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Remises en cause des années 1970 à 1991

Des années 1970 à 1991, le monde issu de la croissance d'après-guerre et de la guerre froide est profondément remis en cause. Les chocs pétroliers (1973, 1979) brisent l'élan des Trente Glorieuses et ouvrent une ère de crise, de chômage de masse et de mutations économiques (mondialisation libérale, dérégulation, tournants néolibéraux de Thatcher et Reagan). Dans le même temps, le bloc soviétique s'essouffle puis s'effondre : la perestroïka et la glasnost de Gorbatchev (1985) ne sauvent pas l'URSS ; la chute du mur de Berlin (1989) et la disparition de l'URSS (1991) mettent fin au monde bipolaire et à la guerre froide.

4 sections·~26 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0999 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique de documents de la période (données économiques de la crise, discours politiques du tournant libéral, images de 1989) : identifier la nature, l'auteur, la date, le contexte et l'intention de la source, en dégager le sens et la portée et en mesurer les limites — capacité d'étude critique de document(s) attendue en terminale.Contextualiser les mutations économiques, sociales et géopolitiques des années 1970 à 1991 : situer un fait (choc pétrolier, tournant libéral, perestroïka, 1989) dans la chronologie d'ensemble de la période et dans l'évolution du monde issu de 1945.Mettre en relation crise économique, recompositions politiques et fin de la guerre froide : montrer comment la fin de la croissance, les nouvelles aspirations sociales et culturelles et l'essoufflement du bloc soviétique se conjuguent pour défaire l'ordre des Trente Glorieuses et de la bipolarité.Construire et rédiger une argumentation historique structurée, à l'écrit (composition, étude critique de document[s]) comme à l'oral, mobilisant repères, notions et raisonnement — capacité d'argumentation attendue en terminale.
Opérateurs :analyser un document (données économiques, discours politique, photographie de 1989)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualisermettre en relation (crise économique, recompositions politiques, fin de la guerre froide)expliquerargumenterrédiger une composition / une étude critique de document(s)

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions du thème. Repères clés : 1973 et 1979 (chocs pétroliers, fin des Trente Glorieuses) ; 1975 (acte final d'Helsinki) ; 1979 (révolution iranienne ; invasion soviétique de l'Afghanistan ; arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir au Royaume-Uni) ; 1981 (Ronald Reagan président des États-Unis ; François Mitterrand président de la République, première alternance de gauche sous la Ve République) ; 1976 (mort de Mao Zedong) et 1978 (Deng Xiaoping engage l'ouverture économique de la Chine) ; 1985 (Mikhaïl Gorbatchev secrétaire général du PCUS, perestroïka et glasnost) ; 1989 (chute du mur de Berlin, le 9 novembre ; effondrement des démocraties populaires d'Europe de l'Est ; massacre de la place Tian'anmen en Chine, en juin) ; 1990 (réunification de l'Allemagne) ; 1991 (disparition de l'URSS, fin du monde bipolaire). Sachez DÉFINIR avec précision : crise, choc pétrolier, stagflation, chômage de masse, mondialisation, néolibéralisme, dérégulation, perestroïka, glasnost, démocraties populaires, transition démocratique, monde bipolaire.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : tenez ensemble les DEUX remises en cause de la période et montrez qu'elles se répondent. D'un côté, la fin de la croissance (chocs pétroliers, stagflation, chômage) provoque un changement de modèle économique : recul du compromis keynésien et de l'État-providence, essor d'un capitalisme mondialisé et dérégulé porté par les tournants néolibéraux (Thatcher, Reagan). De l'autre, le bloc soviétique, en retard économique et incapable de se réformer, s'essouffle : les réformes de Gorbatchev (perestroïka, glasnost) libèrent des aspirations qu'elles ne peuvent contenir et précipitent l'effondrement (1989-1991). La THÈSE du thème : entre 1970 et 1991, c'est tout l'ordre né de l'après-guerre — modèle de croissance ET affrontement bipolaire — qui est remis en cause, jusqu'à ouvrir un monde nouveau, dominé par un seul modèle (la démocratie libérale de marché) mais aux équilibres incertains.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

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Sommaire · 4 sections▾
  1. Remises en cause des années 1970 à 1991
    • 01La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)○
    • 02Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles◐
    • 03L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)◐
    • 041989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation●

4 sections · 20 points clés · 0 formule · 20 pièges signalés

§ 01
§ 01

La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)#

~6 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

1973 : la fin des Trente Glorieuses

L'entrée dans la criseGraphe, Choc pétrolier (1973) → Fin des Trente Glorieuses, Fin des Trente Glorieuses → Stagflation (chômage + inflation), Stagflation (chômage + inflation) → Néolibéralisme (Reagan, Thatcher)Choc pétrolier(1973)Fin des TrenteGlorieusesStagflation(chômage +inflation)Néolibéralisme(Reagan,Thatcher)
Fig. 1De la prospérité à la crise : le choc pétrolier de 1973 met fin aux Trente Glorieuses et ouvre l'ère de la stagflation, à laquelle répond le tournant néolibéral.

