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Fiches/Histoire-Géographie/Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)
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Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le monde se réorganise autour de deux superpuissances rivales, les États-Unis et l'URSS, qui imposent leurs modèles et structurent un affrontement global : la guerre froide. Sans jamais s'affronter directement, les deux Grands se mesurent par crises et conflits périphériques interposés, sous la menace nucléaire. Parallèlement, la décolonisation fait surgir de nouveaux acteurs — le tiers-monde et le non-alignement —, signe d'un monde bipolaire mais déjà traversé par la multiplication des acteurs internationaux. La France elle-même, après ses décolonisations (Indochine, Algérie) et le retour de de Gaulle, cherche une voie d'indépendance qui complexifie l'ordre bipolaire.

5 sections·~31 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0888 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique d'un document selon une approche historique : identifier la nature, l'auteur, la date, le contexte et l'intention d'une source de la guerre froide (discours, carte géopolitique, caricature, photographie), en dégager le sens et la portée et en mesurer les limites — capacité travaillée en terminale dans l'étude critique de document(s).Contextualiser et mettre en relation : situer une crise de la guerre froide dans la chronologie de la bipolarité et l'articuler avec le processus de décolonisation et l'émergence du tiers-monde, pour expliquer la multiplication des acteurs internationaux de 1945 au début des années 1970.Identifier les permanences et les ruptures de la période : distinguer ce qui relève de l'affrontement stable des blocs (équilibre de la terreur, coexistence pacifique) et ce qui constitue une rupture (entrée de nouveaux États, remise en cause de l'ordre bipolaire).Construire et rédiger une argumentation historique structurée (composition ou étude critique de document[s]) mobilisant repères, notions et raisonnement — capacité d'écrit attendue en terminale.
Opérateurs :analyser un document (carte géopolitique, discours, caricature, photographie)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualisermettre en relation (crises de la guerre froide et décolonisation)expliquercomparer (les deux modèles, les phases de la guerre froide)argumenterrédiger une composition / une étude critique de document(s)

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions du thème. Repères clés : 1945 (création de l'ONU ; conférences de Yalta et Potsdam) ; 1947 (doctrines Truman et Jdanov, plan Marshall) ; 1948-1949 (blocus de Berlin) ; 1949 (OTAN, RFA et RDA, République populaire de Chine, première bombe A soviétique) ; 1955 (conférence de Bandung, pacte de Varsovie) ; 1958 (retour de de Gaulle, fondation de la Ve République) ; 1960 (première bombe atomique française) ; 1961 (mur de Berlin, sommet des non-alignés à Belgrade) ; 1962 (crise de Cuba ; accords d'Évian et indépendance de l'Algérie) ; 1966 (retrait français du commandement intégré de l'OTAN) ; 1947-1962 (décolonisations, dont l'indépendance de l'Inde en 1947 et la guerre d'Algérie 1954-1962) ; 1965-1973 (engagement américain au Vietnam). Sachez DÉFINIR avec précision : bipolarité, guerre froide, bloc, modèle, rideau de fer, endiguement, équilibre de la terreur, coexistence pacifique, détente, décolonisation, tiers-monde, non-alignement, indépendance nationale (force de frappe).

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : maniez la guerre froide comme un affrontement TOTAL mais INDIRECT — idéologique, économique, culturel, scientifique (course à l'espace) et géopolitique — où la dissuasion nucléaire (« équilibre de la terreur ») interdit le choc frontal et reporte la violence sur les périphéries. Distinguez les phases (tensions 1947-1953 ; « coexistence pacifique » et crises paroxystiques 1953-1962 ; détente après 1962). Surtout, montrez la THÈSE du thème : la bipolarité n'est pas un face-à-face figé à deux, car la décolonisation et Bandung font émerger le tiers-monde et le non-alignement, c'est-à-dire une MULTIPLICATION des acteurs internationaux qui complexifie l'ordre mondial dès les années 1950-1960.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)
    • 011945 : la fin de la guerre et la construction d'un nouvel ordre mondial○
    • 02La guerre froide : la formation des blocs et l'équilibre de la terreur◐
    • 03Conflits périphériques et coexistence des superpuissances◐
    • 04Décolonisation, émergence du tiers-monde et non-alignement●
    • 05La France : une nouvelle place dans le monde (1945 aux années 1970)●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

1945 : la fin de la guerre et la construction d'un nouvel ordre mondial#

~5 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

1945 : un ordre de paix vite rivalisé

L'ONU et deux modèles rivauxGraphe, 1945 : fin de la guerre → ONU (sécurité collective), 1945 : fin de la guerre → Modèle libéral (États-Unis), 1945 : fin de la guerre → Modèle communiste (URSS), Modèle libéral (États-Unis) → Rivalité → guerre froide, Modèle communiste (URSS) → Rivalité → guerre froide1945 : fin de laguerreONU (sécuritécollective)Modèle libéral(États-Unis)Modèlecommuniste(URSS)Rivalité →guerre froide
Fig. 1L'ordre de 1945 : une institution de paix (l'ONU) vite paralysée par la rivalité de deux modèles que tout oppose.

Points clés

En 1945, l'Europe est ruinée et discréditée, tandis que deux SUPERPUISSANCES dominent le monde : les États-Unis (première puissance économique, seuls détenteurs de l'arme atomique jusqu'en 1949) et l'URSS (vainqueur prestigieux, Armée rouge en Europe de l'Est). On parle de monde BIPOLAIRE car l'essentiel de la puissance se concentre autour de ces deux « pôles ».
Les conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945) organisent la fin de la guerre et le sort de l'Allemagne (dénazification, démilitarisation, partage en zones d'occupation). Elles révèlent déjà les désaccords entre Alliés sur l'avenir de l'Europe, notamment la liberté des peuples libérés.
L'ONU (Organisation des Nations unies, charte de San Francisco, 26 juin 1945) doit garantir la paix collective et les droits humains. Mais son Conseil de sécurité confie un pouvoir décisif à cinq membres permanents disposant du DROIT DE VETO (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine) : la rivalité des deux Grands paralysera souvent l'institution.
Deux MODÈLES rivaux s'opposent et veulent s'étendre : le modèle AMÉRICAIN (démocratie libérale, capitalisme, société de consommation, « American way of life ») et le modèle SOVIÉTIQUE (parti unique, économie planifiée et collectivisée, « patrie du socialisme »). Cette rivalité idéologique est le moteur de la guerre froide.
Rappel de première : la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et l'effondrement des puissances européennes constituent l'arrière-plan immédiat du thème ; ils ne sont pas une capacité attendue de terminale mais expliquent pourquoi le monde de 1945 devient bipolaire.

