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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir
FR · Bac

Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir

Reconstituer les climats du passé à l'aide d'archives et d'indicateurs (proxies) — δ¹⁸O des glaces et des tests, pollens, fossiles, traces glaciaires — permet de comprendre les mécanismes du climat et d'éclairer le réchauffement actuel. Au Quaternaire, l'alternance des périodes glaciaires et interglaciaires est rythmée par les paramètres orbitaux de Milankovitch, amplifiés par l'albédo et par le CO₂. Sur des durées bien plus longues, ce sont la tectonique et le cycle géologique du carbone qui commandent : glaciation carbonifère-permienne, Crétacé chaud, refroidissement du Cénozoïque. Le bilan radiatif et l'effet de serre expliquent enfin la température de la planète, et l'augmentation rapide des gaz à effet de serre d'origine humaine est à l'origine du réchauffement contemporain, dont les scénarios du GIEC encadrent l'évolution future et qui appelle des actions d'atténuation et d'adaptation. Thème pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale, au sein de la thématique « Enjeux planétaires contemporains ».

5 sections·~52 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0444 / 9
Profil d’examen
C1 · Exploiter des indicateurs paléoclimatiques (δ¹⁸O des glaces et des tests de foraminifères, pollens, fossiles, traces glaciaires) pour reconstituer un climat passé et son évolution.C2 · Relier les variations climatiques du Quaternaire (cycles glaciaire/interglaciaire) aux paramètres orbitaux de Milankovitch (excentricité, obliquité, précession).C3 · Établir à partir de données la corrélation entre teneur en gaz à effet de serre et température, et argumenter l'origine anthropique du réchauffement climatique actuel.C4 · Exploiter des sorties de modèles climatiques (scénarios du GIEC), discuter des incertitudes, recenser des conséquences du réchauffement et évaluer des actions d'atténuation et d'adaptation.
Opérateurs :exploiterreconstituerrelierétablirargumenterinterpréterjustifierévaluer

niveau de base

Maîtrisez d'abord la logique des proxies (un δ¹⁸O des tests élevé = période froide, dans la glace = période froide), les trois paramètres de Milankovitch avec leurs périodes, et la distinction effet de serre / réchauffement anthropique : c'est l'ossature de toute analyse de document.

niveau approfondi

Visez l'argumentation experte : justifier un sens de variation du δ¹⁸O en remontant à l'évaporation/condensation, articuler forçage orbital ET amplification par le CO₂, et construire un raisonnement causal complet (corrélation CO₂/température → preuve anthropique → scénarios GIEC → atténuation vs adaptation) en distinguant strictement corrélation et causalité.

Profondeur

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir
    • 01Reconstituer les climats passés : archives et indicateurs (proxies)○
    • 02Les cycles climatiques du Quaternaire et les paramètres orbitaux de Milankovitch◐
    • 03Les variations climatiques des temps géologiques : Paléozoïque, Crétacé, Cénozoïque●
    • 04Effet de serre, bilan radiatif et forçage anthropique actuel◐
    • 05Modéliser le climat futur : scénarios du GIEC, conséquences, atténuation et adaptation●

5 sections · 25 points clés · 6 formules · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Reconstituer les climats passés : archives et indicateurs (proxies)#

~9 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Les-climats-de-la-Terre-comprendre-le-passé-pour-agir-aujourd-hui-et-demainBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Fractionnement isotopique de l'oxygène et δ18O

Fractionnement isotopique de l'oxygène et δ18OGraphe, Évaporation (16O préféré) → Vapeur appauvrie en 18O, Vapeur appauvrie en 18O → Précipitations → glace (16O piégé), Précipitations → glace (16O piégé) → Océan enrichi en 18O, Océan enrichi en 18O → δ18O élevé des foraminifères = froidÉvaporation (16Opréféré)Vapeur appauvrieen 18OPrécipitations →glace (16Opiégé)Océan enrichi en18Oδ18O élevé desforaminifères = froidpériode froide
Fig. 1L'eau légère (16O) s'évapore plus facilement ; en période froide elle est piégée dans les glaces, l'océan s'enrichit en 18O, d'où un δ18O élevé dans les foraminifères.

Points clés

Le climat n'étant pas mesuré directement dans le passé, on le reconstitue grâce à des ARCHIVES (glaces polaires, sédiments marins et lacustres, troncs d'arbres, moraines) qui enregistrent des INDICATEURS, appelés proxies. Un proxy est une grandeur mesurable aujourd'hui qui traduit indirectement un paramètre climatique passé (température, englacement, végétation).
Les pollens (palynologie) renseignent sur la végétation, donc sur le climat régional : une flore de toundra (graminées, bouleau nain) signe un climat froid ; une flore de forêt tempérée (chêne, noisetier) un climat plus doux. Les assemblages de pollens fossiles d'une carotte sédimentaire reconstituent l'histoire de la végétation.
Les fossiles ont une valeur d'indicateurs climatiques : certaines espèces (foraminifères, coraux, grands mammifères comme le mammouth ou l'hippopotame) sont inféodées à des conditions chaudes ou froides. Leur présence dans une couche datée renseigne sur le climat de l'époque.
L'isotope δ¹⁸O est le proxy quantitatif majeur. L'oxygène existe sous deux isotopes stables, ¹⁶O (léger, abondant) et ¹⁸O (lourd, rare) ; le δ¹⁸O exprime l'écart relatif ¹⁸O/¹⁶O d'un échantillon par rapport à une référence standard. Comme la molécule d'eau légère (H₂¹⁶O) s'évapore plus facilement et que l'eau lourde (H₂¹⁸O) condense préférentiellement, le rapport ¹⁸O/¹⁶O dépend de la température et du volume des glaces.
Lecture du δ¹⁸O — RÈGLE À CONNAÎTRE : dans la GLACE polaire, un δ¹⁸O FAIBLE (très négatif) signe une période FROIDE (la vapeur arrivant aux pôles est très appauvrie en ¹⁸O quand il fait froid). Dans les TESTS calcaires de foraminifères des sédiments marins, un δ¹⁸O ÉLEVÉ signe une période FROIDE (en période glaciaire, l'eau légère ¹⁶O est stockée dans les calottes, l'océan s'enrichit en ¹⁸O). Les deux archives donnent ainsi un message cohérent.
Les traces géologiques de terrain complètent ces archives : moraines, blocs erratiques, vallées glaciaires en auge et stries glaciaires témoignent d'une extension passée des glaciers, donc de périodes froides. Les cernes d'arbres (dendrochronologie) fournissent une chronologie annuelle à haute résolution pour les derniers millénaires.
LE PRINCIPE D'ACTUALISME EST CE QUI REND UN PROXY LISIBLE. Notion fondamentale du programme, c'est l'hypothèse sans laquelle aucun indicateur ne dirait rien : on admet que les lois physiques et chimiques, et les exigences écologiques des organismes, étaient les mêmes autrefois qu'aujourd'hui. Un récif corallien fossile indique une eau chaude, peu profonde et claire parce que les coraux constructeurs actuels ne vivent pas ailleurs. Ses LIMITES doivent être dites : plus on remonte, moins les organismes ont d'équivalent vivant dont lire les exigences, et certains climats passés n'ont pas d'analogue moderne. Le programme demande « un regard critique sur tous les biais d'interprétation » : signaler cette limite est une compétence évaluée.
LE DERNIER MAXIMUM GLACIAIRE ET LE RÉCHAUFFEMENT DE L'HOLOCÈNE. Il y a environ 21 000 ans, d'énormes calottes couvraient la Scandinavie et le nord de l'Amérique ; leurs fronts se cartographient encore par les MORAINES abandonnées au retrait. Une masse considérable d'eau étant immobilisée en glace, le niveau marin était plus bas d'une centaine de mètres, ce que confirment les paléoniveaux marins. En France régnaient toundra et steppe froide, que montrent les DIAGRAMMES POLLINIQUES, avec une mégafaune de climat froid — mammouth, renne, rhinocéros laineux — dont les grottes ornées gardent le portrait. Puis, à partir d'environ 11 000 ans, l'Holocène : les calottes reculent, le niveau marin remonte, et les pollens enregistrent la succession toundra, bouleau et pin, puis chêne et noisetier.
UN PROXY EST AMBIGU, ET CERTAINS INDICES SONT DISCORDANTS. Le δ¹⁸O des tests de foraminifères ne mesure pas seulement la température de l'eau : il dépend aussi du VOLUME DES GLACES continentales, qui fixe la composition isotopique de l'océan entier. C'est un signal mixte, et seule la convergence avec d'autres indicateurs lève l'ambiguïté. Le programme demande en outre de discuter les indices discordants. Cas RÉSOLU : les terrasses fluviatiles, longtemps lues comme un enregistrement direct des cycles glaciaires, dépendent aussi du soulèvement tectonique local. Cas encore OUVERT : le « petit âge glaciaire », dont la cause et même la simultanéité à l'échelle du globe restent discutées.

Vocabulaire

→ Cartes
  • proxy (indicateur paléoclimatique)Grandeur mesurable aujourd'hui dans une archive, qui traduit indirectement un paramètre climatique du passé après étalonnage.
  • principe d'actualismeHypothèse selon laquelle les lois physiques et chimiques et les exigences écologiques des organismes étaient les mêmes autrefois qu'aujourd'hui ; sans elle aucun indicateur ne serait interprétable.
  • thermomètre isotopiqueUtilisation du rapport entre isotopes lourd et léger de l'oxygène dans une glace ou un carbonate pour reconstituer indirectement des variations de température.
  • diagramme polliniqueGraphique donnant, niveau par niveau dans une carotte, la proportion des grains de pollen de chaque taxon : il reconstitue la végétation, donc le climat régional.
  • moraineAccumulation de débris rocheux non triés transportée puis abandonnée par un glacier, qui matérialise sur le terrain la position d'un ancien front glaciaire.
  • dernier maximum glaciairePériode culminant il y a environ vingt et un mille ans, où les calottes atteignaient leur plus grande extension et où le niveau marin était le plus bas.

