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Fiches/Anglais (LVA)/Fictions et réalités
FR · Bac

Fictions et réalités

Axe 3 du programme d’anglais de TERMINALE (arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025, annexe 4). Le programme le formule en deux questions : « Comment s’articulent réalité et fantasme dans la construction d’un récit national ? Dans quelle mesure la fiction se nourrit-elle du réel pour le questionner, le sublimer ou le réinventer ? » L’axe ne demande donc pas un cours d’histoire littéraire mais une compétence : savoir lire un récit — roman, film, série, discours, article — comme une VERSION du réel, dire ce qu’il éclaire et ce qu’il laisse dans l’ombre. Les cinq sections couvrent les quatre objets d’étude proposés : le rêve américain à travers la fiction et le questionnement d’un mythe, la société de classes britannique dans la fiction, la dystopie comme catharsis sociétale, et la science-fiction qui nourrit l’innovation scientifique. Cinq axes sur six doivent être traités dans l’année, dont obligatoirement l’axe 6 ; l’ordre reste au choix des professeurs. En LVA, le niveau visé en fin de terminale est le B2 du CECRL, et l’enseignement est évalué en contrôle continu — moyennes annuelles portées au livret scolaire, coefficient 3 en première et 3 en terminale, soit 6 sur l’ensemble du cycle terminal.

5 sections·~43 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 08/2026

T·101010 / 13
Profil d’examen
B2-lecture · Lire de manière autonome une grande variété de textes et parcourir rapidement plusieurs types de textes en parallèle pour en relever les points pertinents : extrait de roman, critique, entretien d’auteur, synopsis.B2-ecoute · Comprendre la plupart des reportages ou des films en langue standard et identifier le ton, l’humeur, l’intention ou le point de vue du locuteur — l’ironie d’un narrateur, l’ambiguïté d’un personnage.B2-analyse · Repérer les marqueurs stylistiques qui donnent accès à l’intention non immédiatement explicite de l’auteur (emphase, ironie) et distinguer, dans un énoncé, ce qui relève de l’information et ce qui relève de la prise de position.B2-argumentation · Développer méthodiquement une argumentation en mettant en évidence les points significatifs et les éléments pertinents, par exemple pour écrire une critique de film ou de livre ou pour produire une synthèse.B2-narration · Raconter une histoire ou faire le récit d’une expérience en recherchant des effets de style simples — emphase, incise, ellipse, anaphore — et en adaptant la structure narrative aux effets recherchés.
Opérateurs :comprendre (réception d'un extrait fictionnel, niveau B2)raconter / résumer (restituer une intrigue, un mythe)analyser (narrateur, point de vue, symbole, procédés)interpréter / dégager le sens (ce que la fiction dit du réel)argumenter (produire un texte ou un exposé nuancé)comparer / confronter (mythe vs réel, deux dystopies, deux points de vue)rendre compte / reformuler (médiation d'un récit)

niveau de base

Cet axe relève de l'enseignement COMMUN d'anglais (LVA), évalué en contrôle continu : commencez par maîtriser le vocabulaire du récit (plot, character, narrator, setting, point of view, symbol, fiction vs reality) et quelques repères sûrs (le mythe arthurien, l'American Dream, « 1984 » d'Orwell, un super-héros). Entraînez-vous à RACONTER un mythe ou un récit simplement, puis à dire ce qu'il signifie (quelle valeur, quelle mise en garde) — la fiction parle toujours du réel.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (élève de spécialité LLCER-anglais ou candidat au Grand oral) : reliez plusieurs œuvres pour construire une problématique nuancée (« Why do societies need myths? », « Can a dystopia be a warning about our own world? », « Do we still need heroes? »), comparez deux dystopies (Orwell vs Huxley : contrôle par la peur vs par le plaisir) et entraînez-vous à la médiation (raconter et interpréter un récit). Attention : la spécialité LLCER comporte une épreuve terminale propre, distincte de la LVA — ne confondez pas les deux exigences.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Fictions et réalités
    • 01Mythes et récits fondateurs○
    • 02Héros et figures de l'imaginaire◐
    • 03Fiction et réalité : dystopies et science-fiction◐
    • 04Le pouvoir des récits sur le réel◐
    • 05Œuvres clés et méthode d'analyse littéraire◐

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Mythes et récits fondateurs#

~8 min de lecture●○○BaseBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-3-Fictions-et-réalités

Ce que fait un récit fondateur

Ce que fait un récit fondateurArbre de probabilité, 4 chemins, Données: Explique des origines → d’où nous venons; Transmet des valeurs → ce qui est admirable; Transmet des valeurs → ce qui est méprisable; Occulte une part du réel → quelle voix manque ?Explique des originesTransmet des valeursOcculte une part du réelUn récit fondateurd’où nous venonsce qui est admirablece qui est méprisablequelle voix manque ?
Fig. 1Un mythe fait quatre choses à la fois, et la quatrième est celle qu’on oublie d’analyser. Éclairer et occulter ne sont pas deux mythes différents : ce sont deux effets du même récit.

Points clés

Le programme propose comme objet d’étude « Le rêve américain à travers la fiction : le questionnement d’un mythe », et le mot décisif est questionnement. Un mythe fondateur — “a founding myth”, “a founding narrative” — est un récit collectif qui explique des origines, transmet des valeurs et soude une communauté. Il n’est pas un mensonge : il dit une vérité symbolique sur ce qu’un groupe espère et redoute, même quand il n’est pas exact historiquement. Traiter l’American Dream de “a lie” appauvrit donc l’analyse ; la formule attendue au niveau B2 est plus fine : “a powerful myth that both inspires people and hides the obstacles many of them face”.
L’American Dream tient en une promesse : avec du travail et du courage, chacun peut réussir, quelle que soit son origine. Ses images sont connues — le “self-made man”, le passage “from rags to riches”, la frontière comme territoire neuf à conquérir, la Statue of Liberty accueillant les arrivants. Sa fonction est réelle : ce récit unit une nation d’immigrants autour d’une promesse commune et explique pourquoi on vient. Mais il porte aussi une contrepartie logique et cruelle : si chacun peut réussir, alors celui qui échoue n’a qu’à s’en prendre à lui-même. C’est exactement cette contrepartie que la fiction américaine met en scène.
C’est pourquoi les grandes œuvres du corpus ne célèbrent pas le mythe : elles le mettent à l’épreuve. Le narrateur de “The Great Gatsby”, de F. Scott Fitzgerald, raconte l’ascension d’un homme dont la fortune ne rachète jamais l’origine. “Death of a Salesman”, d’Arthur Miller, met en scène Willy Loman — que le programme cite lui-même en exemple, avec son fils Biff — un représentant de commerce dont le but est la réussite sociale et dont le fils veut un travail manuel qui ait du sens. La fiction ne dit pas que le rêve est faux : elle montre ce qu’il coûte à ceux qui y croient sans l’atteindre.
Le mythe de la Frontière fonctionne de la même manière : il héroïse le pionnier et le territoire à conquérir, et cette héroïsation suppose que le territoire soit vide. C’est là qu’un mythe ne se contente pas d’éclairer : il OCCULTE. Les peuples autochtones y deviennent un décor ou un obstacle. La question critique de l’axe s’applique donc à tout récit fondateur, et il faut savoir la poser en anglais : “Whose story is this, and what does it leave out?” Un mythe éclaire et occulte du même mouvement — ce n’est pas une objection au mythe, c’est sa définition.
Méthode de présentation d’un mythe, en quatre gestes et dans cet ordre. RACONTER brièvement : “The legend tells how…”, au présent de narration ou au prétérit selon le registre. NOMMER les figures et les symboles : le self-made man, la frontière, la statue. DÉGAGER la valeur et la fonction : “it embodies hope and individual effort”, “it unites a nation of immigrants”. QUESTIONNER enfin : “However, it also hides…”. Sauter le quatrième geste, c’est réciter ; sauter les trois premiers, c’est dénoncer sans avoir décrit. Le niveau B2 attend les quatre.
Fait de langue de la narration : le présent de narration et les deux formes du passé habituel. Pour raconter un mythe on emploie couramment le présent — “Arthur draws the sword from the stone” — qui rend le récit vivant et intemporel. Pour un passé révolu et répété, l’anglais dispose de deux outils que le français fond dans l’imparfait : “used to” pour l’habitude désormais terminée (“people used to believe that the West was empty”) et “would” pour l’évocation d’un passé récurrent dans un récit (“every spring, the settlers would move further west”). Ne mets jamais “would” pour un état : on dit “there used to be”, jamais “there would be”.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a founding myth/ə ˈfaʊndɪŋ mɪθ/un mythe fondateurLe th final est sourd. Ne pas confondre avec “a foundation”, qui désigne une institution ou des fondations de bâtiment.
  • to embody/tu ɪmˈbɒdi/incarner (des valeurs)Accent sur la deuxième syllabe. Transitif direct : “the character embodies courage”, sans préposition.
  • to convey values/tə kənˈveɪ ˈvæljuːz/transmettre des valeursCollocation très rentable dans cet axe. “To convey” se dit d’un sens ou d’un message, pas d’un objet physique.
  • from rags to riches/frəm ræɡz tə ˈrɪtʃɪz/de la misère à la fortuneExpression figée, toujours au pluriel des deux côtés. Emploi typique : “a rags-to-riches story”, avec traits d’union en position d’adjectif.
  • a self-made man/ə ˌself meɪd ˈmæn/un homme qui s’est fait lui-mêmeFigure centrale du mythe américain. Le féminin “a self-made woman” existe et s’emploie ; le composé garde son trait d’union.
  • to leave out/tə liːv ˈaʊt/omettre, laisser de côtéVerbe à particule séparable : “what does it leave out?”, “it leaves them out”. Le cœur de la question critique de l’axe.
  • to live up to/tə lɪv ˈʌp tu/être à la hauteur de (une promesse, un idéal)Trois éléments obligatoires : “the country never lived up to its promise”. Très utile pour nuancer un mythe.
  • a rugged individualism/ə ˈrʌɡɪd ˌɪndɪˈvɪdʒuəlɪzəm/un individualisme âpre, celui du pionnier“Rugged” se prononce en deux syllabes avec un -ed sonore. Terme du discours politique américain, à citer comme tel.