Vocabulaire

→ Cartes
  • BipolaritéOrganisation des relations internationales autour de deux pôles de puissance rivaux qui structurent l'ensemble des alliances, ici les États-Unis et l'URSS entre 1947 et 1991.
  • SuperpuissanceÉtat dont la supériorité militaire, économique et idéologique s'exerce à l'échelle du monde entier et dépasse celle de toute puissance régionale ; seuls les États-Unis et l'URSS le sont après 1945.
  • Droit de vetoPouvoir reconnu à chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité d'empêcher à lui seul l'adoption d'une résolution de l'ONU.
  • Sécurité collectivePrincipe selon lequel l'agression subie par un État est traitée comme une menace contre tous, les membres de l'organisation s'engageant à y répondre ensemble.
  • DénazificationPolitique menée par les Alliés dans l'Allemagne occupée à partir de 1945 pour éliminer le nazisme des institutions, de la justice, de l'enseignement et de la vie publique.
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Exemple corrigé

Réponse organisée : opposer les deux modèles de 1945

Présentez et opposez le modèle américain et le modèle soviétique tels qu'ils s'imposent au sortir de la Seconde Guerre mondiale (régime politique, organisation économique, projet de société).

  1. 01Poser le cadre

    Annoncer que le monde de 1945 est dominé par deux superpuissances qui n'incarnent pas seulement deux puissances, mais deux MODÈLES de société qui prétendent à l'universel : c'est cette rivalité idéologique qui structurera la guerre froide.

  2. 02Le régime politique

    Modèle américain : démocratie libérale, pluralisme, élections libres, libertés individuelles. Modèle soviétique : parti unique (le PCUS), dictature au nom du prolétariat, absence de libertés et contrôle policier. Toujours comparer le MÊME critère des deux côtés.

  3. 03L'organisation économique

    Modèle américain : capitalisme, propriété privée, libre marché, prospérité tirée par la société de consommation. Modèle soviétique : économie planifiée et étatisée, collectivisation des terres et de l'industrie, primauté de l'État sur le marché.

  4. 04Le projet de société et son rayonnement

    L'« American way of life » diffuse un idéal de bien-être matériel et de liberté individuelle ; la « patrie du socialisme » promet l'égalité et l'émancipation des travailleurs. Chacun cherche à étendre son influence : plan Marshall (1947) côté américain, Kominform (1947) côté soviétique.

  5. 05Conclure

    Deux modèles que tout oppose, mais qui partagent une même ambition : convaincre le monde et l'attirer dans leur camp. L'affrontement sera donc idéologique avant d'être militaire.

Résultat : Une réponse réussie compare systématiquement les deux modèles sur les mêmes critères (politique, économie, société) et conclut sur leur rivalité idéologique, matrice de la guerre froide.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir caractériser en quelques lignes la situation du monde en 1945 (bipolarité, deux superpuissances, effacement de l'Europe) et le rôle — ainsi que les limites — de l'ONU.
  • Objectif Bac : être capable d'OPPOSER point par point le modèle américain et le modèle soviétique (régime politique, organisation économique, projet de société) dans une réponse organisée.
  • Objectif Bac : contextualiser avant d'interpréter. Un document de février 1945 est produit par des ALLIÉS encore en guerre, non par deux adversaires ; dater précisément évite d'y lire une guerre froide qui n'a pas commencé.
  • Objectif Bac : justifier le blocage du Conseil de sécurité par le mécanisme du droit de veto — un seul membre permanent suffit à faire tomber une résolution — et non par une formule vague sur la faiblesse de l'ONU.
  • Objectif Bac : mettre en perspective l'ONU et la SDN de 1919 pour montrer ce que 1945 prétend corriger : adhésion des États-Unis, siège permanent accordé aux vainqueurs, possibilité de recourir à la force.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l'ONU (1945, sécurité collective mondiale) et l'OTAN (1949, alliance militaire d'un seul bloc) : ce sont deux organisations de nature et de date différentes.
  • Présenter la rupture entre les deux Grands comme immédiate en 1945 : à Yalta, ce sont encore des ALLIÉS ; la rupture ouverte se cristallise en 1947 (doctrines Truman et Jdanov).
  • Écrire que Yalta « partage le monde en deux » : la conférence de février 1945 organise la fin de la guerre, le sort de l'Allemagne et la future ONU. Le « partage de Yalta » est une construction postérieure, forgée dans la polémique de guerre froide ; les zones d'influence résultent d'abord de l'avancée des armées en 1944-1945.
  • Prêter à l'ONU les traits de la SDN, créée en 1919-1920 sans les États-Unis et sans force armée : l'organisation de 1945 comprend Washington, dote cinq vainqueurs d'un siège permanent et prévoit des moyens de coercition. Deux institutions, deux époques, deux logiques.
  • Recopier l'en-tête d'un document — « Charte des Nations unies, San Francisco, 26 juin 1945 » — en guise d'analyse. Une source s'exploite : qui l'écrit, dans quelles circonstances, devant quel public, pour obtenir quoi. Une référence recopiée n'atteste d'aucune compréhension.

§ 01

Révision active

À l'aide du schéma et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté qui montre pourquoi le monde de 1945 peut être qualifié de « bipolaire », en présentant les deux superpuissances et les deux modèles qu'elles incarnent.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La guerre froide : la formation des blocs et l'équilibre de la terreur#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

La formation des deux blocs (1947-1955)

La bipolarisation du mondeFrise chronologique de 1946 à 1956, 1947: Doctrines Truman / Jdanov, 1948: Blocus de Berlin, 1949: OTAN ; RFA / RDA, 1955: Pacte de Varsovie19461956année1947Doctrines Truman/ Jdanov1948Blocus de Berlin1949OTAN ; RFA / RDA1955Pacte deVarsovie
Fig. 21947-1955 : de la rupture des doctrines à la mise en place de deux systèmes d'alliances opposés, de part et d'autre du « rideau de fer ».

