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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Génétique et évolution
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Génétique et évolution

Ce thème relie l'origine de la diversité génétique des individus aux mécanismes de l'évolution des populations. On part de la conservation des génomes — le clone et l'accumulation de mutations qui le diversifie — puis de la reproduction sexuée : méiose et fécondation brassent les allèles à chaque génération. On apprend ensuite à interpréter des croisements, des arbres généalogiques et des séquences pour identifier les allèles portés par un individu, et à relier les accidents de la méiose aux familles multigéniques et aux anomalies chromosomiques. Viennent les mutations, seule source d'allèles nouveaux, et les mécanismes qui complexifient les génomes hors de la reproduction sexuée : transferts horizontaux (transformation, conjugaison, vecteurs viraux) et endosymbioses. On étudie enfin l'évolution des populations — sélection naturelle, dérive génétique, modèle de Hardy-Weinberg comme référence de l'absence d'évolution —, la notion d'espèce comme catégorie instable issue de la spéciation, et les mécanismes qui diversifient le vivant sans modifier le génome : associations non héréditaires, phénotype étendu et transmission culturelle. C'est le Thème 1 de la spécialité SVT de terminale, pleinement au programme de l'épreuve écrite.

6 sections·~54 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 9
Profil d’examen
Schématiser les étapes de la méiose en distinguant les deux divisions et l'évolution de la quantité d'ADN, expliquer la diversité génétique des gamètes et des descendants par les brassages intra- et interchromosomique puis la fécondation, et comprendre la notion de clone ainsi que l'accumulation de mutations qui le diversifie.Interpréter des croisements portant sur deux paires d'allèles, liés ou non, portés ou non par les chromosomes sexuels ; estimer une distance génétique en centimorgans ; lire un arbre généalogique pour établir dominance ou récessivité et localisation autosomique ou gonosomique ; relier une anomalie de la méiose à une famille multigénique ou à une aneuploïdie.Relier l'apparition d'un nouvel allèle à une mutation et au rôle comme aux limites des systèmes de réparation ; étudier les expériences historiques de la transformation bactérienne ; mettre en évidence, à partir de comparaisons de séquences ou de génomes, un transfert horizontal ou une endosymbiose, et en tirer les conséquences pour la santé et les biotechnologies.Utiliser le modèle de Hardy-Weinberg pour tester l'hypothèse d'une évolution, identifier le facteur qui éloigne une population de l'équilibre théorique, et argumenter l'action respective de la sélection naturelle et de la dérive génétique selon la taille de la population.Discuter la notion d'espèce à partir d'exemples de spéciation et des apports du séquençage, et étudier un exemple de diversification du vivant sans modification du génome : association non héréditaire, phénotype étendu ou transmission culturelle.
Opérateurs :schématiserexpliquerextraireexploitercalculerestimerrelierargumenterdiscuterjustifier

niveau de base

Verrouiller d'abord les fondamentaux universellement attendus : le déroulement de la méiose et l'évolution de la quantité d'ADN, la distinction brassage intrachromosomique (crossing-over en prophase I) / brassage interchromosomique (disjonction aléatoire en anaphase I), le rôle amplificateur de la fécondation, et la relation « nouvel allèle = mutation ». Ces points structurent la plupart des sujets de génétique.

niveau approfondi

Approfondir l'exploitation quantitative de données : estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test (fréquence de recombinants), appliquer rigoureusement le modèle de Hardy-Weinberg (p², 2pq, q²) pour comparer fréquences observées et attendues, et argumenter finement le rôle respectif de la sélection et de la dérive selon la taille de population et la valeur sélective des allèles.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 6 sections▾
  1. Génétique et évolution
    • 01Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques○
    • 02Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose◐
    • 03Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes◐
    • 04Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg●
    • 05Espèce, spéciation et diversification du vivant●
    • 06D'autres mécanismes de diversification : associations, phénotype étendu et transmission culturelle◐

6 sections · 30 points clés · 6 formules · 30 pièges signalés

§ 01
§ 01

Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques#

~11 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Quantité d'ADN par cellule au cours de la méiose

Quantité d'ADN par cellule au cours de la méioseGraphique en courbes: quantité d'ADN (q = gamète) selon étapes, Données: quantité d'ADN · G1: 2; quantité d'ADN · après S: 4; quantité d'ADN · avant M I: 4; quantité d'ADN · après M I: 2; quantité d'ADN · gamète: 100.511.522.533.54G1après Savant M Iaprès M Igamètequantité d'ADN (q = gamète)étapes
Fig. 1La réplication (S) double la quantité d'ADN ; la division I (réductionnelle) puis la division II (équationnelle) la divisent successivement par deux jusqu'au gamète.

Points clés

La méiose est une succession de DEUX divisions précédées d'UNE seule réplication de l'ADN : à partir d'une cellule diploïde (2n2n2n chromosomes, dont l'ADN a été dupliqué en phase S, chaque chromosome étant à 2 chromatides), elle produit QUATRE cellules haploïdes (nnn chromosomes à 1 chromatide). La division I (réductionnelle) sépare les chromosomes HOMOLOGUES et fait passer de 2n2n2n à nnn ; la division II (équationnelle) sépare les deux chromatides de chaque chromosome, comme une mitose. La quantité d'ADN par cellule passe ainsi de QQQ (après réplication) à Q/2Q/2Q/2 après la division I, puis à Q/4Q/4Q/4 après la division II.
Brassage INTRAchromosomique : en prophase I, les chromosomes homologues s'apparient (bivalents) et peuvent échanger des portions de chromatides par CROSSING-OVER (enjambement). Il en résulte des chromatides RECOMBINÉES portant de nouvelles associations d'allèles de gènes situés sur un MÊME chromosome. Plus deux gènes sont éloignés sur le chromosome, plus la probabilité d'un crossing-over entre eux est grande : c'est le fondement de l'estimation d'une distance génétique.
Brassage INTERchromosomique : en anaphase I, chaque paire de chromosomes homologues se répartit de façon ALÉATOIRE et INDÉPENDANTE des autres paires vers l'un ou l'autre pôle. Pour nnn paires de chromosomes, cela engendre 2n2^{n}2n combinaisons chromosomiques différentes de gamètes (pour l'espèce humaine, n=23n=23n=23, soit 223≈8,42^{23}\approx 8{,}4223≈8,4 millions de combinaisons, sans même compter les crossing-over).
La FÉCONDATION réunit au hasard deux gamètes haploïdes (un de chaque parent), rétablit la diploïdie et AMPLIFIE le brassage : le nombre de génotypes possibles d'un zygote est le produit des possibilités de chaque gamète. La combinaison « méiose (brassages intra + inter) puis fécondation aléatoire » explique l'unicité génétique de chaque individu et la diversité des descendants d'un même couple.
Rappel de première : un gène occupe un locus précis sur un chromosome et peut exister sous plusieurs versions, les ALLÈLES. Un individu diploïde porte deux allèles par gène (un par chromosome homologue) ; le génotype est la combinaison des allèles, le phénotype son expression. La méiose et la fécondation ne créent pas d'allèles nouveaux : elles RÉ-ASSOCIENT des allèles préexistants.
La CONSERVATION précède le brassage. Des mitoses successives produisent un CLONE : des cellules génétiquement identiques aux mutations près — clone bactérien, cellules d'une tumeur, plants issus d'un même pied bouturé. Sans échange extérieur, la seule diversité d'un clone vient de l'ACCUMULATION de mutations : un accident irréversible devient définitif pour toute la lignée qui en descend et forme un SOUS-CLONE. D'où la distinction que le programme demande de tenir — la REPRODUCTION fabrique des individus, la SEXUALITÉ met en commun deux génomes : une bouture se reproduit sans sexualité, une bactérie qui reçoit un plasmide a de la sexualité sans se reproduire.
LES LOIS DE MENDEL, ET COMMENT ON LES A ÉTABLIES. Mendel publie en 1866 ses « Versuche über Pflanzenhybriden » : des croisements de pois sur des LIGNÉES PURES ne différant que par un caractère, et un comptage de milliers de descendants. Trois résultats — première génération uniforme ; en seconde génération le caractère disparu réapparaît dans un rapport voisin de 3 pour 1 ; deux caractères suivis ensemble se transmettent indépendamment. Mendel ignorait les chromosomes : ses « facteurs » n'ont pris un sens matériel qu'après la redécouverte de 1900 (de Vries, Correns, von Tschermak), quand on a compris que les allèles ségrègent parce que les homologues se séparent en anaphase I.

Vocabulaire

→ Cartes
  • cloneEnsemble de cellules ou d'individus issus de divisions successives d'une même cellule de départ, donc génétiquement identiques aux mutations près.
  • sous-cloneLignée descendant d'une cellule d'un clone chez laquelle une mutation nouvelle est apparue ; elle porte définitivement cette mutation en plus.
  • brassage interchromosomiqueRépartition indépendante et aléatoire de chaque paire de chromosomes homologues vers l'un ou l'autre pôle, en anaphase de la première division de méiose.
  • brassage intrachromosomiqueÉchange réciproque de portions de chromatides entre homologues appariés, en prophase de première division ; il recombine des allèles portés par un même chromosome.
  • lignée pureLignée homozygote pour le ou les caractères étudiés, dont les descendants reproduisent le même phénotype de génération en génération ; point de départ des croisements de Mendel.
  • sexualitéMise en commun de deux génomes d'origine différente ; elle se distingue de la reproduction, qui est la formation de nouveaux individus et peut avoir lieu sans elle.

Évolution de la quantité d'ADN au cours de la méiose

1 reˊplication+2 divisions: Q2n, 2 chromatides→division IQ2n, 2 chromatides→division IIQ4n, 1 chromatide\text{1 réplication} + \text{2 divisions} : \ \underset{2n,\ 2\text{ chromatides}}{Q} \xrightarrow{\text{division I}} \underset{n,\ 2\text{ chromatides}}{\tfrac{Q}{2}} \xrightarrow{\text{division II}} \underset{n,\ 1\text{ chromatide}}{\tfrac{Q}{4}}1 reˊplication+2 divisions: 2n, 2 chromatidesQ​division I​n, 2 chromatides2Q​​division II​n, 1 chromatide4Q​​

La réplication double l'ADN avant la méiose ; la division I sépare les homologues (l'ADN par cellule est divisé par 2) et la division II sépare les chromatides (encore divisé par 2). Une cellule diploïde donne quatre cellules haploïdes.

Brassage interchromosomique pour n paires de chromosomes

nombre de combinaisons interchromosomiques=2n\text{nombre de combinaisons interchromosomiques} = 2^{n}nombre de combinaisons interchromosomiques=2n

Chacune des nnn paires se répartit indépendamment selon deux possibilités, d'où 2n2^{n}2n gamètes différents par le seul brassage interchromosomique (pour l'humain, 223≈8,4×1062^{23}\approx 8{,}4\times 10^{6}223≈8,4×106).

