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Fiches/Anglais (LVA)/Le Royaume-Uni et ses nations
FR · Bac

Le Royaume-Uni et ses nations

« Le Royaume-Uni et ses nations » est l’axe 6 du programme de terminale, et le seul que le texte rende OBLIGATOIRE : cinq axes sur six doivent être traités dans l’année, « dont obligatoirement l’axe 6 ». Le programme en fixe les questions directrices : comment les relations entre les différentes nations composant le Royaume-Uni ont-elles évolué ? comment les identités individuelles et collectives se définissent-elles par rapport aux nations ? quels sont les vecteurs d’union ? Quatre objets d’étude sont proposés à titre indicatif — « Un Royaume toujours uni ? », « La BBC, vecteur de soft power britannique ? », « Glasgow et Édimbourg : deux visages de l’Écosse en mutation », « L’Irlande du Nord : identités plurielles ? » — et les cinq sections qui suivent les couvrent tous, après avoir posé le vocabulaire exact que presque tous les francophones confondent. Comme tout l’enseignement de LVA, cet axe vise le niveau B2 du CECRL et il est évalué EN CONTRÔLE CONTINU, par les moyennes portées au livret scolaire, avec un coefficient 3 en première et 3 en terminale, soit 6 sur l’ensemble du cycle terminal : l’objectif n’est donc pas de réciter une leçon d’histoire britannique, mais de COMPRENDRE des documents authentiques sur cet espace, d’y REPÉRER ce qui relève du fait et ce qui relève de la prise de position, et de PRODUIRE en anglais une argumentation nuancée sur une question dont les acteurs eux-mêmes débattent encore.

5 sections·~48 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 08/2026

T·131313 / 13
Profil d’examen
Comprendre des documents authentiques en anglais britannique portant sur les quatre nations (articles de presse, discours, archives audiovisuelles, témoignages, documents institutionnels) et en dégager le sens au niveau B2, en distinguant les faits des points de vue — réception orale et écrite.Maîtriser et employer sans erreur le vocabulaire institutionnel et géographique du Royaume-Uni (England, Great Britain, the United Kingdom, the British Isles, devolution, reserved / devolved matters, unionist, nationalist) et savoir que le choix des mots y est déjà une prise de position.Analyser comment un document construit une identité nationale ou la conteste : repérer le point de vue, les procédés (dénomination, image, statistique, témoignage, accent), la source et son intention, et évaluer la fiabilité de ce qu’il avance.Produire, à l’oral en continu et à l’écrit, une argumentation nuancée sur une question politiquement vive (l’avenir de l’union, le statut de l’Irlande du Nord, le financement de la BBC) en exposant les positions en présence sans en épouser aucune, et en mobilisant les structures hypothétiques et concessives du niveau B2.Interagir et assurer la médiation : présenter à un tiers un contexte culturel britannique qu’il ne connaît pas, reformuler deux positions opposées de façon fidèle, expliciter une référence implicite et dégager, le cas échéant, des pistes d’entente.
Opérateurs :comprendre (réception orale et écrite, niveau B2)décrire et situer (un lieu, une institution, une frontière)analyser (point de vue, dénomination, procédés d’un document)comparer et opposer (deux nations, deux villes, deux lectures d’un même fait)argumenter (produire une opinion nuancée à l’écrit et à l’oral)rendre compte / reformuler (médiation de deux positions opposées)

niveau de base

Cet axe relève de l’enseignement COMMUN d’anglais (LVA), évalué en contrôle continu, et il est OBLIGATOIRE en terminale. Commencez par la section 1 : tant que England, Great Britain, the United Kingdom et the British Isles ne sont pas des termes distincts pour vous, aucun document de l’axe ne peut être compris correctement. Fixez ensuite les repères datés (1707, 1801, 1921, 1998, 1999, 2014, 2016, 2023) et le vocabulaire institutionnel (devolution, reserved / devolved, unionist / nationalist, licence fee). Entraînez-vous enfin à restituer en anglais correct un document court sur une des quatre nations, en attribuant chaque opinion à celui qui la porte.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (élève de spécialité LLCER-anglais ou candidat au Grand oral) : reliez plusieurs sections en une problématique unique — « What holds the United Kingdom together? », « Can a state be held together by a broadcaster? », « Is Northern Ireland a British or an Irish place? » — et appuyez-vous sur des sources primaires (le texte de l’accord de 1998, la charte royale de la BBC, les actes d’union sur legislation.gov.uk) plutôt que sur des résumés. Travaillez la médiation, qui est la compétence la plus rentable ici : savoir exposer fidèlement deux positions inconciliables vaut mieux qu’en défendre une brillamment. Attention : la spécialité LLCER comporte une épreuve terminale propre, distincte de la LVA — ne confondez pas les deux exigences.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Le Royaume-Uni et ses nations
    • 01Quatre nations, un royaume : le vocabulaire exact○
    • 02Dévolution : un royaume toujours uni ?◐
    • 03L’Irlande du Nord : identités plurielles◐
    • 04Glasgow et Édimbourg : deux visages de l’Écosse◐
    • 05La BBC, vecteur de soft power britannique ?●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Quatre nations, un royaume : le vocabulaire exact#

~9 min de lecture●○○BaseBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-6-Le-Royaume-Uni-et-ses-nations

England, Great Britain, the United Kingdom, the British Isles

L’emboîtement des quatre termescercles concentriques, 4 anneaux, Données: England, Great Britain, United Kingdom, British IslesBritish IslesUnited KingdomGreat BritainEngland
Fig. 1Quatre cercles emboîtés : chaque terme contient le précédent. Seul le troisième anneau désigne un État souverain ; la République d’Irlande se situe dans l’anneau extérieur, hors du Royaume-Uni.

Points clés

L’axe 6, « Le Royaume-Uni et ses nations », est le seul axe que le programme de terminale rend OBLIGATOIRE : cinq axes sur six doivent être traités dans l’année, « dont obligatoirement l’axe 6 ». Le programme justifie ce statut : « Avec une focale consacrée au Royaume-Uni, l’axe 6 favorise une mise en perspective des connaissances acquises tout au long de la scolarité et invite à porter un regard nuancé sur la réalité de cet espace en constante évolution. » Or ce regard nuancé commence par un point très concret, et c’est celui que presque tous les francophones ratent : savoir ce que désignent exactement England, Britain, Great Britain, the United Kingdom et the British Isles. Ce ne sont pas cinq synonymes élégants ; ce sont cinq objets différents — une nation, une île, un État, un archipel — et confondre le premier avec le troisième revient, vu de Londres, à appeler « la France » la seule Île-de-France. Nommer, ici, est déjà un acte politique.
Voici l’emboîtement, du plus petit au plus grand. England est l’une des quatre nations, celle de Londres, avec ses propres institutions absentes (elle n’a ni parlement ni gouvernement propres — voir la section suivante). Great Britain est d’abord une ÎLE, la plus grande de l’archipel, et par extension l’ensemble Angleterre + Écosse + pays de Galles. The United Kingdom est l’ÉTAT souverain, dont le nom complet est the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland : la Grande-Bretagne plus l’Irlande du Nord. The British Isles est un terme de GÉOGRAPHIE qui englobe aussi la République d’Irlande, État souverain indépendant depuis 1922 et membre de l’Union européenne — beaucoup d’Irlandais récusent d’ailleurs cette appellation et lui préfèrent these islands ou Britain and Ireland. Retenez la conséquence pratique : un Écossais est British mais pas English ; un Dublinois n’est ni l’un ni l’autre.
Cet emboîtement n’est pas une curiosité de vocabulaire : il est le sédiment de quatre textes que l’on peut lire en ligne sur legislation.gov.uk, le site des Archives nationales britanniques. Les Laws in Wales Acts de 1535 et 1542 annexent le pays de Galles au royaume d’Angleterre et imposent l’anglais dans les tribunaux gallois. L’Union with England Act 1707, voté par le Parlement d’Écosse, dispose à son article premier que « the Two Kingdoms of Scotland and England shall upon the first day of May next ensuing the date hereof and forever after be United into One Kingdom by the Name of Great Britain » : la Grande-Bretagne naît le 1ᵉʳ mai 1707. L’Union with Ireland Act 1800 ajoute l’Irlande « upon the first day of January […] one thousand eight hundred and one […] by the name of the United Kingdom of Great Britain and Ireland ». Enfin, après la partition de l’île d’Irlande, le Royal and Parliamentary Titles Act 1927 (12 avril 1927) fixe le nom actuel : « In every public document issued after the passing of this Act the expression “United Kingdom” shall, unless the context otherwise requires, mean Great Britain and Northern Ireland. » Quatre textes, quatre unions, un nom qui a changé trois fois.
Le drapeau raconte la même histoire, et son absence la raconte encore mieux. Le site officiel de la monarchie (royal.uk) décrit l’Union Flag comme la superposition de trois croix : « St George’s Cross », croix rouge sur fond blanc pour l’Angleterre ; « St Andrew’s Cross », sautoir blanc sur fond bleu pour l’Écosse ; « St Patrick’s Cross », sautoir rouge sur fond blanc pour l’Irlande. Le premier drapeau d’union date de 1606, le dessin actuel de 1801. Le dragon gallois n’y figure pas, et la page royale en donne la raison : « when the first Union Flag was created in 1606, the Principality of Wales by that time was already united with England ». Un élève qui repère cette absence et sait l’expliquer tient à lui seul un excellent début de commentaire de document iconographique.
Trois pièges de langue à corriger une fois pour toutes. D’abord, England ≠ Britain : on dit the British government, the British Prime Minister, the British economy — jamais the English government. Ensuite, l’adjectif écossais : Scottish est le mot courant (a Scottish accent, Scottish law), Scots s’emploie pour le droit, la langue et les personnes (Scots law, a Scotsman), et Scotch ne s’utilise plus que pour le whisky, les œufs et le ruban adhésif — appeler quelqu’un Scotch est perçu comme une faute, voire une impolitesse. Enfin, un vrai faux ami : Britain n’est pas la Bretagne. La Bretagne française se dit Brittany, et un Breton est a Breton ; le rapprochement n’est pas fortuit (les deux régions partagent une origine brittonique), ce qui rend le calque d’autant plus tentant et d’autant plus visible à la correction.
Méthode B2, enfin, car le programme attend en terminale que vous sachiez « distinguer dans les énoncés ce qui relève de l’information et de la prise de position de l’auteur ». Sur un espace dont les frontières sont discutées, le vocabulaire choisi par un locuteur EST une prise de position : the British Isles ou these islands, the mainland ou Great Britain, Derry ou Londonderry. En production, deux réflexes suffisent à passer d’une copie plate à une copie nuancée : attribuer plutôt qu’affirmer (unionists describe it as… / for many nationalists, however…) et employer les modulateurs (arguably, to some extent, what is now called). Vous ne dissimulez pas votre opinion, vous montrez que vous savez d’où parle chaque source.