Points clés

Les CHOCS PÉTROLIERS de 1973 (guerre du Kippour, l'OPEP quadruple le prix du baril) et de 1979 (révolution iranienne) brisent l'élan des « TRENTE GLORIEUSES » (l'expression vient du livre de Jean Fourastié publié en 1979, « Les Trente Glorieuses, ou la révolution invisible de 1946 à 1975 » : c'est cette période-là qu'elle désigne, et elle a été forgée RÉTROSPECTIVEMENT, une fois la croissance finie). L'énergie devient brutalement chère : la machine économique des pays développés se grippe.
S'installe alors une CRISE durable et inédite, la STAGFLATION : pour la première fois, une croissance faible (parfois une récession) se combine à une forte INFLATION et à un CHÔMAGE DE MASSE qui devient structurel. La pensée keynésienne, qui avait guidé l'après-guerre, ne parvient plus à expliquer ni à soigner cette situation.
La crise accélère une MONDIALISATION et une recomposition de l'appareil productif : désindustrialisation des vieux bassins (charbon, sidérurgie, textile) dans les pays développés, délocalisations, montée des services, et émergence de nouveaux pays industriels (les « dragons » asiatiques). Le capitalisme se fait plus mondial et plus financier.
Face à l'échec des recettes keynésiennes, un TOURNANT NÉOLIBÉRAL s'impose à partir de 1979-1981, incarné par Margaret THATCHER au Royaume-Uni (1979) et Ronald REAGAN aux États-Unis (1981) : priorité à la lutte contre l'inflation, baisse des impôts, DÉRÉGULATION (libération des marchés, notamment financiers), privatisations et réduction du rôle de l'État dans l'économie.
Point de passage et d'ouverture (PPO) — la RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE DE MAO À DENG XIAOPING : après la mort de Mao Zedong (1976), Deng Xiaoping engage à partir de 1978 les « quatre modernisations » et ouvre l'économie chinoise au marché et aux investissements étrangers (« socialisme de marché »), tout en maintenant fermement le monopole du Parti communiste — d'où la répression sanglante du mouvement démocratique de la place Tian'anmen en juin 1989. La Chine illustre ainsi une autre voie : la modernisation économique libérale SANS démocratisation politique, à rebours du bloc soviétique.
Rappel de première : le modèle de croissance et l'État-providence construits après 1945 (compromis fordiste, plein-emploi, protection sociale) forment l'arrière-plan du thème ; ils ne sont pas une capacité attendue de terminale, mais c'est précisément ce modèle qui est REMIS EN CAUSE à partir de 1973.

Vocabulaire

→ Cartes
  • StagflationSituation économique inédite des années 1970 où coexistent une croissance faible ou nulle, une inflation élevée et un chômage qui progresse.
  • DésindustrialisationRecul de l'emploi et de la production industriels dans les vieilles régions manufacturières des pays développés, sous l'effet de la concurrence internationale, des délocalisations et des gains de productivité.
  • DérégulationSuppression ou allègement des règles encadrant les marchés, notamment financiers, engagée à partir de la fin des années 1970 au nom de l'efficacité économique.
  • Choc pétrolierHausse brutale du prix du baril provoquée par une décision des pays producteurs ou par une crise régionale, en 1973 puis en 1979, qui renchérit l'énergie et déséquilibre les économies importatrices.
  • NéolibéralismeCourant de pensée et ensemble de politiques donnant la priorité au marché, à la concurrence et à la réduction du rôle de l'État, appliqués à partir de 1979-1981 par Margaret Thatcher puis Ronald Reagan.

Taux de chômage moyen dans les pays développés (ordre de grandeur, en %, 1970-1991)

Chômage dans les pays développés (%, 1970-1991)Graphique en courbes: Taux de chômage (%) selon Année, Données: Taux de chômage (%) · 1970: 3; Taux de chômage (%) · 1975: 5; Taux de chômage (%) · 1980: 6; Taux de chômage (%) · 1985: 8; Taux de chômage (%) · 1991: 701234567819701975198019851991Taux de chômage (%)Année
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Exemple corrigé

Réponse organisée : pourquoi 1973 marque-t-elle une rupture ?

À l'aide de vos connaissances, montrez en quoi le premier choc pétrolier (1973) constitue une rupture majeure pour les économies développées : opposez la situation des Trente Glorieuses à celle de la crise qui s'ouvre.

  1. 01Poser le contraste de départ

    Rappeler ce que sont les Trente Glorieuses (1945-1973) : trois décennies de forte croissance, de plein-emploi et de construction de l'État-providence dans les pays développés. C'est le modèle que 1973 va remettre en cause. Toujours partir du « avant » pour faire ressortir la rupture.

  2. 02Identifier le déclencheur

    En 1973, à l'occasion de la guerre du Kippour, l'OPEP quadruple le prix du baril de pétrole. L'énergie, jusque-là abondante et bon marché, devient brutalement chère : les coûts de production explosent et toute l'économie est touchée.

