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Fiches/Histoire-Géographie/La Première Guerre mondiale et la fin des empires
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La Première Guerre mondiale et la fin des empires

Déclenchée à l'été 1914, la « Grande Guerre » bascule rapidement dans la guerre totale : elle mobilise les hommes, les sociétés et les économies entières, et provoque une violence de masse inédite (Verdun, la Somme) ainsi qu'un crime de masse, le génocide des Arméniens (1915-1916). L'année 1917 (révolutions russes, entrée en guerre des États-Unis) fait basculer le conflit, qui s'achève par l'armistice du 11 novembre 1918, l'effondrement de quatre empires (allemand, austro-hongrois, ottoman, russe) et une tentative inédite d'ordre des nations (traités de paix de 1919-1920, Société des Nations). Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thème 4) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et c'est un sujet de prédilection pour le Grand oral.

5 sections·~36 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0333 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique de témoignages et de documents de guerre (lettres et carnets de poilus, photographies du front, affiches de propagande, emprunts nationaux) : identifier nature, auteur, date, destinataire et intention d'une source, en dégager le sens et la portée, et en mesurer les limites comme la valeur de témoignage.Contextualiser un événement majeur du conflit (la bataille de Verdun, le génocide des Arméniens, 1917) et en mesurer les conséquences à l'échelle européenne et mondiale, en distinguant le temps court de l'événement et le temps long des transformations.Mettre en relation faits militaires, mobilisation des sociétés et des économies, et bouleversements géopolitiques, pour expliquer comment une guerre totale conduit à l'effondrement des empires et à la recomposition de l'Europe.Construire une argumentation historique structurée (composition, étude critique de document) ordonnée autour d'une problématique et appuyée sur des connaissances précises (Niveau de première — évalué en contrôle continu, hors épreuve écrite terminale, mobilisable au Grand oral).
Opérateurs :analyser un document (lettre de poilu, photographie, affiche de propagande, carte)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualisermettre en relation (faits militaires, sociétés, géopolitique)expliquerargumenterrédiger un paragraphe structuré

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions clés. Repères : 1914 (déclenchement, marche à la guerre, guerre de mouvement puis de position), 1916 (Verdun, la Somme), 1915-1916 (génocide des Arméniens), 1917 (révolutions russes de février et d'octobre, entrée en guerre des États-Unis), 11 novembre 1918 (armistice), 1919-1920 (traités de paix, dont Versailles le 28 juin 1919 ; création de la Société des Nations). Sachez DÉFINIR avec précision : guerre totale, mobilisation, violence de masse, expérience combattante, brutalisation, génocide, propagande, économie de guerre, sortie de guerre, traité de paix.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : montrez le caractère de SYSTÈME de la guerre totale (front et arrière liés, économie, opinion, propagande) et le RENVERSEMENT qu'elle produit — un conflit qui se voulait court et décisif aboutit à l'effondrement de quatre empires multinationaux et à une carte européenne refaite au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Discutez la formule « suicide de l'Europe » (l'Europe sort affaiblie, endeuillée, déchirée par des paix contestées), confrontez des documents (lettre de poilu, affiche d'emprunt, photographie de tranchée, carte de l'Europe en 1914 puis en 1923) et appuyez-vous sur les points de passage du programme : Verdun, l'expérience combattante, le génocide des Arméniens, et 1917 comme année de basculement.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. La Première Guerre mondiale et la fin des empires
    • 01Une guerre totale : ampleur du conflit et mobilisation des sociétés○
    • 02La violence de masse et l'expérience combattante (Verdun)◐
    • 03Le génocide des Arméniens (1915-1916)◐
    • 041917, une année de basculement (révolutions russes, entrée des États-Unis)●
    • 05Les sorties de guerre, la fin des empires et la recomposition de l'Europe●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Une guerre totale : ampleur du conflit et mobilisation des sociétés#

~7 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

1914 : l'engrenage des alliances

De Sarajevo à la guerre des blocsGraphe, Attentat de Sarajevo (28 juin 1914) → Triple-Alliance : All., Aut.-H., Italie*, Attentat de Sarajevo (28 juin 1914) → Triple-Entente : France, Russie, Royaume-Uni, Triple-Alliance : All., Aut.-H., Italie* → Guerre européenne (août 1914), Triple-Entente : France, Russie, Royaume-Uni → Guerre européenne (août 1914)Attentat deSarajevo (28juin 1914)Triple-Alliance: All., Aut.-H.,Italie·Triple-Entente :France, Russie,Royaume-UniGuerreeuropéenne (août1914)
Fig. 1L'attentat de Sarajevo enclenche, par le jeu des alliances, la mobilisation des deux blocs : une crise balkanique devient en quelques semaines une guerre européenne (l'Italie, d'abord neutre, rejoint l'Entente en 1915).

Points clés

Le déclenchement (été 1914) : l'attentat de Sarajevo (28 juin 1914) déclenche le jeu des alliances et des mobilisations en chaîne ; en quelques semaines, la plupart des puissances européennes sont en guerre. La « marche à la guerre » transforme une crise balkanique régionale en conflit continental puis mondial. Attention à la composition des camps : avant-guerre s'opposent la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) et la Triple-Alliance de 1882 (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) ; mais en 1914 l'Italie, jugeant l'alliance défensive, reste neutre, puis rejoint l'Entente en 1915, tandis que l'Empire ottoman rallie l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie à la fin de 1914 — c'est ce camp élargi que l'on appelle les « Empires centraux ».
De la guerre de mouvement à la guerre de position : l'échec du plan allemand d'une victoire rapide (arrêt sur la Marne, septembre 1914) fige le front occidental dans une guerre de TRANCHÉES sur des centaines de kilomètres. Le conflit, qu'on croyait court, s'installe dans la durée (1914-1918) et s'étend à de multiples fronts (oriental, balkanique, Proche-Orient, mer, colonies).
La notion de GUERRE TOTALE : la guerre engage la totalité des ressources d'un pays — humaines (mobilisation de millions de soldats, conscription), économiques (industries reconverties pour l'armement, « économie de guerre »), financières (emprunts nationaux, inflation), scientifiques (artillerie lourde, gaz, aviation, chars) — front et arrière étant désormais indissociables.
La mobilisation des sociétés et de l'arrière : l'État dirige l'économie et le travail ; les FEMMES remplacent les hommes aux champs, aux bureaux et dans les usines d'armement (les « munitionnettes ») ; les colonies fournissent soldats et travailleurs. La PROPAGANDE (affiches, presse, « bourrage de crâne ») mobilise les esprits, désigne l'ennemi et soutient l'effort de guerre et les emprunts.
Le bilan d'un conflit hors norme : environ 60 à 70 millions d'hommes mobilisés, près de 10 millions de morts militaires et plusieurs millions de blessés et d'invalides (« gueules cassées »), des destructions matérielles immenses et des États endettés et exsangues — d'où la formule du « suicide de l'Europe » qui sort de la guerre affaiblie et endeuillée.

