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De l'ADN à la protéine : la transcription copie le gène en ARN dans le noyau, la maturation (épissage, parfois alternatif) façonne l'ARN messager, puis la traduction le décode codon par codon en protéine dans le cytoplasme. La protéine relie le génotype au phénotype à toutes les échelles (moléculaire, cellulaire, macroscopique), un phénotype restant multifactoriel (plusieurs gènes + environnement). Portée d'examen : ce thème relève du programme de spécialité de PREMIÈRE. Les thématiques des sujets de l'épreuve terminale portent sur le programme de terminale — aucun sujet d'écrit ni de l'oral de contrôle ne peut donc être bâti sur ce thème. La définition d'épreuve précise en revanche que « les notions du programme de la classe de première en vigueur peuvent être mobilisées dans le cadre de l'épreuve » : ces connaissances servent d'appui dans un exercice portant sur un thème de terminale. Et la banque nationale d'ECE porte sur « l'ensemble des acquis du cycle terminal » : ce thème est donc pleinement dans le périmètre de la partie pratique, comme du Grand oral.
5 sections~48 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Sache restituer la chaîne ADN → ARN pré-messager → (épissage) → ARNm → protéine, en localisant chaque étape (noyau / cytoplasme) et en utilisant correctement le tableau du code génétique pour traduire un ARNm.
niveau approfondi
Sache exploiter des données (séquences, électrophorèses, expériences sur l'environnement) pour argumenter l'effet d'une mutation à plusieurs échelles, le rôle de l'épissage alternatif dans la diversité du protéome et l'influence de l'environnement sur l'expression des gènes — y compris pour défendre un sujet au Grand oral.
Profondeur de lecture : Approfondi
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5 sections25 points clés9 formules25 pièges signalés
De l'ADN à l'ARNm : transcription, maturation et export
Vocabulaire
→ CartesTranscription
L'ARN polymérase lit le brin matrice de 3' vers 5' et synthétise un ARN complémentaire et antiparallèle, de 5' vers 3'.
Complémentarité ADN matrice → ARN
Règles d'appariement lors de la transcription : en face de chaque base de l'ADN matrice, l'ARN reçoit la base complémentaire, l'uracile (U) remplaçant la thymine (T).
On donne le brin transcrit (matrice) d'un fragment de gène, lu de 3' vers 5' : 3'–T A C G G A T T A C T–5'. Écris la séquence de l'ARN pré-messager (sens 5' → 3') et compare-la au brin codant.
L'ARN est complémentaire et antiparallèle du brin matrice. On apparie chaque base : en face de T → A, de A → U, de C → G, de G → C.
Matrice 3'–T A C G G A T T A C T–5' donne ARN 5'–A U G C C U A A U G A–3' (T→A, A→U, C→G, G→C, G→C, A→U, T→A, T→A, A→U, C→G, T→A).
Le brin codant est le complémentaire de la matrice : 5'–A T G C C T A A T G A–3'. L'ARN lui est identique en remplaçant chaque T par U.
L'ARN pré-messager reproduit donc le brin codant (à T → U près) et non le brin matrice : la transcription copie l'information du gène sur un brin d'ARN.
Résultat : ARN pré-messager : 5'–A U G C C U A A U G A–3', identique au brin codant à l'exception de chaque thymine remplacée par l'uracile.
Erreurs fréquentes
Révision active
Toutes les cellules d'un même individu possèdent le même génome. Pourtant, en recherchant des ARN messagers dans deux organes, on trouve celui de l'insuline dans les cellules du pancréas et pas dans le foie, tandis que celui de l'albumine est présent dans le foie et pas dans le pancréas. Que peut-on en déduire sur l'étape de transcription ? Explique ensuite en quoi l'existence d'un intermédiaire ARN entre le gène et la protéine rend ce résultat possible.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe de première (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Traduction : de l'ARNm à la protéine
Vocabulaire
→ CartesTraduction
Le ribosome lit l'ARNm codon par codon (3 nucléotides) ; chaque codon, via un ARNt, apporte un acide aminé, assemblé en chaîne polypeptidique.
Du nombre de nucléotides au nombre d'acides aminés
On divise le nombre de nucléotides de la séquence codante par 3 pour obtenir le nombre de codons, puis on retire 1 pour le codon-stop (qui ne code aucun acide aminé).
Nombre de séquences différentes de n nucléotides
Quatre bases sont possibles à chaque position : une séquence de n nucléotides peut donc prendre 4ⁿ formes différentes. Pour n = 3, cela fait 64 triplets, plus que les 20 acides aminés à désigner ; pour n = 100, environ 1,6 × 10⁶⁰ séquences.
Nombre de protéines différentes de n acides aminés
Vingt acides aminés sont possibles à chaque position : une chaîne de n acides aminés peut prendre 20ⁿ formes. Pour une petite protéine de 100 acides aminés, cela représente environ 1,3 × 10¹³⁰ possibilités — la diversité protéique n'est jamais limitée par la combinatoire.
