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Fiches/Histoire-Géographie/Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990
FR · Bac

Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990

Depuis la fin de la guerre froide (1989-1991), le monde s'est recomposé entre coopérations et conflits. L'effondrement de l'URSS laisse d'abord les États-Unis seuls superpuissance (« hyperpuissance »), mais cette domination est vite contestée : l'émergence de la Chine et d'autres pôles dessine un monde MULTIPOLAIRE, traversé par la mondialisation et de nouvelles conflictualités (terrorisme djihadiste, conflits régionaux, attentats du 11 septembre 2001). Dans ce monde nouveau, l'Union européenne s'approfondit (traité de Maastricht 1992, euro, espace Schengen) et s'élargit (grand élargissement de 2004), tout en étant traversée par des crises ; et la France cherche une nouvelle place, à la fois puissance moyenne intégrée à l'Europe et défenseur d'un certain modèle démocratique. Ce thème conclusif d'histoire de terminale fait l'objet du contrôle continu.

4 sections·~30 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·101010 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique de documents portant sur le temps présent (cartes géopolitiques, discours, articles de presse et documents médiatiques) : identifier la nature, l'auteur, la date, le contexte et l'intention de la source, en dégager le sens et la portée et en mesurer les limites — capacité d'étude critique de document(s) attendue en terminale, à exercer avec un recul particulier sur des sources d'actualité.Identifier et expliquer les dimensions historiques d'un enjeu d'actualité : montrer comment une question du monde contemporain (multipolarité, terrorisme, construction européenne, place de la France) s'enracine dans l'histoire récente depuis 1990 et n'est pas un simple fait du présent.Contextualiser et mettre en perspective les recompositions géopolitiques depuis 1990 : situer un événement (1991, 2001, 2004, 2008) dans la chronologie de l'après-guerre froide et dans les évolutions d'ensemble du monde, de l'Europe et de la France.Construire et rédiger une argumentation historique sur une question du monde contemporain, à l'écrit (composition, étude critique de document[s]) comme à l'oral, en mobilisant repères, notions et raisonnement — capacité d'argumentation attendue en terminale.
Opérateurs :analyser un document (carte géopolitique, discours, document de presse)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source d'actualité)contextualiserexpliquer (les dimensions historiques d'un enjeu du présent)mettre en perspectiveargumenterrédiger une composition / une étude critique de document(s)

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions de ce thème conclusif. Repères clés : 1991 (guerre du Golfe ; disparition de l'URSS et fin du monde bipolaire) ; 1992 (signature du traité de Maastricht, qui crée l'Union européenne) ; 1993 (entrée en vigueur de Maastricht, marché unique) ; 1995 (entrée en vigueur de l'espace Schengen ; élargissement à l'Autriche, la Finlande, la Suède) ; 1999-2002 (création puis mise en circulation de l'euro) ; 11 septembre 2001 (attentats contre les États-Unis, début de la « guerre contre le terrorisme ») ; 2004 (grand élargissement de l'Union européenne à dix nouveaux États, surtout d'Europe centrale et orientale) ; 2008 (crise financière mondiale, partie des États-Unis) ; années 2010 (printemps arabes à partir de 2011, montée des tensions, attentats en Europe). Sachez DÉFINIR avec précision : multipolarité, hyperpuissance, mondialisation, gouvernance mondiale, terrorisme (et terrorisme djihadiste), intégration européenne (approfondissement / élargissement), zone euro, espace Schengen, puissance.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : tenez ensemble les deux mots clés du libellé — COOPÉRATIONS et CONFLITS — et montrez qu'ils caractérisent simultanément le monde depuis 1990. D'un côté, des coopérations se renforcent : mondialisation économique, multiplication des organisations et des instances de gouvernance (ONU, OMC, G20), intégration européenne. De l'autre, des conflits et des menaces nouvelles persistent ou réapparaissent : conflits régionaux (ex-Yougoslavie, Proche et Moyen-Orient), terrorisme transnational, retour des rivalités de puissances. La THÈSE possible : le « nouvel ordre mondial » espéré après 1991 n'a pas tenu ; on est passé d'un monde bipolaire à un monde d'abord unipolaire (domination américaine), puis de plus en plus MULTIPOLAIRE et instable, où l'Europe et la France doivent redéfinir leur place. Attention : ce thème porte sur le TEMPS PRÉSENT — exercez un regard critique sur les sources (médias, discours) et évitez l'anachronisme inverse (juger le passé récent avec les certitudes du présent).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 4 sections▾
  1. Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990
    • 01Un nouvel ordre mondial après la guerre froide : de l'unipolarité à la multipolarité○
    • 02Nouvelles conflictualités et nouvelles menaces : le 11 septembre 2001 et le terrorisme◐
    • 03La construction européenne : approfondissement, élargissements et crises◐
    • 04La France dans le monde depuis 1990 : une nouvelle place et de nouveaux défis●

4 sections · 20 points clés · 0 formule · 20 pièges signalés

§ 01
§ 01

Un nouvel ordre mondial après la guerre froide : de l'unipolarité à la multipolarité#

~7 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

De la bipolarité à la multipolarité

Trois âges géopolitiquesGraphe, Monde bipolaire (USA / URSS) → Hyperpuissance américaine (années 1990), Hyperpuissance américaine (années 1990) → Multipolarité (USA, Chine, UE, Russie)Monde bipolaire(USA /URSS)Hyperpuissanceaméricaine(années 1990)Multipolarité(USA, Chine, UE,Russie)
Fig. 1Trois âges géopolitiques : le monde bipolaire de la guerre froide laisse place, après 1991, à une brève domination américaine, puis à un monde multipolaire de plus en plus partagé.

