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Ce thème relie l'origine de la diversité génétique des individus aux mécanismes de l'évolution des populations. On part de la conservation des génomes — le clone et l'accumulation de mutations qui le diversifie — puis de la reproduction sexuée : méiose et fécondation brassent les allèles à chaque génération. On apprend ensuite à interpréter des croisements, des arbres généalogiques et des séquences pour identifier les allèles portés par un individu, et à relier les accidents de la méiose aux familles multigéniques et aux anomalies chromosomiques. Viennent les mutations, seule source d'allèles nouveaux, et les mécanismes qui complexifient les génomes hors de la reproduction sexuée : transferts horizontaux (transformation, conjugaison, vecteurs viraux) et endosymbioses. On étudie enfin l'évolution des populations — sélection naturelle, dérive génétique, modèle de Hardy-Weinberg comme référence de l'absence d'évolution —, la notion d'espèce comme catégorie instable issue de la spéciation, et les mécanismes qui diversifient le vivant sans modifier le génome : associations non héréditaires, phénotype étendu et transmission culturelle. C'est le Thème 1 de la spécialité SVT de terminale, pleinement au programme de l'épreuve écrite.
6 sections~54 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouiller d'abord les fondamentaux universellement attendus : le déroulement de la méiose et l'évolution de la quantité d'ADN, la distinction brassage intrachromosomique (crossing-over en prophase I) / brassage interchromosomique (disjonction aléatoire en anaphase I), le rôle amplificateur de la fécondation, et la relation « nouvel allèle = mutation ». Ces points structurent la plupart des sujets de génétique.
niveau approfondi
Approfondir l'exploitation quantitative de données : estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test (fréquence de recombinants), appliquer rigoureusement le modèle de Hardy-Weinberg (p², 2pq, q²) pour comparer fréquences observées et attendues, et argumenter finement le rôle respectif de la sélection et de la dérive selon la taille de population et la valeur sélective des allèles.
Profondeur de lecture : Approfondi
Taille du texte : Standard · Interligne : Compact
Toujours charger les médias : désactivé
6 sections30 points clés6 formules30 pièges signalés
Quantité d'ADN par cellule au cours de la méiose
Vocabulaire
→ CartesÉvolution de la quantité d'ADN au cours de la méiose
La réplication double l'ADN avant la méiose ; la division I sépare les homologues (l'ADN par cellule est divisé par 2) et la division II sépare les chromatides (encore divisé par 2). Une cellule diploïde donne quatre cellules haploïdes.
Brassage interchromosomique pour n paires de chromosomes
Chacune des paires se répartit indépendamment selon deux possibilités, d'où gamètes différents par le seul brassage interchromosomique (pour l'humain, ).
Croisement-test : les quatre gamètes du dihybride révélés
Chez une plante, le gène « forme du grain » a un allèle dominant R (rond) et un allèle récessif r (ridé) ; le gène « couleur » a un allèle dominant J (jaune) et un allèle récessif v (vert). Les deux gènes sont portés par des chromosomes différents. On réalise un croisement-test : une plante dihybride (R//r ; J//v) est croisée avec une plante homozygote récessive (r//r ; v//v). 1) Donner les gamètes produits par chaque parent et leurs proportions. 2) Établir l'échiquier de croisement. 3) Donner les phénotypes des descendants et leurs proportions, et préciser le brassage mis en évidence.
Les deux gènes étant sur des chromosomes DIFFÉRENTS, le brassage interchromosomique en anaphase I donne quatre types de gamètes équiprobables (chaque allèle d'un gène s'associe indifféremment à chaque allèle de l'autre).
Le parent (r//r ; v//v) est homozygote pour les deux gènes : il ne produit qu'un seul type de gamète.
Chaque gamète du dihybride fusionne avec un gamète du parent testeur. On obtient quatre génotypes, chacun avec la probabilité .
On traduit chaque génotype en phénotype (R et J dominants). Quatre phénotypes apparaissent en proportions égales, donc chacun.
L'apparition des quatre phénotypes en proportions ÉGALES (dont les phénotypes recombinés [rond, vert] et [ridé, jaune] à chacun) traduit l'indépendance des deux gènes : c'est le brassage INTERchromosomique (disjonction aléatoire des homologues en anaphase I) qui est mis en évidence.
