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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/À la recherche du passé géologique de notre planète
FR · Bac

À la recherche du passé géologique de notre planète

Reconstituer l'histoire de la Terre repose sur deux chronologies complémentaires : la chronologie relative, qui ordonne les événements grâce à des principes géométriques et paléontologiques, et la chronologie absolue (radiochronologie), qui leur attribue un âge en années à partir de la décroissance radioactive et de la droite isochrone. Appliquées au terrain, ces méthodes permettent de lire les traces des domaines océaniques disparus — ophiolites, marges passives — et de reconstituer la formation d'une chaîne de montagnes dans le cadre intégrateur du cycle de Wilson.

4 sections·~39 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0333 / 9
Profil d’examen
TS-GEO-1 · Recenser et appliquer les principes de la chronologie relative (superposition, recoupement, inclusion, continuité, identité paléontologique) pour ordonner des événements sur une coupe ou une carte géologiqueTS-GEO-2 · Mettre en œuvre une datation absolue à partir de la loi de décroissance radioactive ou d'une droite isochrone, et choisir un chronomètre (couple radioactif) adapté à l'âge à estimer en discutant les conditions de validité (système clos)TS-GEO-3 · Identifier, à partir d'observations de terrain et de données, des ophiolites, des marqueurs d'une ancienne marge passive et des indices de collision continentale, et les relier à un ancien domaine océaniqueTS-GEO-4 · Reconstituer la succession des événements ayant conduit à la formation d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson : ouverture, subduction, collision, épaississement, érosion)
Opérateurs :ordonnerappliquerdatercalculerjustifieridentifierreconstituerinterpréterexploiter

niveau de base

Apprends d'abord à appliquer mécaniquement les cinq principes de chronologie relative sur une coupe (superposition, recoupement, inclusion, continuité, identité paléontologique) et à lire une demi-vie sur une courbe de décroissance ; sache reconnaître une ophiolite (péridotite + gabbro + basalte) comme témoin d'un océan disparu.

niveau approfondi

Sache exploiter quantitativement une droite isochrone Rb-Sr (âge à partir de la pente), justifier le choix d'un chronomètre selon l'ordre de grandeur de l'âge et la condition de système clos, et reconstituer dans l'ordre l'histoire complète d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson) en reliant chaque indice de terrain à un stade — ouverture, subduction, collision, épaississement, érosion.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 4 sections▾
  1. À la recherche du passé géologique de notre planète
    • 01Le temps et les roches : les principes de la chronologie relative○
    • 02La datation absolue : radiochronologie et droite isochrone●
    • 03Les ophiolites, témoins d'une lithosphère océanique disparue◐
    • 04Marges passives, collision et reconstitution d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson)●

4 sections · 20 points clés · 3 formules · 20 pièges signalés

§ 01
§ 01

Le temps et les roches : les principes de la chronologie relative#

~8 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-svt-terminale-§À-la-recherche-du-passé-géologique-de-notre-planèteBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Coupe géologique : superposition et recoupement

Coupe géologique : superposition et recoupementSchéma avec 7 éléments, C4 (plus récent), C3, C2, C1 (plus ancien), faille F, temps, F recoupe C1–C4 → postérieureC4 (plus récent)C3C2C1 (plus ancien)faille FtempsF recoupe C1–C4→ postérieure
Fig. 1Principe de superposition : la couche la plus basse (C1) est la plus ancienne. Principe de recoupement : la faille F, qui recoupe C1 à C4, leur est postérieure.

Points clés

La chronologie RELATIVE ne donne pas d'âge en années : elle ORDONNE les événements géologiques (dépôts, plissements, intrusions, failles, érosions) les uns par rapport aux autres (antérieur / postérieur / contemporain). Elle s'appuie sur des principes géométriques observables sur une coupe ou une carte.
Principe de SUPERPOSITION : dans une série sédimentaire non déformée, une couche (strate) est plus récente que celle qu'elle recouvre et plus ancienne que celle qui la recouvre. Les couches les plus basses sont donc les plus anciennes (la série se lit du bas vers le haut dans l'ordre de dépôt).
Principe de RECOUPEMENT : toute structure (faille, filon, intrusion magmatique) qui en recoupe une autre lui est POSTÉRIEURE. Une faille qui décale des strates s'est formée après le dépôt de ces strates.
Principe d'INCLUSION : un élément (galet, enclave, fragment) inclus dans une roche est ANTÉRIEUR à la roche qui le contient. Les xénolites d'un granite sont plus vieux que le granite ; les galets d'un conglomérat sont plus vieux que le conglomérat.
Principe de CONTINUITÉ : une même strate, identifiée par sa nature (faciès), a le même âge sur toute son étendue, même si elle est interrompue ou déformée par la suite. Il permet de corréler des couches d'un affleurement à un autre.
Principe d'IDENTITÉ PALÉONTOLOGIQUE : deux strates contenant le même assemblage de fossiles STRATIGRAPHIQUES (fossiles « bons marqueurs » : large répartition géographique, courte durée d'existence, abondants et faciles à reconnaître, comme certains ammonites ou trilobites) ont le même âge. Ces fossiles définissent les limites des étages géologiques.
Une DISCORDANCE (couches inclinées surmontées de couches horizontales) ou une lacune enregistre une succession : dépôt → déformation/basculement → érosion → reprise de la sédimentation. La chronologie relative permet de décomposer cette histoire.
COMMENT L'ÉCHELLE STRATIGRAPHIQUE EST CONSTRUITE. Les coupures sont posées sur des critères PALÉONTOLOGIQUES — apparition ou disparition de groupes fossiles — et fixées dans une coupe de référence, le stratotype, à laquelle les autres régions se raccordent par corrélation. Mais une coupure ne vaut que ce que vaut son marqueur : une lignée à évolution rapide et vaste répartition découpe un intervalle fin, corrélable au loin ; un organisme endémique ne date qu'un bassin. Le programme précise que la connaissance de l'échelle stratigraphique internationale n'est PAS attendue : ce sont la méthode de construction et la discussion de la validité des coupures qui sont exigibles.
LE MÊME RAISONNEMENT JUSQU'À LA CARTE. En lame mince, un cristal englobé dans un autre lui est antérieur ; sur une carte, les principes se lisent dans la GÉOMÉTRIE DES CONTOURS — un granite dont le contour tranche ceux de l'encaissant lui est postérieur, une discordance apparaît comme un contact unique tronquant plusieurs formations d'un trait. La carte de France au 1/1 000 000 du BRGM, que le programme demande d'utiliser « articulée sur les données chronologiques », est légendée PAR ÂGE : dans le Bassin parisien les formations dessinent des bandes concentriques, les plus anciennes en périphérie, la structure en cuvette rendant la superposition lisible à plat.
CE QUE LA CHRONOLOGIE RELATIVE NE DIT PAS. Elle donne un ORDRE, jamais une durée : entre deux couches superposées ont pu s'écouler mille ans ou cent millions d'années. Les deux méthodes se complètent dans les deux sens — la relative encadre l'âge supposé et guide le choix du chronomètre radioactif, l'absolue vient ensuite chiffrer la succession établie.