Croisement-test : les quatre gamètes du dihybride révélés

Croisement-test : les quatre gamètes du dihybride révélésArbre de probabilité, 4 chemins, Données: gamète AB; gamète Ab; gamète aB; gamète abgamète ABgamète Abgamète aBgamète abdihybride (A//a ; B//b)AB / ab → [AB]Ab / ab → [Ab]aB / ab → [aB]ab / ab → [ab]
Fig. 2Le parent testé n'apporte que le gamète ab : chaque descendant porte donc, en clair, le gamète reçu du dihybride. Gènes portés par deux paires différentes ⇒ les quatre gamètes sont équiprobables (brassage interchromosomique).
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Exemple corrigé

Croisement-test pour deux gènes indépendants : prévoir les proportions

Chez une plante, le gène « forme du grain » a un allèle dominant R (rond) et un allèle récessif r (ridé) ; le gène « couleur » a un allèle dominant J (jaune) et un allèle récessif v (vert). Les deux gènes sont portés par des chromosomes différents. On réalise un croisement-test : une plante dihybride (R//r ; J//v) est croisée avec une plante homozygote récessive (r//r ; v//v). 1) Donner les gamètes produits par chaque parent et leurs proportions. 2) Établir l'échiquier de croisement. 3) Donner les phénotypes des descendants et leurs proportions, et préciser le brassage mis en évidence.

  1. 01Gamètes du parent dihybride

    Les deux gènes étant sur des chromosomes DIFFÉRENTS, le brassage interchromosomique en anaphase I donne quatre types de gamètes équiprobables (chaque allèle d'un gène s'associe indifféremment à chaque allèle de l'autre).

    14 RJ,14 Rv,14 rJ,14 rv\tfrac{1}{4}\,RJ,\quad \tfrac{1}{4}\,Rv,\quad \tfrac{1}{4}\,rJ,\quad \tfrac{1}{4}\,rv41​RJ,41​Rv,41​rJ,41​rv
  2. 02Gamètes du parent récessif

    Le parent (r//r ; v//v) est homozygote pour les deux gènes : il ne produit qu'un seul type de gamète.

    100 % de gameˋtes rv100\,\%\ \text{de gamètes } rv100% de gameˋtes rv
  3. 03Échiquier de croisement

    Chaque gamète du dihybride fusionne avec un gamète rvrvrv du parent testeur. On obtient quatre génotypes, chacun avec la probabilité 14\tfrac{1}{4}41​.

    RrJv (14),Rrvv (14),rrJv (14),rrvv (14)RrJv\ (\tfrac{1}{4}),\quad Rrvv\ (\tfrac{1}{4}),\quad rrJv\ (\tfrac{1}{4}),\quad rrvv\ (\tfrac{1}{4})RrJv (41​),Rrvv (41​),rrJv (41​),rrvv (41​)
  4. 04Phénotypes et proportions

    On traduit chaque génotype en phénotype (R et J dominants). Quatre phénotypes apparaissent en proportions égales, donc 25 %25\,\%25% chacun.

    [rond, jaune] 25%, [rond, vert] 25%, [rideˊ, jaune] 25%, [rideˊ, vert] 25%[rond,\ jaune]\,25\%,\ [rond,\ vert]\,25\%,\ [ridé,\ jaune]\,25\%,\ [ridé,\ vert]\,25\%[rond, jaune]25%, [rond, vert]25%, [rideˊ, jaune]25%, [rideˊ, vert]25%
  5. 05Interprétation

    L'apparition des quatre phénotypes en proportions ÉGALES (dont les phénotypes recombinés [rond, vert] et [ridé, jaune] à 25 %25\,\%25% chacun) traduit l'indépendance des deux gènes : c'est le brassage INTERchromosomique (disjonction aléatoire des homologues en anaphase I) qui est mis en évidence.

Résultat : Le croisement-test donne quatre phénotypes équiprobables (25 %25\,\%25% chacun), dont deux types recombinés à 25 %25\,\%25% : la proportion d'environ 50 %50\,\%50% de descendants recombinés signe deux gènes INDÉPENDANTS, brassés par le seul brassage interchromosomique.

Exemple corrigé

Estimer le nombre de mutations accumulées au cours du développement

On admet les données suivantes. Le corps humain adulte compte de l'ordre de 3×10133\times 10^{13}3×1013 cellules (ordre de grandeur publié par Sender, Fuchs et Milo, PLOS Biology, 2016). Toutes dérivent d'une cellule unique, le zygote, par divisions successives. On retient enfin, pour l'exercice, une moyenne d'UNE mutation non corrigée par division cellulaire. 1) Estimer le nombre de divisions nécessaires pour produire cet effectif. 2) En déduire l'ordre de grandeur du nombre de mutations survenues dans l'organisme entier au cours du développement. 3) Estimer le nombre de divisions qui séparent une cellule adulte quelconque du zygote, et conclure sur le nombre de mutations que porte CETTE cellule.

  1. 01Nombre de divisions à partir du zygote

    Chaque division remplace une cellule par deux : elle augmente donc l'effectif d'exactement une unité. Produire NNN cellules à partir d'une seule demande N−1N-1N−1 divisions — en ordre de grandeur, autant de divisions que de cellules.

    Ndivisions=N−1≈3×1013N_{\text{divisions}} = N - 1 \approx 3\times 10^{13}Ndivisions​=N−1≈3×1013
  2. 02Nombre total de mutations dans l'organisme

    On multiplie le nombre de divisions par le nombre moyen de mutations laissées à chaque division, tel qu'il est donné dans l'énoncé.

    3×1013×1≈3×1013 mutations3\times 10^{13} \times 1 \approx 3\times 10^{13}\ \text{mutations}3×1013×1≈3×1013 mutations
  3. 03Divisions séparant une cellule du zygote

    Les divisions ne se font pas à la file mais en parallèle : à chaque cycle, la population double. On cherche donc l'exposant pour lequel une puissance de deux atteint l'effectif final, c'est-à-dire un logarithme de base deux.

    k=log⁡2 ⁣(3×1013)≈45k = \log_{2}\!\left(3\times 10^{13}\right) \approx 45k=log2​(3×1013)≈45
  4. 04Mutations portées par une cellule donnée

    Une cellule adulte n'a donc subi qu'une quarantaine de divisions depuis le zygote : elle porte une quarantaine de mutations somatiques, et non les milliers de milliards de l'organisme entier. Les deux nombres décrivent des objets différents.

  5. 05Interprétation

    L'organisme adulte n'est pas un clone parfait mais une MOSAÏQUE de clones et de sous-clones, chacun portant sa propre petite série de mutations. Aucune de ces mutations somatiques n'est transmise à la descendance : seules comptent, pour l'évolution, celles qui touchent la lignée germinale.

Résultat : Un organisme humain accumule au cours de son développement de l'ordre de 101310^{13}1013 mutations somatiques, mais chaque cellule prise isolément n'en porte qu'une quarantaine. Le corps est une mosaïque de sous-clones — et rien de tout cela ne passe à la génération suivante hors de la lignée germinale.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — exercice 1 (texte argumenté) : schématiser la méiose et tracer l'évolution de la quantité d'ADN par cellule, en plaçant la réplication, la division I (séparation des homologues) et la division II (séparation des chromatides). Le schéma LÉGENDÉ compte ici autant que la phrase : la définition de l'épreuve range explicitement les schémas parmi les modes de communication évalués.
  • Objectif Bac — exercice 2 (raisonnement à partir de documents) : à partir d'un schéma de cellule en méiose ou d'un échiquier de croisement, distinguer le brassage INTRAchromosomique (crossing-over, prophase I) du brassage INTERchromosomique (disjonction aléatoire, anaphase I), puis relier les deux à la diversité des gamètes et à celle des descendants.
  • Capacité « Comprendre la notion de clone » : savoir donner deux exemples d'origines différentes — un clone bactérien ou les cellules d'une tumeur du côté de la santé, une bouture ou un plant multiplié végétativement du côté de l'agriculture — et dire d'où vient la diversité qui apparaît malgré tout dans un clone : l'accumulation de mutations et la formation de sous-clones.
  • Capacité « Extraire et organiser des informations sur l'élaboration des lois de Mendel » : savoir raconter la démarche (lignées pures, un caractère à la fois, grands effectifs comptés) et dire ce que Mendel ne pouvait pas savoir — la ségrégation des allèles ne s'explique par la méiose qu'après lui.
  • Périmètre, pour ne pas sur-travailler : la Précision du programme exclut tout croisement portant sur PLUS DE DEUX paires d'allèles. Un exercice à trois gènes n'est pas attendu à l'épreuve ; travaillez plutôt la sûreté et la vitesse sur deux paires.

Erreurs fréquentes

  • Confondre méiose et mitose, ou inverser les deux divisions : c'est la division I (réductionnelle) qui sépare les chromosomes HOMOLOGUES et fait passer de 2n2n2n à nnn ; la division II ne sépare que les chromatides (elle ne réduit pas le nombre de chromosomes).
  • Croire que le crossing-over se produit à l'anaphase, ou attribuer la diversité des gamètes au seul brassage interchromosomique : le brassage intrachromosomique (crossing-over) a lieu en PROPHASE I, lors de l'appariement des homologues, et concerne des gènes du MÊME chromosome.
  • Affirmer que la méiose ou la fécondation « créent de nouveaux allèles » : elles ne font que RÉ-ASSOCIER des allèles déjà existants. Seule une mutation crée un allèle nouveau (voir la section sur les mutations).
  • Confondre clone et lignée pure : un CLONE est issu de mitoses — génomes identiques aux mutations près, aucune sexualité en jeu ; une LIGNÉE PURE est une lignée homozygote maintenue par autofécondation ou croisements entre apparentés, donc issue de la reproduction sexuée.
  • Attribuer à Mendel la connaissance des chromosomes ou des gènes : il a établi des lois de TRANSMISSION à partir de comptages, sans support matériel connu. Le lien « ségrégation des allèles = séparation des homologues en anaphase I » n'a été fait qu'après 1900.

§ 01

Révision active

Chez une espèce dont la garniture chromosomique est 2n = 8, on s'intéresse au nombre de gamètes génétiquement différents qu'un individu peut produire. 1) Calculer le nombre de combinaisons chromosomiques que le seul brassage interchromosomique permet d'obtenir, et expliquer d'où vient ce nombre. 2) Expliquer pourquoi le nombre réel de gamètes différents est en pratique très supérieur à ce calcul, en nommant le second brassage et l'étape précise de la méiose où il se produit. 3) Situer, sur un schéma de méiose que vous décrirez, l'étape responsable de chacun des deux brassages, puis dire ce que la fécondation ajoute encore à cette diversité.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomique

Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomiqueGraphe, Non-disjonction (anaphase I) → Gamète n+1, Non-disjonction (anaphase I) → Gamète n−1, Gamète n+1 → + gamète normal (n), Gamète n−1 → + gamète normal (n), + gamète normal (n) → Zygote 2n+1 (trisomie), + gamète normal (n) → Zygote 2n−1 (monosomie)Non-disjonction(anaphase I)Gamète n+1Gamète n−1+ gamète normal(n)Zygote 2n+1(trisomie)Zygote 2n−1(monosomie)
Fig. 3Une paire (ou deux chromatides) qui ne se sépare pas produit des gamètes n+1 et n−1 ; après fécondation par un gamète normal, le zygote est trisomique (2n+1) ou monosomique (2n−1).