Vocabulaire

→ Cartes
  • guerre totaleConflit qui engage la totalité des ressources humaines, économiques, scientifiques et morales des belligérants, jusqu'à effacer la séparation entre le front et l'arrière.
  • économie de guerreOrganisation de la production dirigée par l'État : reconversion des usines vers l'armement, contrôle des matières premières et de la main-d'œuvre, financement par l'emprunt et l'inflation.
  • union sacréeTrêve politique proclamée en France en août 1914, par laquelle partis, syndicats et Églises suspendent leurs oppositions pour soutenir l'effort de guerre.
  • munitionnettesNom donné aux ouvrières employées massivement dans les usines d'armement françaises à partir de 1915, en remplacement des hommes mobilisés.
  • propagandeEnsemble des moyens (affiches, presse, cinéma, école) par lesquels un pouvoir oriente l'opinion, désigne l'ennemi et entretient le consentement à la guerre.

La guerre totale : un système front-arrière

Tout au service de l'effort de guerreGraphe, Mobilisation totale de la société → Économie de guerre (usines, emprunts), Mobilisation totale de la société → Société (femmes au travail, rationnement), Mobilisation totale de la société → Propagande & censure, Économie de guerre (usines, emprunts) → Front (guerre d'usure), Société (femmes au travail, rationnement) → Front (guerre d'usure), Propagande & censure → Front (guerre d'usure)Mobilisationtotale de lasociétéÉconomie deguerre (usines,emprunts)Société (femmesau travail,rationnement)Propagande &censureFront (guerred'usure)
Fig. 2La guerre totale est un système : aucune sphère de la société n'échappe à l'effort de guerre, et la frontière entre le front et l'arrière s'efface.

Soldats mobilisés et morts militaires des principaux belligérants (estimations, en millions)

Mobilisés et morts militaires (millions)Diagramme en colonnes: Millions d'hommes, Données: Mobilisés · Allemagne: 13.2; Mobilisés · Russie: 12; Mobilisés · France: 8.4; Mobilisés · Autriche-Hongrie: 7.8; Morts militaires · Allemagne: 2; Morts militaires · Russie: 1.8; Morts militaires · France: 1.4; Morts militaires · Autriche-Hongrie: 1.1024681012AllemagneRussieFranceAutriche-Hongrie13.22121.88.41.47.81.1Millions d'hommesMobilisésMorts militaires
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Exemple corrigé

Étude critique de document : une affiche d'emprunt national

« Souscrivez à l'Emprunt de la Défense nationale ! » — à partir d'une affiche française d'emprunt de guerre (1916-1918), montrez en un paragraphe argumenté en quoi ce document illustre la mobilisation totale de l'arrière.

  1. 01Identifier la source (nature, auteur, intention)

    Nature : une affiche de propagande financière, placardée dans l'espace public. Commanditaire : l'État (ministère des Finances), relayé par les banques. Date : milieu/fin de guerre, lorsque le conflit s'éternise et coûte des sommes colossales. Destinataire : l'ensemble des civils de l'arrière. Intention : convaincre la population de prêter son argent à l'État pour financer la guerre.

  2. 02Analyser les procédés (le « comment »)

    Repérer les procédés de persuasion : un appel patriotique (« Défense nationale », symboles tricolores, figure du soldat protégé par l'argent des civils), un raccourci entre le geste financier et la victoire (donner son or, c'est « se battre »), un slogan injonctif. L'affiche transforme un acte économique en acte de patriotisme.

  3. 03Expliquer la portée (le « pourquoi », contexte)

    Replacer dans la guerre totale : l'État ne peut financer un conflit aussi long et coûteux par le seul impôt ; il emprunte massivement à ses citoyens. L'affiche relie ainsi le financier (l'épargne), le patriotique (le devoir national) et l'effort de guerre (équiper les soldats) — preuve que l'arrière est totalement mobilisé.

  4. 04Mesurer les limites de la source

    Critiquer le document : c'est une source orientée, qui idéalise l'unité nationale et masque les réalités (lassitude, inflation, mutineries de 1917, deuils). Elle dit l'intention de l'État, non l'adhésion réelle et entière de la population.