  3. 03Décrire la situation nouvelle : la stagflation

    La crise est inédite car elle associe ce que la théorie économique opposait : une croissance faible (voire une récession) ET une forte inflation, le tout accompagné d'un chômage de masse qui s'installe durablement. C'est la stagflation : les remèdes keynésiens habituels ne fonctionnent plus.

  4. 04Souligner les effets structurels

    La crise n'est pas un simple creux : elle accélère la désindustrialisation des vieux bassins (charbon, sidérurgie, textile), les délocalisations et une mondialisation nouvelle. Elle ouvre, à partir de 1979-1981, un changement de modèle (tournant néolibéral).

  5. 05Conclure sur la rupture

    1973 ferme l'âge d'or de la croissance d'après-guerre et fait entrer les pays développés dans une crise durable, à la fois économique et sociale : c'est bien une rupture, non un accident passager.

Résultat : Une réponse réussie oppose nettement les Trente Glorieuses (croissance, plein-emploi) à la crise des années 1970 (stagflation, chômage de masse), identifie le choc pétrolier comme déclencheur et conclut sur le changement durable de modèle économique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir caractériser en quelques lignes la rupture de 1973 — fin des Trente Glorieuses, entrée dans la crise, apparition de la stagflation et du chômage de masse — et l'opposer à la prospérité de l'après-guerre.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer le « tournant néolibéral » (Thatcher, Reagan) comme une RÉPONSE à la crise : moins d'État, dérégulation, mondialisation — et d'en mesurer les effets sociaux (chômage, inégalités).
  • Objectif Bac (PPO) : savoir présenter la Chine de Mao à Deng Xiaoping comme un cas d'ouverture économique libérale sans démocratisation (réformes de 1978, « socialisme de marché », répression de Tian'anmen en 1989) et l'opposer à la trajectoire du bloc soviétique.
  • Objectif Bac : analyser un graphique de conjoncture en lisant les trois courbes ENSEMBLE — croissance, inflation, chômage. C'est leur combinaison, et non chacune prise isolément, qui définit la stagflation.
  • Objectif Bac : mettre en perspective 1971 et 1973. La fin de la convertibilité du dollar en or, décidée par Nixon en août 1971, précède le choc pétrolier : le système monétaire issu de Bretton Woods se défaisait déjà avant que le baril ne s'envole.

Erreurs fréquentes

  • Confondre crise et simple récession passagère : la crise ouverte en 1973 est une rupture DURABLE et un changement de modèle économique, pas un creux conjoncturel.
  • Croire que les chocs pétroliers expliquent TOUT : ils sont le déclencheur, mais la crise révèle aussi l'essoufflement du modèle productif d'après-guerre et l'entrée dans une mondialisation nouvelle.
  • Écrire que les Trente Glorieuses « s'arrêtent net » en 1973 : l'expression est forgée rétrospectivement par Jean Fourastié à la fin des années 1970, alors que la crise est déjà installée. La rupture se lit dans la durée, sur une décennie, et non dans une seule année.
  • Confondre l'inflation et la hausse du prix du pétrole : le baril renchérit les coûts, mais l'inflation des années 1970 tient aussi à l'indexation des salaires sur les prix et au financement monétaire des déficits. La désinflation des années 1980 passe d'ailleurs par les taux d'intérêt, relevés très fortement aux États-Unis à partir de 1979.
  • Paraphraser un tableau statistique en récitant les chiffres ligne par ligne. Commenter, c'est repérer un retournement, le dater, puis l'expliquer. Un relevé de données recopiées n'atteste d'aucune compréhension du document.

§ 01

Révision active

À l'aide du graphique et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté qui montre en quoi les années 1973-1985 marquent la fin des Trente Glorieuses et l'entrée des pays développés dans une crise durable (ralentissement de la croissance, montée du chômage, réponses néolibérales).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Des remises en cause qui se conjuguent

Trois transformations simultanéesGraphe, Remises en cause (années 1970-1980) → Économique (crise), Remises en cause (années 1970-1980) → Socioculturelle (féminisme, écologie), Remises en cause (années 1970-1980) → Politique (alternances, néolibéralisme)Remises en cause(années 1970-1980)Économique(crise)Socioculturelle(féminisme,écologie)Politique(alternances,néolibéralisme)
Fig. 3Économique, sociale, culturelle et politique : les remises en cause des années 1970-1980 se conjuguent pour transformer en profondeur les sociétés occidentales.

