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La Troisième République et l'empire colonial

Née dans la défaite de 1870 et la Commune, la Troisième République s'enracine lentement (lois constitutionnelles de 1875, victoire des républicains après 1879) puis se dote de lois fondatrices qui inventent le citoyen républicain : libertés publiques, école gratuite, laïque et obligatoire (Ferry, 1881-1882), liberté syndicale (1884), liberté de la presse (1881), et enfin séparation des Églises et de l'État (1905). En même temps, la société française se transforme (urbanisation, monde ouvrier, monde rural, place des femmes) et la République se lance dans une expansion coloniale massive (1885-1914), au nom d'une « mission civilisatrice » que démentent les réalités de la domination, du travail forcé et du Code de l'indigénat. Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thème 3) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et mobilisable au Grand oral.

5 sections·~37 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique de documents de natures différentes (lois, affiches, caricatures, photographies coloniales) : identifier la nature, l'auteur, la date, le destinataire et l'intention d'un document, en dégager le sens et la portée, et en mesurer les limites et la valeur de témoignage.Identifier et expliquer les dimensions historiques d'un enjeu du présent : la laïcité (loi de 1905) et la mémoire coloniale, en montrant comment les choix de la Troisième République structurent encore des débats contemporains.Confronter le projet républicain (universalisme, droits, citoyenneté, laïcité) avec les réalités sociales (inégalités, exclusions, place des femmes) et coloniales (domination, indigénat) pour en mesurer les contradictions.Construire une argumentation historique structurée à l'écrit comme à l'oral, ordonnée autour d'une problématique et appuyée sur des connaissances précises (Niveau de première — évalué en contrôle continu, hors épreuve écrite terminale).
Opérateurs :analyser un document (loi, affiche, caricature, photographie)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualiserconfronter (le projet et les réalités)expliquerargumenterrédiger un paragraphe structuré

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions : 1870-1875 (fondation de la République et lois constitutionnelles), 1881-1882 (lois scolaires de Jules Ferry), 1881 et 1884 (liberté de la presse, liberté syndicale, divorce), 1894-1906 (affaire Dreyfus), 1905 (séparation des Églises et de l'État), 1884-1885 (conférence de Berlin) et 1885-1914 (apogée de l'expansion coloniale). Sachez DÉFINIR avec précision : République, démocratie représentative, régime parlementaire, laïcité, libertés publiques, colonisation, impérialisme, mission civilisatrice, indigénat, nation.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : reliez l'enracinement de la République à la fabrication d'un citoyen (école, conscription, presse, suffrage universel masculin) et montrez la CONTRADICTION majeure de la période — une République universaliste en métropole qui institue, dans l'empire, un régime d'exception (Code de l'indigénat) niant l'égalité qu'elle proclame ; appuyez-vous sur la confrontation de documents (texte de loi, affiche d'exposition coloniale, caricature de l'affaire Dreyfus) et sur les points de passage du programme (affaire Dreyfus, loi de 1905, le fait colonial).

Profondeur

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Sommaire · 5 sections▾
  1. La Troisième République et l'empire colonial
    • 01Fonder et enraciner la République (1870-1879)○
    • 02Les lois fondatrices : libertés, école et laïcité◐
    • 03L'affaire Dreyfus : la République à l'épreuve (1894-1906)◐
    • 04La société française : permanences et mutations jusqu'en 1914◐
    • 05Métropole et colonies : la République et son empire●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Fonder et enraciner la République (1870-1879)#

~8 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

De la défaite à la République (1870-1880)

L'enracinement de la IIIᵉ RépubliqueFrise chronologique de 1869 à 1881, 1870: Chute de l'Empire, 1871: Commune ; Thiers, 1873: MacMahon (Ordre moral), 1875: Lois constit. (1875), 1877: Crise du 16 mai, 1879: Républicains au pouvoir, 1873–1879: Présidence MacMahon18691881annéePrésidenceMacMahon1870Chute del'Empire1871Commune ; Thiers1873MacMahon (Ordremoral)1875Lois constit.(1875)1877Crise du 16 mai1879Républicains aupouvoir
Fig. 1Le régime traverse une décennie de fragilité (Commune, majorité monarchiste) avant de s'enraciner : les lois de 1875 fixent un régime parlementaire et la crise de 1877 tourne en faveur des républicains, victorieux en 1879.

Points clés

Une République née de la défaite : la chute du Second Empire après Sedan (2 septembre 1870) débouche sur la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Mais le régime est d'abord fragile, contesté à la fois par les monarchistes majoritaires à l'Assemblée et, à gauche, par la Commune de Paris (mars-mai 1871), insurrection écrasée dans le « sang » de la Semaine sanglante.
Une République sans républicains à ses débuts : élu en 1871, le chef de l'exécutif Adolphe Thiers est remplacé en 1873 par le monarchiste Mac-Mahon ; on attend une restauration de la monarchie qui échoue (désaccord entre légitimistes et orléanistes, refus du drapeau tricolore par le comte de Chambord).
Les lois constitutionnelles de 1875 : faute de restauration, l'Assemblée vote des lois qui organisent un régime parlementaire (président de la République, deux chambres — Chambre des députés élue au suffrage universel masculin direct et Sénat —, gouvernement responsable devant les chambres). L'amendement Wallon (1875) installe la République « à une voix de majorité ».
La victoire des républicains (1877-1879) : la crise du 16 mai 1877 (Mac-Mahon contre une Chambre républicaine) tourne à l'avantage des républicains ; en 1879, ils contrôlent les deux chambres et la présidence (Jules Grévy). La République devient « la forme de gouvernement qui divise le moins les Français » : c'est le début de son enracinement.
Les symboles et les rites républicains forgent une mémoire commune : la « Marseillaise » devient hymne national (1879), le 14 juillet fête nationale (1880), Marianne, le buste dans les mairies et la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » s'imposent. La République se donne un récit et des images pour s'ancrer dans les esprits.

Vocabulaire

→ Cartes
  • régime parlementaireRégime dans lequel le gouvernement procède du Parlement et ne reste en fonction qu'aussi longtemps qu'il dispose de sa confiance, le chef de l'État y tenant un rôle d'arbitre plus que de gouvernant.
  • amendement WallonDisposition adoptée le 30 janvier 1875 à une voix de majorité qui, en mentionnant « le président de la République », inscrit pour la première fois le mot dans le droit et installe durablement le régime républicain.
  • culture politiqueEnsemble de références, de valeurs, de symboles et de rites partagés par un courant politique, qui structurent la manière dont ses membres se reconnaissent, se souviennent et agissent ensemble.
  • opportunismeCourant républicain modéré des années 1880, incarné par Gambetta puis Ferry, qui entend réaliser les réformes « au moment opportun », par la loi et sans rupture, par opposition aux radicaux jugés trop pressés.
  • dissolutionPouvoir reconnu au chef de l'État de mettre fin par anticipation au mandat de la Chambre des députés ; tombé en désuétude après son échec lors de la crise du 16 mai 1877, il prive le régime de son contrepoids exécutif.
Exemple corrigé

Composition — comment un régime né dans la défaite devient-il le régime de la majorité ?