Définition du δ¹⁸O (en ‰)

δ18O=((18O/16O)eˊchantillon(18O/16O)standard−1)×1000\delta^{18}\mathrm{O} = \left( \dfrac{(^{18}\mathrm{O}/^{16}\mathrm{O})_{\text{échantillon}}}{(^{18}\mathrm{O}/^{16}\mathrm{O})_{\text{standard}}} - 1 \right) \times 1000δ18O=((18O/16O)standard​(18O/16O)eˊchantillon​​−1)×1000

Le δ¹⁸O mesure l'écart relatif, en pour mille (‰), du rapport isotopique de l'échantillon par rapport à un standard. C'est une grandeur sans dimension dont les variations, et non la valeur absolue, portent l'information climatique.

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Exemple corrigé

Lire et croiser des proxies sur une carotte sédimentaire marine

Une carotte sédimentaire marine donne, pour deux niveaux datés, les indicateurs suivants. Niveau A : δ¹⁸O des tests de foraminifères = +3,5 ‰, pollens dominés par graminées et bouleau nain (toundra). Niveau B : δ¹⁸O des tests = +1,5 ‰, pollens dominés par chêne et noisetier (forêt tempérée). Reconstituer le climat de chaque niveau, les classer du plus froid au plus chaud et justifier.

  1. 01Interpréter le δ¹⁸O des tests

    Dans les tests calcaires de foraminifères, un δ¹⁸O élevé signe une période froide : en période glaciaire, l'eau légère ¹⁶O est piégée dans les calottes, l'océan s'enrichit donc en ¹⁸O, valeur reportée dans le test. Le niveau A (+3,5 ‰) est plus enrichi que le niveau B (+1,5 ‰), donc plus froid.

    δ18Otests eˊleveˊ  ⟹  peˊriode froide (englacement)\delta^{18}\mathrm{O}_{\text{tests}}\ \text{élevé} \;\Longrightarrow\; \text{période froide (englacement)}δ18Otests​ eˊleveˊ⟹peˊriode froide (englacement)
  2. 02Confirmer par les pollens

    Le niveau A (toundra : graminées, bouleau nain) correspond à un climat froid, cohérent avec son δ¹⁸O élevé. Le niveau B (forêt de chênes et noisetiers) correspond à un climat tempéré et plus doux, cohérent avec son δ¹⁸O plus faible. Les deux proxies se confirment mutuellement, ce qui fiabilise la reconstitution.

  3. 03Classer et conclure

    Le niveau A est plus froid que le niveau B. La concordance δ¹⁸O / pollens (deux indicateurs indépendants) lève l'ambiguïté propre à un proxy isolé et valide le diagnostic climatique.

Résultat : Niveau A = climat froid (probable épisode glaciaire) ; niveau B = climat tempéré doux (probable interglaciaire). Classement du plus froid au plus chaud : A puis B, conclusion étayée par la cohérence du δ¹⁸O des tests et des assemblages polliniques.

Objectif Bac

  • Comprendre et utiliser le concept de THERMOMÈTRE ISOTOPIQUE : appliquer la bonne règle de lecture selon l'archive (δ¹⁸O faible dans la glace = froid ; δ¹⁸O élevé dans les tests carbonatés = froid) ET justifier le sens de variation en remontant au fractionnement lors de l'évaporation et de la condensation. La justification vaut autant que la conclusion.
  • Mettre en évidence l'amplitude et la période des variations climatiques à partir d'une convergence d'indices : croiser au moins deux proxies indépendants issus des documents et montrer qu'ils se confirment. Une conclusion appuyée sur un seul indicateur est incomplète par construction.
  • Rassembler et confronter une diversité d'indices sur le dernier maximum glaciaire et sur le réchauffement de l'Holocène : mégafaune des peintures rupestres, fronts morainiques cartographiés, diagrammes polliniques, terrasses, paléoniveaux marins. Sachez ce que chacun mesure et ce qu'il ne mesure pas.
  • Exercer un regard critique sur les biais d'interprétation. Deux gestes rapportent : énoncer le principe d'ACTUALISME comme l'hypothèse qui autorise la lecture, et signaler une discordance quand les documents en montrent une plutôt que de la lisser.
  • Périmètre ECE : la lecture d'un diagramme pollinique, la détermination de microfossiles et l'exploitation d'une base de données paléoclimatique sont des supports courants du tiers « sciences de la Terre ». La banque nationale porte sur l'ensemble des acquis du cycle terminal, la classe de première comprise.

Erreurs fréquentes

  • Inverser la règle de lecture du δ¹⁸O selon l'archive. Forme correcte : dans la GLACE, un δ¹⁸O faible signe le froid ; dans les TESTS carbonatés des sédiments marins, c'est un δ¹⁸O élevé qui signe le froid. Précisez toujours de quelle archive vous parlez avant de conclure.
  • Présenter un proxy comme une mesure directe de température. Forme correcte : un proxy est un indicateur INDIRECT, qui suppose un étalonnage et comporte une incertitude ; il se formule comme tel, avec des mots de prudence justifiés.
  • Conclure sur un indicateur unique. Forme correcte : croiser au moins deux indicateurs indépendants ; un fossile ou un pollen indique un TYPE de milieu, pas une valeur de température, et c'est la concordance qui donne sa force à la reconstitution.
  • Lire le δ¹⁸O des tests de foraminifères comme un thermomètre pur. Forme correcte : il enregistre à la fois la température de l'eau et le VOLUME des glaces continentales ; il faut le dire, sous peine de faire dire au document ce qu'il ne dit pas.
  • Confondre l'archive et l'indicateur. Forme correcte : la carotte de glace, la carotte sédimentaire ou le tronc d'arbre est l'ARCHIVE ; le δ¹⁸O, l'assemblage pollinique ou la teneur en CO₂ des bulles est l'INDICATEUR qu'on y mesure. Une même archive porte plusieurs indicateurs.

§ 01

Révision active

Pour un même intervalle de temps et une même région, deux archives donnent des indications qui semblent se contredire : les assemblages polliniques d'une tourbière continentale enregistrent un refroidissement marqué, tandis que le δ¹⁸O d'une carotte marine prélevée au large ne montre presque aucune variation. 1) Proposer deux explications distinctes de ce désaccord, l'une tenant à ce que chaque indicateur MESURE réellement, l'autre à la résolution et au temps de réponse de chaque archive. 2) Expliquer pourquoi un indicateur régional et un indicateur à composante globale ne sont pas censés donner le même signal, et pourquoi cela ne disqualifie ni l'un ni l'autre. 3) Indiquer quel type de donnée supplémentaire permettrait de trancher, en justifiant votre choix.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Les cycles climatiques du Quaternaire et les paramètres orbitaux de Milankovitch#

~9 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Les-climats-de-la-Terre-comprendre-le-passé-pour-agir-aujourd-hui-et-demainBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Les trois paramètres orbitaux de Milankovitch

Les trois paramètres orbitaux de MilankovitchTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Paramètre · Variation · Période; Excentricité · forme de l'orbite · ~100 ka; Obliquité · axe : 22,1°–24,5° · ~41 ka; Précession · orientation de l'axe · ~23 kaParamètreVariationPériodeExcentricitéforme de l'orbite~100 kaObliquitéaxe : 22,1°–24,5°~41 kaPrécessionorientation de l'axe~23 ka
Fig. 2Excentricité, obliquité et précession varient avec des périodes propres et modulent l'ensoleillement reçu par la Terre.

Points clés

Le Quaternaire (depuis ≈ 2,6 millions d'années) est caractérisé par une succession d'ALTERNANCES entre périodes glaciaires (froides, calottes étendues, niveau marin bas) et périodes interglaciaires (chaudes, comme l'actuelle). Les carottes de glace (Vostok, EPICA Dome C en Antarctique) enregistrent ces cycles sur plusieurs centaines de milliers d'années.
Ces alternances sont QUASI-PÉRIODIQUES. La théorie astronomique (ou théorie de Milankovitch) les explique par des variations cycliques de l'orbite et de l'axe de rotation de la Terre, qui modulent l'INSOLATION (énergie solaire reçue) et sa répartition saisonnière et géographique, en particulier aux hautes latitudes de l'hémisphère nord où les calottes croissent et fondent.
EXCENTRICITÉ (≈ 100 000 ans, et une composante ≈ 400 000 ans) : l'orbite terrestre oscille entre une forme quasi circulaire et plus elliptique. Elle modifie la distance Terre-Soleil au cours de l'année, donc le contraste d'insolation entre les saisons. C'est la périodicité dominante des grands cycles glaciaires récents.
OBLIQUITÉ (≈ 41 000 ans) : l'inclinaison de l'axe de rotation par rapport au plan de l'orbite varie entre environ 22° et 24,5°. Une obliquité forte accentue le contraste entre les saisons (étés plus chauds, hivers plus froids) ; elle contrôle l'insolation aux hautes latitudes.
PRÉCESSION des équinoxes (≈ 21 000 ans, combinant ≈ 19 000 et 23 000 ans) : l'axe de rotation décrit un cône (comme une toupie) et la position des saisons le long de l'orbite se décale. Elle détermine à quel moment de l'année la Terre est au plus près du Soleil, donc l'intensité saisonnière de l'insolation.
Ces trois paramètres se SUPERPOSENT : leur combinaison rythme l'insolation estivale aux hautes latitudes nord, qui commande l'englacement ou la déglaciation. Un été frais à ces latitudes favorise la persistance de la neige et la croissance des calottes (entrée en glaciation).
Le forçage orbital est toutefois FAIBLE en énergie : il est AMPLIFIÉ par des rétroactions internes au système climatique — variation de l'albédo (la glace réfléchit le rayonnement, ce qui refroidit davantage : rétroaction positive) et variation des gaz à effet de serre (le CO₂ et le CH₄ baissent en période glaciaire et montent en interglaciaire, accentuant les variations de température).
LES DEUX RÉTROACTIONS QUE LE PROGRAMME NOMME EXPRESSÉMENT. Le texte officiel ne dit pas « des rétroactions » en général, il en cite deux. Première boucle, l'ALBÉDO LIÉ À L'ASYMÉTRIE DES MASSES CONTINENTALES : les terres émergées étant concentrées dans l'hémisphère nord, une baisse de l'insolation d'été à ses hautes latitudes laisse subsister la neige d'une année sur l'autre sur d'immenses surfaces CONTINENTALES, la neige réfléchit le rayonnement, le refroidissement s'accentue, la calotte grandit. La même baisse au sud tomberait sur l'océan, où aucune calotte ne peut s'accumuler — voilà pourquoi le déclencheur se lit au nord. Seconde boucle, la SOLUBILITÉ OCÉANIQUE DU CO₂ : un gaz se dissout d'autant mieux que l'eau est froide, donc un océan qui se refroidit en retient davantage, la teneur atmosphérique baisse, l'effet de serre faiblit. Au réchauffement, la boucle joue à l'envers et l'océan dégaze.
L'ORDRE CO₂-TEMPÉRATURE AU QUATERNAIRE : LA NUANCE QUI FAIT LA DIFFÉRENCE. Dans les carottes, à la sortie d'une glaciation, la hausse du CO₂ ne PRÉCÈDE pas le réchauffement : elle le suit de quelques siècles, l'ampleur exacte du décalage étant elle-même discutée. Au Quaternaire, le CO₂ n'est donc pas le déclencheur des déglaciations mais un AMPLIFICATEUR — le forçage orbital lance le mouvement, l'océan dégaze, et le CO₂ ajouté fait le gros du travail thermique. Cela ne contredit en rien le réchauffement actuel, où la situation est inversée puisque l'injection de CO₂ vient en premier. Savoir formuler cette différence, c'est pouvoir répondre à l'objection la plus courante contre l'origine humaine du réchauffement.
CE QUE MONTRENT LES CAROTTES, ET L'INSOLATION QUI COMPTE VRAIMENT. L'enregistrement composite de Vostok et d'EPICA Dome C couvre les 800 000 dernières années, soit huit cycles, et la teneur en CO₂ des bulles y varie entre environ 172 et 300 ppm (Lüthi et coll., Nature, 2008). Le signal est ASYMÉTRIQUE — entrée en glaciation lente, sortie brutale : des dents de scie, pas une sinusoïde ; et son amplitude est LOCALE, les hautes latitudes l'amplifiant bien au-delà de la moyenne du globe. Quant au moteur, l'insolation moyenne annuelle de la planète ne varie presque pas au cours d'un cycle : les paramètres orbitaux REDISTRIBUENT l'énergie plus qu'ils ne la modifient. La grandeur qui commande est l'insolation d'ÉTÉ aux hautes latitudes nord, qui décide si la neige de l'hiver fond ou survit.