Résultat : L'affiche d'emprunt national illustre exemplairement la guerre totale : l'État mobilise l'épargne et le patriotisme des civils, faisant de l'arrière un acteur essentiel de l'effort de guerre. Mais, document de propagande, elle doit être lue de façon critique : elle exprime une volonté de mobilisation davantage qu'elle ne reflète l'état réel de l'opinion.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir DÉFINIR et ILLUSTRER la notion de « guerre totale » en distinguant clairement ses dimensions (militaire, humaine, économique, financière, scientifique, idéologique) et en reliant systématiquement le front et l'arrière.
  • Objectif Bac : analyser une AFFICHE DE PROPAGANDE ou une affiche d'emprunt national (nature, auteur/commanditaire, public visé, procédés, intention) et en mesurer la portée comme outil de mobilisation de l'opinion, sans confondre le message du document avec la réalité historique.
  • Objectif Bac : CONTEXTUALISER un document avant de le commenter. Une affiche d'août 1914 et une affiche de 1917 ne disent pas la même chose de l'arrière : la première mobilise un pays qui croit à une guerre courte, la seconde s'adresse à une société usée par trois ans de conflit. Situez la date dans la chronologie du conflit avant d'en tirer la moindre conclusion.
  • Objectif Bac : CONFRONTER explicitement deux documents (une affiche officielle et une lettre privée, par exemple) en écrivant la phrase qui dit ce que l'un fait à l'autre — il le confirme, il le nuance, il le contredit. Une étude qui traite les documents l'un après l'autre puis s'arrête ne constitue pas une confrontation.
  • Objectif Bac : rédiger un PARAGRAPHE ARGUMENTÉ sur la mobilisation des femmes ou des colonies en tenant les trois temps — l'affirmation, l'exemple daté (les munitionnettes des usines d'armement à partir de 1915, les tirailleurs recrutés dans l'empire), puis l'interprétation. Un exemple posé seul ne démontre rien.

Erreurs fréquentes

  • Confondre la cause immédiate (l'attentat de Sarajevo) avec les causes profondes (rivalités impérialistes et nationales, course aux armements, système des alliances) : l'attentat est l'étincelle, pas l'explication unique de la guerre.
  • Réduire la « guerre totale » à la seule violence des combats : la notion désigne d'abord l'engagement de la SOCIÉTÉ ENTIÈRE (économie, travail, opinion, sciences), donc l'effacement de la frontière entre civils et militaires, entre front et arrière.
  • Prendre une affiche de propagande pour un reflet fidèle des faits : c'est une source orientée, à interpréter comme un acte de mobilisation (l'intention prime), non comme un compte rendu objectif.
  • Confondre la « Triple-Alliance » (le pacte de 1882 : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et les « Empires centraux » (le camp réellement en guerre : Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman, puis Bulgarie) : en 1914 l'Italie ne combat pas avec l'Allemagne — elle reste neutre puis rejoint l'Entente en 1915 — tandis que l'Empire ottoman rejoint les Empires centraux à la fin de 1914.
  • Recopier la référence du document (« affiche, 1917, collection de la Bibliothèque nationale ») en guise de présentation, puis paraphraser le slogan qu'elle porte. La source doit être EXPLOITÉE : qui la commande, à qui elle s'adresse, à quel moment de la guerre. Une présentation qui n'éclaire pas le sens du document reste une formalité vide.

§ 01

Révision active

À partir d'une affiche d'emprunt national de 1916-1918 (par exemple un emprunt de la Défense nationale), montrez en un paragraphe argumenté comment ce document illustre la mobilisation totale de l'arrière : identifiez la nature et l'intention du document, repérez deux procédés de persuasion, et expliquez en quoi l'emprunt relie le financier, le patriotique et l'effort de guerre.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La violence de masse et l'expérience combattante (Verdun)#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Verdun 1916 : anatomie d’une bataille d’usure

Verdun : le symbole de la guerre industrielleTableau de 2 colonnes et 5 lignes, Données: Aspect · Verdun (février–décembre 1916); Durée · ≈ 10 mois (fév.–déc. 1916); Espace · Un front très réduit; Arme dominante · Artillerie (obus en masse); Bilan · ≈ 300 000 morts (les deux camps); Portée · Symbole de la violence de masse et du sacrifice national, cellule mise en évidence : Symbole de la violence de masse et du sacrifice nationalAspectVerdun(février–décembre1916)Durée≈ 10 mois (fév.–déc. 1916)EspaceUn front très réduitArme dominanteArtillerie (obus en masse)Bilan≈ 300 000 morts (les deuxcamps)PortéeSymbole de la violence demasse et du sacrificenational
Fig. 4Verdun (février-décembre 1916) : une bataille d'usure d'environ dix mois, sur un front réduit, dominée par l'artillerie, qui devient le symbole de la violence de masse et du sacrifice national.

Points clés

La VIOLENCE DE MASSE : la guerre industrielle produit une mortalité de masse inédite. L'artillerie lourde cause la majorité des pertes ; aux obus s'ajoutent les mitrailleuses, les gaz de combat, le feu et la boue. Les corps sont mutilés, parfois jamais retrouvés (le « soldat inconnu » et les « disparus » en sont la trace), et l'on parle de « grande boucherie ».
VERDUN, point de passage du programme (21 février-décembre 1916) : offensive allemande visant à « saigner » l'armée française. Une bataille d'usure de près de dix mois, sur un espace réduit, avec un déluge d'artillerie ; des centaines de milliers de morts et de blessés des deux côtés. Verdun devient le SYMBOLE du sacrifice national français et de l'horreur de la guerre moderne (« Ils ne passeront pas »).
L'EXPÉRIENCE COMBATTANTE des « poilus » : la vie quotidienne dans les tranchées (boue, froid, poux, rats, attente, peur), l'épreuve du feu et des bombardements, la camaraderie, mais aussi la lassitude. Cette expérience est connue par les TÉMOIGNAGES (lettres, carnets, photographies, correspondances avec l'arrière) qu'il faut analyser de façon critique (censure, autocensure, pudeur, volonté de rassurer les proches).
Le débat sur le CONSENTEMENT et la CONTRAINTE : les historiens discutent ce qui a fait « tenir » les soldats — adhésion patriotique et « culture de guerre » d'un côté, contrainte, discipline et résignation de l'autre. Les MUTINERIES de 1917 (après l'échec de l'offensive du Chemin des Dames) révèlent la lassitude et les limites du consentement, sans pour autant être un refus de défendre le pays.
La BRUTALISATION : l'expérience d'une violence extrême et durable laisse des traces profondes sur les combattants (traumatismes, « gueules cassées », anciens combattants) et, selon l'historien George Mosse, contribue à une « brutalisation » des sociétés européennes après 1918, qui banalise la violence politique de l'après-guerre.