Vocabulaire

→ Cartes
  • fossile stratigraphiqueFossile utilisable pour dater une couche : lignée à évolution rapide, vaste répartition géographique, abondante et facile à reconnaître.
  • fossile de facièsFossile qui renseigne sur le milieu de dépôt et non sur l'âge, parce que ses exigences écologiques sont étroites mais sa durée d'existence longue.
  • discordance angulaireContact où des couches inclinées et tronquées par l'érosion sont recouvertes par des couches d'inclinaison différente : elle enregistre dépôt, déformation, érosion, puis reprise de la sédimentation.
  • lacune stratigraphiqueIntervalle de temps qui n'a laissé aucun dépôt conservé, soit qu'il n'y ait pas eu sédimentation, soit que les couches aient été érodées.
  • stratotypeCoupe de référence choisie dans le monde pour définir une fois pour toutes une limite du temps géologique ; toutes les autres régions s'y raccordent par corrélation.
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Exemple corrigé

Reconstituer l'ordre des événements sur une coupe

Sur une coupe, on observe de bas en haut les couches sédimentaires horizontales A, B et C. Un filon de granite G traverse A, B et C. Une faille normale F décale à la fois A, B, C et le filon G. Enfin, une couche D repose horizontalement et scelle (recouvre sans être décalée) la faille F. Établir la chronologie des six événements (A, B, C, G, F, D) en justifiant par un principe à chaque étape.

  1. 1) Dépôts sédimentaires A, B, C

    Par le principe de SUPERPOSITION (série horizontale non déformée), les couches se sont déposées du bas vers le haut : A est la plus ancienne, puis B, puis C. Ordre : A < B < C.

  2. 2) Mise en place du filon G

    Le filon G RECOUPE A, B et C : par le principe de RECOUPEMENT, il leur est postérieur. Il s'est donc mis en place après le dépôt de C. Ordre : A < B < C < G.

  3. 3) Jeu de la faille F

    La faille F décale à la fois A, B, C ET le filon G : par RECOUPEMENT, F est postérieure à tout ce qu'elle décale, donc postérieure à G. Ordre : A < B < C < G < F.

  4. 4) Dépôt de la couche D

    La couche D recouvre la faille F sans être décalée : F s'arrête sous D. Par SUPERPOSITION et RECOUPEMENT (D scelle F), D est postérieure à F. Le dépôt de D suppose une érosion préalable de la surface (lacune / discordance).

Résultat : Chronologie complète : dépôt de A, puis B, puis C (superposition) → intrusion du filon G (recoupement) → jeu de la faille F (recoupement) → érosion → dépôt de la couche D qui scelle la faille (superposition). Ordre : A < B < C < G < F < D.

Objectif Bac

  • Exercice 2 — la tâche la plus fréquente sur ce chapitre : utiliser les relations géométriques pour établir une succession chronologique à partir d'une coupe, d'une carte ou d'une lame mince. Nommez le principe à CHAQUE étape : c'est le raisonnement qui est évalué, pas le classement final seul.
  • Observer une succession d'associations fossiles dans une formation et expliquer comment se construit une coupure stratigraphique. Sachez décrire ce qui fait un bon fossile stratigraphique (évolution rapide, vaste répartition, abondance, détermination facile) et l'illustrer par un exemple, ammonites ou trilobites ou foraminifères.
  • Discuter les fondements et la validité des différents niveaux de coupures : pourquoi une limite d'ère et une limite d'étage ne reposent pas sur les mêmes marqueurs. Le programme exclut en revanche d'avoir à connaître l'échelle stratigraphique internationale — n'apprenez pas la liste des étages, apprenez la méthode.
  • Extraire des informations d'une carte géologique, y compris la carte de France au 1/1 000 000 : reconnaître une structure en cuvette, un socle ancien, une discordance, et en tirer un ordre. Entraînez-vous à passer de la carte à la coupe, c'est le geste qui coûte le plus de points quand il n'a jamais été fait.
  • Exercice 1 — texte argumenté : la définition d'épreuve nomme explicitement les « schémas légendés » parmi les modes de communication attendus. Une coupe redessinée et légendée vaut mieux qu'un paragraphe de description, à condition qu'elle porte des légendes complètes et le sens du temps.

Erreurs fréquentes

  • Inverser le principe d'inclusion : ce qui est INCLUS (enclave, galet, xénolite) est plus ANCIEN que la roche qui le contient, jamais l'inverse. Forme correcte : « le galet est antérieur au conglomérat qui l'emballe ».
  • Appliquer la superposition à une série renversée sans le signaler : le principe suppose une série en position normale. Forme correcte : vérifier d'abord la polarité par des figures sédimentaires (granoclassement, rides, figures de charge) avant de conclure.
  • Oublier de dater l'érosion ou la discordance : une surface d'érosion est un ÉVÉNEMENT à part entière, postérieure aux couches qu'elle tronque et antérieure à celles qui la recouvrent. Elle doit apparaître dans la chronologie au même titre qu'un dépôt.
  • Donner l'ordre sans nommer le principe. Écrire « A puis B puis le filon » ne prouve rien. Forme correcte : « le filon recoupe A et B, donc il leur est postérieur (principe de recoupement) ».
  • Utiliser n'importe quel fossile comme fossile stratigraphique. Un fossile de FACIÈS renseigne sur le MILIEU de dépôt (un corail hermatypique indique une eau chaude, peu profonde et claire), pas sur l'âge. Forme correcte : réserver la corrélation temporelle aux fossiles stratigraphiques, et lire le milieu sur les fossiles de faciès.

§ 01

Révision active

Une coupe montre, de bas en haut, des couches sédimentaires A, B et C plissées, surmontées en discordance par des couches horizontales D puis E ; un filon de granite G recoupe A, B et C mais s'arrête sous la surface de discordance ; une faille F décale A, B, C, D et E. 1) Établir la chronologie complète des événements en NOMMANT le principe utilisé à chaque étape. 2) Justifier que la surface de discordance est elle-même un événement à dater, et le placer dans la succession. 3) Indiquer précisément ce que cette chronologie ne permet PAS d'affirmer, et quelle méthode il faudrait mobiliser pour l'obtenir.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La datation absolue : radiochronologie et droite isochrone#

~13 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§À-la-recherche-du-passé-géologique-de-notre-planèteBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Courbe de décroissance radioactive et lecture de la demi-vie

Décroissance radioactive : division par 2 à chaque demi-vieCourbe de N/N0 = (1/2)^n, ordonnée à l’origine y = 1, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 5123450.20.40.60.81N0/2N0/4N0/8N0/2N/N0 = (1/2)nN / N0demi-vies écoulées n

