EuraStudy
Fiches/Histoire-Géographie/L'Union européenne et la France dans la mondialisation
FR · Bac

L'Union européenne et la France dans la mondialisation

Thème 3 de géographie de terminale, « L'Union européenne dans la mondialisation : des dynamiques complexes » (BO 2019, voie générale, programme actuel adapté par les BO 2020/2021), avec un prolongement sur la France et ses régions. L'Union européenne, vaste espace d'intégration régionale, est traversée par des dynamiques contrastées (dorsale et façades motrices, régions en difficulté) et s'affirme comme un espace plus ou moins ouvert sur le monde, entre attractivité et rivalités. La question conclusive officielle porte sur « La France : les dynamiques différenciées des territoires transfrontaliers » ; la fiche élargit à la place de la France et de ses régions (métropolisation, littoralisation, transfrontalier, espaces ultramarins ultrapériphériques) pour relier ce thème à la question conclusive du thème 2 sur la France. La démarche attendue est multiscalaire (UE / France / régions) et fortement cartographique. Évaluée en contrôle continu de terminale.

5 sections·~31 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·121212 / 12
Profil d’examen
Nommer et localiser les grands repères territoriaux de l'Union européenne et de la France (États membres, zone euro, espace Schengen, dorsale, façades, métropoles, territoires ultramarins).Réaliser des productions graphiques (croquis, schéma) rendant compte de l'intégration et des inégalités territoriales, avec une légende organisée et hiérarchisée.Procéder à l'analyse critique de documents géographiques (cartes de flux, indicateurs de développement, paysages et aménagements).Conduire une démarche multiscalaire (Union européenne / France / régions) et la justifier à l'écrit comme à l'oral.
Opérateurs :localiserdécrireexpliqueranalyser un documentréaliser un croquis / un schémajustifier une démarche multiscalaireargumenter

niveau de base

Maîtriser d'abord les repères et les notions clés (intégration régionale, dorsale, métropolisation, ZEE, RUP) et savoir les localiser sur un fond de carte de l'UE et de la France.

niveau approfondi

Construire des croquis de synthèse hiérarchisés et articuler explicitement les trois échelles (UE / France / régions) dans une composition argumentée, en nuançant intégration et rivalités.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard · Interligne : Compact

Toujours charger les médias : désactivé

Sommaire · 5 sections▾
  1. L'Union européenne et la France dans la mondialisation
    • 01L'Union européenne, un espace d'intégration aux dynamiques contrastées○
    • 02Inégalités et recompositions territoriales au sein de l'Union européenne◐
    • 03L'Union européenne, un pôle majeur dans la mondialisation : attractivité et rivalités◐
    • 04La France et ses régions dans l'Union européenne et la mondialisation●
    • 05Croquis de synthèse : les territoires français dans la mondialisation●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

L'Union européenne, un espace d'intégration aux dynamiques contrastées#

~6 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

Les cercles de l'intégration européenne

Des degrés d'intégration emboîtéscercles concentriques, 4 anneaux, Données: Intégration, Zone euro (20 États), Union européenne (27 États), Marché unique et Schengen, Europe et voisinageEurope et voisinageMarché unique et SchengenUnion européenne (27 États)Zone euro (20 États)Intégration

Points clés

L'intégration régionale désigne le processus par lequel des États associent leurs économies, leurs politiques et parfois leurs institutions au sein d'un même ensemble : l'Union européenne en est la forme la plus aboutie au monde (marché unique, monnaie commune, libre circulation).
Repères institutionnels à maîtriser et à distinguer : les États membres de l'UE (27 depuis le retrait du Royaume-Uni, le Brexit, effectif en 2020), la zone euro (États ayant adopté la monnaie unique, l'euro), et l'espace Schengen (zone de libre circulation des personnes sans contrôle aux frontières intérieures) — ces trois cercles ne se recouvrent pas exactement.
Les degrés d'intégration sont emboîtés : zone de libre-échange (suppression des droits de douane) → union douanière (tarif extérieur commun) → marché commun (libre circulation des biens, services, capitaux et personnes) → union économique et monétaire (monnaie unique). L'UE combine ces niveaux, ce qui en fait une intégration profonde mais inachevée (pas d'État fédéral unique).
L'intégration est à la fois un facteur de cohésion (politiques communes, fonds structurels de la politique régionale qui aident les régions les moins développées) et une source de tensions : concurrence entre territoires, débats sur l'élargissement et l'approfondissement, montée des contestations (euroscepticisme).
Le fonctionnement de l'Union repose sur un ensemble institutionnel qu'il faut savoir nommer. La Commission européenne, gardienne des traités, détient l'initiative des propositions législatives ; le Parlement européen, seul organe élu au suffrage universel direct depuis 1979, et le Conseil de l'Union européenne, où siègent les ministres des États membres, adoptent ensemble les textes selon la procédure législative ordinaire ; la Cour de justice de l'Union européenne garantit une application uniforme du droit dans tous les États. Au-dessus, le Conseil européen réunit les chefs d'État et de gouvernement pour fixer les grandes orientations, sans exercer de fonction législative. Deux principes commandent la répartition des compétences : la subsidiarité, selon laquelle l'Union n'intervient que là où son action est plus efficace que celle des États ou des collectivités, et la primauté du droit de l'Union sur les droits nationaux dans les domaines qui lui ont été transférés. Cette architecture explique le statut singulier de l'Union : bien davantage qu'une organisation internationale classique, elle n'est pas pour autant un État fédéral.

