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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/De la plante sauvage à la plante domestiquée
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De la plante sauvage à la plante domestiquée

Les plantes à fleurs sont des organismes fixés : leur organisation maximise les surfaces d'échange avec l'atmosphère (feuilles, stomates) et avec le sol (racines, poils absorbants, mycorhizes), des méristèmes assurent une croissance et une organogenèse indéfinies, et deux tissus conducteurs distincts font circuler les sèves. Ce thème de terminale suit la matière depuis sa production — la photosynthèse dans le chloroplaste — jusqu'à la diversité chimique qui en dérive : molécules de charpente, réserves, molécules de défense et d'attraction. Il relie ensuite cette organisation à la reproduction (totipotence et clonage, fleur, pollinisation, coévolution, graine et dissémination), puis à la domestication : comment la sélection exercée par l'humanité a transformé l'ancêtre sauvage en plante cultivée, au prix de sa diversité génétique, et comment ce nouveau régime alimentaire a en retour sélectionné des caractères dans les populations humaines. C'est un thème pleinement évaluable à l'épreuve écrite de spécialité comme à l'ECE.

5 sections·~49 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0555 / 9
Profil d’examen
SVT-T-PLANTE-1 · Relier l'organisation d'une plante (feuilles, racines, surfaces d'échange, méristèmes, phytomères, tissus conducteurs, mycorhizes) et le contrôle hormonal de son développement (auxine, tropismes) à la vie fixée et aux échanges avec les milieuxSVT-T-PLANTE-2 · Relier la photosynthèse (chloroplaste, pigments chlorophylliens, photolyse de l'eau, réduction du dioxyde de carbone) au bilan de production de matière organique, à la circulation des sèves brute et élaborée, et à la diversité chimique de la planteSVT-T-PLANTE-3 · Relier l'organisation de la fleur et les collaborations plante-pollinisateur à la reproduction et à la coévolution ; analyser la reproduction asexuée (totipotence, clonage) et ses conséquences génétiquesSVT-T-PLANTE-4 · Comparer plante sauvage et plante domestiquée et relier les différences à la sélection exercée par l'humanité (sélection variétale, hybridation, transgénèse, édition génomique), puis discuter le retour de la domestication sur les populations humainesSVT-T-PLANTE-5 · Pratiquer une démarche : dissection florale, coupes et colorations, chromatographie de pigments, exploitation de données (croisements, marqueurs, génomes, nombre de copies d'un gène), traduction par un schéma ou un dessin légendé
Opérateurs :RelierMettre en relationRecenser et exploiterComparerArgumenter / justifierRéaliser un dessin légendé

niveau de base

Maîtrise d'abord les schémas fonctionnels : organisation feuille/racine, trajet des deux sèves, pièces de la fleur, et le tableau « sauvage ↔ cultivé » (téosinte → maïs).

niveau approfondi

Sois capable d'argumenter à partir de données originales (coupes, expériences de défense, croisements, comparaisons de génomes) et de discuter les enjeux de la transgénèse et de la diversité cultivée.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. De la plante sauvage à la plante domestiquée
    • 01Organisation fonctionnelle de la plante à fleurs et vie fixée○
    • 02La plante, productrice de matière organique : photosynthèse et diversité chimique◐
    • 03Les défenses de la plante face aux agressions◐
    • 04Reproduction de la plante fixée : fleur, pollinisation, coévolution et dispersion◐
    • 05De la plante sauvage à la plante domestiquée : sélection, hybridation, transgénèse et enjeux●

5 sections · 25 points clés · 1 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Organisation fonctionnelle de la plante à fleurs et vie fixée#

~11 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-svt-terminale-§De-la-plante-sauvage-à-la-plante-domestiquéeBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Organisation de la plante : surfaces d'échange et circulation

Organisation de la plante : surfaces d'échange et circulationGraphe, Racines : eau, sels → Feuilles : lumière, gaz, Feuilles : lumière, gaz → Racines : eau, selsFeuilles :lumière, gazTige :vaisseauxRacines :eau, selssève brute ↑(xylème)sève élaborée↓ (phloème)
Fig. 1La plante échange par de grandes surfaces (feuilles : lumière et gaz ; racines : eau et sels) reliées par des vaisseaux : la sève brute monte (xylème), la sève élaborée descend (phloème).

Points clés

La vie fixée impose à la plante de se procurer sur place la lumière, le dioxyde de carbone, l'eau et les ions minéraux : son organisation est tout entière tournée vers la MAXIMISATION DES SURFACES D'ÉCHANGE. Avec l'atmosphère, ce sont les feuilles, fines et étalées, percées de stomates (échanges gazeux, photosynthèse et transpiration). Avec le sol, c'est le système racinaire très ramifié, dont les poils absorbants démultiplient la surface de prélèvement de l'eau et des ions.
La feuille est l'organe photosynthétique : sous l'épiderme (recouvert d'une cuticule limitant les pertes d'eau) se trouvent les parenchymes chlorophylliens (palissadique puis lacuneux), riches en chloroplastes. Les stomates, surtout à la face inférieure, contrôlent les entrées de CO₂ et les sorties de vapeur d'eau ; leur ouverture/fermeture (cellules de garde) règle un compromis entre photosynthèse et transpiration.
Deux tissus conducteurs DISTINCTS assurent la circulation de matière sur de longues distances. Le XYLÈME conduit la sève brute (eau + ions minéraux prélevés au sol) de façon ascendante, des racines vers les feuilles ; la transpiration foliaire crée le moteur de cette montée. Le PHLOÈME conduit la sève élaborée (matière organique, surtout des glucides issus de la photosynthèse) des organes producteurs (« sources », feuilles) vers les organes consommateurs ou de réserve (« puits » : racines, fruits, bourgeons).
La matière organique produite par la photosynthèse alimente la croissance, le fonctionnement cellulaire et la constitution de RÉSERVES (amidon des graines, des tubercules, des racines). Ces réserves, déplacées par le phloème puis stockées, sont au cœur de l'intérêt alimentaire des plantes cultivées (grain, tubercule, fruit).
Étant fixée, la plante ajuste en permanence sa FORME (morphogénèse) à son milieu. Sa croissance et son développement sont contrôlés par des messagers chimiques internes, les PHYTOHORMONES — notamment l'AUXINE, qui stimule l'élongation cellulaire et oriente la croissance. Cette régulation hormonale rend compte des tropismes (réponses orientées de la plante à une direction de stimulus) : le PHOTOTROPISME (courbure vers la lumière) et le GRAVITROPISME (réponse à la gravité) résultent d'une répartition asymétrique de l'auxine, qui fait croître davantage le côté le moins éclairé ou le côté inférieur de l'organe. Des facteurs du milieu (lumière, gravité, vent, contact) modulent ainsi la morphologie de la plante, autre traduction de l'adaptation à la vie fixée.
La plante ne cesse jamais de construire de nouveaux organes, et cette construction a un lieu : les MÉRISTÈMES, massifs de cellules restées indifférenciées qui se divisent par mitose. À l'extrémité de la tige et à la pointe de la racine, ils fournissent des cellules qui s'allongent dans une zone d'ÉLONGATION juste en arrière, puis se différencient : la croissance associe DEUX étapes, multiplication puis élongation, et l'ORGANOGENÈSE met en place au même endroit feuilles, rameaux et fleurs. Elle est aussi MODULAIRE — le méristème caulinaire répète une unité, le PHYTOMÈRE : un nœud portant une feuille et un bourgeon axillaire, prolongé par un entre-nœud. Une tige feuillée n'est qu'un empilement de phytomères, d'où la ramification et une architecture remodelable selon le milieu.
Sous terre, l'absorption ne repose pas sur les seuls poils absorbants : chez la grande majorité des plantes terrestres, les racines vivent en SYMBIOSE avec des champignons du sol, formant des MYCORHIZES, déjà étudiées en première. Les filaments du champignon, bien plus fins qu'une racine, prospectent un volume de sol très supérieur et fournissent eau et ions minéraux, notamment le phosphate, peu mobile ; en retour, le champignon reçoit de la matière organique issue de la photosynthèse. La mycorhize augmente donc encore la surface d'échange souterraine, sans que la plante ait à la construire elle-même.

Vocabulaire

→ Cartes
  • méristèmeMassif de cellules non différenciées qui se divisent par mitose et fournissent, tout au long de la vie de la plante, les cellules de ses nouveaux organes.
  • phytomèreModule répété de la tige : un nœud portant une feuille et un bourgeon axillaire, prolongé par un entre-nœud.
  • mycorhizeAssociation symbiotique entre les racines d'une plante et un champignon du sol, qui augmente fortement la surface d'absorption de l'eau et des ions.
  • stomateOuverture de l'épiderme foliaire bordée de deux cellules de garde, qui règle l'entrée du dioxyde de carbone et la sortie de vapeur d'eau.
  • sève bruteSolution d'eau et d'ions minéraux prélevée dans le sol et conduite des racines vers les feuilles par le xylème.
  • tropismeCroissance orientée d'un organe végétal par la direction d'un facteur du milieu, comme la lumière ou la pesanteur.