Points clés

La crise économique fragilise le COMPROMIS SOCIAL d'après-guerre : la fin du plein-emploi et la montée du chômage de masse remettent en cause l'État-providence et le sentiment de progrès continu qui portaient les sociétés des Trente Glorieuses. La « question sociale » revient au premier plan (exclusion, précarité).
En France, ces mutations sont au cœur du chapitre officiel « Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988 » : de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing (1974) à la fin du premier septennat de François Mitterrand (1988), la société française se transforme (place et droits des femmes, jeunesse et démocratisation scolaire, immigration et intégration) et le paysage politique et culturel se recompose (alternance, cohabitation, libéralisation de l'audiovisuel).
De NOUVELLES ASPIRATIONS sociales et culturelles s'affirment, dans le prolongement des mouvements de 1968 : émancipation des femmes et conquête de nouveaux droits. Point de passage et d'ouverture : SIMONE VEIL et la LOI VEIL du 17 janvier 1975, qui légalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France (votée pour cinq ans, elle est rendue définitive en 1979). S'y ajoutent l'individualisme et la libération des mœurs, la montée de l'écologie et des préoccupations environnementales, l'affirmation de minorités : la société se veut plus libre, plus égalitaire, plus diverse.
Les modèles POLITIQUES se recomposent : à l'Ouest, l'alternance entre droite et gauche se banalise. En France, l'élection de François Mitterrand en 1981 amène pour la première fois la gauche au pouvoir sous la Ve République, suivie de la première COHABITATION (gauche/droite) à partir de 1986 — toujours dans le cadre de la Ve République. Le tournant néolibéral redéfinit aussi le rôle de l'État et le contenu du débat politique (moins d'État, marché, sécurité).
Le RECUL DES IDÉOLOGIES de transformation radicale s'amorce : l'attrait du modèle communiste décline en Occident (à mesure que la réalité du bloc soviétique se fait connaître), tandis que progressent l'idéal démocratique libéral et l'économie de marché. C'est l'arrière-plan idéologique de la victoire de l'Ouest dans la guerre froide.
Le chapitre 2 du thème (la France de 1974 à 1988) est le terrain privilégié pour observer ces recompositions à l'échelle française : tournant social et culturel (loi Veil de 1975, mutations de la société), tournant politique (alternance de 1981, cohabitation de 1986), nouveau paysage audiovisuel et culturel — le tout dans le cadre stable de la Ve République.

Vocabulaire

→ Cartes
  • État-providenceSystème dans lequel l'État prend en charge la protection sociale (santé, retraite, chômage, famille) et corrige les inégalités par la redistribution ; construit après 1945, il est contesté à partir des années 1970.
  • AlternancePassage du pouvoir d'une majorité politique à celle qui lui est opposée, à la suite d'une élection ; la première alternance de la Ve République intervient en 1981.
  • CohabitationSituation dans laquelle le président de la République et la majorité parlementaire, donc le gouvernement, appartiennent à des camps opposés ; la première s'ouvre en 1986.
  • IndividualismeÉvolution des sociétés occidentales où les choix personnels, l'autonomie et l'épanouissement de chacun l'emportent sur l'appartenance aux collectifs traditionnels : paroisse, syndicat, parti, famille élargie.
  • IVG (interruption volontaire de grossesse)Acte médical mettant fin à une grossesse à la demande de la femme, dépénalisé en France par la loi du 17 janvier 1975 dans un délai encadré, puis remboursé par la Sécurité sociale à partir de 1982.
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Exemple corrigé

Réponse organisée : nouvelles aspirations et recompositions politiques

Montrez comment, des années 1970 aux années 1980, les sociétés occidentales sont traversées par de nouvelles aspirations sociales et culturelles, et comment leurs modèles politiques se recomposent.

  1. 01Poser le lien avec la crise

    Annoncer que la crise économique ne se résume pas à des chiffres : elle ébranle le compromis social d'après-guerre (plein-emploi, État-providence) et fait remonter la question sociale (chômage, exclusion). C'est dans ce contexte que de nouvelles aspirations s'affirment.

  2. 02Décrire les nouvelles aspirations sociales et culturelles

    Dans le prolongement des années 1968 : émancipation des femmes et nouveaux droits (en France, la loi Veil de 1975 légalise l'IVG), individualisme et libération des mœurs, montée de l'écologie, affirmation de minorités. Les sociétés se veulent plus libres et plus égalitaires.

  3. 03Montrer la recomposition des modèles politiques

    À l'Ouest, l'alternance se banalise : en France, Mitterrand et la gauche accèdent au pouvoir en 1981, puis vient la cohabitation de 1986 — toujours dans le cadre de la Ve République. Le tournant néolibéral (Thatcher, Reagan) redéfinit le rôle de l'État et le débat politique.

  4. 04Relier au recul des idéologies de rupture

    Parallèlement, l'attrait du modèle communiste décline en Occident, tandis que progresse l'idéal démocratique libéral : c'est l'arrière-plan idéologique qui prépare la victoire de l'Ouest à la fin de la guerre froide.

  5. 05Conclure

    Conclure que les mutations économiques, sociales, culturelles et politiques sont indissociables : ensemble, elles remettent en cause l'ordre des Trente Glorieuses et redessinent les sociétés occidentales.