En 1871, l'Assemblée nationale élue est majoritairement monarchiste et la République n'est qu'un provisoire. Huit ans plus tard, les républicains détiennent les deux chambres et la présidence. Rédigez un paragraphe argumenté qui explique ce basculement, en vous appuyant sur des faits institutionnels et électoraux datés.

  1. 01Poser le problème et le point de départ

    L'Assemblée élue en février 1871 compte une nette majorité monarchiste ; la République est proclamée depuis septembre 1870 mais nul ne la tient pour définitive. Deux obstacles la fragilisent : la perspective d'une restauration, et à gauche la mémoire de la répression de la Commune (mai 1871). Problème : par quels moyens un régime minoritaire dans l'Assemblée devient-il, en huit ans, le régime accepté par le pays ?

  2. 02Premier temps — la restauration échoue et la République entre dans la Constitution

    Les monarchistes se divisent entre légitimistes et orléanistes, et le comte de Chambord refuse le drapeau tricolore : la restauration s'enlise. C'est cet échec qui ouvre la voie à un compromis. Le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon fait entrer le mot « République » dans la loi constitutionnelle, adopté à UNE voix de majorité (353 contre 352). Les trois lois constitutionnelles de 1875 dotent alors le régime d'institutions parlementaires — deux chambres, un président élu par elles — assez conservatrices pour rassurer les modérés.

  3. 03Deuxième temps — la crise du 16 mai 1877 tranche l'interprétation des institutions

    Le président Mac-Mahon, monarchiste, contraint le républicain Jules Simon à démissionner, puis dissout la Chambre. Les élections d'octobre 1877 renvoient une majorité républicaine : Mac-Mahon doit « se soumettre ». La crise ne change pas le texte de 1875, elle en fixe la LECTURE — le président s'efface devant une majorité parlementaire, et le droit de dissolution tombe en désuétude pour soixante ans.

  4. 04Troisième temps — 1879 et l'appropriation symbolique

    En janvier 1879 les républicains emportent le Sénat ; Mac-Mahon démissionne le 30 janvier et Jules Grévy lui succède. Le régime se donne alors ses symboles : la Marseillaise devient l'hymne national en février 1879, le 14 juillet la fête nationale par la loi du 6 juillet 1880, et l'amnistie des communards en 1880 referme la plaie de 1871. L'enracinement passe ensuite par l'école, les libertés publiques et le suffrage universel masculin.

  5. 05Conclure par la mise en perspective

    Le basculement ne tient pas à une conversion des esprits mais à un enchaînement : division des monarchistes, compromis institutionnel de 1875, arbitrage électoral de 1877, conquête complète des pouvoirs en 1879. La République s'impose comme le régime qui divise le moins, non parce qu'elle enthousiasme, mais parce qu'aucune autre solution ne réunit de majorité.

Résultat : Réponse argumentée : entre 1871 et 1879 la République passe du provisoire au définitif par trois marches — l'échec de la restauration, qui rend possible l'amendement Wallon du 30 janvier 1875 et les lois constitutionnelles ; la crise du 16 mai 1877, qui impose la lecture parlementaire de ces lois ; et 1879, qui donne aux républicains le Sénat et la présidence. Les symboles adoptés dans la foulée (Marseillaise, 14 juillet, amnistie) achèvent de faire du régime celui de la nation, et non d'un parti.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Savoir expliquer pourquoi la Troisième République, née dans la défaite et longtemps menacée par les monarchistes, finit par s'enraciner : le rôle des lois de 1875, de la crise du 16 mai 1877 et des élections.
  • Objectif Bac — Sur une affiche, un buste de Marianne ou une gravure du 14 juillet, montrer comment les symboles et les rites construisent une culture politique républicaine partagée.
  • Objectif Bac — Justifier une périodisation : expliquer pourquoi la séquence se ferme en 1879 et non en 1875. La République est fondée en droit par les lois constitutionnelles de 1875, mais conquise en fait entre 1877 et 1879 — élections d'octobre 1877, victoire républicaine au Sénat, démission de Mac-Mahon et élection de Jules Grévy en janvier 1879.
  • Objectif Bac — Confronter deux documents antagonistes : un texte monarchiste, par exemple le refus du drapeau tricolore opposé par le comte de Chambord, et un texte républicain de la même décennie. Montrer que la République l'emporte autant par la division de ses adversaires que par sa propre force.
  • Objectif Bac — Rédiger un paragraphe argumenté sur trois leviers distincts de l'enracinement — les institutions de 1875, la conquête électorale de 1876 à 1879, les rites et les symboles avec la Marseillaise en 1879 et le 14 juillet en 1880 — et les hiérarchiser au lieu de les juxtaposer. Le régime tient parce que les trois se renforcent.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la République s'impose facilement et tout de suite en 1870 : en réalité les monarchistes sont majoritaires jusqu'en 1877 et la République ne triomphe vraiment qu'à partir de 1879.
  • Confondre la proclamation de la République (4 septembre 1870) et la Commune de Paris (1871) : la Commune est une insurrection PARISIENNE réprimée par le gouvernement républicain de Thiers, pas la fondation du régime.
  • Parler de « la Constitution de 1875 » : il n'y en a pas. La Troisième République repose sur TROIS lois constitutionnelles votées en 1875 — organisation du Sénat, organisation des pouvoirs publics, rapports entre les pouvoirs publics — et n'aura jamais de texte constitutionnel unique. La formule exacte se vérifie et compte en évaluation.
  • Écrire que le président de la République est élu par les Français : sous la Troisième République, il est élu par les députés et les sénateurs réunis en Assemblée nationale, jamais au suffrage universel direct. Le confondre avec l'élection de 1848 ou avec la Ve République est une erreur de régime, immédiatement repérable.
  • Qualifier la crise du 16 mai 1877 de coup d'État : Mac-Mahon agit dans les formes — renvoi du ministère, dissolution de la Chambre avec l'accord du Sénat — et ce sont les électeurs qui le désavouent en octobre. La conséquence durable n'est pas un coup de force mais l'abandon du droit de dissolution par ses successeurs, qui déséquilibre le régime au profit des Chambres.

