel une institution égalitaire dans ses principes reconduit des écarts hérités ; elle appelle à changer ce que l'école exige sans l'enseigner, non à la supprimer.
  • Confondre pédagogie nouvelle et absence d'exigence. Dewey et Freinet organisent le travail, la coopération et l'évaluation avec une rigueur considérable ; leur désaccord avec l'école de transmission porte sur le point de départ — l'expérience de l'enfant plutôt que le programme —, pas sur le niveau attendu.
  • Traiter Durkheim comme un pédagogue militant. Il propose une sociologie de l'éducation et une histoire de ses formes, non une méthode : le citer à côté de Freinet comme un promoteur de l'éducation nouvelle est une erreur de rangement que l'on repère aussitôt.
  • Employer « égalité des chances » comme s'il s'agissait d'un fait mesuré. C'est une norme discutée, pas un constat : écrivez ce qu'elle promet, ce qu'elle suppose, et ce que l'analyse sociologique lui oppose, au lieu de la donner pour acquise ou pour ruinée.

§ 04

Révision active

Essai d'entraînement : une école juste doit-elle donner la même chose à tous, ou davantage à ceux qui ont le moins reçu ? Rédigez le mouvement d'objection, celui qui montre ce que l'égalité formelle laisse subsister, en vous appuyant sur une analyse sociologique datée.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Émile, ou De l'éducation — livre II, où est posée la règle de l'éducation négative (Wikisource — Jean-Jacques Rousseau (1762)) · Principes et pratiques de l'« Éducation nouvelle » : des objets de recherche, Revue française de pédagogie, n° 153, 2005, p. 5-12 (Persée — François Jacquet-Francillon)

§ 05
§ 05

Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves#

~11 min de lecture●●○StandardBOHLP-Tle-S1-La recherche de soiBOHLP-Tle-S1-La recherche de soi-§Éducation, transmission, émancipation

Points clés

Avant tout repère, une mise en garde que le programme formule lui-même à propos de sa bibliographie : « Cette bibliographie est fournie à titre d'illustration et ne prédétermine en aucun cas le choix des textes proposés dans le cadre des épreuves du baccalauréat. » Les listes qui suivent ne sont donc pas un programme d'œuvres à connaître, mais un échantillon de ce qui se lit sous cette entrée. Elles servent à penser, à dater et à confronter — pas à réciter. La période de référence de l'objet d'étude va du romantisme au XXe siècle, et le programme autorise expressément des références choisies « parmi les œuvres des périodes antérieures ».
Les fondateurs, d'abord, parce qu'on les croit à tort hors sujet (voir Fig. 9). La bibliographie de l'entrée ouvre sur Rousseau, Émile ou De l'éducation (1762), Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (1784), Condorcet, Mémoires sur l'instruction publique (1791) et Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1795), Kant, Réflexions sur l'éducation (1803), Hegel, Textes pédagogiques (1809-1823). Ils sont antérieurs au romantisme et pourtant nommément inscrits : c'est que le programme fait commencer l'entrée à la « double rupture » des Lumières avec l'éducation héritée de l'humanisme de la Renaissance. Les négliger appauvrit une copie ; les traiter comme la totalité du thème la déséquilibre.