Points clés

L'année 1947 marque la rupture ouverte : la DOCTRINE TRUMAN (mars 1947) annonce l'« endiguement » (containment) du communisme et la doctrine JDANOV (septembre 1947) réplique en divisant le monde en deux camps irréconciliables. Le PLAN MARSHALL (1947), aide économique des États-Unis à l'Europe, est refusé par l'URSS, qui crée le Kominform : les BLOCS se constituent.
Les blocs se dotent d'organisations rivales : à l'Ouest, l'OTAN (1949, alliance militaire) ; à l'Est, le CAEM (1949, coopération économique) puis le PACTE DE VARSOVIE (1955, alliance militaire). L'expression « RIDEAU DE FER » (Churchill, 1946) désigne la coupure de l'Europe en deux.
Berlin est le symbole de la guerre froide : lors du BLOCUS DE BERLIN (1948-1949), l'URSS coupe les accès à Berlin-Ouest ; les Occidentaux répliquent par un gigantesque pont aérien. La crise débouche en 1949 sur la division de l'Allemagne en deux États : la RFA (à l'Ouest) et la RDA (à l'Est).
La guerre froide est un affrontement GLOBAL et TOTAL (idéologique, économique, culturel, scientifique avec la course à l'espace) mais SANS guerre directe entre les deux Grands, car l'arme nucléaire (l'URSS l'obtient en 1949) instaure l'« ÉQUILIBRE DE LA TERREUR » : une guerre totale signifierait la destruction mutuelle.
Deux séquences à ne pas intervertir. La « COEXISTENCE PACIFIQUE » est formulée par Khrouchtchev au XXᵉ congrès du PCUS, en février 1956, dans le même mouvement que la dénonciation des crimes de Staline : les deux camps peuvent coexister sans guerre, la compétition se déplaçant sur les terrains économique, technique et idéologique. Elle n'empêche ni la répression de Budapest la même année, ni le mur de Berlin en 1961, ni les fusées de Cuba en 1962 — coexister n'est pas s'entendre. C'est APRÈS le paroxysme cubain que s'ouvre la DÉTENTE proprement dite, qui institutionnalise le dialogue : le « téléphone rouge » Washington-Moscou et le traité de Moscou interdisant les essais nucléaires dans l'atmosphère en 1963, le traité de non-prolifération en 1968, les accords SALT I en 1972, l'acte final d'Helsinki en 1975. Les deux Grands limitent le risque d'irréparable sans renoncer à leur rivalité, qu'ils continuent de mener par périphéries interposées.
L'ENDIGUEMENT a une paternité intellectuelle précise. Le diplomate américain George Kennan, en poste à Moscou, expose en février 1946 dans un long télégramme, puis en juillet 1947 dans un article de la revue Foreign Affairs signé du seul « X », l'idée que l'expansion soviétique doit être contenue avec patience et fermeté, sans guerre. Cette stratégie défensive se distingue du « refoulement » (roll back), que réclament certains responsables américains au début des années 1950 et qui supposerait de faire reculer le communisme là où il est déjà établi : Washington ne l'appliquera jamais, comme le montre l'absence de tout secours occidental aux insurgés de Budapest en 1956. L'endiguement éclaire aussi l'articulation des deux outils de 1947 : la doctrine Truman fixe l'objectif politique en mars, le plan Marshall lui fournit en juin son levier économique, en pariant qu'une Europe reconstruite votera moins pour les partis communistes.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Endiguement (containment)Stratégie américaine formulée en 1947, visant à contenir l'expansion du communisme là où il n'est pas encore installé, par une pression durable et sans recourir à la guerre.
  • Rideau de ferCoupure politique, militaire et humaine séparant de la Baltique à l'Adriatique l'Europe sous contrôle soviétique de l'Europe occidentale.
  • Équilibre de la terreurSituation dans laquelle deux adversaires dotés de l'arme nucléaire se dissuadent mutuellement d'attaquer, chacun étant assuré d'être détruit en retour.
  • Dissuasion nucléaireDoctrine militaire selon laquelle la possession d'un arsenal capable de riposter suffit à empêcher l'agression, sans que l'arme ait à être employée.
  • Démocratie populaireNom donné aux régimes d'Europe de l'Est installés entre 1945 et 1948 sous contrôle soviétique, où un parti communiste unique détient le pouvoir derrière une façade électorale.

Crises et équilibre de la terreur (1948-1975)

Le paroxysme : Cuba (1962)Frise chronologique de 1947 à 1976, 1948: Blocus de Berlin, 1950: Guerre de Corée, 1961: Mur de Berlin, 1962: Crise de Cuba, 1975: Fin du Vietnam19471976année1948Blocus de Berlin1950Guerre de Corée1961Mur de Berlin1962Crise de Cuba1975Fin du Vietnam
Fig. 3La crise de Cuba (1962) est le sommet de la tension : passé ce paroxysme, les deux Grands choisissent le dialogue.

La course aux armements nucléaires : nombre approximatif de têtes nucléaires (ordres de grandeur, États-Unis et URSS)

Course aux armements nucléaires (milliers de têtes)Graphique en courbes: Têtes nucléaires (milliers) selon Année, Données: Têtes nucléaires (milliers) · 1950: 0.3; Têtes nucléaires (milliers) · 1955: 2.4; Têtes nucléaires (milliers) · 1960: 20.4; Têtes nucléaires (milliers) · 1965: 38.1; Têtes nucléaires (milliers) · 1970: 39.70510152025303519501955196019651970Têtes nucléaires (milliers)Année
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Exemple corrigé

Étude critique guidée : le blocus de Berlin (1948-1949)

À partir de vos connaissances, montrez en quoi la crise du blocus de Berlin (1948-1949) illustre la logique de la guerre froide et ses limites (un affrontement indirect).