Points clés

La fin de la guerre froide (chute du mur de Berlin en 1989, disparition de l'URSS en 1991) ouvre une période d'espoir : on parle d'un « NOUVEL ORDRE MONDIAL » fondé sur la coopération, le droit international et la démocratie. La guerre du Golfe de 1991, menée par une large coalition sous mandat de l'ONU pour libérer le Koweït envahi par l'Irak, semble incarner ce moment où l'ONU peut enfin fonctionner sans le blocage des deux blocs.
Dans les années 1990, les États-Unis apparaissent comme la seule SUPERPUISSANCE : on les qualifie d'« HYPERPUISSANCE » (expression d'Hubert Védrine). Leur domination est militaire, économique, technologique mais aussi culturelle (le « soft power » : cinéma, musique, modes de vie). Le monde paraît d'abord UNIPOLAIRE, organisé autour d'un seul pôle.
Cette domination est portée par la MONDIALISATION : intensification des échanges de marchandises, de capitaux, d'informations et de personnes, libéralisation des marchés, essor d'acteurs transnationaux (firmes multinationales, ONG) et création d'instances de GOUVERNANCE mondiale (l'OMC en 1995, le G20 réuni au niveau des chefs d'État à partir de 2008).
Mais l'unipolarité ne dure pas : le monde devient progressivement MULTIPOLAIRE. La Chine connaît une émergence spectaculaire et devient la deuxième économie mondiale ; d'autres puissances s'affirment (Inde, Brésil, retour de la Russie comme acteur géopolitique) ; les ensembles régionaux (Union européenne) pèsent dans les échanges. Plusieurs pôles se partagent désormais l'influence mondiale.
La PUISSANCE elle-même change de nature : à côté de la puissance « dure » (« hard power » : force militaire, poids économique) compte de plus en plus la puissance « douce » (« soft power » : capacité d'attraction, influence culturelle et diplomatique). Aucune puissance, même les États-Unis, ne peut tout régler seule : le monde de l'après-guerre froide est plus ouvert, mais aussi plus instable et moins prévisible.

Vocabulaire

→ Cartes
  • multipolaritéOrganisation du monde dans laquelle plusieurs pôles de puissance, États ou ensembles régionaux, disposent chacun d'une capacité d'influence à l'échelle mondiale, sans qu'aucun puisse imposer seul ses décisions.
  • hyperpuissanceTerme forgé à la fin des années 1990 pour désigner la situation des États-Unis, seule puissance à cumuler alors la supériorité militaire, économique, technologique et culturelle à l'échelle du monde.
  • soft powerCapacité d'un acteur à obtenir ce qu'il souhaite par l'attraction et la persuasion (culture, valeurs, diplomatie, modèle de société) plutôt que par la contrainte militaire ou économique.
  • gouvernance mondialeEnsemble des institutions, des règles et des négociations par lesquelles les États et d'autres acteurs tentent de traiter en commun des problèmes qui dépassent les frontières : commerce, finance, climat, santé.
  • mondialisationProcessus de mise en relation croissante des territoires du monde par l'intensification des flux de marchandises, de capitaux, d'informations et de personnes, sous l'impulsion des firmes transnationales et des États.

Hard power et soft power

Les composantes de la puissanceGraphe, Puissance d'un État → Hard power : militaire, économique, Puissance d'un État → Soft power (culture, diplomatie)Puissance d'unÉtatHard power :militaire,économiqueSoft power(culture,diplomatie)
Fig. 2La puissance d'un État se mesure désormais à la fois par sa force « dure » (militaire, économique) et par sa capacité d'attraction « douce » (culturelle, diplomatique) : c'est le couple hard power / soft power.
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Exemple corrigé

Réponse organisée : de l'hyperpuissance américaine à la multipolarité

À l'aide de vos connaissances, montrez comment l'ordre mondial a évolué depuis 1991 : expliquez le passage d'une domination américaine (l'« hyperpuissance ») à un monde de plus en plus multipolaire.

  1. 01Poser le point de départ : l'unipolarité des années 1990

    Après la disparition de l'URSS (1991), les États-Unis restent la seule superpuissance. On parle d'« hyperpuissance » (Hubert Védrine) : leur domination est militaire, économique, technologique et culturelle (soft power). La guerre du Golfe de 1991, menée sous mandat de l'ONU pour libérer le Koweït, illustre ce moment où Washington peut entraîner une large coalition. Le monde paraît unipolaire.

  2. 02Montrer l'espoir d'un nouvel ordre mondial

    La fin de la guerre froide fait espérer un « nouvel ordre mondial » fondé sur la coopération, le droit international et le rôle enfin actif de l'ONU, désormais débloquée. La mondialisation s'accélère et de nouvelles instances de gouvernance apparaissent (OMC en 1995).

  3. 03Expliquer la contestation de l'unipolarité

    Cette domination est vite relativisée : la Chine connaît une émergence spectaculaire et devient la deuxième économie mondiale ; l'Inde, le Brésil s'affirment ; la Russie revient comme acteur géopolitique ; l'Union européenne pèse dans les échanges. Plusieurs pôles se partagent désormais l'influence.

  4. 04Caractériser le monde multipolaire

    On passe ainsi d'un monde unipolaire à un monde MULTIPOLAIRE, plus ouvert mais aussi plus instable. La puissance se diversifie (hard power et soft power) et aucune puissance ne peut tout régler seule ; la gouvernance mondiale se cherche (G20 à partir de 2008).

  5. 05Conclure

    Conclure que l'ordre issu de 1991 n'est resté unipolaire qu'un temps : la domination américaine, réelle dans les années 1990, a cédé la place à un monde multipolaire où coopérations et rivalités coexistent.

Résultat : Une bonne réponse date et nomme les trois étapes (bipolaire avant 1991, unipolaire dans les années 1990, multipolaire ensuite), emploie correctement « hyperpuissance », « multipolarité », « mondialisation » et « gouvernance mondiale », et s'appuie sur des exemples précis (guerre du Golfe de 1991, émergence chinoise, OMC, G20).