Vocabulaire

→ Cartes
  • violence de masseViolence infligée à grande échelle par des moyens industriels, aux combattants comme aux civils, et qui devient une caractéristique des guerres du XXe siècle.
  • guerre d'usureStratégie qui vise moins la percée que l'épuisement des réserves humaines et matérielles de l'adversaire ; Verdun en est le modèle.
  • brutalisationThèse de l'historien George Mosse selon laquelle l'expérience de la violence de guerre a banalisé le recours à la violence dans la vie politique européenne après 1918.
  • culture de guerreEnsemble des représentations, des mots et des images par lesquels une société en guerre se donne des raisons de combattre et construit la figure de l'ennemi.
  • poiluSurnom du soldat français de la Grande Guerre, popularisé pendant le conflit et devenu la figure mémorielle du combattant des tranchées.

Lire un témoignage de poilu : grille critique

La critique d'un témoignageGraphe, Témoignage combattant → Apport : l'expérience vécue, Témoignage combattant → Filtres : censure, autocensure, Apport : l'expérience vécue → → Croiser avec d’autres sources, Filtres : censure, autocensure → → Croiser avec d’autres sourcesTémoignagecombattantApport :l'expériencevécueFiltres :censure,autocensure→ Croiser avecd’autres sources
Fig. 5Tout témoignage combattant doit être croisé : il éclaire l'expérience vécue mais il est filtré par la censure, l'autocensure et la subjectivité de son auteur.
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Exemple corrigé

Étude critique : un extrait de carnet de tranchée (Verdun, 1916)

Soit un extrait de carnet d'un soldat français décrivant, à Verdun en 1916, un bombardement d'artillerie et l'attente dans la tranchée. Analysez ce que ce témoignage révèle de l'expérience combattante, puis montrez-en les limites.

  1. 01Présenter et contextualiser

    Nature : un carnet personnel (écrit privé, souvent plus libre qu'une lettre soumise à la censure). Auteur : un poilu, témoin direct. Contexte : Verdun, 1916, bataille d'usure dominée par l'artillerie — ce qui explique la place centrale du bombardement dans le récit.

  2. 02Dégager ce que la source révèle

    L'expérience de la VIOLENCE DE MASSE : le déluge d'obus, le bruit, la terre retournée, la peur de la mort, l'attente angoissée. Le quotidien matériel (boue, fatigue) et les sentiments (peur, camaraderie, parfois fatalisme). Le carnet donne accès au vécu, au ressenti, à la subjectivité du combattant.

  3. 03Mesurer les limites (critique de la source)

    C'est un témoignage INDIVIDUEL : un seul point de vue, une seule unité, un seul moment. Même un carnet privé est marqué par la sensibilité de l'auteur, sa mémoire, ses silences. On ne peut généraliser à partir d'un cas isolé : il faut le confronter à d'autres carnets, à des photographies, à des sources d'état-major.

  4. 04Conclure sur la valeur du document

    Le carnet est une source précieuse pour l'histoire « par en bas » de l'expérience combattante, à condition de l'utiliser de façon critique : il éclaire un vécu, il ne le résume pas. Sa valeur tient à ce qu'il complète, et nuance, les sources officielles.

Résultat : Le carnet de tranchée donne un accès direct et sensible à l'expérience combattante de Verdun (violence de l'artillerie, peur, quotidien), mais sa portée est celle d'un témoignage individuel et subjectif : il doit être croisé avec d'autres sources pour reconstituer une histoire fiable de la bataille.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : maîtriser Verdun comme POINT DE PASSAGE — savoir le situer (lieu, date 1916, acteurs), en expliquer le déroulement (bataille d'usure, rôle de l'artillerie) et la PORTÉE symbolique, et l'utiliser comme exemple concret de la violence de masse.
  • Objectif Bac : analyser de façon CRITIQUE un témoignage combattant (lettre ou carnet de poilu) — distinguer ce qu'il révèle de l'expérience de guerre et ce que la censure, l'autocensure ou la pudeur lui font taire ; ne jamais prendre un témoignage isolé pour une vérité générale.
  • Objectif Bac : CONFRONTER deux témoignages qui ne disent pas la même chose — une lettre destinée à la famille et un carnet personnel que son auteur n'écrit pour personne — et expliquer l'écart par le destinataire et par la censure. C'est la mise en relation qui fait l'analyse, jamais le résumé successif.
  • Objectif Bac : METTRE EN PERSPECTIVE Verdun avec la Somme, le Chemin des Dames et les fronts moins étudiés (Orient, Italie, front russe) pour sortir de la vision franco-centrée. La violence de masse de 1916 ne s'est pas concentrée sur un seul secteur de vingt kilomètres.
  • Objectif Bac : JUSTIFIER toute affirmation sur le moral des combattants par un fait daté — les mutineries de mai-juin 1917 après l'échec du Chemin des Dames, les conseils de guerre et les condamnations qui suivent — plutôt que par une impression générale tirée d'un document unique.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la bravoure ou la résignation des soldats prouve un consentement TOTAL et sans faille : le débat consentement/contrainte est nuancé, et les mutineries de 1917 montrent les limites de l'adhésion.
  • Lire une lettre de poilu au premier degré : elle est souvent écrite pour rassurer la famille et passe par la censure militaire ; elle minore donc fréquemment l'horreur réelle du front.
  • Confondre Verdun (offensive allemande d'usure, 1916, sur le front français) et la Somme (offensive franco-britannique, 1916) : ce sont deux batailles distinctes de la même année, à ne pas mélanger.
  • Raconter le document au lieu de l'analyser. Restituer au style indirect ce que le poilu décrit (« il dit qu'il a peur, qu'il y a de la boue ») n'atteste d'aucune compréhension. Il faut nommer ce que le passage révèle — la domination de l'artillerie, l'attente qui occupe l'essentiel du temps, la dépendance au courrier — et le relier au cours.
  • Présenter la « brutalisation » comme un fait acquis. C'est une THÈSE, formulée par George Mosse, et elle est discutée : les travaux d'Antoine Prost sur les anciens combattants français montrent au contraire un milieu massivement porteur d'un discours pacifiste dans l'entre-deux-guerres. Écrivez « selon Mosse », pas « la guerre a brutalisé les sociétés ».

