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Reconstituer l'histoire de la Terre repose sur deux chronologies complémentaires : la chronologie relative, qui ordonne les événements grâce à des principes géométriques et paléontologiques, et la chronologie absolue (radiochronologie), qui leur attribue un âge en années à partir de la décroissance radioactive et de la droite isochrone. Appliquées au terrain, ces méthodes permettent de lire les traces des domaines océaniques disparus — ophiolites, marges passives — et de reconstituer la formation d'une chaîne de montagnes dans le cadre intégrateur du cycle de Wilson.
4 sections~39 min de lecture4 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Apprends d'abord à appliquer mécaniquement les cinq principes de chronologie relative sur une coupe (superposition, recoupement, inclusion, continuité, identité paléontologique) et à lire une demi-vie sur une courbe de décroissance ; sache reconnaître une ophiolite (péridotite + gabbro + basalte) comme témoin d'un océan disparu.
niveau approfondi
Sache exploiter quantitativement une droite isochrone Rb-Sr (âge à partir de la pente), justifier le choix d'un chronomètre selon l'ordre de grandeur de l'âge et la condition de système clos, et reconstituer dans l'ordre l'histoire complète d'une chaîne de montagnes (cycle de Wilson) en reliant chaque indice de terrain à un stade — ouverture, subduction, collision, épaississement, érosion.
Profondeur de lecture : Approfondi
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4 sections20 points clés3 formules20 pièges signalés
Coupe géologique : superposition et recoupement
Vocabulaire
→ CartesSur une coupe, on observe de bas en haut les couches sédimentaires horizontales A, B et C. Un filon de granite G traverse A, B et C. Une faille normale F décale à la fois A, B, C et le filon G. Enfin, une couche D repose horizontalement et scelle (recouvre sans être décalée) la faille F. Établir la chronologie des six événements (A, B, C, G, F, D) en justifiant par un principe à chaque étape.
Par le principe de SUPERPOSITION (série horizontale non déformée), les couches se sont déposées du bas vers le haut : A est la plus ancienne, puis B, puis C. Ordre : A < B < C.
Le filon G RECOUPE A, B et C : par le principe de RECOUPEMENT, il leur est postérieur. Il s'est donc mis en place après le dépôt de C. Ordre : A < B < C < G.
La faille F décale à la fois A, B, C ET le filon G : par RECOUPEMENT, F est postérieure à tout ce qu'elle décale, donc postérieure à G. Ordre : A < B < C < G < F.
La couche D recouvre la faille F sans être décalée : F s'arrête sous D. Par SUPERPOSITION et RECOUPEMENT (D scelle F), D est postérieure à F. Le dépôt de D suppose une érosion préalable de la surface (lacune / discordance).
Résultat : Chronologie complète : dépôt de A, puis B, puis C (superposition) → intrusion du filon G (recoupement) → jeu de la faille F (recoupement) → érosion → dépôt de la couche D qui scelle la faille (superposition). Ordre : A < B < C < G < F < D.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une coupe montre, de bas en haut, des couches sédimentaires A, B et C plissées, surmontées en discordance par des couches horizontales D puis E ; un filon de granite G recoupe A, B et C mais s'arrête sous la surface de discordance ; une faille F décale A, B, C, D et E. 1) Établir la chronologie complète des événements en NOMMANT le principe utilisé à chaque étape. 2) Justifier que la surface de discordance est elle-même un événement à dater, et le placer dans la succession. 3) Indiquer précisément ce que cette chronologie ne permet PAS d'affirmer, et quelle méthode il faudrait mobiliser pour l'obtenir.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Courbe de décroissance radioactive et lecture de la demi-vie
Vocabulaire
→ CartesLoi de décroissance radioactive et demi-vie
est le nombre de noyaux pères restants, le nombre initial, la constante radioactive. La demi-vie est la durée pour que la moitié des noyaux pères se désintègrent ; elle est caractéristique du couple radioactif et indépendante des conditions physico-chimiques.
Équation de la droite isochrone Rb-Sr
C'est l'équation d'une droite avec et . La PENTE vaut et l'ordonnée à l'origine est le rapport initial commun à tous les minéraux.
Âge déduit de la pente de l'isochrone
On isole dans . La pente se lit sur le diagramme isochrone ; est la constante radioactive du couple utilisé.
Droite isochrone Rb-Sr et lecture de la pente
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On date la cristallisation d'un granite par la méthode rubidium-strontium. Les minéraux de la roche s'alignent sur une droite isochrone de pente . La constante radioactive du rubidium 87 vaut . 1) Rappeler la relation entre la pente et l'âge. 2) Calculer l'âge de cristallisation. 3) Préciser la condition pour que cet âge soit fiable et justifier le choix du couple Rb-Sr.
L'équation de l'isochrone est . La pente vaut donc , d'où en isolant le temps : .
On remplace : . Puis , soit environ 3,2 milliards d'années.