Quatre récits fondateurs du monde anglophone

Quatre récits fondateursroue segmentée, 4 segments, Données: Récits fondateurs, Légende arthurienne, American Dream, Mythe de la Frontière, Terre d’accueilLégende arthuriennehonneur, loyauté, royauté justeAmerican Dreamtravail, chances égales, espoirMythe de la Frontièrecourage du pionnier, terre à conquérirTerre d’accueilEllis Island, la Statue of LibertyRécits fondateurs
Fig. 2Chaque aire anglophone a ses récits. Le rêve américain, segment mis en relief, est celui que le programme retient comme objet d’étude — précisément parce que la fiction ne cesse de le questionner.
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Exemple corrigé

Présenter l’American Dream comme un mythe, et le questionner

Consigne de type Bac : “In English, present the American Dream as a founding myth of the United States: say what it is, name its key images, show what values it conveys — and how it can both inspire people and hide a harsher reality.”

  1. 01Nommer le genre avant le contenu

    Le premier mot fait la différence : “The American Dream is a founding myth of the United States — not a description of how the country works, but a story it tells about itself: the belief that anyone, whatever their origins, can succeed through work, courage and determination.” Poser le genre (“a myth”) évite d’avoir à choisir entre vrai et faux.

  2. 02Donner les images, pas des abstractions

    Un mythe se reconnaît à ses figures : “Its central image is the self-made man who rises from rags to riches. Behind him stands the frontier — a land waiting to be conquered — and, at the harbour, the Statue of Liberty receiving those who arrive.” Trois images valent mieux qu’un paragraphe de généralités.

  3. 03Dire la valeur ET la fonction

    Interpréter, ce n’est pas décrire : “The myth conveys hope, individual effort and equality of opportunity. Its function is to unite a nation of immigrants around one shared promise, and to explain why people crossed an ocean to get there.” Deux verbes suffisent : “conveys”, “unites”.

  4. 04Retourner le mythe contre lui-même

    La nuance attendue est logique, pas indignée : “However, the promise has a cost. If anyone can succeed, then whoever fails must be to blame. That is the reversal American fiction keeps staging: Willy Loman in Death of a Salesman is destroyed less by poverty than by the belief that he should have been somebody. The myth inspires and accuses with the same sentence.”

Résultat : La réponse pose d’abord le GENRE (un mythe, pas un fait), donne trois images concrètes, nomme la valeur et la fonction avec deux verbes précis, puis retourne le mythe par son implication logique — celui qui échoue devient coupable — et l’illustre par Willy Loman, exemple que le programme cite lui-même. Lexique attendu : a founding myth, to convey, to unite, from rags to riches.

Explication pas à pas2 étapes
  1. 1

    Un mythe n'est pas un mensonge : c'est une histoire qu'une communauté se raconte pour donner du sens à ce qu'elle est. Pour le comprendre, allez du récit à la valeur.

    a story→shared values→collective identity\text{a story} \to \text{shared values} \to \text{collective identity}a story→shared values→collective identity
  2. 2

    Demandez-vous toujours, devant un mythe fondateur : à qui appartient cette histoire, et qu'oublie-t-elle ?

    A myth lights up and leaves out

    Un mythe éclaire et occulteGraphe, Le mythe → Éclaire : valeurs, espoir, identité, Le mythe → Occulte : quelle histoire manque ?Le mytheÉclaire :valeurs, espoir,identitéOcculte : quellehistoire manque?

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : raconter en anglais un mythe fondateur du monde anglophone en quatre gestes — raconter, nommer les symboles, dégager la fonction, questionner — sans en omettre le dernier.
  • Objectif Bac : formuler la distinction entre “a myth” et “a lie” dans une phrase de niveau B2, et l’appliquer à l’American Dream sans le réduire ni à une vérité ni à une imposture.
  • Objectif Bac : montrer par un exemple précis qu’une fiction QUESTIONNE le mythe qu’elle raconte — Gatsby, Willy Loman — plutôt que de se contenter de l’illustrer.
  • Objectif Bac : poser en anglais la question critique de l’axe, “Whose story is this, and what does it leave out?”, et y répondre en nommant la voix absente.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : employer correctement le présent de narration, “used to” et “would” dans un même récit, et savoir expliquer pourquoi “would” est impossible avec un état.

Erreurs fréquentes

  • Écrire “the American Dream is a lie”. Un mythe n’est pas un mensonge : il dit une vérité symbolique sur les espoirs d’une communauté. La formulation attendue reconnaît les deux faces — “it both inspires people and hides real inequalities”.
  • Se contenter de RÉSUMER l’histoire sans dire ce qu’elle transmet. Raconter la quête du Graal ou l’ascension d’un self-made man ne vaut pas une analyse : le niveau B2 attend les valeurs, la fonction sociale, et ce que le récit laisse de côté.
  • Faute de langue : employer “would” pour un état passé — “there would be a strong belief in progress”. “Would” ne convient qu’aux actions répétées d’un récit ; pour un état on emploie “used to” : “there used to be a strong belief in progress”.
  • Faux ami : “actually” ne signifie pas « actuellement » mais « en fait, en réalité ». Pour « actuellement » on écrit “currently”, “at present”, “these days”. La confusion inverse le sens d’une phrase entière : “actually, the dream failed” dit tout autre chose que “currently, the dream is failing”.
  • Citer un titre sans jamais l’ouvrir. Deux œuvres réellement connues, dont on peut nommer un personnage, une scène et un procédé, valent mieux qu’une liste de six titres. Une énumération se repère immédiatement et ne rapporte rien.

