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Fiches/Anglais (LVA)/Enjeux et formes de la communication
FR · Bac

Enjeux et formes de la communication

« Enjeux et formes de la communication » est l’axe 4 du programme d’anglais de classe TERMINALE (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025). Le programme l’ouvre par une question : « Quel rôle singulier pour l’anglais, langue-monde ? Dans quelle mesure cette langue est-elle capable de fédérer, de faire entendre des voix minoritaires, de saisir le monde dans sa complexité et sa diversité, mais aussi d’uniformiser ou de manipuler ? » Quatre objets d’étude sont proposés à titre indicatif : l’anglophonie comme nouvelle Tour de Babel, le défi du complotisme, la forme et la portée du discours politique de Winston Churchill aux réseaux sociaux, et les précautions sémantiques dans les œuvres. L’axe se travaille donc sur deux plans à la fois : ce que l’anglais FAIT au monde (les trois cercles de Kachru, les World Englishes, la critique de l’impérialisme linguistique) et ce que la parole publique fait aux esprits (rhétorique, désinformation, réécriture des textes). Comme tout l’enseignement de langue vivante A, il vise le niveau B2 du CECRL et il est évalué EN CONTRÔLE CONTINU — coefficient 3 en première et 3 en terminale, soit 6 pour le cycle : l’objectif est de savoir ANALYSER un discours ou un document médiatique en anglais, ÉVALUER une source, et PRODUIRE un propos nuancé, non de réciter une histoire des médias.

5 sections·~51 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 08/2026

T·111111 / 13
Profil d’examen
Comprendre en anglais, au niveau B2, des documents complexes de nature très variée — discours, article d’opinion, reportage, publication en ligne — en distinguant les faits des points de vue et en repérant la structuration argumentative.Analyser la FORME d’un discours public : identifier les trois leviers de persuasion (ethos, pathos, logos), nommer les procédés qui les portent (anaphore, tricolon, antithèse, chiasme) et dire ce que chacun produit sur l’auditoire.Évaluer la fiabilité d’une source en anglais selon des critères explicites (auteur et média, date, fait ou opinion, recoupement, signaux d’alerte) et distinguer misinformation, disinformation et malinformation.Situer l’anglais comme langue-monde : restituer le modèle des trois cercles de Braj Kachru, justifier le pluriel de World Englishes, et confronter l’anglais langue franche à la critique de l’impérialisme linguistique.Produire et interagir au niveau B2 : argumenter en prenant en compte d’autres opinions, exposer des points de vue opposés en dégageant des pistes d’entente, et assurer la médiation d’un document en explicitant pour autrui ses références implicites.
Opérateurs :comprendre (réception d’un discours ou d’un document médiatique, niveau B2)analyser (procédés rhétoriques, intention, destinataire)évaluer (fiabilité d’une source, fait contre opinion)distinguer (misinformation, disinformation, malinformation ; censure et révision éditoriale)argumenter (produire un propos nuancé en tenant compte d’autres opinions)comparer / confronter (deux variétés d’anglais, deux positions sur une réécriture)rendre compte / reformuler (médiation d’un document pour autrui)

niveau de base

Cet axe relève de l’enseignement COMMUN d’anglais (LVA), évalué en contrôle continu. Commencez par trois blocs sûrs : le modèle des trois cercles de Kachru (avec deux pays par cercle), le trio ethos / pathos / logos avec un procédé bien maîtrisé (l’anaphore), et la distinction misinformation / disinformation / malinformation. Ces trois blocs suffisent à traiter n’importe quel document de l’axe. Entraînez-vous ensuite à ne jamais nommer un procédé sans dire ce qu’il produit — c’est le geste qui sépare une description d’une analyse.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (élève de spécialité LLCER-anglais ou candidat au Grand oral) : construisez une problématique qui met deux objets d’étude en tension, par exemple « Does a shared language make a shared truth possible? » ou « When does editing an old book stop being care and start being erasure? ». Confrontez la position de Robert Phillipson sur l’impérialisme linguistique à la réalité de l’appropriation (l’entrée de mots d’anglais nigérian dans l’Oxford English Dictionary en janvier 2020), et travaillez la mesure de Daniel Hallin sur le raccourcissement des extraits télévisés comme preuve chiffrée d’une mutation de la parole publique. Attention : la spécialité LLCER comporte une épreuve terminale propre, distincte de la LVA — ne confondez pas les deux exigences.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Enjeux et formes de la communication
    • 01L’anglais, langue-monde○
    • 02Forme et portée du discours politique◐
    • 03Chacun sa vérité ? Complotisme et vérification◐
    • 04Précautions sémantiques : inclusion, censure ou trahison ?●
    • 05Formes de la communication et boîte à outils◐

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

L’anglais, langue-monde#

~10 min de lecture●○○BaseBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-4-Enjeux-et-formes-de-la-communication

Braj Kachru’s three circles of English

Les trois cercles de Kachrucercles concentriques, 3 anneaux, Données: English, Inner circle: UK, USA, Ireland, Outer circle: India, Nigeria, Singapore, Expanding circle: France, China, BrazilExpanding circle: France, China, BrazilOuter circle: India, Nigeria, SingaporeInner circle: UK, USA, IrelandEnglish
Fig. 1Les trois cercles de Braj Kachru (1985). Le cercle le plus intérieur est celui des pays où l’anglais est langue première ; le cercle extérieur, celui des pays où il est une langue seconde institutionnelle héritée de la colonisation ; le cercle en expansion, celui où il est enseigné comme langue étrangère — c’est le vôtre, et c’est le plus nombreux.

Points clés

Le programme ouvre l’axe par une question, et c’est elle qu’il faut savoir traiter : « Quel rôle singulier pour l’anglais, langue-monde ? » Sous-question de l’objet d’étude : parler anglais RAPPROCHE-t-il les peuples ou APLANIT-il les singularités ? Ne cherchez pas à trancher. Une copie de niveau B2 tient les deux bouts : l’anglais est aujourd’hui l’outil qui permet à une Nigériane et à un Coréen de se comprendre sans passer par une troisième langue, ET il occupe une place qu’il doit à une histoire impériale, ce qui n’est jamais neutre. Le vocabulaire de départ : « a lingua franca » (une langue véhiculaire), « a global language », « to bridge » (jeter un pont) face à « to level out » (niveler) et « to blur » (estomper).
Le modèle de référence est celui du linguiste Braj Kachru, formulé en 1985 : les TROIS CERCLES concentriques. Le CERCLE INTÉRIEUR (« the inner circle ») réunit les pays où l’anglais est langue première — Royaume-Uni, Irlande, États-Unis, Canada anglophone, Australie, Nouvelle-Zélande. Le CERCLE EXTÉRIEUR (« the outer circle ») réunit les pays où l’anglais s’est implanté par la colonisation et où il reste une langue institutionnelle seconde : Inde, Nigeria, Kenya, Singapour, Ghana. Le CERCLE EN EXPANSION (« the expanding circle ») réunit les pays où l’anglais est enseigné comme langue étrangère : France, Chine, Brésil, Japon. C’est là que vous êtes. Kachru a introduit avec ce modèle l’expression « World Englishes » — au pluriel, délibérément.
Le pluriel change tout : aucune variété n’est « la » norme dont les autres seraient des écarts. L’anglais britannique et l’anglais américain se distinguent par l’orthographe (« colour / color », « realise / realize », « centre / center »), par le lexique (« lift / elevator », « autumn / fall », « flat / apartment ») et par la prononciation (le « r » final se prononce en anglais américain général, pas en anglais britannique standard). Mais l’anglais indien, l’anglais nigérian et l’anglais singapourien ont eux aussi leurs mots, leur syntaxe et leurs usages, et les dictionnaires les enregistrent : la mise à jour de janvier 2020 de l’Oxford English Dictionary a fait entrer vingt-neuf mots d’anglais nigérian, parmi lesquels « okada » (moto-taxi), « danfo » (minibus) et « Kannywood » (le cinéma haoussa de Kano). Un peuple qui donne des mots à l’anglais ne le subit plus : il se l’approprie.
De là vient la notion d’anglais LANGUE FRANCHE (« English as a Lingua Franca », ELF) : l’immense majorité des échanges en anglais dans le monde n’oppose pas un natif à un non-natif, mais deux non-natifs. La conséquence est pratique et vous concerne : le critère n’est pas de sonner britannique, c’est d’être INTELLIGIBLE et précis. Un accent français n’est pas une faute ; une confusion entre « evidence » et « evidence » au sens français, si. À l’inverse, le linguiste Robert Phillipson a soutenu dans « Linguistic Imperialism » (Oxford University Press, 1992) que la diffusion mondiale de l’anglais n’a rien de spontané : elle a été organisée, elle sert des intérêts, et elle marginalise les langues locales. On appelle cela l’IMPÉRIALISME LINGUISTIQUE. Vous n’êtes pas obligé d’y souscrire, mais savoir nommer la critique vaut plusieurs points.
Un repère chiffré vérifiable vaut mieux qu’une impression. Selon Eurostat, en 2023, dans l’enseignement secondaire supérieur général de l’Union européenne, 96,0 % des élèves apprenaient l’anglais, loin devant l’espagnol (27,1 %), l’allemand (21,2 %), le français (20,8 %) et l’italien (3,2 %). La même publication indique que 60,0 % des élèves de ce niveau étudiaient au moins deux langues étrangères, et que la France arrivait en tête avec 99,8 %. Ce que ces nombres disent : dans l’école européenne, l’anglais n’est plus UNE langue étrangère parmi d’autres, c’est le socle commun — et la deuxième langue est ce qui reste de la diversité. Citez-les tels quels, avec l’année et la source ; un chiffre approximatif dans une copie fait plus de mal qu’aucun chiffre.
Méthode pour traiter la question de l’axe à l’écrit ou en expression orale en continu : construisez un plan CONCESSIF en trois temps — ce que l’anglais rend possible, ce qu’il coûte, ce que l’on en fait. Les charnières attendues au niveau B2 : « admittedly » (certes), « whereas » (alors que), « to some extent » (dans une certaine mesure), « arguably » (on peut soutenir que), « it is undeniable that ». Deux points de langue à sécuriser ici. D’abord, « fluent » est un ADJECTIF : on écrit « I am fluent in English », jamais « I speak fluently English » — en anglais l’adverbe ne se glisse pas entre le verbe et son complément d’objet. Ensuite, « a language » et « a tongue » ne sont pas interchangeables : « tongue » ne s’emploie guère que dans « mother tongue ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • a lingua franca/ə ˈlɪŋɡwə ˈfræŋkə/une langue véhiculaire, une langue de communication communeLocution latine, invariable au singulier : « English serves as a lingua franca between the two teams. » Ne dites jamais « a lingua franca language », c’est un pléonasme.
  • a native speaker/ə ˈneɪtɪv ˈspiːkə/un locuteur natifLe terme technique de l’axe. Attention : « my native language » se rend en français par « ma langue maternelle », pas par « ma langue native ».
  • mother tongue/ˈmʌðə tʌŋ/la langue maternelleS’emploie sans article possessif redondant : « English is not my mother tongue. » Le calque « my maternal language » n’existe pas.
  • a variety/ə vəˈraɪəti/une variété (de langue)Le mot juste pour Indian English ou Nigerian English. « A dialect » est plus étroit et souvent péjoratif dans une copie ; préférez « variety ».
  • to spread/tə spred/se répandre, se diffuserVerbe irrégulier invariable : spread / spread / spread. « English spread with the Empire and stayed after it. »
  • to blur/tə blɜː/estomper, brouillerLe verbe exact pour la seconde moitié de la question de l’axe : « a shared language may blur local singularities. »
  • fluent/ˈfluːənt/qui parle courammentAdjectif, suivi de « in » : « she is fluent in three languages. » L’adverbe est « fluently » et se place après le complément d’objet.