Résultat : Le croisement-test donne quatre phénotypes équiprobables ( chacun), dont deux types recombinés à : la proportion d'environ de descendants recombinés signe deux gènes INDÉPENDANTS, brassés par le seul brassage interchromosomique.
On admet les données suivantes. Le corps humain adulte compte de l'ordre de cellules (ordre de grandeur publié par Sender, Fuchs et Milo, PLOS Biology, 2016). Toutes dérivent d'une cellule unique, le zygote, par divisions successives. On retient enfin, pour l'exercice, une moyenne d'UNE mutation non corrigée par division cellulaire. 1) Estimer le nombre de divisions nécessaires pour produire cet effectif. 2) En déduire l'ordre de grandeur du nombre de mutations survenues dans l'organisme entier au cours du développement. 3) Estimer le nombre de divisions qui séparent une cellule adulte quelconque du zygote, et conclure sur le nombre de mutations que porte CETTE cellule.
Chaque division remplace une cellule par deux : elle augmente donc l'effectif d'exactement une unité. Produire cellules à partir d'une seule demande divisions — en ordre de grandeur, autant de divisions que de cellules.
On multiplie le nombre de divisions par le nombre moyen de mutations laissées à chaque division, tel qu'il est donné dans l'énoncé.
Les divisions ne se font pas à la file mais en parallèle : à chaque cycle, la population double. On cherche donc l'exposant pour lequel une puissance de deux atteint l'effectif final, c'est-à-dire un logarithme de base deux.
Une cellule adulte n'a donc subi qu'une quarantaine de divisions depuis le zygote : elle porte une quarantaine de mutations somatiques, et non les milliers de milliards de l'organisme entier. Les deux nombres décrivent des objets différents.
L'organisme adulte n'est pas un clone parfait mais une MOSAÏQUE de clones et de sous-clones, chacun portant sa propre petite série de mutations. Aucune de ces mutations somatiques n'est transmise à la descendance : seules comptent, pour l'évolution, celles qui touchent la lignée germinale.
Résultat : Un organisme humain accumule au cours de son développement de l'ordre de mutations somatiques, mais chaque cellule prise isolément n'en porte qu'une quarantaine. Le corps est une mosaïque de sous-clones — et rien de tout cela ne passe à la génération suivante hors de la lignée germinale.
Erreurs fréquentes
Révision active
Chez une espèce dont la garniture chromosomique est 2n = 8, on s'intéresse au nombre de gamètes génétiquement différents qu'un individu peut produire. 1) Calculer le nombre de combinaisons chromosomiques que le seul brassage interchromosomique permet d'obtenir, et expliquer d'où vient ce nombre. 2) Expliquer pourquoi le nombre réel de gamètes différents est en pratique très supérieur à ce calcul, en nommant le second brassage et l'étape précise de la méiose où il se produit. 3) Situer, sur un schéma de méiose que vous décrirez, l'étape responsable de chacun des deux brassages, puis dire ce que la fécondation ajoute encore à cette diversité.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomique
Vocabulaire
→ CartesEstimation d'une distance génétique (croisement-test)
La fréquence des phénotypes recombinés, exprimée en pourcentage, donne la distance entre les deux gènes en centimorgans : de recombinaison correspond à environ cM.
Croisement-test de deux gènes liés : parentaux majoritaires, recombinés minoritaires
Arbre généalogique : reconnaître un allèle récessif porté par un autosome
On croise une plante dihybride (AB//ab) avec une plante homozygote récessive (ab//ab). Sur descendants, on dénombre : de phénotype [AB], de phénotype [ab], de phénotype [Ab] et de phénotype [aB]. 1) Quels sont les phénotypes parentaux et recombinés ? 2) Les gènes sont-ils liés ou indépendants ? 3) Calculer la distance génétique en cM.
Les phénotypes majoritaires reproduisent les associations d'allèles du dihybride (AB//ab) : ce sont les PARENTAUX [AB] et [ab]. Les phénotypes minoritaires [Ab] et [aB] présentent de NOUVELLES associations : ce sont les RECOMBINÉS, issus d'un crossing-over.
Si les gènes étaient indépendants, on attendrait de chaque phénotype ( sur ), soit de recombinés. Or les recombinés sont nettement minoritaires : les gènes sont donc LIÉS (portés par le même chromosome).