Explication pas à pas3 étapes
  1. 1

    Point de départ : en 1991, l'URSS disparaît. Le monde bipolaire de la guerre froide prend fin et les États-Unis restent la seule superpuissance.

  2. 2

    Dans les années 1990, les États-Unis dominent seuls : c'est l'« hyperpuissance ». Le monde paraît unipolaire, organisé autour d'un seul pôle.

  3. 3

    Mais l'émergence de la Chine et d'autres puissances fait basculer le monde vers la multipolarité : plusieurs pôles se partagent désormais l'influence.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir expliquer le passage d'un monde BIPOLAIRE (avant 1991) à un monde d'abord UNIPOLAIRE (domination américaine dans les années 1990, l'« hyperpuissance ») puis MULTIPOLAIRE (émergence de la Chine et d'autres pôles), en datant et en nommant les étapes.
  • Objectif Bac : être capable de définir et d'employer correctement les notions de mondialisation, de gouvernance mondiale et de puissance (hard power / soft power) à partir d'un exemple précis (guerre du Golfe de 1991, émergence chinoise, rôle de l'ONU ou de l'OMC).
  • Contextualiser avant d'analyser : un texte de 1991 qui annonce un « nouvel ordre mondial » et un texte des années 2010 qui décrit la multipolarité ne parlent pas depuis le même monde. Datez la source, identifiez la position de son auteur, puis dites ce qu'il ne pouvait pas encore savoir.
  • Mettre en perspective la notion de puissance sur une trentaine d'années : les critères qui la définissent en 1991 (arsenal, produit intérieur brut, alliances militaires) ne suffisent plus ensuite, quand l'influence passe aussi par la monnaie, la norme technique, la maîtrise technologique et l'attractivité culturelle.
  • Rédiger un paragraphe argumenté, c'est enchaîner trois gestes : une idée directrice annoncée en tête, deux ou trois faits datés qui la démontrent, une phrase finale qui relie le tout au sujet. Un argument sans exemple daté reste une opinion.

Erreurs fréquentes

  • Confondre BIPOLAIRE, UNIPOLAIRE et MULTIPOLAIRE : avant 1991, le monde est bipolaire (deux blocs) ; dans les années 1990, il devient unipolaire (un seul pôle dominant, les États-Unis) ; il évolue ensuite vers la multipolarité (plusieurs pôles). Ces trois mots décrivent des situations différentes — ne pas les employer l'un pour l'autre.
  • Croire que la fin de la guerre froide a apporté une paix générale : le « nouvel ordre mondial » annoncé en 1991 ne s'est pas réalisé ; de nouveaux conflits et de nouvelles menaces sont rapidement apparus (voir section suivante).
  • Recopier la référence du document (auteur, date, nature) en guise de présentation, puis l'oublier aussitôt : la source ne compte que si elle est exploitée. Un discours de responsable politique n'a pas le statut d'une analyse d'historien ; dites en quoi la fonction de l'auteur oriente ce qu'il affirme avant d'en tirer un fait.
  • Décrire la multipolarité comme une bipolarité recomposée entre les États-Unis et la Chine : c'est un contresens. La multipolarité suppose plusieurs pôles aux ressources de nature différente (militaire, démographique, commerciale, normative) et des alliances mouvantes, là où la bipolarité obligeait chacun à choisir son camp.
  • Classer les puissances d'après la superficie ou la population : le plus vaste État du monde n'est pas la première économie, et de petits États pèsent lourd dans la finance ou le commerce. La puissance se démontre par un faisceau d'indicateurs, jamais par une donnée unique.

§ 01

Révision active

À l'aide du schéma et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté montrant comment, depuis 1991, le monde est passé d'une domination américaine (l'« hyperpuissance ») à une situation de plus en plus multipolaire. Appuyez-vous sur des exemples précis (guerre du Golfe de 1991, émergence de la Chine, instances de gouvernance mondiale).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Nouvelles conflictualités et nouvelles menaces : le 11 septembre 2001 et le terrorisme#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Le 11 septembre 2001 et ses suites

Choc et conséquencesGraphe, 11 septembre 2001 (Al-Qaïda) → Vulnérabilité de la 1ʳᵉ puissance, Vulnérabilité de la 1ʳᵉ puissance → « Guerre contre le terrorisme », « Guerre contre le terrorisme » → Afghanistan, Irak : instabilité11 septembre2001 (Al-Qaïda)Vulnérabilité dela 1ʳᵉ puissance« Guerre contrele terrorisme »Afghanistan,Irak :instabilité
Fig. 3Le 11 septembre 2001 révèle la vulnérabilité de la première puissance face à un acteur non étatique et déclenche une « guerre contre le terrorisme » aux conséquences durables.