Vocabulaire

→ Cartes
  • the United Kingdom/ðə juːˌnaɪtɪd ˈkɪŋdəm/le Royaume-Uni (nom complet : of Great Britain and Northern Ireland)Toujours avec l’article. Abrégé « the UK » ; l’adjectif correspondant est British, jamais English.
  • Great Britain/ˌɡreɪt ˈbrɪtn/la Grande-Bretagne (l’île : Angleterre, Écosse, pays de Galles)N’inclut pas l’Irlande du Nord. Ne pas confondre avec Brittany, la Bretagne française.
  • the British Isles/ðə ˌbrɪtɪʃ ˈaɪlz/les îles Britanniques (l’archipel, République d’Irlande comprise)Terme géographique contesté en Irlande ; « these islands » ou « Britain and Ireland » sont des alternatives neutres.
  • a constituent country/ə kənˈstɪtjuənt ˈkʌntri/une nation constitutive (du Royaume-Uni)Formule administrative utile pour parler des quatre nations sans trancher le débat sur le mot « country ».
  • the Union Flag/ðə ˈjuːnjən flæɡ/le drapeau de l’Union (couramment : the Union Jack)Union Jack est le nom populaire ; la forme actuelle date de 1801 et ne comporte aucun symbole gallois.
  • to be united into one kingdom/tə bi juˈnaɪtɪd ˈɪntuː wʌn ˈkɪŋdəm/être uni en un seul royaumeFormule de l’Acte d’Union de 1707 ; utile pour citer un texte fondateur à l’écrit.
  • Scottish/ˈskɒtɪʃ/écossais, écossaisePour la personne : a Scotsman, a Scotswoman, the Scots. Scotch ne s’emploie plus que pour le whisky, les Scotch eggs et le Scotch tape.

L’île d’Irlande et le Royaume-Uni

Géographie et souveraineté ne se superposent pasDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Île d’Irlande, Royaume-UniÎle d’IrlandeRoyaume-UniRépublique d’Irlande26Grande-BretagneIrlande du Nord6
Fig. 2Deux ensembles qui se recouvrent partiellement : l’île d’Irlande (géographie) et le Royaume-Uni (État). Les nombres sont ceux des comtés — 26 pour la République, 6 pour l’Irlande du Nord.
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Exemple corrigé

Reformuler un titre de presse imprécis

Document : un magazine francophone titre « L’Angleterre a voté pour quitter l’Europe ». Question (style Bac) : Explain in English why this headline is inaccurate, and rewrite it.

  1. 01Identifier le terme fautif

    Le titre attribue à « England » une décision prise par l’État. Or c’est le Royaume-Uni, et lui seul, qui était membre de l’Union européenne et qui l’a quittée : England is a nation within the UK, but it is the United Kingdom that was the member state.

  2. 02Montrer que les nations n’ont pas voté pareil

    L’imprécision efface un fait décisif : le vote de 2016 a divergé selon les nations. L’Angleterre et le pays de Galles ont majoritairement voté Leave, l’Écosse et l’Irlande du Nord majoritairement Remain. Dire « England » gomme précisément ce qui rend l’événement intéressant.

  3. 03Réécrire avec le terme juste

    The United Kingdom voted to leave the European Union — although Scotland and Northern Ireland voted to remain. Le tiret et la concession restituent en une phrase l’information et la nuance.

Résultat : Une bonne réponse repère le glissement England / the UK, l’explique par la différence entre une nation et un État membre, ajoute que les quatre nations n’ont pas voté de la même manière, et propose une réécriture en anglais correct comportant une concession (although…). Elle ne se contente pas de dire « c’est faux » : elle dit pourquoi l’erreur appauvrit l’information.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : définir en anglais, en une phrase chacun et sans hésiter, England, Great Britain, the United Kingdom, the British Isles et the Republic of Ireland, en précisant à chaque fois s’il s’agit d’une nation, d’une île, d’un État ou d’un archipel.
  • Objectif Bac : dater et nommer en anglais les quatre textes de l’union (Laws in Wales Acts 1535-1542, Union with Scotland 1707, Union with Ireland 1801, Royal and Parliamentary Titles Act 1927) et expliquer pourquoi le nom de l’État a changé en 1927.
  • Objectif Bac : commenter l’Union Flag en reliant chaque croix à sa nation et en expliquant l’absence galloise — un exercice d’analyse iconographique attendu à l’écrit comme à l’oral.
  • Objectif Bac : corriger à l’oral, sans être repris, l’emploi d’England pour the UK et de Scotch pour Scottish, y compris quand l’erreur figure dans le document de départ.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : restituer en anglais l’idée qu’un choix de mots peut être un choix politique, en illustrant par un couple de dénominations concurrentes (the British Isles / these islands, Derry / Londonderry).

Erreurs fréquentes

  • Écrire ou dire « England » pour parler de l’État : England left the European Union est faux, c’est the United Kingdom qui a quitté l’Union européenne. La formule juste est the UK ou Britain dans le registre courant, jamais England.
  • Employer Scotch comme adjectif de nationalité : a Scotch man, Scotch people sont fautifs et mal perçus. On écrit a Scotsman / a Scotswoman, Scottish people, the Scots ; Scotch est réservé au whisky (Scotch whisky), aux Scotch eggs et au Scotch tape.
  • Traduire « la Bretagne » par Britain : c’est Brittany. Inversement, Great Britain n’est pas « la Grande-Bretagne française » mais l’île. Le faux ami se repère à l’adjectif : Breton (breton) contre British (britannique).
  • Ajouter un article devant les noms de nations : the England, the Scotland, the Wales sont incorrects. En revanche l’article est obligatoire devant the United Kingdom, the UK, the British Isles et the Republic of Ireland, parce que ces noms comportent un nom commun.
  • Croire que la République d’Irlande fait partie du Royaume-Uni parce qu’elle figure dans « the British Isles » : elle en est indépendante depuis 1922, possède sa propre constitution et est restée dans l’Union européenne après 2020. Confondre les deux rend inintelligible toute la question nord-irlandaise.