§ 02

Révision active

À partir d'un extrait de lettre ou de carnet d'un poilu décrivant un bombardement, rédigez un paragraphe d'étude critique : ce que le document nous apprend de l'expérience combattante (la violence de masse, le quotidien, les sentiments), puis les limites de ce témoignage (censure, autocensure, point de vue individuel) qui obligent à le confronter à d'autres sources.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Le génocide des Arméniens (1915-1916)#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

Le génocide des Arméniens (1915-1916)

Intention, déroulement, qualificationGraphe, Empire ottoman en guerre (1915) → Intention : éliminer les Arméniens, Intention : éliminer les Arméniens → Arrestations, déportations, marches forcées, Arrestations, déportations, marches forcées → ≈ 1,2 million de victimes, ≈ 1,2 million de victimes → Qualification : génocide (déni)Empire ottomanen guerre (1915)Intention :éliminer lesArméniensArrestations,déportations,marches forcées≈ 1,2 million devictimesQualification :génocide (déni)
Fig. 6Le génocide des Arméniens articule une intention (politique d'élimination), un déroulement systématique (déportations et marches forcées de 1915-1916) et un enjeu postérieur de qualification et de mémoire.

Points clés

Une notion clé : le GÉNOCIDE désigne l'extermination, planifiée et systématique, d'un groupe humain en raison de son appartenance (nationale, ethnique, raciale ou religieuse). Le génocide des Arméniens, dans l'Empire ottoman pendant la guerre, en est le premier exemple du XXe siècle et un POINT DE PASSAGE du programme.
Le contexte : dans l'Empire ottoman, allié des Empires centraux, le pouvoir des « Jeunes-Turcs » accuse la minorité chrétienne arménienne de trahison au profit de la Russie. La guerre sert de cadre et de prétexte à une politique d'élimination, à l'abri du regard international.
Le déroulement (1915-1916) : à partir d'avril 1915, arrestation et élimination des élites arméniennes, puis DÉPORTATIONS massives des populations vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie, par des marches forcées meurtrières (faim, soif, épuisement, massacres). On estime entre plusieurs centaines de milliers et plus d'un million de morts — un crime de masse d'une ampleur considérable.
La QUALIFICATION et la MÉMOIRE : le mot « génocide » est forgé plus tard (par Raphael Lemkin, années 1940) ; il est appliqué a posteriori à l'événement de 1915. La reconnaissance de ce génocide reste un enjeu de mémoire et un sujet diplomatique sensible aujourd'hui (négationnisme officiel turc d'un côté, reconnaissances par de nombreux États dont la France de l'autre).
La portée : ce crime de masse perpétré pendant la Première Guerre mondiale révèle le degré de violence atteint par les sociétés en guerre et inaugure, au XXe siècle, la série des génocides — il éclaire, par comparaison, la suite de l'histoire des violences extrêmes.
L'ORGANISATION du crime, point souvent négligé et pourtant décisif : la déportation n'est pas une improvisation de fonctionnaires locaux débordés par la guerre. Elle est décidée au sommet du Comité Union et Progrès, le parti au pouvoir, autour du ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, et mise en œuvre par un double appareil. L'administration ordinaire d'abord — préfets, gendarmerie, chemins de fer — organise les convois, tandis que des lois sur les « biens abandonnés » (septembre 1915) encadrent la saisie des propriétés des déportés. Une structure parallèle ensuite, l'« Organisation spéciale », recrute notamment des repris de justice pour massacrer les colonnes en route. La loi provisoire de déportation du 27 mai 1915 fournit l'habillage légal de l'ensemble. Ce crime a donc une administration et une comptabilité, ce qui le rend documentable : l'historiographie s'est renouvelée à partir des archives ottomanes elles-mêmes, complétées par les archives allemandes et américaines — l'Allemagne était l'alliée de l'Empire ottoman et ses consuls ont rendu compte de ce qu'ils voyaient. Ces sources rendent intenable la thèse officielle turque d'un simple « déplacement de population » rendu nécessaire par la guerre.

Vocabulaire

→ Cartes
  • génocideExtermination planifiée et systématique d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel ; le mot est forgé par le juriste Raphael Lemkin en 1944 et défini en droit par la convention de l'ONU du 9 décembre 1948.
  • crime contre l'humanitéCatégorie juridique définie par le statut du tribunal de Nuremberg en 1945, qui vise les persécutions et exterminations commises contre des populations civiles ; l'expression avait été employée dès mai 1915 par les Alliés à propos des massacres d'Arméniens, mais sans portée judiciaire.
  • déportationTransfert forcé d'une population hors de sa région d'origine ; en 1915-1916, les convois d'Arméniens vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie sont organisés pour être meurtriers.
  • Jeunes-TurcsMouvement nationaliste parvenu au pouvoir dans l'Empire ottoman en 1908, organisé dans le Comité Union et Progrès, dont les dirigeants décident et administrent le génocide.
  • négationnismeContestation publique de la réalité d'un génocide ou de ses caractères, qui prolonge le crime en effaçant les victimes ; l'État turc refuse toujours la qualification de génocide pour 1915.
Exemple corrigé

Démontrer : l'extermination des Arméniens est un génocide

En vous appuyant sur la définition du génocide, montrez pourquoi l'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman (1915-1916) constitue bien un génocide, et pas un simple massacre de guerre.