On rapporte la somme des deux phénotypes recombinés au nombre total de descendants.
La fréquence de recombinaison, exprimée en pourcentage, donne directement la distance en centimorgans ( cM).
Résultat : Les phénotypes parentaux ([AB] et [ab]) sont majoritaires et les recombinés ([Ab] et [aB]) minoritaires : les deux gènes sont LIÉS. La fréquence de recombinaison vaut , soit une distance génétique d'environ cM.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un enfant naît avec une trisomie 21 libre et homogène : ses cellules portent trois chromosomes 21 indépendants. 1) Expliquer par quel accident de la méiose un gamète a pu porter deux chromosomes 21, en précisant laquelle des deux divisions peut être en cause et ce qui distingue les deux cas. 2) Un crossing-over peut lui aussi être anormal lorsqu'il est INÉGAL entre deux chromatides mal appariées : expliquer ce qu'il produit sur chacune des deux chromatides concernées. 3) Expliquer en quoi ce second accident, contrairement au premier, constitue une source d'innovation génétique à l'échelle de l'évolution, et nommer ce que devient un ensemble de gènes issus de duplications successives d'un même gène ancestral.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Origine endosymbiotique de la mitochondrie
Vocabulaire
→ CartesOn dispose des informations suivantes sur la mitochondrie d'une cellule eucaryote : (a) elle est entourée d'une DOUBLE membrane ; (b) elle possède un ADN propre, CIRCULAIRE, séparé de l'ADN du noyau ; (c) elle contient des ribosomes dont la séquence d'ARN ressemble davantage à celle des ribosomes bactériens qu'à celle des ribosomes du cytoplasme eucaryote ; (d) elle se divise de façon autonome. Montrer que ces données soutiennent l'hypothèse d'une origine endosymbiotique de la mitochondrie.
L'hypothèse endosymbiotique propose que la mitochondrie dérive d'une bactérie ancestrale (aérobie) incorporée par une cellule hôte et conservée comme symbiote. On confronte chaque donnée à cette hypothèse.
La membrane EXTERNE proviendrait de la cellule hôte (vésicule de phagocytose) et la membrane INTERNE de la bactérie englobée. La double membrane est donc cohérente avec une incorporation par endocytose : argument (a).
Un ADN propre, CIRCULAIRE et indépendant du noyau est caractéristique des bactéries (les eucaryotes ont un ADN nucléaire linéaire). L'organite a donc conservé un patrimoine génétique de type bactérien : argument (b).
Les ribosomes mitochondriaux ressemblent davantage aux ribosomes BACTÉRIENS qu'à ceux du cytoplasme eucaryote. Cette PARENTÉ MOLÉCULAIRE, établie par comparaison de séquences, place la mitochondrie du côté des bactéries : argument (c).
La mitochondrie se divise indépendamment de la cellule, à la manière d'une bactérie : argument (d), cohérent avec un ancien organisme devenu symbiote.
Résultat : Double membrane, ADN circulaire de type bactérien, ribosomes proches des ribosomes bactériens et division autonome convergent : la mitochondrie est issue d'une bactérie ancestrale intégrée par endosymbiose. La comparaison de SÉQUENCES (ribosomes, ADN) est l'argument décisif, car elle établit une parenté avec les bactéries actuelles.
Erreurs fréquentes
Révision active
On compare la séquence d'un gène de résistance à un antibiotique présent chez une bactérie pathogène avec les banques de données. Le même gène, quasi identique, est retrouvé chez une bactérie d'une espèce très éloignée vivant dans le même milieu, mais est absent chez les bactéries proches parentes de la pathogène. Proposer une explication à cette répartition, en nommant le mécanisme évolutif en jeu et en indiquant comment la comparaison de séquences permet de le mettre en évidence.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-Weinberg
Vocabulaire
→ CartesSomme des fréquences alléliques (deux allèles)
Pour un gène à deux allèles, la fréquence de l'allèle A et la fréquence de l'allèle a se complètent : leur somme vaut .
Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg
À l'équilibre, les génotypes AA, Aa et aa ont pour fréquences , et ; leur somme vaut (développement de ).
Estimation des fréquences alléliques à partir des homozygotes récessifs
La fréquence du génotype récessif vaut ; sa racine carrée donne , et s'en déduit (méthode classique d'estimation).