Points clés

La chronologie ABSOLUE attribue un âge en années à un événement. Elle repose sur la radioactivité : un isotope radioactif PÈRE se désintègre spontanément en un isotope stable FILS, à une vitesse propre, indépendante des conditions extérieures (température, pression). C'est une « horloge » interne à la roche.
Loi de décroissance radioactive : le nombre de noyaux pères restant à la date t est N(t)=N0 e−λtN(t) = N_0\,e^{-\lambda t}N(t)=N0​e−λt, où N0N_0N0​ est le nombre initial de noyaux et λ\lambdaλ la constante radioactive (probabilité de désintégration par unité de temps). La décroissance est EXPONENTIELLE : le nombre de désintégrations par seconde est proportionnel au nombre de noyaux pères encore présents.
Demi-vie (période radioactive) t1/2t_{1/2}t1/2​ : durée au bout de laquelle la MOITIÉ des noyaux pères se sont désintégrés. Elle est reliée à λ\lambdaλ par t1/2=ln⁡2λt_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}t1/2​=λln2​. À chaque demi-vie écoulée, il reste la moitié des noyaux pères : après t1/2t_{1/2}t1/2​ il en reste N0/2N_0/2N0​/2, après 2 t1/22\,t_{1/2}2t1/2​ il en reste N0/4N_0/4N0​/4, etc.
LES TROIS CHRONOMÈTRES QUE LE PROGRAMME NOMME — DEMI-VIE ET DISTRIBUTION. On choisit un couple père-fils dont la demi-vie est du même ordre de grandeur que l'âge recherché : un chronomètre trop rapide serait épuisé, un chronomètre trop lent n'aurait pas évolué. Rubidium-strontium : ⁸⁷Rb donne ⁸⁷Sr, demi-vie d'environ 49 milliards d'années (constante radioactive 1,42 × 10⁻¹¹ an⁻¹, convention de Steiger et Jäger, 1977). Potassium-argon : ⁴⁰K a une demi-vie d'environ 1,25 milliard d'années, mais seul un dixième environ de ses désintégrations donne ⁴⁰Ar, le reste donnant ⁴⁰Ca. Uranium-plomb : ²³⁸U donne ²⁰⁶Pb en 4,47 milliards d'années et ²³⁵U donne ²⁰⁷Pb en 704 millions d'années (Jaffey et coll., 1971) — deux horloges dans le même minéral, qui se contrôlent mutuellement. La DISTRIBUTION décide ensuite de l'emploi, car un chronomètre n'est utilisable que si l'élément père se loge dans un minéral de la roche : le rubidium suit le potassium et se concentre dans les micas et les feldspaths potassiques, ce qui convient aux granites et aux gneiss mais non à un basalte, tandis que l'uranium se concentre dans le ZIRCON (ZrSiO₄), qui l'accepte mais rejette le plomb en cristallisant et résiste à l'altération — d'où U/Pb sur zircon comme chronomètre des roches les plus anciennes. Le carbone 14, avec ses quelque 5 700 ans, ne date que des objets récents et de la matière organique.
Condition de validité essentielle : le SYSTÈME doit être CLOS depuis l'événement daté — aucun gain ni perte de père ou de fils par échange avec l'extérieur (altération, métamorphisme, circulation de fluides remettent l'horloge à zéro ou la faussent). La date obtenue est celle de la fermeture du système, souvent la cristallisation de la roche.
Méthode de la DROITE ISOCHRONE (Rb-Sr) : on mesure dans plusieurs minéraux d'une même roche les rapports isotopiques rapportés à un isotope stable de référence (86^{86}86Sr). Les points (87 ⁣Rb86Sr ; 87 ⁣Sr86Sr)\left(\dfrac{^{87}\!Rb}{^{86}Sr}\,;\,\dfrac{^{87}\!Sr}{^{86}Sr}\right)(86Sr87Rb​;86Sr87Sr​) s'alignent sur une droite dont la PENTE vaut eλt−1e^{\lambda t}-1eλt−1 : on en déduit l'âge ttt. Plus la roche est ancienne, plus la pente est forte.
L'âge se déduit de la pente ppp de l'isochrone par t=1λln⁡(1+p)t = \dfrac{1}{\lambda}\ln(1+p)t=λ1​ln(1+p). L'ordonnée à l'origine donne le rapport initial (87 ⁣Sr86Sr)0\left(\dfrac{^{87}\!Sr}{^{86}Sr}\right)_0(86Sr87Sr​)0​ commun à tous les minéraux au moment de la fermeture.
LA TEMPÉRATURE DE FERMETURE, ET POURQUOI DEUX CHRONOMÈTRES DONNENT DEUX ÂGES. Tant qu'un minéral est chaud, l'élément fils diffuse et s'échappe. Au-dessous d'un seuil propre à chaque couple minéral-chronomètre, la diffusion devient négligeable et le fils s'accumule : c'est la fermeture du système, et c'est elle que la date mesure. Or ces seuils diffèrent beaucoup (Dodson, 1973) — très élevé pour le zircon en U/Pb, de l'ordre de 500 °C pour une amphibole, 350 °C pour une muscovite, 300 °C pour une biotite. Dater le même granite au zircon puis à la biotite donne donc légitimement deux âges, et l'écart n'est pas une erreur : c'est une MESURE de l'histoire thermique.
LES AURÉOLES DE DÉSINTÉGRATION, ET LES TROIS EXCLUSIONS. Le programme demande d'observer les auréoles liées à la désintégration de l'uranium dans les zircons au sein des biotites : les particules alpha émises par le zircon inclus endommagent le réseau du mica sur une distance égale à leur portée, quelques dizaines de micromètres, d'où une auréole sombre concentrique visible en lame mince. Trois Précisions bornent en revanche le travail : la chronologie absolue est limitée aux ROCHES MAGMATIQUES, les principes physiques de la désintégration ne sont pas exigibles, les développements mathématiques permettant de déterminer un âge non plus. On attend que vous sachiez LIRE et appliquer la loi de décroissance et l'isochrone, pas les redémontrer.

Vocabulaire

→ Cartes
  • demi-vie (période radioactive)Durée au bout de laquelle la moitié des noyaux pères d'un isotope se sont désintégrés ; elle est propre à l'isotope et indépendante de la pression et de la température.
  • température de fermetureSeuil thermique au-dessous duquel un minéral cesse d'échanger l'élément fils avec son environnement ; c'est le moment où son horloge démarre réellement.
  • système closÉtat d'un minéral ou d'une roche qui n'a plus gagné ni perdu de père ni de fils depuis l'événement daté ; sans lui la date obtenue n'a pas de sens.
  • droite isochroneAlignement obtenu en portant, pour plusieurs minéraux d'une même roche, les rapports isotopiques rapportés à un isotope stable de référence ; sa pente donne l'âge.
  • chronomètreCouple formé d'un isotope père radioactif et de son isotope fils, choisi selon sa demi-vie et selon les minéraux où l'élément père se concentre.
  • auréole de désintégrationAnneau sombre visible en lame mince autour d'une inclusion riche en uranium, produit par les dégâts que les particules alpha infligent au réseau du minéral hôte.

Loi de décroissance radioactive et demi-vie

N(t)=N0 e−λtt1/2=ln⁡2λN(t) = N_0\,e^{-\lambda t} \qquad t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}N(t)=N0​e−λtt1/2​=λln2​

N(t)N(t)N(t) est le nombre de noyaux pères restants, N0N_0N0​ le nombre initial, λ\lambdaλ la constante radioactive. La demi-vie t1/2t_{1/2}t1/2​ est la durée pour que la moitié des noyaux pères se désintègrent ; elle est caractéristique du couple radioactif et indépendante des conditions physico-chimiques.

Équation de la droite isochrone Rb-Sr

87 ⁣Sr86Sr=(87 ⁣Sr86Sr)0+(eλt−1)87 ⁣Rb86Sr\dfrac{{}^{87}\!Sr}{{}^{86}Sr} = \left(\dfrac{{}^{87}\!Sr}{{}^{86}Sr}\right)_0 + \left(e^{\lambda t}-1\right)\dfrac{{}^{87}\!Rb}{{}^{86}Sr}86Sr87Sr​=(86Sr87Sr​)0​+(eλt−1)86Sr87Rb​

C'est l'équation d'une droite y=b+p xy = b + p\,xy=b+px avec x=87Rb86Srx=\frac{^{87}Rb}{^{86}Sr}x=86Sr87Rb​ et y=87Sr86Sry=\frac{^{87}Sr}{^{86}Sr}y=86Sr87Sr​. La PENTE vaut p=eλt−1p = e^{\lambda t}-1p=eλt−1 et l'ordonnée à l'origine est le rapport initial commun à tous les minéraux.