§ 01

Révision active

Choisis un récit fondateur qui circule dans ta propre société — sur l’école, le travail, une région, une équipe. En anglais (B2, 150-180 mots), raconte-le brièvement, nomme la valeur qu’il transmet, puis identifie précisément qui il laisse hors du cadre. Emploie “to convey values”, “to leave out”, un “used to” et un présent de narration.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) (Ministère de l’Éducation nationale)

§ 02
§ 02

Héros et figures de l'imaginaire#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-3-Fictions-et-réalités

Héros et anti-héros : ce qui les sépare, ce qu’ils partagent

Héros et anti-hérosDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Le héros, L’anti-hérosLe hérosL’anti-hérosValeursclairesFaillible,ambiguUne épreuve
Fig. 3L’anti-héros n’est pas le contraire du héros : c’est le même dispositif narratif, privé de ses certitudes morales. L’intersection explique pourquoi les deux tiennent un récit.

Points clés

Un héros n’est pas d’abord quelqu’un qui accomplit des exploits : c’est un MIROIR. Ce qu’une société admire chez ses personnages centraux dit ce qu’elle valorise, et ce qu’elle leur pardonne dit ce qu’elle excuse. La question à poser devant toute figure héroïque n’est donc pas « qu’a-t-il fait ? » mais “What does this character stand for?”. C’est aussi la manière dont l’axe rejoint sa question directrice : la fiction se nourrit du réel « pour le questionner, le sublimer ou le réinventer », et le héros est précisément le lieu où elle SUBLIME — où elle rend admirable ce que la vie ordinaire rend seulement difficile.
Le super-héros est un mythe moderne, né de la bande dessinée américaine. Superman, Spider-Man, Captain America incarnent le bien contre le mal, le devoir, le sacrifice, parfois l’idéal national lui-même. Leur mécanique narrative est stable : un pouvoir, une responsabilité qui l’accompagne, un adversaire qui révèle le héros — “a villain” — et une identité double qui permet au lecteur ordinaire de s’identifier. Le super-héros fonctionne exactement comme les récits fondateurs de la section précédente : il transmet des valeurs sous forme de récit, et ses silences sont aussi éloquents que ses combats.
À l’opposé se tient l’anti-héros — “the anti-hero” : le personnage central d’un récit qui n’a PAS les qualités attendues d’un héros. Il est ordinaire, faillible, moralement ambigu, parfois franchement détestable, et c’est justement ce qui le rend “relatable”, proche de nous. Le déplacement du héros vers l’anti-héros n’est pas un caprice de mode : il rapproche la fiction du réel, où les choix se prennent dans des zones grises et non entre le bien et le mal. Une comparaison bien menée entre un héros classique et un anti-héros est l’un des exercices les plus rentables de l’axe.
Le monde britannique offre une troisième figure, essentielle pour le programme : le héros de CLASSE. Chez Dickens, le personnage central est très souvent un enfant pauvre — Oliver Twist, orphelin d’un hospice — dont le mérite est d’avoir survécu à une société qui le broie. Chez Ken Loach, le héros est un homme ordinaire aux prises avec une administration : “I, Daniel Blake”, Palme d’or au Festival de Cannes en 2016, tient tout entier sur ce déplacement — le héros est celui qui remplit un formulaire. Ces figures ne subliment pas : elles rendent visible ce que la société préfère ne pas regarder. C’est l’autre versant de la question du programme.
Méthode d’analyse d’une figure, en quatre points et jamais dans le désordre. Les VALEURS incarnées : “the character embodies courage and self-sacrifice”. L’ÉPREUVE ou la quête : “he must overcome…”, “she is faced with…”. L’ADVERSAIRE, qui révèle le héros autant qu’il s’y oppose. L’IDENTIFICATION : pourquoi le public se reconnaît-il, ou refuse-t-il de se reconnaître ? Le raccourci fréquent consiste à raconter les aventures et à s’arrêter là : énumérer les exploits de Spider-Man n’est pas une analyse tant qu’on n’a pas nommé la responsabilité comme valeur et le pouvoir comme fardeau.
Fait de langue : l’ordre des adjectifs et le lexique du portrait. L’anglais impose une séquence — opinion, taille, âge, forme, couleur, origine, matière, but — avant le nom : “a brave young Scottish soldier”, jamais “a Scottish young brave soldier”. Retiens les adjectifs de caractérisation les plus rentables ici : “flawed” (faillible), “relatable” (auquel on s’identifie), “morally ambiguous”, “ruthless” (impitoyable), “vulnerable”. Et pense aux structures de caractérisation que le programme donne en exemple pour le niveau B2 : “if Oliver is portrayed as gullible, Fagin is conversely depicted as sneaky and greedy”.

Vocabulaire

→ Cartes
  • flawed/flɔːd/imparfait, faillibleUne seule syllabe, le -ed ne se prononce pas séparément. Adjectif clé de l’anti-héros : “a deeply flawed protagonist”.
  • relatable/rɪˈleɪtəbl/auquel on peut s’identifierTerme courant de la critique contemporaine, sans équivalent bref en français. Ne pas confondre avec “related to”, qui dit un lien de parenté.
  • a role model/ə ˈrəʊl mɒdl/un modèle, une figure à imiterDeux mots séparés, sans trait d’union. Collocation attendue : “to serve as a role model for young readers”.
  • a villain/ə ˈvɪlən/un méchant, un antagonisteLe -ain final se prononce comme un schwa, pas comme le français « vilain ». Le héros n’existe souvent que face à lui.
  • to overcome/tu əʊvəˈkʌm/surmonter, triompher deIrrégulier : overcome / overcame / overcome. Transitif direct : “to overcome an ordeal”, sans préposition.
  • an ordeal/ən ɔːˈdiːl/une épreuve pénibleAccent sur la deuxième syllabe. Plus fort que “a test” : suppose la souffrance, ce qui en fait le mot du récit héroïque.
  • to stand for/tə ˈstænd fɔː/représenter, signifierLa question centrale de la section : “What does this character stand for?”. Ne signifie jamais « se tenir debout pour ».

De quoi une figure héroïque est faite

De quoi une figure héroïque est faiteGraphe, La figure héroïque → Les valeurs incarnées, La figure héroïque → L’épreuve à surmonter, La figure héroïque → L’adversaire qui la révèle, La figure héroïque → L’identification du publicLa figurehéroïqueLes valeursincarnéesL’épreuve àsurmonterL’adversaire quila révèleL’identificationdu public
Fig. 4Quatre entrées d’analyse, à parcourir dans cet ordre. Commencer par les valeurs interdit le résumé d’aventures, qui est le défaut le plus fréquent sur cette section.
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Exemple corrigé

Comparer un héros et un anti-héros, puis conclure sur le réel

Consigne de type Bac : “In English, explain the difference between a traditional hero and an anti-hero, using examples from the English-speaking world, and say why anti-heroes have become so popular in modern fiction.”

  1. 01Caractériser la figure classique

    Ouvrir par le repère stable : “A traditional hero — a superhero such as Superman or Captain America — embodies clear values: courage, justice and self-sacrifice. He faces a villain, overcomes an ordeal, and is meant to be looked up to. What he stands for is never in doubt.” La dernière phrase est celle qui analyse.

  2. 02Caractériser la figure moderne

    Enchaîner par le contraste explicite : “An anti-hero, by contrast, is the central character of a story but lacks those qualities. He or she is ordinary, flawed and often morally ambiguous, acting for selfish or doubtful reasons. The reader follows without necessarily approving — and that discomfort is the point.”

  3. 03Expliquer, ne pas seulement constater

    Donner la raison, pas le fait : “Anti-heroes have become popular because they are more relatable: a flawed character resembles us more than a perfect one. They also let fiction explore the grey areas where most real decisions are actually made, instead of a clean fight between good and evil.”