Résultat : Une bonne réponse relie crise économique, aspirations nouvelles (droits des femmes, écologie, individualisme) et recompositions politiques (alternance, cohabitation, tournant néolibéral), en s'appuyant sur des repères précis (loi Veil 1975, alternance 1981, cohabitation 1986).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir relier la crise économique aux mutations sociales et culturelles — montrer que la fin de la croissance et les nouvelles aspirations (droits des femmes, individualisme, écologie) transforment ensemble les sociétés occidentales.
  • Objectif Bac (PPO) : savoir présenter Simone Veil et la loi de 1975 sur l'IVG comme un point de passage emblématique du tournant social et culturel de la France des années 1970.
  • Objectif Bac : être capable d'illustrer la recomposition du modèle politique français à partir d'exemples précis tirés du chapitre « la France de 1974 à 1988 » (alternance de 1981, cohabitation de 1986).
  • Objectif Bac : contextualiser la loi Veil en rappelant l'état du droit antérieur — la loi de 1920 qui réprimait l'avortement et sa propagande, la loi Neuwirth de 1967 qui autorisait la contraception. Une loi ne se comprend qu'à partir de ce qu'elle remplace.
  • Objectif Bac : rédiger un paragraphe argumenté sur la France de 1974 à 1988 en croisant les trois registres du chapitre — social, politique, culturel — autour d'un même exemple daté, plutôt qu'en les traitant comme trois blocs juxtaposés.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la période à sa seule dimension économique : le thème associe aussi des mutations SOCIALES et CULTURELLES (aspirations nouvelles, droits, mœurs) et des recompositions POLITIQUES — il faut tenir les trois ensemble.
  • Présenter l'alternance de 1981 en France comme une rupture du régime : la Ve République demeure ; c'est une alternance politique (la gauche accède au pouvoir), non un changement de République.
  • Attribuer la loi de 1975 sur l'IVG à la gauche : elle est portée par Simone Veil, ministre de la Santé d'un gouvernement de droite sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, et adoptée grâce aux voix de la gauche contre une large part de la majorité.
  • Faire de 1981 une rupture économique durable : dès mars 1983, le « tournant de la rigueur » met fin à la politique de relance, donne la priorité à la lutte contre l'inflation et arrime la France au Système monétaire européen.
  • Lire un document militant des années 1970, affiche du MLF ou tract écologiste, comme la description d'une réalité déjà acquise : c'est un contresens. Ces textes réclament ce qui n'existe pas encore, et l'analyse consiste précisément à mesurer l'écart entre la revendication et le droit du moment.

§ 02

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté montrant comment, des années 1970 aux années 1980, les sociétés occidentales connaissent de nouvelles aspirations sociales et culturelles (émancipation, droits, individualisme, écologie) tout en voyant se recomposer leurs modèles politiques.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)#

~5 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Gorbatchev : un engrenage incontrôlé

Des réformes à l'effondrementGraphe, Gorbatchev (1985) → Perestroïka (restructuration), Gorbatchev (1985) → Glasnost (transparence), Perestroïka (restructuration) → Désorganisation économique, Glasnost (transparence) → Contestations libérées (PECO, nationalités), Désorganisation économique → Effondrement (1989-1991), Contestations libérées (PECO, nationalités) → Effondrement (1989-1991)Gorbatchev(1985)Perestroïka(restructuration)Glasnost(transparence)DésorganisationéconomiqueContestationslibérées (PECO,nationalités)Effondrement(1989-1991)
Fig. 4Voulues pour sauver l'URSS, la perestroïka et la glasnost produisent l'effet inverse : elles désorganisent l'économie, libèrent les contestations et précipitent l'effondrement de 1989.

Points clés

Dès les années 1970-1980, l'URSS et le bloc de l'Est ENTRENT EN CRISE : l'économie planifiée stagne et accumule un retard technologique sur l'Ouest, les pénuries de biens de consommation se multiplient, la corruption et l'immobilisme (la « gérontocratie ») gangrènent le régime, et l'invasion de l'AFGHANISTAN (1979) s'enlise dans un coûteux bourbier militaire.
En 1985, Mikhaïl GORBATCHEV devient secrétaire général du PCUS et lance deux grandes réformes pour sauver le système : la PERESTROÏKA (« restructuration » : réformes économiques pour assouplir la planification et introduire des éléments de marché) et la GLASNOST (« transparence » : liberté d'expression accrue, recul de la censure, reconnaissance des erreurs du passé soviétique).
Sur le plan international, Gorbatchev cherche la DÉTENTE et le désarmement avec l'Ouest (sommets avec Reagan, accords sur les missiles à partir de 1987) et RENONCE à intervenir militairement pour soutenir les régimes communistes d'Europe de l'Est : c'est l'abandon de la « doctrine Brejnev ». Ce retrait ôte aux régimes satellites le filet de sécurité de l'Armée rouge.
Mais les réformes ÉCHAPPENT à Gorbatchev : la perestroïka désorganise l'économie sans la redresser (pénuries aggravées), tandis que la glasnost libère des critiques et des revendications — nationales, démocratiques — qu'aucun retour en arrière ne peut plus contenir. Les réformes destinées à sauver le système l'accélèrent vers la chute.
En 1989, les DÉMOCRATIES POPULAIRES d'Europe de l'Est s'effondrent les unes après les autres (Pologne, Hongrie, RDA, Tchécoslovaquie, Roumanie), généralement de façon pacifique — sauf en Roumanie où Ceaușescu est renversé dans la violence. Privés du soutien soviétique, les régimes communistes tombent : c'est la fin du bloc de l'Est.