Pourquoi un codon compte trois nucléotides
On donne l'ARNm (5' → 3') : 5'–A U G G C U U G U U A A C C C–3'. Donne la séquence d'acides aminés de la protéine et indique où s'arrête la traduction.
On lit dans le cadre commençant par le START : AUG / GCU / UGU / UAA / CCC. La traduction démarre à AUG.
AUG → Méthionine (Met, START) ; GCU → Alanine (Ala) ; UGU → Cystéine (Cys) ; UAA → codon-STOP.
UAA est un codon-stop : il ne code aucun acide aminé et arrête la traduction. Le codon CCC qui suit n'est jamais lu.
La chaîne polypeptidique obtenue est Met – Ala – Cys, soit 3 acides aminés. On vérifie : 3 codons codants × 3 = 9 nucléotides traduits, le 4ᵉ codon étant le stop.
Résultat : Protéine traduite : Met – Ala – Cys (3 acides aminés) ; la traduction s'arrête au codon-stop UAA, et le codon CCC suivant n'est pas traduit.
Un alphabet de quatre bases doit permettre de désigner sans ambiguïté 20 acides aminés. Quelle est la longueur minimale d'un mot ? Combien de combinaisons ce choix laisse-t-il en excédent, et comment cet excédent se lit-il dans le tableau du code ?
On dispose de quatre signes (A, U, G, C) et il faut en désigner 20. On cherche donc la plus petite longueur de mot dont le nombre de combinaisons atteint ou dépasse 20.
Un mot d'une lettre donne 4 combinaisons : bien trop peu. Un mot de deux lettres en donne 4 × 4 = 16 : encore insuffisant, il manquerait quatre acides aminés.
Un mot de trois lettres donne 4 × 4 × 4 = 64 combinaisons, donc davantage que 20. Trois est la plus petite longueur qui convienne, et c'est bien la taille du codon.
Il reste 64 − 20 = 44 combinaisons au-delà du strict nécessaire. Le tableau du code les emploie de deux façons : trois triplets servent d'arrêt et ne désignent aucun acide aminé, et les 41 autres doublent des triplets déjà attribués — c'est la redondance.
Résultat : Trois nucléotides sont le minimum, puisque 4² = 16 est inférieur à 20 alors que 4³ = 64 le dépasse. Les 44 combinaisons excédentaires expliquent d'un même mouvement les trois codons-stop et la redondance du code, donc l'existence de mutations silencieuses.
Après sa sortie du noyau, l'ARN messager est lu dans le cytoplasme par un ribosome, qui parcourt la molécule de 5' vers 3', trois nucléotides à la fois.
Chaque triplet de nucléotides, ou codon, correspond à un acide aminé d'après le code génétique. La lecture commence au codon-start AUG, qui code la méthionine.
Les acides aminés apportés par les ARN de transfert sont reliés par des liaisons peptidiques. La traduction s'arrête à un codon-stop, qui ne code aucun acide aminé.
Comme un codon vaut trois nucléotides, on déduit la longueur de la protéine du nombre de nucléotides codants : on divise par trois, puis on retire le codon-stop.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans la partie codante d'un gène, on insère UN nucléotide supplémentaire juste après le codon-start ; dans une seconde expérience, on en insère TROIS au même endroit. Sans utiliser le tableau du code génétique, prévois dans chaque cas ce que devient la protéine obtenue, puis explique pourquoi les deux résultats sont à ce point différents. Que t'apprend cette comparaison sur la façon dont le message est lu ?
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe de première (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Épissage alternatif : un gène, plusieurs protéines
Vocabulaire
→ CartesÉpissage alternatif et diversité du protéome
En assemblant différemment les exons d'un même pré-messager, l'épissage alternatif permet à un seul gène de coder plusieurs protéines distinctes.
Un gène comporte cinq exons (1 à 5). Dans le type cellulaire A, l'ARNm mature contient les exons 1-2-3-4-5 ; dans le type cellulaire B, l'ARNm mature contient 1-2-4-5 (exon 3 absent). Explique l'origine de cette différence et ses conséquences sur les protéines.
Les deux ARNm proviennent du MÊME gène (mêmes exons disponibles), mais ils ne contiennent pas la même combinaison d'exons : l'ARNm B a exclu l'exon 3, conservé dans l'ARNm A.
Cette différence vient de l'épissage : lors de la maturation, les exons ne sont pas toujours assemblés de la même façon. C'est un épissage ALTERNATIF, ici dépendant du type cellulaire.
Comme la séquence des ARNm diffère, la séquence d'acides aminés des protéines traduites diffère aussi : la protéine A et la protéine B n'ont pas la même structure et peuvent avoir des fonctions distinctes.
Un seul gène produit donc deux protéines selon le contexte cellulaire : l'épissage alternatif amplifie le nombre de protéines au-delà du nombre de gènes (diversité du protéome).