  1. 01Poser la définition (le critère)

    Un génocide est l'extermination PLANIFIÉE et SYSTÉMATIQUE d'un groupe humain en raison de son appartenance (ici, nationale et religieuse : les Arméniens chrétiens). Le critère décisif est l'INTENTION de détruire le groupe en tant que tel.

  2. 02Établir l'intention

    Le pouvoir des Jeunes-Turcs vise délibérément la minorité arménienne, accusée collectivement de trahison ; il s'agit d'un projet d'élimination décidé d'en haut, et non de dommages collatéraux des combats. La guerre sert de cadre, mais la cible est un groupe, choisi pour ce qu'il est.

  3. 03Montrer le caractère systématique des méthodes

    À partir d'avril 1915 : élimination ciblée des élites, puis déportations organisées de villages entiers, marches forcées vers les déserts de Syrie où la faim, la soif et les massacres tuent en masse. Le caractère méthodique et répété des opérations atteste d'un plan, non d'accès de violence isolés.

  4. 04Mesurer l'ampleur et conclure

    Le bilan — de plusieurs centaines de milliers à plus d'un million de morts — révèle une volonté d'anéantissement d'un groupe entier. Intention + systématicité + ampleur : les trois critères du génocide sont réunis, ce qui le distingue radicalement des pertes ordinaires de la guerre.

Résultat : Parce qu'il vise un groupe en raison de son identité, qu'il procède de manière planifiée et systématique (déportations, marches forcées) et qu'il fait plusieurs centaines de milliers à plus d'un million de morts, l'extermination des Arméniens de 1915-1916 est bien un génocide — le premier du XXe siècle — et non un simple massacre de guerre.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir DÉFINIR précisément le mot « génocide » et MONTRER en quoi l'extermination des Arméniens (1915-1916) en relève — caractère planifié, systématique, visant un groupe en tant que tel — sans confondre génocide et simples massacres de guerre.
  • Objectif Bac : expliquer en quoi ce génocide est un POINT DE PASSAGE révélateur de la violence de masse de la Grande Guerre, et savoir distinguer l'événement (1915-1916) des enjeux postérieurs de qualification et de mémoire.
  • Objectif Bac : DISTINGUER les qualifications juridiques et leurs dates. Le crime contre l'humanité est défini par le statut du tribunal de Nuremberg en 1945, le génocide par la convention des Nations unies du 9 décembre 1948. En 1915, aucun de ces mots n'a d'existence en droit, ce qui n'ôte rien à la réalité du crime : nommer correctement suppose de dire à quel moment le mot naît.
  • Objectif Bac : CONTEXTUALISER un document de 1915 en le situant dans la guerre — la défaite ottomane de Sarıkamış face aux Russes durant l'hiver 1914-1915, imputée aux Arméniens, puis le débarquement allié aux Dardanelles en avril 1915, au lendemain de l'arrestation des élites arméniennes de Constantinople le 24 avril. La guerre est le cadre et le prétexte du crime, non sa cause.
  • Objectif Bac : CONFRONTER une source ottomane (ordre de déportation, loi provisoire de mai 1915) et un témoignage extérieur (rapport consulaire, missionnaire, diplomate) pour montrer comment un vocabulaire administratif — « transfert », « installation ailleurs » — recouvre une opération d'extermination. L'euphémisme du document est lui-même un fait à analyser.

Erreurs fréquentes

  • Employer « génocide » comme un simple synonyme de « massacre » ou de « grand nombre de morts » : le génocide suppose une INTENTION et un PLAN d'extermination d'un groupe en raison de son identité — c'est ce qui le distingue des pertes de guerre.
  • Anachronisme sur le mot : le terme « génocide » n'existe pas en 1915 ; il est créé dans les années 1940 et appliqué rétrospectivement. L'événement, lui, est bien réel et documenté dès l'époque.
  • Présenter la reconnaissance du génocide comme un fait acquis et universel : elle reste contestée par certains États (négationnisme), ce qui en fait un enjeu de mémoire toujours vif.
  • Recopier la référence d'un document (« rapport de l'ambassadeur des États-Unis, Constantinople, 1915 ») sans en tirer parti. Dire qui parle sert à quelque chose : Henry Morgenthau est le diplomate d'un pays alors NEUTRE, en poste dans la capitale ottomane, et son témoignage échappe donc au soupçon de propagande de guerre alliée. La source doit servir l'argument, pas décorer l'introduction.
  • Fondre 1915 dans la série des massacres antérieurs (1894-1896, Adana en 1909). Ces violences existent et forment un précédent, mais elles ne sont pas de même nature. 1915-1916 se caractérise par une décision centrale, une organisation administrative de la déportation à l'échelle de l'empire, et la visée de la population arménienne en tant que telle, femmes et enfants compris.

§ 03

Révision active

À partir de la définition du mot « génocide » et de vos connaissances sur les déportations de 1915-1916, rédigez un paragraphe argumenté montrant pourquoi l'extermination des Arméniens dans l'Empire ottoman constitue bien un génocide, en distinguant clairement l'intention planifiée, les méthodes (déportations, marches forcées) et l'ampleur du crime.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

1917, une année de basculement (révolutions russes, entrée des États-Unis)#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

1917 : une année de basculement

La double bascule de 1917Graphe, 1917 → Russie : sortie (révolutions 1917), 1917 → États-Unis : entrée en guerre (avril), 1917 → Crise (mutineries, grèves)1917Russie : sortie(révolutions1917)États-Unis :entrée en guerre(avril)Crise(mutineries,grèves)
Fig. 71917 renverse le rapport de forces : la Russie sort de la guerre (révolutions de février puis d'octobre) tandis que les États-Unis y entrent (avril), sur fond de lassitude des sociétés (mutineries, grèves).