Vocabulaire

→ Cartes
  • insolationÉnergie solaire reçue par unité de surface au sommet de l'atmosphère, en un lieu et à une saison donnés ; c'est elle, et non l'émission du Soleil, que la géométrie orbitale modifie.
  • forçage orbitalModification de la répartition saisonnière et géographique de l'énergie solaire reçue, produite par les variations lentes de l'orbite et de l'axe de rotation terrestres.
  • rétroaction positiveBoucle dans laquelle l'effet d'une perturbation renforce la perturbation elle-même, ce qui amplifie le changement au lieu de le freiner.
  • albédoFraction du rayonnement solaire renvoyée vers l'espace par une surface ; elle est très élevée pour la neige et la glace, très faible pour l'océan libre.
  • obliquitéInclinaison de l'axe de rotation terrestre sur le plan de son orbite, qui oscille entre environ vingt-deux et vingt-cinq degrés et commande le contraste entre les saisons.
  • interglaciaireIntervalle chaud séparant deux périodes glaciaires, où les calottes se réduisent et le niveau marin remonte ; la période actuelle en est un.

Périodes des trois paramètres de Milankovitch

Texcentriciteˊ≈100 000 ansTobliquiteˊ≈41 000 ansTpreˊcession≈21 000 ansT_{\text{excentricité}} \approx 100\,000\ \text{ans} \quad T_{\text{obliquité}} \approx 41\,000\ \text{ans} \quad T_{\text{précession}} \approx 21\,000\ \text{ans}Texcentriciteˊ​≈100000 ansTobliquiteˊ​≈41000 ansTpreˊcession​≈21000 ans

Ordres de grandeur à connaître. Sur les ≈ 800 000 dernières années, l'excentricité (≈ 100 ka) domine le rythme des grands cycles glaciaires enregistrés dans les carottes.

Exemple corrigé

Relier une périodicité paléoclimatique à un paramètre orbital

Sur une carotte de glace antarctique couvrant les 800 000 dernières années, l'analyse spectrale du signal climatique fait ressortir une périodicité dominante voisine de 100 000 ans, accompagnée de composantes secondaires vers 41 000 et 21 000 ans. Identifier les paramètres orbitaux correspondants et expliquer comment un forçage de faible amplitude peut produire des cycles glaciaires marqués.

  1. 01Associer chaque périodicité à un paramètre

    La période ≈ 100 000 ans correspond à l'excentricité de l'orbite ; ≈ 41 000 ans à l'obliquité de l'axe ; ≈ 21 000 ans à la précession des équinoxes. La concordance entre les périodes du signal climatique et les périodes astronomiques connues est l'argument central de la théorie de Milankovitch.

    100 ka→excentriciteˊ  ;  41 ka→obliquiteˊ  ;  21 ka→preˊcession100\ \text{ka} \to \text{excentricité} \;;\; 41\ \text{ka} \to \text{obliquité} \;;\; 21\ \text{ka} \to \text{précession}100 ka→excentriciteˊ;41 ka→obliquiteˊ;21 ka→preˊcession
  2. 02Expliquer l'effet sur l'insolation

    Ces paramètres ne changent pas l'énergie émise par le Soleil mais la quantité et la répartition de l'insolation reçue, en particulier l'insolation estivale aux hautes latitudes de l'hémisphère nord, qui contrôle la fonte ou la croissance des calottes : un été frais y laisse subsister la neige et fait croître les glaces (entrée en glaciation).

  3. 03Invoquer les rétroactions amplificatrices

    Le forçage orbital est énergétiquement faible. Il est amplifié par des rétroactions positives : l'extension de la glace augmente l'albédo (plus de rayonnement réfléchi → refroidissement supplémentaire), et la baisse du CO₂ et du CH₄ en période glaciaire réduit l'effet de serre (refroidissement accru). Ces boucles transforment un petit forçage en grand cycle climatique.

Résultat : Les périodicités ≈ 100 / 41 / 21 ka correspondent respectivement à l'excentricité, l'obliquité et la précession. Le forçage orbital, faible mais bien calé en période, déclenche les transitions ; les rétroactions albédo et gaz à effet de serre les amplifient et expliquent l'ampleur des cycles glaciaires.

Objectif Bac

  • Mettre les variations temporelles des paramètres orbitaux définis par Milankovitch en relation avec les variations cycliques des températures au Quaternaire : associer chaque période lue sur une courbe paléoclimatique (environ 100 000, 41 000 et 21 000 ans) au paramètre correspondant, et décrire son effet sur l'insolation.
  • Expliquer pourquoi un forçage de faible amplitude énergétique produit des cycles de grande ampleur, en mobilisant les DEUX rétroactions que le programme nomme : l'albédo lié à l'asymétrie des masses continentales et la solubilité océanique du CO₂. Citer les deux, pas « des rétroactions » en général.
  • Mettre en évidence l'amplitude et la période des variations à partir d'une convergence d'indices : δ¹⁸O des glaces, δ¹⁸O des tests, teneur en CO₂ des bulles, moraines. Décrire aussi la FORME du signal, en dents de scie, car l'asymétrie est un fait à interpréter.
  • Savoir traiter l'objection « le CO₂ suit la température dans les carottes ». La réponse attendue distingue déclencheur et amplificateur, et souligne que la situation est inversée aujourd'hui. C'est un excellent sujet de Grand oral adossé à la spécialité.
  • Surmonter les biais cognitifs que le programme désigne, en particulier la mauvaise appréhension des ÉCHELLES DE TEMPS : un mécanisme dont la période se compte en dizaines de milliers d'années ne peut pas expliquer une variation observée en un siècle et demi. Vérifiez toujours que l'échelle de la cause proposée correspond à celle de l'effet observé.

Erreurs fréquentes

  • Attribuer les cycles glaciaires à une variation de la puissance émise par le Soleil. Forme correcte : l'émission solaire n'est pas ce qui change ; ce sont la quantité et surtout la RÉPARTITION de l'insolation reçue, fixées par la géométrie orbitale.
  • Confondre les trois paramètres ou leurs périodes. Forme correcte : excentricité environ 100 000 ans, obliquité environ 41 000 ans, précession environ 21 000 ans. Reliez chacun à ce qu'il modifie : la forme de l'orbite, l'inclinaison de l'axe, l'orientation de l'axe.
  • Présenter le forçage orbital comme suffisant à lui seul. Forme correcte : son amplitude énergétique est faible ; ce sont les rétroactions, albédo des surfaces enneigées et gaz à effet de serre, qui transforment un petit déséquilibre en grand cycle.
  • Conclure de « le CO₂ suit la température dans les carottes » que le CO₂ ne cause rien. Forme correcte : au Quaternaire il est amplificateur, le déclencheur étant orbital ; aujourd'hui l'ordre est inversé, l'injection de CO₂ précède le réchauffement. Deux situations distinctes, pas une contradiction.
  • Raisonner sur l'insolation moyenne annuelle du globe, qui varie très peu au cours d'un cycle orbital. Forme correcte : la grandeur qui commande l'englacement est l'insolation d'ÉTÉ aux hautes latitudes de l'hémisphère nord, celle qui décide si la neige de l'hiver survit.

§ 02

Révision active

Les paramètres orbitaux se calculent aussi bien vers le futur que vers le passé. Les calculs d'insolation indiquent que l'orbite terrestre entre dans une phase de faible excentricité, peu favorable au déclenchement d'une glaciation. 1) Rappeler par quel enchaînement un paramètre orbital finit par faire varier le volume des glaces, en nommant les deux rétroactions du programme. 2) Expliquer pourquoi, malgré ce forçage orbital défavorable, on ne s'attend pas non plus à une prochaine glaciation à échéance de plusieurs dizaines de milliers d'années. 3) Comparer, en termes de VITESSE et d'AMPLITUDE, le forçage orbital et le forçage lié aux émissions actuelles de gaz à effet de serre, et dire ce que cette comparaison implique pour la lecture des cycles quaternaires.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Les variations climatiques des temps géologiques : Paléozoïque, Crétacé, Cénozoïque#

~10 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Les-climats-de-la-Terre-comprendre-le-passé-pour-agir-aujourd-hui-et-demainBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Trois épisodes climatiques des temps géologiques

Trois épisodes climatiques des temps géologiquesFrise chronologique de -360 à 0, -300: Glaciation, -94: Pic chaud, -34: Antarctique, -359–-252: Carbonifère–Permien, -145–-66: Crétacé, -66–0: Cénozoïque−3600MaCarbonifère–PermienCrétacéCénozoïque−300Glaciation−94Pic chaud−34Antarctique
Fig. 3Bornes des périodes d'après la Charte chronostratigraphique internationale (CIS/IUGS). Le programme précise que la connaissance de l'échelle stratigraphique internationale n'est pas attendue : cette frise sert à situer les épisodes, pas à être mémorisée.