Points clés

Pour deux gènes LIÉS (portés par le même chromosome), un croisement-test du dihybride (AB//ab) donne quatre types de descendants : les types PARENTAUX (associations [AB] et [ab], majoritaires) et les types RECOMBINÉS (associations [Ab] et [aB], minoritaires), ces derniers issus d'un crossing-over entre les deux gènes. Plus les recombinés sont nombreux, plus les gènes sont éloignés sur le chromosome.
DISTANCE GÉNÉTIQUE : on l'estime par la fréquence des phénotypes recombinés parmi l'ensemble des descendants. Exprimée en pourcentage, elle se lit directement en centimorgans (1 %1\,\%1% de recombinaison ≈1\approx 1≈1 cM). Une fréquence faible (gènes proches) traduit un crossing-over rare ; une fréquence proche de 50 %50\,\%50% traduit des gènes si éloignés (ou sur des chromosomes différents) qu'ils se comportent comme indépendants.
CROSSING-OVER INÉGAL : lorsqu'un enjambement se produit entre des chromatides MAL APPARIÉES (séquences très semblables décalées), l'échange est asymétrique : une chromatide GAGNE une copie supplémentaire d'un gène (DUPLICATION), l'autre en PERD une (délétion). Les duplications répétées au fil des générations engendrent des FAMILLES MULTIGÉNIQUES — plusieurs gènes voisins issus d'un gène ancestral, qui divergent ensuite par mutations (ex. gènes des globines, gènes des opsines).
ANOMALIES DE RÉPARTITION (non-disjonction) : si une paire de chromosomes homologues ne se sépare pas en anaphase I (ou deux chromatides en anaphase II), un gamète reçoit un chromosome SURNUMÉRAIRE et l'autre en est dépourvu. La fécondation par un tel gamète produit une cellule à 2n+12n+12n+1 ou 2n−12n-12n−1 chromosomes : une ANEUPLOÏDIE. L'exemple le plus connu est la TRISOMIE 21 (trois exemplaires du chromosome 21), visible sur un caryotype.
IDENTIFIER UN ALLÈLE CHEZ L'ÊTRE HUMAIN. Faute de croisement-test, l'analyse part de l'ARBRE GÉNÉALOGIQUE, où deux déductions se lisent presque toujours. Si deux parents NON atteints ont un enfant atteint, l'allèle est RÉCESSIF et les deux parents sont hétérozygotes ; si cet enfant est une FILLE, l'allèle n'est pas porté par X, car elle en aurait reçu un exemplaire de son père, qui serait alors atteint puisqu'il n'a qu'un seul X. Le séquençage prend ensuite le relais : comparer un TRIO père / mère / enfant isole les mutations NOUVELLES, absentes des deux parents (Kong et coll., Nature, 2012).
DOMINANCE ET RÉCESSIVITÉ ne sont pas des « forces » : un allèle est récessif quand il ne produit pas de protéine fonctionnelle et qu'une seule copie active suffit au phénotype — c'est l'équipement chromosomique du diploïde qui décide. Le système ABO le montre : A et B codent deux enzymes actives greffant chacune un sucre différent, O une enzyme inactive, d'où les groupes A (AA ou AO), B (BB ou BO), AB et O (OO) ; A et B sont CODOMINANTS entre eux et dominants sur O. Les globines ajoutent la nuance décisive : un hétérozygote HbA/HbS n'est pas drépanocytaire, mais son électrophorèse — qui sépare les molécules selon leur taille et leur charge — révèle les DEUX hémoglobines. La dominance dépend de l'échelle à laquelle on décrit le phénotype.
GÈNES PORTÉS PAR LES CHROMOSOMES SEXUELS. L'homme n'a qu'un seul exemplaire des gènes du chromosome X, sans équivalent sur l'Y : il est HÉMIZYGOTE. Un allèle récessif porté par X s'exprime donc chez tout homme qui le reçoit, d'où une atteinte plus fréquente chez les garçons ; et comme un père transmet son X à toutes ses filles et à aucun de ses fils, le caractère ne passe jamais de père en fils. Les CROISEMENTS RÉCIPROQUES, enfin, donnent des résultats différents selon le sens du croisement : c'est le critère qui distingue un gène gonosomique d'un gène autosomique.

Vocabulaire

→ Cartes
  • croisement-testCroisement d'un individu de génotype inconnu avec un homozygote récessif, qui rend les gamètes du premier directement lisibles dans les phénotypes de la descendance.
  • gènes liésDeux gènes situés sur le même chromosome, dont les allèles tendent à se transmettre ensemble tant qu'aucun enjambement ne vient les séparer.
  • centimorganUnité de distance génétique : un centimorgan correspond à un pour cent de descendants recombinés observés dans un croisement-test.
  • hémizygoteSe dit d'un individu qui ne possède qu'un seul exemplaire d'un gène, comme l'homme pour les gènes du chromosome X, sans allèle correspondant sur le chromosome Y.
  • codominanceSituation où les deux allèles d'un hétérozygote s'expriment tous les deux dans le phénotype, comme les allèles A et B des groupes sanguins.
  • aneuploïdieCaryotype comportant un chromosome en trop ou en moins par rapport au nombre habituel, conséquence d'une répartition anormale au cours de la méiose.

Estimation d'une distance génétique (croisement-test)

d (cM)≈nombre de descendants recombineˊsnombre total de descendants×100d \ (\text{cM}) \approx \frac{\text{nombre de descendants recombinés}}{\text{nombre total de descendants}} \times 100d (cM)≈nombre total de descendantsnombre de descendants recombineˊs​×100

La fréquence des phénotypes recombinés, exprimée en pourcentage, donne la distance entre les deux gènes en centimorgans : 1 %1\,\%1% de recombinaison correspond à environ 111 cM.

Croisement-test de deux gènes liés : parentaux majoritaires, recombinés minoritaires

Croisement-test de 2 gènes liés : parentaux majoritairesDiagramme en colonnes: effectif (sur 1000) selon phénotype des descendants, Données: effectif (sur 1000) · [AB] parental: 420; effectif (sur 1000) · [ab] parental: 420; effectif (sur 1000) · [Ab] recombiné: 80; effectif (sur 1000) · [aB] recombiné: 800100200300400[AB]parental[ab]parental[Ab]recombiné[aB]recombiné4204208080effectif (sur 1000)phénotype des descendants
Fig. 4Sur 1000 descendants, les phénotypes parentaux (420+420) dominent ; les recombinés (80+80) issus d'un crossing-over donnent la distance 160/1000 = 16 % = 16 cM.

Arbre généalogique : reconnaître un allèle récessif porté par un autosome

Arbre généalogique : un allèle récessif porté par un autosomeArbre généalogique avec 5 personnes, I-1, I-2, II-1, II-2 (atteintes), II-3I-1I-2II-1II-2II-3
Fig. 5Deux parents non atteints ont une fille atteinte : l'allèle est donc récessif, et le fait que l'enfant atteinte soit une fille écarte une localisation sur le chromosome X.
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Exemple corrigé

Estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test

On croise une plante dihybride (AB//ab) avec une plante homozygote récessive (ab//ab). Sur 100010001000 descendants, on dénombre : 420420420 de phénotype [AB], 420420420 de phénotype [ab], 808080 de phénotype [Ab] et 808080 de phénotype [aB]. 1) Quels sont les phénotypes parentaux et recombinés ? 2) Les gènes sont-ils liés ou indépendants ? 3) Calculer la distance génétique en cM.

  1. 01Identifier parentaux et recombinés

    Les phénotypes majoritaires reproduisent les associations d'allèles du dihybride (AB//ab) : ce sont les PARENTAUX [AB] et [ab]. Les phénotypes minoritaires [Ab] et [aB] présentent de NOUVELLES associations : ce sont les RECOMBINÉS, issus d'un crossing-over.

    parentaux : [AB] 420, [ab] 420;recombineˊs : [Ab] 80, [aB] 80\text{parentaux : } [AB]\,420,\ [ab]\,420 \quad ; \quad \text{recombinés : } [Ab]\,80,\ [aB]\,80parentaux : [AB]420, [ab]420;recombineˊs : [Ab]80, [aB]80
  2. 02Liés ou indépendants ?

    Si les gènes étaient indépendants, on attendrait 25 %25\,\%25% de chaque phénotype (250250250 sur 100010001000), soit 50 %50\,\%50% de recombinés. Or les recombinés sont nettement minoritaires : les gènes sont donc LIÉS (portés par le même chromosome).

    recombineˊs=80+80=160≪500 ⇒ geˋnes lieˊs\text{recombinés} = 80 + 80 = 160 \ll 500 \ \Rightarrow \ \text{gènes liés}recombineˊs=80+80=160≪500 ⇒ geˋnes lieˊs
  3. 03Calculer la fréquence de recombinaison

    On rapporte la somme des deux phénotypes recombinés au nombre total de descendants.

    f=80+801000=1601000=0,16=16 %f = \frac{80 + 80}{1000} = \frac{160}{1000} = 0{,}16 = 16\,\%f=100080+80​=1000160​=0,16=16%
  4. 04Conclure sur la distance

    La fréquence de recombinaison, exprimée en pourcentage, donne directement la distance en centimorgans (1 %≈11\,\% \approx 11%≈1 cM).

    d≈16 cMd \approx 16\ \text{cM}d≈16 cM

Résultat : Les phénotypes parentaux ([AB] et [ab]) sont majoritaires et les recombinés ([Ab] et [aB]) minoritaires : les deux gènes sont LIÉS. La fréquence de recombinaison vaut 0,160{,}160,16, soit une distance génétique d'environ 161616 cM.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — exercice 2 : exploiter les effectifs d'un croisement-test pour identifier les phénotypes PARENTAUX (majoritaires) et RECOMBINÉS (minoritaires), en déduire que les gènes sont liés, puis estimer la distance génétique en centimorgans. Le calcul doit être posé, pas seulement annoncé.
  • Objectif Bac : « Interpréter des résultats de croisements avec transmission de deux paires d'allèles, portés ou pas par les chromosomes sexuels ». Le réflexe qui tranche est le CROISEMENT RÉCIPROQUE : deux résultats différents selon le sens du croisement signent un gène porté par le chromosome X.
  • Objectif Bac : lire un arbre généalogique jusqu'aux deux conclusions attendues — récessif ou dominant d'une part, autosomique ou lié à l'X d'autre part — en citant à chaque fois l'individu de l'arbre qui permet de conclure. Une conclusion sans son individu justificatif n'est pas une démonstration.
  • Objectif Bac : « Schématiser les mécanismes expliquant certaines anomalies chromosomiques après méiose et fécondation ». Un schéma légendé montrant la non-disjonction, les gamètes à n+1 et n−1 chromosomes, puis la fécondation par un gamète normal, vaut mieux qu'un paragraphe.
  • Capacités « Recenser et comparer des séquences d'ADN sur des trios père / mère / enfant » et « Recenser des informations sur les nombreux mutants du gène de la mucoviscidose » : dans un trio, on cherche une séquence présente chez l'enfant et absente des deux parents — une mutation nouvelle. Pour la mucoviscidose, retenez que le gène CFTR compte plus de deux mille variants répertoriés : l'analyse prédictive est possible, jamais mécanique.