Résultat : La différence résulte d'un épissage alternatif : à partir d'un même gène, les types cellulaires A et B assemblent des combinaisons d'exons différentes, produisant deux protéines distinctes — un même gène peut coder plusieurs protéines.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un gène comporte quatre exons. Les exons 1 et 4 sont toujours conservés, tandis que les exons 2 et 3 peuvent chacun être retenus ou éliminés indépendamment l'un de l'autre. Combien d'ARN messagers mûrs différents ce seul gène peut-il produire au maximum ? Que deviendrait ce nombre avec dix exons facultatifs au lieu de deux ? Conclus sur le rapport entre le nombre de gènes d'un génome et le nombre de protéines qu'il peut fournir.
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Du génotype au phénotype : trois échelles (drépanocytose)
Vocabulaire
→ CartesLa cascade génotype → phénotype aux trois échelles
Le gène détermine une protéine (échelle moléculaire), qui conditionne le fonctionnement cellulaire (échelle cellulaire), lui-même responsable du caractère observable (échelle macroscopique).
Chez une personne drépanocytaire, le gène de la β-globine porte une mutation faux-sens : le 6ᵉ codon de l'ARNm devient GUG au lieu de GAG, remplaçant l'acide glutamique par la valine dans l'hémoglobine. Explique, en suivant les trois échelles du phénotype, comment cette mutation conduit au caractère « drépanocytose ».
La mutation change un seul codon (GAG → GUG), donc un seul acide aminé : l'acide glutamique est remplacé par la valine. L'hémoglobine modifiée (HbS) a une structure altérée qui la fait s'agréger lorsqu'elle est désoxygénée.
Les agrégats d'hémoglobine HbS déforment le globule rouge, qui prend une forme de faucille (drépanocyte) au lieu d'être souple et biconcave. Ces cellules rigides sont fragiles et circulent mal.
Les globules déformés obstruent les petits vaisseaux et sont détruits prématurément : il en résulte anémie, crises douloureuses et fatigue — le caractère « drépanocytose » observable chez l'individu.
Une modification ponctuelle de l'ADN (échelle moléculaire du génotype) se répercute sur la protéine, puis sur la cellule, puis sur l'organisme : c'est la cascade génotype → phénotype, montrant que le gène agit toujours via une protéine.
Résultat : Le changement d'un seul acide aminé (Glu → Val) altère l'hémoglobine (échelle moléculaire), déforme les globules rouges en faucille (échelle cellulaire) et provoque anémie et crises (échelle macroscopique) : la mutation ponctuelle explique le phénotype drépanocytaire à travers les trois échelles.
Erreurs fréquentes
Révision active
On compare l'allèle de référence d'un gène et trois allèles mutés. Dans l'allèle A, un codon CGU de l'ARN messager est devenu CGC. Dans l'allèle B, un codon UGG est devenu UGA. Dans l'allèle C, un nucléotide a été supprimé au milieu de la partie codante. À l'aide du tableau du code génétique, prévois pour chacun l'effet sur la protéine, puis classe les trois situations de la moins à la plus lourde de conséquences en justifiant ton classement — c'est le raisonnement qui compte, davantage que le nom de la catégorie.
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Même génotype, deux environnements (lapin himalaya)
Vocabulaire
→ CartesLe phénotype est multifactoriel
Le phénotype réalisé dépend de l'action conjointe de plusieurs gènes, de l'environnement et de leurs interactions : le génotype ne suffit pas à le déterminer entièrement.
Le lapin himalaya a un corps blanc et des extrémités noires (zones plus froides). On rase une zone blanche du dos et on la maintient au froid (poche de glace) : les poils y repoussent noirs. Explique ce résultat en termes d'influence de l'environnement sur l'expression d'un gène, sans invoquer de mutation.
Toutes les cellules du lapin ont le même génotype, y compris le gène de l'enzyme qui fabrique le pigment foncé. La différence de couleur ne peut donc pas venir d'une différence de gène.
Les zones naturellement foncées sont les extrémités, plus froides ; le corps, plus chaud, reste clair. Le facteur qui varie est la TEMPÉRATURE locale de la peau.
L'enzyme de pigmentation n'est active qu'à basse température : au froid, elle fonctionne et produit le pigment (poil foncé) ; au chaud, elle est inactive et aucun pigment n'est formé (poil clair).
En refroidissant artificiellement une zone du dos, on active localement l'enzyme : les poils repoussent foncés, alors que le génotype n'a pas changé. C'est bien l'environnement (la température) qui module l'expression du gène.
Résultat : À génotype identique, c'est la température locale qui détermine l'activité de l'enzyme de pigmentation : froid → enzyme active → poil foncé ; chaud → enzyme inactive → poil clair. L'environnement influence l'expression du gène sans modifier l'ADN.
Erreurs fréquentes
Révision active
Deux jumeaux monozygotes, donc de génotype identique, sont élevés dans des familles différentes ; adultes, ils n'ont exactement ni le même poids, ni la même corpulence, ni la même sensibilité à certaines maladies. Un lecteur pressé en conclut que « leur ADN a fini par changer ». Rédige une réponse argumentée qui distingue clairement une modification de la SÉQUENCE de l'ADN d'une modification de son EXPRESSION, puis propose une comparaison simple, réalisable au laboratoire, qui permettrait de trancher entre les deux hypothèses.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe de première (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol
Voir aussi