Coupe transversale d'une feuille

Coupe transversale d'une feuillecolonne stratifiée, 4 couches, Données: Cuticule + épiderme supérieur, Parenchyme palissadique, Parenchyme lacuneux, Épiderme inférieur (stomates)de la face supérieure à la face inférieureCuticule + épiderme supérieurParenchyme palissadiqueParenchyme lacuneuxÉpiderme inférieur (stomates)
Fig. 2Sous la cuticule et l'épiderme supérieur, le parenchyme palissadique (riche en chloroplastes) capte la lumière ; le parenchyme lacuneux et les stomates de la face inférieure assurent les échanges gazeux.
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Exemple corrigé

Localiser xylème et phloème par une expérience d'annélation (anneau écorcé)

On retire un anneau d'écorce (qui contient le phloème) sur le tronc d'un arbre, sans atteindre le bois (xylème). Quelques semaines plus tard, un bourrelet riche en matière organique apparaît AU-DESSUS de l'anneau retiré, tandis que les feuilles restent vertes et turgescentes. Exploitez ces observations pour identifier le tissu transportant chaque sève et préciser le sens de circulation.

  1. 01Identifier les tissus en jeu

    L'écorce retirée contient le phloème (tissu externe) ; le bois conservé contient le xylème (tissu interne). On a donc interrompu le phloème mais laissé le xylème intact.

  2. 02Exploiter le maintien des feuilles

    Les feuilles restent vertes et turgescentes : l'eau et les ions continuent de monter malgré la coupure de l'écorce. C'est donc le xylème (bois, intact) qui transporte la sève brute, de façon ascendante.

  3. 03Exploiter l'accumulation de matière organique

    Un bourrelet riche en matière organique s'accumule juste au-dessus de l'anneau : la sève élaborée descendait des feuilles et se trouve bloquée par la coupure du phloème. C'est donc le phloème qui transporte la matière organique.

  4. 04Conclure sur le sens

    Le xylème conduit la sève brute des racines vers les feuilles (montante) ; le phloème conduit la sève élaborée des sources (feuilles) vers les puits (ici, vers le bas, d'où l'accumulation au-dessus de la coupure).

Résultat : Xylème (bois) = sève brute ascendante ; phloème (écorce) = sève élaborée, distribuée des feuilles vers les organes consommateurs/de réserve. L'expérience d'annélation localise les deux tissus et confirme le sens de circulation.

Exemple corrigé

Estimer l'ordre de grandeur des surfaces d'échange d'une plante

Un plant de maïs porte une douzaine de feuilles d'environ 60 cm de long sur 8 cm de large. On modélise chaque limbe par un rectangle et on estime le volume de ses parties aériennes à environ 1,5 L. Comparez la surface foliaire ainsi obtenue à celle d'une sphère compacte de même volume, puis concluez sur l'organisation de la plante. (Les dimensions sont choisies pour raisonner en ordre de grandeur ; elles ne sont pas des mesures faites sur une plante réelle.)

  1. 01Calculer la surface foliaire

    Chaque limbe modélisé par un rectangle mesure 0,60 m sur 0,08 m, soit 0,048 m². Pour douze feuilles, on obtient environ 0,58 m² de limbe, en ne comptant qu'une seule face.

  2. 02Calculer la surface de la sphère de même volume

    Le volume vaut 1,5 L, soit 1,5 × 10⁻³ m³. Une sphère de ce volume a un rayon d'environ 7,1 cm, et donc une surface d'environ 0,063 m². C'est la forme qui, à volume donné, offre la plus petite surface.

  3. 03Former le rapport

    0,58 m² contre 0,063 m² : la plante feuillue offre environ neuf fois plus de surface d'échange qu'une forme compacte de même volume. Rapporté au volume, on passe d'environ 42 m⁻¹ à environ 380 m⁻¹.

  4. 04Conclure et transposer au sous-sol

    L'étalement en lames minces est ce qui permet à un organisme fixé de capter assez de lumière et d'échanger assez de gaz. Le même raisonnement vaut sous terre : ramification, poils absorbants et mycorhizes portent la surface racinaire très au-delà de celle du volume occupé — l'étude classique de H. J. Dittmer sur un plant de seigle d'hiver (American Journal of Botany, 1937) en avait mesuré plusieurs centaines de mètres carrés.

Résultat : Environ 0,58 m² de limbe contre 0,063 m² pour une sphère de même volume, soit un facteur voisin de neuf. Ce qu'il faut retenir n'est pas la valeur mais le RAPPORT : l'organisation de la plante maximise la surface par unité de volume, condition même de la vie fixée.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    La plante est fixée : elle ne peut pas se déplacer pour chercher ses ressources. Toute son organisation maximise donc les surfaces d'échange.

  2. 2

    Vers le haut, les feuilles étalées et leurs stomates captent la lumière et le CO₂ tout en réglant la transpiration.

  3. 3

    Vers le bas, les racines ramifiées et leurs poils absorbants prélèvent l'eau et les ions minéraux du sol.

  4. 4

    Le xylème monte la sève brute des racines vers les feuilles ; le phloème distribue la sève élaborée, riche en sucres, vers les organes consommateurs et de réserve.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — RELIER structure et fonction : sur une coupe de feuille ou un schéma de plante, rattachez chaque élément à un échange précis (stomate ↔ entrée de CO₂ et sortie de vapeur d'eau, poil absorbant ↔ eau et ions, limbe étalé ↔ interception de la lumière). C'est la capacité « conduire l'étude morphologique simple d'une plante en mettant en lien structure et fonction », et elle appelle un schéma fonctionnel légendé.
  • Objectif Bac — ESTIMER un ordre de grandeur : le programme demande de comparer les surfaces d'échange d'une plante à sa masse ou à son volume. Entraînez-vous à poser le calcul (surface foliaire totale, ou surface racinaire, rapportée au volume de la plante) et à conclure par un RAPPORT commenté, jamais par une valeur isolée.
  • Objectif Bac — LOCALISER les zones de croissance : une expérience de marquage à l'encre sur une racine ou une jeune tige (traits équidistants, puis mesure des écarts après vingt-quatre heures) localise la zone d'ÉLONGATION juste en arrière du méristème. Sachez décrire ce protocole, dire ce qu'on mesure et l'interpréter.
  • Objectif Bac — les EXPÉRIENCES HISTORIQUES sur l'auxine sont explicitement au programme : sachez ce que démontre chacune (Darwin et Darwin, 1880 : c'est la pointe du coléoptile qui perçoit la lumière ; Boysen-Jensen, 1913 : un signal chimique traverse un bloc de gélatine mais pas une lame imperméable ; Went, 1926 : un bloc d'agar ayant reçu la pointe suffit à provoquer la courbure à l'obscurité). En revanche, la DIVERSITÉ des hormones végétales et leur mode d'action ne sont PAS exigibles : le programme les exclut, n'y consacrez pas de révisions.
  • Piste ECE — la réalisation et l'observation de coupes d'organes végétaux pour repérer xylème et phloème, l'étude des surfaces d'échange des mycorhizes, et les protocoles montrant l'influence du milieu (lumière, gravité, vent) sur le développement sont des capacités expérimentales du programme, donc des situations possibles de la banque nationale.

Erreurs fréquentes

  • Confondre les deux sèves : écrire que le xylème transporte les sucres. C'est l'inverse — le xylème monte l'eau et les ions (sève brute), le phloème distribue la matière organique (sève élaborée).
  • Croire que la sève élaborée descend toujours et la sève brute monte seulement. Le phloème distribue dans les DEUX sens, des organes producteurs vers les organes consommateurs (fruits, racines, bourgeons, jeunes feuilles), tandis que le xylème est essentiellement ascendant. Nommez la source et le puits plutôt qu'une direction.
  • Transposer tel quel l'effet de l'auxine de la tige à la racine. Une même accumulation d'auxine du côté inférieur fait s'allonger DAVANTAGE ce côté dans une tige, qui se redresse, mais MOINS dans une racine, qui plonge : l'effet observé dépend de l'organe. Écrivez « la répartition asymétrique d'auxine entraîne une croissance différentielle », puis précisez le sens constaté dans l'organe étudié.
  • Écrire que « la plante grandit parce que ses cellules grossissent ». La croissance associe deux étapes distinctes et successives : des mitoses dans le MÉRISTÈME, puis l'élongation des cellules produites, dans une zone située juste en arrière. Un schéma de croissance qui ne fait pas figurer le méristème ne répond pas à la question posée.
  • Présenter la mycorhize comme un parasitisme, ou comme un simple contact entre racine et champignon. C'est une SYMBIOSE mutualiste : la plante fournit de la matière organique issue de la photosynthèse, le champignon fournit eau et ions minéraux en prospectant un volume de sol que les racines seules n'atteindraient pas.