Erreurs fréquentes

  • Confondre gènes liés et gènes indépendants : avec deux gènes liés, les recombinés sont MINORITAIRES (moins de 50 %50\,\%50% au total) ; une proportion de 25 %25\,\%25% pour CHACUN des quatre phénotypes (soit 50 %50\,\%50% de recombinés) signe au contraire l'indépendance.
  • Calculer la distance avec les seuls types parentaux, ou n'oublier qu'un seul des deux types recombinés : la fréquence de recombinaison se calcule sur la SOMME des deux phénotypes recombinés rapportée au TOTAL des descendants.
  • Confondre les deux types d'anomalies : le crossing-over inégal modifie le NOMBRE de copies d'un gène (duplication ou délétion locale) ; la non-disjonction modifie le NOMBRE de chromosomes (aneuploïdie). Ce ne sont ni les mêmes mécanismes ni les mêmes conséquences.
  • Conclure « maladie récessive » depuis un arbre généalogique sans citer le couple qui l'établit : la démonstration tient en une phrase — deux parents NON atteints ont un enfant atteint, donc chacun portait l'allèle sans l'exprimer.
  • Oublier que le père ne transmet pas son X à ses fils : un garçon reçoit le Y de son père et son X de sa mère. Une transmission de père en fils exclut donc d'emblée un gène récessif porté par le chromosome X.

§ 02

Révision active

Un enfant naît avec une trisomie 21 libre et homogène : ses cellules portent trois chromosomes 21 indépendants. 1) Expliquer par quel accident de la méiose un gamète a pu porter deux chromosomes 21, en précisant laquelle des deux divisions peut être en cause et ce qui distingue les deux cas. 2) Un crossing-over peut lui aussi être anormal lorsqu'il est INÉGAL entre deux chromatides mal appariées : expliquer ce qu'il produit sur chacune des deux chromatides concernées. 3) Expliquer en quoi ce second accident, contrairement au premier, constitue une source d'innovation génétique à l'échelle de l'évolution, et nommer ce que devient un ensemble de gènes issus de duplications successives d'un même gène ancestral.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Origine endosymbiotique de la mitochondrie

Origine endosymbiotique de la mitochondrieGraphe, Cellule eucaryote ancestrale → Endocytose (sans digestion), Bactérie aérobie → Endocytose (sans digestion), Endocytose (sans digestion) → Endosymbiose durable, Endosymbiose durable → Mitochondrie (2 membranes, ADN propre)CelluleeucaryoteancestraleBactérie aérobieEndocytose (sansdigestion)EndosymbiosedurableMitochondrie (2membranes, ADNpropre)
Fig. 6L'endocytose, sans digestion, d'une bactérie aérobie par une cellule ancestrale, devenue endosymbiose durable, explique l'origine de la mitochondrie (deux membranes, ADN propre).

Points clés

Une MUTATION est une modification de la séquence des nucléotides de l'ADN ; c'est la SEULE source d'allèles RÉELLEMENT NOUVEAUX (contrairement aux brassages, qui ne réassocient que des allèles existants). Une mutation survenant dans une cellule de la lignée germinale est transmissible à la descendance et constitue donc le matériau de base de l'évolution.
Mutations SPONTANÉES vs INDUITES : les mutations spontanées résultent surtout d'erreurs non corrigées de la réplication de l'ADN (taux faible mais non nul) ; les mutations induites sont provoquées ou accélérées par des AGENTS MUTAGÈNES (rayonnements UV et ionisants, certaines substances chimiques). Plus un génome est répliqué (divisions nombreuses) ou exposé à des mutagènes, plus le nombre de mutations augmente.
Systèmes de RÉPARATION : la cellule dispose de mécanismes qui détectent et corrigent la plupart des lésions de l'ADN (relecture par l'ADN polymérase, réparation des mésappariements, excision de bases endommagées). Ils maintiennent un taux de mutation très bas. Mais ils ont des LIMITES : certaines lésions échappent à la réparation ou sont mal réparées, et un défaut des systèmes de réparation augmente fortement le taux de mutation (ex. sensibilité accrue aux UV dans le xeroderma pigmentosum).
COMPLEXIFICATION des génomes — transferts HORIZONTAUX : un gène peut passer d'un organisme à un autre SANS reproduction (sans lien parent-descendant), notamment entre bactéries (par plasmides, virus). On les met en évidence en comparant des séquences : la présence d'un même gène chez des espèces phylogénétiquement éloignées, alors qu'il est absent chez des espèces apparentées, trahit un transfert horizontal (ex. propagation de gènes de résistance aux antibiotiques).
ENDOSYMBIOSE : les MITOCHONDRIES et les CHLOROPLASTES proviennent de bactéries ancestrales intégrées dans une cellule hôte. Les indices : une DOUBLE membrane, un ADN propre CIRCULAIRE (de type bactérien), des RIBOSOMES propres, et une division autonome. La comparaison de leurs séquences avec celles de bactéries actuelles confirme cette origine — c'est une étape majeure de la complexification du vivant eucaryote.
LA TRANSFORMATION BACTÉRIENNE : l'expérience qui a désigné l'ADN. Griffith, 1928 — une souche S de pneumocoque, capsulée, tue la souris ; une souche R ne la tue pas ; des S tuées par la chaleur sont sans effet. Mais des S tuées MÉLANGÉES à des R vivantes tuent la souris, et l'on récupère dans son sang des S vivantes : un « principe transformant » est passé des mortes aux vivantes. Avery, MacLeod et McCarty l'identifient en 1944 — l'extrait transforme encore après destruction des protéines et des ARN, mais plus après destruction de l'ADN.
TRANSFERT HORIZONTAL contre transmission VERTICALE. Verticale : de parent à descendant, par les gamètes. Horizontale : entre organismes sans lien de descendance — capture d'ADN libre, passage d'un plasmide par contact direct (CONJUGAISON bactérienne), transport par un virus. D'où un enjeu de santé immédiat, les gènes de résistance aux antibiotiques voyageant d'une espèce bactérienne à une autre bien plus vite que par simple descendance — et un OUTIL : on transforme une bactérie avec un gène humain pour lui faire produire l'insuline.
NOTRE PROPRE GÉNOME EN PORTE LA TRACE. De l'ordre de 5 à 8 % de sa séquence dérive de rétrovirus intégrés, et certaines de ces séquences ont été RECRUTÉES : les gènes de syncytine, hérités de gènes d'enveloppe rétroviraux, commandent la fusion des cellules du placenta. L'endosymbiose laisse une autre signature — le génome de l'organite RÉGRESSE, ses gènes migrant vers le noyau : celui de la mitochondrie humaine ne compte plus que 37 gènes. Et comme les mitochondries du zygote viennent de l'ovocyte, cet ADN se transmet par la MÈRE seule : c'est l'HÉRÉDITÉ CYTOPLASMIQUE.

Vocabulaire

→ Cartes
  • transfert horizontalPassage de matériel génétique entre deux organismes sans lien de descendance, en dehors de toute reproduction.
  • transformation bactérienneAcquisition par une bactérie d'ADN libre présent dans son milieu, qui modifie ses caractères ; c'est l'expérience historique qui a désigné l'ADN comme support de l'information.
  • conjugaison bactérienneTransfert de matériel génétique, souvent un plasmide, d'une bactérie donneuse vers une bactérie receveuse par contact direct entre les deux cellules.
  • endosymbioseAssociation durable dans laquelle un organisme vit à l'intérieur des cellules d'un hôte ; elle est à l'origine des mitochondries et des chloroplastes.
  • hérédité cytoplasmiqueTransmission de gènes portés non par les chromosomes du noyau mais par l'ADN d'organites, donc par la mère seule chez la plupart des animaux.
  • agent mutagèneFacteur physique ou chimique qui augmente la fréquence des mutations, comme les rayonnements ultraviolets ou ionisants et certaines substances chimiques.
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Exemple corrigé

Argumenter l'origine endosymbiotique de la mitochondrie

On dispose des informations suivantes sur la mitochondrie d'une cellule eucaryote : (a) elle est entourée d'une DOUBLE membrane ; (b) elle possède un ADN propre, CIRCULAIRE, séparé de l'ADN du noyau ; (c) elle contient des ribosomes dont la séquence d'ARN ressemble davantage à celle des ribosomes bactériens qu'à celle des ribosomes du cytoplasme eucaryote ; (d) elle se divise de façon autonome. Montrer que ces données soutiennent l'hypothèse d'une origine endosymbiotique de la mitochondrie.

  1. 01Poser l'hypothèse à tester

    L'hypothèse endosymbiotique propose que la mitochondrie dérive d'une bactérie ancestrale (aérobie) incorporée par une cellule hôte et conservée comme symbiote. On confronte chaque donnée à cette hypothèse.

  2. 02Exploiter la double membrane

    La membrane EXTERNE proviendrait de la cellule hôte (vésicule de phagocytose) et la membrane INTERNE de la bactérie englobée. La double membrane est donc cohérente avec une incorporation par endocytose : argument (a).

  3. 03Exploiter l'ADN circulaire

    Un ADN propre, CIRCULAIRE et indépendant du noyau est caractéristique des bactéries (les eucaryotes ont un ADN nucléaire linéaire). L'organite a donc conservé un patrimoine génétique de type bactérien : argument (b).

  4. 04Exploiter la comparaison des ribosomes

    Les ribosomes mitochondriaux ressemblent davantage aux ribosomes BACTÉRIENS qu'à ceux du cytoplasme eucaryote. Cette PARENTÉ MOLÉCULAIRE, établie par comparaison de séquences, place la mitochondrie du côté des bactéries : argument (c).

  5. 05Exploiter la division autonome

    La mitochondrie se divise indépendamment de la cellule, à la manière d'une bactérie : argument (d), cohérent avec un ancien organisme devenu symbiote.