Which foreign languages EU pupils learn

Langues étrangères apprises dans l’UE (2023)Diagramme en colonnes: % des élèves, Données: % des élèves · Anglais: 96; % des élèves · Espagnol: 27.1; % des élèves · Allemand: 21.2; % des élèves · Français: 20.8; % des élèves · Italien: 3.2020406080100AnglaisEspagnolAllemandFrançaisItalien9627.121.220.83.2% des élèves
Fig. 2Part des élèves de l’enseignement secondaire supérieur GÉNÉRAL de l’Union européenne étudiant chaque langue étrangère en 2023. Source : Eurostat, article d’actualité du 14 juillet 2025, jeu de données educ_uoe_lang01. L’anglais n’y est pas une langue étrangère parmi d’autres : il est le socle, et les autres langues se partagent ce qui reste.
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Exemple corrigé

Explaining Kachru’s three circles to a classmate

In English, explain Braj Kachru’s three-circle model to someone who has never heard of it. Name each circle, give two countries for each, say what the model actually measures, and end with one limitation of the model.

  1. 01Name the model and its author

    Open by anchoring the reference: « In 1985, the linguist Braj Kachru described the spread of English as three concentric circles. The model does not rank speakers by ability: it describes the STATUS English has in a given country. » Naming the author and the date is what turns a vague memory into a usable reference.

  2. 02Walk the circles from the inside out

    Go in order, always with examples: « The inner circle covers countries where English is a first language, such as the United Kingdom and the United States. The outer circle covers countries where English arrived with colonisation and remains an official second language, such as India and Nigeria. The expanding circle covers countries where English is taught as a foreign language, such as France and Brazil. »

  3. 03Say where the weight now lies

    Add the point that makes the model interesting: « What is striking is that the expanding circle is by far the largest. Most conversations in English today take place between two people for whom it is not a first language, which is why researchers speak of English as a lingua franca. »

  4. 04Close on one honest limitation

    Finish with a reservation rather than a summary: « The main limitation is that the borders have become blurred. Millions of people in India speak English at home, and many families in London do not. A model built on countries struggles to describe individual speakers. » This kind of qualification is exactly what a B2 descriptor calls for.

Résultat : La réponse attendue nomme l’auteur et l’année (Kachru, 1985), donne les trois cercles DANS L’ORDRE avec deux pays chacun, précise que le modèle décrit un statut et non un niveau, ajoute le déplacement du centre de gravité vers le cercle en expansion (l’anglais langue franche), et se termine par une limite réelle du modèle. L’anglais reste correct et sans calque : « English is a first language », pas « English is a language mother ».

Objectif Bac

  • Objectif Bac : restituer en anglais le modèle des trois cercles de Braj Kachru (1985) en nommant chaque cercle et en donnant DEUX pays par cercle, puis en situant la France dans le cercle en expansion.
  • Objectif Bac : distinguer, dans une production écrite ou orale, l’anglais comme lingua franca (un outil d’intercompréhension) et l’anglais comme héritage impérial (la thèse de Robert Phillipson, 1992), sans réduire l’axe à l’une des deux lectures.
  • Objectif Bac : justifier en anglais l’expression « World Englishes » au pluriel à l’aide d’un exemple daté et vérifiable — par exemple l’entrée de vingt-neuf mots d’anglais nigérian dans l’Oxford English Dictionary en janvier 2020.
  • Objectif Bac : mobiliser un repère chiffré exact — en 2023, 96,0 % des élèves du secondaire supérieur général de l’Union européenne apprenaient l’anglais (Eurostat) — en citant l’année et la source plutôt qu’un ordre de grandeur approximatif.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : construire un propos concessif de niveau B2 sur la question « Does English bring people together or flatten out their differences? » en articulant au moins trois connecteurs de nuance (admittedly, whereas, to some extent).

Erreurs fréquentes

  • Placer un adverbe entre le verbe et son complément d’objet direct, par calque du français : on n’écrit pas « I speak fluently English » ni « He speaks perfectly English ». Les formes correctes sont « I speak English fluently » ou, plus idiomatique, « I am fluent in English ».
  • Traiter « evidence » comme le français « évidence ». En anglais, « evidence » signifie « les preuves » et il est INDÉNOMBRABLE : on écrit « there is little evidence » ou « a piece of evidence », jamais « an evidence » ni « two evidences ». Pour « c’est une évidence », dites « it is obvious ».
  • Présenter l’anglais britannique comme la « vraie » norme et les autres variétés comme des déformations. Le programme et la recherche disent l’inverse : l’anglais indien ou nigérian sont des variétés à part entière, avec leurs règles. Écrivez « a variety of English », pas « a bad English ».
  • Confondre les trois cercles de Kachru avec un classement de compétence. Les cercles décrivent le STATUT de l’anglais dans un pays (langue première, langue seconde institutionnelle, langue étrangère), pas le niveau des locuteurs : un locuteur du cercle extérieur peut parler un anglais bien plus assuré qu’un locuteur du cercle intérieur.
  • Avancer des chiffres de mémoire (« plus d’un milliard et demi de locuteurs », « presque tous les Européens »). Un correcteur ne peut pas créditer un nombre invérifiable. Donnez soit un repère sourcé et daté (Eurostat, 2023 : 96,0 % dans le secondaire supérieur général de l’UE), soit aucune statistique.