Points clés

Le Quaternaire n'est qu'un épisode récent. Sur l'ensemble des temps géologiques la Terre a connu des états climatiques très différents de l'actuel, et le programme en retient trois : une grande glaciation au Carbonifère et au Permien, un Crétacé plus chaud qu'aujourd'hui, un long refroidissement au Cénozoïque. Le point de méthode décisif est que le MÉCANISME change avec l'échelle de temps : sur quelques dizaines de milliers d'années ce sont les paramètres orbitaux qui commandent, mais sur des dizaines à des centaines de millions d'années ils n'expliquent plus rien et la commande passe à la géodynamique interne et au cycle géologique du carbone.
LE LEVIER COMMUN : LE CO₂ ATMOSPHÉRIQUE, RÉGLÉ PAR LA GÉOLOGIE. Deux robinets fixent sa teneur sur le temps long. Côté SOURCE, le dégazage volcanique, surtout aux dorsales et aux zones de subduction. Côté PUITS, l'ALTÉRATION DES SILICATES continentaux : l'eau de pluie chargée en CO₂ attaque les roches silicatées, et les ions libérés gagnent l'océan où ils précipitent en carbonates. La réaction-bilan à savoir lire est CaSiO₃ + CO₂ → CaCO₃ + SiO₂ — du carbone atmosphérique piégé dans une roche pour des millions d'années, d'autant plus que du relief frais est exposé sous un climat humide. Un second puits complète le premier, l'ENFOUISSEMENT de matière organique : une biomasse qui ne se décompose pas, faute d'oxygène, soustrait durablement son carbone — c'est l'origine du charbon et des hydrocarbures.
PALÉOZOÏQUE : LA GLACIATION CARBONIFÈRE-PERMIENNE. Les indices sont des dépôts glaciaires fossilisés, les TILLITES, mélanges chaotiques de blocs dans une matrice fine, accompagnés de surfaces striées et de blocs erratiques. Leur distribution ACTUELLE est déroutante : dispersés en Amérique du Sud, en Afrique australe, en Inde, en Australie et en Antarctique, souvent sous des latitudes aujourd'hui chaudes. Tout s'éclaire dès qu'on restitue les PALÉOLATITUDES, car ces terres formaient alors un même bloc, le Gondwana, rassemblé autour du pôle Sud. Le programme rattache la cause à une modification du cycle du carbone : l'altération de la jeune chaîne HERCYNIENNE, qui fait fonctionner à plein le puits silicaté, et l'enfouissement massif de matière organique dont sont issus les grands gisements de charbon.
LES PALÉOCEINTURES CLIMATIQUES, ET LE CAS DE MONTCEAU-LES-MINES. La zonation du climat en ceintures dépend de la LATITUDE, non de la position actuelle des continents : reconstituer les paléoceintures consiste à replacer les blocs, puis à vérifier que les indicateurs tombent aux bons endroits — charbons et latérites en domaine chaud et humide, évaporites et grès éoliens sous les zones arides subtropicales, récifs coralliens sous les tropiques marins, tillites près des pôles. D'où le cas d'école que cite le programme : au Carbonifère, tandis que le Gondwana portait des calottes, le bassin de Montceau-les-Mines enregistrait une forêt marécageuse à fougères arborescentes et lycopodes — la France se trouvait alors sous des latitudes équatoriales.
MÉSOZOÏQUE : LE CRÉTACÉ CHAUD. Les indices convergent vers un monde sans calotte polaire — aucune trace de glaciation aux hautes latitudes, faunes et flores de type chaud à paléolatitudes élevées, un niveau marin très haut qui noie de vastes surfaces continentales sous des mers peu profondes. C'est là que se dépose la CRAIE, boue à coccolithes qui a donné son nom à la période, tandis que des argiles noires riches en matière organique marquent des épisodes où le fond des océans manquait d'oxygène. Le programme attribue ces variations principalement à la géodynamique interne, du fait d'une AUGMENTATION DE L'ACTIVITÉ DES DORSALES — sa formulation prudente, « semble principalement responsable », mérite d'être conservée. Une même cause, deux effets : des dorsales plus actives dégazent plus de CO₂, et un plancher jeune, donc chaud et dilaté, occupe plus de volume et refoule l'eau sur les continents.
CÉNOZOÏQUE : TRENTE MILLIONS D'ANNÉES DE REFROIDISSEMENT. L'indice principal est géochimique : le δ¹⁸O mesuré dans les carbonates des sédiments marins, sur les foraminifères benthiques, montre une tendance longue traduisant refroidissement et englacement croissants — calotte permanente sur l'Antarctique il y a environ 34 millions d'années, puis englacement de l'hémisphère nord, puis les cycles quaternaires. Le programme retient deux causes. La BAISSE DU CO₂ d'abord, liée à l'altération des matériaux continentaux à la suite des orogenèses tertiaires : le soulèvement des Alpes et de l'Himalaya expose en permanence des roches fraîches et très altérables sous des pluies abondantes. Le déplacement des continents ensuite, qui MODIFIE LA CIRCULATION OCÉANIQUE : l'ouverture du passage de Drake permet l'installation d'un courant circumpolaire isolant thermiquement l'Antarctique.
LA LEÇON DE MÉTHODE : CHAQUE ÉCHELLE A SA CAUSE. Sur quelques dizaines de milliers d'années, les paramètres orbitaux, amplifiés par l'albédo et le CO₂. Sur des millions à des centaines de millions d'années, la tectonique — dorsales, orogenèses, position des continents — agissant par le cycle géologique du carbone. Sur un siècle et demi, les émissions humaines. Devant un document, la première question à poser est donc celle de la DURÉE concernée, qui élimine d'emblée les mécanismes trop lents ou trop rapides. C'est aussi ce qui rend le réchauffement actuel singulier : non son amplitude, que la Terre a déjà connue, mais sa VITESSE.

Vocabulaire

→ Cartes
  • tilliteAncien dépôt glaciaire consolidé en roche, reconnaissable au mélange chaotique de blocs de toutes tailles dans une matrice fine, sans tri ni stratification.
  • paléolatitudeLatitude qu'occupait un bloc continental à une époque donnée, restituée à partir des mouvements des plaques et indispensable pour interpréter un indice climatique fossile.
  • paléoceinture climatiqueBande climatique zonale reconstituée pour une époque passée, obtenue en replaçant les indicateurs à leur latitude d'alors.
  • altération des silicatesAttaque des roches silicatées par une eau chargée en dioxyde de carbone, qui transfère du carbone de l'atmosphère vers des carbonates marins : le principal puits géologique.
  • craieRoche calcaire blanche et fine formée de squelettes de microalgues, déposée dans les mers peu profondes qui recouvraient les continents lors du haut niveau marin du Crétacé.
  • black shale (argile noire)Sédiment marin sombre, riche en matière organique non décomposée, qui témoigne d'un fond océanique appauvri en oxygène.
Exemple corrigé

Calculer une vitesse d'expansion et en tirer une conséquence climatique

Sur la carte des anomalies magnétiques de l'Atlantique nord, une anomalie datée de 80 millions d'années se situe à 1 600 km de l'axe de la dorsale. Sur le même profil, une anomalie datée de 50 millions d'années se situe à 600 km de l'axe. 1) Calculer la demi-vitesse d'expansion moyenne sur les deux intervalles et la vitesse d'ouverture totale correspondante. 2) Comparer les deux résultats. 3) Relier cette comparaison aux variations climatiques du Crétacé.

  1. 01Poser la relation et calculer la première demi-vitesse

    Le plancher océanique s'éloigne de l'axe à mesure qu'il se forme : la distance qui sépare une anomalie magnétique de l'axe, rapportée à l'âge de cette anomalie, donne donc la DEMI-VITESSE d'expansion, celle d'un seul flanc. Attention à l'unité : 1 km par million d'années vaut exactement 1 mm par an, ce qui rend la conversion immédiate. La vitesse d'OUVERTURE de l'océan est le double, puisque les deux flancs s'écartent simultanément — ici 4,0 cm par an.

    v1/2=dt=1600 km80 Ma=20 km Ma−1=2,0 cm an−1v_{1/2} = \dfrac{d}{t} = \dfrac{1600\ \mathrm{km}}{80\ \mathrm{Ma}} = 20\ \mathrm{km\ Ma^{-1}} = 2{,}0\ \mathrm{cm\ an^{-1}}v1/2​=td​=80 Ma1600 km​=20 km Ma−1=2,0 cm an−1
  2. 02Calculer la seconde demi-vitesse et comparer

    Pour l'anomalie de 50 millions d'années : 600 km divisés par 50 millions d'années donnent 12 km par million d'années, soit 1,2 cm par an, et une vitesse d'ouverture de 2,4 cm par an. Entre les deux périodes considérées, la demi-vitesse est donc passée de 2,0 à 1,2 cm par an : l'activité de la dorsale a nettement DIMINUÉ depuis le Crétacé.

  3. 03Relier au climat

    Une dorsale plus active produit deux effets simultanés. Elle dégaze davantage de CO₂, ce qui renforce l'effet de serre et réchauffe. Et elle fabrique un plancher océanique jeune, donc chaud et dilaté, qui occupe plus de volume dans les bassins et refoule l'eau sur les continents : le niveau marin s'élève et de vastes mers peu profondes envahissent les continents, où se déposent des calcaires tels que la craie. Le ralentissement mesuré ici va donc dans le même sens que la sortie progressive du régime chaud crétacé.