  1. 01Identifier la crise

    Berlin, ancienne capitale du Reich, est située en pleine zone soviétique mais divisée en secteurs entre vainqueurs. En juin 1948, l'URSS bloque les accès terrestres à Berlin-Ouest pour contraindre les Occidentaux à quitter la ville. C'est la première grande crise de la guerre froide.

  2. 02Analyser la réplique occidentale

    Plutôt que de forcer le passage (risque de guerre), les États-Unis et leurs alliés organisent un PONT AÉRIEN qui ravitaille Berlin-Ouest pendant près d'un an. Le choix du pont aérien est révélateur : on refuse l'affrontement DIRECT.

  3. 03En dégager la logique de guerre froide

    Aucun coup de feu n'est échangé entre soldats américains et soviétiques : la crise se joue par la pression, la propagande et la démonstration de force. C'est l'illustration parfaite d'un affrontement TOTAL (enjeu symbolique mondial) mais INDIRECT.

  4. 04Mesurer la portée

    L'URSS lève le blocus en mai 1949. La crise débouche sur la division durable de l'Allemagne (RFA et RDA en 1949) et fait de Berlin le symbole du monde coupé en deux, jusqu'à la construction du mur en 1961.

Résultat : La crise de Berlin montre que la guerre froide se joue par crises interposées : chacun teste l'adversaire sans jamais déclencher la guerre directe, sous la menace de l'escalade nucléaire.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : maîtriser et placer dans l'ordre les grands repères de la guerre froide (1947 doctrines et plan Marshall, 1948-1949 blocus de Berlin, 1949 OTAN et division de l'Allemagne, 1955 pacte de Varsovie, 1962 Cuba).
  • Objectif Bac : savoir expliquer le paradoxe de l'« équilibre de la terreur » — c'est précisément la menace nucléaire qui rend une guerre directe entre les deux Grands impossible et impose la coexistence.
  • Objectif Bac : confronter les doctrines Truman et Jdanov en cherchant d'abord ce qu'elles ont en commun — la division du monde en deux camps irréconciliables — avant de relever ce qui les oppose. Une confrontation n'est pas deux résumés posés côte à côte.
  • Objectif Bac : analyser une carte de l'Europe de la guerre froide sur trois niveaux de lecture : le tracé du rideau de fer, l'appartenance aux alliances militaires, et les cas qui échappent aux deux blocs (Yougoslavie depuis 1948, Autriche neutre depuis 1955, Finlande).
  • Objectif Bac : justifier que Berlin soit le point névralgique de la guerre froide en enchaînant des épisodes datés — le blocus de 1948-1949, l'ultimatum de Khrouchtchev en novembre 1958, la construction du mur en août 1961.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'il y a eu une guerre ouverte entre les États-Unis et l'URSS : par définition, la guerre est « froide » car les deux Grands ne s'affrontent JAMAIS directement.
  • Confondre « coexistence pacifique »/« détente » avec la fin de la guerre froide : la rivalité demeure, on parle seulement d'un apaisement et d'un dialogue pour éviter la catastrophe nucléaire.
  • Employer « doctrine Truman » et « plan Marshall » comme synonymes : la doctrine du 12 mars 1947 est un engagement politique de soutien aux peuples menacés, le plan annoncé le 5 juin 1947 est une aide économique en crédits, matières premières et équipements, répartie par l'OECE à partir de 1948.
  • Écrire que l'URSS « a refusé » le plan Marshall sans dire qu'elle l'a aussi fait refuser : la Tchécoslovaquie, d'abord favorable en juillet 1947, doit se rétracter sur ordre de Moscou. C'est ce refus imposé aux démocraties populaires qui achève de couper l'Europe en deux.
  • Paraphraser un discours de 1947 en le suivant ligne à ligne (« d'abord Truman dit que…, ensuite il dit que… »). Reformuler n'est pas comprendre : il faut nommer le procédé — ici l'opposition entre deux modes de vie présentés comme incompatibles — et dire à quoi il sert.

§ 02

Révision active

À partir de la frise et du schéma, expliquez en quoi la guerre froide est un affrontement total mais indirect : montrez le rôle de l'arme nucléaire dans le maintien d'un « équilibre de la terreur ».

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Conflits périphériques et coexistence des superpuissances#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

La guerre par procuration

Le mécanisme des guerres par procurationGraphe, États-Unis → Camp pro-occidental, URSS → Camp pro-soviétique, Camp pro-occidental → Conflits périphériques (Corée, Vietnam), Camp pro-soviétique → Conflits périphériques (Corée, Vietnam)États-UnisURSSCamp pro-occidentalCamp pro-soviétiqueConflitspériphériques(Corée, Vietnam)
Fig. 5Les deux Grands s'affrontent par camps interposés sur des terrains lointains : la dissuasion nucléaire reporte la violence vers les périphéries.