§ 01

Révision active

Un camarade affirme : « English is just a neutral tool — it belongs to nobody, so it harms nobody. » En anglais, en une douzaine de phrases, répondez-lui en organisant votre réponse autour des trois cercles de Kachru : dites d’abord ce que cette affirmation a de juste pour le cercle en expansion, puis ce qu’elle oublie du cercle extérieur, et concluez par une position personnelle nuancée. Vous n’avez pas à choisir un camp, mais vous devez employer au moins trois connecteurs de concession.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Upper secondary education: 60% study 2 or more languages — anglais, espagnol, allemand, français et italien dans le secondaire supérieur de l’UE en 2023 (jeu de données educ_uoe_lang01) (Eurostat — Commission européenne) · Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 4 « Enjeux et formes de la communication », objets d’étude et activités langagières (Ministère de l’Éducation nationale)

§ 02
§ 02

Forme et portée du discours politique#

~10 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-4-Enjeux-et-formes-de-la-communication

From the podium to the feed

Les formes du discours publicFrise chronologique de 1860 à 2025, 1863: Gettysburg, 1933: première causerie radio, 1940: Churchill aux Communes, 1963: Marche sur Washington, 1988: extrait moyen 8,9 s, 1860–1925: l’estrade, 1925–1960: la radio, 1960–1995: la télévision, 1995–2025: les réseaux18602025annéel’estradela radiola télévisionles réseaux1863Gettysburg1933premièrecauserie radio1940Churchill auxCommunes1963Marche surWashington1988extrait moyen8,9 s
Fig. 3Repères datés de la parole politique publique et supports qui la portent. Les quatre bandes basses sont des périodisations d’usage : l’estrade, la radio, la télévision, puis les réseaux. La mesure de 1988 est celle de Daniel Hallin sur les journaux télévisés américains.

Points clés

L’objet d’étude du programme s’intitule « Forme et portée du discours politique, de Winston Churchill aux réseaux sociaux ». Les deux mots à retenir sont FORME et PORTÉE : un discours politique n’est pas seulement un contenu d’idées, c’est une construction faite pour AGIR sur un auditoire à un moment précis. Analyser un discours, ce n’est donc pas le résumer, c’est répondre à cinq questions — qui parle, à qui, où, quand, pour obtenir quoi — puis montrer par quels procédés la forme sert cette intention. Lexique de départ : « a speech » (un discours), « to deliver a speech » (le prononcer), « an audience » (l’auditoire), « delivery » (la diction, le débit), « to sway » (faire pencher).
Les trois leviers de persuasion viennent d’Aristote et structurent encore toute la rhétorique anglophone. L’ETHOS est le crédit de celui qui parle : son autorité, sa sincérité, le fait qu’il partage les valeurs de son public. Le PATHOS agit sur les émotions de l’auditoire : peur, fierté, deuil, espoir. Le LOGOS est la charpente de l’argument : faits, chiffres, enchaînement logique. Aucun grand discours ne repose sur un seul levier ; le travail d’analyse consiste à repérer lequel DOMINE et à quel moment il cède la place à un autre. En anglais on parle de « the three appeals » ou de « rhetorical appeals ».
Les procédés audibles sont peu nombreux, et les connaître suffit. L’ANAPHORE (« anaphora ») répète un même groupe de mots en TÊTE de propositions successives. Le TRICOLON aligne trois éléments parallèles, parce que trois est le nombre qui donne à une phrase un sentiment d’achèvement. L’ANTITHÈSE (« antithesis ») oppose deux termes dans une structure symétrique. Le CHIASME (« chiasmus ») reprend les mêmes éléments en ordre inversé, en croix. À cela s’ajoutent l’allitération, la question rhétorique et l’adresse directe (« you »). Consigne de méthode : ne listez jamais un procédé sans dire ce qu’il PRODUIT. « There is an anaphora » ne vaut rien ; « the anaphora turns a list of places into an oath » vaut des points.
Trois discours documentés servent d’ancrage sûr. Le 4 juin 1940, à 15 h 40, Winston Churchill s’adresse à la Chambre des communes au moment où s’achève l’évacuation de Dunkerque ; le compte rendu officiel (Hansard, HC Deb 04 June 1940, vol. 361, col. 787-798) donne le passage : “We shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender.” L’anaphore sur “we shall fight” transforme une énumération de lieux en serment, et la rupture finale — “we shall never surrender” — n’est plus un lieu mais une décision. Notez que Churchill doit annoncer un désastre militaire sans laisser douter de la victoire : la forme fait exactement ce travail.
Le 19 novembre 1863, à l’inauguration du cimetière national de Gettysburg, Abraham Lincoln parle après l’orateur Edward Everett, qui a tenu la foule deux heures. Lincoln parle environ deux minutes. Everett lui écrit le lendemain qu’il aimerait s’être approché en deux heures de l’idée centrale de la cérémonie autant que Lincoln en deux minutes (Library of Congress). Le texte s’ouvre sur “Four score and seven years ago” — une manière biblique de dire « il y a quatre-vingt-sept ans » — et se ferme sur le tricolon “government of the people, by the people, for the people, shall not perish from the earth”. La leçon est celle de la BRIÈVETÉ : la portée d’un discours n’est pas proportionnelle à sa longueur. Le 28 août 1963, Martin Luther King prononce “I have a dream” depuis les marches du Lincoln Memorial, devant environ 250 000 personnes rassemblées pour la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté (National Archives) : l’anaphore y est de nouveau le moteur, et le LIEU choisi fait partie de l’argument.
Reste la mutation annoncée par le titre de l’objet d’étude. Le 12 mars 1933, Franklin D. Roosevelt inaugure ses « fireside chats » : la radio fait entrer la parole présidentielle dans le salon, et le registre devient conversationnel. La télévision transforme ensuite le discours en image. Le chercheur Daniel Hallin a mesuré ce qui s’est produit ensuite : dans les journaux télévisés américains, la durée moyenne d’un extrait de parole de candidat tombe à 8,9 secondes en 1988 ; en 1968 près d’un quart des extraits duraient une minute ou plus, en 1988 seuls 4 % atteignaient vingt secondes. C’est la naissance du « soundbite ». Les réseaux sociaux poursuivent la compression : le message court, la citation détachée, la vidéo de quelques secondes. Ce qui disparaît n’est pas la rhétorique — l’anaphore survit très bien dans un slogan — mais la place laissée à l’argument suivi, c’est-à-dire au logos.

Vocabulaire

→ Cartes
  • to deliver a speech/tə dɪˈlɪvə ə spiːtʃ/prononcer un discoursLa collocation attendue, avec « to give a speech ». Le calque « to pronounce a speech » n’existe pas en anglais.
  • an audience/ən ˈɔːdiəns/un auditoire, un publicDésigne les personnes présentes. L’audience d’un média se dit « viewing figures » ou « ratings », jamais « audience » au sens de taux.
  • anaphora/əˈnæfərə/l’anaphoreRépétition d’un même groupe de mots EN TÊTE de propositions successives. Adjectif : « anaphoric ». À ne pas confondre avec l’épiphore, qui répète en fin.
  • a tricolon/ə traɪˈkəʊlɒn/le tricolon, le rythme ternaireTrois éléments parallèles : “of the people, by the people, for the people”. Le pluriel savant est « tricola ».
  • to sway/tə sweɪ/faire pencher, emporter l’adhésion dePlus fort et plus concret que « to influence » : « the speech swayed a handful of undecided MPs. »
  • a soundbite/ə ˈsaʊndbaɪt/une petite phrase, un extrait sonoreS’écrit aussi « sound bite ». Désigne le fragment court que les médias retiennent d’un discours, souvent conçu pour être retenu.
  • delivery/dɪˈlɪvəri/la diction, la manière de direEn rhétorique, « delivery » recouvre le débit, le ton et les silences — pas la livraison. « His delivery was slow and deliberate. »

The three appeals and what carries them

Ethos, pathos, logos et leurs procédésArbre de probabilité, 6 chemins, Données: Ethos: the speaker → authority; Ethos: the speaker → shared values; Pathos: the audience → anaphora; Pathos: the audience → imagery; Logos: the argument → facts and figures; Logos: the argument → antithesisEthos: the speakerPathos: the audienceLogos: the argumentA political speechauthorityshared valuesanaphoraimageryfacts and figuresantithesis
Fig. 4L’arborescence rhétorique. Les trois leviers d’Aristote occupent le premier niveau ; sous chacun figure ce par quoi il se manifeste concrètement dans un texte. Le chemin mis en valeur est celui de l’anaphore, le procédé le plus rentable à repérer dans les discours du dossier.
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Exemple corrigé

Analysing the closing lines of Churchill’s 4 June 1940 speech

You are given the closing passage of the speech Winston Churchill delivered to the House of Commons on 4 June 1940, as recorded in Hansard. In English, analyse it: set the scene, identify the dominant appeal, name two devices, and say what each device does.

  1. 01Set the scene before touching the text

    Anchor the five questions first: « Churchill spoke to the House of Commons on 4 June 1940, as the evacuation of Dunkirk was ending. He was addressing MPs, but he knew the country would read him. He had to admit a military disaster and, in the same breath, make surrender unthinkable. » Everything that follows is measured against that goal.