Points clés

Le « nouvel ordre mondial » espéré après 1991 ne s'est pas réalisé : la fin de la guerre froide n'a pas apporté la paix. De NOUVELLES CONFLICTUALITÉS apparaissent ou ressurgissent, souvent à l'échelle régionale : éclatement et guerres de l'ex-Yougoslavie dans les Balkans (années 1990, dont le génocide de Srebrenica en 1995), conflits au Proche et au Moyen-Orient, guerres civiles et déstabilisations. Beaucoup de ces conflits sont infra-étatiques (à l'intérieur des États), liés à des tensions ethniques, religieuses ou politiques.
Le 11 SEPTEMBRE 2001, des attentats organisés par le réseau terroriste djihadiste Al-Qaïda frappent les États-Unis (tours du World Trade Center à New York, Pentagone) et font près de 3 000 morts. C'est un choc mondial : la première puissance du monde se découvre vulnérable sur son propre sol, frappée par un acteur NON étatique.
En réponse, les États-Unis lancent une « GUERRE CONTRE LE TERRORISME » (« war on terror ») : intervention en Afghanistan dès 2001 (contre le régime taliban qui abritait Al-Qaïda), puis guerre en Irak en 2003 (sans mandat de l'ONU, sur la base d'accusations d'armes de destruction massive jamais avérées) — une intervention très contestée, qui déstabilise durablement la région.
Le TERRORISME devient une menace majeure et transnationale : il ne dépend pas d'un État mais de réseaux qui frappent partout, y compris en Europe (attentats de Madrid en 2004, de Londres en 2005, vague d'attentats en France en 2015, notamment le 13 novembre). Dans les années 2010, l'organisation État islamique (Daech) prospère sur le chaos régional, en particulier après les « PRINTEMPS ARABES » de 2011 et la guerre civile syrienne.
La CRISE FINANCIÈRE de 2008, partie des États-Unis (crise des « subprimes »), montre une autre vulnérabilité du monde mondialisé : une crise locale se propage instantanément à la planète entière. Elle révèle les limites de la mondialisation dérégulée et conduit à une coordination internationale (réunions du G20 au niveau des chefs d'État à partir de 2008) — exemple de gouvernance mondiale en réaction à une menace économique.

Vocabulaire

→ Cartes
  • terrorisme transnationalViolence politique menée par des réseaux organisés hors du cadre d'un État, qui recrutent, se financent et frappent dans plusieurs pays, en visant les populations civiles pour produire un effet de terreur.
  • acteur non étatiqueActeur qui pèse sur les relations internationales sans être un État : firme transnationale, organisation non gouvernementale, réseau terroriste, groupe armé ou organisation religieuse.
  • conflit asymétriqueAffrontement opposant des forces de nature et de puissance très inégales, où le plus faible évite la bataille rangée et recourt à la guérilla, à l'attentat ou à la propagande.
  • ingérence humanitaireIdée discutée dans les années 1990 selon laquelle la communauté internationale pourrait intervenir dans un État sans son accord pour secourir des populations menacées, au risque de heurter le principe de souveraineté.
  • printemps arabesVague de soulèvements populaires ouverte à partir de la fin de l'année 2010 dans plusieurs pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient, réclamant libertés politiques et justice sociale, aux issues très différentes selon les pays.
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Exemple corrigé

Réponse organisée : pourquoi la fin de la guerre froide n'a-t-elle pas apporté la paix ?

À l'aide de vos connaissances, montrez que le monde de l'après-guerre froide reste traversé par de nouvelles conflictualités et de nouvelles menaces. Vous accorderez une place particulière aux attentats du 11 septembre 2001.

  1. 01Rappeler l'espoir déçu

    Annoncer que la fin de la guerre froide (1991) avait fait espérer un « nouvel ordre mondial » pacifique, mais que cet espoir a été déçu. Le monde de l'après-guerre froide est en réalité traversé de nouvelles conflictualités.

  2. 02Présenter les conflits régionaux

    Des conflits régionaux éclatent ou se rouvrent : guerres de l'ex-Yougoslavie dans les Balkans (années 1990, génocide de Srebrenica en 1995), conflits au Proche et au Moyen-Orient. Beaucoup sont infra-étatiques (tensions ethniques, religieuses, politiques), et non plus des guerres classiques entre blocs.

  3. 03Analyser le 11 septembre 2001 comme rupture

    Le 11 septembre 2001, Al-Qaïda frappe les États-Unis (World Trade Center, Pentagone), faisant près de 3 000 morts. C'est un choc : la première puissance du monde est frappée sur son sol par un ACTEUR NON ÉTATIQUE. En réponse, Washington lance la « guerre contre le terrorisme » (Afghanistan 2001, puis Irak 2003, intervention contestée).

  4. 04Montrer le terrorisme comme menace transnationale durable

    Le terrorisme djihadiste devient une menace majeure et transnationale qui frappe aussi l'Europe (Madrid 2004, Londres 2005, France 2015). Dans les années 2010, Daech prospère sur le chaos régional après les printemps arabes de 2011.

  5. 05Conclure

    Conclure que la fin de la guerre froide n'a pas supprimé les conflits : elle a fait apparaître de nouvelles conflictualités (conflits régionaux, terrorisme) et de nouvelles vulnérabilités (y compris économiques, avec la crise de 2008), conformément au couple « coopérations ET conflits » du thème.

Résultat : Une bonne réponse caractérise les nouvelles conflictualités (conflits régionaux infra-étatiques, terrorisme transnational), traite le 11 septembre 2001 comme une rupture majeure (acteur non étatique, guerre contre le terrorisme) et conclut que la fin de la guerre froide n'a pas apporté la paix attendue.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir expliquer en quoi les attentats du 11 septembre 2001 constituent une rupture géopolitique majeure (vulnérabilité de la première puissance, montée d'un acteur non étatique, « guerre contre le terrorisme ») — c'est l'un des points de passage et d'ouverture du thème.
  • Objectif Bac : être capable de caractériser les « nouvelles conflictualités » et menaces de l'après-guerre froide (conflits régionaux, terrorisme transnational, déstabilisations) et de montrer que la fin de la guerre froide n'a PAS supprimé les conflits.
  • Analyser un document sur le 11 septembre 2001 en datant d'abord ce que l'on regarde : une photographie prise le jour même, un éditorial de la semaine suivante et un bilan écrit vingt ans plus tard ne disent pas la même chose. Séparez toujours le témoignage immédiat du jugement rétrospectif.
  • Confronter deux documents, c'est trouver le point précis sur lequel ils se répondent, par exemple la légitimité de l'intervention en Irak en 2003, puis expliquer leur écart par la nature, la date et l'auteur de chacun. Deux analyses successives, même exactes, ne font pas une confrontation.
  • Mettre en perspective le terrorisme dans le temps long : il n'apparaît pas en 2001. Ce qui change après la guerre froide, c'est son caractère transnational, sa mise en scène médiatique et le fait qu'il vise délibérément les sociétés civiles. Datez le basculement au lieu de faire d'un événement l'origine de tout.