§ 01

Révision active

À l'aide de vos connaissances, expliquez en un paragraphe structuré pourquoi l'on peut dire que la Troisième République « s'enracine » entre 1870 et 1880 alors qu'elle est née dans la défaite : montrez les obstacles (menace monarchiste, Commune), puis les étapes de la victoire républicaine (lois de 1875, crise de 1877, élections de 1879), enfin le rôle des symboles.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Les lois fondatrices : libertés, école et laïcité#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

La laïcité de 1905 : deux principes

La séparation des Églises et de l’État (1905)Graphe, Loi du 9 décembre 1905 → Art. 1 — liberté de conscience et de culte, Loi du 9 décembre 1905 → Art. 2 — l'État ne salarie aucun culteLoi du 9décembre 1905Art. 1 — libertéde conscience etde culteArt. 2 — l'Étatne salarie aucunculte
Fig. 2La loi de 1905 articule DEUX principes : la liberté religieuse des individus (art. 1) ET la neutralité de l'État, qui se sépare de toute Église (art. 2). C'est cet équilibre qui définit la laïcité française.

Points clés

Une décennie de libertés publiques : devenus maîtres du pouvoir, les républicains votent les grandes libertés. Liberté de réunion (1881), liberté de la presse (loi du 29 juillet 1881, l'une des plus libérales d'Europe), liberté syndicale (loi Waldeck-Rousseau, 1884), liberté d'association (1901). Le divorce est rétabli en 1884 (loi Naquet). Ces lois fondent la démocratie représentative et l'espace public moderne.
L'école de Jules Ferry (1881-1882) : les lois Ferry rendent l'enseignement primaire GRATUIT (1881), puis OBLIGATOIRE et LAÏQUE (1882) de 6 à 13 ans. L'école devient l'instrument central de fabrication du citoyen : elle diffuse le français, l'instruction civique, le sentiment national et les valeurs républicaines. L'« instituteur » (parfois appelé « hussard noir de la République ») en est la figure.
Laïciser l'État avant 1905 : l'enseignement public est laïcisé (instruction morale et civique remplace l'instruction religieuse) ; la loi de 1884 supprime les prières publiques à l'ouverture des sessions parlementaires. Une « morale laïque » se construit, distincte de la morale religieuse, sans pour autant viser les croyances individuelles.
La loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) — point de passage : elle pose deux principes. Article 1 — la République « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes ». Article 2 — la République « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». L'État devient neutre en matière religieuse : c'est la définition juridique de la LAÏCITÉ française.
Un enjeu mémoriel et actuel : la loi de 1905 met fin au régime du Concordat de 1801 et provoque de fortes tensions (crise des inventaires des biens d'Église, 1906) avant d'être progressivement acceptée. C'est une dimension historique d'un enjeu du présent : la laïcité reste un principe constitutionnel et un sujet de débat contemporain.

Vocabulaire

→ Cartes
  • laïcitéPrincipe de neutralité de l'État à l'égard des religions, qui garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes tout en n'en reconnaissant, ne salariant ni ne subventionnant aucun.
  • ConcordatAccord signé en 1801 entre Bonaparte et le pape Pie VII organisant les rapports entre l'État et les cultes reconnus, dont l'État salarie les ministres ; abrogé en France par la loi de 1905, il reste en vigueur en Alsace-Moselle, alors allemande.
  • anticléricalismeOpposition à l'influence du clergé, et particulièrement de l'Église catholique, sur l'État, l'école et la vie publique ; moteur politique des républicains de 1880 à 1905, il se distingue de l'hostilité à la religion elle-même.
  • liberté de conscienceDroit de croire, de ne pas croire et de changer de conviction, ainsi que de manifester ou de taire ses croyances ; c'est le premier principe affirmé par la loi de 1905, avant même la neutralité de l'État.
  • congrégationCommunauté religieuse dont les membres vivent sous une règle commune et se consacrent notamment à l'enseignement ou aux soins ; l'activité enseignante des congrégations est étroitement encadrée par la loi de 1901 puis interdite en 1904.
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Exemple corrigé

Analyse de document — Les articles 1 et 2 de la loi de 1905

La loi du 9 décembre 1905 dispose : « Art. 1er. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...]. Art. 2. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » Expliquez la conception de la laïcité instaurée par ce texte et montrez-en la portée et les limites. Rédigez un paragraphe structuré.

  1. 01Présenter le document et poser le problème

    Il s'agit d'un extrait de loi (deux premiers articles), texte juridique fondateur voté le 9 décembre 1905 par une majorité républicaine. Il met fin au Concordat napoléonien de 1801, qui faisait du catholicisme et de quelques cultes des religions reconnues et salariées. Problème : que change exactement cette loi dans le rapport de l'État aux religions ?

  2. 02Premier temps — la liberté garantie (art. 1)

    L'article 1 protège les individus : la « liberté de conscience » (croire, ne pas croire, changer de croyance) et le « libre exercice des cultes » (pratiquer sa religion publiquement). La laïcité n'est donc pas hostile aux religions : elle garantit leur liberté.

  3. 03Second temps — la neutralité de l'État (art. 2)

    L'article 2 transforme l'État : il ne « reconnaît » plus aucune religion officielle, ne « salarie » plus le clergé, ne « subventionne » plus les cultes. L'État devient neutre et impartial ; le religieux est renvoyé à la sphère privée et associative (associations cultuelles).

  4. 04Portée et limites

    Portée : la loi pose un principe durable, encore constitutionnel aujourd'hui (enjeu du présent). Limites et tensions : application heurtée (crise des inventaires de 1906, opposition de l'Église), et des exceptions territoriales subsistent (le Concordat de 1801 reste en vigueur en Alsace-Moselle, annexée par l'Allemagne depuis 1871 et donc non concernée par la loi de 1905 quand elle est votée).

Résultat : Réponse argumentée : la loi de 1905 définit la laïcité française par l'articulation de deux principes — la liberté religieuse des individus (art. 1) et la stricte neutralité de l'État (art. 2). Elle ne combat pas les religions mais sépare l'État de toute Église, mettant fin au Concordat de 1801. Sa portée est considérable (principe encore en vigueur), même si son application fut conflictuelle (inventaires de 1906) et connaît des exceptions territoriales (Alsace-Moselle).