  2. 02Identify the dominant appeal

    Say which lever carries the passage and why: « The passage is built on pathos rather than logos. There are almost no figures and no plan of action. What the audience is given instead is a landscape of places to defend, one after another, and a promise attached to each of them. »

  3. 03Name the anaphora and state its effect

    Quote only what is documented, then explain: « The clause “we shall fight” opens one segment after another. The repetition does two things: it makes the sentence sound like an oath rather than a forecast, and it lets the listener anticipate the next clause, so that the audience is mentally saying it too. » The effect matters more than the label.

  4. 04Point out the break and close

    Show that you read the STRUCTURE: « The final clause breaks the pattern. “We shall never surrender” is no longer a place but a decision, so the chain of geography ends in a moral commitment. That is why the passage is remembered as a pledge and not as a report on Dunkirk. »

Résultat : Une bonne analyse ne paraphrase pas : elle situe la prise de parole (Communes, 4 juin 1940, fin de Dunkerque), nomme l’appel dominant (pathos) en le justifiant par l’absence de logos, identifie l’anaphore en indiquant sa POSITION (en tête de propositions successives), et lit la rupture finale comme un changement de nature — du lieu à la décision. L’anglais reste précis : « the clause opens each segment », pas « there is a repetition ».

Objectif Bac

  • Objectif Bac : analyser un extrait de discours en anglais selon la grille des cinq questions (qui parle, à qui, où, quand, pour obtenir quoi) avant toute identification de procédé.
  • Objectif Bac : nommer et illustrer l’ethos, le pathos et le logos dans un même extrait, en disant lequel domine et à quel endroit le locuteur passe de l’un à l’autre.
  • Objectif Bac : repérer une anaphore, un tricolon ou une antithèse ET formuler son EFFET en une phrase, au lieu de se contenter de l’étiquette rhétorique.
  • Objectif Bac : situer avec précision un repère daté du dossier — Churchill à la Chambre des communes le 4 juin 1940, Lincoln à Gettysburg le 19 novembre 1863, Martin Luther King au Lincoln Memorial le 28 août 1963 — plutôt que de renvoyer vaguement à « un célèbre discours ».
  • Objectif Bac (contrôle continu) : expliquer en anglais le passage du discours parlementaire au « soundbite » en appuyant l’argument sur une mesure réelle (8,9 secondes de moyenne en 1988 dans les journaux télévisés américains, d’après Daniel Hallin).

Erreurs fréquentes

  • Citer un discours de mémoire. Une formule mal restituée ou attribuée au mauvais orateur ruine tout le paragraphe. Ne citez que ce que vous savez exactement — “I have a dream”, « we shall fight on the beaches » — et pour tout le reste, DÉCRIVEZ le procédé sans guillemets : « the speaker repeats the same opening words ».
  • Confondre anaphore et répétition simple. L’anaphore répète en TÊTE de propositions successives ; une reprise en fin de proposition est une épiphore, et un mot répété au hasard n’est ni l’une ni l’autre. Vérifiez la POSITION avant de nommer la figure.
  • Écrire « a discourse » pour « un discours » politique. En anglais, « discourse » désigne le discours au sens linguistique ou philosophique. L’allocution se dit « a speech », et on la prononce : « to deliver / to give a speech », jamais « to pronounce a speech ».
  • Se tromper d’accent de mot sur « rhetoric » et sa famille. Le nom s’accentue sur la première syllabe (RHE-to-ric) alors que l’adjectif se déplace sur la deuxième (rhe-TO-ri-cal) ; de même « POlitics » face à « poLItical ». À l’oral, l’accent mal placé coûte l’intelligibilité.
  • Traiter le passage aux réseaux sociaux comme une simple perte. Le programme demande une analyse, pas une déploration : le message court élargit l’accès à la parole publique en même temps qu’il rétrécit l’argumentation. Une copie qui ne dit que « social media destroyed political speech » n’a pas traité la question.

§ 02

Révision active

Choisissez une cause qui vous tient à cœur dans votre lycée et rédigez en anglais l’ouverture d’un discours de trente secondes environ (six à huit phrases). Contrainte : vous devez employer une anaphore ET un tricolon, et votre première phrase doit établir votre ethos, c’est-à-dire dire pourquoi c’est VOUS qui parlez. Sous votre texte, ajoutez deux lignes en anglais expliquant l’effet visé par chacun des deux procédés.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : WAR SITUATION — compte rendu officiel du discours de Winston Churchill à la Chambre des communes, HC Deb 04 June 1940, vol. 361, col. 787-798 (Hansard — Parlement du Royaume-Uni) · Gettysburg Address — exposition en ligne : circonstances du 19 novembre 1863, lettre d’Edward Everett et transcriptions des copies manuscrites conservées (Library of Congress) · Official Program for the March on Washington (1963) — programme du 28 août 1963 au Lincoln Memorial et contexte de la marche (U.S. National Archives and Records Administration)

§ 03
§ 03

Chacun sa vérité ? Complotisme et vérification#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-4-Enjeux-et-formes-de-la-communication

Information disorder: three overlapping types

Le désordre informationnel en trois typesDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Contenu faux, Intention de nuireContenu fauxIntention de nuireMisinformationDisinformationMalinformation
Fig. 5Les trois formes du désordre informationnel selon Claire Wardle et Hossein Derakhshan (Conseil de l’Europe, 2017). Deux critères suffisent : le contenu est-il faux, et cherche-t-on à nuire ? La malinformation occupe la zone la plus contre-intuitive — une information exacte, employée pour blesser.

Points clés

L’objet d’étude s’intitule « Chacun sa vérité ? Le défi du complotisme », et le point d’interrogation est l’essentiel : la question posée n’est pas « qui a raison » mais « que devient une société quand les faits cessent d’être partagés ». Le mot-clé du dossier est « post-truth », désigné mot de l’année 2016 par les dictionnaires Oxford et défini comme ce qui « se rapporte à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs pèsent moins, dans la formation de l’opinion, que les appels à l’émotion et aux croyances personnelles ». Retenez la nuance : « post-truth » ne dit pas que la vérité a disparu, mais qu’elle a cessé d’être l’argument décisif.
Le désordre informationnel se décrit avec TROIS termes et non deux — c’est la distinction qui rapporte le plus de points, parce qu’elle est presque toujours manquée. Claire Wardle et Hossein Derakhshan l’ont posée dans le rapport « Information Disorder » publié par le Conseil de l’Europe en 2017. La MISINFORMATION est une information fausse diffusée SANS intention de nuire : on se trompe de bonne foi. La DISINFORMATION est une information fausse diffusée DÉLIBÉRÉMENT pour nuire. La MALINFORMATION est une information VRAIE, mais sortie de son contexte ou rendue publique pour nuire — une correspondance privée divulguée, une photographie authentique présentée sous une fausse date. Deux axes suffisent à les séparer : la fausseté et l’intention de nuire.
Une théorie du complot se reconnaît à sa MÉCANIQUE, pas à son sujet. Elle propose un récit qui explique tout, sans reste ni hasard ; elle désigne un groupe caché et puissant ; elle rend sa propre réfutation impossible, puisque l’absence de preuve devient la preuve d’un étouffement (« the cover-up ») ; elle recrute par un vocabulaire d’appartenance qui flatte l’esprit critique de celui qui y adhère (« do your own research », « wake up »). C’est ce dernier point qui la rend efficace : elle ne se présente jamais comme une croyance, toujours comme une lucidité. En anglais : « a conspiracy theory », « conspiracy thinking », « a debunked claim » (une affirmation réfutée), « to fall down a rabbit hole ».
Le milieu numérique amplifie le phénomène par une boucle simple. Les plateformes classent les contenus selon l’engagement qu’ils suscitent ; l’indignation et la surprise en suscitent davantage que la nuance ; le système sert donc davantage de ce qui a déjà retenu l’utilisateur, dont l’exposition se rétrécit à mesure qu’il consomme. Eli Pariser a nommé ce rétrécissement la BULLE DE FILTRES dans « The Filter Bubble » (2011) ; on parle aussi de CHAMBRE D’ÉCHO (« an echo chamber ») pour l’effet social qui en résulte, lorsqu’un groupe n’entend plus que sa propre voix renvoyée. Attention à la précision : la bulle est algorithmique, la chambre d’écho est sociale, et l’on peut fabriquer la seconde sans aucune machine.
Face à cela, deux réponses se distinguent. La première est réglementaire : l’Union européenne s’est dotée d’un code de bonnes pratiques contre la désinformation, établi en 2018, renforcé en 2022, puis intégré comme code de conduite au règlement sur les services numériques le 13 février 2025 (Commission européenne). La seconde est individuelle et s’appelle la VÉRIFICATION (« fact-checking »). Ses gestes tiennent en cinq : identifier l’auteur et le média, vérifier la date, distinguer FAIT et OPINION, RECOUPER auprès d’une source indépendante, repérer les signaux d’alerte (titre choc, absence de preuve, émotion forte). Le geste décisif est le recoupement : la lecture LATÉRALE, qui consiste à quitter la page pour aller voir ce que d’autres disent de sa source, plutôt que de scruter la page elle-même.
Point de langue, car c’est là que la copie se joue. L’anglais dispose d’outils de PRUDENCE que le français rend par le conditionnel : « allegedly » (prétendument), « reportedly » (selon certaines sources), « is said to », ainsi que les modaux épistémiques « may », « might », « could ». Écrire « the minister allegedly refused » n’engage pas celui qui rapporte ; écrire « the minister refused » l’engage totalement. Deux faux amis vous guettent : « evidence » signifie « les preuves » et non « une évidence » ; « to pretend » signifie « faire semblant » et non « prétendre », qui se dit « to claim ». Enfin, « an information » n’existe pas : le mot est indénombrable, on dit « a piece of information ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • a conspiracy theory/ə kənˈspɪrəsi ˈθɪəri/une théorie du complotLe nom de la démarche est « conspiracy thinking » ou « conspiracism ». Le calque « a complotism » n’existe pas en anglais.
  • disinformation/ˌdɪsɪnfəˈmeɪʃn/la désinformationFaux diffusé DÉLIBÉRÉMENT pour nuire. À opposer terme à terme à « misinformation », faux diffusé sans intention de nuire.
  • malinformation/ˌmælɪnfəˈmeɪʃn/la malinformationInformation VRAIE sortie de son contexte pour nuire. Terme du rapport « Information Disorder » du Conseil de l’Europe (2017) ; c’est le plus oublié des trois.
  • evidence/ˈevɪdəns/les preuves, les éléments de preuveFaux ami majeur, et indénombrable : « there is no evidence », « a piece of evidence ». Jamais « an evidence ». Pour « c’est une évidence », dites « it is obvious ».
  • to cross-check/tə ˈkrɒstʃek/recouperLe geste central de la vérification : « always cross-check a claim against an independent source. » Le nom est « a cross-check ».
  • to claim/tə kleɪm/affirmer, prétendreVerbe neutre pour rapporter sans valider : « the post claims that… » C’est lui qu’il faut employer là où le français dirait « prétendre ».
  • allegedly/əˈledʒɪdli/prétendument, selon certaines sourcesAdverbe de prudence journalistique : il rapporte sans engager celui qui écrit. Se place devant le verbe : « he allegedly refused to answer. »