Âge déduit de la pente de l'isochrone

t=1λ ln⁡ ⁣(1+p)t = \dfrac{1}{\lambda}\,\ln\!\left(1 + p\right)t=λ1​ln(1+p)

On isole ttt dans p=eλt−1p = e^{\lambda t}-1p=eλt−1. La pente ppp se lit sur le diagramme isochrone ; λ\lambdaλ est la constante radioactive du couple utilisé.

Droite isochrone Rb-Sr et lecture de la pente

Plus la pente est forte, plus la roche est ancienneCourbe de isochrone, ordonnée à l’origine y = 0.705, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 30.511.522.530.70.720.740.760.780.80.820.840.86rapport initialminéral 1minéral 2isochroneSr87 / Sr86Rb87 / Sr86
Fig. 3La pente de l'isochrone vaut p = e^(λt) − 1 (d'où l'âge t) ; l'ordonnée à l'origine donne le rapport initial (⁸⁷Sr/⁸⁶Sr)₀ ≈ 0,705, commun à tous les minéraux.

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Exemple corrigé

Dater un granite par la droite isochrone Rb-Sr

On date la cristallisation d'un granite par la méthode rubidium-strontium. Les minéraux de la roche s'alignent sur une droite isochrone de pente p=0,047p = 0{,}047p=0,047. La constante radioactive du rubidium 87 vaut λ=1,42×10−11 an−1\lambda = 1{,}42\times10^{-11}\ \mathrm{an^{-1}}λ=1,42×10−11 an−1. 1) Rappeler la relation entre la pente et l'âge. 2) Calculer l'âge de cristallisation. 3) Préciser la condition pour que cet âge soit fiable et justifier le choix du couple Rb-Sr.

  1. 1) Relation pente / âge

    L'équation de l'isochrone est 87Sr86Sr=(87Sr86Sr)0+(eλt−1)87Rb86Sr\frac{^{87}Sr}{^{86}Sr} = \left(\frac{^{87}Sr}{^{86}Sr}\right)_0 + (e^{\lambda t}-1)\frac{^{87}Rb}{^{86}Sr}86Sr87Sr​=(86Sr87Sr​)0​+(eλt−1)86Sr87Rb​. La pente vaut donc p=eλt−1p = e^{\lambda t}-1p=eλt−1, d'où en isolant le temps : t=1λln⁡(1+p)t = \frac{1}{\lambda}\ln(1+p)t=λ1​ln(1+p).

  2. 2) Calcul de l'âge

    On remplace : ln⁡(1+0,047)=ln⁡(1,047)≈0,0459\ln(1+0{,}047) = \ln(1{,}047) \approx 0{,}0459ln(1+0,047)=ln(1,047)≈0,0459. Puis t=0,04591,42×10−11≈3,23×109 anst = \dfrac{0{,}0459}{1{,}42\times10^{-11}} \approx 3{,}23\times10^{9}\ \mathrm{ans}t=1,42×10−110,0459​≈3,23×109 ans, soit environ 3,2 milliards d'années.

  3. 3) Condition de validité et choix du chronomètre

    L'âge n'est celui de la cristallisation que si le système est resté CLOS depuis : aucun minéral n'a gagné ni perdu de 87Rb^{87}Rb87Rb ou de 87Sr^{87}Sr87Sr (pas d'altération, pas de métamorphisme ayant rouvert le système), ce que confirme le bon alignement des points. Le couple Rb-Sr (demi-vie ~49 milliards d'années) est adapté car son ordre de grandeur dépasse l'âge recherché (quelques milliards d'années) : une partie significative — mais pas la totalité — du 87Rb^{87}Rb87Rb s'est désintégrée, ce qui rend la mesure possible (le carbone 14 serait totalement épuisé).

Résultat : L'âge de cristallisation du granite est t≈3,2×109t \approx 3{,}2\times10^{9}t≈3,2×109 ans (≈ 3,2 milliards d'années), valeur fiable car le système est resté clos (alignement des minéraux) et le couple Rb-Sr, à très longue demi-vie, est adapté à un âge de l'ordre du milliard d'années.

Exemple corrigé

Deux chronomètres, deux âges : lire une histoire de refroidissement

Un granite est daté par deux méthodes indépendantes. La datation U/Pb sur zircons donne 320 millions d'années ; la datation K/Ar sur biotites donne 295 millions d'années. On admet, pour ce type de roche, une température de fermeture de l'ordre de 900 °C pour le zircon en U/Pb et de l'ordre de 300 °C pour la biotite en K/Ar. 1) Expliquer pourquoi les deux âges diffèrent. 2) Dire ce que date chacune des deux mesures. 3) Estimer la vitesse moyenne de refroidissement du massif entre les deux fermetures.

  1. 01Écarter l'hypothèse de l'erreur de mesure

    Deux chronomètres ne mesurent pas le même instant. Chaque couple minéral-chronomètre a sa propre température de fermeture : au-dessus, l'élément fils diffuse et s'échappe ; au-dessous, il s'accumule. Le zircon ferme très haut (ici de l'ordre de 900 °C), la biotite beaucoup plus bas (de l'ordre de 300 °C). Un massif qui refroidit franchit donc les deux seuils à deux moments distincts, et un écart d'âges est le comportement ATTENDU, pas une anomalie.

  2. 02Attribuer chaque date à un événement

    Le magma cristallise à haute température : les zircons se forment et ferment presque aussitôt. Les 320 millions d'années datent donc la CRISTALLISATION du granite. La biotite, elle, ne retient son argon qu'une fois la roche descendue sous 300 °C environ, ce qui arrive bien plus tard, pendant que le massif se refroidit et est exhumé par l'érosion. Les 295 millions d'années datent ce PASSAGE SOUS 300 °C, pas la mise en place.

  3. 03Chiffrer la vitesse de refroidissement

    On dispose de deux points du refroidissement : la roche était à la température de fermeture du zircon lors de la première date, à celle de la biotite lors de la seconde. La vitesse moyenne cherchée est donc le rapport de l'écart de température à la durée écoulée entre les deux fermetures. Le résultat s'exprime commodément en degrés par million d'années, l'unité de temps du géologue.

    v=ΔTΔt=900−300320−295=60025=24 ∘C Ma−1v = \dfrac{\Delta T}{\Delta t} = \dfrac{900 - 300}{320 - 295} = \dfrac{600}{25} = 24\ ^\circ\mathrm{C}\ \mathrm{Ma^{-1}}v=ΔtΔT​=320−295900−300​=25600​=24 ∘C Ma−1

Résultat : Le granite a cristallisé il y a 320 millions d'années (U/Pb sur zircon, fermeture haute) et est passé sous 300 °C il y a 295 millions d'années (K/Ar sur biotite, fermeture basse) : le massif a refroidi d'environ 24 °C par million d'années. L'écart entre les deux dates n'invalide aucune des deux — il mesure l'histoire thermique de la roche entre sa mise en place et son exhumation.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Une roche contient des isotopes radioactifs pères qui se désintègrent en isotopes fils. Le nombre de pères restants décroît exponentiellement au cours du temps.

  2. 2

    À chaque demi-vie écoulée, il reste la moitié des noyaux pères : un demi, puis un quart, puis un huitième. La demi-vie est reliée à la constante radioactive.