§ 01

Révision active

Un touriste francophone écrit sur un forum : « I spent a week in England — Edinburgh, Cardiff and Belfast were beautiful. » Rédige en anglais (B2, 12-15 lignes) une réponse courtoise qui corrige la formulation, explique l’emboîtement des quatre termes et indique dans quelle nation se trouve chacune des trois villes citées. Emploie au moins trois marqueurs de nuance (actually, strictly speaking, what you probably mean is…).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Union with England Act 1707, article I : « the Two Kingdoms of Scotland and England shall upon the first day of May next ensuing the date hereof and forever after be United into One Kingdom by the Name of Great Britain » (The National Archives — legislation.gov.uk) · Royal and Parliamentary Titles Act 1927, section 2 : « the expression “United Kingdom” shall […] mean Great Britain and Northern Ireland » (The National Archives — legislation.gov.uk) · The Union Jack : les trois croix (St George, St Andrew, St Patrick) et l’explication officielle de l’absence du dragon gallois (The Royal Family — royal.uk)

§ 02
§ 02

Dévolution : un royaume toujours uni ?#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-6-Le-Royaume-Uni-et-ses-nations

Cinq siècles d’union et de dévolution

Les textes de l’union et de la dévolutionFrise chronologique de 1500 à 2030, 1535: Laws in Wales Acts, 1707: Union Écosse, 1801: Union Irlande, 1921: Partition, 1927: Nouveau nom officiel, 1999: Dévolution, 2014: Référendum écossais, 2016: Référendum UE, 2023: Windsor Framework150020301535Laws in WalesActs1707Union Écosse1801Union Irlande1921Partition1927Nouveau nomofficiel1999Dévolution2014Référendumécossais2016Référendum UE2023WindsorFramework
Fig. 3De l’annexion du pays de Galles au Windsor Framework : les textes qui ont fait, puis redistribué, le Royaume-Uni. L’année 1999 est mise en relief comme point de bascule.

Points clés

« Un Royaume toujours uni ? » est le premier objet d’étude que le programme propose pour cet axe, et le point d’interrogation est le sujet lui-même. Depuis 1999, le Royaume-Uni n’est plus gouverné depuis un seul endroit : l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord disposent chacun d’une assemblée élue et d’un gouvernement propre. On appelle ce transfert la devolution, et le mot est mal traduit par « fédéralisme ». Dans un État fédéral, les compétences des régions sont garanties par une constitution que le centre ne peut pas modifier seul. Ici, Westminster reste juridiquement souverain : il a créé les institutions dévolues par des lois ordinaires et pourrait, en droit, les modifier ou les supprimer de la même façon. La dévolution est un prêt, pas un partage — et c’est cette asymétrie qui alimente la question du programme.
La chronologie tient en trois moments. En septembre 1997, deux référendums approuvent la création d’un Parlement écossais et d’une Assemblée galloise ; le contraste entre les deux est parlant, puisque le Senedd rappelle sur son propre site qu’un premier référendum gallois, en 1979, avait rejeté la dévolution « by a margin of nearly 4 to 1 », et que celui de 1997 est passé « by just 6,721 votes ». En 1998, le Parlement britannique vote le Scotland Act, le Government of Wales Act et le Northern Ireland Act. En 1999, les institutions se mettent en place : le Parlement écossais tient sa première séance le 12 mai 1999. La dévolution a continué de s’approfondir depuis : un troisième référendum gallois, en 2011, a doté l’Assemblée du plein pouvoir législatif dans ses domaines, et en 2020 elle a pris le nom de Senedd Cymru / Welsh Parliament.
Le mécanisme se lit dans une seule loi et il est contre-intuitif. Le Scotland Act 1998 ne dresse PAS la liste de ce que l’Écosse peut faire : il dresse celle de ce qu’elle ne peut pas faire. Son annexe 5 énumère les reserved matters, tout le reste étant automatiquement devolved. La partie I réserve « the Constitution », « Foreign affairs », « Defence », « Treason » ; la partie II ajoute des rubriques thématiques, de « Financial and Economic Matters » à « Media and Culture » — dont la radiodiffusion, ce qui explique que la BBC relève de Londres et non d’Édimbourg. À l’inverse, la santé, l’éducation, l’environnement, le logement et la culture sont dévolus. Deux conséquences que l’on oublie souvent : le système judiciaire écossais est resté distinct depuis 1707 et n’a jamais eu besoin d’être « dévolu » ; et l’Angleterre, elle, n’a ni parlement ni gouvernement propres — c’est ce qu’on appelle la West Lothian question.
Le 18 septembre 2014, l’Écosse a voté sur une question tranchée : Should Scotland be an independent country? Le « non » l’a emporté avec 55,3 % contre 44,7 %, pour une participation de 84,6 %, la plus forte jamais enregistrée au Royaume-Uni pour un scrutin depuis 1910. Le sujet reste vif, et c’est exactement le genre de question sur laquelle une copie doit exposer les positions sans en épouser aucune. Les indépendantistes soutiennent que l’Écosse a besoin de tous les leviers d’un État et invoquent le changement de circonstances depuis 2014 ; les unionistes répondent que le référendum avait été présenté comme une décision d’une génération et mettent en avant l’intégration économique et budgétaire des deux pays. En anglais, la manière de le dire compte autant que le contenu : supporters of independence argue that… / unionists, by contrast, point out that….
Le 23 juin 2016 a fourni au débat sa donnée la plus citée. Sur l’ensemble du Royaume-Uni, le Leave l’emporte avec 51,9 % des suffrages contre 48,1 %, pour une participation de 72,2 %. Mais, comme le résume la House of Commons Library, « Leave won 51.9% of the vote across the UK, including 53.4% in England, 52.5% in Wales, 44.2% in Northern Ireland and 38.0% in Scotland » : deux nations sur quatre ont voté majoritairement Remain, l’Écosse à 62 % et l’Irlande du Nord à 55,8 %. Ce n’est pas une nuance statistique, c’est un argument politique constamment mobilisé : pour les uns, il prouve qu’un referendum à l’échelle de l’État peut imposer à une nation le contraire de son vote ; pour les autres, le référendum était par nature britannique et son résultat, unique.
Côté langue, cet axe est le terrain d’entraînement idéal pour un descripteur B2 explicite du programme : « Exprimer avec aisance différentes modalités de la condition (irréel, conditionnel) ». Parler d’un référendum, c’est parler de ce qui aurait pu être — if Scotland had voted Yes in 2014, it would have had to negotiate its currency ; had the result been reversed, the UK would look very different today. Ajoutez-y le vocabulaire technique, qui doit être employé avec précision : to devolve powers, a reserved matter, a devolved administration, to hold a referendum, the franchise, turnout, a majority of the votes cast. Une copie qui écrit the Scottish Parliament is independent commet une erreur de fond ; une copie qui écrit the Scottish Parliament has devolved powers over health and education montre qu’elle a compris le dispositif.

Vocabulaire

→ Cartes
  • devolution/ˌdiːvəˈluːʃn/la dévolution (transfert de compétences à une nation)Ne se traduit pas par « décentralisation » dans ce contexte, et ne signifie jamais l’indépendance.
  • a reserved matter/ə rɪˈzɜːvd ˈmætə/une compétence réservée (à Westminster)Terme de l’annexe 5 du Scotland Act 1998 ; son opposé est a devolved matter.
  • to hold a referendum/tə həʊld ə ˌrefəˈrendəm/organiser un référendumCollocation obligatoire : on ne dit pas « to organise a referendum ». Pluriel usuel : referendums.
  • turnout/ˈtɜːnaʊt/le taux de participationNom indénombrable : *turnout was 84.6%*. « Participation rate » est un calque à éviter.
  • the devolved administrations/ðə dɪˈvɒlvd ədˌmɪnɪˈstreɪʃnz/les gouvernements dévolus (Édimbourg, Cardiff, Belfast)Formule officielle britannique ; utile pour désigner les trois exécutifs d’un seul mot.
  • a devolution settlement/ə ˌdiːvəˈluːʃn ˈsetlmənt/l’architecture de la dévolution (le régime propre à chaque nation)Le mot settlement dit bien qu’il s’agit d’un compromis évolutif, pas d’une constitution figée.
  • to break away from/tə ˈbreɪk əweɪ frəm/faire sécession de, se séparer deRegistre journalistique. Plus neutre : to leave the Union, to become independent.

Reserved / devolved : qui décide de quoi

Ce que la loi réserve, ce qu’elle laisseArbre de probabilité, 10 chemins, Données: réservées → Constitution; réservées → Défense; réservées → Affaires étrangères; réservées → Immigration; réservées → Radiodiffusion; dévolues → Santé; dévolues → Éducation; dévolues → Environnement; dévolues → Logement; dévolues → Culture et tourismeréservéesdévoluesWestminsterAssemblées dévoluesCompétencesConstitutionDéfenseAffaires étrangèresImmigrationRadiodiffusionSantéÉducationEnvironnementLogementCulture et tourisme
Fig. 4D’après l’annexe 5 du Scotland Act 1998 : la loi liste les compétences réservées, et tout ce qui n’y figure pas est dévolu. La branche réservée est mise en relief parce que c’est elle qui est limitative.

Le référendum de 2016 nation par nation

Référendum de 2016 : le vote par nationDiagramme en colonnes: % des suffrages exprimés, Données: Remain · Angleterre: 46.6; Remain · Pays de Galles: 47.5; Remain · Écosse: 62; Remain · Irlande du Nord: 55.8; Leave · Angleterre: 53.4; Leave · Pays de Galles: 52.5; Leave · Écosse: 38; Leave · Irlande du Nord: 44.2010203040506070AngleterrePays deGallesÉcosseIrlande duNord46.653.447.552.5623855.844.2% des suffrages exprimésRemainLeave
Fig. 5Référendum du 23 juin 2016 sur l’appartenance à l’Union européenne, part des suffrages exprimés. Source : House of Commons Library, « Analysis of the EU Referendum results 2016 », d’après les résultats de l’Electoral Commission.
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Exemple corrigé

Lire un graphique de résultats par nation

Document : le diagramme du référendum de 2016 par nation (Angleterre 46,6 % Remain, pays de Galles 47,5 %, Écosse 62,0 %, Irlande du Nord 55,8 %). Question (style Bac) : What does this chart reveal about the United Kingdom, and why is it politically significant?