How an echo chamber closes on itself

La boucle de la chambre d’échoGraphe, un contenu qui indigne → je clique, je partage, je clique, je partage → l’algorithme note l’engagement, l’algorithme note l’engagement → il en sert davantage, il en sert davantage → mon exposition se rétrécit, mon exposition se rétrécit → un contenu qui indigneun contenu quiindigneje clique, jepartagel’algorithmenotel’engagementil en sertdavantagemon expositionse rétrécit
Fig. 6La boucle de la chambre d’écho. Chaque étape est raisonnable prise isolément ; c’est leur enchaînement circulaire qui referme l’exposition. Le maillon mis en valeur est le seul que l’utilisateur contrôle vraiment : le clic qu’il donne, ou refuse, à ce qui l’indigne.
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Exemple corrigé

Sorting three claims into misinformation, disinformation and malinformation

You are given three cases. (a) A friend shares a weather warning that turns out to be two years old, believing it is current. (b) An anonymous account invents a quotation and attributes it to a mayor a week before an election. (c) A newspaper publishes a politician’s genuine private medical records. In English, classify each case and justify your answer.

  1. 01State the two criteria before classifying

    Make the grid explicit first: « Two questions decide the category. Is the content false? And is there an intention to harm? Misinformation is false without harmful intent, disinformation is false with harmful intent, and malinformation is true but used to harm. » Classifying without stating the criteria is guesswork.

  2. 02Case (a): false, no intent

    « The warning is genuine but out of date, so the content is now false. The friend believes it and wants to protect people, so there is no intention to harm. This is misinformation. It shows that good faith is not enough: an old, real document can still mislead. »

  3. 03Case (b): false, deliberate

    « The quotation was invented, so the content is false, and the timing a week before an election shows the intention. This is disinformation. The anonymity of the account is an additional warning sign, because it removes any accountability. »

  4. 04Case (c): true, and harmful

    « Here nothing is false: the records are genuine. What makes it harmful is that private information has been made public. This is malinformation, and it is the hardest case, because the usual reflex — checking whether it is true — does not settle anything. The right question becomes whether the public interest justifies the intrusion. »

Résultat : La réponse attendue énonce les DEUX critères avant de classer, attribue correctement (a) misinformation, (b) disinformation, (c) malinformation, et surtout justifie chaque cas par les critères et non par l’intuition. Le point qui distingue une bonne copie est la remarque finale sur (c) : lorsque le contenu est vrai, la vérification ne tranche plus, et la question devient déontologique. L’anglais reste sobre et emploie « claim », « genuine », « intent ».

Objectif Bac

  • Objectif Bac : distinguer en anglais misinformation, disinformation et malinformation en énonçant les DEUX critères qui les séparent — la fausseté du contenu et l’intention de nuire — et en donnant un exemple pour chacune.
  • Objectif Bac : évaluer la fiabilité d’une source en appliquant cinq critères explicites (auteur et média, date, fait ou opinion, recoupement, signaux d’alerte) puis en restituant un jugement nuancé, ce qui relève de la médiation.
  • Objectif Bac : décrire la mécanique d’une théorie du complot — récit total, groupe caché, réfutation impossible, vocabulaire d’appartenance — plutôt que de simplement qualifier une affirmation de fausse.
  • Objectif Bac : employer les marqueurs de prudence anglais (allegedly, reportedly, is said to, may / might) pour rapporter une affirmation non vérifiée sans la reprendre à son compte.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : mobiliser un repère institutionnel daté — le code de bonnes pratiques de l’UE contre la désinformation, établi en 2018, renforcé en 2022, intégré au règlement sur les services numériques le 13 février 2025 — dans un débat sur la régulation des plateformes.

Erreurs fréquentes

  • Réduire le désordre informationnel à deux catégories. La malinformation, information VRAIE utilisée pour nuire, est la troisième et la plus subtile ; l’oublier revient à croire qu’il suffit qu’une information soit exacte pour qu’elle soit honnête.
  • Employer « to pretend » au sens de « prétendre ». En anglais « to pretend » signifie « faire semblant » : « he pretended to be a doctor » veut dire qu’il jouait la comédie. Pour « il prétend avoir des preuves », écrivez « he claims to have evidence ».
  • Traiter « information » comme un dénombrable. On n’écrit ni « an information » ni « informations » ; les formes correctes sont « information », « a piece of information » ou « some information ». La même règle vaut pour « evidence », « advice » et « news ».
  • Confondre bulle de filtres et chambre d’écho. La première désigne le tri opéré par un algorithme sur ce que l’on VOIT ; la seconde, l’effet d’un groupe qui ne renvoie que ses propres opinions. Une chambre d’écho peut exister sans aucun algorithme — un dîner de famille en produit une.
  • Conclure qu’il n’y a plus de vérité possible. C’est le contresens exact de la notion de « post-truth », qui ne dit pas que la vérité n’existe plus, mais qu’elle a perdu son pouvoir de décision dans le débat public. Une copie qui écrit « everyone has their own truth » sans distance a validé la thèse qu’on lui demandait d’examiner.

§ 03

Révision active

Un ami vous envoie une capture d’écran d’un message affirmant qu’une décision importante a été prise en secret, avec la mention « les médias n’en parlent pas, ça prouve bien quelque chose ». Rédigez en anglais votre réponse (une centaine de mots) : au lieu de dire qu’il a tort, expliquez-lui le RAISONNEMENT qui rend cette affirmation impossible à réfuter, puis proposez-lui deux gestes concrets de vérification. Le ton doit rester amical : vous cherchez à garder l’échange ouvert, pas à gagner.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Tackling online disinformation — définitions officielles de la désinformation et de la mésinformation retenues par la Commission européenne (Commission européenne — Shaping Europe’s digital future) · The 2022 Code of Practice on Disinformation — code établi en 2018, renforcé en 2022 et intégré comme code de conduite au règlement sur les services numériques le 13 février 2025 (Commission européenne — Shaping Europe’s digital future)

§ 04
§ 04

Précautions sémantiques : inclusion, censure ou trahison ?#

~10 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-4-Enjeux-et-formes-de-la-communication

Six degrees of editorial intervention

Six degrés d’intervention éditorialeroue segmentée, 6 segments, Données: Rééditer un texte ancien, Réimprimer tel quel, Ajouter une préface, Ajouter un avertissement, Remplacer un mot, Supprimer un passage, Publier les deux versionsRéimprimer tel quelrien ne changeAjouter une préfacereplacer l’époqueAjouter un avertissementavant le texteRemplacer un motle texte changeSupprimer un passagele texte se réduitPublier les deux versionsle lecteur choisitRééditer un texte ancien
Fig. 7L’échelle des interventions possibles sur un texte ancien, de la plus légère à la plus lourde, avant la seule option qui ne tranche pas. Le secteur mis en valeur est celui de la double édition — la solution effectivement retenue par Penguin pour Roald Dahl en 2023.