Vocabulaire

→ Cartes
  • intégration régionaleProcessus par lequel des États voisins associent progressivement leurs économies, leurs règles et parfois leurs institutions pour former un ensemble plus vaste et plus cohérent.
  • marché uniqueEspace économique où circulent librement marchandises, services, capitaux et personnes, harmonisé par des normes communes : un degré d'intégration supérieur à la simple zone de libre-échange.
  • subsidiaritéPrincipe selon lequel une décision doit être prise au niveau le plus proche possible des citoyens, l'Union n'intervenant que lorsque son action est plus efficace que celle des États ou des collectivités.
  • zone euroEnsemble des États membres de l'Union ayant adopté l'euro comme monnaie et dont la politique monétaire est conduite en commun par la Banque centrale européenne.
  • espace SchengenEspace de libre circulation des personnes où les contrôles aux frontières communes sont supprimés, en contrepartie d'un renforcement des contrôles aux frontières extérieures ; il ne se confond ni avec l'Union ni avec la zone euro.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Distinguer UE, zone euro et espace Schengen

Un document présente une carte de l'Europe avec trois tracés différents. Expliquez pourquoi l'Union européenne, la zone euro et l'espace Schengen ne forment pas un seul et même ensemble territorial.

  1. 01Définir chaque ensemble

    L'UE est une union économique et politique de 27 États. La zone euro regroupe les États membres ayant adopté l'euro comme monnaie. L'espace Schengen est une zone de libre circulation des personnes (suppression des contrôles aux frontières intérieures).

  2. 02Montrer les écarts de périmètre

    Des États membres de l'UE ne sont pas dans la zone euro (ils conservent leur monnaie nationale). À l'inverse, des États non membres de l'UE participent à l'espace Schengen. Les trois logiques (économique, monétaire, circulation) sont donc dissociées.

  3. 03Conclure sur l'intégration différenciée

    L'UE fonctionne par cercles d'intégration emboîtés et à géométrie variable : tous les États ne participent pas à toutes les politiques, ce qui traduit une intégration profonde mais inachevée et négociée.

Résultat : Les trois ensembles relèvent de logiques distinctes (appartenance politique, monnaie unique, libre circulation) et n'ont donc pas le même périmètre : c'est la marque d'une intégration européenne emboîtée et à géométrie variable.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir définir l'intégration régionale et illustrer par des repères précis (UE à 27, zone euro, espace Schengen) en distinguant clairement ces trois ensembles qui ne coïncident pas.
  • Objectif Bac : être capable de localiser sur un fond de carte les États membres et les grands repères (capitales, façades) — la localisation précise est systématiquement valorisée en géographie de terminale.
  • Changer d'échelle dans la même réponse et le dire : ce qui se lit comme une réussite à l'échelle de l'Union, marché unique et libre circulation, se lit autrement à l'échelle d'une région frontalière ou d'un bassin d'emploi. Annoncez le changement d'échelle au lieu de le subir.
  • Analyser un tableau statistique européen en commençant par l'unité et par la date : un produit intérieur brut par habitant exprimé en standards de pouvoir d'achat ne se compare pas à un montant en euros courants. Repérez ensuite l'écart extrême, l'ordre de grandeur médian, puis les cas qui font exception.
  • Justifier une légende organisée dès la carte la plus simple : sur les cercles de l'intégration, l'ordre des figurés doit traduire une progression, appartenance à l'Union, adoption de la monnaie unique, libre circulation des personnes, et non un inventaire de couleurs.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l'Union européenne, la zone euro et l'espace Schengen : ce sont trois cercles distincts (par exemple, des États membres de l'UE n'utilisent pas l'euro ; certains États de l'espace Schengen ne sont pas membres de l'UE).
  • Présenter l'UE comme un bloc homogène : l'intégration produit des dynamiques très contrastées entre régions motrices et régions en difficulté (voir section suivante).
  • Écrire « l'Europe » là où il faut écrire « l'Union européenne » : l'Europe est un continent, l'Union une organisation d'États. La Norvège et la Suisse sont européennes sans appartenir à l'Union, et le Royaume-Uni l'est resté après en être sorti. Employez le terme exact à chaque occurrence.
  • Présenter le marché unique comme une simple suppression des droits de douane : une zone de libre-échange s'arrête là. Le marché unique y ajoute la libre circulation des services, des capitaux et des personnes, ainsi que des normes communes. Nommez le degré d'intégration dont vous parlez.
  • Lire la carte des cercles d'intégration comme un classement de richesse : appartenir à la zone euro ou à l'espace Schengen dit une appartenance juridique, pas un niveau de développement. Le contresens consiste à faire dire à la carte ce qu'elle ne mesure pas.

§ 01

Révision active

À partir d'un fond de carte de l'Europe, construisez une légende organisée distinguant : États membres de l'UE, États de la zone euro, États de l'espace Schengen non membres de l'UE. Rédigez ensuite un paragraphe expliquant pourquoi ces trois ensembles ne se confondent pas.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Inégalités et recompositions territoriales au sein de l'Union européenne#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Centre et périphéries de l'Union européenne

Un espace aux fortes inégalitéscercles concentriques, 4 anneaux, Données: Centre, Dorsale (Londres → Milan), Façades dynamiques, Périphéries intégrées, Périphéries en difficultéPériphéries en difficultéPériphéries intégréesFaçades dynamiquesDorsale (Londres → Milan)Centre