L'âge n'est celui de la cristallisation que si le système est resté CLOS depuis : aucun minéral n'a gagné ni perdu de ou de (pas d'altération, pas de métamorphisme ayant rouvert le système), ce que confirme le bon alignement des points. Le couple Rb-Sr (demi-vie ~49 milliards d'années) est adapté car son ordre de grandeur dépasse l'âge recherché (quelques milliards d'années) : une partie significative — mais pas la totalité — du s'est désintégrée, ce qui rend la mesure possible (le carbone 14 serait totalement épuisé).
Résultat : L'âge de cristallisation du granite est ans (≈ 3,2 milliards d'années), valeur fiable car le système est resté clos (alignement des minéraux) et le couple Rb-Sr, à très longue demi-vie, est adapté à un âge de l'ordre du milliard d'années.
Un granite est daté par deux méthodes indépendantes. La datation U/Pb sur zircons donne 320 millions d'années ; la datation K/Ar sur biotites donne 295 millions d'années. On admet, pour ce type de roche, une température de fermeture de l'ordre de 900 °C pour le zircon en U/Pb et de l'ordre de 300 °C pour la biotite en K/Ar. 1) Expliquer pourquoi les deux âges diffèrent. 2) Dire ce que date chacune des deux mesures. 3) Estimer la vitesse moyenne de refroidissement du massif entre les deux fermetures.
Deux chronomètres ne mesurent pas le même instant. Chaque couple minéral-chronomètre a sa propre température de fermeture : au-dessus, l'élément fils diffuse et s'échappe ; au-dessous, il s'accumule. Le zircon ferme très haut (ici de l'ordre de 900 °C), la biotite beaucoup plus bas (de l'ordre de 300 °C). Un massif qui refroidit franchit donc les deux seuils à deux moments distincts, et un écart d'âges est le comportement ATTENDU, pas une anomalie.
Le magma cristallise à haute température : les zircons se forment et ferment presque aussitôt. Les 320 millions d'années datent donc la CRISTALLISATION du granite. La biotite, elle, ne retient son argon qu'une fois la roche descendue sous 300 °C environ, ce qui arrive bien plus tard, pendant que le massif se refroidit et est exhumé par l'érosion. Les 295 millions d'années datent ce PASSAGE SOUS 300 °C, pas la mise en place.
On dispose de deux points du refroidissement : la roche était à la température de fermeture du zircon lors de la première date, à celle de la biotite lors de la seconde. La vitesse moyenne cherchée est donc le rapport de l'écart de température à la durée écoulée entre les deux fermetures. Le résultat s'exprime commodément en degrés par million d'années, l'unité de temps du géologue.
Résultat : Le granite a cristallisé il y a 320 millions d'années (U/Pb sur zircon, fermeture haute) et est passé sous 300 °C il y a 295 millions d'années (K/Ar sur biotite, fermeture basse) : le massif a refroidi d'environ 24 °C par million d'années. L'écart entre les deux dates n'invalide aucune des deux — il mesure l'histoire thermique de la roche entre sa mise en place et son exhumation.
Une roche contient des isotopes radioactifs pères qui se désintègrent en isotopes fils. Le nombre de pères restants décroît exponentiellement au cours du temps.
À chaque demi-vie écoulée, il reste la moitié des noyaux pères : un demi, puis un quart, puis un huitième. La demi-vie est reliée à la constante radioactive.
Dans une roche, on mesure les rapports isotopiques de plusieurs minéraux. Ils s'alignent sur une droite isochrone dont la pente dépend de l'âge.
Droite isochrone Rb-Sr
La pente de l'isochrone vaut e puissance lambda t moins un. En isolant le temps, on obtient l'âge de fermeture du système, c'est-à-dire la cristallisation de la roche.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sur un diagramme isochrone Rb/Sr, les minéraux d'un granite altéré par des circulations hydrothermales ne s'alignent PAS : le nuage de points est dispersé. 1) Expliquer quelle hypothèse de la méthode n'est plus vérifiée dans ce cas, et pourquoi l'alignement des points en est précisément le test. 2) Dire si un âge peut malgré tout être avancé à partir de ce diagramme, et justifier. 3) On dispose par ailleurs de zircons intacts extraits du même granite. Expliquer pourquoi ce minéral est un bien meilleur candidat, en argumentant à la fois sur sa résistance à l'altération et sur sa température de fermeture, et dire quel événement l'âge obtenu datera alors.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Coupe d'un complexe ophiolitique
Vocabulaire
→ CartesDans les Alpes, on décrit une succession comprenant, de bas en haut : péridotites (souvent serpentinisées), gabbros, basaltes en coussins, puis radiolarites (sédiments siliceux d'origine océanique). 1) Nommer cette association. 2) Justifier roche par roche son origine océanique. 3) Que révèle sa présence actuelle sur le continent ?
Cette association ordonnée péridotite → gabbro → basalte (± pillow, ± sédiments) reproduit la structure verticale d'une lithosphère océanique : c'est une OPHIOLITE.