Résultat : Double membrane, ADN circulaire de type bactérien, ribosomes proches des ribosomes bactériens et division autonome convergent : la mitochondrie est issue d'une bactérie ancestrale intégrée par endosymbiose. La comparaison de SÉQUENCES (ribosomes, ADN) est l'argument décisif, car elle établit une parenté avec les bactéries actuelles.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — exercice 1 : relier l'apparition d'un nouvel allèle à une mutation, puis discuter le RÔLE des systèmes de réparation — ils maintiennent un taux de mutation très bas — et leurs LIMITES : lésions non réparées, agents mutagènes, déficits de réparation.
  • Objectif Bac — exercice 2 : à partir de comparaisons de séquences ou de génomes, argumenter un TRANSFERT HORIZONTAL — même gène chez des espèces éloignées, absent chez les proches parentes — ou une ORIGINE ENDOSYMBIOTIQUE d'organite : double membrane, ADN circulaire, ribosomes de type bactérien, division autonome.
  • Capacité « Étudier des expériences historiques mettant en évidence la transformation bactérienne » : savoir raconter Griffith (1928) puis Avery, MacLeod et McCarty (1944) en nommant, pour chaque expérience, le TÉMOIN qui rend la conclusion possible — les S tuées seules, l'extrait traité par chaque enzyme.
  • Capacité « Comprendre comment la connaissance des transferts horizontaux permet des applications biotechnologiques » : l'exemple canonique est la production d'une molécule d'intérêt par une lignée bactérienne transformée avec un gène humain. Savoir dire en quoi c'est le mécanisme observé dans la nature, mis au service d'un usage.
  • Périmètre : le programme se limite ici aux EUBACTÉRIES et précise que « les mécanismes au niveau cytologique et moléculaire ne sont pas développés ». Inutile d'apprendre le détail moléculaire de la compétence bactérienne ou du pilus de conjugaison.

Erreurs fréquentes

  • Affirmer que « les brassages créent de nouveaux allèles » : seules les MUTATIONS créent des allèles nouveaux ; la méiose et la fécondation ne font que les recombiner.
  • Présenter les systèmes de réparation comme infaillibles : ils sont efficaces mais limités — c'est précisément parce que certaines mutations subsistent que la diversité génétique, donc l'évolution, reste possible.
  • Confondre transfert horizontal et transmission verticale : la transmission VERTICALE va de parent à descendant, par la reproduction ; le transfert HORIZONTAL fait passer un gène entre organismes sans lien de descendance, entre bactéries par exemple.
  • Écrire que Griffith a « découvert l'ADN » : son expérience de 1928 établit qu'un principe transformant existe, sans dire lequel. L'identification à l'ADN date de 1944 et repose sur la destruction sélective des protéines, des ARN, puis de l'ADN.
  • Traiter l'endosymbiose comme un transfert horizontal ordinaire : dans un transfert horizontal, un GÈNE passe d'un organisme à un autre ; dans une endosymbiose, c'est une CELLULE entière qui est intégrée, puis dont le génome régresse et migre en partie vers le noyau de l'hôte.

§ 03

Révision active

On compare la séquence d'un gène de résistance à un antibiotique présent chez une bactérie pathogène avec les banques de données. Le même gène, quasi identique, est retrouvé chez une bactérie d'une espèce très éloignée vivant dans le même milieu, mais est absent chez les bactéries proches parentes de la pathogène. Proposer une explication à cette répartition, en nommant le mécanisme évolutif en jeu et en indiquant comment la comparaison de séquences permet de le mettre en évidence.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg#

~9 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-Weinberg

Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-WeinbergArbre de probabilité, 4 chemins, Données: A (p) → A (p); A (p) → a (q); a (q) → A (p); a (q) → a (q)A (p)a (q)A (p)a (q)A (p)a (q)gamète maternelgamète maternelgamète paternelAA en proportion p²Aa en proportion pqAa en proportion pqaa en proportion q²
Fig. 7Sous panmixie, un gamète paternel A (fréquence p) ou a (fréquence q) rencontre au hasard un gamète maternel de mêmes fréquences : les quatre chemins donnent AA en p², Aa en pq deux fois, aa en q² — soit p² + 2pq + q² = 1.

Points clés

Une POPULATION est un ensemble d'individus d'une même espèce vivant dans un même lieu et se reproduisant entre eux. L'évolution se définit, à cette échelle, comme une MODIFICATION des FRÉQUENCES ALLÉLIQUES au fil des générations. Deux grands moteurs la produisent : la sélection naturelle (déterministe, orientée) et la dérive génétique (aléatoire).
SÉLECTION NATURELLE : les individus dont le phénotype confère un meilleur succès reproducteur (meilleure VALEUR SÉLECTIVE) dans un milieu donné transmettent davantage leurs allèles ; ces allèles voient leur fréquence AUGMENTER de génération en génération. C'est un processus ORIENTÉ par l'environnement, qui peut conduire à l'adaptation des populations (ex. résistance aux insecticides, mélanisme industriel).
DÉRIVE GÉNÉTIQUE : c'est la variation ALÉATOIRE des fréquences alléliques due au hasard de l'échantillonnage des gamètes d'une génération à l'autre. Elle agit dans TOUTES les populations mais ses effets sont d'autant plus IMPORTANTS que l'EFFECTIF est PETIT (un goulot d'étranglement peut faire disparaître ou fixer un allèle indépendamment de tout avantage). Dans une grande population, la dérive est négligeable ; dans une petite, elle peut l'emporter sur la sélection.
Modèle de HARDY-WEINBERG : pour un gène à deux allèles de fréquences ppp et qqq (avec p+q=1p + q = 1p+q=1), les fréquences des génotypes à l'ÉQUILIBRE valent p2p^2p2 (homozygote dominant), 2pq2pq2pq (hétérozygote) et q2q^2q2 (homozygote récessif), et restent CONSTANTES de génération en génération. Cet équilibre n'est atteint que sous des conditions strictes : population de taille infinie, panmixie (unions au hasard), pas de mutation, pas de migration, pas de sélection. C'est donc le MODÈLE NUL de l'absence d'évolution.
UTILISATION du modèle comme test : on calcule les fréquences génotypiques ATTENDUES sous Hardy-Weinberg, puis on les compare aux fréquences OBSERVÉES dans la population. Un écart significatif signifie qu'au moins une condition est violée : la population ÉVOLUE (sélection, dérive, migration…). Une concordance suggère au contraire l'absence de force évolutive détectable sur ce gène. Le modèle ne « prouve » pas l'évolution : il fournit la référence à laquelle on confronte le réel.
LES CINQ CONDITIONS, ET CE QUE PRODUIT LEUR VIOLATION. Taille infinie : dès que l'effectif est fini, la DÉRIVE fait fluctuer les fréquences au hasard, d'autant plus vite qu'il est petit. Panmixie : un appariement NON aléatoire — préférences sexuelles, unions entre apparentés — ne change pas les fréquences alléliques mais déforme les fréquences génotypiques, avec un excès d'homozygotes. Pas de mutation, alors que c'est la seule source d'allèles nouveaux. Pas de migration : un flux de gènes entrant rapproche la population de celle d'où viennent les migrants. Pas de sélection : dès qu'un génotype a un meilleur succès reproducteur, sa fréquence s'écarte du modèle. L'attendu n'est pas de réciter les cinq conditions mais de NOMMER celle que les données mettent en cause.
UN CAS OÙ LA SÉLECTION MAINTIENT UN ALLÈLE DÉFAVORABLE. L'allèle S de la globine β est gravement handicapant à l'état homozygote : il devrait être éliminé, et pourtant sa fréquence reste élevée dans plusieurs régions du monde. L'explication, proposée à la fin des années 1940 puis étayée par les travaux d'A. C. Allison au début des années 1950, est que l'HÉTÉROZYGOTE HbA/HbS résiste mieux aux formes graves du paludisme à Plasmodium falciparum : là où ce paludisme sévit ou a sévi, c'est lui qui a le meilleur succès reproducteur des trois génotypes. La sélection ne « choisit » donc pas un allèle dans l'absolu, elle trie des GÉNOTYPES dans un MILIEU donné.

Vocabulaire

→ Cartes
  • fréquence alléliqueProportion, dans une population, des exemplaires d'un allèle parmi tous les exemplaires du gène considéré.
  • dérive génétiqueVariation aléatoire des fréquences alléliques d'une génération à l'autre, due au hasard de l'échantillonnage des gamètes ; d'autant plus forte que la population est petite.
  • valeur sélectiveSuccès reproducteur d'un génotype dans un milieu donné, mesuré par le nombre de descendants qu'il laisse à la génération suivante.
  • panmixieFormation des couples au hasard dans une population, sans préférence ni évitement ; c'est l'une des conditions du modèle de Hardy-Weinberg.
  • goulot d'étranglementRéduction brutale et temporaire de l'effectif d'une population, qui amplifie la dérive et peut fixer ou faire disparaître un allèle indépendamment de tout avantage.
  • équilibre de Hardy-WeinbergÉtat théorique d'une population où les fréquences des génotypes restent constantes de génération en génération ; il sert de référence pour détecter une évolution.

Somme des fréquences alléliques (deux allèles)

p+q=1p + q = 1p+q=1

Pour un gène à deux allèles, la fréquence ppp de l'allèle A et la fréquence qqq de l'allèle a se complètent : leur somme vaut 111.

Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg

p2+2pq+q2=1p^{2} + 2pq + q^{2} = 1p2+2pq+q2=1

À l'équilibre, les génotypes AA, Aa et aa ont pour fréquences p2p^2p2, 2pq2pq2pq et q2q^2q2 ; leur somme vaut 111 (développement de (p+q)2(p+q)^2(p+q)2).

Estimation des fréquences alléliques à partir des homozygotes récessifs

q=f(aa)=q2,p=1−qq = \sqrt{f(aa)} = \sqrt{q^{2}}, \qquad p = 1 - qq=f(aa)​=q2​,p=1−q

La fréquence du génotype récessif aaaaaa vaut q2q^2q2 ; sa racine carrée donne qqq, et p=1−qp = 1 - qp=1−q s'en déduit (méthode classique d'estimation).

Dérive génétique : effet de la taille de population

Dérive génétique : effet de la taille de populationGraphique en courbes: fréquence de l'allèle selon génération, Données: petite population · 0: 0.5; petite population · 5: 0.42; petite population · 10: 0.55; petite population · 15: 0.34; petite population · 20: 0.4; petite population · 25: 0.22; petite population · 30: 0.28; petite population · 35: 0.12; petite population · 40: 0.05; petite population · 45: 0; petite population · 50: 0; grande population · 0: 0.5; grande population · 5: 0.51; grande population · 10: 0.49; grande population · 15: 0.5; grande population · 20: 0.52; grande population · 25: 0.49; grande population · 30: 0.5; grande population · 35: 0.51; grande population · 40: 0.49; grande population · 45: 0.5; grande population · 50: 0.500.20.40.60.8105101520253035404550fréquence de l'allèlegénérationpetite populationgrande population
Fig. 8Évolution simulée de la fréquence d'un allèle neutre : dans une petite population la dérive est forte (l'allèle peut être perdu ou fixé) ; dans une grande population la fréquence reste proche de 0,5.

Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg

Fréquences génotypiques en fonction de la fréquence alléliqueCourbe de q² (aa), racines en x = 1, ordonnée à l’origine y = 1, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 1, Courbe de p² (AA), racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 1, Courbe de 2pq (Aa), racines en x = 0, 1, maximum en (0.5, 0.5), ordonnée à l’origine y = 0, sur l’intervalle x de 0 à 10,250,50,7510,250,50,751max 2pqp = q = 0,5q² (aa)p² (AA)2pq (Aa)fréquence du génotypefréquence p de A
Fig. 9À l'équilibre, les trois fréquences génotypiques ne dépendent que de p. Les hétérozygotes sont les plus nombreux quand les deux allèles sont également fréquents, et un allèle récessif rare est porté presque uniquement par des hétérozygotes.
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Exemple corrigé

Tester l'évolution d'une population avec le modèle de Hardy-Weinberg

On étudie un gène à deux allèles A (dominant) et a (récessif) dans une population de 100010001000 adultes. On dénombre les génotypes : 640640640 individus AA, 320320320 individus Aa et 404040 individus aa. 1) Calculer les fréquences alléliques observées ppp (de A) et qqq (de a). 2) Calculer les effectifs ATTENDUS de chaque génotype sous l'hypothèse de Hardy-Weinberg. 3) Comparer aux effectifs observés et conclure quant à une éventuelle évolution.

  1. 01Calculer les fréquences alléliques observées

    Chaque AA porte deux allèles A, chaque Aa un A et un a, chaque aa deux a. Sur 100010001000 individus, il y a 200020002000 allèles. On compte les A : 2×640+320=16002\times 640 + 320 = 16002×640+320=1600, d'où ppp ; puis q=1−pq = 1 - pq=1−p.

    p=2×640+3202000=16002000=0,8;q=1−0,8=0,2p = \frac{2\times 640 + 320}{2000} = \frac{1600}{2000} = 0{,}8 \quad ; \quad q = 1 - 0{,}8 = 0{,}2p=20002×640+320​=20001600​=0,8;q=1−0,8=0,2
  2. 02Calculer les fréquences génotypiques attendues

    Sous Hardy-Weinberg, les fréquences attendues sont p2p^2p2 (AA), 2pq2pq2pq (Aa) et q2q^2q2 (aa).

    p2=0,64,2pq=2×0,8×0,2=0,32,q2=0,04p^{2} = 0{,}64,\quad 2pq = 2\times 0{,}8\times 0{,}2 = 0{,}32,\quad q^{2} = 0{,}04p2=0,64,2pq=2×0,8×0,2=0,32,q2=0,04
  3. 03Convertir en effectifs attendus

    On multiplie chaque fréquence attendue par l'effectif total 100010001000.

    AA:640,Aa:320,aa:40AA : 640,\qquad Aa : 320,\qquad aa : 40AA:640,Aa:320,aa:40
  4. 04Comparer observé et attendu

    Les effectifs observés (640640640 ; 320320320 ; 404040) coïncident exactement avec les effectifs attendus sous Hardy-Weinberg (640640640 ; 320320320 ; 404040).

  5. 05Conclure

    L'absence d'écart entre observé et attendu est compatible avec un équilibre de Hardy-Weinberg : sur ce gène, on ne détecte AUCUNE force évolutive (ni sélection, ni dérive notable, ni migration). La population n'apparaît pas en évolution pour ce gène — au moins sur cette génération.

Résultat : Fréquences alléliques p=0,8p = 0{,}8p=0,8 et q=0,2q = 0{,}2q=0,2. Effectifs attendus sous Hardy-Weinberg : 640640640 AA, 320320320 Aa, 404040 aa, identiques aux observés : la population est à l'équilibre pour ce gène, donc aucune évolution détectable. (Un écart marqué aurait au contraire signalé l'action d'une force évolutive.)

Explication pas à pas5 étapes
  1. 1

    On part d'un gène à deux allèles : A de fréquence p et a de fréquence q, avec p plus q égal à 1. La question : comment se répartissent les génotypes à la génération suivante si rien ne perturbe la population ?

    p+q=1p + q = 1p+q=1
  2. 2

    Sous panmixie — des unions au hasard — les gamètes A et a se rencontrent au hasard. Le damier de croisement combine chaque gamète mâle avec chaque gamète femelle, pondérés par leurs fréquences p et q.

    Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-Weinberg

    Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-WeinbergArbre de probabilité, 4 chemins, Données: A (p) → A (p); A (p) → a (q); a (q) → A (p); a (q) → a (q)A (p)a (q)A (p)a (q)A (p)a (q)gamète maternelgamète maternelgamète paternelAA en proportion p²Aa en proportion pqAa en proportion pqaa en proportion q²
    Fig.Les quatre chemins de l'union au hasard : p², pq, pq, q².
  3. 3

    On lit les fréquences génotypiques : p au carré pour AA, deux p q pour Aa (deux cases du damier), q au carré pour aa. Leur somme vaut p plus q, le tout au carré, c'est-à-dire 1.

    p2+2pq+q2=(p+q)2=1p^{2} + 2pq + q^{2} = (p+q)^{2} = 1p2+2pq+q2=(p+q)2=1
  4. 4

    Ces fréquences restent constantes de génération en génération : c'est l'équilibre de Hardy-Weinberg, le modèle de l'absence d'évolution. Il n'est valable que sous cinq conditions : effectif infini, panmixie, pas de mutation, pas de migration, pas de sélection.

    f(AA)=p2,f(Aa)=2pq,f(aa)=q2f(AA) = p^{2},\quad f(Aa) = 2pq,\quad f(aa) = q^{2}f(AA)=p2,f(Aa)=2pq,f(aa)=q2
  5. 5

    On s'en sert comme test : on compare les fréquences observées aux fréquences attendues. Un écart significatif signifie qu'une condition est violée — la population évolue, sous l'effet de la sélection naturelle ou de la dérive génétique.

    Dérive génétique en petite population

    La fréquence d'un allèle neutre dérive d'autant plus vite que la population est petite, jusqu'à la perte ou la fixation.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : appliquer le modèle — estimer qqq à partir de la fréquence des homozygotes récessifs, en déduire ppp, calculer p2p^2p2, 2pq2pq2pq et q2q^2q2, puis COMPARER aux fréquences observées pour tester l'hypothèse d'absence d'évolution. L'écart, et non le calcul seul, est la réponse.
  • Objectif Bac — exercice 2 : « Comprendre et identifier les facteurs éloignant de l'équilibre théorique », en nommant celui que le document met en cause — appariement non aléatoire, sélection, effectif fini (dérive), migration ou mutation — et en citant la donnée qui l'établit.
  • Objectif Bac : « Extraire, organiser et exploiter des informations sur l'évolution de fréquences alléliques dans des populations ». Décrivez la courbe, puis proposez le mécanisme qui rend compte de sa FORME : une variation orientée et durable évoque la sélection, des fluctuations erratiques en petit effectif évoquent la dérive.
  • Objectif Bac — exercice 1 : distinguer sélection naturelle et dérive dans un texte argumenté. Sélection : orientée, dépend de la valeur sélective dans un milieu donné. Dérive : aléatoire, sans rapport avec l'avantage, d'autant plus forte que l'effectif est petit. Un exemple documenté pour chacune suffit à faire la différence.
  • Le modèle est mobilisé « en lien avec l'enseignement scientifique », avec les mêmes notations. Sachez retrouver p+q=1p+q=1p+q=1 puis (p+q)2=p2+2pq+q2(p+q)^2 = p^2+2pq+q^2(p+q)2=p2+2pq+q2 plutôt que d'apprendre trois formules séparées : le facteur 222 des hétérozygotes vient du développement du carré.

Erreurs fréquentes

  • Croire que Hardy-Weinberg « démontre » l'évolution : c'est l'inverse — c'est le modèle de l'ABSENCE d'évolution. On l'utilise comme référence, et c'est l'ÉCART entre observé et attendu qui révèle une évolution.
  • Confondre fréquence ALLÉLIQUE (ppp, qqq) et fréquence GÉNOTYPIQUE (p2p^2p2, 2pq2pq2pq, q2q^2q2), ou oublier le facteur 222 des hétérozygotes : la fréquence des hétérozygotes est 2pq2pq2pq, pas pqpqpq.
  • Penser que la dérive ne touche que les petites populations : elle agit dans TOUTES les populations, mais ses effets ne deviennent visibles — et ne peuvent l'emporter sur la sélection — que lorsque l'effectif est faible.
  • Croire que l'appariement non aléatoire change les fréquences ALLÉLIQUES : la consanguinité ou une préférence sexuelle ne modifie pas ppp et qqq à elles seules ; elles déforment la répartition des GÉNOTYPES, avec un excès d'homozygotes par rapport à p2p^2p2 et q2q^2q2.
  • Présenter un allèle comme « bon » ou « mauvais » dans l'absolu : sa valeur sélective dépend du milieu ET du génotype dans lequel il se trouve. L'allèle S de la globine β est gravement handicapant chez l'homozygote et avantageux chez l'hétérozygote là où sévit le paludisme.

§ 04

Révision active

Dans une population humaine de 10 00010\,00010000 personnes, on observe 400400400 individus atteints d'une maladie autosomique récessive. En supposant la population à l'équilibre de Hardy-Weinberg pour ce gène : 1) calculer la fréquence qqq de l'allèle récessif et la fréquence ppp de l'allèle dominant ; 2) calculer la proportion d'individus hétérozygotes (porteurs sains) ; 3) en déduire le nombre attendu de porteurs sains dans cette population.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Espèce, spéciation et diversification du vivant#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Spéciation : divergence puis isolement reproductif

Spéciation : divergence puis isolement reproductifGraphe, Population ancestrale → Isolement (barrière géographique), Isolement (barrière géographique) → Population A, Isolement (barrière géographique) → Population B, Population A → Espèce A, Population B → Espèce BPopulationancestraleIsolement(barrièregéographique)Population APopulation BEspèce AEspèce Bdivergenceisolementreproductif
Fig. 10Une population ancestrale séparée par une barrière diverge en deux populations ; l'accumulation de différences aboutit à un isolement reproductif et à deux espèces distinctes.