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Sur des extraits des articles 1 et 2 de la loi de 1905, savoir définir la laïcité « à la française » : liberté de conscience et libre exercice des cultes d'un côté, neutralité de l'État (ni reconnaissance, ni salaire, ni subvention) de l'autre.
  • Objectif Bac — Montrer, à partir des lois scolaires et des libertés publiques, que la Troisième République « fabrique » le citoyen et la démocratie représentative (école, presse, syndicats, associations).
  • Objectif Bac — Contextualiser 1905 dans une séquence longue : le Concordat de 1801 salarie les cultes, les lois Ferry laïcisent l'école en 1881-1882, la loi de 1901 puis la politique de Combes encadrent les congrégations, la rupture avec le Saint-Siège intervient en 1904, la séparation en 1905. Une loi ne s'explique jamais par sa seule date.
  • Objectif Bac — Formuler la portée ET les limites de la loi de 1905, étape que la plupart des copies oublient : le régime concordataire reste en vigueur en Alsace-Moselle, alors allemande ; l'article 2 réserve les dépenses d'aumônerie dans les lycées, les hospices et les prisons ; l'application se heurte aux inventaires de 1906. Un texte pose un principe, l'histoire en montre les accommodements.
  • Objectif Bac — Analyser avec exactitude ce que rend obligatoire la loi du 28 mars 1882 : l'INSTRUCTION des enfants de 6 à 13 ans, et non la fréquentation de l'école publique, l'instruction dans la famille ou dans un établissement privé demeurant licite. Cette distinction sépare une copie exacte d'une copie approximative.

Erreurs fréquentes

  • Confondre laïcité et athéisme d'État : la loi de 1905 ne combat pas les religions ; elle garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, mais sépare l'État de toute Église (neutralité).
  • Attribuer la laïcité scolaire à la seule loi de 1905 : l'école publique est déjà laïque depuis les lois Ferry de 1882 ; la loi de 1905 concerne la séparation générale de l'État et des cultes.
  • Écrire que « l'école devient obligatoire en 1882 » : c'est l'INSTRUCTION qui le devient, de 6 à 13 ans, la famille et l'établissement privé restant des voies autorisées. Retenir aussi la répartition exacte : gratuité en 1881, obligation et laïcité en 1882 — deux lois, trois mesures, deux dates.
  • Affirmer que la loi de 1905 chasse la religion de l'espace public : elle n'impose la neutralité qu'à l'État et à ses agents, non aux citoyens. L'article 1 garantit le libre exercice des cultes et l'article 2 réserve le financement des aumôneries. Confondre neutralité de l'État et neutralité des individus est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
  • Lire 1905 avec les catégories d'aujourd'hui : le conflit de 1905 porte sur les biens d'Église, les congrégations enseignantes et le budget des cultes. Y importer les débats nés de la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école est un anachronisme — la laïcité a une histoire, et cette histoire a des étapes qu'il faut distinguer.

§ 02

Révision active

À partir des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905 (« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...] » ; « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, date, contexte du Concordat), expliquez la double dimension de la laïcité qu'il instaure, puis indiquez sa portée et ses limites (tensions de 1906, exceptions territoriales comme l'Alsace-Moselle).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

L'affaire Dreyfus : la République à l'épreuve (1894-1906)#

~8 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

L'affaire Dreyfus : deux camps

Une France fracturée (1894-1906)Tableau de 3 colonnes et 4 lignes, Données: Dreyfusards · Antidreyfusards; Cause · Justice, vérité, droits de l'individu · Armée, ordre, raison d'État; Valeurs · Universalisme · Nationalisme, antisémitisme; Figures · Zola, Clemenceau, Jaurès · Ligue de la patrie française; Moyens · « J’accuse… ! » (1898), pétitions · Presse nationaliste, cellule mise en évidence : Justice, vérité, droits de l'individuDreyfusardsAntidreyfusardsCauseJustice, vérité, droits del'individuArmée, ordre, raison d'ÉtatValeursUniversalismeNationalisme, antisémitismeFiguresZola, Clemenceau, JaurèsLigue de la patrie françaiseMoyens« J’accuse… ! » (1898),pétitionsPresse nationaliste
Fig. 3L'affaire fracture la société en deux camps irréductibles : les dreyfusards défendent la justice et les droits de l'individu ; les antidreyfusards l'armée et la nation. La publication de « J'accuse… ! » (1898) en est le tournant.

Points clés

Le déclenchement (1894) : le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif alsacien, est accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne, condamné pour trahison sur des preuves fausses et déporté au bagne de l'île du Diable. L'erreur judiciaire, doublée d'un préjugé antisémite, est au cœur de l'affaire.
Le tournant : « J'accuse… ! » (13 janvier 1898) — point de passage : l'écrivain Émile Zola publie dans le journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République dénonçant le mensonge d'État et l'antisémitisme. L'affaire devient publique et nationale : c'est l'irruption de l'« intellectuel » dans le débat politique, rendue possible par la liberté de la presse de 1881.
Une France coupée en deux : dreyfusards (partisans de la révision au nom de la justice, de la vérité et des droits de l'homme : Zola, Jaurès, la Ligue des droits de l'homme fondée en 1898) contre antidreyfusards (au nom de l'armée, de l'ordre et de la nation : nationalistes, antisémites, Ligue de la patrie française). L'affaire révèle l'antisémitisme et structure durablement le clivage gauche-droite.
La résolution (1899-1906) : gracié en 1899, Dreyfus est finalement RÉHABILITÉ et réintégré dans l'armée en 1906 par la Cour de cassation. La République « se défend » : les forces républicaines sortent renforcées, ce qui favorise le vote de la loi de séparation de 1905.
Une affaire qui éclaire des notions clés : l'État de droit (le droit de l'individu contre la raison d'État), la liberté de la presse, le rôle des intellectuels, et la lutte contre l'antisémitisme. C'est une dimension historique d'enjeux toujours actuels.
Le mécanisme de la révision : comprendre l'affaire suppose de suivre le fil des preuves, non celui des opinions. En 1896, Picquart, nouveau chef du service de renseignement, reconnaît dans le bordereau l'écriture du commandant Esterhazy ; plutôt que de rouvrir le dossier, l'état-major l'éloigne en Tunisie, et un officier, Henry, fabrique une fausse pièce pour consolider la condamnation. Ce faux est démasqué en août 1898, quelques mois après « J'accuse… ! » : Henry se suicide, Esterhazy s'enfuit à l'étranger. La Cour de cassation annule alors le jugement de 1894 (juin 1899) et renvoie Dreyfus devant un conseil de guerre à Rennes, qui le condamne pourtant une seconde fois, avec « circonstances atténuantes » — verdict absurde en matière de trahison, où l'on est coupable ou innocent, et qui révèle une institution préférant sauver son honneur plutôt qu'avouer son erreur. La grâce présidentielle de septembre 1899 met fin à la peine sans lever l'accusation ; il faudra l'arrêt de la Cour de cassation du 12 juillet 1906 pour que la condamnation soit annulée et Dreyfus réintégré. Cette lenteur est en elle-même l'enseignement du chapitre : l'État de droit ne triomphe pas spontanément, il est arraché à l'institution par des individus et par un juge.