Points clés

Le dernier objet d’étude de l’axe pose une alternative à trois branches : « Les précautions sémantiques dans les œuvres : inclusion, censure ou trahison ? » Une précaution sémantique est une intervention sur les MOTS d’un texte — remplacer, retrancher, adoucir — au nom du lecteur d’aujourd’hui. Trois lectures s’affrontent : c’est de l’INCLUSION, si le but est qu’un lecteur ne soit plus blessé par le livre qu’on lui met dans les mains ; c’est de la CENSURE, si modifier un texte publié revient à effacer une trace de son époque ; c’est une TRAHISON, si l’auteur, mort, ne peut plus consentir. Une copie de niveau B2 tient les trois et se prononce à la fin, pas au début.
Le vocabulaire technique est ici la moitié du travail. « A euphemism » est un mot doux mis à la place d’un mot dur (« passed away » pour « died »). « To expurgate » et « to sanitise » désignent le nettoyage d’un texte ; « an expurgated edition » est le terme des bibliothèques. « A sensitivity reader » est un relecteur chargé de signaler ce qui risque de blesser un lectorat donné avant publication — la fonction n’a pas d’équivalent français fixé. « A content warning » est un avertissement placé AVANT le texte, qui ne modifie rien à l’intérieur. « A slur » est un terme injurieux visant un groupe. Enfin, « to reclaim a word » désigne la réappropriation, sur laquelle nous revenons.
L’année 2023 a fourni deux cas d’école, et il faut s’en tenir à ce qui est établi. En février 2023, Puffin, l’imprint jeunesse de Penguin Random House, annonce des rééditions de Roald Dahl dont le texte a été modifié après un travail de relecture de sensibilité, portant notamment sur le poids, la santé mentale, le genre et la race, dans des titres comme « Charlie and the Chocolate Factory » et « The BFG ». Devant les réactions, l’éditeur annonce qu’il publiera EN PARALLÈLE la « Roald Dahl Classic Collection », dix-sept titres reprenant le texte d’origine, afin que le lecteur choisisse sa version. La même année, les romans de James Bond d’Ian Fleming sont réédités par Ian Fleming Publications pour le soixante-dixième anniversaire de « Casino Royale » (1953), après relecture : des formulations raciales ont été retirées ou remplacées, et les volumes portent une mention liminaire signalant que le texte a été écrit à une époque où de telles formulations étaient courantes. Ne dites rien de plus : ni le détail des passages, ni les motivations attribuées aux ayants droit.
Ces deux cas rendent visible la vraie question, qui n’est pas « faut-il changer les mots ? » mais « à quel degré d’intervention s’arrête-t-on ? » Un éditeur dispose en réalité d’une échelle : réimprimer sans rien changer ; ajouter une préface qui replace le texte dans son époque ; ajouter un avertissement de contenu ; remplacer un mot ; supprimer un passage ; publier les deux versions. Les cinq premiers degrés sont exclusifs les uns des autres, le sixième est la seule réponse qui ne tranche pas — et c’est celle que Penguin a choisie. Notez qu’une distinction juridique traverse tout le débat : la CENSURE suppose une autorité qui INTERDIT, tandis qu’une révision éditoriale est une décision privée d’un éditeur qui, par ailleurs, ne retire de la circulation aucune édition ancienne.
La RÉAPPROPRIATION obéit à une règle que les copies manquent presque toujours : la valeur d’un mot dépend de QUI PARLE. Un terme longtemps injurieux repris par le groupe qu’il visait change de fonction — il devient une revendication d’appartenance. Le mot « queer », insulte pendant la plus grande partie du XXe siècle, a été revendiqué par des militants puis normalisé jusqu’à figurer dans des intitulés universitaires (« queer studies »). Mais la réappropriation ne rend PAS le mot disponible pour tout le monde : employé de l’extérieur du groupe, il redevient ce qu’il était. En anglais, on distingue ainsi « in-group use » et « out-group use », et c’est cette asymétrie, non le mot lui-même, qui constitue le fait de langue.
Du côté de l’inclusion positive, il existe des recommandations institutionnelles concrètes, qu’il vaut mieux citer qu’inventer. L’Organisation des Nations unies publie des lignes directrices pour un langage inclusif du point de vue du genre dans ses six langues officielles ; pour l’anglais, elles recommandent notamment « chair » ou « chairperson » au lieu de « chairman », « humankind » au lieu de « mankind », « police officer » au lieu de « policeman », et l’emploi du « singular they » lorsque le genre de la personne n’est pas connu ou n’est pas pertinent. Ce dernier point est un fait de langue à sécuriser : « if a student forgets their book, they should tell their teacher » est correct et attendu — ce « they » singulier est ancien en anglais et n’a rien d’une invention récente.
Méthode pour la question « Is this censorship? » : ne répondez jamais par oui ou par non d’emblée. Définissez d’abord (une autorité qui interdit ? un éditeur qui modifie ?), distinguez ensuite ce qui est en jeu selon le PUBLIC visé — un album pour enfants de six ans et une édition savante ne posent pas le même problème —, et concluez par une position argumentée. Les charnières de nuance attendues : « there is a case for » (on peut soutenir que), « the real question is not… but… », « it depends on whether », « unlike », « whereas ». Un correcteur crédite la distinction, pas l’indignation.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a sensitivity reader/ə ˌsensəˈtɪvəti ˈriːdə/un relecteur de sensibilitéRelecteur chargé de signaler avant publication ce qui risque de blesser un lectorat. Ne confondez pas avec « a sensitive reader », qui désigne un lecteur émotif.
  • to expurgate/tʊ ˈekspɜːɡeɪt/expurgerRegistre soutenu ; « an expurgated edition » est le terme employé par les bibliothèques. Le synonyme courant est « to sanitise ».
  • a euphemism/ə ˈjuːfəmɪzəm/un euphémismeAdjectif « euphemistic », adverbe « euphemistically ». Exemple standard : « passed away » pour « died ».
  • offensive/əˈfensɪv/blessant, injurieuxFaux ami : ne signifie pas « offensif ». « I found the wording offensive » veut dire « je l’ai trouvée blessante ».
  • to reclaim a word/tə rɪˈkleɪm ə wɜːd/se réapproprier un motS’emploie pour un terme injurieux repris par le groupe visé : « a reclaimed slur ». La réappropriation ne vaut que pour l’usage interne au groupe.
  • a content warning/ə ˈkɒntent ˈwɔːnɪŋ/un avertissement de contenuSouvent abrégé en « CW ». Il se place AVANT le texte et ne modifie rien à l’intérieur : c’est le degré d’intervention le plus faible.
  • wording/ˈwɜːdɪŋ/la formulation, le choix des motsIndénombrable : « the wording was changed in the new edition », jamais « the wordings ». C’est le mot juste pour parler d’une précaution sémantique.
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Exemple corrigé

Answering “Was the 2023 Roald Dahl decision censorship?”

In English, answer the question “Was the 2023 decision to revise Roald Dahl’s books censorship?” in about twelve sentences. Define your terms, use only what is documented, weigh both sides, and reach a position.

  1. 01Define before you judge

    Open on the definition, because the whole answer turns on it: « Censorship means that an authority prevents a work from circulating. What happened in 2023 was different: a publisher revised its own editions. Whether that is enough to call it censorship is exactly what has to be examined. »

  2. 02State only what is established

    Keep to the record: « In February 2023, Puffin, the children’s imprint of Penguin Random House, announced revised editions of Roald Dahl in which passages about weight, mental health, gender and race had been changed. After a public reaction, the publisher announced that seventeen titles would also appear unchanged as the Roald Dahl Classic Collection. » No invented detail, no attributed motive.

  3. 03Weigh the two strongest arguments

    Give each side its best case: « The argument for revision is that these are books handed to six-year-olds, and a child does not read a historical document, only a story. The argument against is that a text is evidence of the time that produced it, and that smoothing it removes the very thing a reader might learn from. »

  4. 04Let the parallel edition settle the definition

    Conclude by using the fact, not a feeling: « The parallel edition is what decides the question for me. Because the original text remains available, nothing has been suppressed, so this is editorial revision rather than censorship. It would be a different matter if the older editions had been withdrawn. » The conclusion names what would change the answer, which is what a nuanced position looks like.