§ 01

Révision active

À partir d'une coupe transversale de feuille (épiderme, cuticule, parenchymes, nervure avec xylème et phloème, stomate), réalisez un dessin légendé et expliquez en quoi cette organisation traduit l'adaptation de la plante à sa vie fixée et à ses échanges avec l'atmosphère et le sol.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La plante, productrice de matière organique : photosynthèse et diversité chimique#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§De-la-plante-sauvage-à-la-plante-domestiquéeBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Le chloroplaste, siège de la photosynthèse

Le chloroplaste, siège de la photosynthèseschéma cellulaire, 5 compartiments, Données: Double membrane, Stroma, Thylakoïdes empilés, Grain d'amidonDouble membraneStromaThylakoïdesempilésGrain d'amidon
Fig. 3Les pigments chlorophylliens sont portés par les membranes des thylakoïdes, empilés dans le stroma ; c'est aussi dans le stroma que le carbone du dioxyde de carbone est incorporé à des molécules organiques, temporairement stockées sous forme de grains d'amidon.

Points clés

Les parties aériennes de la plante sont une usine chimique alimentée par la lumière. Dans les cellules chlorophylliennes des feuilles, l'énergie lumineuse est captée puis convertie en énergie chimique, ce qui permet de fabriquer, à partir de matière strictement MINÉRALE (eau, ions du sol, dioxyde de carbone de l'air), toute la matière ORGANIQUE dont la plante a besoin : sa charpente, ses réserves, et une remarquable diversité de molécules qui assurent ses relations avec les autres espèces. Le programme borne le niveau attendu : on s'intéresse au BILAN et aux PRODUITS de la photosynthèse, pas au détail moléculaire des réactions.
La photosynthèse se déroule dans le CHLOROPLASTE, organite limité par une double membrane et contenant un liquide, le stroma, où sont empilés des sacs membranaires aplatis, les thylakoïdes. Ce sont leurs membranes qui portent les PIGMENTS CHLOROPHYLLIENS. Ces pigments ne forment pas un composé unique : une CHROMATOGRAPHIE d'extrait foliaire — capacité expérimentale du programme — les sépare selon leur entraînement par le solvant et révèle plusieurs taches, chlorophylles a et b (vertes) et caroténoïdes (jaune-orangé). Leur couleur dit leur fonction : ils ABSORBENT surtout dans le bleu et dans le rouge et réfléchissent le vert, ce qui explique la couleur des feuilles ; disposer de plusieurs pigments élargit la gamme des longueurs d'onde exploitables.
Deux opérations enchaînées suffisent à décrire le bilan. D'abord la PHOTOLYSE DE L'EAU : l'énergie lumineuse captée par les pigments dissocie des molécules d'eau, avec dégagement du DIOXYGÈNE que la plante rejette et conversion de l'énergie lumineuse en énergie chimique utilisable. Ensuite la RÉDUCTION DU CO₂ prélevé dans l'air par les stomates : le carbone minéral est incorporé à des molécules organiques, aboutissant au GLUCOSE et à d'autres sucres solubles. D'où le bilan 6 CO₂ + 6 H₂O → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂, à la lumière et en présence de pigments chlorophylliens. Retenez d'où vient chaque atome : le dioxygène rejeté provient de l'EAU, non du dioxyde de carbone — ce qu'ont établi Ruben et Kamen en 1941 en marquant l'eau avec l'isotope ¹⁸O.
Les sucres produits dans la feuille ne restent pas sur place : chargés dans le PHLOÈME, ils sont distribués à tous les organes par la SÈVE ÉLABORÉE, tandis que le XYLÈME apporte en sens inverse la SÈVE BRUTE, l'eau et les ions du sol. Cette distribution obéit à une logique de SOURCES et de PUITS : un organe qui produit plus qu'il ne consomme, comme une feuille adulte bien éclairée, exporte ; un organe qui consomme ou stocke — racine, tubercule, fruit, bourgeon, jeune feuille encore à l'ombre — importe. Le principal sucre transporté est le SACCHAROSE, plus stable et moins réactif que le glucose. D'où ce constat : les organes qui nous nourrissent — grain, tubercule, fruit — sont précisément les grands puits de la plante.
Arrivés dans les organes, ces sucres sont métabolisés par des enzymes variées en une DIVERSITÉ CHIMIQUE qui assure trois grandes fonctions. La croissance et le PORT : la CELLULOSE construit la paroi de chaque cellule, la LIGNINE l'imprègne et la rigidifie — c'est elle qui permet à un tronc de tenir debout, et une double coloration au carmin et au vert d'iode les distingue sur une coupe. Les RÉSERVES : amidon, saccharose, protéines et lipides, accumulés dans la graine, le tubercule ou la racine, permettent de traverser une saison défavorable et nourrissent l'embryon à la germination ; l'eau iodée colore l'amidon en bleu-noir. Les INTERACTIONS enfin : les ANTHOCYANES attirent pollinisateurs et disséminateurs, les TANINS, amers, découragent les herbivores et gênent bactéries et champignons — aspect développé dans la section « Les défenses de la plante face aux agressions ». On oppose ainsi les métabolites PRIMAIRES, communs à toutes les cellules, aux SECONDAIRES, tournés vers les relations avec le milieu.

Vocabulaire

→ Cartes
  • chloroplasteOrganite des cellules chlorophylliennes, limité par une double membrane, où se déroule la photosynthèse ; il renferme le stroma et des thylakoïdes empilés.
  • pigments chlorophylliensMolécules colorées portées par les membranes des thylakoïdes, qui captent l'énergie lumineuse surtout dans le bleu et dans le rouge et réfléchissent le vert.
  • photolyse de l'eauDissociation de molécules d'eau grâce à l'énergie lumineuse captée par les pigments, à l'origine du dioxygène rejeté par la plante.
  • sève élaboréeSolution riche en saccharose conduite par le phloème depuis les organes producteurs vers les organes consommateurs ou de réserve.
  • métabolite secondaireMolécule qui n'intervient pas dans le fonctionnement de base de la cellule mais dans ses relations avec le milieu et les autres espèces, comme un tanin.
  • chromatographieTechnique qui sépare les pigments d'un extrait foliaire d'après leur entraînement par un solvant migrant sur un support.

Bilan de la photosynthèse

6 CO2+6 H2O→  lumieˋre  C6H12O6+6 O26\,\mathrm{CO_2} + 6\,\mathrm{H_2O} \xrightarrow{\;\text{lumière}\;} \mathrm{C_6H_{12}O_6} + 6\,\mathrm{O_2}6CO2​+6H2​Olumieˋre​C6​H12​O6​+6O2​

Le carbone du glucose provient du dioxyde de carbone prélevé par les stomates ; le dioxygène rejeté provient de l'eau, dissociée par la photolyse. La réaction n'a lieu qu'à la lumière et en présence de pigments chlorophylliens. Le programme borne l'étude à ce bilan et aux produits : le détail moléculaire des réactions n'est pas exigible.

Du glucose à la diversité chimique de la plante

Du glucose à la diversité chimique de la planteroue segmentée, 3 segments, Données: Glucose, Croissance et port, Réserves, InteractionsCroissance et portcellulose, lignineRéservesamidon, saccharose, lipidesInteractionsanthocyanes, taninsGlucose
Fig. 4Le glucose issu de la photosynthèse alimente les trois grandes fonctions que distingue le programme : la croissance et le port, la constitution de réserves, et les interactions avec les autres espèces.
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Exemple corrigé

Interpréter l'expérience d'Engelmann (1882) : quelle lumière fait la photosynthèse ?

Theodor Engelmann dispose sur une lame un filament d'algue verte (spirogyre) éclairé par un fin spectre lumineux, de sorte que chaque portion du filament reçoive une couleur différente. Il ajoute des bactéries aérobies mobiles, qui se déplacent vers les zones les plus riches en dioxygène. Après quelques minutes, les bactéries se rassemblent massivement en face des régions éclairées en BLEU et en ROUGE, et très peu en face du vert. Exploitez cette expérience pour établir le lien entre les pigments chlorophylliens et la production de dioxygène.

  1. 01Identifier ce que révèlent les bactéries

    Les bactéries aérobies servent d'INDICATEUR : leur rassemblement signale un dégagement local de dioxygène. Là où elles s'accumulent, l'algue en produit beaucoup ; là où elles restent rares, elle en produit peu. On ne mesure donc pas le dioxygène directement, on lit un comportement qui en dépend.