  3. 3

    Dans une roche, on mesure les rapports isotopiques de plusieurs minéraux. Ils s'alignent sur une droite isochrone dont la pente dépend de l'âge.

    Droite isochrone Rb-Sr

  4. 4

    La pente de l'isochrone vaut e puissance lambda t moins un. En isolant le temps, on obtient l'âge de fermeture du système, c'est-à-dire la cristallisation de la roche.

Objectif Bac

  • Identifier les caractéristiques — demi-vie ET distribution — des trois chronomètres nommés par le programme : Rb/Sr, K/Ar, U/Pb. Sachez, sans document, associer chacun à son ordre de grandeur de demi-vie et aux minéraux dans lesquels son élément père se loge réellement.
  • Exercice 2 — déterminer un âge : soit à partir de la pente d'une droite isochrone Rb-Sr, soit par lecture d'une demi-vie ou d'un rapport pères restants sur nombre initial sur une courbe de décroissance. Posez la relation, remplacez, et donnez le résultat avec son unité et son sens.
  • Comprendre le lien entre les conditions de fermeture du système et l'utilisation de chronomètres différents : c'est la question qui distingue une copie qui a compris d'une copie qui récite. Un même échantillon daté par deux méthodes rend deux âges, et il faut savoir dire lequel date quoi.
  • Justifier un choix de chronomètre à partir de l'âge supposé, lui-même obtenu par chronologie relative, puis discuter la condition de système clos : quelle observation (alignement des points sur l'isochrone, absence d'altération, absence de métamorphisme superposé) autorise à valider la date.
  • Périmètre ECE et oral de contrôle : l'observation d'auréoles de désintégration en lame mince et l'exploitation d'un jeu de mesures isotopiques sont des supports typiques de sciences de la Terre. La salle d'oral de contrôle comporte du matériel de SVT et un geste manipulatoire simple peut être demandé : savoir régler et utiliser un microscope polarisant fait partie de la préparation.

Erreurs fréquentes

  • Confondre constante radioactive et demi-vie : elles sont inversement reliées (la demi-vie vaut le logarithme népérien de 2 divisé par la constante). Forme correcte : une GRANDE demi-vie correspond à une PETITE constante, donc à une désintégration lente.
  • Dater avec un chronomètre inadapté : le carbone 14 (demi-vie d'environ 5 700 ans) n'a plus rien à mesurer au bout de quelques dizaines de milliers d'années, et le Rb/Sr n'a quasiment pas évolué sur quelques milliers d'années. Forme correcte : choisir une demi-vie du même ordre de grandeur que l'âge recherché.
  • Oublier la condition de système clos : une altération, une circulation de fluides ou un métamorphisme qui a fait migrer le père ou le fils fausse la date. Forme correcte : dire que l'âge obtenu est celui de la FERMETURE du système, et citer l'indice qui montre que le système est resté clos.
  • Traiter deux âges différents obtenus sur le même échantillon comme une erreur de laboratoire. Forme correcte : les deux minéraux n'ont pas la même température de fermeture, donc l'âge le plus ancien date la cristallisation et le plus récent le refroidissement sous le seuil du second minéral ; l'écart mesure l'histoire thermique.
  • Lire l'âge sur l'ordonnée à l'origine de l'isochrone. Forme correcte : l'âge est dans la PENTE (qui vaut l'exponentielle de la constante par le temps, moins un) ; l'ordonnée à l'origine donne le rapport isotopique INITIAL, commun à tous les minéraux au moment de la fermeture. Et les points alignés sont des minéraux d'une MÊME roche, non des roches différentes.

§ 02

Révision active

Sur un diagramme isochrone Rb/Sr, les minéraux d'un granite altéré par des circulations hydrothermales ne s'alignent PAS : le nuage de points est dispersé. 1) Expliquer quelle hypothèse de la méthode n'est plus vérifiée dans ce cas, et pourquoi l'alignement des points en est précisément le test. 2) Dire si un âge peut malgré tout être avancé à partir de ce diagramme, et justifier. 3) On dispose par ailleurs de zircons intacts extraits du même granite. Expliquer pourquoi ce minéral est un bien meilleur candidat, en argumentant à la fois sur sa résistance à l'altération et sur sa température de fermeture, et dire quel événement l'âge obtenu datera alors.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Les ophiolites, témoins d'une lithosphère océanique disparue#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-svt-terminale-§À-la-recherche-du-passé-géologique-de-notre-planèteBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Coupe d'un complexe ophiolitique

Coupe d'un complexe ophiolitiquecolonne stratifiée, 5 couches, Données: Sédiments océaniques, Basaltes en coussins (pillow lavas), Complexe filonien (basaltes), Gabbros, Péridotites (manteau)de haut en basSédiments océaniquesBasaltes en coussins (pillow lavas)Complexe filonien (basaltes)GabbrosPéridotites (manteau)
Fig. 4De bas en haut : péridotites du manteau, gabbros, complexe filonien, basaltes en coussins, sédiments — la structure type d'une lithosphère océanique, ici charriée sur un continent.

Points clés

Une OPHIOLITE est un fragment de LITHOSPHÈRE OCÉANIQUE (croûte + manteau supérieur) qui, au lieu de disparaître par subduction, a été charrié (obducté) et conservé sur un continent. C'est un témoin direct d'un domaine océanique aujourd'hui disparu.
Une ophiolite complète présente, de bas en haut, une SUCCESSION caractéristique qui reproduit la structure de la lithosphère océanique : péridotite (manteau) → gabbros (croûte inférieure, magma cristallisé lentement en profondeur) → complexe filonien de basalte → basaltes en coussins (« pillow-lavas », laves refroidies brutalement au contact de l'eau) ± sédiments océaniques (radiolarites) au sommet.
Cette succession est l'argument central : on retrouve dans l'ophiolite les MÊMES roches, dans le même ordre, que celles qui constituent un plancher océanique actuel formé à une dorsale. Gabbros et basaltes ont la même composition chimique (magma basaltique) mais des textures différentes (grenue pour le gabbro refroidi lentement, microlitique pour le basalte refroidi vite).
La présence de pillow-lavas (basaltes en coussins) signe un épanchement de lave sous l'eau : c'est un indice paléogéographique d'un ancien plancher océanique.
Le métamorphisme HYDROTHERMAL de ces roches (faciès schistes verts, minéraux hydratés comme l'actinote, la chlorite, le glaucophane) témoigne de la circulation d'eau de mer dans la lithosphère océanique au niveau de la dorsale, puis des conditions subies lors de la fermeture de l'océan.
Sur une carte, l'alignement d'affleurements ophiolitiques matérialise une SUTURE : la cicatrice de la disparition d'un océan, là où deux blocs continentaux se sont rapprochés puis sont entrés en collision. Dater les ophiolites et leur métamorphisme contraint l'âge de l'océan disparu et de sa fermeture.
OBDUCTION OU SUBDUCTION : LES DEUX VOIES D'ÉMERGENCE. Le programme est explicite — « l'émergence d'ophiolites résulte de phénomènes d'obduction ou de subduction, suivis d'une exhumation ». Dans l'OBDUCTION, un panneau de lithosphère océanique, au lieu de plonger, est charrié PAR-DESSUS la marge continentale : n'ayant jamais été enfoui profondément, il garde une succession peu déformée et le seul métamorphisme hydrothermal de la dorsale. Dans l'autre voie, l'ophiolite a été entraînée dans la SUBDUCTION, y a subi de fortes pressions à basse température, puis est revenue en surface. Deux Précisions bornent le travail : l'exhumation des ophiolites subduites est mentionnée comme un FAIT et n'est pas expliquée, et l'étude de la diversité des ophiolites n'est pas au programme.
LE MÉTAMORPHISME ENREGISTRE LE TRAJET PRESSION-TEMPÉRATURE. La capacité attendue est d'établir des corrélations entre composition minéralogique et conditions de pression et de température des contextes de subduction : chaque assemblage est un point du trajet. À la dorsale, la circulation d'eau de mer hydrate les minéraux et donne le faciès des schistes verts, à actinote et chlorite. En subduction, la pression monte bien plus vite que la température et apparaît le GLAUCOPHANE, amphibole sodique bleue qui signe les schistes bleus ; plus profond se forment les ÉCLOGITES, à grenat et omphacite. Les Alpes offrent les deux termes : le Chenaillet expose une ophiolite restée au faciès des schistes verts, aux pillow-lavas lisibles, tandis que les métagabbros du Queyras et du mont Viso portent glaucophane, grenat et omphacite.
ARGUMENTER SUR DEUX REGISTRES, PUIS DATER L'OCÉAN DISPARU. Registre PÉTROGRAPHIQUE : la succession ordonnée péridotite, gabbro, complexe filonien, basalte en coussins et sédiments ; les textures opposées du gabbro grenu et du basalte microlitique pour une même chimie ; les radiolarites de haute mer. Registre CARTOGRAPHIQUE : c'est l'ALIGNEMENT des affleurements sur des centaines de kilomètres qui matérialise la suture — la suture de l'Indus-Yarlung dans l'Himalaya et la ceinture ophiolitique alpine sont les exemples que le programme suggère. Les deux chronologies se rejoignent enfin : les radiolarites datent relativement le plancher, la radiochronologie des gabbros date l'accrétion à la dorsale, celle du métamorphisme de haute pression date la fermeture.