Points clés

Le cœur économique de l'UE est la dorsale européenne (parfois appelée par les manuels « banane bleue ») : un axe densément urbanisé, industrialisé et innovant allant grossièrement du Sud-Est de l'Angleterre au Nord de l'Italie, en passant par le Benelux, la vallée du Rhin et la Suisse. Cet axe concentre métropoles de commandement, industries et activités de haute valeur ajoutée.
L'attractivité repose largement sur les grandes façades maritimes, notamment la Northern Range (rangée portuaire de la mer du Nord : Rotterdam, Anvers, Hambourg…), interface majeure entre l'UE et la mondialisation, qui prolonge la dorsale vers l'extérieur.
Les inégalités territoriales opposent des régions motrices (métropoles, façades, axes) à des régions en difficulté : périphéries, anciennes régions industrielles en reconversion, espaces ruraux et montagnards à l'écart, régions du Sud et de l'Est moins développées. La métropolisation accentue ces écarts en concentrant les fonctions de commandement dans quelques pôles.
Pour réduire ces écarts, l'UE mène une politique de cohésion (politique régionale) : des fonds structurels et d'investissement (fonds de cohésion, FEDER) financent infrastructures, formation et développement dans les régions les moins prospères. L'objectif est la convergence, mais les recompositions (mobilités, élargissements) entretiennent de nouvelles inégalités.
La politique de cohésion obéit à une mécanique précise qu'il faut savoir restituer. L'Union classe les régions d'après leur produit intérieur brut par habitant rapporté à la moyenne européenne : régions moins développées en dessous d'environ 75 % de cette moyenne, régions en transition jusqu'au niveau moyen, régions plus développées au-delà. L'essentiel des crédits va aux premières, sur des périodes de programmation de sept ans. Les fonds ne sont pas versés aux États : ils cofinancent des projets portés par des régions et des collectivités, lignes ferroviaires, universités, stations d'épuration, soutien aux entreprises, ce qui suppose un apport local. Le bilan est ambigu, et c'est là que se joue la nuance attendue. À l'échelle des États, la convergence est réelle : les pays entrés en 2004 ont vu leur niveau de vie se rapprocher de la moyenne européenne. À l'échelle infranationale, les écarts se creusent, parce que la croissance se concentre dans les régions capitales : Varsovie, Prague, Bratislava ou Budapest dépassent la moyenne de l'Union quand leurs périphéries rurales restent loin derrière. La convergence entre États s'accompagne donc d'une divergence à l'intérieur de chacun d'eux.

Vocabulaire

→ Cartes
  • dorsale européenneVaste axe urbanisé, industrialisé et innovant qui traverse l'Europe du Sud-Est de l'Angleterre au Nord de l'Italie par le Benelux et la vallée du Rhin, et qui concentre densités, métropoles et fonctions de commandement.
  • Northern RangeRangée de ports de la mer du Nord et de la Manche, du Havre à Hambourg, qui constitue la principale interface entre l'Union européenne et le reste du monde.
  • métropolisationProcessus de concentration des populations, des activités et surtout des fonctions de commandement dans les plus grandes villes, au détriment des espaces qui en sont éloignés.
  • politique de cohésionPolitique régionale de l'Union européenne qui oriente une part du budget commun vers les régions les moins développées, sous forme de fonds cofinançant des projets d'équipement, de formation et de développement.
  • reconversionTransformation d'un territoire dont l'activité dominante a décliné, mine, sidérurgie, textile ou chantiers navals, vers de nouvelles fonctions industrielles, tertiaires, logistiques ou touristiques.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Analyser une carte des inégalités territoriales de l'UE

Sujet type : à l'aide d'une carte du PIB régional par habitant dans l'Union européenne, montrez que l'UE est un espace d'intégration marqué par de fortes inégalités territoriales et présentez la réponse apportée par l'Union.

  1. 01Identifier le centre

    Le PIB par habitant le plus élevé se concentre le long de la dorsale européenne et autour des grandes métropoles (Londres, Paris, vallée du Rhin, Nord de l'Italie) et des façades portuaires : c'est le cœur économique et le moteur de l'intégration.

  2. 02Identifier les périphéries

    Les valeurs les plus faibles se situent dans les régions périphériques (Est et Sud de l'UE, espaces ruraux et montagnards, anciennes régions industrielles en reconversion) : ce sont les régions en difficulté, à l'écart des dynamiques motrices.

  3. 03Expliquer le rôle de la métropolisation

    La métropolisation concentre les fonctions de commandement, les emplois qualifiés et l'innovation dans quelques pôles, ce qui creuse l'écart entre métropoles attractives et territoires délaissés.

  4. 04Présenter la réponse de l'UE

    La politique de cohésion (fonds structurels et d'investissement : FEDER, fonds de cohésion) finance les régions les moins développées pour favoriser la convergence, sans toutefois supprimer les écarts.