  2. 02Lire le résultat

    Le dégagement de dioxygène est maximal sous l'éclairement bleu et sous l'éclairement rouge, minimal sous l'éclairement vert. L'intensité de la photosynthèse dépend donc de la LONGUEUR D'ONDE reçue, et pas seulement de la quantité de lumière — c'est le point que l'expérience établit à elle seule.

  3. 03Relier aux pigments

    Le spectre d'absorption des pigments chlorophylliens présente précisément ses maximums dans le bleu et dans le rouge, et un minimum dans le vert, que la feuille réfléchit. La lumière efficace pour la photosynthèse est donc la lumière ABSORBÉE par les pigments : les deux courbes se superposent.

  4. 04Conclure sur la chaîne causale

    Les pigments du chloroplaste absorbent l'énergie lumineuse ; cette énergie permet la photolyse de l'eau, dont le dioxygène est le sous-produit rejeté. Une couleur peu absorbée alimente peu cette chaîne : peu de dioxygène, donc peu de bactéries en face de cette portion du filament.

Résultat : La superposition du spectre d'action (le dégagement de dioxygène) et du spectre d'absorption des pigments établit que ce sont bien les pigments chlorophylliens qui captent l'énergie lumineuse à l'origine de la photosynthèse. L'expérience est ancienne et purement qualitative, et elle suffit : c'est cet enchaînement — indicateur, variable testée, conclusion bornée — que l'exercice 2 attend.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — le BILAN, pas la biochimie : sachez écrire et commenter 6 CO₂ + 6 H₂O → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂, dire ce qui entre, ce qui sort, et d'où vient le dioxygène. Le programme précise que les mécanismes moléculaires de la photosynthèse ne sont pas étudiés : photosystèmes, transporteurs et cycle de réduction détaillé ne sont PAS exigibles — n'y consacrez pas votre temps de révision.
  • Objectif Bac — EXPLOITER une expérience historique sur la photosynthèse (Sachs et l'amidon révélé à l'eau iodée sur une feuille partiellement masquée, Engelmann et les bactéries aérobies placées sous un spectre, Ruben et Kamen et l'eau marquée). À chaque fois, dites quelle variable change, quel témoin valide l'expérience, et quelle conclusion précise on peut en tirer — jamais davantage.
  • Objectif Bac — RELIER un produit à une fonction : devant une liste de molécules (cellulose, lignine, amidon, saccharose, anthocyanes, tanins), classez-les par fonction — port et croissance, réserve, interaction avec d'autres espèces — et justifiez chaque rattachement par une propriété de la molécule, pas par un souvenir de cours.
  • Objectif Bac — ARGUMENTER avec la logique SOURCE / PUITS : pour expliquer qu'un fruit grossit, qu'un tubercule accumule de l'amidon, ou que l'ablation de feuilles réduit le rendement, remontez toujours à la production foliaire puis au transport par le phloème. C'est le raisonnement que l'exercice 2 attend.
  • Piste ECE — plusieurs capacités de ce chapitre sont directement des situations de travaux pratiques : réaliser une CHROMATOGRAPHIE de pigments végétaux, mettre en évidence l'amidon dans un organe de réserve (graine, fruit, tubercule), colorer lignine et cellulose sur une coupe. Sachez décrire le protocole, ce qu'on observe et ce qu'on en conclut.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que le dioxygène rejeté provient du dioxyde de carbone. Il provient de la PHOTOLYSE DE L'EAU ; le carbone du CO₂ se retrouve, lui, dans les molécules organiques. Le marquage isotopique de l'eau par Ruben et Kamen (1941) tranche précisément cette question.
  • Croire que la plante « respire la nuit et photosynthétise le jour ». La plante RESPIRE en permanence, jour et nuit ; à la lumière, la photosynthèse est simplement plus intense que la respiration, si bien que le bilan NET des échanges devient un rejet de dioxygène. Dites toujours « bilan net », pas « la plante ne respire plus ».
  • Dire que la chlorophylle « absorbe le vert ». C'est l'inverse : elle absorbe surtout dans le BLEU et dans le ROUGE, et réfléchit ou transmet le vert — c'est exactement pour cela que les feuilles nous paraissent vertes.
  • Écrire que le chloroplaste fabrique de l'amidon à la place du glucose. La photosynthèse produit du GLUCOSE et d'autres sucres solubles ; l'amidon est une forme de STOCKAGE, polymère insoluble constitué à partir de ces sucres, transitoirement dans le chloroplaste puis durablement dans les organes de réserve.
  • Réciter le cycle de réduction du carbone, les photosystèmes ou la chaîne de transporteurs. Le programme borne l'étude au bilan et aux produits : ce détail n'est pas attendu et il consomme le temps qu'il faudrait donner à l'exploitation des documents. Répondez par le bilan, les lieux (thylakoïde, stroma) et les fonctions des produits.

§ 02

Révision active

Sur une feuille de pélargonium panachée (zones vertes et zones blanches dépourvues de chlorophylle), on masque une partie de la feuille avec du papier d'aluminium pendant vingt-quatre heures d'éclairement, puis on décolore la feuille à l'alcool bouillant et on la plonge dans l'eau iodée. Prévoyez le résultat attendu zone par zone, puis rédigez le raisonnement qui établit les deux conditions nécessaires à la production d'amidon par la feuille.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Les défenses de la plante face aux agressions#

~7 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§De-la-plante-sauvage-à-la-plante-domestiquéeBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Les défenses de la plante

Les défenses de la planteTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Type · Exemples; Physique · cuticule, épines, écorce; Chimique constitutive · tanins, alcaloïdes; Chimique induite · molécules après attaque; Indirecte · appel de prédateursTypeExemplesPhysiquecuticule, épines, écorceChimique constitutivetanins, alcaloïdesChimique induitemolécules après attaqueIndirecteappel de prédateurs
Fig. 5Fixée, la plante ne peut fuir : elle oppose des barrières physiques et des molécules chimiques, certaines présentes en permanence, d'autres produites en réponse à l'agression.

Points clés

Fixée, la plante ne peut ni fuir un herbivore ni un agent pathogène, ni se mettre à l'abri d'une sécheresse : elle doit se DÉFENDRE sur place. On distingue des défenses constitutives (présentes en permanence) et des défenses induites (déclenchées par l'agression). Elles relèvent de deux grandes catégories complémentaires : physiques (mécaniques) et chimiques.
Les défenses PHYSIQUES limitent la pénétration et la consommation : cuticule épaisse et cire, écorce et liège, épines et aiguillons, poils (trichomes), parois cellulaires renforcées (lignine, callose au point d'infection). Elles constituent des barrières mécaniques contre les herbivores et les pathogènes.
Les défenses CHIMIQUES reposent sur des molécules dissuasives ou toxiques : composés au goût amer ou répulsif (alcaloïdes, tanins), substances toxiques (nicotine, glucosides cyanogènes), et molécules antimicrobiennes (phytoalexines synthétisées lors d'une infection). Certaines plantes émettent même des composés volatils qui attirent les prédateurs des herbivores (défense indirecte).
Face à un stress HYDRIQUE, la plante ferme ses stomates (limitation de la transpiration), peut s'enrouler ou perdre des feuilles, et ajuste sa pression osmotique. Beaucoup de défenses sont INDUITES et coûteuses en énergie : la plante n'investit dans la défense que lorsqu'elle est attaquée, ce qui traduit un compromis (« trade-off ») entre croissance et protection.
Parmi ces molécules, les TANINS méritent une place à part : le programme demande explicitement d'extraire et d'organiser des informations sur leurs effets antiphytophages, antibactériens et antioxydants. Ce sont des composés phénoliques accumulés dans les vacuoles, l'écorce, les feuilles ou la peau de certains fruits. Leur propriété centrale est de se lier aux PROTÉINES et de les précipiter, d'où trois conséquences convergentes : l'astringence en bouche, qui dissuade l'herbivore ; la baisse de digestibilité du feuillage, les protéines devenant moins assimilables et les enzymes digestives moins efficaces ; une gêne pour la croissance des bactéries et des champignons. Leur caractère antioxydant, lié à la même structure phénolique, protège en outre les tissus des dégâts d'origine oxydative. Une seule famille de molécules sert ainsi plusieurs fonctions défensives.
Ces défenses ont un revers pour l'agriculture : ce qui protège la plante rend souvent l'organe moins comestible. La sélection exercée par l'être humain a donc retenu des plantes MOINS AMÈRES, moins toxiques, moins épineuses, à cuticule plus fine — si bien que la plante cultivée est le plus souvent moins bien armée que son apparenté sauvage. Comparer les mécanismes protecteurs des deux formes est une capacité explicite du programme, et c'est la charnière du thème : c'est parce que la domestication a désarmé la plante, et parce que la culture rassemble sur de grandes surfaces des individus génétiquement très proches, que les maladies des plantes cultivées prennent l'ampleur qu'on leur connaît, et qu'il faut y répondre par des pratiques culturales spécifiques.