Vocabulaire

→ Cartes
  • antisémitismeHostilité systématique envers les Juifs, érigée à la fin du XIXe siècle en doctrine politique qui les désigne comme étrangers à la nation ; c'est le ressort de l'accusation portée contre Dreyfus et de sa persistance malgré les preuves.
  • intellectuelÉcrivain, savant ou artiste qui met la notoriété acquise dans son domaine au service d'une cause publique ; le mot s'impose comme substantif au moment même de l'affaire Dreyfus, d'abord dans la bouche des adversaires de la révision.
  • raison d'ÉtatArgument selon lequel l'intérêt supérieur de l'État autorise à s'affranchir du droit ; l'état-major l'invoque pour refuser la révision au nom de l'honneur de l'armée et de la sécurité du pays.
  • État de droitOrganisation politique dans laquelle tous, y compris les autorités publiques et l'armée, sont soumis à la loi, et où un juge indépendant peut sanctionner leurs actes.
  • révisionProcédure judiciaire permettant de rejuger une affaire définitivement close lorsqu'un fait nouveau met en doute la culpabilité du condamné ; c'est l'enjeu même de l'affaire Dreyfus de 1896 à 1906.
Exemple corrigé

Analyse de document — « J'accuse… ! » et le rôle de la presse

Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie dans le journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, intitulée « J'accuse… ! », dénonçant la condamnation injuste du capitaine Dreyfus et les mensonges de l'état-major. Présentez ce document, expliquez ce qu'il dénonce et montrez en quoi il met la République à l'épreuve. Rédigez un paragraphe structuré.

  1. 01Présenter le document et poser le problème

    Il s'agit d'un article de presse (lettre ouverte) d'Émile Zola, écrivain célèbre, publié en une de L'Aurore le 13 janvier 1898, en pleine affaire Dreyfus. Sa publication n'est possible que grâce à la loi sur la liberté de la presse de 1881. Problème : comment un texte d'écrivain devient-il un acte politique majeur ?

  2. 02Premier temps — ce que le texte dénonce

    Zola accuse nommément les responsables d'avoir condamné un innocent et couvert l'erreur : c'est la dénonciation d'un mensonge d'État et de l'antisémitisme. Il oppose la VÉRITÉ et la JUSTICE à la raison d'État qui voudrait protéger l'armée.

  3. 03Second temps — la République à l'épreuve

    Le texte fait basculer l'affaire dans l'espace public et coupe la France en deux camps (dreyfusards / antidreyfusards). Il consacre la figure de l'« intellectuel » qui engage sa notoriété au service d'une cause. Zola, condamné pour diffamation, doit s'exiler : le combat est rude.

  4. 04Conclure par la portée

    « J'accuse… ! » illustre la force de la liberté de la presse et le rôle des intellectuels dans une démocratie. Il prépare la réhabilitation de Dreyfus (1906) et le renforcement du camp républicain, qui votera la loi de 1905.

Résultat : Réponse argumentée : « J'accuse… ! » est une lettre ouverte de Zola (L'Aurore, 13 janvier 1898) qui, grâce à la liberté de la presse de 1881, dénonce publiquement l'erreur judiciaire et l'antisémitisme dans l'affaire Dreyfus. En faisant de la vérité et de la justice une cause nationale, le texte divise la France en deux camps et met la République à l'épreuve, avant que la défense de l'État de droit n'aboutisse à la réhabilitation de Dreyfus (1906) et au renforcement des républicains.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — À partir d'un extrait de « J'accuse… ! » ou d'une caricature de l'époque, analyser comment l'affaire Dreyfus oppose deux conceptions de la République (justice et droits de l'individu contre raison d'État et nationalisme).
  • Objectif Bac — Expliquer pourquoi l'affaire Dreyfus est un « point de passage » : elle met en jeu la liberté de la presse, l'engagement des intellectuels, l'antisémitisme et l'État de droit.
  • Objectif Bac — Identifier complètement le document avant d'en dire un mot : « J'accuse… ! » est une lettre ouverte, signée Émile Zola, adressée au président de la République Félix Faure, publiée à la une de L'Aurore le 13 janvier 1898. L'intention est stratégique — provoquer un procès en diffamation pour rouvrir le dossier devant un tribunal civil. Nature, auteur, destinataire, support, intention : la moitié des points se joue là.
  • Objectif Bac — Confronter deux caricatures opposées, l'une dreyfusarde, l'autre antidreyfusarde : « Un dîner en famille » de Caran d'Ache (1898) porte la fracture jusqu'à la table familiale. Repérer dans chacune le trait chargé, la cible et le public visé, puis conclure sur ce qu'une caricature prouve — l'existence d'un clivage — et sur ce qu'elle ne prouve pas, son ampleur exacte dans le pays.
  • Objectif Bac — Justifier, exemples datés à l'appui, que l'affaire oppose la raison d'État à l'État de droit : le faux fabriqué pour consolider la condamnation et découvert en 1898, le second procès de Rennes en 1899, l'arrêt de la Cour de cassation en 1906. C'est un raisonnement bâti sur des faits, non une opposition de grands principes.

Erreurs fréquentes

  • Croire que Dreyfus était réellement coupable : il a été condamné sur des FAUX et réhabilité en 1906 ; l'affaire est une erreur judiciaire doublée d'antisémitisme.
  • Réduire l'affaire à un simple fait divers judiciaire : c'est une crise politique et morale nationale qui structure durablement les camps politiques et fragilise puis renforce la République.
  • Confondre la grâce et la réhabilitation : la grâce accordée par le président Émile Loubet en septembre 1899 dispense Dreyfus de sa peine mais laisse la condamnation intacte, ce pour quoi le combat se poursuit sept années encore. Seul l'arrêt de la Cour de cassation du 12 juillet 1906 annule le jugement et permet sa réintégration dans l'armée.
  • Confondre Dreyfus et Esterhazy : le bordereau est de la main du commandant Esterhazy, que le conseil de guerre acquitte pourtant le 11 janvier 1898. C'est cet acquittement qui décide Zola à publier « J'accuse… ! » deux jours plus tard. Inverser les deux hommes fait perdre l'enchaînement même de l'affaire.
  • Paraphraser « J'accuse… ! » au lieu de l'analyser : recopier la litanie des accusations finales n'est pas une analyse. Il faut dire ce que le texte cherche à obtenir — un procès —, ce qu'il rend possible — l'entrée des intellectuels dans le débat, permise par la loi de 1881 sur la presse — et ce qu'il ne fournit pas, aucune preuve nouvelle : c'est un texte de combat, partial par construction.