Résultat : La carte révèle un fort gradient centre/périphérie : l'intégration européenne s'accompagne d'inégalités territoriales que la politique de cohésion cherche à réduire, dans une logique de convergence jamais totalement atteinte.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : localiser et nommer la dorsale européenne et les grandes façades maritimes, et opposer régions motrices / régions en difficulté sur un croquis hiérarchisé.
  • Objectif Bac : expliquer le rôle de la politique de cohésion (fonds structurels) comme réponse de l'UE aux inégalités territoriales, sans la présenter comme une suppression des écarts.
  • Localiser, c'est placer ; situer, c'est mettre en relation. Placez la dorsale, puis situez-la : entre deux grandes façades maritimes, le long de l'axe rhénan, à l'articulation des plus fortes densités du continent.
  • Analyser une carte des inégalités en nommant la variable avant de commenter : produit intérieur brut par habitant, taux de chômage et solde migratoire ne dessinent pas les mêmes périphéries. Dites ce que la carte mesure avant de dire ce qu'elle montre.
  • Changer d'échelle pour nuancer : une région classée en difficulté à l'échelle européenne abrite souvent une métropole dynamique, et une région prospère des espaces relégués. Descendez d'un cran avant de porter un jugement d'ensemble.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la dorsale à une simple « ligne » : c'est un vaste ensemble urbain et industriel structurant, pas une frontière, et il prolonge vers la mer par les grandes façades portuaires.
  • Croire que la politique de cohésion efface les inégalités : elle les atténue et vise la convergence, mais les écarts entre cœur et périphéries persistent et se recomposent.
  • Traiter la « banane bleue » comme une donnée officielle : c'est une image forgée par des géographes français à la fin des années 1980, commode mais discutée, dont le tracé varie d'un manuel à l'autre. Préférez « dorsale européenne » et justifiez son tracé par des critères vérifiables : densités, métropoles, ports, industries.
  • Placer Rotterdam, Anvers ou Hambourg au hasard du littoral : une localisation fausse ruine l'argument, car la force de la Northern Range tient précisément à la position de ses estuaires, au débouché du Rhin et à proximité de l'un des détroits les plus fréquentés du monde. Vérifiez chaque nom que vous inscrivez.
  • Présenter les fonds européens comme une aide versée aux États les plus pauvres : la politique de cohésion finance des projets (infrastructures, formation, recherche) dans des régions classées selon leur niveau de développement, et exige un cofinancement local ou national. Le bénéficiaire est un territoire porteur d'un projet, pas un budget national.

§ 02

Révision active

Réalisez un croquis de l'organisation territoriale de l'UE faisant apparaître : la dorsale européenne, deux grandes façades maritimes, une métropole de commandement, et au moins deux types de régions en difficulté. Hiérarchisez la légende (dynamiques motrices / espaces en difficulté / flux).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

L'Union européenne, un pôle majeur dans la mondialisation : attractivité et rivalités#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

L'UE, pôle de la Triade

La Triade et ses fluxGraphe, Union européenne → Amérique du Nord, Amérique du Nord → Asie orientale (Chine, Japon), Asie orientale (Chine, Japon) → Union européenneUnion européenneAmérique du NordAsie orientale(Chine, Japon)fluxfluxflux

Points clés

L'UE est l'un des trois grands pôles de la mondialisation (avec l'Amérique du Nord et l'Asie orientale) : vaste marché unique d'environ 450 millions de consommateurs au niveau de vie élevé, elle est une puissance commerciale de premier plan, foyer de firmes transnationales et destination majeure des investissements.
Son attractivité repose sur la concentration de métropoles mondiales (Paris, Francfort, Amsterdam, Milan, Dublin…) — Londres, longtemps la première place financière de l'ensemble européen, est sortie de l'Union avec le Brexit, et une partie des activités de compensation et de gestion d'actifs s'est redéployée vers les places restées dans le marché unique, de hubs portuaires et aéroportuaires, d'universités et de centres de recherche, et sur un marché intérieur intégré qui démultiplie les échanges (flux de marchandises, de capitaux, de personnes, d'informations).
L'UE est aussi traversée par des rivalités : concurrence économique mondiale avec les États-Unis et la Chine, dépendances (énergie, technologies, chaînes de valeur), débats internes sur le degré d'ouverture et la souveraineté. Sa puissance est davantage économique et commerciale que politique et militaire (« puissance incomplète » ou « puissance par le marché »).
Les frontières de l'UE sont un enjeu central de la mondialisation : interfaces commerciales et financières ouvertes sur le monde, mais aussi frontières de plus en plus contrôlées face aux flux migratoires (politique commune, agence de gestion des frontières extérieures). L'UE joue un rôle dans la gouvernance mondiale (commerce, normes, climat) tout en cherchant à défendre ses intérêts.
La puissance de l'Union est aussi normative, et c'est le point que l'on oublie le plus souvent. Parce qu'aucune firme mondiale ne peut renoncer à un marché de cette taille, les règles adoptées à Bruxelles finissent par s'appliquer bien au-delà des frontières européennes : les industriels préfèrent aligner l'ensemble de leur production sur la norme la plus exigeante plutôt que d'entretenir deux chaînes de fabrication distinctes. Le règlement général sur la protection des données, entré en application en 2018, a ainsi modifié les pratiques d'entreprises qui n'ont pas un bureau en Europe ; il en va de même des règles sur les substances chimiques, la sécurité des produits ou les émissions des véhicules. À cet effet d'entraînement s'ajoute une compétence exclusive : la politique commerciale est négociée par la Commission au nom de l'ensemble des États membres, ce qui donne à l'Union un poids de négociation qu'aucun de ses membres n'aurait isolément. L'Union pèse donc par son marché et par sa règle plus que par la force, ce qui explique à la fois son influence réelle et le sentiment d'impuissance qu'elle donne dans les crises politiques et militaires.

Vocabulaire

→ Cartes
  • attractivitéCapacité d'un territoire à attirer durablement des populations, des capitaux, des entreprises et des activités, en raison de ses ressources, de ses infrastructures, de la taille de son marché et de son cadre de vie.
  • firme transnationaleEntreprise qui organise sa production et ses ventes dans plusieurs pays à partir d'une maison mère, en répartissant ses établissements selon les avantages offerts par chaque territoire.
  • puissance normativeCapacité d'un acteur à imposer ses règles, ses normes et ses standards au-delà de son propre territoire, parce que l'accès à son marché en dépend.
  • interfaceZone de contact entre deux espaces de nature différente, où se concentrent les échanges qui les relient, comme une façade portuaire entre un continent et le reste du monde.
  • investissement direct à l'étrangerPlacement par lequel un acteur économique prend le contrôle ou une participation durable dans une entreprise située dans un autre pays ; c'est l'indicateur le plus employé pour mesurer l'attractivité d'un territoire.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Argumenter : l'UE, un pôle de la mondialisation entre attractivité et rivalités

Sujet type (composition partielle) : montrez que l'Union européenne est un pôle majeur de la mondialisation, tout en étant confrontée à des rivalités et à des limites.