Vocabulaire

→ Cartes
  • défense constitutiveProtection présente en permanence chez la plante, indépendamment de toute agression, comme une cuticule épaisse ou des épines.
  • défense induiteProtection déclenchée par l'agression elle-même, dont la mise en place demande quelques heures et n'engage des ressources qu'en cas de besoin réel.
  • taninComposé phénolique astringent qui précipite les protéines, abaisse la digestibilité des feuilles pour un herbivore et gêne bactéries et champignons.
  • phytoalexineMolécule antimicrobienne synthétisée par la plante en réponse à une infection, au voisinage du point d'entrée de l'agent pathogène.
  • défense indirecteProtection qui passe par un tiers : la plante attaquée émet des composés volatils qui attirent les prédateurs ou parasites de l'herbivore.

Teneur en molécule de défense après le début de l'attaque (t = 12 h)

Teneur en molécule de défense après le début de l'attaque (t = 12 h)Graphique en courbes: teneur (u.a.) selon temps (h), Données: teneur (u.a.) · 0: 1; teneur (u.a.) · 6: 1; teneur (u.a.) · 12: 3; teneur (u.a.) · 18: 7; teneur (u.a.) · 24: 9; teneur (u.a.) · 36: 8024680612182436teneur (u.a.)temps (h)
Fig. 6Courbe de principe (unités arbitraires, valeurs non mesurées) : la teneur reste faible avant l'attaque, puis s'élève fortement après elle. C'est cette forme — un palier, un déclenchement, une montée différée de quelques heures — qui signe une défense chimique induite.
Exemple corrigé

Démontrer une défense chimique induite chez le tabac

Des plants de tabac sains contiennent peu de nicotine. 24 h après que des chenilles ont commencé à brouter leurs feuilles, la teneur en nicotine des feuilles attaquées augmente fortement, et les chenilles nourries sur ces feuilles se développent moins bien que sur des feuilles non attaquées. Montrez qu'il s'agit d'une défense chimique induite et précisez l'intérêt sélectif de son caractère induit.

  1. 01Caractériser le type de défense

    La nicotine est une molécule (un alcaloïde) toxique et répulsive : la défense est CHIMIQUE, et non mécanique.

  2. 02Montrer le caractère induit

    Avant attaque, la teneur en nicotine est faible ; elle n'augmente fortement qu'APRÈS le début du broutage. La synthèse est donc déclenchée par l'agression : la défense est INDUITE, pas constitutive.

  3. 03Établir l'efficacité

    Les chenilles se développent moins bien sur les feuilles riches en nicotine : la molécule réduit effectivement la consommation et la survie de l'herbivore. La défense est donc fonctionnelle.

  4. 04Discuter l'intérêt sélectif

    Synthétiser de la nicotine coûte de l'énergie et des ressources. Ne la produire qu'en cas d'attaque (défense induite) évite ce coût lorsqu'il n'y a pas d'herbivore : c'est un compromis avantageux entre croissance et protection, favorisé par la sélection naturelle.

Résultat : L'augmentation de nicotine déclenchée par le broutage, associée à la baisse de performance des chenilles, démontre une défense chimique INDUITE ; son caractère induit économise les ressources de la plante hors période d'agression.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — QUALIFIER une défense à partir des données : devant une mesure (teneur d'une molécule avant et après l'attaque, consommation comparée selon le génotype, survie de l'agresseur), dites toujours DEUX choses — physique ou chimique, et constitutive ou induite. C'est la grille de lecture attendue, et elle tient en une phrase.
  • Objectif Bac — RECENSER, EXTRAIRE ET ORGANISER des informations sur les TANINS : le programme cible nommément leurs effets antiphytophages, antibactériens et antioxydants. Un classement à trois entrées, appuyé document par document, vaut mieux qu'un paragraphe qui les mélange.
  • Objectif Bac — RELIER la vie fixée à la nécessité d'une défense sur place, et JUSTIFIER l'avantage d'une défense induite : elle ne coûte des ressources que lorsqu'elle sert. Formulez-le comme un compromis entre croissance et protection, retenu par la sélection naturelle, jamais comme une astuce de la plante.
  • Objectif Bac — COMPARER les mécanismes protecteurs d'une plante sauvage et de sa forme cultivée (cuticule, toxines, épines, amertume) : c'est une capacité explicite du chapitre sur la domestication, et le pont entre les deux moitiés du thème.
  • Piste ECE et Grand oral — l'observation de coupes d'organes végétaux pour repérer une diversité de métabolites est une capacité expérimentale du programme ; et « comment se défend un organisme qui ne peut pas fuir ? » est un sujet de Grand oral qui s'adosse naturellement à la spécialité.

Erreurs fréquentes

  • Réduire les défenses au seul aspect mécanique (les épines). Les défenses chimiques — molécules amères, toxiques, phytoalexines — sont au moins aussi importantes, et souvent induites ; une réponse qui ne cite que des barrières passe à côté de la moitié du chapitre.
  • Présenter une défense induite comme une « décision » ou une « intention » de la plante. Il s'agit de mécanismes physiologiques retenus au cours de l'évolution parce qu'ils augmentaient la descendance des individus qui les portaient, pas d'un choix.
  • Confondre « induit » et « immédiat ». Une défense induite n'est pas instantanée : il faut percevoir l'agression, puis synthétiser les molécules — les documents montrent typiquement une montée progressive sur plusieurs heures. Sur un graphique, repérez d'abord le moment de l'attaque, puis commentez la courbe par rapport à lui.
  • Décalquer sur la plante le système immunitaire animal, avec ses cellules spécialisées circulantes et ses anticorps. Rien de tel n'existe chez un végétal : la reconnaissance et la réponse sont assurées par les cellules du tissu attaqué elles-mêmes, et la propagation du signal au reste de la plante passe par des molécules diffusibles, non par des cellules mobiles.
  • Écrire que les tanins « tuent » l'herbivore. Leur effet le mieux établi est dissuasif et digestif — astringence, précipitation des protéines, baisse de la digestibilité, donc consommation et croissance réduites chez l'agresseur — et non une toxicité aiguë.

§ 03

Révision active

On compare deux formes de chou : une forme sauvage du littoral, à feuilles épaisses recouvertes d'une cuticule cireuse et riches en composés soufrés amers, et un chou cultivé sélectionné pour la douceur de ses feuilles. Mises en présence de chenilles, les feuilles cultivées sont nettement plus consommées. Construisez un raisonnement reliant la sélection exercée par l'être humain, la perte de défenses de la plante cultivée et la nécessité de pratiques culturales de protection.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Reproduction de la plante fixée : fleur, pollinisation, coévolution et dispersion#

~10 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§De-la-plante-sauvage-à-la-plante-domestiquéeBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Coupe longitudinale d'une fleur

Coupe longitudinale d'une fleurSchéma avec 16 éléments, ovaire, style, stigmate, anthère, sépale, pétale, ovules, étamine (organe ♂), pistil (organe ♀)ovairestylestigmateanthèresépalepétaleovulesétamine (organe♂)pistil (organe♀)
Fig. 7De l'extérieur vers le centre : sépales et pétales (protection, attraction), étamines (organe mâle : anthères produisant le pollen), pistil (organe femelle : stigmate, style, ovaire renfermant les ovules).