Dérive génétique : effet de la taille de population
Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg
On étudie un gène à deux allèles A (dominant) et a (récessif) dans une population de adultes. On dénombre les génotypes : individus AA, individus Aa et individus aa. 1) Calculer les fréquences alléliques observées (de A) et (de a). 2) Calculer les effectifs ATTENDUS de chaque génotype sous l'hypothèse de Hardy-Weinberg. 3) Comparer aux effectifs observés et conclure quant à une éventuelle évolution.
Chaque AA porte deux allèles A, chaque Aa un A et un a, chaque aa deux a. Sur individus, il y a allèles. On compte les A : , d'où ; puis .
Sous Hardy-Weinberg, les fréquences attendues sont (AA), (Aa) et (aa).
On multiplie chaque fréquence attendue par l'effectif total .
Les effectifs observés ( ; ; ) coïncident exactement avec les effectifs attendus sous Hardy-Weinberg ( ; ; ).
L'absence d'écart entre observé et attendu est compatible avec un équilibre de Hardy-Weinberg : sur ce gène, on ne détecte AUCUNE force évolutive (ni sélection, ni dérive notable, ni migration). La population n'apparaît pas en évolution pour ce gène — au moins sur cette génération.
Résultat : Fréquences alléliques et . Effectifs attendus sous Hardy-Weinberg : AA, Aa, aa, identiques aux observés : la population est à l'équilibre pour ce gène, donc aucune évolution détectable. (Un écart marqué aurait au contraire signalé l'action d'une force évolutive.)
On part d'un gène à deux allèles : A de fréquence p et a de fréquence q, avec p plus q égal à 1. La question : comment se répartissent les génotypes à la génération suivante si rien ne perturbe la population ?
Sous panmixie — des unions au hasard — les gamètes A et a se rencontrent au hasard. Le damier de croisement combine chaque gamète mâle avec chaque gamète femelle, pondérés par leurs fréquences p et q.
Union au hasard des gamètes : les génotypes de Hardy-Weinberg
On lit les fréquences génotypiques : p au carré pour AA, deux p q pour Aa (deux cases du damier), q au carré pour aa. Leur somme vaut p plus q, le tout au carré, c'est-à-dire 1.
Ces fréquences restent constantes de génération en génération : c'est l'équilibre de Hardy-Weinberg, le modèle de l'absence d'évolution. Il n'est valable que sous cinq conditions : effectif infini, panmixie, pas de mutation, pas de migration, pas de sélection.
On s'en sert comme test : on compare les fréquences observées aux fréquences attendues. Un écart significatif signifie qu'une condition est violée — la population évolue, sous l'effet de la sélection naturelle ou de la dérive génétique.
Dérive génétique en petite population
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans une population humaine de personnes, on observe individus atteints d'une maladie autosomique récessive. En supposant la population à l'équilibre de Hardy-Weinberg pour ce gène : 1) calculer la fréquence de l'allèle récessif et la fréquence de l'allèle dominant ; 2) calculer la proportion d'individus hétérozygotes (porteurs sains) ; 3) en déduire le nombre attendu de porteurs sains dans cette population.
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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Spéciation : divergence puis isolement reproductif
Vocabulaire
→ CartesDeux populations de souris, initialement issues d'une même population, ont été séparées par un fleuve nouvellement formé. Après un long isolement, on les remet en contact : les croisements en laboratoire entre individus des deux populations ne donnent plus de descendants viables. 1) Décrire les étapes ayant conduit à cette situation. 2) Préciser la nature de l'isolement reproducteur. 3) Indiquer s'il s'agit d'une ou de deux espèces, en discutant la définition utilisée.
La formation du fleuve scinde la population ancestrale en deux sous-populations qui ne peuvent plus échanger de gènes : c'est un isolement GÉOGRAPHIQUE initial, qui interrompt le brassage des allèles entre les deux groupes.
Au fil des générations, chaque sous-population accumule ses propres mutations et voit ses fréquences alléliques évoluer indépendamment, sous l'effet de la sélection naturelle (milieux différents de part et d'autre du fleuve) et de la dérive génétique. Les deux groupes DIVERGENT génétiquement.
La divergence est devenue telle que les croisements ne donnent plus de descendants viables : un isolement reproducteur de nature GÉNÉTIQUE (incompatibilité des génomes) s'est installé, indépendamment du fleuve.