  1. 01Décrire avant d’interpréter

    On commence par le fait brut, en anglais et sans jugement : the chart shows that two of the four nations voted to remain — Scotland by 62% and Northern Ireland by 55.8% — while England and Wales voted to leave by narrower margins. Un chiffre cité doit toujours être rattaché à sa nation.

  2. 02Nommer ce que la moyenne cache

    L’intérêt du document est précisément qu’il défait un agrégat : the UK-wide figure of 51.9% conceals a divergence between the four nations. C’est la différence entre lire un chiffre et lire un graphique.

  3. 03Exposer les deux lectures politiques

    Deux camps en tirent des conclusions opposées, et une bonne copie donne les deux : for supporters of independence, it shows that Scotland can be taken out of an institution against its own majority; for unionists, the referendum was a UK-wide vote and its result cannot be broken down nation by nation.

Résultat : Une bonne réponse décrit d’abord les données avec les bons chiffres rattachés aux bonnes nations, formule ensuite ce que la moyenne britannique dissimule, puis expose les deux interprétations politiques sans en adopter une. Elle emploie un lexique précis (to vote to remain / to leave, a margin, UK-wide) et cite la source du document plutôt que de présenter les chiffres comme allant de soi.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : définir la devolution en anglais et la distinguer explicitement du fédéralisme et de l’indépendance, en une réponse orale de deux minutes.
  • Objectif Bac : citer les trois lois de 1998 et la date de la première séance du Parlement écossais (12 mai 1999), et expliquer pourquoi l’Angleterre n’a pas d’assemblée propre.
  • Objectif Bac : classer une compétence donnée (santé, défense, radiodiffusion, immigration, éducation) en reserved ou devolved et justifier en s’appuyant sur le principe « tout ce qui n’est pas réservé est dévolu ».
  • Objectif Bac : restituer en anglais le résultat du référendum écossais de 2014 (55,3 % / 44,7 %, participation 84,6 %) et celui de 2016 par nation, sans confondre les deux scrutins.
  • Objectif Bac : exposer, en une argumentation nuancée à l’écrit, les positions unioniste et indépendantiste sur l’avenir de l’Écosse, sans prendre parti et en employant des structures hypothétiques.

Erreurs fréquentes

  • Confondre dévolution et indépendance : le Parlement écossais exerce des compétences DÉVOLUES par une loi de Westminster. Écrire Scotland became independent in 1999 est faux ; la formule juste est Scotland gained a devolved parliament in 1999.
  • Croire que le Scotland Act 1998 énumère les pouvoirs de l’Écosse : il énumère les reserved matters (annexe 5), et tout le reste est dévolu par défaut. L’inversion conduit à répondre à côté sur n’importe quelle question de répartition des compétences.
  • Employer to control là où l’anglais institutionnel emploie to devolve ou to reserve : London controls defence est vague ; defence is a reserved matter est le terme du texte. Le verbe précis vaut des points à l’oral comme à l’écrit.
  • Calquer « organiser un référendum » en to organise a referendum : l’anglais courant dit to hold a referendum (a referendum was held in 2014). De même « le taux de participation » est turnout, jamais participation rate.
  • Écrire que « le Royaume-Uni a voté à 52 % pour le Brexit » sans mentionner la divergence par nation : le chiffre agrégé est exact (51,9 %) mais il masque le fait que l’Écosse et l’Irlande du Nord ont voté Remain, qui est justement l’objet du débat sur l’union.

§ 02

Révision active

Un camarade affirme : « Since Scotland has its own parliament, it is basically an independent country. » Rédige en anglais (B2, 15-18 lignes) une réfutation argumentée : définis la devolution, montre ce que Westminster garde, rappelle le référendum de 2014 et conclus sur ce qui distingue une nation dévolue d’un État souverain. Emploie au moins deux structures hypothétiques.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Scotland Act 1998, annexe 5 : les reserved matters, de la partie I (Constitution, Foreign affairs, Defence) aux rubriques A à L de la partie II (The National Archives — legislation.gov.uk) · History of devolution : les référendums de 1979, 1997 et 2011, le Government of Wales Act 1998 et le passage à Senedd Cymru en 2020 (Senedd Cymru / Welsh Parliament) · History of the Scottish Parliament : de la fermeture du Parlement d’Écosse en 1707 à la première séance du Parlement rétabli, le 12 mai 1999 (The Scottish Parliament)

§ 03
§ 03

L’Irlande du Nord : identités plurielles#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-6-Le-Royaume-Uni-et-ses-nations

L’architecture de l’accord de 1998

Trois volets et un principeGraphe, Accord du Vendredi saint (1998) → Volet 1 : partage du pouvoir, Accord du Vendredi saint (1998) → Volet 2 : lien Nord-Sud, Accord du Vendredi saint (1998) → Volet 3 : lien Est-Ouest, Accord du Vendredi saint (1998) → Principe du consentementAccord duVendredi saint(1998)Volet 1 :partage dupouvoirVolet 2 : lienNord-SudVolet 3 : lienEst-OuestPrincipe duconsentement
Fig. 6L’accord de Belfast, dit du Vendredi saint (10 avril 1998), tient sur trois volets institutionnels — les institutions de Belfast, le conseil ministériel Nord-Sud avec Dublin, le conseil britannico-irlandais — et un principe : le statut du territoire ne change qu’avec le consentement de sa population.