Les repères de la période

L'éducation, du romantisme au XXe siècleFrise chronologique de 1750 à 1980, 1762: Rousseau · Émile, 1784: Kant · Lumières, 1791: Condorcet · Mémoires, 1830: Stendhal · Le Rouge, 1878: Vallès · L'Enfant, 1900: Colette · Claudine, 1932: Alain · Propos, 1961: Arendt · La Crise, 1750–1800: Les fondateurs, 1800–1980: Période de référence17501980annéeLes fondateursPériode deréférence1762Rousseau · Émile1784Kant · Lumières1791Condorcet ·Mémoires1830Stendhal · LeRouge1878Vallès ·L'Enfant1900Colette ·Claudine1932Alain · Propos1961Arendt · LaCrise
Fig. 9Les fondateurs des Lumières restent inscrits à la bibliographie de l'entrée, en amont de la période de référence qui court du romantisme au XXe siècle.
Fig. 9 ↓
Le XIXe siècle est celui des récits d'écoliers et de l'école qui se construit. La bibliographie retient Stendhal, Le Rouge et le Noir (1830), Balzac, Louis Lambert (1832), Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1835-1840), Sand, Consuelo (1842), Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (1849), Tolstoï, Enfance, Adolescence, Jeunesse (1852-1857), Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l'Église (1858), Nietzsche, Sur l'avenir de nos établissements d'enseignement (1872), Vallès, L'Enfant (1878) puis L'Insurgé (1886), Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883), la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry (1883), Bourget, Le Disciple (1889), Bergson, Le Bon Sens et les études classiques (1895), Gide, Les Nourritures terrestres (1897), Dewey, Mon Credo pédagogique (1897), Colette, Claudine à l'école (1900). Le programme explique cette abondance : « Le rôle nouveau de l'institution scolaire se marque par la place que prennent dans les récits du XIXe siècle les souvenirs d'écoliers. »
Le XXe siècle déplace la question vers la pédagogie, la sociologie et la politique : Dewey, L'Éducation au point de vue social (1913), Péguy, L'Argent (1913), Durkheim, L'Éducation morale (1903, publiée en 1925) et L'Évolution pédagogique en France (publiée en 1938), Alain, Propos sur l'éducation (1932), Guilloux, Le Sang noir (1935), Beauvoir, Le Deuxième sexe (1949), Arendt, La Crise de la culture (1961), Freinet, Œuvres pédagogiques (1994). Deux entrées méritent d'être signalées à part : Beauvoir, parce qu'elle fait de l'éducation la fabrique d'une condition, et Arendt, parce qu'elle repose la question de l'autorité au moment où le siècle la rejette.
Pour relier ces œuvres, servez-vous des couples de notions plutôt que des dates : instruire et éduquer ; transmettre et émanciper ; autorité et liberté ; héritage et autonomie ; minorité et majorité ; hétéronomie et autonomie ; égalité et équité. Ils permettent de faire dialoguer un roman de 1878 et une analyse de 1961 sans forcer, parce que la question posée est la même sous des formes différentes. C'est précisément l'opération que le programme nomme confronter, et c'est le geste propre de la spécialité.
La méthode, ensuite (voir Fig. 10), telle que la définition consolidée de l'épreuve la fixe pour la session 2024 et les suivantes. L'épreuve écrite dure 4 heures et compte pour un coefficient 16. Elle « consiste en une épreuve écrite composée de deux questions portant sur un texte relatif à l'un des thèmes du programme » — un seul texte, deux questions. L'une, « intitulée soit interprétation littéraire, soit interprétation philosophique, appelle un développement écrit exposant la compréhension et l'analyse d'un enjeu majeur du texte » ; l'autre, « appelée essai littéraire ou essai philosophique, conduit le candidat à rédiger une réponse étayée à une question soulevée par le texte ». Chaque question est notée sur 10 et la somme fait la note globale unique. Les deux développements sont d'ampleur comparable, rendus sur deux copies distinctes, corrigées séparément par un professeur de lettres et un professeur de philosophie. Les sujets nationaux précisent en tête : « L'usage de la calculatrice et du dictionnaire n'est pas autorisé. »

La structure réelle de l'épreuve écrite

La structure de l'épreuve écriteGraphe, Un seul texte → Interprétation 10 pts, Un seul texte → Essai 10 pts, Interprétation 10 pts → Orientation annoncée, Essai 10 pts → Orientation annoncée, Orientation annoncée → Deux copies distinctes, Deux copies distinctes → Une note sur 20Un seul texteInterprétation10 ptsEssai 10 ptsOrientationannoncéeDeux copiesdistinctesUne note sur 20
Fig. 10Définition consolidée de l'épreuve, en vigueur à compter de la session 2024 : un seul texte, deux exercices dont l'orientation est annoncée par l'intitulé, deux copies, une note unique.
Fig. 10 ↓
Deux points de méthode que les fiches anciennes se trompent régulièrement à énoncer. D'abord, l'appariement des orientations n'est pas figé : le texte officiel précise que « chacun de ces deux exercices relève tantôt d'une approche philosophique, tantôt d'une approche littéraire, selon ce qu'indique explicitement l'intitulé du sujet » — et le sujet national du 17 juin 2025 en donne la preuve, qui associait une interprétation philosophique à un essai littéraire. Ensuite, le programme d'examen n'est plus limitatif depuis la session 2024 : les six entrées de terminale sont évaluables. Enfin, pour le second groupe, l'épreuve orale de contrôle dure 20 minutes après 20 minutes de préparation ; le candidat répond « pendant un maximum de 10 minutes », le reste étant un entretien, et l'évaluation est globale sur l'éventail des notes de 0 à 20.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Interprétation (premier exercice)Développement écrit qui expose la compréhension et l'analyse d'un enjeu majeur du texte support ; noté sur 10.
  • Essai (second exercice)Réponse étayée à une question soulevée par le texte support, argumentée et illustrée ; noté sur 10.
  • Orientation disciplinaireMention « littéraire » ou « philosophique » que l'intitulé du sujet attribue à chacun des deux exercices ; elle n'est pas figée.
  • Période de référenceCadre chronologique de l'objet d'étude — du romantisme au XXe siècle — ouvert aux références antérieures.
  • Bibliographie indicativeListe d'illustration jointe au programme, sans caractère prescriptif : elle ne prédétermine pas les textes des sujets.
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Exemple corrigé