Points clés

La FLEUR est l'organe reproducteur de la plante à fleurs (angiosperme). De l'extérieur vers l'intérieur, elle est organisée en verticilles : les sépales (calice, protecteur), les pétales (corolle, souvent colorée et attractive), les étamines (organes mâles : anthère + filet, produisant le pollen) et le pistil (organe femelle : ovaire surmonté du style et du stigmate, contenant les ovules). La fleur résout le problème de la reproduction sexuée chez un organisme FIXÉ : elle doit assurer la rencontre des gamètes sans déplacement de l'individu.
La POLLINISATION est le transport du pollen (gamètes mâles) des étamines jusqu'au stigmate d'un pistil. Elle est souvent assurée par des animaux (insectes, oiseaux) : on parle de pollinisation entomophile/zoogame. La fleur offre une RÉCOMPENSE (nectar, pollen) et le pollinisateur, en se nourrissant, transporte involontairement le pollen d'une fleur à l'autre — un service mutuel.
Cette interaction est un exemple de COÉVOLUTION : plante et pollinisateur exercent l'un sur l'autre des pressions de sélection réciproques, conduisant à des adaptations mutuelles parfois très étroites (forme et couleur de la fleur, longueur de la corolle ajustée à la trompe du pollinisateur, période de floraison synchronisée). La pollinisation croisée favorise le brassage génétique et donc la diversité des descendants.
Après fécondation, l'ovaire devient le FRUIT et les ovules deviennent les GRAINES : c'est la DISPERSION qui éloigne les descendants du pied parent (concurrence réduite, colonisation de nouveaux milieux). Les graines/fruits sont adaptés au vent (akènes ailés du pissenlit), à l'eau, ou aux animaux (fruits charnus consommés, crochets accrochés au pelage). La plante peut aussi se reproduire de façon ASEXUÉE (multiplication végétative : stolons, rhizomes, tubercules, bouturage) : les descendants forment alors un clone génétiquement identique au parent. Cette reproduction asexuée assure une colonisation rapide mais NE produit AUCUN brassage génétique : la diversité génétique des descendants est nulle (aux rares mutations somatiques près), ce qui les rend tous également vulnérables à une même maladie.
La reproduction asexuée repose sur une propriété remarquable des cellules végétales : la TOTIPOTENCE. Une cellule différenciée conserve l'information génétique complète et la capacité de redonner, dans de bonnes conditions, une plante entière. C'est ce qui rend possibles le BOUTURAGE (un fragment de tige, de feuille ou de racine régénère un individu complet), le MARCOTTAGE et, au laboratoire, la culture in vitro de fragments de tissu, qui permet de multiplier industriellement une variété. Les individus obtenus forment un CLONE, au même génome que le pied d'origine. Distinguez les trois mots : la totipotence est la PROPRIÉTÉ, le clonage son UTILISATION, le clone le RÉSULTAT.
Toute fécondation n'est pas croisée. Chez certaines espèces, les gamètes d'une même fleur peuvent — parfois doivent — se féconder entre eux : c'est l'AUTOGAMIE, sûre quand les pollinisateurs manquent, mais sans brassage entre individus ; chez d'autres, des mécanismes d'INCOMPATIBILITÉ l'empêchent et imposent la fécondation croisée (leur détail est hors programme). La GRAINE, elle, aboutit la reproduction sexuée : elle contient l'EMBRYON, le protège par une enveloppe résistante et le nourrit à la GERMINATION grâce à des réserves accumulées à l'avance (amidon, protéines, lipides). Ces réserves se révèlent simplement — l'eau iodée colore l'amidon en bleu-noir sur une coupe de graine — et les expériences historiques sur la germination montrent qu'elles sont MOBILISÉES : leur masse diminue tandis que la plantule croît, avant toute photosynthèse. La graine assemble donc trois fonctions — protéger, nourrir, déplacer —, ce qui en fait la base de l'alimentation humaine et l'objet central de la domestication.

Vocabulaire

→ Cartes
  • totipotenceCapacité d'une cellule végétale différenciée à redonner un individu complet ; elle fonde le bouturage, le marcottage et la culture in vitro.
  • cloneEnsemble d'individus issus d'une reproduction asexuée et porteurs du même génome que le pied dont ils proviennent.
  • pollinisationTransport du pollen d'une étamine jusqu'au stigmate d'un pistil, étape préalable et indispensable à la fécondation.
  • autogamieMode de reproduction dans lequel les gamètes mâles fécondent les gamètes femelles de la même fleur ou du même individu.
  • coévolutionÉvolution conjointe de deux espèces en interaction, chacune exerçant sur l'autre une pression de sélection qui ajuste leurs caractères.
  • disséminationÉloignement des graines du pied parent par le vent, l'eau, un animal ou un dispositif propre à la plante.

Coévolution plante – pollinisateur

Coévolution plante – pollinisateurGraphe, Fleur : forme, couleur, nectar → Pollinisateur : pièces buccales, comportement, Pollinisateur : pièces buccales, comportement → Pollinisation efficace + nourriture, Pollinisation efficace + nourriture → Sélection réciproque (adaptations), Sélection réciproque (adaptations) → Fleur : forme, couleur, nectarFleur : forme,couleur, nectarPollinisateur :pièces buccales,comportementPollinisationefficace +nourritureSélectionréciproque(adaptations)
Fig. 8La fleur (forme, couleur, nectar) et le pollinisateur (pièces buccales, comportement) exercent l'un sur l'autre une pression de sélection : leurs adaptations réciproques s'ajustent au fil du temps.
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Exemple corrigé

Argumenter une coévolution fleur–pollinisateur (orchidée à long éperon)

Une orchidée de Madagascar possède un éperon nectarifère d'environ 30 cm ; le nectar n'est accessible qu'au fond. On découvre ensuite un papillon nocturne dont la trompe mesure une trentaine de centimètres. À partir de cette correspondance, argumentez l'hypothèse d'une coévolution et expliquez l'avantage reproducteur pour la plante.

  1. 01Constater la correspondance morphologique

    La longueur de l'éperon (~30 cm) et celle de la trompe du papillon (~30 cm) coïncident étroitement. Le nectar n'est atteignable que par un insecte muni d'une trompe assez longue.

  2. 02Relier à une pression de sélection réciproque

    Une fleur à éperon plus long oblige le papillon à enfoncer la tête près des anthères/du stigmate : elle est mieux pollinisée. Symétriquement, un papillon à trompe plus longue accède mieux au nectar. Chaque partenaire exerce une sélection sur l'autre : c'est une coévolution.

  3. 03Expliquer l'avantage pour la plante

    En contraignant le pollinisateur à un contact précis avec les organes reproducteurs, la fleur assure un dépôt et un prélèvement efficaces de pollen, et favorise la pollinisation CROISÉE entre individus distincts.

  4. 04Conclure sur la diversité

    La pollinisation croisée garantit la rencontre de gamètes d'individus différents : elle entretient le brassage génétique et donc la diversité des descendants, atout pour l'adaptation de l'espèce.

Résultat : La correspondance éperon/trompe traduit des pressions de sélection réciproques (coévolution) ; la plante en retire une pollinisation croisée efficace, gage de diversité génétique de sa descendance.

Exemple corrigé

Montrer que la plantule vit d'abord sur les réserves de la graine

On fait germer des graines de haricot à l'obscurité. On mesure chaque jour, séparément, la masse sèche des cotylédons (les organes de réserve) et celle du reste de la plantule (tigelle, radicule, jeunes feuilles). Pendant les premiers jours, la masse sèche des cotylédons diminue régulièrement tandis que celle de la plantule augmente ; la masse sèche TOTALE, elle, diminue légèrement. Que peut-on conclure sur l'origine de la matière de la plantule ?

  1. 01Lire les deux courbes séparément

    La plantule gagne de la matière sèche : elle construit ses organes. Les cotylédons en perdent, dans le même temps et dans le même ordre de grandeur. Les deux évolutions sont donc liées, ce qui suggère un transfert de l'un vers l'autre.

  2. 02Éliminer une source extérieure

    L'expérience est conduite à l'OBSCURITÉ : sans lumière, pas de photosynthèse, donc aucune matière organique nouvelle n'est produite par la plantule. La matière qu'elle gagne ne peut venir que de la graine elle-même.

  3. 03Interpréter la baisse de la masse totale

    La masse sèche totale diminue légèrement : une partie des réserves n'est pas convertie en matière de la plantule, mais consommée par la RESPIRATION, qui libère du dioxyde de carbone. Le bilan est donc un transfert avec pertes, pas une conservation.

  4. 04Conclure

    Les molécules de réserve accumulées dans les cotylédons sont mobilisées : elles fournissent à la fois la matière et l'énergie de la croissance initiale, jusqu'à ce que les premières feuilles vertes rendent la plantule capable de photosynthèse.

Résultat : La croissance initiale se fait aux dépens des réserves de la graine, avec une perte liée à la respiration ; l'autonomie n'est acquise qu'avec la photosynthèse des premières feuilles. C'est cette fonction nourricière qui fait de la graine la base de l'alimentation humaine — et l'objet privilégié de la domestication.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — LÉGENDER et RELIER : sur une dissection florale ou un schéma, nommez les quatre verticilles (sépales, pétales, étamines, pistil) et rattachez chacun à une fonction reproductrice. Le programme demande explicitement de disséquer une fleur entomogame pour mettre en lien structure et fonction : un schéma légendé vaut mieux qu'un paragraphe.
  • Objectif Bac — ARGUMENTER une COÉVOLUTION à partir de correspondances (longueur de corolle et de trompe, couleur de la fleur et vision du pollinisateur, période de floraison et cycle de l'insecte). Deux éléments doivent figurer dans votre texte : un bénéfice réciproque, et une pression de sélection exercée par chaque partenaire sur l'autre. Le cas de l'orchidée malgache à long éperon en est l'exemple canonique — Darwin avait prédit dès 1862 l'existence d'un pollinisateur à trompe assez longue, et un sphinx correspondant a été décrit en 1903.
  • Objectif Bac — COMPARER les conséquences GÉNÉTIQUES des deux modes de reproduction : sexuée (méiose et fécondation, donc brassage et descendants tous différents) contre asexuée (totipotence, donc clone génétiquement identique). Toute question sur la vulnérabilité d'une culture multipliée par clonage attend exactement cette comparaison.
  • Objectif Bac — EXPLOITER une expérience de germination : montrez que les réserves de la graine sont mobilisées AVANT que la plantule ne photosynthétise, en confrontant l'évolution de la masse des réserves à celle de la plantule, et en identifiant le témoin (obscurité, graines sans cotylédons).
  • Ce qui n'est PAS exigible ici, et vous coûterait du temps : la structure et la formation du grain de pollen, les mécanismes de la double fécondation, le détail des mécanismes d'incompatibilité, et les mécanismes de formation de la graine ou du fruit. Le programme les met hors programme — sachez qu'ils existent, n'en apprenez pas le détail.