Points clés

Faute de pouvoir s'affronter directement, les deux Grands se mesurent par CONFLITS PÉRIPHÉRIQUES (ou « guerres par procuration ») : ils soutiennent chacun un camp dans des guerres locales, sur des terrains éloignés de leur territoire. La violence est réelle, mais elle frappe d'autres peuples que les leurs.
La guerre de CORÉE (1950-1953) est le premier grand affrontement armé de la guerre froide : la Corée du Nord communiste (soutenue par l'URSS et la Chine) contre la Corée du Sud (soutenue par l'ONU et les États-Unis). Elle se solde par un statu quo (frontière au 38e parallèle) sans affrontement direct USA-URSS.
La guerre du VIETNAM (engagement américain de 1965 à 1973) est le point de passage majeur du thème : les États-Unis s'enlisent face à un Nord-Vietnam communiste soutenu par l'URSS et la Chine. Le coût humain, le bourbier militaire et la contestation interne aux États-Unis en font un échec retentissant pour la superpuissance américaine.
La crise de CUBA (octobre 1962) — autre point de passage — est l'apogée de la tension : la découverte de missiles soviétiques à Cuba conduit le monde au bord de la guerre nucléaire avant un compromis. Elle révèle à la fois la dangerosité de la bipolarité et la nécessité du dialogue.
Ces crises débouchent sur une logique de COEXISTENCE PACIFIQUE et de DÉTENTE : la dissuasion nucléaire rend la guerre directe « impensable », ce qui pousse les deux Grands à gérer leur rivalité, à négocier (limitation des armements) et à se partager implicitement des zones d'influence, sans renoncer à s'affronter ailleurs.
La guerre de Corée met à nu le MÉCANISME qui interdit l'escalade. En juin 1950, le Conseil de sécurité peut autoriser une intervention sous drapeau des Nations unies parce que le délégué soviétique pratique alors la politique de la chaise vide et n'est pas là pour opposer son veto. À l'automne, l'entrée en guerre de centaines de milliers de « volontaires » chinois repousse les forces onusiennes vers le sud ; le général MacArthur réclame alors de porter le conflit au-delà du fleuve Yalu, en Chine, arme atomique comprise. Truman le relève de son commandement en avril 1951 et fixe ainsi une règle qui vaudra pour toute la guerre froide : un conflit périphérique doit rester périphérique et limité, sous peine d'engager directement les deux Grands. L'armistice de Panmunjeom, en juillet 1953, laisse la frontière presque là où elle se trouvait en 1950, après plusieurs millions de morts, civils compris.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Conflit périphériqueGuerre locale, éloignée du territoire des deux Grands, dans laquelle chacun soutient un camp par des armes, des financements et des conseillers sans engager ses propres forces contre celles de l'autre.
  • Coexistence pacifiqueLigne définie par Khrouchtchev en 1956, admettant que les deux systèmes existent en même temps et rivalisent sans guerre, la compétition se déplaçant sur les terrains économique, scientifique et idéologique.
  • DétentePhase d'apaisement des relations Est-Ouest, des années 1960 au milieu des années 1970, marquée par la négociation sur les armements et la reconnaissance des frontières issues de 1945, sans que la rivalité disparaisse.
  • Politique de la chaise videRefus de siéger dans une organisation pour marquer son désaccord ; l'URSS y recourt au Conseil de sécurité en 1950, ce qui permet le vote de l'intervention onusienne en Corée.
  • EscaladeMontée progressive de l'engagement militaire dans un conflit, chaque renforcement d'un camp appelant celui de l'adversaire ; les États-Unis la pratiquent au Vietnam à partir de 1965.
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Exemple corrigé

Analyse de document : une caricature de la crise de Cuba (1962)

On vous propose une caricature de presse de 1962 représentant Kennedy et Khrouchtchev assis chacun sur un tas de bombes atomiques, se serrant la gorge d'une main tout en tenant de l'autre le bouton du feu nucléaire. Analysez ce document : que dénonce-t-il et quelle est sa portée ?

  1. 01Identifier le document (nature, contexte)

    C'est une caricature de presse, document d'opinion à visée critique, datée de 1962 — l'année de la crise de Cuba, sommet de la tension de la guerre froide. Replacer le document dans son contexte est la première étape d'une analyse critique.

  2. 02Décrire et décoder les symboles

    Les deux dirigeants (Kennedy pour les États-Unis, Khrouchtchev pour l'URSS) sont mis sur un PIED D'ÉGALITÉ, assis sur des montagnes d'armes nucléaires : c'est l'« équilibre de la terreur ». Le geste — se serrer la gorge tout en tenant le bouton — symbolise la destruction mutuelle assurée.

  3. 03Dégager le message

    Le dessinateur dénonce l'ABSURDITÉ de la course aux armements : chacun peut anéantir l'autre, donc personne ne peut frapper sans se condamner. La caricature montre la peur d'une guerre nucléaire que la crise de Cuba a rendue très concrète.

  4. 04Mesurer la portée et les limites

    Portée : le document éclaire la prise de conscience qui débouche sur le dialogue (téléphone rouge en 1963, détente). Limites : c'est une opinion qui simplifie et caricature ; il faut la confronter aux faits et ne pas la prendre pour un récit objectif.

Résultat : L'analyse réussie identifie la nature et le contexte du document, décode ses symboles (équilibre de la terreur, destruction mutuelle), dégage son message critique et en mesure la portée comme les limites.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir expliquer, à partir d'un exemple précis (Corée, Vietnam ou Cuba), le mécanisme du conflit périphérique — qui soutient qui, pourquoi pas d'affrontement direct, quelles conséquences.
  • Objectif Bac : savoir analyser un document de la guerre froide (carte, caricature, discours) en identifiant le point de vue d'un camp et en mesurant la part de propagande.
  • Objectif Bac : contextualiser la crise de Cuba en remontant à ses causes immédiates — révolution castriste de 1959, tentative de débarquement de la baie des Cochons en avril 1961, missiles américains déployés en Turquie — pour ne pas la présenter comme un coup de tonnerre sans antécédent.
  • Objectif Bac : confronter un document américain et un document soviétique ou nord-vietnamien sur le même épisode en cherchant le point de désaccord FACTUEL, pas seulement la différence de ton. C'est là que se joue la confrontation.
  • Objectif Bac : rédiger un paragraphe argumenté sur la coexistence pacifique en la datant — Khrouchtchev la formule au XXe congrès du PCUS en février 1956 — et en montrant qu'elle cohabite avec l'écrasement de l'insurrection de Budapest la même année.

Erreurs fréquentes

  • Croire que les États-Unis et l'URSS combattent eux-mêmes l'un contre l'autre dans ces guerres : ils soutiennent des camps locaux (armes, argent, conseillers), mais évitent l'affrontement direct entre leurs armées.
  • Présenter la « coexistence pacifique » comme une véritable paix ou une amitié : c'est une rivalité maintenue, simplement encadrée par la peur de l'arme nucléaire.
  • Décrire le Vietnam comme un affrontement d'armée à armée entre les États-Unis et l'URSS : Moscou et Pékin livrent armements, missiles antiaériens, matériel et conseillers, mais ce sont des combattants vietnamiens qui font la guerre au sol face aux Américains.
  • Confondre la fin de l'engagement américain et la fin de la guerre du Vietnam : les accords de Paris sont signés en janvier 1973, Saigon tombe le 30 avril 1975, deux ans après le retrait des troupes américaines.
  • Aligner deux documents l'un derrière l'autre — « le document 1 montre…, le document 2 montre… » — sans jamais les mettre en relation. Sur la crise de Cuba, mettre en relation consiste à dire précisément ce que le second ajoute au premier, ce qu'il corrige ou ce qu'il contredit.