Résultat : La réponse attendue commence par DÉFINIR la censure, s’en tient strictement aux faits établis de février 2023 (Puffin, texte modifié, puis dix-sept titres au texte d’origine), donne à chaque camp son meilleur argument, et conclut en s’appuyant sur un FAIT — la survie de l’édition d’origine — plutôt que sur une opinion. Le dernier mouvement, « il en irait autrement si… », est ce qui distingue une position nuancée d’une position tiède.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : distinguer explicitement la CENSURE (une autorité interdit) de la RÉVISION ÉDITORIALE (un éditeur modifie et republie) avant de porter le moindre jugement sur les rééditions de 2023.
  • Objectif Bac : restituer avec exactitude ce qui est établi du cas Roald Dahl — Puffin, février 2023, rééditions modifiées, puis publication parallèle de la « Roald Dahl Classic Collection » en dix-sept titres au texte d’origine — sans y ajouter de détail invérifiable.
  • Objectif Bac : nommer l’échelle des interventions possibles sur un texte ancien, de la réimpression inchangée à la double édition, et situer sur cette échelle le choix réellement fait par l’éditeur.
  • Objectif Bac : expliquer la règle de la réappropriation — la valeur d’un terme dépend de qui l’emploie, usage interne au groupe ou externe — et en tirer une conséquence pratique pour un locuteur non concerné.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : employer correctement le « singular they » et les formes non genrées recommandées par les lignes directrices de l’ONU (chairperson, humankind, police officer) dans une production écrite.

Erreurs fréquentes

  • Appeler « censure » toute modification d’un texte. La censure suppose une autorité qui INTERDIT la circulation d’une œuvre ; un éditeur qui publie une version révisée tout en laissant paraître l’originale fait autre chose. Employez « editorial revision » ou « an expurgated edition » pour le second cas et gardez « censorship » pour le premier.
  • Traiter « offensive » comme le français « offensif ». En anglais, « offensive » signifie « blessant, injurieux » : « many readers found the passage offensive. » Pour l’idée d’attaque, employez « an offensive » comme NOM, ou l’adjectif « aggressive ».
  • Écrire « a sensitive reader » pour « a sensitivity reader ». Le premier désigne un lecteur émotif ; le second, la fonction éditoriale. De même, « sensible » en anglais signifie « raisonnable » et non « sensible », qui se dit « sensitive ».
  • Croire qu’un mot réapproprié est devenu disponible pour tout le monde. La réappropriation vaut à l’intérieur du groupe visé ; employé de l’extérieur, le terme redevient une insulte. Une copie qui l’ignore commet une faute de registre, pas seulement de lexique.
  • Conclure par une opinion non argumentée du type « you should never change a book ». La question du programme est une alternative à trois branches, et le sujet impose la nuance : le public visé, la nature de l’édition et l’existence ou non d’une version d’origine changent la réponse. Sans ces distinctions, la copie n’a pas traité l’objet d’étude.

§ 04

Révision active

Vous êtes membre du comité de lecture d’une maison d’édition qui va rééditer un roman d’aventures des années 1930, très lu par les collégiens, contenant plusieurs passages aujourd’hui jugés blessants. Rédigez en anglais une recommandation de dix à douze phrases adressée à la direction : nommez le degré d’intervention que vous proposez sur l’échelle éditoriale, donnez deux raisons pour, anticipez l’objection la plus forte et répondez-y. Le texte doit être une recommandation professionnelle, pas une dissertation.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Gender-inclusive language — lignes directrices des Nations unies pour un langage inclusif du point de vue du genre, avec les recommandations propres à l’anglais (Organisation des Nations unies) · Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 4 « Enjeux et formes de la communication », objets d’étude et activités langagières (Ministère de l’Éducation nationale)

§ 05
§ 05

Formes de la communication et boîte à outils#

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The CEFR ladder for language A

Le niveau visé en langue vivante Apyramide, 4 niveaux, Données: A2, B1, B1+ fin de première, B2 fin de terminaleA2échanges simplesB1sujets familiersB1+ fin de premièrepoint de vue justifiéB2 fin de terminaleargumentation méthodique
Fig. 8Le niveau visé par le programme en langue vivante A : B1+ en fin de première, B2 en fin de terminale. Le sommet est mis en valeur parce que c’est la cible du cycle. Rappel de l’attestation : le niveau global n’est atteint que s’il l’est dans les QUATRE activités langagières.

Points clés

Cette section relie l’axe aux ACTIVITÉS LANGAGIÈRES, parce que « les formes de la communication » ne sont pas seulement un objet d’étude : ce sont aussi les formes que prend votre propre travail. Le programme fixe le cap pour la langue vivante A : niveau B1+ visé en fin de première, niveau B2 en fin de terminale. Les activités sont la compréhension de l’oral et de l’écrit, l’expression orale et écrite, et l’interaction accompagnée de la MÉDIATION — cette dernière consistant à rendre un contenu accessible à quelqu’un d’autre : résumer, reformuler, expliciter une référence culturelle, rendre compte.
Ce que le programme entend par B2 en COMPRÉHENSION est précis, et c’est ce qui est attendu de vous : comprendre les points principaux de textes et d’interventions complexes et d’une certaine longueur, « en distinguant faits et points de vue, en identifiant des détails pertinents, en repérant la structuration chronologique, discursive et argumentative », et identifier « le ton, l’humeur, l’intention ou le point de vue du locuteur ». Le programme ajoute une stratégie décisive pour cet axe : « repérer des marqueurs stylistiques permettant d’accéder à l’intention non immédiatement explicite de l’auteur (emphase, ironie, etc.) ». Autrement dit, entendre ce qui n’est pas dit.
En EXPRESSION, le niveau B2 se reconnaît à trois gestes que vous pouvez travailler séparément. D’abord ARGUMENTER EN TENANT COMPTE D’AUTRUI : le programme demande de « prendre en compte d’autres opinions » et d’organiser son propos « de manière simple, mais méthodique et nuancée ». Ensuite EXPOSER DES POINTS DE VUE OPPOSÉS en dégageant des pistes d’entente : “I can see your point about…, yet I differ from you on its scope. However, we may be in agreement as for…” Enfin ÉTABLIR UNE CORRÉLATION, structure typiquement anglaise que les copies françaises n’emploient presque jamais : “the more people lived in the margins of society, the more suspect they became”, ou “as the need grew, so did the paranoia”.
L’évaluation de la LVA est le point où circulent le plus d’erreurs, y compris dans les manuels. Il n’existe PAS d’épreuve terminale nationale de langue vivante A : pour les candidats scolaires, l’enseignement est évalué en CONTRÔLE CONTINU, par les moyennes annuelles portées au livret scolaire. Le coefficient est de 3 en première et de 3 en terminale, soit 6 pour l’ensemble du cycle terminal — et non 6 sur la seule année de terminale. Les candidats dits INDIVIDUELS, eux, passent des évaluations ponctuelles organisées par leur académie d’inscription, leurs notes de l’année n’étant pas prises en compte ; pour les langues vivantes A et B, ces évaluations sont définies par la note de service du 3 juillet 2026 (NOR MENE2618195N, BO n° 30 du 23 juillet 2026), applicable à compter de la session 2027 : un écrit d’une heure trente hors temps d’écoute et un oral de dix minutes précédé de dix minutes de préparation.
Tous les candidats reçoivent en outre une ATTESTATION DE LANGUES VIVANTES, délivrée en LVA et en LVB après la publication des résultats, dans l’espace candidat Cyclades. Elle situe votre niveau dans QUATRE activités langagières — compréhension de l’oral, expression orale en continu et en interaction, compréhension de l’écrit, expression écrite — et la règle du niveau global mérite d’être connue mot pour mot : « Le candidat obtient un niveau de compétences global (A2, B1, etc.) s’il atteint ce niveau dans les quatre activités langagières ; s’il atteint un niveau supérieur dans au moins l’une des activités langagières, le niveau global est accompagné du signe “+”. » Le niveau est apprécié par vos professeurs à la fin de l’année de terminale, sans évaluation supplémentaire. Conséquence stratégique : c’est votre activité la plus FAIBLE qui fixe le niveau global, pas la plus forte.
La boîte à outils, enfin. Pour l’écrit : des connecteurs de hiérarchisation (« first and foremost », « above all »), de concession (« admittedly », « granted »), de contraste (« whereas », « unlike », « by contrast »), de conséquence (« hence », « as a result ») et de reformulation (« to put it another way », « in other words »). Pour l’oral, deux points de prononciation rapportent immédiatement. L’ACCENT DE MOT peut changer la catégorie grammaticale : « a RECord » (nom) contre « to reCORD » (verbe), « an INcrease » contre « to inCREASE », « a CONflict » contre « to conFLICT ». Et les MOTS OUTILS (articles, auxiliaires, prépositions) sont INACCENTUÉS et se réduisent à un schwa : c’est le rythme, plus que les sons individuels, qui rend un anglais intelligible.
Méthode de médiation, puisque le programme la place au cœur de la terminale. Rendre compte d’un document pour quelqu’un qui ne l’a pas lu se fait en quatre temps : dire ce que c’est (nature, source, date), dire ce qu’il affirme, expliciter la référence culturelle que votre interlocuteur ne possède pas, puis signaler ce qui relève de la prise de position de l’auteur. C’est ce quatrième temps qui distingue un résumé d’une médiation, et le programme le nomme explicitement parmi les stratégies de niveau B2 : « distinguer dans les énoncés ce qui relève de l’information et de la prise de position de l’auteur ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • to hedge/tə hedʒ/nuancer, prendre des précautions de langageLe nom « hedging » désigne l’emploi des modaux et adverbes de prudence (may, might, arguably) attendu au niveau B2.
  • to put it another way/tə ˈpʊt ɪt əˈnʌðə weɪ/autrement dit, pour le dire autrementCharnière de reformulation en médiation, plus naturelle que « in other words » répété. Se place en tête de phrase, suivie d’une virgule.
  • word stress/ˈwɜːd stres/l’accent de motIl porte la catégorie grammaticale : « a RECord » (nom) contre « to reCORD » (verbe). L’erreur d’accent coûte plus que l’erreur de son.
  • to report back/tə rɪˈpɔːt bæk/rendre compteL’acte de médiation par excellence : « I will report back on what the article actually says. » Verbe à particule inséparable.
  • whereas/weərˈæz/alors que, tandis queConnecteur de contraste attendu au B2 : il relie deux propositions COMPLÈTES, à la différence de « unlike », qui se construit avec un groupe nominal.
  • to sum up/tə ˈsʌm ʌp/récapituler, en résuméCharnière de clôture : « to sum up, three points stand out. » Le nom correspondant est « a summary », jamais « a resume ».
  • a filler/ə ˈfɪlə/un mot de remplissage« Well », « you know », « like » : tolérés en interaction, ils font perdre des points en expression orale en continu lorsqu’ils remplacent la structure.
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Exemple corrigé