Conduite d'une épreuve complète en quatre heures

Support (décrit) : un extrait de la Lettre aux instituteurs adressée par Jules Ferry le 17 novembre 1883. Le ministre y explique à quoi engage la loi du 28 mars 1882 : elle écarte du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier et y place au premier rang l'enseignement moral et civique ; il en tire le partage « L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école », puis affirme qu'il s'agit de distinguer « celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous ». Sujet, dans la forme réelle de l'épreuve — Première partie, interprétation littéraire : par quels moyens cette lettre cherche-t-elle à obtenir l'adhésion de son destinataire ? Deuxième partie, essai philosophique : peut-on enseigner la morale sans imposer une doctrine ?

  1. 01Lire le texte deux fois avant de choisir un ordre

    La première lecture cherche le mouvement d'ensemble, la seconde relève ce qui servira chaque exercice : pour l'interprétation, les marques d'adresse et les procédés ; pour l'essai, la distinction conceptuelle entre croyances et connaissances. Comptez une trentaine de minutes. Traiter d'abord l'exercice que le texte soutient le mieux évite de commencer par le plus fragile.

  2. 02Construire l'interprétation autour d'un seul enjeu

    L'exercice demande l'analyse d'un enjeu majeur, pas un relevé exhaustif. Ici : comment une circulaire administrative se fait lettre. On étudiera l'adresse directe au singulier, le déplacement du ministre qui se met à la place de l'instituteur, la construction en deux temps d'une loi présentée comme non négative, et la clause qui limite le devoir — remplir « tout votre devoir et rien que votre devoir ». Chaque procédé doit être rapporté à l'effet visé : obtenir une adhésion, non une obéissance.

  3. 03Rédiger l'interprétation en respectant l'ampleur attendue

    Introduction brève qui situe le texte et annonce l'enjeu retenu ; deux ou trois mouvements d'analyse appuyés sur des citations courtes et exactes ; conclusion qui dit ce que l'analyse a établi. Les deux développements devant être d'ampleur comparable, on ne rédige pas ici une dissertation de quatre pages qui privera l'essai de son temps.

  4. 04Problématiser l'essai à partir du texte, non contre lui

    La question de l'essai naît du partage opéré par la lettre. Elle admet deux réponses : enseigner la morale suppose des contenus, donc une doctrine ; mais une morale enseignée comme une doctrine cesse d'être morale, puisqu'elle n'est plus jugée. La tension se formule alors ainsi : y a-t-il un contenu moral commun qui ne soit pas une croyance particulière ?

  5. 05Bâtir l'essai en trois mouvements argumentés

    Premier mouvement : toute morale enseignée transmet des valeurs, il n'y a donc pas de neutralité complète. Deuxième mouvement : la distinction de Ferry tient pourtant, car il existe des règles communes que nul ne peut ignorer sans nuire à autrui, et elles se justifient par des raisons accessibles à tous. Troisième mouvement : le critère décisif est le mode de transmission — une morale exposée avec ses raisons peut être discutée par l'élève, une morale imposée comme un dogme ne le peut pas. On retrouve le critère kantien de la contrainte légitime.

  6. 06Réserver le temps de la relecture et vérifier la matérialité

    Gardez quinze à vingt minutes. Vérifiez que chaque partie figure sur sa propre copie et qu'elle est clairement identifiée, puisque les deux sont corrigées séparément ; contrôlez l'exactitude des citations et des dates, qui pèsent lourd dans cette spécialité. Rappelez-vous que ni calculatrice ni dictionnaire ne sont autorisés : une orthographe incertaine se contourne, elle ne se vérifie pas.

Résultat : La conduite attendue est une répartition explicite : environ trente minutes de lecture et de préparation, deux blocs de rédaction d'ampleur comparable, quinze à vingt minutes de relecture. L'interprétation retient un enjeu unique — ici la transformation d'une circulaire en lettre destinée à emporter l'adhésion — et l'analyse par des procédés cités. L'essai part de la distinction entre croyances et connaissances pour aboutir à un critère : une morale peut être enseignée sans être imposée si elle est transmise avec ses raisons. Les deux copies sont séparées, identifiées, et chacune vaut 10 points.