  4. 04Refermer sur la question de l’axe

    La conclusion doit revenir au programme : “In this way, the shift from heroes to anti-heroes shows fiction moving closer to reality. Ken Loach’s Daniel Blake is not brave, powerful or exceptional — he is a joiner filling in a form — and that is precisely why the film says something true about the society that surrounds him.”

Résultat : La comparaison réussie caractérise chaque figure par ce qu’elle REPRÉSENTE avant de la décrire, explique la popularité de l’anti-héros par le réalisme moral plutôt que par la mode, et referme sur la question directrice de l’axe en prenant un exemple non américain. Lexique attendu : to embody, flawed, morally ambiguous, relatable, to stand for.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : présenter une figure héroïque du monde anglophone en nommant deux valeurs qu’elle incarne, l’épreuve qu’elle affronte et l’adversaire qui la révèle — jamais en racontant seulement ses aventures.
  • Objectif Bac : opposer un héros classique et un anti-héros et expliquer pourquoi le second rend la fiction plus proche du réel, en employant “flawed”, “morally ambiguous” et “relatable”.
  • Objectif Bac : montrer qu’un héros de classe — l’enfant de Dickens, le personnage de Ken Loach — rend visible ce qu’une société évite de regarder, et le formuler comme une thèse, pas comme un résumé.
  • Objectif Bac : respecter l’ordre des adjectifs anglais dans un portrait de trois phrases, et employer au moins une structure de contraste du type “if X is portrayed as…, Y is conversely depicted as…”.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : répondre en une phrase à la question “What does this character stand for?” pour chacune des deux figures comparées, avant toute description.

Erreurs fréquentes

  • Raconter les aventures d’un héros sans dire ce qu’il incarne. Énumérer les combats de Spider-Man ne vaut pas une analyse : le niveau B2 attend les valeurs (la responsabilité, le sacrifice) et la fonction (le modèle, l’identification).
  • Faux ami : employer “to support” pour « supporter, endurer ». “To support” signifie soutenir — “she supports her brother”. Endurer se dit “to bear”, “to put up with”, “to endure”. La confusion inverse le sens de la phrase.
  • Faux ami : employer “character” pour « caractère, tempérament ». “A character” est un PERSONNAGE ; le tempérament se dit “personality” ou “temper”. Écrire “he has a difficult character” est un calque du français.
  • Erreur d’ordre des adjectifs : “a Scottish young brave soldier”. L’anglais ordonne opinion, taille, âge, forme, couleur, origine, matière : “a brave young Scottish soldier”. Cette séquence est un réflexe à automatiser, pas une règle à réciter en devoir.
  • Appeler « héroïque » tout personnage central. Le personnage principal peut être un anti-héros, voire un narrateur peu fiable ; réserver “hero” à celui qui incarne des valeurs positives, et employer “protagonist”, “the central character” ou “the narrator” dans les autres cas.

§ 02

Révision active

Choisis un personnage central que tu trouves ANTIPATHIQUE dans un roman, un film ou une série anglophone. En anglais (B2, environ 12 phrases), réponds d’abord à “What does this character stand for?”, puis explique pourquoi une société peut avoir besoin d’un personnage pareil au centre d’un récit. Emploie “flawed”, “morally ambiguous”, “to stand for” et une structure de contraste avec un héros classique.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) (Ministère de l’Éducation nationale) · I, Daniel Blake — Palme d’or 2016 (Festival de Cannes)

§ 03
§ 03

Fiction et réalité : dystopies et science-fiction#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-3-Fictions-et-réalités

Quatre dystopies anglophones, quatre décennies

Quatre dystopies anglophonesFrise chronologique de 1925 à 1995, 1932: Brave New World, 1949: Nineteen Eighty-Four, 1953: Fahrenheit 451, 1985: The Handmaid’s Tale19251995année1932Brave New World1949NineteenEighty-Four1953Fahrenheit 4511985The Handmaid’sTale
Fig. 5Chaque dystopie prolonge une peur de son époque : le conditionnement industriel, le totalitarisme, la censure, le recul des droits. Années d’édition originale relevées dans les notices de bibliothèque.

Points clés

Le programme intitule cet objet d’étude « La dystopie, une catharsis sociétale ? », et le point d’interrogation fait partie de la consigne. Une utopie — “a utopia” — décrit une société idéale ; une dystopie décrit son envers : une société en apparence ordonnée, en réalité oppressive. La catharsis désigne la purgation des passions par la représentation : éprouver une peur dans la fiction pour ne pas la subir dans le réel. La question du programme est donc double. Une dystopie soulage-t-elle vraiment, en donnant un exutoire à nos angoisses ? Ou prépare-t-elle à l’action, en montrant à quoi mène une tendance déjà présente ?
Trois dystopies anglophones forment le socle du corpus. “Brave New World” d’Aldous Huxley, publié en 1932, imagine une société qui contrôle non par la peur mais par le plaisir : conditionnement dès l’enfance, divertissement permanent, et une drogue, le “soma”, qui dissout tout mécontentement. “Nineteen Eighty-Four” de George Orwell, publié en 1949, imagine un État totalitaire qui surveille (“Big Brother is watching you”), réécrit l’histoire et contrôle la langue elle-même. “The Handmaid’s Tale” de Margaret Atwood, publié en 1985, imagine une dictature théocratique qui asservit les femmes et retire des droits acquis.
Le mécanisme de la dystopie est simple à formuler, et c’est cette formule qu’on attend : elle prend un trait du monde réel et le POUSSE À L’EXTRÊME. “A dystopia takes a feature of our world and pushes it to the extreme.” La surveillance existe ; poussée à bout, elle donne les télécrans. Le divertissement existe ; poussé à bout, il donne le soma. Le recul de droits existe ; poussé à bout, il donne Gilead. La fiction ne s’évade donc pas du réel : elle l’éclaire d’une lumière crue. La preuve est dans la langue : Orwell a donné à l’anglais courant “Big Brother”, “thought police”, “Room 101”, “doublethink” et “newspeak”.
Le rapprochement d’Orwell et de Huxley est l’exercice classique de l’axe, et il faut savoir à qui l’on emprunte la formule. C’est l’essayiste américain Neil Postman qui, dans l’avant-propos de “Amusing Ourselves to Death” (1985), oppose les deux peurs, et sa phrase la plus citée est celle-ci : “Orwell feared that what we hate will ruin us. Huxley feared that what we love will ruin us.” L’un redoute qu’on nous prive de ce qui compte, l’autre qu’on nous en gave. Attribuer cette opposition à Orwell ou à Huxley eux-mêmes est une erreur fréquente : elle est de Postman, quarante ans plus tard.
Méthode d’analyse d’une dystopie, en trois questions à poser dans cet ordre. Quel est le MÉCANISME DE CONTRÔLE — la peur, le plaisir, la surveillance, la religion, la dette, l’algorithme ? À quelle PEUR RÉELLE du moment de l’écriture renvoie-t-il ? Quel AVERTISSEMENT le texte adresse-t-il — “it warns us against…” ? Répondre aux trois, c’est traiter le sujet ; raconter l’intrigue de Winston Smith, c’est le contourner. Et n’oublie pas de revenir à la question du programme : cette œuvre a-t-elle soulagé ses lecteurs, ou les a-t-elle rendus vigilants ?
Fait de langue : l’irréel et la modalité de la spéculation, indispensables pour parler d’un monde qui n’existe pas. Le conditionnel de l’irréel du présent se construit “if + prétérit, would + base verbale” : “If everyone were watched, nobody would speak freely.” Note le “were” à toutes les personnes dans ce registre. Pour l’irréel du passé : “Had Atwood written the novel today, she would probably have used different examples” — remarque l’inversion sans “if”, que le programme donne lui-même comme attendu au niveau B2. Pour nuancer une hypothèse, gradue les modaux : “may well”, “might”, “could conceivably”.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a cautionary tale/ə ˈkɔːʃənəri teɪl/un récit qui met en gardeFormule figée de la critique anglophone, indispensable ici : “1984 is a cautionary tale about surveillance”.
  • to warn against/tə wɔːn əˈɡenst/mettre en garde contreLe w initial se prononce, le r britannique non. Deux constructions : “to warn somebody against something” et “to warn that…”.
  • surveillance/səˈveɪləns/la surveillanceAccent sur la deuxième syllabe, à l’anglaise ; ne pas prononcer à la française. Indénombrable : jamais “surveillances”.
  • to push to the extreme/tə pʊʃ tə ði ɪkˈstriːm/pousser à l’extrêmeLa définition même du mécanisme dystopique. Article défini obligatoire : “to the extreme”, jamais “to extreme”.
  • conditioning/kənˈdɪʃənɪŋ/le conditionnementLe mot central de “Brave New World”. Indénombrable ; ne pas confondre avec “a condition”, qui est une exigence.
  • complacency/kəmˈpleɪsnsi/l’autosatisfaction, la passivité tranquilleFaux ami redoutable : ne veut pas dire « complaisance » envers autrui mais satisfaction de soi qui empêche d’agir.
  • a totalitarian regime/ə ˌtəʊtælɪˈteəriən rɪˈʒiːm/un régime totalitaireLe mot “regime” garde une prononciation à la française pour le -ime. L’adjectif est accentué sur la quatrième syllabe.