§ 03

Révision active

Choisissez un conflit périphérique (Corée, Vietnam ou Cuba) et rédigez un paragraphe qui explique en quoi il illustre la logique de la guerre froide : implication indirecte des deux Grands, absence d'affrontement direct, rôle de la dissuasion nucléaire.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Décolonisation, émergence du tiers-monde et non-alignement#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

Décolonisation et non-alignement (1947-1961)

L'émergence du tiers-mondeFrise chronologique de 1946 à 1962, 1947: Indépendance de l'Inde, 1954: Fin de l'Indochine, 1955: Conférence de Bandung, 1960: Année de l'Afrique, 1961: Non-alignés (Belgrade)19461962année1947Indépendance del'Inde1954Fin del'Indochine1955Conférence deBandung1960Année del'Afrique1961Non-alignés(Belgrade)
Fig. 6De la décolonisation au non-alignement : les peuples du Sud deviennent de nouveaux acteurs et complexifient l'ordre bipolaire.

Points clés

La DÉCOLONISATION est l'émancipation des peuples colonisés : entre 1945 et le début des années 1960, les empires coloniaux européens se disloquent. L'Asie ouvre la voie (indépendance de l'INDE en 1947, avec la partition entre l'Inde et le Pakistan ; fin de l'Indochine française en 1954), puis l'Afrique suit massivement, 1960 étant l'« année de l'Afrique » (dix-sept États indépendants).
La décolonisation prend deux formes : la NÉGOCIATION (ex. l'Inde, accédant à l'indépendance par une lutte largement non violente menée par Gandhi et Nehru) ou la GUERRE (ex. la guerre d'Indochine, 1946-1954 ; la guerre d'Algérie, 1954-1962, particulièrement longue et violente).
La conférence de BANDUNG (1955, Indonésie) réunit vingt-neuf États d'Asie et d'Afrique : ils condamnent le colonialisme, affirment la solidarité des peuples « du Sud » et l'égalité entre les nations. C'est l'acte de naissance d'une conscience commune et d'une « troisième voie » : ni Washington ni Moscou.
De Bandung naît la notion de TIERS-MONDE (terme forgé par Alfred Sauvy en 1952) : l'ensemble des pays pauvres, anciennement colonisés, qui n'appartiennent ni au bloc de l'Ouest ni au bloc de l'Est. Ils deviennent de NOUVEAUX ACTEURS des relations internationales et incarnent la « multiplication des acteurs » au cœur du thème.
Le NON-ALIGNEMENT s'organise au sommet de Belgrade (1961), animé par Nehru (Inde), Nasser (Égypte), Tito (Yougoslavie) et Sukarno (Indonésie) : refuser l'alignement sur l'un ou l'autre bloc. Ses limites sont réelles : pauvreté, divisions internes, et une guerre froide qui s'invite dans les conflits du Sud (Congo, Vietnam, Proche-Orient).

Vocabulaire

→ Cartes
  • DécolonisationProcessus par lequel les peuples colonisés accèdent à l'indépendance et à la souveraineté internationale, par la négociation ou par la guerre, principalement entre 1945 et le milieu des années 1970.
  • Tiers-mondeEnsemble des pays pauvres, souvent anciennement colonisés, désigné par Alfred Sauvy en 1952 par analogie avec le tiers état : nombreux, dominés et longtemps ignorés dans le jeu international.
  • Non-alignementPolitique extérieure consistant à refuser d'adhérer à l'un des deux blocs de la guerre froide, organisée en mouvement lors du sommet de Belgrade en 1961.
  • Droit des peuples à disposer d'eux-mêmesPrincipe inscrit dans la charte de l'ONU puis affirmé par la résolution 1514 de l'Assemblée générale en 1960, selon lequel tout peuple choisit librement son statut politique ; il fournit aux mouvements anticoloniaux leur argument juridique.
  • NéocolonialismeMaintien d'une dépendance économique, monétaire ou militaire d'un pays anciennement colonisé à l'égard de son ancienne métropole, malgré l'indépendance formelle.

L'élargissement de l'ONU : nombre d'États membres (effet de la décolonisation)

Élargissement de l'ONU (États membres)Graphique en courbes: États membres de l'ONU selon Année, Données: États membres de l'ONU · 1945: 51; États membres de l'ONU · 1955: 76; États membres de l'ONU · 1960: 99; États membres de l'ONU · 1965: 117; États membres de l'ONU · 1970: 12702040608010012019451955196019651970États membres de l'ONUAnnée
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Exemple corrigé

Composition guidée : décolonisation et monde bipolaire

Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi la décolonisation et l'émergence du tiers-monde transforment-elles le monde bipolaire des années 1945-1970 ? »

  1. 01Dégager la problématique

    On ne demande pas de raconter la décolonisation, mais de montrer son EFFET sur l'ordre bipolaire : comment l'arrivée de nouveaux États et la volonté de non-alignement compliquent un monde que l'on croyait organisé seulement autour de deux Grands.

  2. 02Partie I — La décolonisation fait surgir de nouveaux États

    Décrire l'émancipation : Asie d'abord (Inde 1947), Afrique ensuite (1960, année de l'Afrique), par la négociation ou par la guerre (Indochine, Algérie). Souligner l'élargissement spectaculaire de l'ONU, où ces nouveaux États pèsent désormais.

  3. 03Partie II — Une troisième voie : Bandung et le non-alignement

    Montrer la prise de conscience commune : Bandung (1955) condamne le colonialisme ; naissance du tiers-monde et du non-alignement (Belgrade, 1961). Ces nouveaux acteurs refusent de choisir entre les deux blocs et revendiquent une voix propre.

  4. 04Partie III — Des acteurs convoités, mais fragiles

    Nuancer : la guerre froide s'invite dans le Sud (les deux Grands cherchent à rallier ces pays : aide, soutien à des camps lors de conflits comme au Congo ou au Vietnam). Le tiers-monde reste divisé et pauvre : il complexifie la bipolarité sans la renverser.