  1. 01Thèse : un pôle d'attractivité

    L'UE est l'un des trois grands pôles mondiaux : marché unique très peuplé et riche, première ou deuxième puissance commerciale, métropoles mondiales, hubs portuaires (Northern Range) et aéroportuaires, foyer de firmes transnationales et destination majeure des investissements.

  2. 02Argument : des flux intenses

    L'intégration démultiplie les flux internes et externes (marchandises, capitaux, personnes, informations) : l'UE est une interface ouverte sur le monde, fortement insérée dans les échanges mondialisés.

  3. 03Nuance : rivalités et dépendances

    L'UE affronte la concurrence des États-Unis et de la Chine, des dépendances (énergie, technologies, chaînes de valeur) et des divisions internes ; sa puissance reste surtout économique et commerciale, peu politique et militaire.

  4. 04Nuance : la question des frontières

    Son attractivité s'accompagne d'un contrôle croissant des frontières extérieures (flux migratoires), enjeu majeur et débattu de son insertion dans la mondialisation.

Résultat : L'UE est bien un pôle majeur de la mondialisation par son poids économique, ses métropoles et ses flux, mais c'est une puissance incomplète, traversée par des rivalités, des dépendances et des tensions sur ses frontières.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : caractériser l'UE comme pôle de la mondialisation par des arguments hiérarchisés (poids commercial, métropoles, flux) et en montrer les limites (puissance incomplète, dépendances).
  • Objectif Bac : analyser une carte ou un document de flux (commerciaux, financiers, migratoires) montrant l'insertion de l'UE dans la mondialisation entre attractivité et rivalités.
  • Analyser des statistiques de commerce en séparant les échanges internes à l'Union de ceux qui la relient au reste du monde : selon le périmètre retenu, le rang de l'Union et le sens du chiffre changent complètement. Annoncez toujours celui que vous commentez.
  • Changer d'échelle sur l'attractivité : à l'échelle mondiale, l'Union attire capitaux, étudiants, touristes et migrants ; à l'échelle interne, cette attractivité se concentre dans quelques métropoles et régions portuaires. Le même mot ne recouvre pas la même réalité selon le niveau retenu.
  • Analyser une carte de flux en commentant l'épaisseur autant que la direction : une flèche large et courte, celle des échanges intra-européens, ne se lit pas comme une flèche fine et longue, celle des importations d'hydrocarbures ou de composants. Hiérarchisez avant de décrire.

Erreurs fréquentes

  • Présenter l'UE comme une puissance complète et homogène : elle est surtout une puissance commerciale et normative, mais sa dimension politique, diplomatique et militaire reste limitée et divisée.
  • Oublier la dimension des frontières et des flux migratoires : l'attractivité de l'UE va de pair avec une gestion de plus en plus contrôlée de ses frontières extérieures.
  • Comparer l'Union à la Chine ou aux États-Unis sans préciser si l'on raisonne sur l'ensemble ou sur ses États pris un à un : l'Allemagne seule et l'Union entière ne pèsent pas la même chose. L'unité de comparaison s'annonce en tête de paragraphe.
  • Traiter un dossier documentaire document par document, chacun dans son paragraphe : la démonstration se juge à la mise en relation. Construisez le plan sur des idées, puis faites entrer dans chaque partie les documents qui la servent, quitte à revenir deux fois sur le même.
  • Parler de « dépendance » de l'Union sans dire à l'égard de quoi ni de qui : l'énergie, les métaux rares, les composants électroniques et les principes actifs pharmaceutiques ne renvoient ni aux mêmes fournisseurs ni aux mêmes vulnérabilités. Une dépendance se nomme, se localise et se date.

§ 03

Révision active

À partir d'un dossier documentaire (part de l'UE dans le commerce mondial, carte des principaux flux, classement des grandes métropoles), rédigez un paragraphe argumenté montrant que l'UE est un pôle majeur de la mondialisation, puis nuancez en évoquant ses rivalités et ses limites.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

La France et ses régions dans l'Union européenne et la mondialisation#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

La France dans l'UE et la mondialisation

Une démarche multiscalaireSchéma avec 6 éléments, Paris (ville mondiale), métropoles régionales, façade atlantique, façade méditerranéenne, mondialisation, UE (frontières dynamiques)Paris (villemondiale)métropolesrégionalesfaçadeatlantiquefaçademéditerranéennemondialisationUE (frontièresdynamiques)