Les péridotites correspondent au MANTEAU supérieur ; les gabbros, grenus, sont du magma basaltique cristallisé LENTEMENT en profondeur (croûte inférieure) ; les basaltes en coussins (pillow-lavas) sont des laves épanchées SOUS L'EAU et refroidies brutalement (croûte supérieure) ; les radiolarites sont des sédiments siliceux déposés au fond d'un OCÉAN. Gabbros et basaltes ont la même chimie (basaltique) mais des textures différentes selon la vitesse de refroidissement.
Cette lithosphère océanique n'a pas été subduite mais charriée (obductée) sur le continent : il a donc existé un OCÉAN (la Téthys alpine) qui s'est ensuite REFERMÉ. L'alignement de ces ophiolites matérialise la SUTURE entre les deux blocs continentaux entrés en collision pour former les Alpes.
Résultat : Il s'agit d'une ophiolite : la succession péridotite-gabbro-basalte (pillow) coiffée de sédiments océaniques prouve qu'il s'agit d'un fragment de lithosphère océanique. Sa présence sur le continent atteste l'existence puis la fermeture d'un océan (la Téthys), dont la suture marque la zone de collision alpine.
Erreurs fréquentes
Révision active
On compare deux affleurements ophiolitiques d'une même chaîne. Site 1 : péridotites serpentinisées, gabbros, basaltes en coussins bien conservés, radiolarites au sommet ; les minéraux secondaires sont l'actinote et la chlorite. Site 2 : mêmes roches de départ, mais les métagabbros contiennent du glaucophane, et localement du grenat et de l'omphacite. 1) Nommer l'objet géologique commun aux deux sites et justifier son origine océanique roche par roche. 2) Comparer les deux trajets subis depuis la dorsale, en s'appuyant sur les minéraux. 3) Expliquer ce que l'existence de ces deux sites dans une même chaîne apprend sur l'histoire du domaine océanique disparu.
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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Le cycle de Wilson
Vocabulaire
→ CartesDans une chaîne, on relève cinq indices : (A) blocs basculés à failles normales scellés par des sédiments ; (B) ophiolites alignées ; (C) schistes bleus à glaucophane ; (D) grands chevauchements et racine crustale (sismique) ; (E) surface d'érosion exhumant des roches métamorphiques profondes. 1) Associer chaque indice à un stade du cycle de Wilson. 2) Reconstituer la chronologie et la justifier.
(A) failles normales et marge passive → stade d'OUVERTURE (rifting/extension). (B) ophiolites → existence d'un DOMAINE OCÉANIQUE (lithosphère océanique). (C) schistes bleus à glaucophane (HP-BT) → SUBDUCTION (enfouissement froid lors de la fermeture). (D) chevauchements + racine crustale → COLLISION (raccourcissement, épaississement, isostasie). (E) érosion → DÉMANTÈLEMENT final de la chaîne.
Le cycle impose : ouverture (A) → océan (B) → subduction/fermeture (C) → collision (D) → érosion (E). Les failles normales (extension) sont nécessairement antérieures aux chevauchements (compression) ; l'ophiolite (océan) précède la collision ; les schistes bleus (subduction) sont antérieurs à l'empilement des nappes de la collision. La chronologie relative (recoupement : les chevauchements recoupent les structures plus anciennes) et la datation absolue (âge des ophiolites, du métamorphisme HP, des intrusions) confirment cet ordre.
On reconstitue ainsi l'histoire complète : rifting et formation d'une marge passive → ouverture d'un océan (dorsale, plancher océanique futur ophiolite) → subduction qui referme l'océan (métamorphisme HP, schistes bleus) → collision des deux continents (plis, chevauchements, épaississement, racine crustale) → érosion qui démantèle la chaîne et exhume les roches profondes.
Résultat : Chronologie : A (ouverture) → B (océan) → C (subduction) → D (collision) → E (érosion). Chaque indice de terrain renvoie à un stade du cycle de Wilson, et l'ordre — ouverture, subduction, collision, érosion — est imposé par l'opposition extension/compression et confirmé par la chronologie relative et la datation absolue.
Erreurs fréquentes
Révision active
On considère deux domaines ACTUELS : la mer Rouge, étroite et bordée de marges à blocs basculés, et la Méditerranée orientale, où le plancher océanique s'enfonce sous une marge active. 1) Situer chacun de ces deux domaines à un stade du cycle de Wilson, en justifiant par les indices observables aujourd'hui. 2) Décrire, pour chacun, les indices qu'un géologue s'attendrait à relever dans cent millions d'années si le cycle se poursuit. 3) Ce raisonnement repose sur l'actualisme : énoncer ce principe, dire précisément ce qu'il autorise à transposer d'un domaine à l'autre, et nommer une limite qui interdit d'en faire une prédiction certaine.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), annexe (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol
Voir aussi