Points clés

« L’Irlande du Nord : identités plurielles ? » est l’objet d’étude qui rend l’axe 6 indispensable, parce qu’il oblige à penser l’identité au pluriel là où l’école apprend souvent à la penser au singulier. Un habitant de Belfast peut se dire British, Irish, Northern Irish, plusieurs de ces choses à la fois, ou aucune. Depuis 1998 il peut détenir un passeport britannique, un passeport irlandais ou les deux. Le territoire est en même temps une nation du Royaume-Uni et une partie de l’île d’Irlande, et c’est le seul endroit d’Europe où une frontière entre l’Union européenne et un pays tiers traverse une île sans que personne ne veuille la voir. Toute la difficulté du sujet — et son intérêt — tient à ce que les catégories y sont superposées, pas alignées.
Le point de départ est une partition. Le Government of Ireland Act 1920, entré en vigueur le 3 mai 1921, divise l’île en deux entités dotées chacune d’un parlement : « Northern Ireland », six comtés du nord-est, et « Southern Ireland », les vingt-six autres. Le Sud refuse le dispositif ; le traité anglo-irlandais de décembre 1921 débouche sur l’État libre d’Irlande en 1922, dont l’Irlande du Nord se retire aussitôt pour rester dans le Royaume-Uni. C’est cette sortie qui impose en 1927 le nom que porte encore l’État : the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland. La frontière tracée en 1921 n’a jamais été redessinée, et elle est redevenue l’objet central du débat un siècle plus tard, après 2016.
De la fin des années 1960 à 1998, le conflit qu’on appelle par litote the Troubles fait plusieurs milliers de morts. Il prend fin — politiquement — le 10 avril 1998 avec l’accord que le gouvernement britannique nomme officiellement the Belfast Agreement, « also known as the Good Friday Agreement ». Son architecture repose sur trois volets : le premier crée les institutions nord-irlandaises et impose le partage du pouvoir entre les deux communautés ; le deuxième organise la coopération Nord-Sud avec Dublin ; le troisième relie les îles britanniques et l’Irlande. S’y ajoute le principe du consentement : le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord ne peut changer qu’avec l’accord de la majorité de sa population. L’accord a été ratifié le 22 mai 1998 par deux référendums simultanés — 71,1 % de oui en Irlande du Nord pour une participation de 81,1 %, 94,4 % de oui en République d’Irlande.
Le vocabulaire de l’identité doit être manié avec précision, parce qu’il n’est jamais neutre. Les unionists (dont les loyalists, plus radicaux) veulent le maintien dans le Royaume-Uni ; les nationalists (dont les republicans) souhaitent une Irlande réunifiée ; une part croissante de la population se dit neither. Les signes de cette division sont inscrits dans la ville : les murals peints sur les pignons, les drapeaux, et surtout les peace walls, ces murs de séparation érigés pendant les Troubles. Le programme lui-même en donne un exemple, dans son modèle de description spatiale au niveau B2 : « Around the Falls Road to the west is the main nationalist area. Tourists visit to see the murals dating from The Troubles. There is a peace wall between this area and the unionist Shankill Road area. » En 2013, la stratégie Together: Building a United Community fixait l’objectif de les retirer tous pour 2023 ; l’échéance est passée et beaucoup sont toujours debout. Même la toponymie est double : la deuxième ville s’appelle Derry pour les uns, Londonderry pour les autres.
Le Brexit a rouvert la question, parce que l’Irlande du Nord a voté Remain à 55,8 % et parce qu’une frontière devait bien réapparaître quelque part. La rétablir sur l’île aurait heurté l’accord de 1998 ; la placer en mer d’Irlande revenait à distinguer l’Irlande du Nord du reste du Royaume-Uni. Le protocole nord-irlandais a choisi la seconde option, ce que les unionistes ont vécu comme un affaiblissement de leur place dans l’union. Le Windsor Framework, publié le 27 février 2023, révise ce dispositif. Entre-temps, les institutions de Belfast avaient cessé de fonctionner : suspendues en février 2022, elles n’ont été rétablies que le 3 février 2024, après deux ans de paralysie. L’épisode illustre exactement la mécanique de 1998 : dans un système de partage du pouvoir, le retrait d’un seul des deux camps suffit à tout arrêter.
En classe, ce sujet est l’occasion d’un travail de médiation, que le programme place au cœur de la terminale : « Rendre des informations ou des références sur un sujet courant ou un contexte culturel plus claires et plus explicites pour autrui en les paraphrasant de différentes manières. » Concrètement, cela veut dire savoir présenter deux positions opposées sans en trahir aucune. Trois outils suffisent : l’attribution (for unionists… / from a nationalist perspective…), la double dénomination (Derry, also known as Londonderry) et l’atténuation (what is often referred to as the Troubles). Le programme donne d’ailleurs lui-même un modèle de restitution culturelle prudente à propos de la Saint-Patrick : « Every year, on 17th March, some people in Northern Ireland celebrate St Patrick’s Day » — notez le some people, qui reconnaît que la fête n’est pas vécue de la même façon par tous.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a unionist/ə ˈjuːnjənɪst/un unioniste (partisan du maintien dans le Royaume-Uni)Distinct de loyalist, plus radical. Ne pas confondre avec le sens syndical du mot en anglais américain.
  • a nationalist/ə ˈnæʃnəlɪst/un nationaliste (partisan d’une Irlande réunifiée)Ici le mot n’a pas la connotation qu’il porte en français ; republican en est la variante plus radicale.
  • the Troubles/ðə ˈtrʌblz/le conflit nord-irlandais (années 1960-1998)Pluriel avec article obligatoire et verbe au pluriel : the Troubles were… C’est une litote, pas un euphémisme neutre.
  • a peace wall/ə ˈpiːs wɔːl/un mur de séparation (entre quartiers)Aussi peace line. Le programme officiel emploie l’expression dans son exemple de description de Belfast.
  • power-sharing/ˈpaʊə ˌʃeərɪŋ/le partage du pouvoir (entre les deux communautés)Mécanisme central du volet 1 de l’accord de 1998 : sans les deux camps, l’exécutif ne peut pas se former.
  • the principle of consent/ðə ˈprɪnsəpl əv kənˈsent/le principe du consentementLe statut du territoire ne change qu’à la majorité de sa population : à citer pour toute question sur la réunification.
  • a mural/ə ˈmjʊərəl/une fresque muraleFaux ami partiel : le français « mural » est un adjectif, l’anglais mural est un nom.
  • the border/ðə ˈbɔːdə/la frontièreEmployé seul en Irlande, le mot désigne toujours celle de 1921. « A hard border » = une frontière avec contrôles.

Les deux référendums du 22 mai 1998

La ratification de l’accord, des deux côtésDiagramme en colonnes: % des suffrages exprimés, Données: Oui · Irlande du Nord: 71.1; Oui · République d’Irlande: 94.4; Non · Irlande du Nord: 28.9; Non · République d’Irlande: 5.6020406080100Irlande duNordRépubliqued’Irlande71.128.994.45.6% des suffrages exprimésOuiNon
Fig. 7Ratification de l’accord : deux scrutins le même jour, de part et d’autre de la frontière. Participation : 81,1 % en Irlande du Nord, 55,6 % en République d’Irlande. Source : ARK, ressource commune à Queen’s University Belfast et Ulster University.
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Exemple corrigé

Rendre compte d’un fait sans prendre parti

Document (synthèse) : une brève de presse indique qu’à Belfast, un panneau touristique porte les deux noms d’une même ville, Derry / Londonderry, et qu’une association demande d’en retirer un. Question (style Bac) : Report the situation in English for a foreign reader, making the two positions clear.

  1. 01Nommer le fait sans le trancher

    On commence par la double dénomination, qui est elle-même l’information : the city is officially called Londonderry, but is widely known as Derry; the road sign carries both names. Choisir un seul nom, ici, serait déjà répondre.

  2. 02Attribuer chaque position

    Chaque demande est rattachée à qui la porte : those who campaign for the shorter form argue that it is the name most people actually use; those who defend the longer form see it as part of the city’s charter and of its place in the UK. On n’écrit jamais some say sans dire qui.

  3. 03Clore sans conclure

    Une brève de médiation se termine sur l’enjeu, pas sur un verdict : the dispute over a single word illustrates how, in Northern Ireland, naming is rarely neutral. La phrase informe le lecteur étranger sans lui souffler une opinion.

Résultat : Une bonne réponse donne les deux noms, attribue explicitement chaque argument à ceux qui le défendent, emploie un lexique de médiation (to be known as, to campaign for, to see something as), et se clôt sur ce que le cas révèle plutôt que sur ce qu’il faudrait décider. Elle reste en anglais clair et n’utilise aucun terme dépréciatif pour l’un des deux camps.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : dater et expliquer en anglais la partition (Government of Ireland Act 1920, entrée en vigueur le 3 mai 1921) et dire pourquoi le nom de l’État a changé en 1927.
  • Objectif Bac : présenter l’accord du Vendredi saint du 10 avril 1998 par ses trois volets et son principe du consentement, sans se limiter à « il a mis fin au conflit ».
  • Objectif Bac : distinguer avec exactitude unionist, loyalist, nationalist et republican, et savoir qu’une partie de la population ne se reconnaît dans aucune de ces catégories.
  • Objectif Bac : expliquer en anglais pourquoi le Brexit a posé un problème de frontière spécifique à l’Irlande du Nord, et ce que le Windsor Framework de 2023 cherche à résoudre.
  • Objectif Bac : restituer deux points de vue opposés sur un même fait nord-irlandais en employant l’attribution et la double dénomination, sans laisser paraître de prise de position personnelle.

Erreurs fréquentes

  • Confondre Northern Ireland et the Republic of Ireland : la première est une nation du Royaume-Uni, la seconde un État souverain, membre de l’Union européenne. Écrire Ireland left the EU est faux — c’est le Royaume-Uni, Irlande du Nord comprise, qui l’a quittée.
  • Traiter unionist et protestant (ou nationalist et catholic) comme des synonymes : la corrélation historique est forte mais ce sont des catégories différentes, l’une politique, l’autre religieuse, et les identifier appauvrit l’analyse de toute source contemporaine.
  • Employer le faux ami actually pour dire « actuellement » : actually signifie « en réalité ». Pour « aujourd’hui », on écrit currently, at present ou today — l’erreur est fréquente précisément dans les phrases où l’on veut opposer le passé du conflit et la situation d’aujourd’hui.
  • Écrire the Troubles was : le nom est un pluriel qui commande un verbe pluriel — the Troubles were a period of conflict. De même l’article est obligatoire : on n’écrit pas during Troubles.
  • Dire que l’accord de 1998 « a supprimé la frontière » : il n’a rien supprimé du tout, il a rendu la frontière presque invisible dans un contexte d’appartenance commune à l’Union européenne. C’est ce contexte, et non la frontière, que 2016 a fait disparaître.

§ 03

Révision active

Un magazine te demande une brève de 15 lignes en anglais intitulée « Belfast today: one city, several identities », destinée à des lecteurs qui ne connaissent rien au sujet. Rédige-la en présentant au moins trois marqueurs visibles de la pluralité identitaire dans la ville et en attribuant chaque point de vue à ceux qui le portent, sans conclure sur ce que devrait être l’avenir du territoire.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : The Belfast Agreement : le texte officiel de l’accord du 10 avril 1998, « also known as the Good Friday Agreement » (UK Government — GOV.UK) · The Windsor Framework : le dispositif publié le 27 février 2023 pour l’Irlande du Nord après le Brexit (UK Government — GOV.UK) · The 1998 Referendums : libellés des questions et résultats des deux scrutins du 22 mai 1998, en Irlande du Nord et en République d’Irlande (ARK — Queen’s University Belfast et Ulster University)

§ 04
§ 04

Glasgow et Édimbourg : deux visages de l’Écosse#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-6-Le-Royaume-Uni-et-ses-nations

Deux villes, deux mutations

Ce qui les sépare, ce qui les réunitDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Glasgow, ÉdimbourgGlasgowÉdimbourgClyde etrégénérationVieille villeet festivalsÉcosse ettourisme
Fig. 8Ce que Glasgow et Édimbourg partagent et ce qui les sépare. À gauche : les chantiers de la Clyde, la désindustrialisation et la régénération par la culture (Capitale européenne de la culture, 1990). À droite : la capitale, la vieille ville et la ville neuve inscrites par l’UNESCO en 1995, la finance, les festivals d’août.