Vocabulaire

→ Cartes
  • ophioliteFragment de lithosphère océanique conservé sur un continent, reconnaissable à la succession ordonnée péridotite, gabbro, complexe filonien, basalte, sédiments.
  • obductionCharriage d'un panneau de lithosphère océanique par-dessus une marge continentale, au lieu de sa disparition en profondeur.
  • sutureAlignement d'affleurements de lithosphère océanique au sein d'une chaîne de montagnes, qui marque la cicatrice d'un domaine océanique refermé.
  • basalte en coussins (pillow-lava)Lave épanchée sous l'eau et refroidie brutalement, qui se fige en boules empilées : indice direct d'un ancien plancher sous-marin.
  • glaucophaneAmphibole sodique bleue caractéristique des hautes pressions à basse température : sa présence démontre le passage de la roche dans une zone de subduction.
  • radiolariteRoche sédimentaire siliceuse formée de squelettes de microorganismes planctoniques, déposée par grande profondeur au sommet d'un plancher océanique.
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Exemple corrigé

Identifier et interpréter une ophiolite alpine

Dans les Alpes, on décrit une succession comprenant, de bas en haut : péridotites (souvent serpentinisées), gabbros, basaltes en coussins, puis radiolarites (sédiments siliceux d'origine océanique). 1) Nommer cette association. 2) Justifier roche par roche son origine océanique. 3) Que révèle sa présence actuelle sur le continent ?

  1. 1) Nature de l'objet

    Cette association ordonnée péridotite → gabbro → basalte (± pillow, ± sédiments) reproduit la structure verticale d'une lithosphère océanique : c'est une OPHIOLITE.

  2. 2) Justification roche par roche

    Les péridotites correspondent au MANTEAU supérieur ; les gabbros, grenus, sont du magma basaltique cristallisé LENTEMENT en profondeur (croûte inférieure) ; les basaltes en coussins (pillow-lavas) sont des laves épanchées SOUS L'EAU et refroidies brutalement (croûte supérieure) ; les radiolarites sont des sédiments siliceux déposés au fond d'un OCÉAN. Gabbros et basaltes ont la même chimie (basaltique) mais des textures différentes selon la vitesse de refroidissement.

  3. 3) Interprétation historique

    Cette lithosphère océanique n'a pas été subduite mais charriée (obductée) sur le continent : il a donc existé un OCÉAN (la Téthys alpine) qui s'est ensuite REFERMÉ. L'alignement de ces ophiolites matérialise la SUTURE entre les deux blocs continentaux entrés en collision pour former les Alpes.

Résultat : Il s'agit d'une ophiolite : la succession péridotite-gabbro-basalte (pillow) coiffée de sédiments océaniques prouve qu'il s'agit d'un fragment de lithosphère océanique. Sa présence sur le continent atteste l'existence puis la fermeture d'un océan (la Téthys), dont la suture marque la zone de collision alpine.

Objectif Bac

  • Recenser, extraire et organiser des données de terrain pour argumenter sur l'origine océanique d'un complexe ophiolitique. La réponse attendue est ROCHE PAR ROCHE : chaque terme de la succession doit être rattaché à un étage de la lithosphère océanique, et le raisonnement doit reposer sur la succession complète, non sur une roche isolée.
  • Argumenter sur l'idée de suture à partir de données cartographiques : montrer que l'alignement des affleurements ophiolitiques dessine la cicatrice d'un océan fermé entre deux blocs continentaux. Les Alpes et l'Himalaya sont les deux terrains que le programme cite.
  • Établir des corrélations entre composition minéralogique et conditions de pression et de température : savoir dire ce que prouve la présence de glaucophane, et ce que prouve son absence. C'est la question qui sépare les deux voies d'émergence, obduction et subduction.
  • Exercice 1 — texte argumenté sur « comment démontrer qu'un océan a disparu » : la copie forte s'appuie sur des observations nommées (succession, textures, pillow-lavas, radiolarites, minéraux du métamorphisme) et sur un schéma légendé de la succession ophiolitique, plutôt que sur une description générale.
  • Périmètre ECE : l'identification macroscopique et microscopique d'échantillons ophiolitiques (péridotite, gabbro, basalte, métagabbro à glaucophane) est un support classique du tiers « sciences de la Terre » de la banque nationale. Entraînez-vous à justifier une détermination par des critères observables, texture et minéraux, pas par la mémoire de l'échantillon.

Erreurs fréquentes

  • Confondre gabbro et basalte : ils ont la même composition chimique (magma basaltique) et se distinguent par la TEXTURE, grenue pour le gabbro refroidi lentement en profondeur, microlitique pour le basalte refroidi vite en surface. Forme correcte : justifier par la vitesse de refroidissement, jamais par la chimie.
  • Croire qu'une ophiolite est une roche. Forme correcte : c'est une ASSOCIATION ordonnée de roches, et c'est la succession complète qui prouve l'origine océanique ; un gabbro isolé ne prouve rien.
  • Employer « obduction » comme synonyme de « subduction ». Forme correcte : dans l'obduction la lithosphère océanique passe PAR-DESSUS la marge continentale ; dans la subduction elle plonge DESSOUS. Les deux mènent à des ophiolites visibles, mais avec des métamorphismes différents.
  • Prendre le glaucophane pour un minéral de dorsale. Forme correcte : le glaucophane marque la HAUTE PRESSION à basse température de la subduction ; l'hydrothermalisme de dorsale donne au contraire actinote, chlorite et épidote, le faciès des schistes verts.
  • Oublier que l'ophiolite témoigne d'un océan DISPARU. Forme correcte : sa présence à l'air libre sur un continent implique que ce fragment de lithosphère océanique n'a pas été détruit en subduction mais conservé, donc que le domaine océanique s'est refermé.