Résultat : La demi-vitesse d'expansion vaut 2,0 cm par an sur l'intervalle le plus ancien (vitesse d'ouverture 4,0 cm par an) contre 1,2 cm par an sur le plus récent (2,4 cm par an) : l'activité de la dorsale a diminué d'environ 40 %. Comme une dorsale plus active dégaze plus de CO₂ et élève le niveau marin, ce ralentissement est cohérent avec le mécanisme que le programme retient pour expliquer le Crétacé chaud et son refroidissement ultérieur.

Objectif Bac

  • Reconstituer l'extension de la glaciation permienne à partir de la distribution des TILLITES : la démarche attendue passe obligatoirement par la restitution des paléolatitudes, sans laquelle la dispersion actuelle des indices paraît incohérente.
  • Reconstituer un paléoclimat local à partir d'une variété d'indices paléontologiques et géologiques en tenant compte de la PALÉO-LATITUDE. Le cas de la paléobiocénose des forêts carbonifères de Montceau-les-Mines, confrontée aux tillites gondwaniennes du même âge, est celui que le programme nomme.
  • Exploiter la carte géologique du monde pour CALCULER des vitesses d'extension des dorsales aux périodes considérées : la vitesse s'obtient en divisant la distance d'une anomalie magnétique à l'axe par son âge. Distinguez la demi-vitesse, mesurée d'un seul côté, de la vitesse d'ouverture totale, qui en est le double.
  • Exploiter les équations chimiques associées aux transformations d'origine géologique pour modéliser les variations du CO₂ atmosphérique. Savoir lire la réaction-bilan de l'altération des silicates et dire dans quel sens elle déplace le carbone suffit ; on ne demande pas d'écrire les demi-équations.
  • Exercice 1 — texte argumenté du type « quels mécanismes expliquent les variations climatiques aux différentes échelles de temps ». La copie forte organise sa réponse PAR ÉCHELLE, appuie chaque mécanisme sur un exemple daté, et distingue ce qui est établi de ce qui reste discuté.

Erreurs fréquentes

  • Conclure de la dispersion actuelle des tillites qu'il s'agissait de glaciations locales et séparées. Forme correcte : cette dispersion est celle des continents AUJOURD'HUI ; en restituant les paléolatitudes, les mêmes dépôts se regroupent autour du pôle Sud sur un seul bloc, le Gondwana.
  • Invoquer les paramètres orbitaux pour expliquer le Crétacé chaud ou le refroidissement cénozoïque. Forme correcte : leurs périodes se comptent en dizaines de milliers d'années, elles sont beaucoup trop courtes ; à ces échelles, c'est la tectonique agissant par le CO₂ et par la circulation océanique qu'il faut mobiliser.
  • Confondre les deux puits géologiques de carbone. Forme correcte : l'altération des SILICATES consomme durablement du CO₂ atmosphérique et le range dans des carbonates ; l'altération puis la précipitation des CARBONATES ne fait, sur le temps long, que recycler le même carbone, sans puits net.
  • Conclure de « le CO₂ était bien plus élevé au Crétacé » que le réchauffement actuel serait sans gravité. Forme correcte : le Crétacé chaud s'est installé sur des dizaines de millions d'années, laissant aux écosystèmes le temps de se déplacer et aux puits géologiques celui de réagir ; l'argument porte sur la VITESSE, pas sur l'amplitude seule.
  • Traiter le charbon comme un simple combustible sans rôle climatique. Forme correcte : sa formation au Carbonifère EST un mécanisme climatique, puisqu'elle soustrait du carbone à l'atmosphère ; le brûler restitue en un siècle et demi ce que la biosphère avait mis des dizaines de millions d'années à enfouir.

§ 03

Révision active

On dispose de trois documents datés du Carbonifère supérieur. Document 1 : carte de la répartition ACTUELLE des tillites de cet âge (Amérique du Sud, Afrique australe, Inde, Australie, Antarctique), avec les directions des stries glaciaires. Document 2 : la même carte après restitution des positions des continents à cette époque. Document 3 : description de la paléobiocénose du bassin houiller de Montceau-les-Mines, forêt marécageuse dense à fougères arborescentes et lycopodes. 1) Expliquer pourquoi le document 1 seul paraît incohérent avec une glaciation unique, et ce que le document 2 change. 2) Montrer que les documents 2 et 3 ne se contredisent pas. 3) Proposer, en mobilisant le cycle géologique du carbone, un mécanisme reliant la formation des gisements de charbon à la glaciation elle-même.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Effet de serre, bilan radiatif et forçage anthropique actuel#

~11 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Les-climats-de-la-Terre-comprendre-le-passé-pour-agir-aujourd-hui-et-demainBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Bilan radiatif et effet de serre

Bilan radiatif et effet de serreGraphe, Rayonnement solaire (courtes λ) → Albédo : ~30 % réfléchi vers l'espace, Rayonnement solaire (courtes λ) → Surface : absorption → réchauffement, Surface : absorption → réchauffement → Émission infrarouge (grandes λ), Émission infrarouge (grandes λ) → Gaz à effet de serre : absorption, Gaz à effet de serre : absorption → Réémission vers le sol (effet de serre), Réémission vers le sol (effet de serre) → Surface : absorption → réchauffementRayonnementsolaire (courtesλ)Albédo : ~30 %réfléchi versl'espaceSurface :absorption →réchauffementÉmissioninfrarouge(grandes λ)Gaz à effet deserre :absorptionRéémission versle sol (effet deserre)
Fig. 4Une partie du rayonnement solaire est réfléchie (albédo) ; le reste réchauffe la surface, qui émet un rayonnement infrarouge absorbé puis réémis vers le sol par les gaz à effet de serre.

Points clés

BILAN RADIATIF : la température de surface de la Terre résulte de l'équilibre entre l'énergie solaire reçue (rayonnement de courte longueur d'onde, en partie réfléchie selon l'albédo) et l'énergie réémise par la Terre vers l'espace (rayonnement infrarouge, de grande longueur d'onde). À l'équilibre, énergie reçue ≈ énergie réémise, ce qui fixe la température moyenne.
EFFET DE SERRE : certains gaz de l'atmosphère (vapeur d'eau H₂O, dioxyde de carbone CO₂, méthane CH₄, protoxyde d'azote N₂O) absorbent une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface et le réémettent dans toutes les directions, dont une partie vers le sol. Ce piégeage partiel réchauffe la basse atmosphère et la surface.
L'effet de serre est un phénomène NATUREL et VITAL : sans lui, la température moyenne de surface serait d'environ −18 °C au lieu d'environ +15 °C, et l'eau liquide — donc la vie telle que nous la connaissons — serait impossible. Le problème actuel n'est pas l'existence de l'effet de serre mais son RENFORCEMENT par l'ajout de gaz à effet de serre.
FORÇAGE RADIATIF : ajouter des gaz à effet de serre augmente l'absorption de l'infrarouge, réduit l'énergie réémise vers l'espace et déséquilibre le bilan radiatif au profit d'un gain d'énergie ; le système se réchauffe jusqu'à rétablir un nouvel équilibre à température plus élevée. C'est le mécanisme du forçage anthropique.
ORIGINE ANTHROPIQUE DU RÉCHAUFFEMENT ACTUEL. Depuis le début de l'ère industrielle, vers 1850, la combustion des énergies fossiles et la déforestation libèrent massivement du CO₂ ; l'élevage, les rizières et l'exploitation des hydrocarbures émettent du CH₄. La teneur atmosphérique en CO₂ est passée d'environ 280 ppm avant l'industrialisation, valeur lue dans les bulles d'air piégées dans les glaces, à 425,6 ppm en moyenne annuelle globale pour 2025 (NOAA Global Monitoring Laboratory ; 427,4 ppm à Mauna Loa, dont le suivi continu depuis 1958 constitue la courbe de Keeling). Cette hausse est à la fois de grande ampleur et extrêmement rapide au regard de tout ce qu'enregistrent les archives glaciaires.
CORRÉLATION CO₂ / TEMPÉRATURE : elle est observée sur DEUX échelles cohérentes — sur les carottes de glace (CO₂ et température varient ensemble au fil des cycles glaciaires) ET sur la période industrielle (hausse simultanée du CO₂ et de la température globale). L'attribution à l'Homme s'appuie sur la datation de la hausse (postérieure à 1850), sur la signature isotopique du carbone fossile et sur les modèles : seuls les scénarios incluant les émissions humaines reproduisent la courbe observée.
Distinction rigoureuse CORRÉLATION / CAUSALITÉ : une corrélation ne prouve pas à elle seule un lien de cause à effet. La causalité du forçage anthropique est établie par la convergence d'arguments — mécanisme physique (absorption de l'infrarouge par le CO₂), datation, isotopes du carbone, et modèles climatiques qui n'expliquent le réchauffement récent qu'en intégrant les émissions humaines.
LES CHIFFRES, AVEC LEUR SOURCE ET LEUR DATE. Le GIEC estime dans son sixième rapport d'évaluation le réchauffement de la moyenne 2011-2020 à +1,09 °C, dans une fourchette de 0,95 à 1,20 °C, par rapport à 1850-1900 ; l'Organisation météorologique mondiale a confirmé en janvier 2025 que 2024 avait été l'année la plus chaude jamais mesurée, à +1,55 °C avec une incertitude de 0,13 °C au-dessus de cette même référence, et que les dix années 2015 à 2024 sont les dix plus chaudes de la série. L'argument paléoclimatique est le plus décisif : le GIEC relève qu'en 2019 la teneur en CO₂ dépassait déjà celle de n'importe quel moment des DEUX DERNIERS MILLIONS D'ANNÉES. Retenez la règle autant que les nombres — une valeur climatique se cite avec sa source ET son millésime, car une teneur en CO₂ vieille de cinq ans est fausse aujourd'hui.
LE CARBONE FOSSILE COURT-CIRCUITE LA GÉOLOGIE. Le carbone circule normalement entre atmosphère, biosphère et océan, mais il existe aussi des réservoirs GÉOLOGIQUES — carbonates et matière organique fossile — qui n'échangent qu'à des rythmes de plusieurs millions d'années. La combustion des fossiles court-circuite cette lenteur en renvoyant vers l'atmosphère, en un siècle et demi, un carbone que la géologie avait mis des dizaines de millions d'années à mettre de côté ; l'océan et la biosphère en absorbent une partie, ce qui freine la hausse mais acidifie l'océan. La singularité du réchauffement actuel tient donc moins à l'ampleur atteinte qu'au RYTHME auquel elle l'est.
CE QUE LE PROGRAMME ATTEND ET N'ATTEND PAS ICI. Une Précision le dit : la distinction entre climat et météorologie, le mécanisme de l'effet de serre, le cycle biogéochimique du carbone et l'étude du réchauffement ont déjà été abordés au collège, en enseignement scientifique et en spécialité de première ; ils ne sont pas redéveloppés en terminale, mais les acquis sont ATTENDUS. Aucun sujet ne vous demandera donc d'exposer l'effet de serre pour lui-même, mais tout sujet supposera que vous le mobilisiez sans hésiter dans un raisonnement. Un biais mérite d'être nommé, puisque le programme demande de le surmonter : confondre météorologie et climatologie. Un hiver froid ne réfute rien, le climat étant une statistique sur au moins trente ans quand la météorologie décrit un état à un instant.