  5. 05Conclure

    Répondre nettement : oui, la décolonisation MULTIPLIE les acteurs internationaux et nuance la bipolarité, mais sans y mettre fin avant les années 1970 — c'est exactement la thèse annoncée par l'intitulé du thème.

Résultat : Un bon plan répond à la problématique (l'effet sur la bipolarité), s'appuie sur des repères datés précis (1947, 1955, 1960, 1961) et conclut sur la multiplication des acteurs sans surestimer le poids du tiers-monde.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir relier décolonisation et bipolarité — montrer que l'émergence du tiers-monde et du non-alignement complexifie le monde bipolaire en y ajoutant de nouveaux acteurs (c'est la THÈSE du thème).
  • Objectif Bac : maîtriser les repères et points de passage de la décolonisation (indépendance de l'Inde en 1947, conférence de Bandung en 1955) et savoir les situer dans la chronologie d'ensemble.
  • Objectif Bac : contextualiser Bandung en la situant dans son moment — avril 1955, moins d'un an après la défaite française de Diên Biên Phu et le déclenchement de l'insurrection algérienne —, ce qui explique la place qu'y tient la condamnation du colonialisme.
  • Objectif Bac : justifier par des chiffres l'effet de la décolonisation sur l'ONU — 51 États fondateurs en 1945, plus d'une centaine au milieu des années 1960 — pour montrer que l'Assemblée générale change de majorité et devient une tribune du Sud.
  • Objectif Bac : mettre en perspective la chronologie longue de la décolonisation, de l'indépendance de l'Inde en 1947 à celle des colonies portugaises en 1975, en passant par 1960 et l'Algérie en 1962 : rien ne s'achève avec l'année de l'Afrique.

Erreurs fréquentes

  • Réduire le tiers-monde à un « troisième bloc » organisé et unifié : c'est un ensemble très divers et souvent divisé, traversé par les rivalités de la guerre froide, et non une alliance comparable à l'OTAN ou au pacte de Varsovie.
  • Croire que toutes les décolonisations sont pacifiques : si l'indépendance de l'Inde est largement négociée, d'autres se font dans la guerre (Indochine, Algérie).
  • Faire de Bandung (avril 1955) la conférence fondatrice du non-alignement : c'est une conférence afro-asiatique, et plusieurs des vingt-neuf États présents sont alors alliés à l'un des deux blocs. Le mouvement des non-alignés naît à Belgrade, en septembre 1961.
  • Traiter « décolonisation » et « non-alignement » comme équivalents : la première est l'accession à l'indépendance, le second un choix de politique extérieure. La Yougoslavie de Tito, qui n'a jamais été colonisée, compte parmi les fondateurs du non-alignement, tandis que de nombreux États nouvellement indépendants s'alignent aussitôt sur un bloc.
  • Recopier la référence d'un document — « discours de Sukarno, ouverture de la conférence de Bandung, avril 1955 » — au lieu de l'exploiter. Dire au nom de qui il parle, devant quel auditoire, et à quelle fin. Sans cela, la copie reste une paraphrase et n'atteste d'aucune compréhension.

§ 04

Révision active

Composition : « En quoi la décolonisation et l'émergence du tiers-monde transforment-elles le monde bipolaire des années 1945-1970 ? » Construisez un plan détaillé en deux ou trois parties.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

La France : une nouvelle place dans le monde (1945 aux années 1970)#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

La France en quête d'indépendance (1945-1970)

La politique de grandeurFrise chronologique de 1944 à 1968, 1945: France libérée, affaiblie, 1957: Traité de Rome (CEE), 1960: Bombe atomique française, 1962: Fin de la guerre d'Algérie, 1966: Sortie du comm. OTAN19441968année1945France libérée,affaiblie1957Traité de Rome(CEE)1960Bombe atomiquefrançaise1962Fin de la guerred'Algérie1966Sortie du comm.OTAN
Fig. 8De la France affaiblie de 1945 à la « politique de grandeur » gaullienne : une puissance moyenne refuse l'alignement et devient un acteur autonome.

Points clés

Le programme officiel de terminale consacre tout un chapitre (chapitre 3 du thème 2) à « La France : une nouvelle place dans le monde » : il faut donc savoir montrer comment, de 1945 au début des années 1970, la France cherche à retrouver son rang dans un monde dominé par les deux Grands. Ce chapitre est au programme et peut être évalué en contrôle continu de terminale.
Affaiblie et libérée par ses alliés, la France de l'après-guerre n'est plus une grande puissance de premier plan. Elle s'engage d'abord dans la défense du bloc occidental (membre fondateur de l'OTAN en 1949, bénéficiaire du plan Marshall) et se lance dans la construction européenne (CECA en 1951, traité de Rome en 1957), tout en restant attachée à son empire colonial.
La DÉCOLONISATION fragilise puis transforme la France : la GUERRE D'INDOCHINE (1946-1954) s'achève par la défaite de Diên Biên Phu ; la GUERRE D'ALGÉRIE (1954-1962) est longue et déchirante. Elle provoque la chute de la IVe République et le retour au pouvoir du général de GAULLE en 1958, qui fonde la Ve RÉPUBLIQUE ; les accords d'Évian (1962) reconnaissent l'indépendance de l'Algérie.
Avec de Gaulle (président de 1958 à 1969), la France mène une politique d'INDÉPENDANCE NATIONALE : sans rompre l'Alliance atlantique, elle s'émancipe de la tutelle américaine. Marqueurs de cette « politique de grandeur » : la première bombe atomique française (1960) qui dote le pays de la « force de frappe », et le RETRAIT DU COMMANDEMENT INTÉGRÉ DE L'OTAN (1966).
Cette voie française illustre parfaitement la THÈSE du thème — la multiplication des acteurs : une puissance moyenne refuse l'alignement automatique sur l'un des deux blocs, reconnaît la Chine populaire (1964), dialogue avec l'URSS et se rapproche du tiers-monde. La France devient un acteur autonome qui complexifie, elle aussi, l'ordre bipolaire.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Force de frappeEnsemble des moyens nucléaires français développés à partir de 1960 pour assurer une dissuasion autonome, sans dépendre de la protection américaine.
  • Commandement intégréStructure militaire permanente de l'OTAN plaçant dès le temps de paix les forces alliées sous un état-major commun dirigé par un Américain ; la France s'en retire en 1966 tout en demeurant dans l'Alliance atlantique.
  • Politique de grandeurLigne diplomatique gaullienne visant à rendre à la France un rang mondial par l'arme nucléaire, l'autonomie à l'égard des deux blocs et une voix propre auprès du tiers-monde.
  • Ve RépubliqueRégime instauré par la Constitution promulguée le 4 octobre 1958, caractérisé par un exécutif renforcé et un président de la République dont le rôle devient prépondérant.
  • Construction européenneProcessus d'intégration économique et politique engagé par les États d'Europe occidentale à partir de la CECA en 1951 et du traité de Rome en 1957, auquel la France participe tout en refusant les abandons de souveraineté.
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Exemple corrigé