Objectif Bac

  • Confronter, et non aligner : reliez deux œuvres par une notion commune — autorité, héritage, égalité — et dites ce que chacune fait à cette notion. Une liste de noms sans mise en rapport ne prouve rien.
  • Citer avec la date : « Vallès, L'Enfant, 1878 » vaut mieux que « Vallès ». La date situe l'œuvre dans la période de référence et montre que vous savez pourquoi elle relève de cette entrée.
  • Distinguer les deux exercices : l'interprétation part du texte pour en analyser un enjeu majeur, l'essai part d'une question soulevée par le texte pour y répondre de façon étayée. Confondre les deux fait perdre des points sur les deux copies.
  • Problématiser l'énoncé de l'essai avant d'y répondre : reformulez la question, montrez qu'elle admet deux réponses opposées et pourquoi, puis annoncez le trajet. Une réponse immédiate se lit comme une opinion.
  • Répartir le temps explicitement : deux développements d'ampleur comparable sur quatre heures, donc environ deux heures chacune, lecture du texte comprise. Une copie brillante et une copie bâclée font une note moyenne, puisque chaque question compte pour 10 points.

Erreurs fréquentes

  • Croire que l'interprétation est toujours littéraire et l'essai toujours philosophique. Le texte officiel dit l'inverse — l'orientation de chaque exercice est annoncée par l'intitulé du sujet — et la session 2025 a proposé une interprétation philosophique suivie d'un essai littéraire.
  • Écrire que le sujet donne deux textes, ou que chaque partie est notée sur 20. L'épreuve porte sur un seul texte, chaque question est notée sur 10, et la somme constitue la note globale unique. Ces trois erreurs se trouvaient encore dans des fiches en circulation.
  • Mentionner un programme limitatif ou un tirage au sort du semestre. Le programme d'examen limitatif est abrogé à compter de la session 2024, et les sujets réels des dernières sessions ont porté sur les deux semestres la même année : aucune entrée n'est à écarter.
  • Prendre la bibliographie du programme pour une liste d'œuvres au programme. Le texte officiel précise qu'elle est fournie « à titre d'illustration » et « ne prédétermine en aucun cas le choix des textes proposés » : réviser cette liste comme un corpus obligatoire est un contresens sur la nature de l'épreuve.
  • Traiter les fondateurs comme hors période et s'interdire de les citer. Rousseau, Kant et Condorcet figurent nommément dans la bibliographie de l'entrée, et le programme autorise les références aux périodes antérieures : l'erreur serait de les écarter, non de les mobiliser.

§ 05

Révision active

Choisissez dans la bibliographie de l'entrée une œuvre du XIXe siècle et une du XXe. Datez-les, formulez en une phrase la thèse que chacune soutient sur l'école, puis écrivez le paragraphe qui les fait dialoguer autour d'une seule notion — autorité, héritage ou égalité.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (annexe de l'arrêté du 19 juillet 2019) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Définition de l'épreuve terminale de la spécialité HLP — version consolidée en vigueur à compter de la session 2024 (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Éduquer : savoirs, apprentissage et formation de soi○
    • 02Transmettre : héritage, maîtres et disciples, autorité◐
    • 03Émanciper : instruction, esprit critique et autonomie de jugement●
    • 04Tensions et limites de l'éducation●
    • 05Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves◐

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Éducation, transmission et émancipation

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~55
min
5
Compétences
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Références et sources

Sources

Wikisource — Jean-Jacques Rousseau (1762)

  • Émile, ou De l'éducation — livre I (texte intégral, édition Houssiaux 1852-1853)
  • Émile, ou De l'éducation — livre II, où est posée la règle de l'éducation négative

Wikisource — Emmanuel Kant, trad. J. Barni

  • Traité de pédagogie — les leçons de 1803 publiées en français par Jules Barni (1855)

Wikisource — Jules Vallès (1878)

  • L'Enfant, chapitre 20 « Mes Humanités » (texte intégral)

Wikisource — Ernest Renan (Calmann-Lévy, 1883)

  • Souvenirs d'enfance et de jeunesse, chapitre III « Le petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet »

Wikisource — Emmanuel Kant

  • Réponse à cette question : Qu'est-ce que les lumières ? (1784), traduction de Jules Barni (1853)

Wikisource — Condorcet (Œuvres, Didot, 1847)

  • Sur l'instruction publique — premier mémoire, « Nature et objet de l'instruction publique » (1791)

Wikisource — Jules Ferry

  • Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 (texte intégral)

Persée — François Jacquet-Francillon

  • Principes et pratiques de l'« Éducation nouvelle » : des objets de recherche, Revue française de pédagogie, n° 153, 2005, p. 5-12

Éduscol — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (annexe de l'arrêté du 19 juillet 2019)
  • Définition de l'épreuve terminale de la spécialité HLP — version consolidée en vigueur à compter de la session 2024

Voir aussi

  • Les métamorphoses du moiCe qu'un individu devient à partir de ce qu'il a reçu : la formation de soi vue du côté du moi.
  • Les expressions de la sensibilitéL'autre chapitre de « La recherche de soi » : éduquer suppose une idée de ce que sentir veut dire.
  • Les pouvoirs de la paroleLa parole du maître, sa légitimité et ses abus, sont d'abord travaillées là.

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Les représentations du monde

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Les expressions de la sensibilité

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