Vocabulaire

→ Cartes
  • bilan radiatifComparaison entre l'énergie solaire absorbée par la planète et l'énergie infrarouge qu'elle réémet vers l'espace ; son équilibre fixe la température moyenne de surface.
  • forçage radiatifDéséquilibre imposé au bilan énergétique de la planète par une perturbation extérieure, exprimé en watts par mètre carré ; positif, il conduit à un réchauffement.
  • courbe de KeelingEnregistrement continu de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone mené depuis 1958 à l'observatoire de Mauna Loa, où la hausse de fond se superpose à une oscillation saisonnière.
  • partie par million (ppm)Unité de teneur exprimant le nombre de molécules du gaz considéré pour un million de molécules d'air sec.
  • puits de carboneRéservoir qui absorbe plus de carbone qu'il n'en restitue sur la période considérée, tels l'océan, les forêts en croissance et les sols.
  • acidification de l'océanBaisse du pH de l'eau de mer causée par l'absorption d'une partie du dioxyde de carbone atmosphérique, qui gêne la fabrication des squelettes et coquilles calcaires.

Équilibre du bilan radiatif

Erec¸ue≈Ereˊeˊmise⟹TeˊquilibreE_{\text{reçue}} \approx E_{\text{réémise}} \quad \Longrightarrow \quad T_{\text{équilibre}}Erec¸​ue​≈Ereˊeˊmise​⟹Teˊquilibre​

La température moyenne de la Terre s'établit là où l'énergie solaire absorbée égale l'énergie infrarouge réémise vers l'espace. Renforcer l'effet de serre réduit la réémission, déséquilibre le bilan et élève la température d'équilibre.

Hausse du CO₂ atmosphérique depuis le milieu du XIXᵉ siècle

[CO2]preˊindustriel≈280 ppm  ⟶  [CO2]2025≈426 ppm[\mathrm{CO_2}]_{\text{préindustriel}} \approx 280\ \text{ppm} \;\longrightarrow\; [\mathrm{CO_2}]_{2025} \approx 426\ \text{ppm}[CO2​]preˊindustriel​≈280 ppm⟶[CO2​]2025​≈426 ppm

La valeur préindustrielle, d'environ 280 ppm, est lue dans les bulles d'air piégées dans les glaces ; la valeur récente est mesurée directement — 425,6 ppm en moyenne annuelle globale pour 2025 selon le Global Monitoring Laboratory de la NOAA, et 427,4 ppm à Mauna Loa. Aucun enregistrement glaciaire des huit cent mille dernières années ne montre une hausse aussi rapide, et le GIEC situe la teneur actuelle au-dessus de tout ce que les deux derniers millions d'années ont connu.

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Exemple corrigé

Argumenter l'origine anthropique à partir du CO₂ et de la température

On donne la courbe de Keeling (CO₂ atmosphérique en hausse continue de ≈ 315 ppm en 1958 à > 410 ppm vers 2020) et la courbe de l'anomalie de température globale (en hausse de plusieurs dixièmes de degré sur la même période). Montrer la corrélation, argumenter l'origine anthropique du réchauffement, et préciser pourquoi la corrélation seule ne suffit pas à conclure.

  1. 01Établir la corrélation

    Sur la période 1958–2020, le CO₂ atmosphérique et l'anomalie de température globale augmentent simultanément. Les deux grandeurs évoluent dans le même sens : elles sont positivement corrélées. La même corrélation CO₂/température se retrouve sur les carottes de glace au fil des cycles glaciaires, ce qui renforce la robustesse du lien.

  2. 02Relier la hausse du CO₂ aux activités humaines

    La hausse du CO₂ débute avec l'ère industrielle (≈ 1850) et s'accélère ensuite ; elle coïncide avec la combustion croissante des énergies fossiles et la déforestation. La signature isotopique du carbone (appauvrissement en ¹³C et ¹⁴C, caractéristique du carbone fossile) confirme que le surplus de CO₂ provient bien des combustibles fossiles.

    combustion fossiles + deˊforestation  ⇒  [CO2]↑  ⇒  effet de serre↑  ⇒  T↑\text{combustion fossiles + déforestation} \;\Rightarrow\; [\mathrm{CO_2}] \uparrow \;\Rightarrow\; \text{effet de serre} \uparrow \;\Rightarrow\; T \uparrowcombustion fossiles + deˊforestation⇒[CO2​]↑⇒effet de serre↑⇒T↑
  3. 03Distinguer corrélation et causalité

    Une corrélation ne prouve pas, à elle seule, un lien de cause à effet (deux grandeurs peuvent varier ensemble sans que l'une cause l'autre). Ici, la causalité est établie par la convergence de plusieurs arguments : le mécanisme physique d'absorption de l'infrarouge par le CO₂, la datation de la hausse (postérieure à 1850), la signature isotopique du carbone fossile, et le fait que seuls les modèles climatiques intégrant les émissions humaines reproduisent la courbe de température observée.

Résultat : CO₂ et température sont fortement corrélés (période industrielle ET carottes de glace) ; l'origine anthropique est démontrée par la convergence mécanisme/datation/isotopes/modèles. La corrélation seule est insuffisante : c'est le faisceau d'arguments concordants qui établit la causalité.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Partons du bilan radiatif. La Terre reçoit du Soleil un rayonnement de courte longueur d'onde ; à l'équilibre, elle réémet vers l'espace autant d'énergie sous forme d'infrarouge. Cet équilibre fixe sa température moyenne.

  2. 2

    Les gaz à effet de serre — vapeur d'eau, CO₂, méthane — absorbent une partie de cet infrarouge et le renvoient vers le sol. Ce piégeage réchauffe la surface : c'est l'effet de serre, naturel et vital, sans lequel il ferait environ moins dix-huit degrés.

  3. 3

    Depuis 1850, la combustion des énergies fossiles fait passer le CO₂ d'environ deux cent quatre-vingts à plus de quatre cent dix parties par million. La courbe de Keeling le montre en hausse continue depuis 1958.

  4. 4

    Plus de gaz à effet de serre, c'est moins d'infrarouge perdu vers l'espace : le bilan se déséquilibre et la température d'équilibre monte. La corrélation CO₂-température, jointe au mécanisme, à la datation, aux isotopes et aux modèles, établit l'origine humaine du réchauffement actuel.

Objectif Bac

  • Expliquer le mécanisme de l'effet de serre à partir d'un schéma de bilan radiatif — rayonnement solaire absorbé, infrarouge réémis, absorption puis réémission par les gaz à effet de serre — et justifier qu'il est naturel et vital, mais RENFORCÉ par les activités humaines. Le programme suppose ces acquis, il ne les redéveloppe pas.
  • Exercice 2 — établir une corrélation entre teneur en gaz à effet de serre et température à partir de documents (carottes de glace ET courbe récente), puis argumenter l'origine anthropique. La copie complète cite ses valeurs AVEC leur source et leur date : « 425,6 ppm en moyenne globale en 2025, NOAA » vaut mieux que « plus de 400 ppm ».
  • Distinguer explicitement corrélation et causalité, puis énumérer les arguments qui, ensemble, établissent la causalité : le mécanisme physique d'absorption de l'infrarouge, la datation de la hausse, la signature isotopique du carbone fossile, et le fait que seuls les modèles intégrant les émissions humaines reproduisent la courbe observée.
  • Mobiliser les acquis sur les conséquences des activités humaines sur l'effet de serre et sur le cycle du carbone, en distinguant les échanges rapides (atmosphère, biosphère, océan de surface) des réservoirs géologiques lents. C'est ce contraste de rythmes qui donne sa force à l'argument.
  • Surmonter les biais cognitifs que le programme désigne : confusion entre météorologie et climatologie, mauvaise appréhension des échelles de temps, confusion entre corrélation et causalité. Savoir les nommer et les réfuter est un excellent matériau de Grand oral adossé à la spécialité.

Erreurs fréquentes

  • Présenter l'effet de serre comme intrinsèquement néfaste. Forme correcte : il est naturel et indispensable, puisque sans lui la température moyenne de surface serait d'environ −18 °C au lieu d'environ +15 °C ; c'est son RENFORCEMENT anthropique qui pose problème.
  • Confondre couche d'ozone et effet de serre. Forme correcte : l'ozone stratosphérique filtre le rayonnement ultraviolet SOLAIRE, tandis que les gaz à effet de serre absorbent l'INFRAROUGE émis par la surface. Deux mécanismes distincts, deux problèmes distincts.
  • Conclure de la seule corrélation CO₂-température à la causalité. Forme correcte : citer le faisceau — mécanisme d'absorption, datation postérieure à 1850, signature isotopique du carbone fossile, modèles — et dire explicitement qu'une corrélation seule ne prouve pas un lien de cause à effet.
  • Citer une valeur de CO₂ sans sa date ni sa source, ou reprendre un chiffre de manuel ancien. Forme correcte : « environ 280 ppm avant l'industrialisation, 425,6 ppm en moyenne globale en 2025 selon la NOAA ». Une valeur climatique se périme, et un correcteur voit immédiatement un chiffre daté.
  • Écrire que le CO₂ « réchauffe l'atmosphère » comme s'il produisait de la chaleur. Forme correcte : il n'en produit aucune ; il ABSORBE puis réémet le rayonnement infrarouge, ce qui ralentit la fuite d'énergie vers l'espace. C'est le déséquilibre du bilan, et non une source de chaleur, qui élève la température.