Vocabulaire

→ Cartes
  • PerestroïkaPolitique de restructuration économique lancée par Gorbatchev en 1985 pour assouplir la planification, autoriser des coopératives privées et responsabiliser les entreprises soviétiques.
  • GlasnostPolitique de transparence engagée à partir de 1985 : recul de la censure, débat public sur les échecs et les crimes du régime, ouverture partielle des archives.
  • DissidenceOpposition, individuelle ou en petits groupes, aux régimes communistes, exprimée par des écrits clandestins et par l'invocation des droits de l'homme, et réprimée par la prison, l'internement psychiatrique ou l'exil.
  • Doctrine BrejnevPrincipe de souveraineté limitée formulé après l'écrasement du Printemps de Prague en 1968, autorisant l'URSS à intervenir dans tout pays socialiste menaçant de quitter le camp ; Gorbatchev y renonce à la fin des années 1980.
  • NomenklaturaEnsemble des cadres du parti et de l'État recrutés sur listes officielles, qui forment dans les pays communistes une couche privilégiée disposant d'avantages matériels réservés.
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Exemple corrigé

Composition guidée : pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il ?

Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « Pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il entre 1985 et 1991 ? »

  1. 01Dégager la problématique

    Il ne s'agit pas de raconter, mais d'EXPLIQUER une chute : pourquoi un système qui paraissait solide s'effondre-t-il en quelques années ? On articulera des causes profondes (la crise du système) et des causes immédiates (les réformes et leur emballement).

  2. 02Partie I — Un système à bout de souffle (causes profondes)

    Montrer l'essoufflement du bloc dès les années 1970-1980 : économie planifiée en stagnation, retard technologique sur l'Ouest, pénuries, corruption et immobilisme, enlisement en Afghanistan (1979). Le modèle soviétique a perdu sa capacité d'attraction.

  3. 03Partie II — Les réformes de Gorbatchev (le déclencheur)

    Présenter la perestroïka (restructuration économique) et la glasnost (transparence), lancées en 1985 pour SAUVER le système. Souligner le renoncement à la doctrine Brejnev : l'URSS n'interviendra plus pour soutenir les régimes de l'Est.

  4. 04Partie III — L'engrenage et l'effondrement (1989-1991)

    Montrer comment les réformes échappent à leur auteur : la perestroïka désorganise l'économie, la glasnost libère des contestations nationales et démocratiques. En 1989, les démocraties populaires s'effondrent ; en 1991, l'URSS elle-même disparaît.

  5. 05Conclure

    Répondre nettement : le bloc s'effondre par la conjonction d'un système économiquement et idéologiquement épuisé ET de réformes qui, voulues pour le sauver, ont libéré les forces de sa dislocation — sans répression possible, l'URSS ayant renoncé à la force.

Résultat : Un bon plan distingue causes profondes (crise du système) et déclencheur (les réformes de Gorbatchev), explique l'effet inverse de la perestroïka et de la glasnost, et s'appuie sur des repères datés (1979 Afghanistan, 1985 Gorbatchev, 1989 effondrement de l'Est, 1991 fin de l'URSS).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir distinguer et définir PERESTROÏKA (réforme économique) et GLASNOST (transparence politique), et expliquer pourquoi ces réformes, voulues pour sauver l'URSS, ont au contraire précipité son effondrement.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer l'effondrement de 1989 par la conjonction du retard économique du bloc, des réformes de Gorbatchev et de l'abandon de la doctrine Brejnev (l'URSS ne réprime plus les contestations à l'Est).
  • Objectif Bac : justifier l'essoufflement soviétique par des faits vérifiables — retard informatique, pénuries de biens courants, effondrement du prix du pétrole en 1986 qui prive Moscou de ses devises — plutôt que par l'idée vague d'un système « qui ne marchait pas ».
  • Objectif Bac : contextualiser la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986. Le silence des premiers jours discrédite l'appareil d'État et pousse Gorbatchev à élargir la glasnost : un accident technique devient un tournant politique.
  • Objectif Bac : confronter un document occidental et un document soviétique sur les réformes de 1985-1989 en identifiant d'abord qui parle et ce qu'il cherche à obtenir. Sans cette identification, la comparaison se réduit à un échange d'opinions.