Erreurs fréquentes

  • Présenter le terrorisme comme une guerre entre États : le terrorisme djihadiste est le fait d'ACTEURS NON ÉTATIQUES (réseaux comme Al-Qaïda, organisations comme Daech), ce qui le distingue des conflits classiques entre armées d'États.
  • Croire que la fin de la guerre froide a mis fin aux conflits : au contraire, de nouvelles conflictualités régionales et de nouvelles menaces (terrorisme, déstabilisations) sont apparues — c'est tout le sens du couple « coopérations ET conflits » du libellé.
  • Faire du 11 septembre 2001 la cause de tout ce qui suit : les guerres de l'ex-Yougoslavie, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 ou les conflits du Caucase lui sont antérieurs. L'événement accélère et reconfigure les relations internationales, il n'invente pas les conflictualités de l'après-guerre froide.
  • Paraphraser le document en racontant à nouveau les faits qu'il rapporte : reformuler n'atteste d'aucune compréhension. Ce que l'on attend, c'est ce que le document permet d'établir : la vulnérabilité d'un territoire réputé inatteignable, le poids d'un acteur non étatique, l'effet mondial de la diffusion des images.
  • Employer « islam », « islamisme » et « djihadisme » l'un pour l'autre : c'est le contresens le plus lourd du chapitre, puisqu'il transforme une religion en acteur politique. Nommez précisément ce dont vous parlez : une organisation (Al-Qaïda, Daech), une idéologie politique, un mode d'action violent.

§ 02

Révision active

À partir du schéma chronologique et de vos connaissances, rédigez un développement construit montrant pourquoi le monde de l'après-guerre froide n'a pas connu la paix attendue : présentez les nouvelles conflictualités et les nouvelles menaces (conflits régionaux, terrorisme, le 11 septembre 2001) qui le caractérisent.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

La construction européenne : approfondissement, élargissements et crises#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Approfondir et élargir l'Union européenne

Les deux dynamiques de l'UEGraphe, Construction européenne → Approfondir (Maastricht, euro, Schengen), Construction européenne → Élargir (de 6 à 27 membres), Construction européenne → Crises (2005, 2008, 2015, Brexit)ConstructioneuropéenneApprofondir(Maastricht,euro, Schengen)Élargir (de 6 à27 membres)Crises (2005,2008, 2015,Brexit)
Fig. 4La construction européenne avance sur deux jambes — approfondir l'intégration et élargir le cercle des membres — tout en affrontant des crises depuis le milieu des années 2000.

Points clés

Le traité de MAASTRICHT, signé en 1992 et entré en vigueur en 1993, transforme la Communauté économique européenne (CEE) en UNION EUROPÉENNE. C'est un APPROFONDISSEMENT majeur : il crée une citoyenneté européenne, fixe le cadre d'une monnaie unique et ajoute aux compétences économiques des coopérations en matière de politique étrangère, de sécurité, de justice et d'affaires intérieures. En France, le traité est ratifié de justesse par référendum en 1992.
L'approfondissement se poursuit avec deux réalisations emblématiques : l'espace SCHENGEN (libre circulation des personnes, sans contrôles aux frontières intérieures ; entré en vigueur en 1995) et la monnaie unique, l'EURO (créé en 1999 pour les transactions, mis en circulation sous forme de pièces et de billets en 2002). L'intégration devient concrète dans la vie quotidienne des citoyens.
Parallèlement, l'Union s'ÉLARGIT fortement, surtout après la fin de la guerre froide. Le GRAND ÉLARGISSEMENT de 2004 fait passer l'Union de quinze à vingt-cinq États en intégrant dix nouveaux membres, principalement d'Europe centrale et orientale (anciens pays du bloc soviétique) : c'est la « réunification » du continent. D'autres adhésions suivent (Roumanie et Bulgarie en 2007, Croatie en 2013), portant l'Union à vingt-huit États.
Mais la construction européenne connaît aussi des REMISES EN QUESTION et des crises. Le projet de Constitution européenne est rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005. La crise financière de 2008 se prolonge en crise de la zone euro (crise de la dette, notamment grecque, à partir de 2010). À cela s'ajoutent la crise migratoire de 2015 et la montée des euroscepticismes, qui culminent avec le vote du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l'Union (« Brexit », référendum de 2016).
La construction européenne est donc tiraillée entre deux dynamiques : l'APPROFONDISSEMENT (renforcer l'intégration, ajouter des compétences communes) et l'ÉLARGISSEMENT (accueillir de nouveaux membres), parfois jugés difficiles à mener de front. L'Union doit aussi affronter la question de son identité et de ses frontières, et celle de sa place de puissance dans la mondialisation, entre coopération interne et rivalités externes.

Vocabulaire

→ Cartes
  • approfondissementRenforcement de l'intégration européenne par le transfert de nouvelles compétences à l'Union et par des politiques communes plus poussées, comme la monnaie unique ou la libre circulation des personnes.
  • élargissementExtension de l'Union européenne à de nouveaux États membres, admis après vérification de leur capacité à reprendre l'ensemble des règles communes.
  • euroscepticismeEnsemble des positions politiques qui contestent l'intégration européenne, soit en réclamant un retour de compétences aux États, soit en demandant la sortie de l'Union.
  • citoyenneté européenneStatut créé par le traité de Maastricht, qui s'ajoute à la nationalité d'un État membre sans la remplacer et ouvre notamment le droit de circuler et de séjourner dans l'Union et celui de voter aux élections municipales et européennes dans l'État de résidence.
  • ratificationActe par lequel un État approuve définitivement un traité déjà signé, selon la procédure prévue par sa Constitution : en France, par la voie parlementaire ou par référendum.
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Exemple corrigé

Étude critique de document : le traité de Maastricht (1992)

« En 1992, le traité de Maastricht crée l'Union européenne, institue une citoyenneté européenne et ouvre la voie à une monnaie unique. » À l'aide de vos connaissances, expliquez en quoi le traité de Maastricht constitue une étape décisive de l'approfondissement de la construction européenne, et montrez les débats qu'il a suscités.