§ 03

Révision active

À partir d'un extrait de la lettre ouverte d'Émile Zola « J'accuse… ! » (L'Aurore, 13 janvier 1898), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, auteur, date, support), expliquez ce qu'il dénonce et le rôle qu'y joue la liberté de la presse, puis montrez en quoi l'affaire divise la France en deux camps et met la République à l'épreuve.

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Rappel actif

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Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

La société française : permanences et mutations jusqu'en 1914#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Société française : permanences et mutations (1870-1914)

Une société entre héritages et transformationsTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Permanences · Mutations; Poids durable du monde rural · Industrialisation, essor urbain; Société de notables · Montée de la bourgeoisie et des ouvriers; Suffrage universel masculin · Mouvement ouvrier, syndicats (1884); Femmes exclues du vote · Scolarisation (lois Ferry)PermanencesMutationsPoids durable du monde ruralIndustrialisation, essorurbainSociété de notablesMontée de la bourgeoisie etdes ouvriersSuffrage universel masculinMouvement ouvrier, syndicats(1884)Femmes exclues du voteScolarisation (lois Ferry)
Fig. 4Avant 1914, la société française combine des PERMANENCES (poids durable du monde rural) et des MUTATIONS rapides (industrialisation, urbanisation, monde ouvrier). Le suffrage reste masculin : la place des femmes est une contradiction du projet républicain.

Points clés

Une France encore largement rurale : en 1914, environ 56 % des Français vivent à la campagne. Le monde paysan reste majoritaire mais se transforme (progrès agricoles, recul de l'analphabétisme grâce à l'école, intégration au marché et à la nation par le chemin de fer, le service militaire et l'école). C'est une PERMANENCE qui se modernise lentement.
L'industrialisation et l'urbanisation : la deuxième révolution industrielle (acier, chimie, électricité) accélère l'exode rural et fait croître les villes. Une nouvelle classe ouvrière se concentre dans les régions industrielles (Nord, Lorraine, bassins miniers) et les faubourgs. C'est une MUTATION majeure de la société.
Le monde ouvrier et la question sociale : conditions de travail dures, longues journées, logements insalubres. Mais la République accorde des droits : liberté syndicale (1884), naissance de la CGT (1895), premières lois sociales (limitation du travail des enfants et des femmes, repos hebdomadaire en 1906). Le mouvement ouvrier et le socialisme (SFIO en 1905, Jaurès) montent en puissance.
La place des femmes : les femmes sont au cœur des transformations (ouvrières d'usine, employées, institutrices) mais restent juridiquement subordonnées (le Code civil les place sous l'autorité du mari) et SANS droit de vote — le suffrage « universel » est en réalité masculin. Le divorce est rétabli en 1884 ; les premières revendications féministes émergent. C'est une contradiction du projet républicain.
Une société qui s'intègre à la nation : école, conscription (service militaire), presse à bon marché, réseau ferré et symboles républicains diffusent une culture nationale commune et réduisent les particularismes régionaux, sans les effacer.

Vocabulaire

→ Cartes
  • seconde révolution industriellePhase d'industrialisation ouverte à la fin du XIXe siècle et fondée sur l'acier, la chimie, l'électricité et le moteur à explosion, qui transforme les usines, les villes et la vie quotidienne.
  • syndicalismeAction collective des travailleurs organisés en syndicats pour défendre leurs intérêts professionnels ; légalisé en France par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, il se structure nationalement avec la CGT à partir de 1895.
  • autorité maritalePouvoir juridique que le Code civil de 1804 reconnaît au mari sur la personne et les biens de son épouse, et qui prive la femme mariée d'une pleine capacité juridique tout au long du XIXe siècle.
  • féminismeMouvement revendiquant l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, qui s'organise en France à la fin du XIXe siècle autour de l'instruction, du travail, de la disposition du salaire et du droit de vote.
  • conscriptionObligation faite aux jeunes hommes d'accomplir un service militaire ; sous la Troisième République elle devient, avec l'école, un puissant instrument de brassage des populations et d'intégration à la nation.

Part de la population rurale en France (1851-1911, en %)

Recul de la population rurale (1851-1911)Graphique en courbes: Population rurale (%) selon Année (recensement), Données: Part de la population rurale (%) · 1851: 75; Part de la population rurale (%) · 1872: 69; Part de la population rurale (%) · 1891: 63; Part de la population rurale (%) · 1911: 560102030405060701851187218911911Population rurale (%)Année (recensement)
Exemple corrigé

Étude de données — Mesurer l'urbanisation de la France (1851-1911)

À l'aide des données suivantes sur la part de la population RURALE en France (1851 : 75 % ; 1872 : 69 % ; 1891 : 63 % ; 1911 : 56 %), décrivez l'évolution observée, calculez l'ampleur du recul de la population rurale, et expliquez le phénomène en distinguant permanence et mutation. Rédigez un paragraphe structuré.

  1. 01Décrire la tendance

    La part de la population rurale baisse de façon continue à chaque recensement : 75 % en 1851, puis 69 % (1872), 63 % (1891) et 56 % en 1911. La courbe est régulièrement décroissante : c'est le signe d'une urbanisation progressive.

  2. 02Calculer l'ampleur du recul

    Recul total entre 1851 et 1911 : 75 − 56 = 19 points de pourcentage en 60 ans. La part urbaine progresse donc symétriquement de 25 % à 44 % sur la même période (100 − 56 = 44).

  3. 03Nuancer : une permanence

    Malgré ce recul, en 1911 la France reste MAJORITAIREMENT rurale (56 % > 50 %). Le monde paysan demeure le plus nombreux : la permanence du monde rural est réelle, même si elle s'érode.

  4. 04Expliquer : une mutation

    Le recul s'explique par la deuxième révolution industrielle et l'exode rural : usines, mines et villes attirent une population qui forme le nouveau monde ouvrier. La société se transforme sans rompre brutalement avec son passé rural.

Résultat : Réponse argumentée : entre 1851 et 1911, la population rurale recule de 19 points (de 75 % à 56 %), preuve d'une urbanisation continue portée par l'industrialisation et l'exode rural. Mais en 1914 la France reste majoritairement rurale (56 %), ce qui illustre parfaitement la coexistence d'une PERMANENCE (le poids du monde paysan) et d'une MUTATION profonde (la montée des villes et du monde ouvrier).