§ 04

Révision active

On dispose de la courbe de Keeling (teneur atmosphérique en CO₂ mesurée à Mauna Loa depuis 1958, en hausse continue), de la courbe de l'anomalie de température globale sur la même période, et d'un enregistrement de la teneur en CO₂ issu d'une carotte de glace antarctique couvrant les 800 000 dernières années. 1) Établir la corrélation entre les deux premières courbes. 2) Rédiger un paragraphe argumenté établissant l'origine anthropique du réchauffement, en distinguant explicitement corrélation et causalité et en citant au moins trois arguments indépendants. 3) Expliquer ce que le troisième document apporte que les deux premiers ne peuvent pas apporter, et citer la valeur actuelle de la teneur en CO₂ avec sa source et son année.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Trends in Atmospheric Carbon Dioxide — moyennes annuelles globales et de Mauna Loa (mise à jour annuelle) (NOAA Global Monitoring Laboratory) · AR6 Synthesis Report: Climate Change 2023 — Summary for Policymakers (teneurs en gaz à effet de serre, réchauffement observé) (GIEC / IPCC)

§ 05
§ 05

Modéliser le climat futur : scénarios du GIEC, conséquences, atténuation et adaptation#

~11 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§Les-climats-de-la-Terre-comprendre-le-passé-pour-agir-aujourd-hui-et-demainBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Atténuation et adaptation : deux familles d'actions

Atténuation et adaptationTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Atténuation · Adaptation; But · réduire les GES · limiter les impacts; Exemples · sobriété, forêts · digues, irrigation; Cible · les causes · les conséquencesAtténuationAdaptationButréduire les GESlimiter les impactsExemplessobriété, forêtsdigues, irrigationCibleles causesles conséquences
Fig. 5L'atténuation s'attaque aux causes (réduire les émissions) ; l'adaptation aux impacts (limiter les conséquences). Les deux sont complémentaires.

Points clés

MODÈLES CLIMATIQUES : pour projeter le climat futur, on utilise des modèles numériques qui simulent le système climatique (atmosphère, océan, glaces, surfaces continentales, cycle du carbone) à partir des lois physiques. Validés en reproduisant les climats passés et présents, ils calculent l'évolution future en fonction d'hypothèses d'émissions.
LES SCÉNARIOS SSP, AVEC LEURS NOMBRES ET LEUR SOURCE. Le GIEC n'invente pas un futur unique : il explore une gamme de trajectoires d'émissions, des plus sobres aux plus émettrices. Dans son sixième rapport d'évaluation, il évalue le réchauffement moyen de la période 2081-2100 par rapport à 1850-1900 à environ +1,4 °C pour SSP1-1.9, +1,8 °C pour SSP1-2.6, +2,7 °C pour SSP2-4.5, +3,6 °C pour SSP3-7.0 et +4,4 °C pour SSP5-8.5, chaque valeur étant une MEILLEURE ESTIMATION assortie d'une fourchette (3,3 à 5,7 °C pour SSP5-8.5). Deux pièges de lecture : ces valeurs sont des moyennes sur vingt ans et non la température de la seule année 2100 ; et le nombre placé après le tiret n'est pas une température, c'est le forçage radiatif visé en fin de siècle, en watts par mètre carré.
INCERTITUDES : elles ont DEUX origines à distinguer. (1) L'incertitude sur le scénario d'émissions — elle dépend des choix humains futurs (énergie, politiques), donc elle n'est pas réductible par la science seule. (2) L'incertitude sur la réponse du système climatique — sensibilité climatique, rétroactions (nuages, fonte du pergélisol libérant du CH₄, albédo). Un faisceau de scénarios encadre ces incertitudes sans prétendre à une prévision unique.
CONSÉQUENCES DU RÉCHAUFFEMENT, AVEC LES DONNÉES OBSERVÉES. Le niveau marin moyen s'est élevé de 0,20 m (0,15 à 0,25 m) entre 1901 et 2018, et son RYTHME s'accélère : 1,3 mm par an sur 1901-1971, 1,9 sur 1971-2006, puis 3,7 sur 2006-2018 (GIEC, AR6). Deux causes se cumulent, la dilatation thermique de l'eau de mer et la fonte des glaces CONTINENTALES — la banquise, elle, flotte déjà et sa fonte n'élève pas le niveau marin. S'y ajoutent la multiplication des événements extrêmes, l'acidification de l'océan qui gêne la calcification des coraux, mollusques et plancton calcaire, et le déplacement des aires de répartition vers les pôles et vers l'altitude. Pour l'agriculture, le programme pose une ambivalence à restituer : l'augmentation du CO₂ favorise en elle-même la production de biomasse, mais ce bénéfice est contraint par la disponibilité en eau, la qualité des sols, la désertification et la perte de terres cultivables.
ATTÉNUATION (limiter les CAUSES) : réduire les émissions de gaz à effet de serre — sortie des énergies fossiles, efficacité énergétique, sobriété, énergies décarbonées (renouvelables, nucléaire) — et préserver/renforcer les PUITS de carbone (forêts, sols, océan). L'atténuation agit sur le forçage lui-même.
ADAPTATION (limiter les CONSÉQUENCES) : ajuster les sociétés et les territoires aux changements déjà engagés ou inévitables — digues et recul stratégique face à la montée des eaux, gestion de l'eau, cultures et variétés adaptées, plans canicule, aménagement urbain. L'adaptation ne réduit pas les émissions mais en limite les impacts.
ÉCHELLES D'ACTION : les leviers se déploient à l'échelle individuelle (choix de transport, alimentation, consommation d'énergie) ET collective (politiques publiques, accords internationaux comme l'Accord de Paris, choix industriels et énergétiques). Les deux niveaux sont complémentaires et nécessaires ; l'atténuation et l'adaptation se combinent.
LE BUDGET CARBONE : CE QUI REND L'OBJECTIF QUANTITATIF. Le réchauffement est à peu près PROPORTIONNEL au cumul des émissions de CO₂, et le GIEC retient une hausse d'environ 0,45 °C par millier de milliards de tonnes émises (fourchette probable 0,27 à 0,63 °C). On peut donc chiffrer ce qu'il reste à ne pas dépasser : à partir du début de 2020, le GIEC estime le budget carbone restant à 500 milliards de tonnes de CO₂ pour une chance sur deux de limiter le réchauffement à 1,5 °C, et à 1 150 milliards pour deux chances sur trois de le limiter à 2 °C. Deux précautions : ces budgets se consomment chaque année qui passe, et un budget cité sans son année de départ ni sa probabilité ne veut rien dire.
L'ÉLABORATION DU CONSENSUS SCIENTIFIQUE. Notion fondamentale du programme, elle est souvent mal comprise. Un consensus n'est ni un vote ni une opinion majoritaire : c'est le résultat d'une PROCÉDURE. Des travaux sont publiés après relecture par les pairs, puis la littérature accumulée est synthétisée par des revues systématiques et des méta-analyses, qui pèsent les études plutôt que de les additionner. Le GIEC ne produit lui-même aucune recherche : il ÉVALUE des milliers de publications, et chaque phrase de ses résumés à l'intention des décideurs est adoptée ligne à ligne par les États membres. C'est cette procédure, et non l'autorité de ses auteurs, qui autorise les décisions publiques à s'y adosser.
COMPARER LES BÉNÉFICES ET LES INCONVÉNIENTS, PLUTÔT QU'ÉNUMÉRER. Le programme est net : « une connaissance détaillée des différentes stratégies d'atténuation et d'adaptation n'est pas attendue ». Ce qui l'est, c'est un petit nombre d'exemples traités en profondeur, avec leurs deux faces. Reboiser : bénéfices immédiats pour le carbone, la biodiversité et les sols, mais un stockage RÉVERSIBLE qu'un incendie ou une coupe annulent, une saturation à maturité, une concurrence avec les terres agricoles. Stocker le CO₂ dans un réservoir géologique profond : capacité et durée potentiellement grandes, mais un coût énergétique élevé, un risque de fuite à surveiller longtemps, et celui de servir d'argument pour continuer à émettre. Aucun puits ne dispense de réduire les émissions — et c'est cette discussion, non une liste, que l'on attend. En France, le Plan national d'adaptation au changement climatique identifie les vulnérabilités secteur par secteur et y répond par des mesures évaluables.

Vocabulaire

→ Cartes
  • scénario SSPTrajectoire socio-économique et d'émissions servant d'hypothèse d'entrée aux modèles ; le nombre qui suit le tiret désigne le forçage radiatif visé en fin de siècle, non une température.
  • budget carbone restantQuantité cumulée de dioxyde de carbone qu'il reste possible d'émettre, à partir d'une année donnée, pour conserver une probabilité fixée de ne pas dépasser un niveau de réchauffement.
  • sensibilité climatiqueRéchauffement auquel le système finit par se stabiliser pour un doublement de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone ; sa valeur mal contrainte est une source majeure d'incertitude.
  • atténuationEnsemble des actions qui s'attaquent à la cause du réchauffement, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ou en renforçant les puits.
  • adaptationEnsemble des actions qui limitent les dommages d'un réchauffement déjà engagé, sans réduire les émissions : gestion du littoral, de l'eau, des cultures, de la santé et des villes.
  • consensus scientifiqueAccord établi par une procédure de publication, de relecture par les pairs puis de synthèse systématique de la littérature, et non par un vote ni par une opinion majoritaire.

Réchauffement projeté par rapport à 1850-1900 (GIEC, AR6)

ΔT2081–2100≈1,8 ∘C (SSP1-2.6)  ;  2,7 ∘C (SSP2-4.5)  ;  4,4 ∘C (SSP5-8.5)\Delta T_{2081\text{–}2100} \approx 1{,}8\ ^\circ\mathrm{C}\ (\text{SSP1-2.6}) \;;\; 2{,}7\ ^\circ\mathrm{C}\ (\text{SSP2-4.5}) \;;\; 4{,}4\ ^\circ\mathrm{C}\ (\text{SSP5-8.5})ΔT2081–2100​≈1,8 ∘C (SSP1-2.6);2,7 ∘C (SSP2-4.5);4,4 ∘C (SSP5-8.5)

Ces valeurs sont les meilleures estimations du GIEC pour la moyenne de la période 2081-2100 par rapport à 1850-1900, et non la température d'une année 2100 isolée ; chacune est assortie d'une fourchette (3,3 à 5,7 °C pour SSP5-8.5). Le nombre qui suit le tiret dans le nom du scénario désigne le forçage radiatif visé en fin de siècle, exprimé en watts par mètre carré.