Points clés

DÉFINITION BIOLOGIQUE de l'espèce : un ensemble d'individus interféconds (capables de se reproduire entre eux) et dont la descendance est elle-même féconde, et qui sont isolés des autres groupes sur le plan reproducteur. Cette définition par l'INTERFÉCONDITÉ est opérationnelle mais a des LIMITES : elle ne s'applique pas aux organismes à reproduction asexuée (bactéries), aux fossiles, et bute sur les cas d'hybridation entre espèces voisines.
ISOLEMENT REPRODUCTEUR : c'est l'ensemble des barrières qui empêchent ou réduisent les échanges de gènes entre populations. Ces barrières peuvent être géographiques (séparation physique), écologiques, temporelles (périodes de reproduction décalées), comportementales (parades différentes) ou génétiques (descendants hybrides stériles, comme le mulet). L'apparition d'un isolement reproducteur est l'étape clé de la formation d'une nouvelle espèce.
SPÉCIATION : c'est le processus de formation de nouvelles espèces. Schéma typique : une population se scinde, les deux sous-populations divergent génétiquement (sous l'effet de la sélection, de la dérive et de mutations propres à chacune), jusqu'à ce qu'un isolement reproducteur s'installe — elles ne peuvent plus se reproduire entre elles et constituent alors deux espèces distinctes. La dérive génétique joue un rôle d'autant plus marqué que les populations isolées sont de petite taille.
L'ESPÈCE, catégorie INSTABLE dans le temps : une espèce n'est pas une entité figée mais une étape dans un processus continu. Les populations qui la composent évoluent en permanence ; au cours du temps, une espèce peut se transformer, se scinder en plusieurs espèces, ou s'éteindre. La frontière entre deux espèces récemment séparées est souvent floue (zones d'hybridation), ce qui illustre le caractère graduel de la spéciation.
DIVERSIFICATION : la SÉLECTION SEXUELLE (choix du partenaire, compétition pour la reproduction) favorise certains caractères liés au succès reproducteur et peut accentuer la divergence entre populations. La COÉVOLUTION (évolution conjointe de deux espèces en interaction, par exemple une plante et son pollinisateur) est une autre source de diversification du vivant, sans nécessairement passer par de nouvelles espèces.
DIVERSIFICATION SANS MODIFICATION DU GÉNOME. Un chapitre entier du thème est consacré à l'idée que la diversité phénotypique ne vient pas seulement de la diversité génétique : des associations non héréditaires (symbiotes, microbiote acquis), le recrutement de composants inertes du milieu, et des comportements acquis transmis d'une génération à l'autre diversifient les êtres vivants sans qu'une seule base d'ADN change. Ces mécanismes font l'objet de la section suivante ; retenez ici la conséquence de méthode — une divergence observée entre deux populations n'autorise jamais, à elle seule, à conclure à une divergence génétique.
CE QUE LE SÉQUENÇAGE A FAIT À LA NOTION D'ESPÈCE. La comparaison des génomes a montré que la frontière entre espèces est POREUSE : les premières analyses du génome néandertalien (Green et coll., Science, 2010) ont révélé que les génomes humains actuels hors d'Afrique portent quelques pour cent de séquences néandertaliennes — deux groupes tenus pour deux espèces ont donc échangé des gènes. À l'inverse, le séquençage révèle des espèces CRYPTIQUES, impossibles à distinguer par la morphologie mais isolées génétiquement depuis longtemps. Il ne remplace pas le critère d'interfécondité, il le rend QUANTITATIF.

Vocabulaire

→ Cartes
  • isolement reproducteurEnsemble des obstacles qui empêchent ou réduisent les échanges de gènes entre deux populations, qu'ils soient géographiques, écologiques, temporels, comportementaux ou génétiques.
  • spéciationProcessus par lequel une population se divise et diverge jusqu'à former deux ensembles qui ne se reproduisent plus entre eux, donc deux espèces.
  • espèce cryptiquePopulation impossible à distinguer d'une autre par la morphologie, mais que la comparaison des séquences d'ADN révèle génétiquement isolée depuis longtemps.
  • sélection sexuelleTri opéré par le choix du partenaire et la compétition pour la reproduction, qui favorise des caractères liés au succès reproducteur plutôt qu'à la survie.
  • coévolutionÉvolution conjointe de deux espèces en interaction étroite, chacune exerçant sur l'autre une pression de sélection, comme une plante et son pollinisateur.
  • introgressionPassage durable d'allèles d'un groupe dans le patrimoine génétique d'un autre, à la faveur de croisements entre individus des deux groupes.
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Exemple corrigé

Reconstituer un scénario de spéciation et discuter la notion d'espèce

Deux populations de souris, initialement issues d'une même population, ont été séparées par un fleuve nouvellement formé. Après un long isolement, on les remet en contact : les croisements en laboratoire entre individus des deux populations ne donnent plus de descendants viables. 1) Décrire les étapes ayant conduit à cette situation. 2) Préciser la nature de l'isolement reproducteur. 3) Indiquer s'il s'agit d'une ou de deux espèces, en discutant la définition utilisée.

  1. Étape 1 — séparation de la population

    La formation du fleuve scinde la population ancestrale en deux sous-populations qui ne peuvent plus échanger de gènes : c'est un isolement GÉOGRAPHIQUE initial, qui interrompt le brassage des allèles entre les deux groupes.

  2. Étape 2 — divergence génétique

    Au fil des générations, chaque sous-population accumule ses propres mutations et voit ses fréquences alléliques évoluer indépendamment, sous l'effet de la sélection naturelle (milieux différents de part et d'autre du fleuve) et de la dérive génétique. Les deux groupes DIVERGENT génétiquement.

  3. Étape 3 — isolement reproducteur

    La divergence est devenue telle que les croisements ne donnent plus de descendants viables : un isolement reproducteur de nature GÉNÉTIQUE (incompatibilité des génomes) s'est installé, indépendamment du fleuve.

  4. 04Conclusion sur la notion d'espèce

    Selon la définition biologique (interfécondité avec descendance féconde), les deux populations ne sont plus interfécondes : elles constituent désormais DEUX espèces distinctes. On a observé une spéciation. On rappelle que cette définition a des limites (asexués, fossiles, hybridations partielles) et que l'espèce reste une catégorie instable dans le temps.

Résultat : La séquence « séparation géographique → divergence génétique (sélection + dérive + mutations) → isolement reproducteur génétique » décrit une spéciation. Les deux populations n'étant plus interfécondes, elles forment deux espèces au sens biologique — une frontière dont on souligne le caractère graduel et la définition limitée.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — exercice 1 : discuter la notion d'espèce. Énoncer la définition par l'interfécondité avec descendance féconde, PUIS ses limites — organismes à reproduction asexuée, fossiles, hybridations entre espèces voisines — en illustrant chaque limite par un cas.
  • Objectif Bac — exercice 2 : reconstituer un scénario de spéciation à partir de documents — séparation, divergence par mutation, sélection et dérive, puis apparition d'un isolement reproducteur — en indiquant à chaque étape le document qui l'établit. C'est l'INTÉGRATION de l'analyse, et non sa paraphrase, qui est évaluée.
  • Objectif Bac : identifier sur un exemple le TYPE d'isolement reproducteur en jeu — géographique, écologique, temporel, comportemental ou génétique. L'attendu est un vocabulaire précis : nommer le type d'isolement, et non se contenter de décrire la situation.
  • Capacité « Questionner la notion d'espèce en s'appuyant sur les apports modernes du séquençage de l'ADN » : savoir citer un cas où les génomes brouillent la frontière — des échanges de gènes entre groupes tenus pour distincts — et un cas où ils en révèlent une, les espèces cryptiques.
  • Piste de Grand oral : « l'espèce est-elle une réalité de la nature ou une commodité de classement ? ». La question se traite entièrement avec les outils de cette section — interfécondité, isolement reproducteur, spéciation graduelle, apports du séquençage — sans sortir du programme.

Erreurs fréquentes

  • Considérer l'espèce comme une catégorie fixe et intemporelle : c'est une étape INSTABLE d'un processus continu — les populations évoluent en permanence, et la frontière entre espèces récemment séparées est souvent floue.
  • Réduire l'isolement reproducteur à la seule séparation géographique : il existe aussi des isolements écologique, temporel, comportemental et génétique (hybrides stériles), qui peuvent persister même sans barrière physique.
  • Confondre spéciation et simple variation : observer des différences entre deux populations ne suffit pas à conclure à deux espèces — il faut établir l'existence d'un ISOLEMENT REPRODUCTEUR entre elles.
  • Croire que toute diversification suppose un changement du génome : une association avec un symbiote acquis, un objet recruté dans le milieu ou un comportement transmis par apprentissage diversifient le vivant SANS modifier la séquence de l'ADN.
  • Confondre la définition de l'espèce et l'instrument qui sert à la tester : l'interfécondité est le CRITÈRE, la comparaison des séquences est un OUTIL. Un écart génétique, à lui seul, ne définit aucun seuil d'espèce.

§ 05

Révision active

Deux populations d'une même espèce d'oiseaux sont séparées par la formation d'un bras de mer pendant plusieurs milliers d'années. Lorsqu'elles entrent à nouveau en contact, on observe que les mâles des deux groupes ont des chants de parade très différents et que les individus ne se reproduisent plus entre eux. À l'aide de ces informations, expliquer comment a pu se produire une spéciation, en précisant la nature de l'isolement reproducteur et en justifiant qu'il s'agit désormais de deux espèces.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 06
§ 06

D'autres mécanismes de diversification : associations, phénotype étendu et transmission culturelle#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Génétique-et-évolutionBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

D'où vient la différence observée entre deux populations ?

D'où vient la différence entre deux populations ?Arbre de probabilité, 4 chemins, Données: ADN diffère; trait appris; symbiote acquis; objet recrutéADN diffèretrait apprissymbiote acquisobjet recrutéTrait divergentDiversification génétiqueTransmission culturelleAssociation non héréditairePhénotype étendu
Fig. 11Quatre issues pour une même observation. La démarche consiste à comparer d'abord les génomes, puis à tester ce qui se transmet réellement : un allèle, un comportement appris, un partenaire acquis ou un objet recruté dans le milieu.