  1. 01Identifier et situer le document

    Le traité de Maastricht est signé en 1992 et entre en vigueur en 1993. Il intervient juste après la fin de la guerre froide, dans un contexte de réunification allemande (1990) et de volonté de relancer et d'approfondir le projet européen.

  2. 02Expliquer ce qu'apporte le traité (l'approfondissement)

    Le traité transforme la CEE en Union européenne : il crée une citoyenneté européenne (qui s'ajoute aux citoyennetés nationales), fixe le cadre d'une monnaie unique (le futur euro) et élargit les coopérations à la politique étrangère et de sécurité, à la justice et aux affaires intérieures. C'est donc un approfondissement, un saut qualitatif de l'intégration.

  3. 03Replacer dans la dynamique d'ensemble

    Maastricht ouvre une décennie d'approfondissement concret : entrée en vigueur de l'espace Schengen en 1995 (libre circulation), création de l'euro en 1999 et mise en circulation en 2002. L'Europe devient une réalité quotidienne pour les citoyens.

  4. 04Montrer les débats et les limites (esprit critique)

    Le traité n'a pas fait l'unanimité : en France, il est ratifié de justesse par référendum en 1992. Plus largement, l'approfondissement souverainiste (transfert de compétences, monnaie unique) nourrit des débats sur la souveraineté nationale et la démocratie européenne, débats qui ressurgiront (rejet de la Constitution en 2005, Brexit en 2016).

  5. 05Conclure

    Conclure que Maastricht est bien une étape décisive de l'approfondissement européen — naissance de l'Union, citoyenneté, monnaie unique — mais qu'il inaugure aussi une construction discutée, partagée entre intégration plus poussée et résistances nationales.

Résultat : Une bonne réponse montre que Maastricht (1992-1993) fait passer de la CEE à l'Union européenne (citoyenneté, cadre de l'euro, nouvelles compétences) — un approfondissement majeur — tout en soulignant, avec esprit critique, les débats qu'il suscite (ratification de justesse en France, question de la souveraineté).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir distinguer et illustrer les deux dynamiques de la construction européenne — l'APPROFONDISSEMENT (Maastricht 1992, euro, Schengen) et l'ÉLARGISSEMENT (grand élargissement de 2004) — c'est l'un des points de passage et d'ouverture du thème (la construction européenne et le traité de Maastricht).
  • Objectif Bac : être capable de présenter les crises et remises en question de l'Union (rejet de la Constitution en 2005, crise de la dette de la zone euro après 2010, crise migratoire de 2015, Brexit de 2016) et d'en expliquer les causes — le « Brexit, ou les difficultés de la construction européenne » est l'autre point de passage et d'ouverture officiel de ce chapitre, à côté du traité de Maastricht.
  • Analyser un document européen en identifiant d'abord qui parle et à qui : un article de traité, un tract de campagne référendaire et une caricature de presse n'ont ni le même statut ni la même intention. Nommez la nature du document avant d'en tirer la moindre information.
  • Confronter un document favorable à l'intégration et un document eurosceptique en cherchant le point exact du désaccord (souveraineté, monnaie, frontières, rythme des élargissements) plutôt qu'en opposant en bloc des partisans et des adversaires.
  • Rédiger un paragraphe argumenté sur les crises européennes en montrant qu'elles ne mettent pas toutes en cause la même chose : 2005 conteste le projet politique, la crise de la dette après 2010 la monnaie commune, 2015 la gestion des frontières, 2016 l'appartenance elle-même.

Erreurs fréquentes

  • Confondre APPROFONDISSEMENT et ÉLARGISSEMENT : l'approfondissement, c'est renforcer l'intégration (plus de compétences communes, monnaie unique) ; l'élargissement, c'est accueillir de nouveaux États. Ce sont deux logiques distinctes — il faut les nommer correctement.
  • Croire que Maastricht crée l'euro immédiatement : le traité de 1992 fixe le CADRE de la monnaie unique ; l'euro n'est créé qu'en 1999 (transactions) et mis en circulation qu'en 2002 (pièces et billets). De même, ne pas confondre la zone euro (États ayant l'euro) et l'espace Schengen (États sans contrôle aux frontières intérieures), qui ne coïncident pas.
  • Faire naître l'Union européenne en 1957 : le traité de Rome crée la Communauté économique européenne. L'Union naît du traité de Maastricht, signé en 1992 et entré en vigueur l'année suivante. L'erreur porte sur trente-cinq ans et se repère au premier coup d'œil.
  • Confondre trois institutions aux noms voisins : le Conseil européen réunit les chefs d'État et de gouvernement et fixe les orientations sans légiférer ; le Conseil de l'Union européenne réunit les ministres et adopte les textes avec le Parlement ; le Conseil de l'Europe n'appartient pas à l'Union, c'est une organisation plus ancienne et bien plus large, dont relève la Convention européenne des droits de l'homme.
  • Juxtaposer les documents sans les mettre en relation : résumer l'article du traité, puis décrire la caricature, laisse le travail à moitié fait. La confrontation tient souvent en une phrase de liaison qui nomme l'écart, entre ce que le texte officiel promet et ce que le dessin donne à voir comme une perte de souveraineté.