Selon la définition biologique (interfécondité avec descendance féconde), les deux populations ne sont plus interfécondes : elles constituent désormais DEUX espèces distinctes. On a observé une spéciation. On rappelle que cette définition a des limites (asexués, fossiles, hybridations partielles) et que l'espèce reste une catégorie instable dans le temps.
Résultat : La séquence « séparation géographique → divergence génétique (sélection + dérive + mutations) → isolement reproducteur génétique » décrit une spéciation. Les deux populations n'étant plus interfécondes, elles forment deux espèces au sens biologique — une frontière dont on souligne le caractère graduel et la définition limitée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Deux populations d'une même espèce d'oiseaux sont séparées par la formation d'un bras de mer pendant plusieurs milliers d'années. Lorsqu'elles entrent à nouveau en contact, on observe que les mâles des deux groupes ont des chants de parade très différents et que les individus ne se reproduisent plus entre eux. À l'aide de ces informations, expliquer comment a pu se produire une spéciation, en précisant la nature de l'isolement reproducteur et en justifiant qu'il s'agit désormais de deux espèces.
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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
D'où vient la différence observée entre deux populations ?
Vocabulaire
→ CartesOn dispose des données suivantes sur un herbivore ruminant. Document 1 : l'analyse du génome de l'animal ne met en évidence aucun gène codant une cellulase, l'enzyme qui coupe la cellulose. Document 2 : le contenu du rumen renferme une communauté dense de bactéries et de protistes, dont beaucoup produisent des cellulases. Document 3 : un jeune animal élevé dès la naissance dans des conditions qui empêchent la colonisation de son rumen ne digère pas la cellulose ; l'inoculation ultérieure de contenu de rumen prélevé sur un adulte rétablit cette digestion. Montrer que la capacité à digérer la cellulose relève d'une diversification du vivant sans modification du génome, et préciser ce qui se transmet d'une génération à l'autre.
Le phénotype à expliquer est « digérer la cellulose ». La question n'est pas de savoir s'il existe, mais OÙ est codée l'information qui le produit : dans le génome de l'animal, ou ailleurs.
L'absence de tout gène de cellulase dans le génome de l'animal écarte l'hypothèse d'une enzyme qu'il produirait lui-même. Le phénotype ne peut donc pas s'expliquer par son seul patrimoine génétique.
Les micro-organismes du rumen produisent, eux, les cellulases manquantes. L'hypothèse devient : l'enzyme vient des partenaires, et le phénotype appartient à l'ASSOCIATION formée par l'animal et sa communauté microbienne.
L'expérience tranche, parce qu'elle joue dans les deux sens : privé de colonisation l'animal ne digère plus la cellulose, la colonisation rétablie il la digère de nouveau. L'association est donc nécessaire au phénotype — et elle n'est pas présente à la naissance.
Deux choses passent d'une génération à l'autre, par deux voies distinctes : le génome de l'animal, par les gamètes ; et les micro-organismes, acquis par contact avec la mère, les congénères et le milieu. Cette seconde voie ne passe par aucune séquence d'ADN de l'animal.
Résultat : La digestion de la cellulose n'est pas un caractère du ruminant mais de l'association qu'il forme avec son microbiote : le génome de l'animal est inchangé, le phénotype est nouveau. C'est le modèle même d'une diversification du vivant sans diversification génétique — et la raison pour laquelle une différence phénotypique entre deux populations n'est jamais, à elle seule, la preuve d'une différence génétique.
Erreurs fréquentes
Révision active
Deux populations d'une même espèce d'oiseaux, séparées par une vallée, ont des chants de parade nettement différents. La comparaison de leurs génomes ne révèle aucune différence significative. On échange alors des œufs entre les deux populations : devenus adultes, les jeunes élevés par des parents de l'autre population produisent le chant de leurs parents d'accueil. 1) Que démontre l'expérience d'échange d'œufs ? 2) Nommer le mode de transmission en jeu et indiquer par quoi passe l'information. 3) Expliquer comment un tel trait peut apparaître, se répandre, puis disparaître, alors qu'aucune séquence d'ADN n'est modifiée.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Cultures in chimpanzees — Nature, 399, 682-685 (1999) (Nature)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol
Voir aussi