Réponse organisée : la guerre d'Algérie, de la IVe à la Ve République

Montrez comment la guerre d'Algérie (1954-1962) transforme la place de la France dans le monde et bouleverse ses institutions.

  1. 01Situer le conflit

    La guerre d'Algérie (1954-1962) est la décolonisation la plus longue et la plus violente de la France. Contrairement à d'autres colonies, l'Algérie compte une importante population européenne et est juridiquement composée de départements français, ce qui rend la rupture particulièrement déchirante.

  2. 02Montrer la crise institutionnelle

    L'incapacité de la IVe République à régler le conflit, l'instabilité ministérielle et la pression de l'armée provoquent une crise majeure en mai 1958. De Gaulle revient au pouvoir et fait adopter une nouvelle Constitution : c'est la naissance de la Ve RÉPUBLIQUE (1958), au pouvoir exécutif renforcé.

  3. 03Aboutir à l'indépendance

    Après les accords d'Évian (mars 1962) et un référendum, l'Algérie devient indépendante en 1962. La France solde ainsi l'essentiel de son empire et doit repenser entièrement son rôle international.

  4. 04Relier au monde bipolaire

    Libérée du fardeau colonial, la France gaullienne mène une politique d'indépendance (force de frappe nucléaire, retrait du commandement intégré de l'OTAN en 1966) : elle devient un acteur autonome qui ne s'aligne pas mécaniquement sur Washington, illustrant la multiplication des acteurs au cœur du thème.

Résultat : Une réponse réussie articule la décolonisation (Algérie), la rupture institutionnelle (chute de la IVe, naissance de la Ve République en 1958) et la nouvelle politique extérieure d'indépendance, en la reliant à la thèse du thème.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir expliquer comment la guerre d'Algérie (1954-1962) entraîne la fin de la IVe République et le retour de de Gaulle, qui fonde la Ve République (1958) — articuler décolonisation et histoire politique intérieure.
  • Objectif Bac : être capable d'illustrer la « politique d'indépendance » de la France par des repères précis (force de frappe nucléaire 1960, retrait du commandement intégré de l'OTAN 1966) et de la relier à la multiplication des acteurs dans le monde bipolaire.
  • Objectif Bac : justifier la « politique de grandeur » par des actes datés plutôt que par des intentions — premier essai nucléaire au Sahara en février 1960, reconnaissance de la Chine populaire en janvier 1964, sortie du commandement intégré en 1966.
  • Objectif Bac : confronter un discours de de Gaulle et un document américain ou britannique portant sur la même décision, par exemple le veto opposé à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE : c'est l'écart entre les deux lectures qui fait l'analyse.
  • Objectif Bac : mettre en perspective indépendance nationale et engagement européen. La France signe le traité de Rome en 1957 et le traité de l'Élysée avec la RFA en 1963 tout en refusant la supranationalité ; cette tension apparente est le cœur du chapitre.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la France quitte complètement l'OTAN en 1966 : elle se retire seulement du COMMANDEMENT INTÉGRÉ (les forces sous commandement américain) tout en restant membre de l'Alliance atlantique.
  • Confondre l'indépendance de l'Algérie (accords d'Évian, 1962) avec la fin de la guerre d'Indochine (accords de Genève, 1954) : ce sont deux décolonisations françaises distinctes, à huit ans d'écart.
  • Transformer l'indépendance gaullienne en rupture avec l'Occident : lors de la crise de Cuba en octobre 1962, de Gaulle soutient publiquement Washington. Cette indépendance s'exerce à l'intérieur du camp occidental, jamais contre lui lorsque la menace est directe.
  • Dater le retour de de Gaulle de 1959, ou la Ve République de 1962 : investi président du Conseil en juin 1958, il fait adopter par référendum la Constitution promulguée le 4 octobre 1958. Le référendum de 1962 n'instaure que l'élection du président au suffrage universel direct.
  • N'exploiter qu'un seul document d'un dossier sur la France gaullienne, en général le texte, et laisser de côté la carte ou la photographie. Un document laissé inemployé rend toute confrontation impossible et ampute la démonstration de sa moitié.

§ 05

Révision active

À l'aide du schéma et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté montrant en quoi la politique extérieure de la France gaullienne (1958-1969) constitue une forme d'indépendance qui complexifie le monde bipolaire.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 011945 : la fin de la guerre et la construction d'un nouvel ordre mondial○
    • 02La guerre froide : la formation des blocs et l'équilibre de la terreur◐
    • 03Conflits périphériques et coexistence des superpuissances◐
    • 04Décolonisation, émergence du tiers-monde et non-alignement●
    • 05La France : une nouvelle place dans le monde (1945 aux années 1970)●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019

Voir aussi

  • Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)La guerre dont sort la bipolarité, et l'alliance qui se défait aussitôt.
  • Remises en cause des années 1970 à 1991La suite : détente, crises économiques puis effondrement d'un des deux blocs.
  • La Troisième République et l'empire colonialL'empire colonial dont la décolonisation défait ici l'édifice.

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Remises en cause des années 1970 à 1991

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