Orwell et Huxley : deux peurs, un même dispositif

Orwell et HuxleyDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Orwell — 1984, Huxley — Brave New WorldOrwell — 1984Huxley — Brave New WorldLa peur, ladouleurLe plaisir, lesomaUn pouvoirtotal
Fig. 6Ce que les deux romans partagent est plus instructif que ce qui les sépare : dans les deux cas, un pouvoir total, une langue sous contrôle et un individu qui se réveille. Formule d’opposition due à Neil Postman (1985).
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Exemple corrigé

Analyser une dystopie : mécanisme, peur réelle, avertissement

Consigne de type Bac : “You have studied George Orwell’s ‘Nineteen Eighty-Four’. In English, present the world it imagines, identify its mechanism of control, link it to a real fear, and explain what warning the novel sends to the reader.”

  1. 01Poser le monde en deux phrases

    Aller vite et être exact : “Published in 1949, Orwell’s ‘Nineteen Eighty-Four’ imagines a totalitarian state ruled by a single Party and its figurehead, Big Brother. Citizens are watched at all times through telescreens, and the slogan ‘Big Brother is watching you’ is everywhere.” Noter “published in 1949” — le roman a été écrit avant.

  2. 02Nommer le mécanisme, pas les scènes

    Le cœur de la réponse : “The regime controls through fear, surveillance and the manipulation of truth. It rewrites the past, and it engineers a language, Newspeak, designed to make certain thoughts impossible to formulate. Control is total because it reaches inside the mind, not merely around the body.”

  3. 03Faire le pont avec le réel

    Relier sans anachronisme : “The novel prolongs fears that were entirely real in 1949: the totalitarian regimes of the twentieth century, propaganda, and the rewriting of history. The proof that the link held is linguistic — ‘Big Brother’, ‘thought police’, ‘Room 101’, ‘doublethink’ and ‘newspeak’ all entered ordinary English from this one book.”

  4. 04Répondre à la question du programme

    Ne pas s’arrêter à l’avertissement : “Is such a book a catharsis? Partly — reading it lets us feel a terror we do not have to live. But Orwell warns rather than soothes. If the reader closes the novel relieved, the warning has failed; if he closes it watchful, it has worked. Fiction here does not escape reality — it hands us a lens for it.”

Résultat : L’analyse présente le monde en deux phrases exactes (publié en 1949), nomme le mécanisme (peur, surveillance, contrôle de la langue), établit le lien au réel par une preuve vérifiable — les cinq mots passés dans l’anglais courant — puis tranche la question de la catharsis au lieu de la contourner. Lexique attendu : a cautionary tale, surveillance, to warn against, to push to the extreme.

Explication pas à pas2 étapes
  1. 1

    Une dystopie ne s'évade pas du réel : elle prend une tendance de notre monde et la pousse à l'extrême pour nous avertir. C'est un miroir, pas une fuite.

    a real trend→pushed to the extremea warning\text{a real trend} \xrightarrow{\text{pushed to the extreme}} \text{a warning}a real trendpushed to the extreme​a warning
  2. 2

    Orwell et Huxley imaginent deux contrôles opposés : Orwell craignait la peur et la douleur ; Huxley, le plaisir et le divertissement. La même question : qui décide pour nous ?

    Two fears, one question

    Deux peurs, une même questionGraphe, Orwell : contrôlé par la DOULEUR → Qui décide à notre place ?, Huxley : contrôlé par le PLAISIR → Qui décide à notre place ?Orwell :contrôlé par laDOULEURHuxley :contrôlé par lePLAISIRQui décide ànotre place ?

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : présenter une dystopie anglophone en identifiant son mécanisme de contrôle, la peur réelle qu’elle prolonge et l’avertissement qu’elle adresse — les trois, dans cet ordre.
  • Objectif Bac : comparer Orwell et Huxley en attribuant correctement la formule qui les oppose à Neil Postman, et non à l’un des deux romanciers.
  • Objectif Bac : répondre explicitement à la question du programme — la dystopie est-elle une catharsis, ou un appel à la vigilance ? — en prenant position et en la justifiant.
  • Objectif Bac : produire un irréel du présent (“if + prétérit, would + base verbale”) et un irréel du passé avec inversion (“Had she written…, she would have…”) dans une même production.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : citer au moins deux mots que “Nineteen Eighty-Four” a donnés à l’anglais courant et expliquer ce que leur entrée dans la langue prouve du lien entre fiction et réalité.

Erreurs fréquentes

  • Raconter l’intrigue sans dégager l’avertissement. Décrire la vie de Winston Smith ne suffit pas : il faut dire CONTRE QUOI le roman met en garde, et à quelle peur de son époque il répond. Une dystopie est un miroir, pas un roman d’anticipation.
  • Confondre utopie et dystopie. L’utopie décrit une société idéale, la dystopie son envers cauchemardesque. Le préfixe grec dys- signifie « mauvais » ; l’erreur, fréquente à l’oral, décrédibilise tout le développement.
  • Attribuer à Orwell ou à Huxley la phrase qui les oppose. Elle est de Neil Postman, dans l’avant-propos d’“Amusing Ourselves to Death” (1985). Citer sans savoir de qui l’on cite est précisément ce que l’axe apprend à ne plus faire.
  • Faute de langue : construire l’irréel avec “would” dans la subordonnée — “if he would know, he would react”. La règle est stricte : “if + prétérit” dans la subordonnée, “would + base verbale” dans la principale — “if he knew, he would react”.
  • Faux ami : “to achieve” ne signifie pas « achever ». Il veut dire réaliser, accomplir (“to achieve a goal”) ; « achever, terminer » se dit “to finish”, “to complete”. Écrire “the regime achieves the individual” ne veut rien dire en anglais.

§ 03

Révision active

Choisis dans TON présent une tendance qui t’inquiète — une technologie, une pratique scolaire, une manière de se surveiller entre pairs. En anglais (B2, environ 14 phrases), invente la société qui naîtrait si on la poussait à l’extrême : décris son mécanisme de contrôle, nomme la peur réelle dont elle vient, puis dis si écrire ce récit soulage ou alerte. Emploie un irréel du présent et un “would” de conséquence.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Nineteen Eighty-Four (The Orwell Foundation) · Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) (Ministère de l’Éducation nationale)

§ 04
§ 04

Le pouvoir des récits sur le réel#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-3-Fictions-et-réalités

Les quatre pouvoirs d’un récit sur le réel

Les quatre pouvoirs d’un récitroue segmentée, 4 segments, Données: Un récit agit, Faire éprouver, Faire construire, Faire croire, Faire oublierFaire éprouverl’empathie, vivre d’autres viesFaire construireClarke, 1945 : le relais en orbiteFaire croirele cadrage, le récit officielFaire oublierla voix laissée hors champUn récit agit
Fig. 7Le même dispositif produit les quatre effets : un récit qui fait éprouver peut aussi faire croire, et celui qui nourrit une invention peut aussi effacer une voix. C’est pourquoi la question du point de vue est permanente.