Erreurs fréquentes

  • Confondre perestroïka et glasnost : la perestroïka est la réforme ÉCONOMIQUE (restructuration), la glasnost la transparence POLITIQUE (liberté d'expression). Les deux sont liées mais distinctes.
  • Croire que Gorbatchev voulait détruire l'URSS : au contraire, il voulait la RÉFORMER pour la sauver ; c'est l'engrenage des réformes, échappant à son contrôle, qui a conduit à l'effondrement.
  • Dater de 1989 la disparition de l'URSS : le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989 et les démocraties populaires s'effondrent, mais l'URSS subsiste encore deux ans et ne se dissout qu'en décembre 1991.
  • Croire que Moscou a réprimé les révolutions de 1989 comme elle l'avait fait à Budapest en 1956 et à Prague en 1968 : c'est précisément parce que l'Armée rouge ne bouge pas que l'automne 1989 devient possible.
  • Se contenter d'indiquer qu'un document émane de Gorbatchev sans en tirer parti. Un discours de 1987 destiné à l'étranger et un rapport interne au PCUS ne s'adressent ni au même public ni au même but : ne pas prendre en compte la source, c'est perdre l'essentiel du document.

§ 03

Révision active

Composition : « Pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il entre 1985 et 1991 ? » Construisez un plan détaillé qui articule l'essoufflement économique, les réformes de Gorbatchev (perestroïka, glasnost) et l'effondrement des démocraties populaires en 1989.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

1989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

1989-1991 : la fin du monde bipolaire

La fin de la guerre froideFrise chronologique de 1988 à 1992, 1989: Chute du mur de Berlin, 1989: Révolutions dans les PECO, 1990: Réunification allemande, 1991: Disparition de l'URSS19881992année1989Chute du mur deBerlin1989Révolutions dansles PECO1990Réunificationallemande1991Disparition del'URSS
Fig. 5En trois ans, le mur tombe (1989), l'Allemagne se réunifie (1990) et l'URSS disparaît (1991) : la guerre froide s'achève, mais le nouvel ordre mondial reste à inventer.

Points clés

Le 9 NOVEMBRE 1989, la CHUTE DU MUR DE BERLIN devient le symbole mondial de la fin de la guerre froide : ouvert sous la pression populaire, le mur qui coupait la ville depuis 1961 tombe. L'événement, vu partout dans le monde, signe la fin de la coupure de l'Europe et l'effondrement du bloc de l'Est.
La RÉUNIFICATION DE L'ALLEMAGNE est consacrée le 3 octobre 1990 : la RDA disparaît et est intégrée à la RFA. Elle se fait avec l'accord des anciens vainqueurs de 1945 (traité « 2 + 4 ») et symbolise la victoire du modèle occidental ; les anciens pays de l'Est s'engagent dans une difficile TRANSITION DÉMOCRATIQUE et économique (passage au pluralisme et à l'économie de marché).
En 1991, l'URSS elle-même DISPARAÎT : minée par la crise, les revendications des nationalités et l'échec d'un putsch conservateur (août 1991), elle se dissout en décembre 1991. La Russie de Boris Eltsine succède à l'URSS ; le PCUS perd le pouvoir. C'est la FIN DU MONDE BIPOLAIRE né en 1945.
La guerre froide s'achève sans guerre directe entre les deux Grands : c'est une victoire de l'Ouest par épuisement de l'adversaire. Les États-Unis restent la SEULE SUPERPUISSANCE (« hyperpuissance ») et le modèle de la démocratie libérale de marché s'impose comme référence — certains parlent même d'une « fin de l'Histoire » (idée avancée par Francis Fukuyama dès 1989, développée dans son livre de 1992).
Mais le nouvel ordre est INCERTAIN : la disparition de l'équilibre bipolaire libère des tensions longtemps contenues (réveil des nationalismes, conflits dans les Balkans à partir de 1991, recompositions au Proche-Orient). Le « nouvel ordre mondial » annoncé reste à construire — c'est l'ouverture sur le thème suivant (le monde depuis les années 1990).

Vocabulaire

→ Cartes
  • HyperpuissanceTerme forgé à la fin des années 1990 par Hubert Védrine pour désigner les États-Unis, seul État à cumuler après 1991 la supériorité militaire, économique, technologique et culturelle à l'échelle mondiale.
  • Transition démocratiquePassage d'un régime autoritaire à un régime pluraliste ; à l'Est après 1989, elle s'accompagne du passage d'une économie planifiée à l'économie de marché.
  • CEI (Communauté des États indépendants)Association créée en décembre 1991 par les anciennes républiques soviétiques, à l'exception des États baltes, pour organiser leur séparation et maintenir quelques liens économiques.
  • Nouvel ordre mondialExpression employée au début des années 1990 pour désigner un système international qui reposerait sur la sécurité collective et le droit sous l'égide de l'ONU, après la disparition de la bipolarité.
  • RéunificationRéunion en un seul État de territoires séparés par la guerre froide ; celle de l'Allemagne s'achève le 3 octobre 1990 par l'adhésion des Länder de l'ex-RDA à la République fédérale.
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Exemple corrigé

Analyse de document : la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989)

On vous propose une photographie de presse du 9 novembre 1989 montrant une foule en liesse debout sur le mur de Berlin, près de la porte de Brandebourg. Analysez ce document : quel événement représente-t-il, que symbolise-t-il, et quelles en sont la portée et les limites ?