Points clés

La France s'inscrit dans la mondialisation et l'UE par sa métropolisation : Paris est une ville mondiale (fonctions de commandement, sièges sociaux, place financière, aéroports internationaux), tandis qu'un réseau de métropoles régionales (Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux…) structure le territoire et s'inscrit dans des dynamiques d'attractivité et de concurrence.
La littoralisation et les façades maritimes (façade atlantique, Manche, Méditerranée) organisent l'ouverture sur les flux mondiaux ; les grands ports et zones industrialo-portuaires sont des interfaces, mais les façades françaises restent en retrait par rapport à la Northern Range.
Les territoires transfrontaliers font l'objet de la question conclusive officielle du thème 3 (« La France : les dynamiques différenciées des territoires transfrontaliers ») : les frontières avec l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse sont des espaces d'intégration européenne très actifs au quotidien (travailleurs frontaliers, métropoles transfrontalières, eurorégions, coopérations soutenues par le programme Interreg), tandis que les frontières avec l'Espagne et l'Italie, plus montagneuses, sont restées moins dynamiques. Ces espaces illustrent à la fois l'effacement des frontières intérieures de l'UE (Schengen) et des dynamiques différenciées selon les territoires.
Les espaces ultramarins font de la France un territoire discontinu et mondial : les régions ultrapériphériques (RUP) — Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte — sont à la fois intégrées à l'UE (citoyenneté, fonds européens, monnaie pour certaines) et éloignées, marquées par des contraintes spécifiques et des écarts de développement ; elles confèrent à la France une présence dans plusieurs océans et l'une des deux plus vastes zones économiques exclusives (ZEE) du monde — les classements varient selon la méthode de calcul, ce qui invite à parler d'ordre de grandeur plutôt que de rang.
L'aménagement et la compétitivité des territoires (politiques nationales et européennes, métropolisation, pôles de compétitivité, contrats territoriaux) cherchent à articuler attractivité internationale et cohésion interne, dans un contexte de fortes inégalités territoriales (métropoles dynamiques face aux espaces ruraux, périurbains ou industriels en difficulté).

Vocabulaire

→ Cartes
  • espace transfrontalierEspace situé de part et d'autre d'une frontière et unifié par des pratiques quotidiennes, travail, achats, soins ou études, que la libre circulation européenne rend possibles.
  • travailleur frontalierPersonne qui réside dans un pays et se rend travailler dans un pays voisin selon un rythme régulier, quotidien ou hebdomadaire.
  • région ultrapériphériqueTerritoire d'un État membre éloigné du continent européen mais pleinement intégré à l'Union, où s'applique le droit commun assorti d'adaptations justifiées par l'éloignement, l'insularité et l'étroitesse du marché.
  • zone économique exclusiveEspace maritime s'étendant au plus à 200 milles marins des côtes, sur lequel l'État riverain détient des droits exclusifs d'exploitation des ressources sans y exercer une pleine souveraineté.
  • littoralisationConcentration croissante des populations, des activités et des équipements sur les littoraux, sous l'effet de l'ouverture des économies aux échanges maritimes mondiaux.
Exemple corrigé

Construire la démarche multiscalaire (France / régions / UE / monde)

Sujet type : « La France et ses régions dans l'Union européenne et la mondialisation. » Proposez un plan en montrant comment articuler les différentes échelles.

  1. 01Échelle nationale : métropolisation

    Paris, ville mondiale, concentre les fonctions de commandement ; un réseau de métropoles régionales (Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux) structure le territoire et capte l'attractivité — mais creuse les inégalités avec les espaces en difficulté.

  2. 02Échelle de l'ouverture : façades et transfrontalier

    La littoralisation, les façades maritimes (Manche, Atlantique, Méditerranée) et les grands ports ouvrent la France sur les flux mondiaux ; les territoires transfrontaliers traduisent l'intégration européenne au quotidien (frontaliers, eurorégions).

  3. 03Échelle mondiale : l'ultramarin

    Les régions ultrapériphériques (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) intègrent la France à l'UE jusque dans plusieurs océans et lui donnent la 2e ZEE mondiale, tout en cumulant des contraintes et des écarts de développement.

  4. 04Synthèse multiscalaire

    Les trois échelles s'articulent : la France joue de son insertion dans l'UE (cohésion, marché unique, frontières effacées à l'intérieur) et dans la mondialisation (métropoles, façades, ZEE), au prix de fortes inégalités territoriales que l'aménagement cherche à corriger.

Résultat : Un bon traitement articule explicitement national / régional / européen / mondial : la France est un territoire métropolisé, ouvert et discontinu, pleinement intégré à l'UE et inséré dans la mondialisation, mais marqué par des inégalités territoriales persistantes.

Explication pas à pas3 étapes
  1. 1

    Partons de l'échelle nationale. Paris est une ville mondiale : elle concentre les sièges sociaux, la finance et les grands aéroports. Autour d'elle, un réseau de métropoles régionales — Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux — structure le territoire et capte l'attractivité.

  2. 2

    Changeons d'échelle vers l'ouverture. La littoralisation et les trois grandes façades — Manche, Atlantique, Méditerranée — relient la France aux flux mondiaux par ses grands ports, même si elles restent en retrait derrière la Northern Range.

  3. 3

    Enfin, l'échelle mondiale. Les régions ultrapériphériques — Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte — intègrent la France à l'Union européenne dans plusieurs océans et lui donnent la deuxième zone économique exclusive mondiale.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : conduire une démarche multiscalaire explicite — montrer comment la France et ses régions s'insèrent dans l'UE ET dans la mondialisation (Paris ville mondiale, métropoles régionales, façades, transfrontalier, ultramarin).
  • Objectif Bac : traiter la question conclusive officielle du thème 3 — « La France : les dynamiques différenciées des territoires transfrontaliers » — en opposant les frontières actives du Nord et de l'Est (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Suisse) aux frontières plus en retrait du Sud (Espagne, Italie).
  • Objectif Bac : maîtriser la spécificité des territoires ultramarins (RUP intégrées à l'UE, ZEE mondiale, contraintes et inégalités) et savoir les localiser.
  • Situer un territoire transfrontalier, ce n'est pas seulement le placer : dites de quel côté de la frontière on réside et de quel côté on est employé. C'est un écart de salaires et d'emplois qui fait le flux, non la seule proximité.
  • Changer d'échelle jusqu'à l'outre-mer : le même État est central à l'échelle européenne, par Paris et par ses frontières du Nord et de l'Est, et périphérique à l'échelle des bassins océaniques, où une région ultrapériphérique se trouve à des milliers de kilomètres de son marché continental. Traitez cette contradiction plutôt que de la contourner.