Points clés

Le programme propose ici un objet d’étude qui surprend : « Quand la science-fiction nourrit l’innovation scientifique ». Il en donne lui-même l’exemple, en anglais, comme modèle de récit à effets de style : “They did imagine the laser beam. They did imagine facial recognition. They did imagine earphones. Indeed 19th and 20th-century science-fiction writers had imagined most of the technologies which are commonly used today.” Deux choses sont à retenir de cette phrase. Le sens : le récit ne fait pas que refléter le réel, il l’ORIENTE. Et la forme : l’auxiliaire emphatique “did”, répété en anaphore, puis le plus-que-parfait “had imagined” qui installe l’antériorité.
Le cas le plus net est celui d’Arthur C. Clarke. En octobre 1945, dans la revue britannique “Wireless World”, cet écrivain de science-fiction publie sous le titre “Extra-Terrestrial Relays — Can Rocket Stations Give World-wide Radio Coverage?” un article de quatre pages qui décrit un système de relais radio placés en orbite au-dessus de l’équateur : trois stations suffiraient à couvrir presque toute la planète. Ce n’est pas un roman, c’est une proposition d’ingénierie signée par un auteur de fiction. Le récit, ici, n’a pas prédit l’avenir : il a fourni aux ingénieurs une image assez précise pour qu’ils la construisent.
Le programme donne un second exemple, littéraire cette fois, et sa formulation est utile à recopier : “The War of the Worlds is a science fiction novel by English author H. G. Wells that he imagined after having finished The Invisible Man. It was written while the British Empire was the dominant colonial power on the globe. The novel was first published in hardback in 1898.” Note la subordonnée en “while” : un roman d’invasion extraterrestre écrit au sommet d’un empire colonial dit aussi quelque chose de l’invasion vue de l’autre côté. Un récit d’anticipation est toujours daté par son présent.
Ce pouvoir a une face sombre, et c’est le même pouvoir. Cadrer un fait (“to frame”), c’est décider de ce qu’on met au premier plan et de ce qu’on laisse hors champ ; imposer un récit national, c’est effacer les voix qui n’y entrent pas. Orwell le résume dans “Nineteen Eighty-Four” : “Who controls the past controls the future.” Le terme à manier avec précision est “a narrative” : il ne signifie pas « une histoire » au sens neutre, mais une VERSION orientée des faits. Dire d’un discours politique que c’est “a narrative”, c’est déjà dire qu’il sélectionne.
Le levier technique de tout cela est le NARRATEUR. Le même événement raconté par un autre personnage devient un autre événement : choisir qui parle, c’est choisir ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. D’où la pratique, très fréquente dans la fiction anglophone contemporaine, de la réécriture : reprendre un récit connu depuis le point de vue d’un personnage muet, d’une victime ou du « méchant », pour faire entendre ce que la première version taisait. La question décisive est courte, et il faut savoir la poser telle quelle : “Whose voice tells the story?”
Fait de langue, directement fourni par le programme : l’emphase et la corrélation. L’auxiliaire emphatique “do / does / did” insiste sur la réalité du procès — “They DID imagine the laser beam”, “Fiction does shape reality” — et ne s’emploie qu’à l’affirmative. La phrase clivée met en relief un élément : “It is the narrator, not the author, who decides what we see”, “What the novel does is make us feel the injustice.” La corrélation gradue deux évolutions parallèles, et le programme en donne l’exemple : “As the need for scapegoats grew, so did the paranoia against witches. The more people lived in the margins of society, the more suspect they became.”

Vocabulaire

→ Cartes
  • a narrative/ə ˈnærətɪv/un récit, une version orientée des faitsAccent sur la première syllabe. Le mot suppose une sélection : “to challenge the official narrative”.
  • to frame/tə freɪm/cadrer, présenter sous un certain angleMétaphore du cadre photographique. Attention au second sens, « faire accuser à tort » : “he was framed for the theft”.
  • to shape/tə ʃeɪp/façonner, modelerLe verbe de la section : “stories shape the way we see the world”. Transitif direct, sans préposition.
  • a relay/ə ˈriːleɪ/un relais (de transmission)Terme technique du titre de Clarke, “Extra-Terrestrial Relays”. Accent sur la première syllabe pour le nom.
  • far-fetched/ˌfɑː ˈfetʃt/tiré par les cheveux, invraisemblableTrait d’union obligatoire. L’adjectif exact pour l’objection qu’on oppose à la science-fiction : “a far-fetched idea that turned out to be right”.
  • to bear out/tə beər ˈaʊt/confirmer, vérifier (une prédiction)Verbe à particule séparable, souvent au passif : “his prediction was borne out by events”. Participe passé “borne”, non “born”.
  • a blind spot/ə ˈblaɪnd spɒt/un angle mortUtile pour nommer ce qu’un récit ne voit pas : “every narrative has its blind spots”. Deux mots, sans trait d’union.

Un même fait, deux récits

Un même fait, deux récitsArbre de probabilité, 4 chemins, Données: Récit A → met en avant X; Récit A → laisse Y hors champ; Récit B → met en avant Y; Récit B → laisse X hors champRécit ARécit BLe fait : ce qui s’est passémet en avant Xlaisse Y hors champmet en avant Ylaisse X hors champ
Fig. 8Le fait ne change pas ; le cadrage décide de tout. Distinguer les deux niveaux est la compétence d’esprit critique que le programme attend au niveau B2.
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Exemple corrigé

Montrer qu’un récit agit sur le réel, dans les deux sens

Consigne de type Bac : “In English, discuss the idea that stories do not merely describe reality but act upon it. Show both how fiction can build the real world and how it can distort it, and conclude on the question of point of view.”

  1. 01Poser la thèse par un cas, pas par une généralité

    Commencer par le fait le plus solide : “In October 1945, the science-fiction writer Arthur C. Clarke published in ‘Wireless World’ an article called ‘Extra-Terrestrial Relays’, describing radio stations placed in orbit above the equator. It was not a prophecy: it was a design. Fiction here did not predict the future — it handed engineers a picture precise enough to build.”

  2. 02Généraliser avec l’emphase du programme

    Reprendre la structure proposée par le programme : “And the case is not isolated. They did imagine the laser beam. They did imagine facial recognition. Nineteenth- and twentieth-century writers had imagined most of the technologies we now use without noticing them.” L’auxiliaire “did” et le plus-que-parfait font tout le travail rhétorique.

  3. 03Retourner le même pouvoir

    Le contraste doit porter sur le MÊME mécanisme : “The very power that builds can also distort. To frame an event is to decide what stands in the foreground and what is left outside the picture. Orwell put it in six words: ‘Who controls the past controls the future.’ A narrative is never simply a story; it is a version, and versions can be imposed.”

  4. 04Refermer sur le point de vue

    La conclusion est une méthode, pas une morale : “Therefore the useful question is not whether a story is true, but who is telling it and from where. What criticism does is separate the fact from the framing. All in all, stories are powerful precisely because they act on reality — which is exactly why we must read them asking whose voice tells them.”