Points clés

Le programme propose « Glasgow et Édimbourg : deux visages de l’Écosse en mutation », et l’intérêt de l’objet d’étude tient à une donnée presque absurde : ces deux villes sont distantes d’environ soixante-quinze kilomètres, à moins d’une heure de train, et pourtant elles ne racontent pas la même Écosse. L’une a été une capitale industrielle qui a dû se réinventer après l’effondrement de son industrie ; l’autre est une capitale politique et patrimoniale dont le problème n’est pas le déclin mais le succès. Les comparer, ce n’est pas dresser un palmarès : c’est comprendre que le mot « mutation » ne désigne pas le même processus selon qu’on part d’une usine fermée ou d’un centre historique classé.
Glasgow d’abord. Au XIXᵉ siècle, la ville se donne le titre de Second City of the Empire, et la Clyde, le fleuve qui la traverse, devient l’un des grands chantiers navals du monde. L’adjectif Clyde-built est entré dans la langue comme synonyme de solidité. Le Riverside Museum, le musée des transports de la ville, rappelle que les collections municipales « reflect the important part Glasgow has played in the world through its contributions to heavy industries like shipbuilding, train manufacturing and engineering ». Puis la construction navale s’effondre après 1945, concurrencée par l’Asie, et la ville perd en une génération son industrie, ses emplois et une partie de sa population. Le vocabulaire de cette séquence est celui qu’on retrouve dans tous les documents sur la ville : a shipyard, heavy industry, deindustrialisation, unemployment, deprivation.
Ce qui rend Glasgow intéressante, c’est la suite. En 1990, elle est désignée Capitale européenne de la culture, et la page officielle de la Commission européenne consacrée aux capitales de la culture retient qu’elle fut « the first ex-industrial city to develop a culture-led regeneration programme », l’année étant devenue « a key moment in the city’s cultural evolution ». Musées, salles de concert, réaménagement des rives de la Clyde : la ville a fait de la culture un instrument de politique économique, et ce modèle a été copié partout en Europe. Il appelle cependant une lecture critique, et c’est celle qu’attend un correcteur : la régénération change l’image d’une ville, attire des visiteurs et des investisseurs, mais elle ne résorbe pas mécaniquement la pauvreté des quartiers qui ont perdu les chantiers. Savoir tenir les deux bouts — a success story et what regeneration does not fix — est exactement ce que le programme appelle « porter un regard nuancé ».
Édimbourg pose le problème inverse. Capitale de l’Écosse depuis plus de cinq siècles, siège du Parlement rétabli en 1999 et deuxième place financière du Royaume-Uni, elle vit d’un patrimoine que l’UNESCO a inscrit en 1995 sous le nom de Old and New Towns of Edinburgh. Historic Environment Scotland décrit la ville comme la rencontre de deux formes urbaines : la vieille ville médiévale qui « retains its distinctive pattern of narrow passageways known as closes and wynds », et la ville neuve « designed in 1767 », qualifiée de « largest and best-preserved example of Georgian town planning in the UK ». Plus de 75 % des bâtiments compris dans le périmètre classé sont eux-mêmes protégés. Cette densité patrimoniale explique la valeur de la ville — et sa fragilité : chaque projet immobilier y devient un arbitrage entre conservation et développement.
Chaque mois d’août, la ville double de population. L’Edinburgh International Festival est créé en 1947 pour, selon sa vocation d’origine, faire renaître la vie culturelle européenne après la guerre. La même année, huit compagnies de théâtre non invitées viennent jouer à côté : la page officielle du Fringe raconte qu’elles « staged their shows on the fringe of the Festival anyway, coining the phrase and our name ». En 1958, une Festival Fringe Society se crée, dont la constitution pose que « the Society was to take no part in vetting the festival’s programme » — un principe d’accès libre qui tient toujours. Le revers est devenu un sujet de débat public : logements transformés en locations touristiques, loyers, saturation. Le programme officiel en donne d’ailleurs l’exemple, dans son modèle d’expression B2 : « Most tourists really appreciate wandering the streets of Edinburgh… Yet some local people can’t stand the way travellers behave when they are abroad. »
Sur le plan de la langue, cet objet d’étude est celui de la description et de la comparaison. Le programme fournit lui-même un modèle de description spatiale au niveau B2, à propos de Belfast : « It is located at the mouth of the river Lagan. The Titanic Quarter, where the famous ship was built, is in the east of the city. » Repérez-en la mécanique : un verbe de situation, un point cardinal, une relative qui apporte l’information historique. Ajoutez-y les structures de comparaison — whereas, by contrast, unlike Glasgow, Edinburgh… — et la corrélation que le programme donne en exemple pour le B2 : the more the city attracts visitors, the more expensive housing becomes. Avec ces trois outils, une description de ville cesse d’être une liste de monuments et devient une analyse.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a shipyard/ə ˈʃɪpjɑːd/un chantier navalLe mot du dossier Glasgow. Clyde-built est resté dans la langue comme synonyme de « solidement construit ».
  • deindustrialisation/ˌdiːɪnˌdʌstriəlaɪˈzeɪʃn/la désindustrialisationOrthographe britannique en -isation ; la variante américaine s’écrit -ization. Nom indénombrable.
  • urban regeneration/ˌɜːbən rɪˌdʒenəˈreɪʃn/la régénération urbaine, la requalificationTerme neutre ; gentrification en désigne l’effet social contesté. Ne pas les employer l’un pour l’autre.
  • a listed building/ə ˈlɪstɪd ˈbɪldɪŋ/un bâtiment classéVocabulaire du patrimoine britannique ; l’équivalent international est a World Heritage Site.
  • the Old Town and the New Town/ði əʊld taʊn ənd ðə njuː taʊn/la vieille ville et la ville neuve (Édimbourg)Noms propres à Édimbourg, avec majuscules et article : ce ne sont pas de simples descriptions.
  • to attend a festival/tʊ əˈtend ə ˈfestɪvl/assister à un festivalJamais « to assist to », qui signifie aider. Attend est transitif direct : sans préposition.
  • overtourism/ˌəʊvəˈtʊərɪzəm/le surtourismeMot récent et utile pour le débat édimbourgeois. Registre journalistique plutôt qu’administratif.
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Exemple corrigé

Comparer deux villes sans dresser un palmarès

Question (style Bac, expression écrite) : « Glasgow and Edinburgh are only 75 km apart. Why do they tell such different stories about modern Scotland? » Rédige le plan et le paragraphe central de la réponse.

  1. 01Choisir un axe, pas une liste

    Le piège est de décrire l’une puis l’autre. On choisit un critère unique qui traverse les deux : ici, le rapport au passé. Glasgow a dû rompre avec le sien pour survivre ; Édimbourg vit de la conservation du sien. Tout le devoir tient sur cette phrase.

  2. 02Étayer chaque versant par un repère daté

    Un critère sans preuve ne vaut rien : Glasgow was named European City of Culture in 1990, the first ex-industrial city to build a culture-led regeneration programme ; Edinburgh’s Old and New Towns were inscribed by UNESCO in 1995, and more than 75% of the buildings in the site are themselves listed. Deux dates, deux faits vérifiables.

  3. 03Introduire la limite, des deux côtés

    La nuance doit jouer dans les deux sens, sinon elle est un procédé : regeneration changed Glasgow’s image faster than it changed its poorest neighbourhoods; conservation, in Edinburgh, can make housing unaffordable for the people who live there. Chaque ville a le revers de sa réussite.