Erreurs fréquentes

  • Oublier les territoires ultramarins ou les traiter comme de simples « confettis » : ils font de la France une puissance maritime mondiale (2e ZEE) et sont juridiquement intégrés à l'UE en tant que régions ultrapériphériques.
  • Ne raisonner qu'à une seule échelle : le thème exige une articulation France / régions / UE / monde, et non une description séparée de chaque niveau.
  • Écrire « DOM-TOM » et mêler tous les territoires ultramarins dans un même décompte : l'appellation a disparu, les statuts diffèrent (départements et régions d'outre-mer, collectivités d'outre-mer, Nouvelle-Calédonie) et toutes ces collectivités ne sont pas des régions ultrapériphériques de l'Union, certaines relevant d'un régime d'association distinct.
  • Prêter à la France seule ce qui se décide à l'échelle de l'Union : la politique commerciale extérieure, la monnaie de la zone euro et une large part des normes du marché intérieur ne relèvent plus du niveau national. Précisez à chaque fois le niveau où la décision se prend.
  • Qualifier toute grande ville française de métropole mondiale : Paris cumule fonctions de commandement, place financière, sièges de firmes transnationales et aéroports de correspondance internationale, quand Lyon, Toulouse ou Nantes sont des métropoles régionales au rayonnement d'abord national et européen. La hiérarchie urbaine se démontre par des fonctions, pas par un nombre d'habitants.

§ 04

Révision active

Construisez un croquis de synthèse intitulé « La France dans l'Union européenne et la mondialisation » faisant apparaître : Paris ville mondiale, des métropoles régionales, les principales façades maritimes et un grand port, des territoires transfrontaliers dynamiques, et la mention des territoires ultramarins (RUP / ZEE). Organisez la légende en trois parties : pôles et métropoles ; ouverture et flux ; territoires en difficulté ou à l'écart.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Croquis de synthèse : les territoires français dans la mondialisation#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

Figurés et légende hiérarchisée

Une légende hiérarchiséeTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Figuré · Ce qu'il montre · Exemple (territoires français); Surfaces (aplats) · espaces dominants · aire métropolitaine, espace transfrontalier; Points · pôles, lieux · métropoles, ports, hubs; Lignes · axes, flux · LGV, flux commerciaux, frontièresFiguréCe qu'il montreExemple (territoiresfrançais)Surfaces (aplats)espaces dominantsaire métropolitaine, espacetransfrontalierPointspôles, lieuxmétropoles, ports, hubsLignesaxes, fluxLGV, flux commerciaux,frontières

Points clés

Le croquis de synthèse est l'un des trois exercices de la discipline, régulièrement demandé en devoir surveillé et en contrôle continu : il faut traduire en langage cartographique l'organisation du territoire français (et son inscription dans l'UE et la mondialisation) au moyen de figurés ponctuels (points, carrés), linéaires (axes, flux, frontières) et de surface (aplats, hachures), avec une légende organisée et hiérarchisée.
La légende doit être structurée en grandes parties thématiques, par exemple : (1) des pôles et des métropoles inégalement intégrés ; (2) une ouverture sur l'UE et le monde (façades, axes, flux, transfrontalier) ; (3) des inégalités et des territoires en difficulté ou à l'écart. Chaque figuré doit être lisible et justifié.
Les éléments incontournables : Paris ville mondiale, métropoles régionales, principales façades maritimes et grands ports, axes de transport majeurs (« mégalopole » et corridors), territoires transfrontaliers dynamiques, espaces ruraux et industriels en difficulté, mention des territoires ultramarins (souvent en encarts) et de la ZEE.
La nomenclature (le soin, la hiérarchie visuelle, le titre, l'orientation, les figurés clairs) compte autant que le contenu : un croquis réussi est sélectif (on ne met pas tout), organisé et démonstratif — il répond à un sujet précis, pas à une simple énumération.
Le langage cartographique obéit à des règles qu'il faut connaître avant de saisir un crayon. Il n'existe que trois familles de figurés : les ponctuels, qui localisent un lieu ou une masse, tel un cercle proportionnel pour un trafic portuaire ; les linéaires, qui traduisent un axe, un flux ou une limite, telle une flèche dont l'épaisseur vaut quantité ; les figurés de surface, qui qualifient une étendue par un aplat ou des hachures. À l'intérieur de chaque famille, on joue sur des variables visuelles : la taille pour une quantité, la valeur du clair au foncé pour une hiérarchie ordonnée, la couleur pour une différence de nature, la forme pour une catégorie. Une règle en découle, très souvent ignorée : un aplat de couleur ne doit porter que des données relatives, un taux ou une densité, jamais un effectif brut, sous peine de faire ressortir les régions les plus vastes plutôt que les plus concernées ; les effectifs se traduisent par des figurés proportionnels. Le respect de cette grammaire est ce qui distingue une production graphique d'un dessin colorié.

Vocabulaire

→ Cartes
  • croquisReprésentation cartographique simplifiée et sélective d'un espace, construite pour démontrer une idée en réponse à un sujet, accompagnée d'une légende organisée et d'un titre.
  • figuréSigne conventionnel employé sur une carte pour traduire une information : ponctuel pour un lieu ou une masse, linéaire pour un axe ou un flux, de surface pour une étendue.
  • nomenclatureEnsemble des noms de lieux inscrits sur une carte, États, villes, mers ou massifs, dont l'exactitude et la hiérarchie d'écriture sont prises en compte dans l'évaluation.
  • légende hiérarchiséeLégende dont les figurés sont regroupés en parties ordonnées, chaque intitulé exprimant une idée du plan plutôt qu'une simple catégorie d'objets.
  • variable visuellePropriété graphique que le cartographe fait varier pour traduire une différence de quantité, d'ordre ou de nature : taille, valeur, couleur, forme ou orientation.
Exemple corrigé

Organiser la légende d'un croquis de synthèse

Sujet de croquis : « Les territoires français dans la mondialisation. » Proposez une légende organisée et hiérarchisée, en indiquant pour chaque partie deux figurés et le type de figuré utilisé.