Résultat : La démonstration s’ouvre sur un cas daté et vérifiable (Clarke, octobre 1945), généralise avec l’emphase que le programme donne lui-même en modèle, retourne le MÊME pouvoir vers la manipulation en citant Orwell, puis referme sur une méthode — séparer le fait du cadrage. Lexique attendu : to shape, to frame, a narrative, a blind spot ; structures attendues : “did” emphatique, phrase clivée.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : montrer par un exemple daté qu’un récit a AGI sur le réel — l’article d’Arthur C. Clarke dans Wireless World en octobre 1945 — et non seulement qu’il l’a décrit.
  • Objectif Bac : distinguer explicitement le FAIT (ce qui s’est passé) du RÉCIT (la façon de le présenter) sur un même document, et nommer ce que le cadrage met en avant et ce qu’il écarte.
  • Objectif Bac : employer “a narrative” au sens exact de version orientée des faits, et non comme synonyme neutre de « une histoire ».
  • Objectif Bac : produire une emphase avec l’auxiliaire “do / does / did” et une phrase clivée (“It is… who…”, “What… is…”) dans une même argumentation.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : construire une corrélation du type “the more…, the more…” ou “as X grew, so did Y” pour relier deux évolutions, comme le programme le demande au niveau B2.

Erreurs fréquentes

  • Croire que raconter est neutre. Tout récit a un point de vue et met certaines choses en avant au détriment d’autres. Présenter une version des faits comme « les faits » revient à oublier la question qui organise l’axe : “Whose story is this, and what does it leave out?”
  • Employer “a narrative” comme simple synonyme de “a story”. Le mot désigne une version orientée des faits ; c’est précisément pour cela qu’il est le mot-clé de la section, et l’employer à plat fait perdre l’analyse.
  • Faux ami : “evidence” ne signifie pas « évidence » mais « preuve, élément de preuve ». Il est en outre indénombrable : on écrit “strong evidence”, “a piece of evidence”, jamais “an evidence” ni “evidences”.
  • Faute de langue : employer l’auxiliaire emphatique à la forme négative ou interrogative — “they did not imagined”, “did they imagined?”. Après “do / does / did”, le verbe reste à la base verbale : “they did not imagine”, “did they imagine?”.
  • Confondre “history” (le passé, la discipline) et “a story” (un récit). “The history of the novel” et “the story of the novel” ne disent pas la même chose ; en outre “story” est dénombrable, “history” presque toujours indénombrable.

§ 04

Révision active

Prends un fait récent que tu connais bien et dont tu as lu deux versions différentes (deux journaux, deux comptes, un professeur et un camarade). En anglais (B2, environ 14 phrases), écris d’abord le fait en trois phrases neutres, puis reconstitue les deux récits en montrant ce que chacun met au premier plan et laisse hors champ. Emploie “to frame”, “a narrative”, “a blind spot”, une emphase avec “did” et une phrase clivée.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Arthur C. Clarke, « Extra-Terrestrial Relays — Can Rocket Stations Give World-wide Radio Coverage? », Wireless World, octobre 1945, p. 305-308 (fac-similé) (Universidad de los Andes — Space Law) · Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025) (Ministère de l’Éducation nationale)

§ 05
§ 05

Œuvres clés et méthode d'analyse littéraire#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2025-LV-anglais-terminale-§Axe-3-Fictions-et-réalités

Commenter un extrait : du texte au sens

Commenter un extrait : du texte au sensGraphe, Situer : nature, auteur, date → Résumer : intrigue et cadre, Résumer : intrigue et cadre → Analyser : narrateur, point de vue, ton, Analyser : narrateur, point de vue, ton → Interpréter : thème, message, réelSituer : nature,auteur, dateRésumer :intrigue etcadreAnalyser :narrateur, pointde vue, tonInterpréter :thème, message,réel
Fig. 9Quatre temps, jamais dans le désordre. La faute la plus fréquente consiste à fusionner le deuxième et le troisième : résumer en croyant analyser.

Points clés

Le programme retient comme objet d’étude « La société de classes britannique dans la fiction : entre représentation et remise en cause », et le couple représentation / remise en cause décide de la méthode. Représenter, c’est donner à voir une hiérarchie sociale ; la remettre en cause, c’est faire sentir qu’elle n’a rien de naturel. Un même texte peut faire les deux, et c’est même le cas le plus intéressant. La question à poser à toute œuvre du corpus n’est donc pas « quelle classe est décrite ? » mais « ce texte donne-t-il la hiérarchie pour un décor, ou pour un problème ? ».
Le corpus britannique est solide et vérifiable. Charles Dickens (1812-1870) publie “Oliver Twist” en feuilleton de 1837 à 1839 : un orphelin d’hospice traverse la misère londonienne, et la fiction sert d’enquête sociale autant que de récit. Jane Austen fait de l’argent, du rang et du mariage la mécanique même de ses intrigues. George Orwell publie “The Road to Wigan Pier” en 1937 chez Victor Gollancz, dans le cadre du Left Book Club, après avoir séjourné dans le nord industriel entre janvier et mars 1936 : le livre est explicitement en deux parties — un reportage social, puis un essai politique. Ken Loach porte la même exigence au cinéma, avec “I, Daniel Blake”, Palme d’or à Cannes en 2016. À l’autre bout du spectre, une série comme “Downton Abbey” met en scène une grande maison et son personnel : représentation somptueuse, remise en cause bien plus discrète.
Sans lexique d’analyse, pas de commentaire précis : PLOT (l’intrigue), CHARACTER (le personnage), NARRATOR (le narrateur), SETTING (le cadre, lieu et époque), POINT OF VIEW (le point de vue), SYMBOL (le symbole), THEME (le thème), TONE (le ton : ironic, tragic, nostalgic, hopeful). Un piège récurrent : l’AUTEUR n’est pas le NARRATEUR. Le narrateur est la voix qui raconte à l’intérieur du texte, et rien ne garantit qu’elle soit fiable. Écrire “the author thinks…” là où il faut “the first-person narrator suggests…” est l’imprécision que le niveau B2 cherche justement à corriger.
Le point de vue commande ce que le lecteur voit. Un récit à la première personne (“a first-person narrator”, “I”) enferme dans une conscience : intime, mais partial. Un récit à la troisième personne peut être omniscient — il entre dans toutes les têtes — ou limité à un seul personnage. Dans un roman de classe, ce choix est politique : raconter depuis le salon ou depuis l’office ne donne pas le même monde. Le style indirect libre, très fréquent chez Austen, complique encore la donne : la phrase est du narrateur, la pensée est du personnage, et l’ironie naît de l’écart entre les deux.
La langue elle-même est un marqueur de classe dans la fiction britannique, et c’est un point d’analyse rentable. La prononciation dite “Received Pronunciation” signale un milieu ; un “h” non prononcé, un “ain’t”, un “innit” en signalent un autre ; le vocabulaire, les formules de politesse et jusqu’au choix entre “dinner” et “supper” sont socialement lestés. Un romancier qui fait parler ses personnages fait donc entendre leur position sans jamais la déclarer. Repérer ces marques dans un dialogue, c’est faire de l’analyse littéraire avec des outils de linguiste — exactement ce que l’axe permet.
Méthode de commentaire, en quatre temps et toujours dans cet ordre. SITUER : nature du document, auteur, date, contexte. RÉSUMER brièvement : intrigue, personnages, cadre. ANALYSER : narrateur, point de vue, symboles, ton, marques de registre. INTERPRÉTER : thème, message, rapport fiction / réalité. Côté langue, le commentaire se rédige au PRÉSENT DE NARRATION — “Dickens shows”, “the narrator suggests”, “Austen never says it outright” — même pour un texte du XIXᵉ siècle. Passer au prétérit pour analyser est l’un des réflexes français les plus tenaces.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a narrator/ə nəˈreɪtə/un narrateurAccent sur la deuxième syllabe. Ne jamais confondre avec l’auteur : “an unreliable narrator” est un narrateur peu fiable.
  • the setting/ðə ˈsetɪŋ/le cadre (lieu et époque)Recouvre l’espace ET le temps du récit. Distinct de “the scenery”, qui désigne un décor de théâtre ou un paysage.
  • a symbol stands for/ə ˈsɪmbl stændz fɔː/un symbole représenteLa formule exacte pour introduire un symbole : “the locked gate stands for social exclusion”.
  • the working class/ðə ˈwɜːkɪŋ klɑːs/la classe ouvrièreArticle défini obligatoire. En position d’adjectif, trait d’union : “a working-class family”.
  • genteel/dʒenˈtiːl/de bonne société, d’une distinction un peu guindéeSouvent ironique sous la plume d’Austen ou de Dickens : la distinction affichée par qui craint de déchoir.
  • social mobility/ˈsəʊʃl məʊˈbɪləti/la mobilité socialeIndénombrable. Collocations utiles : “upward mobility”, “a lack of social mobility”.
  • an eyewitness account/ən ˈaɪwɪtnəs əˈkaʊnt/un témoignage directCe que produit Orwell dans la première partie de “The Road to Wigan Pier”. “Account” signifie ici récit, non « compte ».