  1. 01Identifier le document (nature, contexte)

    C'est une photographie de presse, document visuel à valeur de témoignage, datée du 9 novembre 1989 — la nuit de l'ouverture du mur de Berlin. Replacer le document dans son contexte est la première étape : l'effondrement en cours du bloc de l'Est et l'essoufflement de l'URSS de Gorbatchev.

  2. 02Décrire et décoder la scène

    Une foule de Berlinois est debout SUR le mur, geste impensable la veille : le mur, érigé en 1961 pour empêcher la fuite vers l'Ouest et symbole de la coupure de l'Europe, est franchi et investi par la population. La liesse traduit la chute d'une frontière et la réunion d'un peuple séparé.

  3. 03Dégager le sens et la portée

    Le document symbolise la FIN DE LA GUERRE FROIDE : l'effondrement du Rideau de fer, la victoire des aspirations à la liberté et au modèle occidental. Sa portée est mondiale : l'image, diffusée partout, devient l'icône de la fin du monde bipolaire et annonce la réunification allemande (1990).

  4. 04Mesurer les limites

    Limites du document : une photographie saisit un instant d'émotion et ne dit ni les causes (crise du bloc, réformes de Gorbatchev, renoncement à la force) ni la suite difficile (transition démocratique et économique douloureuse à l'Est, tensions et conflits nouveaux dès 1991). Il faut la confronter à d'autres sources pour comprendre le processus.

Résultat : L'analyse réussie identifie l'événement (ouverture du mur, 9 novembre 1989) et son contexte (effondrement du bloc de l'Est), décode la portée symbolique (fin de la guerre froide, victoire du modèle occidental) et en mesure les limites (un instant photographié ne dit ni les causes profondes ni les incertitudes de l'après-1989).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser une image emblématique de 1989-1991 (photographie de la chute du mur de Berlin, foule sur le mur) — identifier l'événement, son contexte, sa portée symbolique et ses limites comme document.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer pourquoi 1989-1991 marque la fin de la guerre froide et du monde bipolaire, et de nuancer l'idée d'un « nouvel ordre mondial » pacifique (tensions et conflits nouveaux).
  • Objectif Bac : justifier la portée du 9 novembre 1989 en distinguant l'événement lui-même, une ouverture des postes-frontières décidée dans la confusion, et le symbole mondial qu'en font aussitôt les images télévisées.
  • Objectif Bac : mettre en perspective la fin de la guerre froide en la comparant à 1918 et à 1945 : pour la première fois, un affrontement mondial s'achève sans traité de paix, sans capitulation militaire et sans occupation du vaincu.
  • Objectif Bac : contextualiser la guerre du Golfe de janvier-février 1991 comme premier test du nouvel ordre annoncé — une coalition agit sous mandat de l'ONU parce que Moscou ne s'y oppose plus, ce qui eût été impensable dix ans plus tôt.

Erreurs fréquentes

  • Confondre la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), la réunification de l'Allemagne (3 octobre 1990) et la disparition de l'URSS (décembre 1991) : ce sont trois événements distincts et successifs, à ne pas mélanger.
  • Présenter la fin de la guerre froide comme l'entrée dans une paix mondiale durable : la disparition de l'équilibre bipolaire libère au contraire de nouvelles tensions (nationalismes, guerres des Balkans dès 1991).
  • Présenter la chute du mur comme une décision politique solennellement annoncée : le 9 novembre 1989, la levée des restrictions de voyage est communiquée de façon confuse, et c'est l'afflux des Berlinois aux postes-frontières qui contraint les gardes à ouvrir. L'événement doit autant à la pression populaire qu'à la décision d'en haut.
  • Confondre la dissolution du pacte de Varsovie, en juillet 1991, avec celle de l'URSS en décembre de la même année ; et confondre la réunification allemande d'octobre 1990 avec l'entrée des anciens pays de l'Est dans l'OTAN et dans l'Union européenne, qui n'intervient qu'à partir de 1999 et de 2004.
  • Décrire une photographie de novembre 1989 — « on voit une foule sur le mur, des drapeaux, des gens qui s'embrassent » — sans dire qui l'a prise, pour quel public, ni ce qu'elle laisse hors champ. Décrire n'est pas analyser, et un document non exploité ne peut être confronté à aucun autre.

§ 04

Révision active

Analyse de document : à partir d'une photographie de la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), montrez en quoi cet événement symbolise la fin de la guerre froide, puis nuancez en rappelant que le « nouvel ordre mondial » qui s'ouvre reste incertain.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

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Sommaire

Section -- / 04

    • 01La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)○
    • 02Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles◐
    • 03L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)◐
    • 041989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation●

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Remises en cause des années 1970 à 1991

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~26
min
4
Compétences
50
questions
S'entraîner
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019

Voir aussi

  • Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)L'ordre bipolaire que ces deux décennies érodent puis emportent.
  • Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990Ce qui commence quand la guerre froide s'achève.
  • L'Union européenne et la France dans la mondialisationMaastricht et le grand marché : la réponse européenne à la crise du modèle antérieur.

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Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990

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