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Distinguer PERMANENCES (poids du monde rural, lenteur des évolutions) et MUTATIONS (industrialisation, urbanisation, montée du monde ouvrier) de la société française avant 1914.
  • Objectif Bac — Montrer la contradiction entre l'universalisme proclamé de la République et la subordination juridique et politique des femmes (pas de droit de vote, autorité maritale).
  • Objectif Bac — Exploiter la courbe de la population rurale comme une véritable étude de données : dégager les phases, mesurer l'écart en POINTS de pourcentage entre deux dates, puis expliquer le mouvement par l'exode rural et la croissance des villes. Une évolution lente n'est pas une évolution nulle, et c'est cette nuance qu'on attend.
  • Objectif Bac — Contextualiser en datant chaque conquête sociale : liberté syndicale en 1884, fondation de la CGT en 1895, repos hebdomadaire en 1906, retraites ouvrières et paysannes en 1910. Le chapitre se joue sur cette chronologie fine ; sans dates, la « question sociale » reste un mot.
  • Objectif Bac — Rédiger un paragraphe argumenté sur les femmes en confrontant le discours universaliste au droit positif : autorité maritale du Code civil, lycées de jeunes filles créés en 1880, libre disposition de son salaire par la femme mariée en 1907, et toujours aucun droit de vote. La contradiction se démontre par des textes de loi, non par une indignation.

Erreurs fréquentes

  • Penser que la France de 1914 est déjà majoritairement urbaine et industrielle : elle reste majoritairement rurale (environ 56 % de ruraux), même si la tendance à l'urbanisation est forte.
  • Croire que le suffrage « universel » de la Troisième République concerne tout le monde : il est UNIVERSEL MASCULIN ; les femmes n'obtiendront le droit de vote qu'en 1944.
  • Traduire « 56 % de ruraux » par « 56 % de paysans » : la statistique du temps appelle rurale toute commune de moins de 2 000 habitants. On peut être rural sans vivre de la terre — mineurs, ouvriers-paysans, artisans de bourg. Le chiffre mesure un lieu de résidence, pas un métier.
  • Prêter à la République d'avant 1914 des acquis bien postérieurs : les congés payés datent de 1936, la Sécurité sociale de 1945, le droit de vote des femmes de 1944. Avant la guerre, on trouve des lois de protection — travail des enfants, repos hebdomadaire — et des assurances naissantes, pas un État social.
  • Prendre une photographie d'atelier pour un reflet neutre du travail : ces vues sont le plus souvent des commandes patronales, posées, réalisées dans les ateliers les plus présentables. Nommer le commanditaire et l'usage prévu, puis conclure sur la portée et les limites, vaut mieux que décrire la machine du premier plan.

§ 04

Révision active

À l'aide de vos connaissances et de données chiffrées sur la population, rédigez un paragraphe structuré montrant que la société française connaît, entre 1870 et 1914, à la fois des permanences (poids durable du monde rural) et de profondes mutations (industrialisation, urbanisation, montée du monde ouvrier, évolution de la place des femmes).

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Rappel actif

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§ 05
§ 05

Métropole et colonies : la République et son empire#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

Discours colonial et réalités de la domination

L'empire, contradiction du projet républicainTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Le discours (« mission civilisatrice ») · Les réalités de la domination; « Devoir » de civiliser (Ferry, 1885) · Conquête militaire, violences; Apporter progrès, école, santé · Sujets et non citoyens; Grandeur de la France · Code de l'indigénat (1881); Propagande (expositions coloniales) · Exploitation économique, cellule mise en évidence : Sujets et non citoyensLe discours (« missioncivilisatrice »)Les réalités de ladomination« Devoir » de civiliser(Ferry, 1885)Conquête militaire,violencesApporter progrès, école,santéSujets et non citoyensGrandeur de la FranceCode de l'indigénat (1881)Propagande (expositionscoloniales)Exploitation économique
Fig. 6La confrontation au cœur du thème : d'un côté le DISCOURS de la « mission civilisatrice » (Ferry, 1885, propagande), de l'autre les RÉALITÉS de la domination (sujets et non citoyens, Code de l'indigénat, exploitation). Le projet républicain universaliste se contredit dans l'empire.

Points clés

Une expansion massive (1885-1914) — point de passage « la IIIe République et le fait colonial » : la République construit le deuxième empire colonial du monde après celui du Royaume-Uni. Conquêtes en Afrique (Afrique-Occidentale française, Afrique-Équatoriale française, Madagascar, Maghreb) et en Asie (Indochine). La conférence de Berlin (1884-1885) organise le partage de l'Afrique entre puissances européennes.
Les motifs de la colonisation : motifs économiques (matières premières, débouchés, investissements), politiques et stratégiques (puissance, prestige national après la défaite de 1870, rivalités entre puissances = impérialisme), et idéologiques. Jules Ferry défend en 1885 l'idée d'une « mission civilisatrice » : « les races supérieures ont [...] le devoir de civiliser les races inférieures » — un discours qui justifie la domination par une hiérarchie raciste.
Le mythe de la « mission civilisatrice » : la propagande coloniale (écoles, affiches, expositions coloniales) présente la colonisation comme un bienfait (apport de la médecine, des routes, de l'école). Mais ce discours masque une domination violente : conquêtes militaires meurtrières, expropriations, exploitation économique.
Les réalités coloniales : les populations colonisées sont des SUJETS, non des citoyens. Le Code de l'indigénat (formalisé à partir de 1881 en Algérie, étendu à l'empire) instaure un régime d'EXCEPTION : peines spéciales, travail forcé, corvées, impôts spécifiques, justice inégalitaire. L'égalité républicaine proclamée en métropole est niée dans les colonies.
La contradiction majeure du projet républicain : une République qui se réclame des droits de l'homme et de l'universalisme institue, outre-mer, un ordre inégalitaire et raciste. Cette contradiction est au cœur de la « mémoire coloniale », dimension historique d'un enjeu très présent dans les débats contemporains.

Vocabulaire

→ Cartes
  • impérialismePolitique d'expansion et de domination d'un État sur des territoires étrangers, par la conquête, la tutelle politique ou la mainmise économique, dans un contexte de rivalité entre puissances européennes.
  • mission civilisatriceDiscours de justification de la colonisation présentant la domination européenne comme le devoir d'apporter le progrès à des peuples jugés inférieurs ; c'est une idéologie hiérarchisant les sociétés, non une description des faits.
  • code de l'indigénatEnsemble de règles d'exception appliquées aux sujets des colonies, qui permettent à l'administration de sanctionner sans juge des infractions propres aux colonisés et d'imposer corvées, prestations et impôts particuliers.
  • sujet colonialHabitant d'une colonie possédant la nationalité française sans en avoir la citoyenneté : il ne vote pas, relève du régime de l'indigénat et conserve un statut personnel distinct du droit commun.
  • protectoratRégime dans lequel la puissance colonisatrice laisse subsister le souverain et les institutions locales tout en contrôlant la diplomatie, l'armée et les finances, à la différence de la colonie administrée directement.
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Exemple corrigé

Analyse de document — Jules Ferry et la « mission civilisatrice » (1885)

Le 28 juillet 1885, Jules Ferry déclare à la Chambre des députés : « Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures [...] parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Présentez ce document, dégagez la justification de la colonisation qu'il propose, puis CONFRONTEZ ce discours aux réalités coloniales. Rédigez un paragraphe structuré.