Proportionnalité entre réchauffement et émissions cumulées

ΔT≈0,45 ∘C par 1000 GtCO2 cumuleˊes\Delta T \approx 0{,}45\ ^\circ\mathrm{C}\ \text{par}\ 1000\ \mathrm{GtCO_2}\ \text{cumulées}ΔT≈0,45 ∘C par 1000 GtCO2​ cumuleˊes

Le GIEC retient une hausse d'environ 0,45 °C par millier de milliards de tonnes de dioxyde de carbone émises, dans une fourchette probable de 0,27 à 0,63 °C. C'est cette proportionnalité qui permet de convertir un objectif de température en budget carbone restant : 500 milliards de tonnes à partir du début de 2020 pour une chance sur deux de rester sous 1,5 °C, 1 150 milliards pour deux chances sur trois de rester sous 2 °C.

Réchauffement projeté en 2100 selon le scénario (GIEC AR6)

Réchauffement projeté en 2100 selon le scénario (GIEC AR6)Diagramme en colonnes: réchauffement en 2100 (°C) selon scénario d'émissions, Données: °C (vs 1850–1900) · SSP1-2.6: 1.8; °C (vs 1850–1900) · SSP2-4.5: 2.7; °C (vs 1850–1900) · SSP5-8.5: 4.401234SSP1-2.6SSP2-4.5SSP5-8.51.82.74.4réchauffement en 2100 (°C)scénario d'émissions
Fig. 6Meilleures estimations du GIEC (AR6, 2021) pour le réchauffement moyen de la période 2081-2100 par rapport à 1850-1900 : SSP1-2.6 environ 1,8 °C, SSP2-4.5 environ 2,7 °C, SSP5-8.5 environ 4,4 °C. Chaque valeur est assortie d'une fourchette, par exemple 3,3 à 5,7 °C pour SSP5-8.5.
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Exemple corrigé

Lire un faisceau de scénarios et classer des actions

Un graphique du GIEC montre la température globale projetée jusqu'en 2100 pour trois trajectoires d'émissions (sobre, intermédiaire, fortement émettrice), chacune entourée d'une fourchette. Décrire ce que montre ce faisceau, expliquer les deux origines de l'incertitude, puis classer en atténuation ou adaptation : (1) développer l'éolien et le solaire ; (2) surélever des digues côtières ; (3) reboiser ; (4) instaurer des plans canicule ; (5) réduire la consommation de viande.

  1. 01Décrire le faisceau de scénarios

    Les trajectoires divergent au fil du siècle : le scénario sobre stabilise le réchauffement autour de +1,5 à +2 °C, l'intermédiaire vers +3 °C, le fortement émetteur au-delà de +4 °C. L'écart entre scénarios montre que l'avenir climatique dépend d'abord des émissions humaines à venir, c'est-à-dire de choix de société.

  2. 02Distinguer les deux incertitudes

    L'incertitude vient (1) du scénario d'émissions — non réductible par la science, elle dépend des décisions futures (énergie, politiques) — et (2) de la réponse du système climatique — sensibilité climatique et rétroactions (nuages, pergélisol, albédo), qui élargissent la fourchette autour de chaque trajectoire. L'incertitude porte sur l'AMPLEUR, pas sur l'existence du réchauffement.

    incertitude=sceˊnario d’eˊmissions⏟choix humains  +  reˊponse du climat⏟sensibiliteˊ, reˊtroactions\text{incertitude} = \underbrace{\text{scénario d'émissions}}_{\text{choix humains}} \;+\; \underbrace{\text{réponse du climat}}_{\text{sensibilité, rétroactions}}incertitude=choix humainssceˊnario d’eˊmissions​​+sensibiliteˊ, reˊtroactionsreˊponse du climat​​
  3. 03Classer les actions

    Atténuation (réduire les causes/émissions ou renforcer les puits) : (1) éolien et solaire — énergies décarbonées ; (3) reboiser — puits de carbone ; (5) réduire la viande — moins d'émissions (CH₄ de l'élevage, déforestation). Adaptation (limiter les conséquences) : (2) surélever les digues — face à la montée des eaux ; (4) plans canicule — face aux extrêmes thermiques.

Résultat : Le faisceau encadre un éventail de futurs (de ≈ +1,5–2 °C à > +4 °C) dont l'amplitude dépend surtout des émissions ; l'incertitude combine scénario d'émissions et réponse du climat. Atténuation : (1), (3), (5). Adaptation : (2), (4). Les deux leviers sont complémentaires, aux échelles individuelle et collective.

Objectif Bac

  • Exercice 2 — exploiter un faisceau de scénarios du GIEC : comparer les trajectoires, lire les fourchettes, et discuter les DEUX sources d'incertitude, celle qui tient au scénario d'émissions (donc aux choix humains, non réductible par la science) et celle qui tient à la réponse du système climatique (sensibilité, rétroactions).
  • Mobiliser les modèles de cycle du carbone pour QUANTIFIER l'effort d'atténuation : savoir utiliser la proportionnalité entre réchauffement et cumul des émissions, et lire un budget carbone restant avec son année de départ et la probabilité qui lui est associée.
  • Comparer les bénéfices et les inconvénients de différentes stratégies de stockage du carbone — agriculture et sylviculture, stockage géologique. Le programme exclut la connaissance détaillée d'un catalogue de mesures : traitez peu d'exemples, mais des deux côtés de la balance.
  • Recenser, extraire et exploiter des informations sur les politiques d'adaptation, le Plan national d'adaptation au changement climatique servant d'exemple, et classer rigoureusement chaque mesure proposée en atténuation ou en adaptation, aux échelles individuelle et collective.
  • Montrer comment le travail des scientifiques permet de disposer de modèles et d'arguments qui peuvent orienter les décisions publiques : décrire la PROCÉDURE du consensus (publication, relecture par les pairs, revues systématiques et méta-analyses, adoption ligne à ligne des résumés) plutôt que d'invoquer l'autorité du GIEC.

Erreurs fréquentes

  • Confondre atténuation et adaptation. Forme correcte : surélever une digue ou installer la climatisation, c'est S'ADAPTER, donc limiter les conséquences ; réduire les émissions ou renforcer un puits de carbone, c'est ATTÉNUER, donc agir sur la cause. Le critère est de savoir si la mesure touche au forçage ou aux dommages.
  • Interpréter un faisceau de scénarios comme une prévision unique, ou comme un désaccord entre scientifiques. Forme correcte : chaque trajectoire est une HYPOTHÈSE d'émissions, et l'écart entre elles mesure d'abord le poids des choix humains à venir, non l'ignorance des chercheurs.
  • Comprendre « incertitude » comme « doute sur la réalité du réchauffement ». Forme correcte : l'incertitude porte sur l'AMPLEUR future, selon le scénario suivi et la sensibilité du climat ; l'existence du réchauffement et son origine anthropique, elles, sont établies.
  • Citer un budget carbone ou une projection sans les conditions qui les définissent. Forme correcte : « 500 milliards de tonnes de CO₂ à partir du début de 2020 pour une chance sur deux de rester sous 1,5 °C (GIEC, AR6) ». Sans l'année de départ ni la probabilité, le nombre ne signifie rien.
  • Traiter les puits de carbone comme un substitut à la réduction des émissions. Forme correcte : le stockage biologique est réversible et saturable, le stockage géologique est coûteux en énergie et demande une surveillance longue ; les deux complètent la baisse des émissions, ils ne la remplacent pas.

§ 05

Révision active

Pour éprouver un modèle climatique, on lui fait « rejouer » le XXᵉ siècle deux fois : une première simulation ne retient que les forçages naturels (variations solaires, éruptions volcaniques), une seconde y ajoute les forçages liés aux activités humaines. Seule la seconde reproduit le réchauffement effectivement observé. 1) Expliquer ce que cette double simulation permet d'établir, et pourquoi elle constitue un test de VALIDATION du modèle et non une projection. 2) Expliquer pourquoi un modèle validé sur le passé ne devient pas pour autant exact sur l'avenir, en distinguant l'incertitude qui vient des modèles eux-mêmes de celle qui vient des choix humains à venir. 3) En déduire ce que l'on peut légitimement affirmer, et ce que l'on ne peut pas affirmer, à partir d'un faisceau de trajectoires publié pour 2100.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · AR6 Synthesis Report: Climate Change 2023 — Summary for Policymakers (projections par scénario, budgets carbone, niveau marin) (GIEC / IPCC)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Reconstituer les climats passés : archives et indicateurs (proxies)○
    • 02Les cycles climatiques du Quaternaire et les paramètres orbitaux de Milankovitch◐
    • 03Les variations climatiques des temps géologiques : Paléozoïque, Crétacé, Cénozoïque●
    • 04Effet de serre, bilan radiatif et forçage anthropique actuel◐
    • 05Modéliser le climat futur : scénarios du GIEC, conséquences, atténuation et adaptation●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~52
min
4
Compétences
50
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe

NOAA Global Monitoring Laboratory

  • Trends in Atmospheric Carbon Dioxide — moyennes annuelles globales et de Mauna Loa (mise à jour annuelle)

GIEC / IPCC

  • AR6 Synthesis Report: Climate Change 2023 — Summary for Policymakers (teneurs en gaz à effet de serre, réchauffement observé)

Voir aussi

  • À la recherche du passé géologique de notre planèteLes méthodes de datation et le raisonnement chronologique employés ici y sont établis pas à pas.
  • De la plante sauvage à la plante domestiquéeL'agriculture est à la fois source d'émissions et premier secteur exposé : la sélection variétale est un levier d'adaptation.

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À la recherche du passé géologique de notre planète

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De la plante sauvage à la plante domestiquée

EuraStudy·Fiches T·04·MMXXVI

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