Erreurs fréquentes

  • Confondre pollinisation et fécondation : la pollinisation est le TRANSPORT du pollen jusqu'au stigmate ; la fécondation est la fusion ultérieure des gamètes, dans l'ovule. La pollinisation précède et conditionne la fécondation.
  • Dire que la reproduction asexuée « crée de la diversité ». Au contraire, elle produit des clones génétiquement identiques au pied d'origine ; c'est la reproduction sexuée (méiose et fécondation) qui assure le brassage et la diversité génétique de la descendance.
  • Écrire que la fleur « veut » attirer le pollinisateur, ou que la plante « choisit » de produire du nectar. Formulez en termes de sélection : les individus dont les fleurs attiraient mieux les pollinisateurs ont laissé plus de descendants, et le caractère s'est répandu dans la population.
  • Confondre TOTIPOTENCE et clonage. La totipotence est la propriété des cellules végétales — redonner un individu complet ; le clonage en est la mise en œuvre — bouturage, marcottage, culture in vitro ; le clone en est le produit — un ensemble d'individus au même génome.
  • Écrire que la graine « est » l'ovaire, ou que le fruit « est » l'ovule. C'est l'inverse : après fécondation, l'OVAIRE devient le FRUIT et chaque OVULE devient une GRAINE. Une phrase inversée coûte le point même si la suite du raisonnement est juste.

§ 04

Révision active

Un producteur multiplie sa variété de pomme de terre exclusivement en replantant des tubercules issus de la récolte précédente, sans jamais semer de graines. Expliquez sur quelle propriété des cellules végétales repose cette pratique, précisez ce qu'il en résulte pour la diversité génétique de la parcelle, puis déduisez-en le risque que court cette culture face à l'apparition d'un nouveau parasite.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

De la plante sauvage à la plante domestiquée : sélection, hybridation, transgénèse et enjeux#

~10 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§De-la-plante-sauvage-à-la-plante-domestiquéeBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Sélection artificielle au fil des générations

Sélection artificielle au fil des générationsGraphe, Population variable → Choix des individus au caractère désiré, Choix des individus au caractère désiré → Reproduction des sélectionnés, Reproduction des sélectionnés → Caractère accentué, Caractère accentué → Population variablePopulationvariableChoix desindividus aucaractère désiréReproduction dessélectionnésCaractèreaccentué
Fig. 9À chaque génération, l'agriculteur choisit les individus au caractère désiré et ne fait reproduire qu'eux : le caractère s'accentue progressivement dans la population cultivée.

Points clés

La DOMESTICATION est une sélection ARTIFICIELLE : depuis le Néolithique, l'Homme conserve et reproduit, génération après génération, les individus aux caractères les plus utiles. La plante cultivée diffère donc nettement de son ancêtre sauvage. L'exemple emblématique est la TÉOSINTE (graminée sauvage du Mexique) → MAÏS : quelques gènes (dont tga1, tb1) suffisent à expliquer le passage d'un épi minuscule dont les grains sont enfermés dans une enveloppe dure à un gros épi aux grains tendres et nus. Les caractères sélectionnés sont typiquement : le gigantisme des organes consommés (grains, fruits, tubercules plus gros), la PERTE de la dispersion naturelle (l'épi ne s'égraine plus seul → récolte facilitée), la réduction de l'amertume ou de la toxicité, la levée de dormance et la maturation synchrone.
Cette sélection a un COÛT GÉNÉTIQUE : en ne reproduisant qu'un petit nombre de variétés « performantes », on réduit fortement la DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE de l'espèce cultivée par rapport à l'ancêtre sauvage et aux variétés traditionnelles. Or cette diversité est une assurance face aux maladies et aux changements de milieu : une monoculture génétiquement uniforme est vulnérable (toutes les plantes sensibles au même pathogène). D'où l'enjeu de conserver les variétés anciennes et les apparentés sauvages (conservatoires, banques de semences) — la BIODIVERSITÉ CULTIVÉE.
L'amélioration moderne dispose de plusieurs OUTILS aux mécanismes distincts. (1) La SÉLECTION MASSALE / variétale : on choisit et croise les meilleurs individus, en fixant des allèles favorables — c'est l'héritière directe de la domestication. (2) L'HYBRIDATION : on croise deux lignées (souvent deux lignées pures) pour combiner leurs qualités ; la première génération (F1) peut présenter une VIGUEUR HYBRIDE (hétérosis) — rendement supérieur aux deux parents — mais ce gain n'est pas conservé en F2 (d'où l'achat annuel de semences hybrides).
(3) La TRANSGÉNÈSE produit un Organisme Génétiquement Modifié (OGM) : on introduit dans le génome de la plante un gène choisi, éventuellement issu d'une AUTRE espèce (le code génétique étant universel), par exemple un gène de résistance à un insecte (gène Bt issu d'une bactérie) ou une tolérance à un herbicide. Elle se distingue de la sélection/hybridation par sa PRÉCISION (un gène ciblé) et par la possibilité de FRANCHIR la barrière des espèces. Les ENJEUX (sécurité alimentaire, environnement, dépendance économique, acceptabilité) en font un objet de débat encadré par la réglementation. Pour caractériser ces démarches, on EXPLOITE des données : croisements, marqueurs moléculaires, comparaisons de génomes entre forme sauvage et forme cultivée.
Le programme cite un quatrième levier à côté de la sélection, de l'hybridation et de la transgénèse : l'ÉDITION GÉNOMIQUE. Elle n'introduit pas un gène étranger mais modifie avec précision une séquence DÉJÀ PRÉSENTE dans le génome de la plante, sans laisser nécessairement d'ADN d'une autre espèce. Retenez l'opposition : transgénèse, un gène venu d'ailleurs ; édition génomique, une retouche du génome de la plante elle-même. Les ressources génétiques conservées, évoquées plus haut, ne servent d'ailleurs pas qu'à archiver : on y puise par croisement des allèles perdus, notamment de résistance, ce qui fonde des cultures moins dépendantes des intrants, où les ravageurs sont contenus par LUTTE BIOLOGIQUE. Deux cas cités par le programme disent ce que coûte l'uniformité : la pomme de terre irlandaise, multipliée par tubercules à partir de très peu de lignées et détruite à partir de 1845 par le mildiou (Phytophthora infestans) — la Grande Famine —, et la banane dessert, clone mondial exposé de la même manière à un champignon comme à un virus.
La domestication n'a pas transformé que les plantes : elle a modifié l'humanité en retour — ce que le programme appelle l'articulation d'une évolution CULTURELLE et d'une évolution BIOLOGIQUE. En faisant passer l'alimentation de la cueillette à une base céréalière ou tubéreuse riche en AMIDON, l'agriculture néolithique a exercé une pression de sélection nouvelle sur les populations humaines. Le gène AMY1 code l'AMYLASE SALIVAIRE, qui amorce la digestion de l'amidon dès la bouche ; il est présent en un NOMBRE DE COPIES variable, et Perry et ses collaborateurs (Nature Genetics, 2007) ont montré que les populations au régime traditionnellement riche en amidon en portent en moyenne davantage que celles dont le régime en contient peu. Les gènes du groupe FADS, qui codent des enzymes de la synthèse des acides gras à longue chaîne dont les OMÉGA 3, montrent le même type de contraste selon le régime — chez les Inuits du Groenland (Fumagalli et ses collaborateurs, Science, 2015) comme dans des populations d'Asie du Sud à longue tradition végétarienne (Kothapalli et ses collaborateurs, Molecular Biology and Evolution, 2016). Même logique dans les deux cas : un régime imposé par la culture a favorisé, sur des milliers d'années, les allèles qui permettent d'en tirer le meilleur parti.