Points clés

Le dernier chapitre du thème pose une idée qui contredit l'intuition laissée par tout le reste : la diversification phénotypique des êtres vivants n'est pas uniquement due à la diversification génétique. Trois voies sont nommées — associations non héréditaires (pathogènes, symbiotes, microbiote acquis) ; recrutement de composants inertes du milieu qui modulent le phénotype ; comportements acquis transmis d'une génération à l'autre. La notion à tenir est celle d'une HÉRÉDITÉ NON FONDÉE SUR L'ADN, doublée d'une TRANSMISSION et d'une ÉVOLUTION CULTURELLES.
ASSOCIATIONS NON HÉRÉDITAIRES. Un phénotype peut appartenir non à un organisme mais à une ASSOCIATION qui se reforme à chaque génération. Le microbiote en est le cas courant : acquis après la naissance, il ne passe pas par les gamètes et apporte des fonctions que le génome de l'hôte ne code pas — aucun mammifère herbivore ne possède de gène de cellulase, la digestion de la cellulose est le fait des micro-organismes de son tube digestif. Le calmar Euprymna scolopes offre un cas plus net encore : il éclot sans bactéries, et son organe lumineux est colonisé à chaque génération par des Vibrio fischeri de l'eau de mer. Sans colonisation, pas de bioluminescence.
RECRUTEMENT DE COMPOSANTS INERTES : LE PHÉNOTYPE ÉTENDU. Le comportement de construction, lui, est bien héréditaire ; mais le MATÉRIAU vient du milieu, et l'objet construit fait partie du phénotype au même titre que la couleur de l'animal. C'est ce que désigne l'expression de phénotype étendu, proposée par Richard Dawkins en 1982 : le barrage du castor, la toile de l'araignée, le fourreau que la larve de phrygane assemble avec les grains de sable de son ruisseau. Deux populations établies dans des ruisseaux aux sédiments différents construisent des fourreaux différents : c'est le matériau, non le génome, qui a changé.
COMPORTEMENTS ACQUIS ET TRANSMISSION CULTURELLE. Une information peut aussi se transmettre par APPRENTISSAGE — imitation, observation, enseignement — entre contemporains comme d'une génération à l'autre. Chez de nombreux passereaux, le jeune mâle apprend le chant de ses voisins pendant une période sensible : élevé isolé, il produit un chant anormal ; élevé dans une autre population, il en adopte le dialecte. Chez le chimpanzé, les répertoires techniques — casser des noix, pêcher les termites avec une tige — diffèrent d'une communauté à l'autre sans que la génétique ni les ressources locales l'expliquent (Whiten et coll., Nature, 1999).
CES TRAITS ÉVOLUENT. Un trait culturel apparaît, se répand, puis peut être SÉLECTIONNÉ s'il est efficace, CONTRE-SÉLECTIONNÉ s'il est coûteux, ou simplement PERDU PAR HASARD — un dialecte disparaît avec ses derniers locuteurs, comme un allèle se perd par dérive dans une petite population. L'analogie avec l'évolution biologique est réelle mais partielle : la transmission culturelle est aussi horizontale, bien plus rapide, et surtout elle transmet l'ACQUIS, ce que la transmission génétique ne fait jamais. Les deux ne sont pas étrangères pour autant : une pratique culturelle installe des milieux nouveaux et modifie donc les pressions qui s'exercent sur les gènes — ainsi de la persistance de la lactase chez des populations d'éleveurs.
CE QUE CELA CHANGE DANS UN RAISONNEMENT. Devant deux populations qui diffèrent, conclure « différence génétique » est un réflexe, pas une démonstration. La démarche attendue consiste à chercher ce qui se transmet et par quelle voie : comparer les génomes, puis TESTER la transmission. L'élevage croisé — échanger les jeunes entre les deux populations — est le protocole décisif. Si le jeune adopte le trait de ses parents d'accueil, le trait est appris ; s'il garde celui de ses parents biologiques, il est héréditaire.

Vocabulaire

→ Cartes
  • hérédité non fondée sur l'ADNTransmission d'un caractère d'une génération à la suivante par une autre voie que la séquence des gamètes : partenaire acquis, matériau du milieu ou apprentissage.
  • association non héréditaireCohabitation durable entre deux organismes qui donne un phénotype nouveau à l'hôte, mais qui doit se reformer à chaque génération car elle ne passe pas par les gamètes.
  • microbioteEnsemble des micro-organismes hébergés par un organisme, acquis après la naissance, et dont dépendent des fonctions que le génome de l'hôte ne code pas.
  • phénotype étenduExtension du phénotype d'un organisme aux objets qu'il construit ou recrute dans son milieu, comme un barrage, une toile ou un fourreau de larve.
  • transmission culturellePassage d'un comportement acquis d'un individu à un autre par apprentissage, entre contemporains comme entre générations, sans intervention des gamètes.
  • évolution culturelleTransformation au fil du temps d'un ensemble de traits appris, par apparition de nouveautés puis sélection, contre-sélection ou perte due au hasard.
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Exemple corrigé

Montrer qu'un phénotype peut appartenir à une association et non à un génome

On dispose des données suivantes sur un herbivore ruminant. Document 1 : l'analyse du génome de l'animal ne met en évidence aucun gène codant une cellulase, l'enzyme qui coupe la cellulose. Document 2 : le contenu du rumen renferme une communauté dense de bactéries et de protistes, dont beaucoup produisent des cellulases. Document 3 : un jeune animal élevé dès la naissance dans des conditions qui empêchent la colonisation de son rumen ne digère pas la cellulose ; l'inoculation ultérieure de contenu de rumen prélevé sur un adulte rétablit cette digestion. Montrer que la capacité à digérer la cellulose relève d'une diversification du vivant sans modification du génome, et préciser ce qui se transmet d'une génération à l'autre.

  1. 01Formuler le problème

    Le phénotype à expliquer est « digérer la cellulose ». La question n'est pas de savoir s'il existe, mais OÙ est codée l'information qui le produit : dans le génome de l'animal, ou ailleurs.

  2. 02Exploiter le document 1

    L'absence de tout gène de cellulase dans le génome de l'animal écarte l'hypothèse d'une enzyme qu'il produirait lui-même. Le phénotype ne peut donc pas s'expliquer par son seul patrimoine génétique.

  3. 03Exploiter le document 2

    Les micro-organismes du rumen produisent, eux, les cellulases manquantes. L'hypothèse devient : l'enzyme vient des partenaires, et le phénotype appartient à l'ASSOCIATION formée par l'animal et sa communauté microbienne.

  4. 04Exploiter le document 3

    L'expérience tranche, parce qu'elle joue dans les deux sens : privé de colonisation l'animal ne digère plus la cellulose, la colonisation rétablie il la digère de nouveau. L'association est donc nécessaire au phénotype — et elle n'est pas présente à la naissance.

  5. 05Conclure sur ce qui se transmet

    Deux choses passent d'une génération à l'autre, par deux voies distinctes : le génome de l'animal, par les gamètes ; et les micro-organismes, acquis par contact avec la mère, les congénères et le milieu. Cette seconde voie ne passe par aucune séquence d'ADN de l'animal.

Résultat : La digestion de la cellulose n'est pas un caractère du ruminant mais de l'association qu'il forme avec son microbiote : le génome de l'animal est inchangé, le phénotype est nouveau. C'est le modèle même d'une diversification du vivant sans diversification génétique — et la raison pour laquelle une différence phénotypique entre deux populations n'est jamais, à elle seule, la preuve d'une différence génétique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — exercice 2 (raisonnement à partir de documents) : la capacité du programme est « Étudier un exemple de diversification du vivant sans modification du génome ». Montrez d'abord que les génomes ne diffèrent pas, puis identifiez ce qui se transmet à la place — un partenaire, un matériau, un comportement appris.
  • Objectif Bac : « Extraire, organiser et exploiter des informations pour appréhender la notion de phénotype étendu ». Retenez la formulation qui rapporte des points — le comportement de construction est héréditaire, le matériau vient du milieu, et l'objet construit fait partie du phénotype.
  • Objectif Bac : « appréhender la notion d'évolution culturelle et ses liens avec celle d'évolution biologique ». Le lien attendu est structural — variation, transmission, tri — et les différences doivent être dites : transmission horizontale possible, rapidité, transmission de l'acquis.
  • Objectif Bac — exercice 1 (texte argumenté) : « la diversification du vivant ne se réduit pas à la diversification génétique ». Plan sûr en trois temps — une association non héréditaire, un phénotype étendu, une transmission culturelle — en nommant à chaque fois le support de l'information et l'observation qui l'établit.
  • Périmètre à connaître : la Précision du programme dit qu'« un traitement exhaustif des mécanismes possibles n'est pas attendu ». N'apprenez donc pas une liste ; apprenez deux exemples que vous savez conduire jusqu'au bout, expérience comprise.

Erreurs fréquentes

  • Confondre association NON héréditaire et endosymbiose héréditaire : les mitochondries sont transmises avec l'ovocyte et leur ADN fait partie du patrimoine hérité, alors que le microbiote est RE-ACQUIS à chaque génération et ne passe jamais par les gamètes.
  • Écrire que la culture « modifie le génome » : un comportement appris ne s'inscrit pas dans l'ADN et n'est pas transmis par les gamètes. La formulation correcte est indirecte — une pratique culturelle peut modifier les PRESSIONS DE SÉLECTION qui s'exercent sur des allèles déjà présents.
  • Prendre « phénotype étendu » pour un synonyme de milieu de vie : il ne s'agit pas de l'environnement en général, mais d'éléments inertes RECRUTÉS par un comportement héréditaire et devenus partie du phénotype — le barrage, la toile, le fourreau.
  • Conclure à une différence génétique parce que deux populations se comportent différemment : sans comparaison des génomes ni test de transmission, la conclusion n'est pas démontrée. C'est exactement l'erreur de raisonnement que ce chapitre existe pour corriger.
  • Réciter un catalogue de mécanismes : la Précision du programme exclut le traitement exhaustif, et un exemple non argumenté ne rapporte rien à l'exercice 2, qui évalue l'intégration de l'analyse des documents et non l'énumération.

§ 06

Révision active

Deux populations d'une même espèce d'oiseaux, séparées par une vallée, ont des chants de parade nettement différents. La comparaison de leurs génomes ne révèle aucune différence significative. On échange alors des œufs entre les deux populations : devenus adultes, les jeunes élevés par des parents de l'autre population produisent le chant de leurs parents d'accueil. 1) Que démontre l'expérience d'échange d'œufs ? 2) Nommer le mode de transmission en jeu et indiquer par quoi passe l'information. 3) Expliquer comment un tel trait peut apparaître, se répandre, puis disparaître, alors qu'aucune séquence d'ADN n'est modifiée.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Cultures in chimpanzees — Nature, 399, 682-685 (1999) (Nature)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 06

    • 01Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques○
    • 02Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose◐
    • 03Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes◐
    • 04Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg●
    • 05Espèce, spéciation et diversification du vivant●
    • 06D'autres mécanismes de diversification : associations, phénotype étendu et transmission culturelle◐

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Génétique et évolution

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe

Nature

  • Cultures in chimpanzees — Nature, 399, 682-685 (1999)

Voir aussi

  • L'expression du patrimoine génétiqueLe versant moléculaire d'un allèle : ce qu'une mutation change à la transcription, à la traduction et donc à la protéine (rappel de première).
  • De la plante sauvage à la plante domestiquéeLa domestication est une sélection artificielle : les mêmes mécanismes de brassage et de fixation d'allèles, sous une pression choisie par l'humain.
  • À la recherche du passé géologique de notre planèteLes fossiles stratigraphiques donnent son échelle de temps à l'évolution : sans chronologie, pas de rythme des diversifications.

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L'expression du patrimoine génétique

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À la recherche du passé géologique de notre planète

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