Résultat : Une bonne réponse s’organise autour d’un critère unique — le rapport au passé — plutôt qu’autour de deux portraits successifs. Elle appuie chaque affirmation sur un repère daté et vérifiable (1990, 1995), applique la nuance aux deux villes et non à une seule, et emploie des connecteurs de contraste (whereas, by contrast) plutôt qu’une simple juxtaposition.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : décrire en anglais Glasgow et Édimbourg en opposant explicitement leur trajectoire — une ville industrielle régénérée, une capitale patrimoniale — plutôt qu’en juxtaposant deux listes de curiosités.
  • Objectif Bac : expliquer ce que désigne la culture-led regeneration à partir du cas de Glasgow en 1990, et nommer au moins une limite de ce modèle.
  • Objectif Bac : situer précisément l’inscription de 1995 (Old and New Towns of Edinburgh) et dire ce que le classement protège — la vieille ville médiévale ET la ville neuve géorgienne de 1767.
  • Objectif Bac : raconter en anglais la naissance du Fringe en 1947 à partir des huit compagnies non invitées, et expliquer le principe d’accès libre qui en découle.
  • Objectif Bac : produire une description de ville structurée à l’oral en continu, en employant des marqueurs de localisation, une relative informative et au moins une structure de comparaison ou de corrélation.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu’Édimbourg est la plus grande ville d’Écosse parce qu’elle en est la capitale : c’est Glasgow qui est la plus peuplée. Une copie qui présente Édimbourg comme le centre économique et démographique du pays part sur une donnée fausse.
  • Traduire « une usine » par a fabric : le faux ami classique. A factory est l’usine, fabric le tissu. Pour Glasgow, le mot précis est d’ailleurs a shipyard, un chantier naval, pas a factory.
  • Employer to assist to pour « assister à un festival » : to assist signifie « aider ». On dit to attend a festival, to go to a show. L’erreur est presque systématique dans les productions sur Édimbourg en août.
  • Écrire Edinburgh avec la prononciation calquée sur l’orthographe : le nom se dit approximativement « EH-din-buh-ruh », la terminaison ne se prononce jamais « -bourg ». À l’oral, la faute est immédiatement audible.
  • Réduire la régénération à une réussite sans réserve : un correcteur attend la nuance. Dire que la culture a « sauvé » Glasgow, sans mentionner que les quartiers désindustrialisés restent parmi les plus défavorisés, revient à recopier une brochure touristique.

§ 04

Révision active

Une revue lycéenne européenne consacre un dossier aux villes qui se réinventent. Rédige en anglais (B2, 15-18 lignes) une contribution qui explique pourquoi Glasgow et Édimbourg illustrent deux formes opposées de « mutation », et qui se termine par une question ouverte adressée aux lecteurs sur les limites de la régénération par la culture. Emploie au moins trois marqueurs de localisation et une structure de corrélation.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Old and New Towns of Edinburgh : inscription UNESCO de 1995, la vieille ville et ses closes, la ville neuve « designed in 1767 » (Historic Environment Scotland) · Glasgow, Capitale européenne de la culture 1990 : « the first ex-industrial city to develop a culture-led regeneration programme » (Commission européenne — Culture and Creativity) · History of the Fringe : les huit compagnies non invitées de 1947, la Festival Fringe Society de 1958 et le principe d’accès libre (Edinburgh Festival Fringe Society)

§ 05
§ 05

La BBC, vecteur de soft power britannique ?#

~10 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-6-Le-Royaume-Uni-et-ses-nationsBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Activités-langagières

Les cinq missions publiques de la BBC

Les Public Purposes de la charteroue segmentée, 5 segments, Données: Charte royale, Informer, Instruire, Créer, Représenter, RayonnerInformeractualité impartialeInstruireà tous les âgesCréerproduction distinctiveReprésenternations et régionsRayonnerle pays vu du mondeCharte royale
Fig. 9D’après l’article 6 de la charte royale en vigueur (1ᵉʳ janvier 2017 – 31 décembre 2027). La cinquième mission — refléter le Royaume-Uni, sa culture et ses valeurs au monde — est celle qui alimente le débat sur le soft power ; elle est mise en relief.

Points clés

« La BBC, vecteur de soft power britannique ? » : dans l’énoncé du programme, le point d’interrogation est la consigne. Le soft power désigne la capacité d’un pays à obtenir de l’influence par l’attrait — sa culture, ses institutions, ses récits — plutôt que par la contrainte militaire ou économique. Une institution qui diffuse dans le monde entier, en anglais et dans des dizaines d’autres langues, financée par le public britannique, en est un candidat évident. Mais la réponse ne peut pas être un simple oui, pour une raison qui est au cœur du dossier : la BBC ne peut être un instrument d’influence QUE si elle est crue, et elle ne peut être crue que si elle n’est pas un instrument. C’est ce paradoxe qu’une bonne copie doit tenir, et non trancher.
L’institution naît deux fois. La British Broadcasting Company est constituée le 18 octobre 1922 par un consortium de fabricants de matériel radio ; sa première émission est diffusée le 14 novembre 1922 depuis la station londonienne 2LO. En décembre 1922, un ingénieur écossais, John Reith, en devient le directeur général, et il imprime à la maison une doctrine qui lui survivra : la radio doit inform, educate and entertain. Le 1ᵉʳ janvier 1927, la société privée disparaît et cède la place à la British Broadcasting Corporation, établie par charte royale : ce n’est plus une entreprise mais un service public, indépendant du gouvernement de jour comme des annonceurs. Cette date de 1927 est la vraie fondation politique de la BBC — celle qui explique tout le reste.
La charte royale en vigueur est entrée en application le 1ᵉʳ janvier 2017 et court, dit son article 3, « until the end of 31st December 2027 » : autrement dit, la BBC est en ce moment même dans la période où son avenir se renégocie. Son article 5, intitulé The Mission, tient en une phrase qu’il faut connaître : « The Mission of the BBC is to act in the public interest, serving all audiences through the provision of impartial, high-quality and distinctive output and services which inform, educate and entertain. » La formule de Reith y est donc devenue du droit. L’article 6 décline cinq Public Purposes, dont le premier impose de fournir « duly accurate and impartial news » et le cinquième, décisif pour notre question, demande de « reflect the United Kingdom, its culture and values to the world » avec une couverture « firmly based on British values of accuracy, impartiality, and fairness ».
Le financement est le nerf du débat. La BBC est financée par la licence fee, une redevance due par tout foyer qui regarde ou enregistre la télévision en direct ou utilise l’iPlayer — indépendamment du fait qu’on regarde ou non la BBC. Son montant est fixé par le gouvernement : le ministère de la Culture a annoncé qu’il passait à 180 livres par an au 1ᵉʳ avril 2026. Ses défenseurs y voient la condition de l’indépendance et de l’universalité : un service payé par tous doit servir tous, y compris les audiences que la publicité ignore. Ses détracteurs objectent qu’une redevance obligatoire est difficile à justifier à l’ère des abonnements, et qu’un montant fixé par le gouvernement donne au pouvoir politique un levier permanent sur un média censé le contrôler. Les deux arguments sont sérieux, et une copie qui n’en présente qu’un est incomplète.
Le World Service est la pièce maîtresse du dossier « soft power ». Lancé le 19 décembre 1932 sous le nom d’Empire Service pour relier les territoires de l’empire, il porte son nom actuel depuis 1965. La charte le définit à l’article 7 comme « the broadcast or other distribution of output, and the delivery of services, in English and other languages, aimed primarily at users outside the United Kingdom ». Voilà, noir sur blanc, un service payé par le Royaume-Uni et destiné à l’étranger : le soupçon d’instrument diplomatique est structurel, et il est renforcé par le fait que le World Service a longtemps été financé par le ministère des Affaires étrangères. La défense de la maison est cohérente : son utilité pour le Royaume-Uni vient précisément de ce qu’elle informe des auditeurs qui n’ont pas d’autre source fiable, et cette utilité s’effondrerait si elle relayait une ligne officielle.
Reste la question de la voix, et elle est plus subtile qu’il n’y paraît. Pendant des décennies, la BBC a diffusé dans un accent unique, la Received Pronunciation, au point qu’on l’a surnommée BBC English ou the Queen’s English. Cet accent n’est pas régional : il est social, et il n’a jamais été parlé que par une petite minorité de la population. En imposer un seul revenait à faire coïncider l’autorité de l’information avec celle d’une classe, et à rendre inaudibles les accents de Glasgow, de Belfast, de Cardiff ou du Yorkshire — c’est-à-dire, dans un axe consacré aux nations du Royaume-Uni, à donner à trois d’entre elles le sentiment d’être entendues sans être écoutées. La maison a rouvert ses micros aux accents régionaux et déplacé une partie de sa production hors de Londres. Une archive de 1967 permet d’entendre Reith lui-même s’expliquer sur cet « accent BBC » : c’est un document de première main, et il vaut mieux que n’importe quel résumé.
Méthode, enfin, pour une question à point d’interrogation. Le programme attend en terminale que l’élève sache « argumenter en prenant en compte d’autres opinions » et « exposer différents points de vue et présenter les différents points de désaccord de façon relativement précise tout en dégageant des pistes d’entente possibles ». Sur ce sujet, cela donne un plan concessif en trois temps : reconnaître ce qui accrédite la thèse (portée mondiale, financement public, mission explicite de refléter le Royaume-Uni au monde), lui opposer ce qui la limite (obligation juridique d’impartialité, indépendance éditoriale, critiques venues de tous les bords politiques), puis reformuler la question plutôt que de la trancher — la BBC est peut-être un instrument de soft power justement dans la mesure où elle n’en est pas un. Les charnières à employer sont celles que le programme cite : admittedly, however, it is undeniable that, I can see your point about… yet I differ from you on its scope.