§ 03

Révision active

On compare deux affleurements ophiolitiques d'une même chaîne. Site 1 : péridotites serpentinisées, gabbros, basaltes en coussins bien conservés, radiolarites au sommet ; les minéraux secondaires sont l'actinote et la chlorite. Site 2 : mêmes roches de départ, mais les métagabbros contiennent du glaucophane, et localement du grenat et de l'omphacite. 1) Nommer l'objet géologique commun aux deux sites et justifier son origine océanique roche par roche. 2) Comparer les deux trajets subis depuis la dorsale, en s'appuyant sur les minéraux. 3) Expliquer ce que l'existence de ces deux sites dans une même chaîne apprend sur l'histoire du domaine océanique disparu.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Marges passives, collision et reconstitution d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson)#

~9 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-svt-terminale-§À-la-recherche-du-passé-géologique-de-notre-planèteBONdS-2020-032-consolidee-2024-§Thematique-de-sujet-programme-de-terminale

Le cycle de Wilson

Le cycle de WilsonGraphe, Rift continental → Expansion océanique (marge passive), Expansion océanique (marge passive) → Subduction (fermeture), Subduction (fermeture) → Collision (chaîne de montagnes), Collision (chaîne de montagnes) → Rift continentalRift continentalExpansionocéanique (margepassive)Subduction(fermeture)Collision(chaîne demontagnes)érosion,nouveau rift
Fig. 5Un domaine océanique naît d'un rift, s'élargit par expansion (marge passive), puis se referme par subduction et collision (chaîne de montagnes) ; l'érosion peut amorcer un nouveau rift.

Points clés

Une MARGE PASSIVE est la zone de transition entre croûte continentale et croûte océanique au sein d'une même plaque (pas de frontière de plaque active). Elle conserve la mémoire de l'OUVERTURE d'un océan : blocs basculés limités par des FAILLES NORMALES (jeu en distension lors du rifting), surmontés en discordance par des sédiments post-rift. Retrouver ces structures dans une chaîne de montagnes témoigne d'un ancien océan ouvert par extension.
La COLLISION CONTINENTALE survient quand, après fermeture de l'océan par subduction, deux blocs continentaux (peu denses, non subductibles) se rencontrent. Elle produit un ÉPAISSISSEMENT de la croûte continentale.
Marqueurs de la collision (tectoniques) : plis, FAILLES INVERSES et CHEVAUCHEMENTS, nappes de charriage (empilement d'unités déplacées sur de grandes distances) — tous traduisent un raccourcissement horizontal et un empaississement crustal.
MARQUEUR DE PROFONDEUR : LA RACINE CRUSTALE. Sous une chaîne de montagnes, les profils sismiques montrent que le Moho, limite entre croûte et manteau, s'enfonce nettement plus bas que sous une plaine : la croûte y est épaissie et la chaîne possède une « racine » qui plonge dans le manteau. C'est un marqueur d'épaississement, donc de raccourcissement, et il se LIT sur un document. Le programme précise en revanche qu'aucune notion relative à l'ISOSTASIE n'est exigée : n'apprenez pas l'équilibre des colonnes de densité, apprenez à repérer l'approfondissement du Moho et à le relier à la collision.
Marqueur métamorphique : la collision et la subduction continentale amènent certaines roches à grande profondeur (haute pression). On y trouve un MÉTAMORPHISME de HAUTE PRESSION : schistes bleus (à glaucophane, HP-BT, marqueurs de subduction) et éclogites (HP-HT, marqueurs d'enfouissement profond). Ces roches, ramenées en surface, renseignent sur le trajet pression-température subi.
Le CYCLE DE WILSON est le cadre intégrateur qui relie tous ces indices en une histoire : (1) RIFTING continental (failles normales, marge passive) → (2) OUVERTURE et EXPANSION océanique (dorsale, lithosphère océanique, ophiolites) → (3) SUBDUCTION (fermeture de l'océan, magmatisme, schistes bleus) → (4) COLLISION continentale (plis, chevauchements, épaississement, racine crustale, métamorphisme HP) → (5) ÉROSION qui démantèle la chaîne et exhume les roches profondes.
Reconstituer une chaîne de montagnes consiste à ORDONNER ces indices de terrain dans le temps (en s'appuyant sur la chronologie relative et la datation absolue) pour retrouver la succession ouverture → subduction → collision → érosion : chaque type de témoin (faille normale, ophiolite, schiste bleu, chevauchement) renvoie à un stade précis du cycle.
UN CONTINENT N'A PAS UN ÂGE, IL EN A PLUSIEURS. Les continents associent des domaines d'âges différents, soudés au fil de CYCLES OROGÉNIQUES successifs : vieux boucliers au cœur, ceintures orogéniques de plus en plus jeunes sur les marges. Sur la carte géologique mondiale, ces ceintures se repèrent comme de longues bandes de roches métamorphiques et de granites — calédonienne, hercynienne ou varisque, puis l'ensemble alpin-himalayen. La France porte à elle seule deux cycles : un socle hercynien mis en place il y a environ 400 à 300 millions d'années, réduit à des reliquats (Massif central, Massif armoricain, Vosges), et la chaîne alpine. C'est ce que le programme demande de recenser sur la carte de France au 1/1 000 000, où granites et roches métamorphiques ont leur propre légende, datée : une chaîne ancienne se reconnaît non à son relief, effacé par l'érosion, mais aux roches profondes que celle-ci a mises à nu.
LE RIFT CONTINENTAL, STADE ZÉRO DU CYCLE. Avant tout océan il y a une déchirure continentale : amincissement de la croûte, failles normales délimitant fossés d'effondrement et blocs basculés, volcanisme basaltique, sédimentation lacustre puis souvent évaporitique. Le RIFT DES AFARS, entre Éthiopie, Djibouti et Érythrée, montre ce stade en fonctionnement — un point triple où divergent trois branches, la mer Rouge, le golfe d'Aden et le rift est-africain. La croûte y est amincie et découpée de failles normales, le volcanisme basaltique actif, certaines dépressions descendues sous le niveau de la mer. On y observe en direct le passage du rifting continental à l'accrétion océanique.
LA PALÉOGÉOGRAPHIE, ET UNE PRÉCISION DE VOCABULAIRE. La dynamique de la lithosphère fait alterner deux régimes : des périodes de RÉUNION, où les collisions soudent les blocs — à la fin du Paléozoïque presque toutes les terres émergées se rassemblent en un supercontinent, la Pangée — et des périodes de FRAGMENTATION, où de nouveaux rifts la déchirent, la Pangée se disloquant à partir du Jurassique. Reconstituer une paléogéographie, c'est replacer les blocs à leur position d'alors, sans quoi beaucoup d'indices géologiques et paléoclimatiques restent illisibles. Un mot sur les noms enfin : le programme retient comme notion fondamentale le « cycle orogénique », dont « cycle de Wilson » est le nom d'usage.