§ 03

Révision active

En vous appuyant sur le schéma « Approfondir et élargir l'Union européenne » et sur vos connaissances, rédigez un développement construit présentant la construction européenne depuis 1992 : montrez qu'elle combine un approfondissement (Maastricht, euro, Schengen) et des élargissements (grand élargissement de 2004), tout en étant traversée par des crises.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

La France dans le monde depuis 1990 : une nouvelle place et de nouveaux défis#

~8 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

La France, une puissance moyenne mondiale

Atouts et défis de la FranceGraphe, France (puissance moyenne) → Atouts : ONU, dissuasion, UE, francophonie, France (puissance moyenne) → Action multilatérale, France (puissance moyenne) → Défis : terrorisme, démocratieFrance(puissancemoyenne)Atouts : ONU,dissuasion, UE,francophonieActionmultilatéraleDéfis :terrorisme,démocratie
Fig. 5La France compense sa taille de puissance moyenne par ses atouts et son action multilatérale (Europe, ONU), tout en affrontant de nouveaux défis, dont la défense de la démocratie face au terrorisme.

Points clés

Depuis 1990, la France cherche une NOUVELLE PLACE dans le monde. Puissance moyenne, elle conserve des atouts hérités : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (avec droit de veto), puissance nucléaire, l'un des deux plus vastes domaines maritimes du monde, réseau diplomatique mondial, langue et culture diffusées par la francophonie (soft power). Mais sa puissance est relative dans un monde multipolaire dominé par de plus grands ensembles.
La France inscrit son action dans des CADRES MULTILATÉRAUX : elle est l'un des moteurs de la construction européenne (couple franco-allemand, adoption de l'euro, présence dans toutes les grandes étapes depuis Maastricht) et un acteur de la gouvernance mondiale (ONU, G7, G20, accords internationaux comme l'accord de Paris sur le climat en 2015, signé à Paris). Elle privilégie souvent le multilatéralisme et le droit international.
La France défend une certaine idée de son rôle : elle peut prendre des positions INDÉPENDANTES (refus d'engager ses troupes dans la guerre d'Irak en 2003, discours du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin à l'ONU) et mène des interventions militaires extérieures, notamment en Afrique (au Sahel, par exemple), au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme.
La France est aussi confrontée à de NOUVEAUX DÉFIS INTÉRIEURS qui touchent à la défense de la démocratie et des valeurs républicaines : elle est frappée par le terrorisme djihadiste, en particulier lors de la vague d'attentats de 2015 (attentats de janvier contre Charlie Hebdo, puis du 13 novembre à Paris et Saint-Denis). La réponse mobilise l'État de droit, l'unité nationale et la défense des libertés : c'est l'enjeu de la défense de la démocratie, qui relève du point de passage et d'ouverture officiel « La République française face aux enjeux de la défense et de la sécurité depuis 1989 » (chapitre 3, « La République française »).
La France doit enfin penser sa place entre son appartenance européenne, son rang international hérité et les contraintes d'un monde multipolaire et globalisé : comment rester influente sans la taille des très grandes puissances ? La réponse passe par l'Europe (peser collectivement), par le multilatéralisme et par la valorisation de ses atouts (siège à l'ONU, dissuasion, francophonie, attractivité culturelle).

Vocabulaire

→ Cartes
  • puissance moyenneÉtat qui n'a pas les moyens d'une superpuissance mais pèse au-delà de son poids démographique et économique grâce à des atouts particuliers : siège dans les instances internationales, capacité militaire autonome, réseau diplomatique, rayonnement culturel.
  • multilatéralismeManière de conduire les relations internationales en passant par des institutions et des règles communes à de nombreux États, plutôt que par des rapports de force bilatéraux ou des décisions unilatérales.
  • francophonieEnsemble des populations et des États ayant le français en partage, structuré par un réseau institutionnel et culturel qui constitue pour la France un instrument d'influence à l'échelle mondiale.
  • dissuasion nucléaireStratégie consistant à détenir des armes nucléaires non pour les employer mais pour rendre toute agression majeure trop coûteuse pour l'adversaire ; en France, elle relève du président de la République et repose sur une composante océanique et une composante aéroportée.
  • opération extérieureIntervention militaire menée par les forces françaises hors du territoire national, décidée par le président de la République, et dont la prolongation au-delà de quatre mois doit être autorisée par le Parlement depuis la révision constitutionnelle de 2008.

Grandes étapes géopolitiques depuis 1990

Recompositions mondiales et européennesFrise chronologique de 1989 à 2018, 1991: Fin de l'URSS, 1992: Maastricht, 2001: 11 septembre, 2002: Euro, 2004: Élargissement UE, 2008: Crise financière, 2015: Attentats de Paris, 2016: Brexit19892018année1991Fin de l'URSS1992Maastricht200111 septembre2002Euro2004Élargissement UE2008Crise financière2015Attentats deParis2016Brexit
Fig. 6Frise des grandes étapes géopolitiques depuis 1990 : recompositions mondiales (1991, 2001, 2008), construction européenne (1992, 1995, 2002, 2004, 2016) et défis français (2015).
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Exemple corrigé

Composition : la France dans le monde depuis 1990

Rédigez une composition organisée répondant au sujet : « La France et sa place dans le monde depuis les années 1990. »

  1. 01Introduire et problématiser

    Présenter le contexte : depuis la fin de la guerre froide (1991), le monde est devenu multipolaire et mondialisé. Poser la problématique : comment la France, puissance moyenne, trouve-t-elle une nouvelle place et défend-elle son rôle dans ce monde recomposé ? Annoncer un plan en trois temps (atouts, cadres multilatéraux, défis).

  2. 02I. Des atouts réels mais une puissance relative

    La France conserve des atouts hérités : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (droit de veto), puissance nucléaire, deuxième domaine maritime mondial, francophonie et rayonnement culturel (soft power). Mais, dans un monde multipolaire dominé par de plus grands ensembles (États-Unis, Chine), sa puissance reste relative : c'est une puissance moyenne.