Vocabulaire

→ Cartes
  • soft power/ˌsɒft ˈpaʊə/le soft power, la puissance d’influenceExpression employée telle quelle en français ; son opposé est hard power (militaire, économique).
  • a public service broadcaster/ə ˈpʌblɪk ˈsɜːvɪs ˈbrɔːdkɑːstə/un diffuseur de service publicLe terme juste pour la BBC. A state broadcaster désignerait un média contrôlé par le gouvernement.
  • the licence fee/ðə ˈlaɪsns fiː/la redevance audiovisuelleOrthographe britannique licence (nom) contre license (verbe). Ce n’est pas un abonnement.
  • the Royal Charter/ðə ˌrɔɪəl ˈtʃɑːtə/la charte royaleActe fondateur de la BBC depuis 1927 ; la charte actuelle expire fin 2027, d’où le débat en cours.
  • impartiality/ˌɪmpɑːʃiˈæləti/l’impartialitéLa charte parle de « duly accurate and impartial » : c’est une obligation juridique, pas une intention.
  • Received Pronunciation/rɪˌsiːvd prəˌnʌnsiˈeɪʃn/la prononciation standard britannique (RP)Surnommée BBC English ; accent social minoritaire, jamais l’accent majoritaire du pays.
  • to inform, educate and entertain/tʊ ɪnˈfɔːm ˈedjukeɪt ənd ˌentəˈteɪn/informer, instruire et divertirFormule de Reith reprise mot pour mot dans l’article 5 de la charte : à citer telle quelle.
  • a piece of information/ə piːs əv ˌɪnfəˈmeɪʃn/une informationInformation est indénombrable : jamais « an information ». De même, the news is (singulier).
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Exemple corrigé

Construire une réponse concessive à une question fermée

Question (style Bac, expression écrite) : « Is the BBC an instrument of British soft power? » Construis les trois mouvements de la réponse en citant au moins un texte officiel.

  1. 01Accorder ce qui doit l’être

    On commence par le camp adverse, ce qui désamorce l’objection : admittedly, the case is strong. The World Service is defined by the Charter as output « aimed primarily at users outside the United Kingdom », and the fifth Public Purpose asks the BBC to « reflect the United Kingdom, its culture and values to the world ». Deux citations, aucune paraphrase.

  2. 02Opposer la contrainte juridique

    Le contre-argument n’est pas une opinion mais un texte : however, the same Charter binds the BBC to « duly accurate and impartial news », and the corporation is regularly attacked from opposite political directions — which is difficult to explain if it were following a single line. L’argument tiré des critiques croisées est le plus solide du dossier.

  3. 03Reformuler la question plutôt que la trancher

    La conclusion attendue à ce niveau ne choisit pas un camp, elle déplace la question : the BBC may serve British influence precisely to the extent that it is not an instrument of it: an outlet believed abroad is an asset, and it would stop being believed the day it became a mouthpiece. On termine sur une idée, pas sur un verdict.

Résultat : Une bonne réponse suit un mouvement concessif explicite, cite au moins deux formulations exactes de la charte plutôt que de les résumer, mobilise l’argument des critiques venues des deux bords, et conclut en reformulant la question au lieu de répondre par oui ou non. Les charnières employées (admittedly, however, precisely to the extent that) doivent être visibles : c’est sur elles que se lit la maîtrise du niveau B2.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : définir le soft power en anglais en une phrase et expliquer pourquoi le point d’interrogation de l’énoncé interdit une réponse en oui ou non.
  • Objectif Bac : distinguer les deux fondations de la BBC — la société de 1922 et la corporation de charte royale du 1ᵉʳ janvier 1927 — et dire ce que ce changement de statut a modifié.
  • Objectif Bac : citer en anglais la mission inscrite dans la charte (« impartial, high-quality and distinctive output and services which inform, educate and entertain ») et la rattacher à la doctrine de Reith.
  • Objectif Bac : exposer les deux positions sur la licence fee — condition de l’indépendance contre levier du pouvoir politique — sans en adopter une, en employant des connecteurs de concession.
  • Objectif Bac : expliquer le lien entre accent et autorité en distinguant la Received Pronunciation, qui est un marqueur social minoritaire, des accents régionaux des quatre nations.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que la BBC est « la télévision d’État » : elle est un service public établi par charte royale et juridiquement indépendant du gouvernement. La formule juste est a public service broadcaster, pas a state broadcaster — la nuance est le sujet même du dossier.
  • Confondre la licence fee avec un abonnement : elle est due par tout foyer qui regarde la télévision en direct, même s’il ne regarde jamais la BBC. Traduire « redevance » par subscription fausse tout le raisonnement sur l’universalité du service.
  • Employer sensible pour « sensible » : le faux ami le plus coûteux dans ce champ lexical. Sensible signifie « raisonnable » ; « un sujet sensible » se dit a sensitive issue. Un devoir sur l’impartialité de la BBC en a besoin à chaque paragraphe.
  • Traduire « une information » par an information : le mot est indénombrable en anglais. On écrit a piece of information, some information, the news. De même news commande un verbe singulier : the news is, jamais the news are.
  • Présenter la Received Pronunciation comme « l’accent anglais » : c’est un accent minoritaire et socialement marqué, jamais l’accent majoritaire du pays. Le présenter comme la norme reconduit précisément le préjugé que la section invite à interroger.

§ 05

Révision active

Un forum international demande : « Should a country fund a broadcaster that reports to the world in its name? » Rédige en anglais (B2, 18-20 lignes) une réponse argumentée qui s’appuie sur le cas du BBC World Service, présente au moins deux arguments de chaque camp et se conclut par une position nuancée assumée. Emploie au moins trois charnières de concession et cite la mission inscrite dans la charte.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Royal Charter for the continuance of the British Broadcasting Corporation (Cm 9365) : article 5 « The Mission », article 6 les cinq Public Purposes, article 7(4) la définition du World Service (UK Government — Department for Culture, Media and Sport) · Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 6 « Le Royaume-Uni et ses nations » et ses objets d’étude (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Quatre nations, un royaume : le vocabulaire exact○
    • 02Dévolution : un royaume toujours uni ?◐
    • 03L’Irlande du Nord : identités plurielles◐
    • 04Glasgow et Édimbourg : deux visages de l’Écosse◐
    • 05La BBC, vecteur de soft power britannique ?●

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Des fiches à l'entraînement

Le Royaume-Uni et ses nations

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Références et sources

Sources

The National Archives — legislation.gov.uk

  • Union with England Act 1707, article I : « the Two Kingdoms of Scotland and England shall upon the first day of May next ensuing the date hereof and forever after be United into One Kingdom by the Name of Great Britain »
  • Royal and Parliamentary Titles Act 1927, section 2 : « the expression “United Kingdom” shall […] mean Great Britain and Northern Ireland »
  • Scotland Act 1998, annexe 5 : les reserved matters, de la partie I (Constitution, Foreign affairs, Defence) aux rubriques A à L de la partie II

The Royal Family — royal.uk

  • The Union Jack : les trois croix (St George, St Andrew, St Patrick) et l’explication officielle de l’absence du dragon gallois

Senedd Cymru / Welsh Parliament

  • History of devolution : les référendums de 1979, 1997 et 2011, le Government of Wales Act 1998 et le passage à Senedd Cymru en 2020

The Scottish Parliament

  • History of the Scottish Parliament : de la fermeture du Parlement d’Écosse en 1707 à la première séance du Parlement rétabli, le 12 mai 1999

UK Government — GOV.UK

  • The Belfast Agreement : le texte officiel de l’accord du 10 avril 1998, « also known as the Good Friday Agreement »
  • The Windsor Framework : le dispositif publié le 27 février 2023 pour l’Irlande du Nord après le Brexit

ARK — Queen’s University Belfast et Ulster University

  • The 1998 Referendums : libellés des questions et résultats des deux scrutins du 22 mai 1998, en Irlande du Nord et en République d’Irlande

Historic Environment Scotland

  • Old and New Towns of Edinburgh : inscription UNESCO de 1995, la vieille ville et ses closes, la ville neuve « designed in 1767 »

Commission européenne — Culture and Creativity

  • Glasgow, Capitale européenne de la culture 1990 : « the first ex-industrial city to develop a culture-led regeneration programme »

Edinburgh Festival Fringe Society

  • History of the Fringe : les huit compagnies non invitées de 1947, la Festival Fringe Society de 1958 et le principe d’accès libre

UK Government — Department for Culture, Media and Sport

  • Royal Charter for the continuance of the British Broadcasting Corporation (Cm 9365) : article 5 « The Mission », article 6 les cinq Public Purposes, article 7(4) la définition du World Service

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 6 « Le Royaume-Uni et ses nations » et ses objets d’étude

Voir aussi

  • Territoire et mémoire (Territory and Memory)L’Irlande du Nord et le Commonwealth : la mémoire est ce qui tient ou défait l’union.
  • Identités et échangesLa frontière irlandaise est un objet d’étude que le programme nomme dans les deux axes.
  • Enjeux et formes de la communicationLa BBC, l’accent et le soft power : la langue comme vecteur d’union.

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Citoyenneté et mondes virtuels

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