Qui raconte ? Narrateur et point de vue

Qui raconte ? Narrateur et point de vueArbre de probabilité, 4 chemins, Données: 1re personne (I) → intime; 1re personne (I) → partial; 3e personne (he, she) → omniscient : voit tout; 3e personne (he, she) → limité à un personnage1re personne (I)3e personne (he, she)Le narrateurintimepartialomniscient : voit toutlimité à un personnage
Fig. 10Dans un roman de classe, ce choix est politique : raconter depuis le salon ou depuis l’office ne donne pas le même monde. Le point de vue décide de ce que le lecteur voit et de ce qui lui reste caché.
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Exemple corrigé

Deux minutes en continu : représenter ou remettre en cause ?

Consigne de type Bac : “Prepare a two-minute spoken answer in English to the question: ‘Does British fiction represent the class system, or challenge it?’ State a thesis, illustrate it with two works, take an objection into account, and conclude in a nuanced way.”

  1. 01Reformuler la question en débat

    Ne pas répondre tout de suite : “The question assumes a choice, but the most interesting British fiction does both at once. I will argue that representing a class system in enough detail is already a way of challenging it — because what is shown as an arrangement stops looking like nature.”

  2. 02Première illustration : la représentation qui accuse

    Un cas daté : “Dickens serialised ‘Oliver Twist’ between 1837 and 1839. He does not lecture the reader: he describes the workhouse, the gruel, the beadle. But describing that machinery in front of a mass readership was itself an act — the novel makes a system visible that its beneficiaries preferred to call charity.”

  3. 03Deuxième illustration : quand la fiction prend parti

    Changer de siècle et de support : “A century later, Orwell went to the industrial north between January and March 1936 and published ‘The Road to Wigan Pier’ in 1937 — the first half reportage, the second half open political argument. And Ken Loach’s ‘I, Daniel Blake’, which won the Palme d’or in 2016, does the same on screen: an ordinary man, a form to fill in, no heroism at all.”

  4. 04Objection, puis conclusion nuancée

    La contradiction doit être réelle : “Admittedly, not all representation challenges. A series such as ‘Downton Abbey’ shows the same hierarchy but makes it beautiful, and beauty can be a way of consenting. Therefore what matters is the point of view: from whose position are we watching? All in all, British fiction challenges the class system whenever it lets the servants’ hall speak — and represents it comfortably whenever it does not.”

Résultat : La prise de parole reformule le sujet en débat, tient une thèse claire (représenter en détail, c’est déjà remettre en cause), l’illustre par deux œuvres datées et vérifiables, intègre une objection sérieuse plutôt qu’un homme de paille, et referme sur le critère décisif de l’axe — le point de vue. Connecteurs attendus : but, therefore, admittedly, all in all.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (contrôle continu) : commenter un extrait de fiction en quatre temps — situer, résumer, analyser, interpréter — sans jamais confondre le troisième et le deuxième.
  • Objectif Bac : identifier le narrateur et le point de vue d’un extrait, et dire ce que ce choix laisse voir et ce qu’il cache, en particulier dans un texte sur la hiérarchie sociale.
  • Objectif Bac : relever dans un dialogue au moins deux marques de registre socialement lestées (prononciation, lexique, formule de politesse) et en tirer une conclusion sur le personnage.
  • Objectif Bac : rédiger tout un commentaire au présent de narration, sans glisser au prétérit pour analyser un texte ancien.
  • Objectif Bac (contrôle continu) : construire une réponse argumentée sur le rapport fiction / réalité illustrée par DEUX œuvres de l’axe reliées par une problématique — un mythe ou un héros ET une dystopie, par exemple — plutôt que par une liste de titres.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l’auteur et le narrateur. Le narrateur est la voix qui raconte dans le texte, et il peut être partial ou peu fiable. Écrire “the author thinks” à la place de “the narrator suggests” fait perdre toute l’analyse du point de vue.
  • Rédiger le commentaire au prétérit. En anglais comme en français, l’analyse littéraire se fait au présent : “Dickens shows”, “the narrator suggests”, “the novel opens on…”. Le passé ne sert qu’à situer le contexte historique.
  • Faute de langue : employer “to assist” pour « assister à ». “To assist” signifie aider ; assister à un événement se dit “to attend”. De même “to attend” ne signifie pas « attendre », qui se dit “to wait for”.
  • Erreur de dénombrable : “informations”, “an advice”, “a research”. Ces trois noms sont indénombrables en anglais — “information”, “a piece of advice”, “research” — et l’erreur revient dans presque toutes les copies de commentaire.
  • Empiler les titres. Deux œuvres réellement travaillées, reliées par une problématique et illustrées d’une scène précise, valent bien mieux qu’une liste de six références citées sans analyse — et le correcteur repère l’énumération en une ligne.

§ 05

Révision active

Choisis dans une œuvre britannique un DIALOGUE de dix lignes entre deux personnages de milieux différents. En anglais (B2, environ 14 phrases), analyse-le uniquement par la langue : qui parle comment, quelles marques de registre, qui interrompt qui, qui pose les questions. Conclus en disant si le texte se contente de représenter cette hiérarchie ou s’il la remet en cause. Rédige au présent de narration.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Charles Dickens, Oliver Twist (publié en feuilleton de 1837 à 1839) — édition numérique (Project Gutenberg) · The Road to Wigan Pier (The Orwell Foundation) · I, Daniel Blake — Palme d’or 2016 (Festival de Cannes)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Mythes et récits fondateurs○
    • 02Héros et figures de l'imaginaire◐
    • 03Fiction et réalité : dystopies et science-fiction◐
    • 04Le pouvoir des récits sur le réel◐
    • 05Œuvres clés et méthode d'analyse littéraire◐

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale

  • Programme d’anglais pour les classes de lycée général et technologique (annexe 4 de l’arrêté du 5 mai 2025, BO n° 22 du 29 mai 2025)

Festival de Cannes

  • I, Daniel Blake — Palme d’or 2016

The Orwell Foundation

  • Nineteen Eighty-Four
  • The Road to Wigan Pier

Universidad de los Andes — Space Law

  • Arthur C. Clarke, « Extra-Terrestrial Relays — Can Rocket Stations Give World-wide Radio Coverage? », Wireless World, octobre 1945, p. 305-308 (fac-similé)

Project Gutenberg

  • Charles Dickens, Oliver Twist (publié en feuilleton de 1837 à 1839) — édition numérique

Voir aussi

  • Art et pouvoirReprésenter, renforcer ou contester le pouvoir : la fiction est l’un des arts qui s’y emploie.
  • Enjeux et formes de la communicationLa dystopie et le complotisme posent la même question : à quoi tient une vérité partagée ?
  • Territoire et mémoire (Territory and Memory)Le récit national se nourrit autant de mémoire que de fiction.

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Enjeux et formes de la communication

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