  3. 03II. Une action surtout multilatérale, ancrée dans l'Europe

    La France agit dans des cadres multilatéraux : elle est l'un des moteurs de la construction européenne (couple franco-allemand, adoption de l'euro, présence de Maastricht à aujourd'hui) et un acteur de la gouvernance mondiale (ONU, G7, G20, accord de Paris sur le climat en 2015). Elle peut aussi prendre des positions indépendantes (refus de la guerre d'Irak en 2003).

  4. 04III. De nouveaux défis : la défense de la démocratie

    La France affronte de nouveaux défis intérieurs, au premier rang desquels le terrorisme djihadiste (attentats de 2015 : Charlie Hebdo en janvier, 13 novembre à Paris). La réponse mobilise l'État de droit et l'unité nationale : c'est l'enjeu de la défense de la démocratie, qui relève du point de passage et d'ouverture officiel « La République française face aux enjeux de la défense et de la sécurité depuis 1989 ».

  5. 05Conclure et ouvrir

    Conclure que la France, puissance moyenne, compense sa taille par ses atouts et son insertion multilatérale (Europe, ONU), tout en relevant de nouveaux défis. Ouvrir sur la question de l'avenir de sa place dans un monde multipolaire et incertain.

Résultat : Une bonne composition équilibre les trois dimensions — atouts et puissance relative, action multilatérale ancrée dans l'Europe, défis intérieurs (défense de la démocratie face au terrorisme) — en s'appuyant sur des repères précis (siège à l'ONU, euro, refus de la guerre d'Irak en 2003, attentats et accord de Paris en 2015).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir caractériser la place de la France depuis 1990 — une puissance moyenne aux atouts réels (siège permanent à l'ONU, puissance nucléaire, francophonie, Europe) qui agit surtout dans des cadres multilatéraux, dans un monde multipolaire.
  • Objectif Bac : être capable d'illustrer le point de passage et d'ouverture officiel « La République française face aux enjeux de la défense et de la sécurité depuis 1989 » (au programme dans le chapitre 3, « La République française ») à partir d'un exemple précis — réponse au terrorisme djihadiste, notamment les attentats de 2015, et défense des valeurs démocratiques ; engagement pour le multilatéralisme et le droit, comme le refus de la guerre d'Irak en 2003. (Le chapitre 3 « La République française » comporte aussi, comme points de passage, l'élection présidentielle de 1965 à 2017 et l'évolution de la place et des droits des femmes — approfondissement, ici seulement évoqué.)
  • Contextualiser une prise de position française avant de la commenter : un discours devant le Conseil de sécurité, une allocution prononcée après un attentat et un entretien de campagne n'engagent ni le même auteur, ni le même public, ni le même degré d'engagement de l'État.
  • Mettre en perspective les atouts hérités et le cadre nouveau : siège permanent, dissuasion, domaine maritime et francophonie sont antérieurs à 1990, alors que le monde autour a changé. La question n'est pas ce que la France possède, mais ce que ces atouts lui permettent encore d'obtenir.
  • Tenir une position d'un bout à l'autre, en devoir surveillé comme au Grand oral : annoncez la thèse (une puissance moyenne dont l'influence excède le poids démographique), démontrez-la par deux exemples datés, puis concédez explicitement ce qui la limite. Une réponse qui n'assume aucune position ne se défend pas.

Erreurs fréquentes

  • Surestimer ou sous-estimer la puissance française : la France n'est ni une superpuissance, ni une puissance négligeable ; c'est une puissance MOYENNE qui compense sa taille par ses atouts (ONU, nucléaire, Europe, francophonie) et son insertion multilatérale. Évitez les jugements tranchés.
  • Oublier la dimension intérieure : le thème ne se réduit pas à la diplomatie ; il inclut la « défense de la démocratie » face à des menaces comme le terrorisme (attentats de 2015) — ne pas l'omettre dans un développement sur la France depuis 1990.
  • Réciter le rang du domaine maritime français sans dire d'où il vient : cette étendue tient d'abord aux territoires ultramarins, dispersés du Pacifique à l'océan Indien, et non aux côtes de la métropole. Le chiffre ne devient un argument qu'accompagné de sa justification territoriale.
  • N'exploiter qu'un seul des deux documents proposés, ou expédier le second en une ligne : il n'est pas là pour décorer. Chaque document doit fournir au moins une information réellement utilisée, et la réponse doit dire ce que le second ajoute, nuance ou contredit.
  • Lire le refus français d'engager des troupes en Irak en 2003 comme une rupture avec les États-Unis : la France est alors leur alliée et engagée à leurs côtés en Afghanistan. Ce qui est contesté, c'est une intervention conduite sans mandat du Conseil de sécurité, pas l'alliance elle-même.

§ 04

Révision active

Rédigez une composition montrant comment la France cherche, depuis 1990, une nouvelle place dans le monde : une puissance moyenne aux atouts réels, agissant dans des cadres multilatéraux (Europe, ONU), tout en relevant de nouveaux défis intérieurs (défense de la démocratie face au terrorisme).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 04

    • 01Un nouvel ordre mondial après la guerre froide : de l'unipolarité à la multipolarité○
    • 02Nouvelles conflictualités et nouvelles menaces : le 11 septembre 2001 et le terrorisme◐
    • 03La construction européenne : approfondissement, élargissements et crises◐
    • 04La France dans le monde depuis 1990 : une nouvelle place et de nouveaux défis●

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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Compétences
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de terminale générale — annexe 1 de l’arrêté du 19-7-2019

Voir aussi

  • Remises en cause des années 1970 à 19911989-1991 : le point de départ du monde décrit ici.
  • L'Union européenne et la France dans la mondialisationLe versant géographique de la construction européenne étudiée ici en histoire.
  • Mers et océans au cœur de la mondialisationOù se lisent concrètement les nouvelles rivalités de puissance.

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Remises en cause des années 1970 à 1991

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Mers et océans au cœur de la mondialisation

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