Mediating an English article for someone who has not read it

A classmate from another group asks you what an English-language article on a proposed social-media law says. You have read it; they have not. In English, report it back in four moves and finish by opening the discussion.

  1. Move 1 — say what the document IS

    Never start with the content: « This is an opinion piece published last month in a British newspaper, written by a media-law researcher. » Nature, source and date come first, because they tell your listener how much weight to give everything that follows.

  2. Move 2 — give the content, ordered

    Hierarchise instead of listing: « Its main point is that the proposed law would make platforms, and not users, responsible for illegal content. It gives two supporting arguments: platforms have the technical means, and users cannot be traced reliably. » One main point, then the support.

  3. Move 3 — make the cultural reference explicit

    This is the step French candidates skip: « The article assumes you know what the House of Lords is. It is the second chamber of the British Parliament, and it can delay a bill but not block it indefinitely. That is why the author says the timetable matters. » Explaining an implicit reference for someone else is precisely what mediation means.

  4. Move 4 — separate the facts from the stance

    Close the report honestly: « The figures on removal times are facts, and they are sourced. But the claim that the law would end the problem is the author’s own position, not something the article proves. What do you think — should responsibility sit with the platform or with the user? » The question hands the exchange over, which is what interaction requires.

Résultat : Une médiation réussie se reconnaît à ses quatre mouvements : nature et source AVANT le contenu, contenu hiérarchisé et non listé, référence culturelle explicitée pour un interlocuteur qui ne la possède pas, et distinction finale entre ce que le document ÉTABLIT et ce que son auteur SOUTIENT. La question ouverte n’est pas un ornement : elle transforme un exposé en interaction, ce que le programme attend en terminale.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : retenir que la LVA n’a pas d’épreuve terminale nationale pour les candidats scolaires et que son coefficient est de 3 en première ET de 3 en terminale, soit 6 pour le cycle — jamais 6 sur la seule année de terminale.
  • Objectif Bac : énoncer la règle du niveau global de l’attestation de langues vivantes — quatre activités langagières, niveau global atteint seulement s’il l’est dans les quatre, signe « + » si l’une les dépasse — et en tirer la conséquence : travailler d’abord son activité la plus faible.
  • Objectif Bac : distinguer, dans un document en anglais, ce qui relève de l’information et ce qui relève de la prise de position de l’auteur, stratégie explicitement listée au niveau B2 par le programme.
  • Objectif Bac : produire une corrélation en anglais avec « the more…, the more… » ou « as…, so… », structure attendue au niveau B2 et presque absente des copies françaises.
  • Objectif Bac : rendre compte d’un document pour un interlocuteur qui ne l’a pas lu en quatre temps — nature et source, contenu, référence culturelle explicitée, prise de position signalée — ce qui constitue une médiation et non un résumé.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que la LVA compte « coefficient 6 en terminale ». Le 6 est le TOTAL du cycle terminal : 3 en première et 3 en terminale. L’erreur est fréquente dans les fiches de révision et elle fausse tout calcul de moyenne.
  • Affirmer qu’il n’existe « aucune épreuve » de langue vivante au baccalauréat. C’est vrai des candidats SCOLAIRES ; les candidats individuels passent des évaluations ponctuelles organisées par leur académie, et leurs notes de l’année ne sont pas prises en compte.
  • Placer l’accent sur la mauvaise syllabe des paires nom / verbe. « A RECord » contre « to reCORD », « an INcrease » contre « to inCREASE » : l’accent porte la catégorie grammaticale, et l’erreur rend la phrase difficile à suivre même si tous les sons sont justes.
  • Traduire « actuellement » par « actually ». « Actually » signifie « en fait, en réalité » ; pour « actuellement », employez « currently » ou « at present ». De même, « eventually » signifie « finalement » et non « éventuellement », qui se dit « possibly ».
  • Réciter une opinion sans jamais prendre en compte celle d’autrui. Le niveau B2 exige d’argumenter « en prenant en compte d’autres opinions » : une production qui n’anticipe aucune objection reste évaluée en dessous du niveau visé, même sans faute de langue.

§ 05

Révision active

Prenez le dernier document travaillé en cours d’anglais et faites-en, en anglais et à l’oral, une restitution de deux minutes destinée à un élève d’une autre classe qui ne l’a pas vu. Contraintes : vos quatre premières phrases doivent couvrir successivement la nature et la source, le contenu, une référence culturelle explicitée, et la prise de position de l’auteur ; vous devez employer une corrélation en « the more…, the more… » et terminer par une question ouverte adressée à votre interlocuteur. Enregistrez-vous, puis réécoutez en ne surveillant qu’une chose : l’accent de mot.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 4 « Enjeux et formes de la communication », objets d’étude et activités langagières (Ministère de l’Éducation nationale) · Cadre réglementaire des évaluations au baccalauréat — mémento (septembre 2025) : contrôle continu, coefficients du cycle terminal, candidats individuels et attestation de langues vivantes (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01L’anglais, langue-monde○
    • 02Forme et portée du discours politique◐
    • 03Chacun sa vérité ? Complotisme et vérification◐
    • 04Précautions sémantiques : inclusion, censure ou trahison ?●
    • 05Formes de la communication et boîte à outils◐

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Enjeux et formes de la communication

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~51
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Compétences
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Références et sources

Sources

Eurostat — Commission européenne

  • Upper secondary education: 60% study 2 or more languages — anglais, espagnol, allemand, français et italien dans le secondaire supérieur de l’UE en 2023 (jeu de données educ_uoe_lang01)

Ministère de l’Éducation nationale

  • Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) : classe terminale, axe 4 « Enjeux et formes de la communication », objets d’étude et activités langagières

Hansard — Parlement du Royaume-Uni

  • WAR SITUATION — compte rendu officiel du discours de Winston Churchill à la Chambre des communes, HC Deb 04 June 1940, vol. 361, col. 787-798

Library of Congress

  • Gettysburg Address — exposition en ligne : circonstances du 19 novembre 1863, lettre d’Edward Everett et transcriptions des copies manuscrites conservées

U.S. National Archives and Records Administration

  • Official Program for the March on Washington (1963) — programme du 28 août 1963 au Lincoln Memorial et contexte de la marche

Commission européenne — Shaping Europe’s digital future

  • Tackling online disinformation — définitions officielles de la désinformation et de la mésinformation retenues par la Commission européenne
  • The 2022 Code of Practice on Disinformation — code établi en 2018, renforcé en 2022 et intégré comme code de conduite au règlement sur les services numériques le 13 février 2025

Organisation des Nations unies

  • Gender-inclusive language — lignes directrices des Nations unies pour un langage inclusif du point de vue du genre, avec les recommandations propres à l’anglais

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Cadre réglementaire des évaluations au baccalauréat — mémento (septembre 2025) : contrôle continu, coefficients du cycle terminal, candidats individuels et attestation de langues vivantes

Voir aussi

  • Citoyenneté et mondes virtuelsLe discours politique a changé de support : les réseaux sont l’autre moitié de cet axe.
  • Activités langagières et médiationAnalyser un acte de communication, c’est exactement ce que le programme appelle la médiation.
  • Le Royaume-Uni et ses nationsLa BBC et l’accent : le cas d’école d’une langue qui fédère et qui hiérarchise à la fois.

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Fictions et réalités

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Citoyenneté et mondes virtuels

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