Points clés

1917 est un POINT DE PASSAGE : une « année de basculement » où la guerre, déjà longue et meurtrière, connaît un double renversement géopolitique — la sortie de la Russie et l'entrée des États-Unis — qui modifie durablement le rapport de forces et le sens du conflit.
Les RÉVOLUTIONS RUSSES : en février (mars) 1917, une révolution renverse le tsar Nicolas II et met fin à l'empire des Romanov (fin de la monarchie, gouvernement provisoire). En octobre (novembre) 1917, les bolcheviks de Lénine prennent le pouvoir et engagent la Russie hors de la guerre — paix séparée signée à Brest-Litovsk au début de 1918. La Russie quitte le camp de l'Entente.
L'ENTRÉE EN GUERRE DES ÉTATS-UNIS (avril 1917) : provoquée notamment par la guerre sous-marine allemande à outrance, elle apporte au camp de l'Entente des ressources humaines, industrielles et financières considérables, et une dimension mondiale et idéologique nouvelle (la défense de la démocratie, les futurs « 14 points » du président Wilson).
Une crise de la guerre et des opinions : 1917 est aussi l'année de la LASSITUDE — mutineries dans l'armée française après l'échec du Chemin des Dames, grèves à l'arrière, contestation sociale et pacifiste dans plusieurs pays. La guerre totale use les sociétés, et les États resserrent l'autorité et la propagande pour « tenir ».
Une bascule du sens du conflit : avec la révolution russe (espoir révolutionnaire, modèle bolchevique) et l'arrivée américaine (croisade pour la démocratie), la guerre devient aussi un affrontement de PROJETS POLITIQUES, dont l'écho dépasse l'Europe et prépare l'après-guerre (révolutions, attentes des peuples).
L'ENGRENAGE MILITAIRE de 1917, à comprendre dans son détail plutôt qu'à résumer par la formule d'année charnière. En janvier 1917, le commandement allemand fait un pari calculé : la guerre sous-marine à outrance, c'est-à-dire le torpillage sans avertissement de tout navire, y compris neutre, faisant route vers les îles Britanniques, doit étrangler le Royaume-Uni avant que les États-Unis n'aient le temps de peser militairement. Le pari échoue deux fois. Les Alliés adoptent au printemps le système des convois escortés, qui fait chuter les pertes ; et la décision allemande, jointe à la révélation du télégramme Zimmermann, précipite précisément ce qu'elle voulait devancer, la déclaration de guerre américaine du 6 avril 1917. À l'Est, la sortie progressive de la Russie libère des divisions allemandes transférables vers le front occidental. Toute l'issue du conflit tient alors à une course : les renforts allemands venus de l'Est arriveront-ils avant les renforts américains venus de l'Atlantique ? Retenir ce mécanisme permet de répondre à la seule question qui compte ici — pourquoi les Empires centraux, qui paraissent l'emporter à la fin de 1917, s'effondrent-ils onze mois plus tard.

Vocabulaire

→ Cartes
  • guerre sous-marine à outranceDécision allemande de février 1917 de torpiller sans avertissement tout navire, y compris neutre, faisant route vers les ports alliés ; elle précipite l'entrée en guerre des États-Unis.
  • sovietConseil élu d'ouvriers, de soldats ou de paysans, apparu en Russie en 1905 et réapparu en 1917 ; le soviet de Petrograd exerce alors un pouvoir concurrent de celui du gouvernement provisoire.
  • bolcheviksFraction du parti social-démocrate russe dirigée par Lénine, partisane d'une prise du pouvoir par un parti restreint de révolutionnaires ; elle s'empare du pouvoir en octobre 1917 et sort la Russie de la guerre.
  • mutinerieRefus collectif d'obéissance de soldats ; au printemps 1917, dans l'armée française, ces refus visent les offensives meurtrières et les conditions de vie, non la défense du territoire.
  • paix séparéePaix conclue par un belligérant avec l'ennemi sans ses alliés ; la Russie signe la sienne à Brest-Litovsk le 3 mars 1918, en rupture avec les engagements de l'Entente.
Exemple corrigé

Composition guidée : « En quoi 1917 est-elle une année de basculement ? »

Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi l'année 1917 constitue-t-elle un basculement de la Première Guerre mondiale ? »

  1. 01Dégager la problématique

    1917 n'est pas une année de victoire décisive, mais une année de RENVERSEMENT : pourquoi peut-on dire qu'elle change le rapport de forces et le sens du conflit ? On annonce un plan en trois temps.

  2. 02Partie 1 — La sortie de la Russie

    Révolution de février 1917 : chute du tsar, fin de l'empire des Romanov. Révolution d'octobre 1917 : prise du pouvoir par les bolcheviks de Lénine, qui veulent la paix ; la Russie engage sa sortie de la guerre (Brest-Litovsk, début 1918). Conséquence : l'Entente perd un allié majeur à l'Est.

  3. 03Partie 2 — L'entrée des États-Unis

    Avril 1917 : les États-Unis entrent en guerre aux côtés de l'Entente (notamment en réaction à la guerre sous-marine à outrance). Ils apportent des ressources humaines, industrielles et financières immenses, et une dimension idéologique (la démocratie, les futurs « 14 points » de Wilson). Conséquence : l'Entente gagne, à terme, un poids décisif.

  4. 04Partie 3 — La crise des opinions et le nouveau sens du conflit

    1917, année de lassitude : mutineries dans l'armée française (après le Chemin des Dames), grèves, pacifisme. Les États resserrent autorité et propagande. La guerre devient aussi un affrontement de PROJETS (modèle révolutionnaire russe / croisade démocratique américaine), dont l'écho dépasse l'Europe.