Vocabulaire

→ Cartes
  • sélection artificielleTri exercé par l'être humain, qui ne fait se reproduire que les individus porteurs des caractères recherchés, génération après génération.
  • domesticationTransformation d'une espèce sauvage en espèce cultivée par sélection artificielle prolongée, aboutissant à une plante dépendante de l'intervention humaine.
  • vigueur hybrideSupériorité de rendement de la première génération issue du croisement de deux lignées, non conservée à la génération suivante.
  • transgénèseIntroduction dans le génome d'une plante d'un gène choisi, éventuellement emprunté à une autre espèce, pour lui conférer un caractère nouveau.
  • édition génomiqueModification ciblée d'une séquence déjà présente dans le génome de la plante, sans introduction nécessaire d'ADN d'une autre espèce.
  • évolution culturelleTransformation des pratiques humaines transmises par apprentissage — ici le passage à un régime agricole — qui a exercé en retour une sélection biologique sur les populations.

Trois outils d'amélioration des plantes

Trois outils d'amélioration des plantesTableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Outil · Principe; Sélection · croiser les meilleurs; Hybridation · croiser 2 variétés; Transgénèse · insérer un gène utileOutilPrincipeSélectioncroiser les meilleursHybridationcroiser 2 variétésTransgénèseinsérer un gène utile
Fig. 10De la sélection ancestrale aux biotechnologies : choisir et croiser les meilleurs (sélection), combiner deux variétés (hybridation), ou introduire un gène d'intérêt (transgénèse).
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Exemple corrigé

Relier la domestication du maïs aux différences téosinte / maïs

On compare un épi de téosinte (ancêtre sauvage : petit épi, grains durs enfermés dans une enveloppe, épi qui s'égraine seul) et un épi de maïs cultivé (gros épi, grains tendres et nus, ne s'égrainant pas seul). Ces différences reposent en grande partie sur quelques gènes (dont tga1 et tb1). Reliez ces différences à la domestication, puis expliquez en quoi le maïs cultivé présente une diversité génétique réduite et pourquoi cela constitue un enjeu.

  1. 01Inventorier les différences

    Maïs vs téosinte : grains plus gros et plus nombreux (gigantisme), grains nus et tendres (perte de l'enveloppe dure, amertume/dureté réduites), épi qui NE s'égraine PLUS seul (perte de la dispersion naturelle). Toutes facilitent la consommation et la récolte.

  2. 02Relier à la sélection artificielle

    Génération après génération, l'Homme a conservé et semé les individus aux grains plus gros, plus accessibles, et restant sur l'épi. Ces caractères, liés à quelques gènes (tga1 pour l'enveloppe du grain, tb1 pour l'architecture de la plante), ont été fixés : c'est la domestication, une sélection artificielle.

  3. 03Expliquer la diversité réduite

    On n'a reproduit qu'un faible échantillon d'individus « performants » : beaucoup d'allèles présents chez la téosinte sauvage ont été perdus. La population cultivée est donc génétiquement moins diverse que l'ancêtre sauvage et que les variétés traditionnelles.

  4. 04Dégager l'enjeu

    Une faible diversité rend la culture vulnérable : un même pathogène ou un changement de milieu peut frapper toutes les plantes, génétiquement semblables. D'où l'intérêt de conserver les variétés anciennes et les apparentés sauvages (biodiversité cultivée) comme réservoir d'allèles pour l'amélioration future.

Résultat : Les différences téosinte/maïs (gigantisme, grains nus, perte de la dispersion) résultent de la sélection artificielle agissant sur quelques gènes ; cette sélection a réduit la diversité génétique du maïs cultivé, ce qui fragilise la culture et justifie la conservation de la biodiversité cultivée.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Au départ, une population sauvage très diverse, comme la téosinte, avec de petits épis durs qui se dispersent seuls.

  2. 2

    À chaque génération, l'Homme conserve les individus aux grains les plus gros et les plus accessibles : c'est la sélection artificielle.

  3. 3

    Peu à peu, les caractères se déplacent — gros grains nus, épi qui ne s'égraine plus —, mais la diversité génétique se réduit.

  4. 4

    L'amélioration moderne ajoute l'hybridation, qui peut donner une vigueur hybride en F1, et la transgénèse, qui insère un gène ciblé, parfois d'une autre espèce.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — COMPARER sauvage et domestiqué : devant deux photographies ou deux jeux de données (téosinte et maïs, chou sauvage et ses formes cultivées, tomate), listez les différences puis rattachez CHACUNE à un avantage pour celui qui cultive. C'est la capacité « comparer une plante cultivée et des populations naturelles voisines présentant un phénotype sauvage ».
  • Objectif Bac — IDENTIFIER les caractères favorisés par la domestication : taille, rendement de croissance, nombre de graines, précocité, non-déhiscence (l'épi ne s'égraine plus seul), couleur, perte d'amertume. Cette liste est écrite dans le programme : elle vous donne la grille d'analyse de n'importe quel document de comparaison.
  • Objectif Bac — DISTINGUER les quatre modalités d'action humaine sur le génome : sélection variétale (fixer des allèles déjà présents), hybridation (combiner deux lignées, avec une vigueur hybride non conservée en F2), transgénèse (introduire un gène, éventuellement d'une autre espèce), édition génomique (retoucher une séquence de la plante elle-même). Une réponse qui les confond manque le cœur du chapitre.
  • Objectif Bac — ANALYSER le retour de la domestication sur l'humanité : à partir de données sur le nombre de copies du gène de l'AMYLASE SALIVAIRE ou sur les gènes de synthèse des oméga 3, établissez le lien entre le régime alimentaire d'une population et la fréquence d'un allèle. La capacité est nommément inscrite au programme, et c'est le seul endroit du thème où l'on raisonne sur l'espèce humaine.
  • Objectif Bac — EXPLOITER les risques de l'homogénéisation génétique (pomme de terre en Irlande, banane) : le raisonnement attendu remonte de l'uniformité génétique à l'absence de résistance, puis à la propagation de l'épidémie, puis à la nécessité de conserver des ressources génétiques. Cette chaîne, écrite en quatre phrases, vaut mieux qu'un catalogue d'exemples.

Erreurs fréquentes

  • Confondre sélection ou hybridation et transgénèse : la sélection et l'hybridation jouent sur des allèles déjà présents dans l'espèce (ou dans des espèces croisables) ; la transgénèse insère un gène précis, éventuellement issu d'une espèce non apparentée. Ce ne sont pas les mêmes mécanismes, et le programme demande de les distinguer.
  • Croire que la vigueur hybride se transmet stablement : elle s'exprime surtout en F1 et n'est PAS conservée en F2 ; il faut refaire chaque année le croisement des lignées parentales, d'où le rachat annuel de semences hybrides.
  • Écrire que la domestication « fait apparaître » de nouveaux gènes, ou provoque des mutations utiles. La sélection artificielle ne crée rien : elle TRIE. Elle augmente la fréquence d'allèles déjà présents dans la population de départ et, ce faisant, en fait disparaître beaucoup d'autres.
  • Dire qu'une plante domestiquée est « plus évoluée » ou « meilleure » que son ancêtre sauvage. Elle est adaptée à un milieu particulier — le champ et l'assistance humaine ; livrée à elle-même, elle est souvent incapable de disperser ses graines et disparaît. Domestiqué ne veut pas dire supérieur.
  • Attribuer aux OGM l'appauvrissement génétique des plantes cultivées. Il lui est très antérieur : c'est la domestication elle-même, puis la diffusion d'un petit nombre de variétés performantes, qui a réduit la diversité allélique — et l'étude des génomes le montre. Les biotechnologies posent d'autres questions, pas celle-là en premier.

§ 05

Révision active

On dispose de deux informations. D'une part, l'amylase salivaire, codée par le gène AMY1, amorce la digestion de l'amidon dès la bouche ; d'autre part, le nombre moyen de copies de ce gène est plus élevé dans des populations dont le régime traditionnel est riche en amidon que dans des populations dont le régime en contient peu (Perry et al., Nature Genetics, 2007). Construisez un raisonnement reliant la domestication des plantes à une évolution biologique des populations humaines, puis précisez ce que cet exemple permet — et ce qu'il ne permet pas — de conclure.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Organisation fonctionnelle de la plante à fleurs et vie fixée○
    • 02La plante, productrice de matière organique : photosynthèse et diversité chimique◐
    • 03Les défenses de la plante face aux agressions◐
    • 04Reproduction de la plante fixée : fleur, pollinisation, coévolution et dispersion◐
    • 05De la plante sauvage à la plante domestiquée : sélection, hybridation, transgénèse et enjeux●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

De la plante sauvage à la plante domestiquée

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~49
min
5
Compétences
50
questions
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe

Voir aussi

  • Génétique et évolutionSélection, hybridation et polyploïdisation sont les mécanismes de diversification du vivant, appliqués par l'humain à son alimentation.
  • Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenirLe contexte qui rend la diversité génétique cultivée stratégique : un climat qui change plus vite que les variétés ne se remplacent.
  • L'expression du patrimoine génétiqueIntroduire un gène ne suffit pas : encore faut-il qu'il soit transcrit et traduit dans le bon organe.

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Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir

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Comportements, mouvement et système nerveux

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