  1. 01Présenter le document et poser le problème

    C'est un extrait de discours politique prononcé par Jules Ferry, ancien président du Conseil et grande figure républicaine, devant la Chambre des députés le 28 juillet 1885, en plein essor de l'expansion coloniale. Problème : comment la République justifie-t-elle la colonisation, et ce discours résiste-t-il à l'épreuve des faits ?

  2. 02Premier temps — la justification proposée

    Ferry fonde un « droit » des « races supérieures » sur un prétendu « devoir » de « civiliser les races inférieures ». C'est l'idéologie de la MISSION CIVILISATRICE, qui présente la colonisation comme un bienfait (apporter l'école, la médecine, le progrès) et repose sur une hiérarchie raciste des peuples.

  3. 03Second temps — la confrontation aux réalités

    Or les réalités démentent ce discours : conquêtes militaires violentes, expropriations, exploitation économique. Surtout, les colonisés sont des SUJETS et non des citoyens, soumis au Code de l'indigénat (régime d'exception : peines spéciales, travail forcé, justice inégalitaire). L'égalité républicaine proclamée en métropole est niée dans l'empire.

  4. 04Conclure par la mise en perspective

    Le document illustre la CONTRADICTION majeure de la période : une République universaliste, qui se réclame des droits de l'homme, institue dans ses colonies un ordre inégalitaire et raciste. C'est cette contradiction qui nourrit aujourd'hui les débats sur la mémoire coloniale.

Résultat : Réponse argumentée : ce discours de Jules Ferry (Chambre, 1885) justifie la colonisation par l'idéologie de la « mission civilisatrice » et une hiérarchie raciste des « races ». Mais ce discours masque les réalités de la domination : conquêtes violentes, exploitation, et surtout des colonisés réduits au statut de sujets soumis au Code de l'indigénat. La confrontation révèle la contradiction centrale du thème — une République des droits de l'homme qui nie l'égalité dans son empire, ce qui éclaire la mémoire coloniale contemporaine.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Confronter le DISCOURS colonial (« mission civilisatrice », Ferry 1885) et les RÉALITÉS de la domination (Code de l'indigénat, sujets et non citoyens, exploitation) : c'est la confrontation attendue entre projet et réalités.
  • Objectif Bac — Sur une affiche d'exposition coloniale ou une carte de l'empire vers 1914, analyser comment la République met en scène sa puissance et justifie la colonisation.
  • Objectif Bac — Contextualiser le discours de Ferry du 28 juillet 1885 avant d'en citer la moindre ligne : Ferry n'est plus président du Conseil, il est tombé quatre mois plus tôt sur l'affaire du Tonkin, et il parle devant une Chambre hostile où Clemenceau lui oppose les droits de l'homme et les nationalistes le devoir de revanche. C'est le plaidoyer d'un homme contesté, non la doctrine paisible d'un régime.
  • Objectif Bac — Mettre en perspective la diversité des statuts, car « l'empire » n'est pas un bloc : l'Algérie est découpée en départements depuis 1848, la Tunisie en 1881 et le Maroc en 1912 sont des protectorats qui conservent leur souverain, l'Indochine associe colonie et protectorats. Le statut des personnes varie de même — décret Crémieux de 1870 pour les Juifs d'Algérie, sujétion pour les musulmans sauf renonciation à leur statut personnel.
  • Objectif Bac — Construire un croquis de l'empire vers 1914 en datant chaque figuré : Algérie à partir de 1830, Tunisie en 1881, Union indochinoise en 1887, AOF en 1895, Madagascar en 1896, AEF en 1910, Maroc en 1912. La légende doit distinguer colonies, protectorats et vieilles colonies ; c'est elle qui prouve la connaissance, pas le coloriage.

Erreurs fréquentes

  • Prendre la « mission civilisatrice » pour argent comptant : c'est un discours de justification, une idéologie qui masque la domination, l'exploitation et la hiérarchie raciste — non une description objective.
  • Croire que les colonisés étaient des citoyens français à égalité de droits : la grande majorité étaient des SUJETS soumis au Code de l'indigénat, régime d'exception qui niait l'égalité républicaine.
  • Faire commencer l'empire en 1885 : la conquête de l'Algérie s'ouvre en 1830, sous la Restauration, et les « vieilles colonies » — Antilles, Guyane, Réunion, comptoirs — sont antérieures d'un siècle et davantage. Ce que la Troisième République accélère à partir des années 1880 est une SECONDE expansion, non une création.
  • Peindre des colonisés passifs : la conquête se heurte à des résistances longues et armées, celle de Samory Touré en Afrique de l'Ouest jusqu'à sa capture en 1898, celle des insurgés malgaches réprimée après l'annexion de 1896. Les taire revient à adopter le point de vue du colonisateur, ce que l'étude critique de document doit précisément éviter.
  • Recopier la phrase de Ferry sur les « races supérieures » sans l'analyser : citer n'est pas expliquer. Il faut dire à qui il répond, ce que le mot « devoir » recouvre — justifier des crédits et des expéditions — et surtout ce que le document TAIT : le Code de l'indigénat, le travail forcé, l'impôt spécifique. La portée d'un discours se mesure aussi à ses silences.

§ 05

Révision active

À partir d'un extrait du discours de Jules Ferry à la Chambre des députés (28 juillet 1885) affirmant que « les races supérieures ont [...] le devoir de civiliser les races inférieures », et de vos connaissances, rédigez un paragraphe d'analyse : présentez le document, dégagez la justification de la colonisation qu'il propose (mission civilisatrice), puis CONFRONTEZ ce discours aux réalités coloniales (sujets et non citoyens, Code de l'indigénat, exploitation).

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01Fonder et enraciner la République (1870-1879)○
    • 02Les lois fondatrices : libertés, école et laïcité◐
    • 03L'affaire Dreyfus : la République à l'épreuve (1894-1906)◐
    • 04La société française : permanences et mutations jusqu'en 1914◐
    • 05Métropole et colonies : la République et son empire●

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La Troisième République et l'empire colonial

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019

Voir aussi

  • L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)D'où vient l'idée républicaine et pourquoi elle a mis quatre-vingts ans à s'imposer.
  • La Première Guerre mondiale et la fin des empiresL'Union sacrée et la mobilisation de l'empire colonial mettent la République à l'épreuve du feu.
  • Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)L'empire construit ici est démantelé par la décolonisation d'après 1945.

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L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)

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