  1. 01Partie I — Métropoles et pôles d'intégration

    Figuré ponctuel : un grand cercle/carré pour Paris (ville mondiale) ; des cercles plus petits pour les métropoles régionales (Lyon, Marseille, Lille…). Type : figurés ponctuels hiérarchisés par la taille.

  2. 02Partie II — Ouverture sur l'UE et le monde

    Figuré linéaire : flèches de flux depuis les façades maritimes (grands ports) et les territoires transfrontaliers ; axes de transport majeurs. Type : figurés linéaires (flèches, traits).

  3. 03Partie III — Inégalités et territoires à l'écart

    Figuré de surface : aplats ou hachures pour les espaces ruraux, montagnards ou industriels en difficulté, par opposition aux régions motrices. Type : figurés de surface (aplats, hachures).

  4. 04Encart et nomenclature

    Ajouter un encart pour les territoires ultramarins (RUP) et la 2e ZEE mondiale ; soigner titre, orientation et lisibilité — la production graphique est notée pour elle-même.

Résultat : La légende répond au sujet en trois parties hiérarchisées (pôles ponctuels / ouverture linéaire / inégalités de surface), complétées d'un encart ultramarin : un croquis sélectif, organisé et démonstratif plutôt qu'une simple énumération.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir transformer un sujet (« Les territoires français dans la mondialisation ») en croquis hiérarchisé, avec une légende en trois parties et des figurés adaptés (ponctuels, linéaires, de surface).
  • Objectif Bac : soigner la nomenclature — titre, orientation, légende organisée, figurés lisibles — car la production graphique est évaluée pour elle-même, pas seulement pour son contenu.
  • Réaliser un croquis commence par le sujet, non par le fond de carte : soulignez les mots qui bornent l'espace et le thème, puis n'inscrivez que ce qui y répond. Un figuré qui ne sert pas la démonstration se retire.
  • Justifier une légende organisée par ses intitulés : chaque titre de partie doit être une idée qui construit un plan, « des métropoles inégalement connectées au monde » plutôt que « les villes ». C'est à ce détail que se reconnaît une légende de haut niveau.
  • Traiter les encarts comme des changements d'échelle assumés : les territoires ultramarins et la zone économique exclusive ne tiennent pas dans le cadre hexagonal. Un encart doté de sa propre échelle vaut mieux qu'une mention reléguée en marge.

Erreurs fréquentes

  • Surcharger le croquis : mettre tous les figurés possibles rend la carte illisible ; il faut sélectionner les informations qui répondent au sujet et les hiérarchiser.
  • Oublier les éléments de méthode (titre, légende organisée en parties, orientation, figurés cohérents) : un croquis sans légende structurée perd l'essentiel de ses points.
  • Inscrire une nomenclature approximative ou fausse : un port déplacé de plusieurs centaines de kilomètres, un fleuve mal orienté, une métropole oubliée. Les noms se placent à l'horizontale, dans une taille qui traduit la hiérarchie des lieux, et chacun doit être exact ; une localisation fausse discrédite tout le reste du croquis.
  • Employer des figurés qui ne respectent pas le langage cartographique : une flèche pour une étendue, un aplat pour un flux, une teinte froide pour l'espace le plus dynamique. Le ponctuel dit une localisation, le linéaire un axe ou un flux, la surface une étendue, et les teintes chaudes signalent conventionnellement l'intensité.
  • Restituer de mémoire un croquis appris sans le confronter au libellé : « les territoires français dans la mondialisation » et « les inégalités territoriales en France » n'appellent ni la même sélection, ni la même légende. Comparez vos intitulés au sujet, mot à mot, avant de commencer à colorier.

§ 05

Révision active

Réalisez, sur un fond de carte de la France, un croquis de synthèse répondant au sujet « Les territoires français dans la mondialisation ». Construisez une légende en trois parties (métropoles et pôles ; ouverture et flux ; inégalités et territoires à l'écart), choisissez des figurés adaptés et ajoutez un encart pour les territoires ultramarins et la ZEE.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01L'Union européenne, un espace d'intégration aux dynamiques contrastées○
    • 02Inégalités et recompositions territoriales au sein de l'Union européenne◐
    • 03L'Union européenne, un pôle majeur dans la mondialisation : attractivité et rivalités◐
    • 04La France et ses régions dans l'Union européenne et la mondialisation●
    • 05Croquis de synthèse : les territoires français dans la mondialisation●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

L'Union européenne et la France dans la mondialisation

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~31
min
4
Compétences
50
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019

Voir aussi

  • Mers et océans au cœur de la mondialisationLa ZEE française et les routes maritimes qui font de l'UE un pôle d'échanges.
  • La métropolisation : un processus mondial différenciéLa hiérarchie des métropoles qui structure l'espace européen.
  • Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990L'histoire de la construction européenne, ses élargissements et ses crises.

Chapitre précédent

Mers et océans au cœur de la mondialisation

EuraStudy·Fiches T·12·MMXXVI

Dernier chapitre de cette matière — retour à la vue d’ensemble de la matière.