Vocabulaire

→ Cartes
  • marge passiveTransition entre croûte continentale et croûte océanique à l'intérieur d'une même plaque, dépourvue de sismicité et de volcanisme, qui conserve les structures de l'ouverture.
  • bloc basculéPanneau de croûte incliné par le jeu d'une faille normale lors de l'étirement, surmonté de sédiments en éventail puis scellé par des dépôts postérieurs.
  • chevauchementGrande faille inverse à faible pendage qui empile une unité rocheuse sur une autre en régime de compression, marqueur du raccourcissement de la collision.
  • ceinture orogéniqueBande allongée de roches déformées, métamorphiques et granitiques, reliquat d'une ancienne chaîne de montagnes soudée à un continent lors d'un cycle antérieur.
  • rift continentalDéchirure d'un continent marquée par un amincissement de la croûte, des fossés bordés de failles normales et un volcanisme basaltique : le premier stade du cycle.
  • paléogéographieReconstitution de la position et de la forme des continents et des océans à une époque donnée, obtenue en remontant les mouvements des plaques.
Exemple corrigé

Reconstituer l'histoire d'une chaîne de montagnes

Dans une chaîne, on relève cinq indices : (A) blocs basculés à failles normales scellés par des sédiments ; (B) ophiolites alignées ; (C) schistes bleus à glaucophane ; (D) grands chevauchements et racine crustale (sismique) ; (E) surface d'érosion exhumant des roches métamorphiques profondes. 1) Associer chaque indice à un stade du cycle de Wilson. 2) Reconstituer la chronologie et la justifier.

  1. 1) Association indice → stade

    (A) failles normales et marge passive → stade d'OUVERTURE (rifting/extension). (B) ophiolites → existence d'un DOMAINE OCÉANIQUE (lithosphère océanique). (C) schistes bleus à glaucophane (HP-BT) → SUBDUCTION (enfouissement froid lors de la fermeture). (D) chevauchements + racine crustale → COLLISION (raccourcissement, épaississement, isostasie). (E) érosion → DÉMANTÈLEMENT final de la chaîne.

  2. 2) Ordre chronologique

    Le cycle impose : ouverture (A) → océan (B) → subduction/fermeture (C) → collision (D) → érosion (E). Les failles normales (extension) sont nécessairement antérieures aux chevauchements (compression) ; l'ophiolite (océan) précède la collision ; les schistes bleus (subduction) sont antérieurs à l'empilement des nappes de la collision. La chronologie relative (recoupement : les chevauchements recoupent les structures plus anciennes) et la datation absolue (âge des ophiolites, du métamorphisme HP, des intrusions) confirment cet ordre.

  3. 3) Synthèse (cycle de Wilson)

    On reconstitue ainsi l'histoire complète : rifting et formation d'une marge passive → ouverture d'un océan (dorsale, plancher océanique futur ophiolite) → subduction qui referme l'océan (métamorphisme HP, schistes bleus) → collision des deux continents (plis, chevauchements, épaississement, racine crustale) → érosion qui démantèle la chaîne et exhume les roches profondes.

Résultat : Chronologie : A (ouverture) → B (océan) → C (subduction) → D (collision) → E (érosion). Chaque indice de terrain renvoie à un stade du cycle de Wilson, et l'ordre — ouverture, subduction, collision, érosion — est imposé par l'opposition extension/compression et confirmé par la chronologie relative et la datation absolue.

Objectif Bac

  • Exercice 2 — la question type du chapitre : reconstituer dans l'ordre l'histoire d'une chaîne de montagnes en reliant chaque indice à son stade. Failles normales et blocs basculés pour l'ouverture, ophiolites pour le domaine océanique, métamorphisme de haute pression pour la subduction, chevauchements et approfondissement du Moho pour la collision, surface d'érosion pour le démantèlement.
  • Observer la carte géologique mondiale pour identifier quelques ceintures orogéniques, et recenser sur la carte de France au 1/1 000 000 les formations magmatiques et métamorphiques avec leurs âges. Le raisonnement attendu est qu'un continent additionne des cycles, et que la carte le montre.
  • Recenser, organiser et exploiter des données sismiques, tectoniques et sédimentaires relatives à une MARGE PASSIVE divergente : blocs basculés limités par des failles normales, sédiments syn-rift en éventail, sédiments post-rift scellant le tout en discordance. Savoir dire pourquoi ces structures se retrouvent aujourd'hui déformées à l'intérieur d'une chaîne.
  • Exploiter des données relatives à un RIFT CONTINENTAL, le rift des Afars étant l'exemple que le programme nomme : amincissement crustal, failles normales, volcanisme basaltique, point triple. C'est le stade actuel qui sert de modèle actualiste aux marges passives fossiles.
  • Attention au périmètre : aucune notion relative à l'isostasie n'est exigée. Une copie qui décrit l'approfondissement du Moho sur un profil sismique et le relie au raccourcissement répond pleinement ; une copie qui se lance dans l'équilibre des colonnes de densité dépense du temps pour rien.

Erreurs fréquentes

  • Confondre failles NORMALES (extension, ouverture océanique, marge passive) et failles INVERSES ou chevauchements (compression, collision). Forme correcte : identifier le sens du jeu sur le document, puis en déduire le régime tectonique et donc le stade du cycle.
  • Présenter le cycle dans le désordre. Forme correcte : l'ouverture précède nécessairement l'océan, l'océan précède la subduction, la subduction précède la collision. Les schistes bleus (subduction) sont donc antérieurs aux grands chevauchements (collision), et les failles normales antérieures à tout.
  • Traiter l'isostasie comme un attendu. Forme correcte : le programme précise qu'aucune notion d'isostasie n'est exigée. Ce qui est demandé est de LIRE l'épaississement crustal sur un profil sismique, le Moho s'enfonçant sous la chaîne, et de le relier au raccourcissement horizontal.
  • Confondre marge passive et marge active. Forme correcte : une marge passive n'est pas une frontière de plaque — croûte continentale et croûte océanique y appartiennent à la MÊME plaque, et elle n'est ni sismique ni volcanique ; c'est ce qui la distingue d'une marge active de subduction.
  • Donner un âge unique à un continent, ou déduire l'ancienneté d'une chaîne de son altitude. Forme correcte : un continent est une mosaïque de domaines d'âges variés soudés par des cycles successifs, et une chaîne ancienne se reconnaît à ses roches profondes exhumées, non à son relief, que l'érosion a effacé.

§ 04

Révision active

On considère deux domaines ACTUELS : la mer Rouge, étroite et bordée de marges à blocs basculés, et la Méditerranée orientale, où le plancher océanique s'enfonce sous une marge active. 1) Situer chacun de ces deux domaines à un stade du cycle de Wilson, en justifiant par les indices observables aujourd'hui. 2) Décrire, pour chacun, les indices qu'un géologue s'attendrait à relever dans cent millions d'années si le cycle se poursuit. 3) Ce raisonnement repose sur l'actualisme : énoncer ce principe, dire précisément ce qu'il autorise à transposer d'un domaine à l'autre, et nommer une limite qui interdit d'en faire une prédiction certaine.

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Rappel actif

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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 04

    • 01Le temps et les roches : les principes de la chronologie relative○
    • 02La datation absolue : radiochronologie et droite isochrone●
    • 03Les ophiolites, témoins d'une lithosphère océanique disparue◐
    • 04Marges passives, collision et reconstitution d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson)●

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Des fiches à l'entraînement

À la recherche du passé géologique de notre planète

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe

Voir aussi

  • Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenirMêmes outils, autre objet : archives sédimentaires, principe d'actualisme et rapports isotopiques y servent à reconstituer des climats plutôt que des mouvements.
  • Génétique et évolutionLes coupures stratigraphiques sont paléontologiques : l'histoire de la Terre et celle de la vie se datent l'une par l'autre.

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Génétique et évolution

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Les climats de la Terre : comprendre le passé pour anticiper l'avenir

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