Résultat : 1917 est bien une année de basculement : elle inverse l'équilibre des forces (la Russie sort, les États-Unis entrent), elle met à nu la fatigue des sociétés (mutineries, grèves) et elle transforme la signification de la guerre, désormais traversée par des projets politiques rivaux qui pèseront sur tout l'après-guerre.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : expliquer POURQUOI 1917 est une « année de basculement » — articuler les deux événements majeurs (révolutions russes / entrée des États-Unis) et la crise des opinions, et en mesurer les conséquences sur le rapport de forces et sur l'issue de la guerre.
  • Objectif Bac : distinguer NETTEMENT la révolution de février 1917 (chute du tsar, fin de l'empire russe) et la révolution d'octobre 1917 (prise du pouvoir par les bolcheviks, sortie de la guerre) — confondre les deux est une erreur fréquente et coûteuse.
  • Objectif Bac : CONFRONTER deux documents de 1917 d'origines opposées — le décret bolchevique sur la paix (8 novembre 1917) et un extrait du message de Wilson au Congrès (avril 1917) — pour montrer que deux projets politiques rivaux prétendent au même moment dire pourquoi l'on se bat.
  • Objectif Bac : METTRE EN PERSPECTIVE 1917 en l'inscrivant dans la durée. L'usure de trois années de guerre l'explique en amont ; ses effets se déploient en 1918 (Brest-Litovsk le 3 mars, offensives allemandes du printemps, arrivée massive des Américains à l'été). Une année de basculement ne se comprend jamais isolée.
  • Objectif Bac : JUSTIFIER l'ampleur de la crise de 1917 par des faits vérifiables — les mutineries de mai-juin dans l'armée française, les grèves des midinettes à Paris au printemps, la reprise en main autoritaire par Clemenceau à partir de novembre 1917 — plutôt que par la formule vague d'une lassitude générale.

Erreurs fréquentes

  • Confondre les deux révolutions russes de 1917 : février renverse le tsar (fin de la monarchie) ; octobre porte les bolcheviks au pouvoir (et conduit à la sortie de la guerre). Ce sont deux étapes distinctes de la même année.
  • Négliger la crise des opinions : 1917 n'est pas qu'une affaire de fronts, c'est aussi la lassitude des sociétés (mutineries, grèves, pacifisme) — un élément central pour comprendre la fragilité des belligérants.
  • Surestimer l'effet militaire immédiat de l'entrée américaine : son poids décisif (troupes massivement présentes) se fait surtout sentir en 1918 ; en 1917, l'apport est d'abord moral, financier et industriel.
  • Écrire « révolution d'octobre 1917 » puis dater du même mois la sortie de la Russie du conflit. Les bolcheviks prennent le pouvoir en octobre (novembre du calendrier grégorien) et décrètent aussitôt la paix, mais la négociation dure : la paix séparée n'est signée à Brest-Litovsk que le 3 mars 1918. Vérifiez toujours l'écart entre la décision et sa réalisation.
  • Juxtaposer les documents sans les mettre en relation : traiter le document russe, puis le document américain, et conclure que « ces deux documents montrent l'importance de 1917 ». Il faut la phrase qui les articule — la sortie russe ouvre à l'Allemagne la possibilité de reporter ses divisions à l'ouest, et c'est exactement ce que l'apport américain vient compenser.

§ 04

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi l'année 1917 constitue-t-elle un basculement de la Première Guerre mondiale ? » Vous distinguerez les révolutions russes (février puis octobre), l'entrée en guerre des États-Unis et la crise des opinions, en montrant comment ces trois éléments modifient le rapport de forces et le sens du conflit.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Les sorties de guerre, la fin des empires et la recomposition de l'Europe#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

La fin de quatre empires (1914 → 1923)

La recomposition de l'EuropeGraphe, Première Guerre mondiale → Chute de 4 empires, Chute de 4 empires → Droit des peuples à s'autodéterminer, Droit des peuples à s'autodéterminer → Nouveaux États d'Europe centralePremière GuerremondialeChute de 4empiresDroit despeuples às'autodéterminerNouveaux Étatsd'Europecentrale
Fig. 8La guerre totale et les traités de 1919-1920 font disparaître quatre empires et redessinent la carte de l'Europe au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

Points clés

L'ARMISTICE et la victoire de l'Entente : après les dernières offensives de 1918 (avec l'appui décisif des troupes américaines), les Empires centraux s'effondrent. L'armistice est signé le 11 NOVEMBRE 1918, mettant fin aux combats sur le front occidental. La guerre est gagnée par l'Entente, mais l'Europe en sort ruinée et endeuillée.
La notion de SORTIE DE GUERRE : revenir à la paix est un processus long et difficile, pas un simple retour à l'avant-guerre. Il faut démobiliser des millions d'hommes, panser les deuils (monuments aux morts, anciens combattants, « gueules cassées »), reconstruire des régions dévastées, reconvertir des économies, et gérer la « brutalisation » héritée du conflit.
LA FIN DES EMPIRES : la guerre fait s'effondrer QUATRE empires multinationaux — l'empire ALLEMAND (chute du Kaiser, proclamation de la République de Weimar, 1918), l'empire AUSTRO-HONGROIS (démembré en plusieurs États), l'empire RUSSE (révolutions de 1917) et l'empire OTTOMAN (démantelé). C'est la fin d'un ordre ancien.
LA RECOMPOSITION DE L'EUROPE par les TRAITÉS DE PAIX (1919-1920) : la conférence de Paris aboutit notamment au traité de Versailles (28 juin 1919) avec l'Allemagne. Au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » (principe de nationalité), de NOUVEAUX ÉTATS apparaissent (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États baltes, Autriche et Hongrie séparées…). La carte de l'Europe est profondément redessinée.
UN ORDRE INTERNATIONAL FRAGILE : la SOCIÉTÉ DES NATIONS (SDN) est créée en 1919-1920 pour garantir la paix par la sécurité collective et l'arbitrage — une innovation majeure, mais affaiblie d'emblée (absence des États-Unis, moyens limités). Les traités, perçus comme un « diktat » humiliant en Allemagne, et des frontières contestées, font de cette paix une paix FRAGILE, qui nourrira les tensions des années 1930.

Vocabulaire

→ Cartes
  • armisticeConvention militaire qui suspend les combats sans mettre fin juridiquement à l'état de guerre ; celui du 11 novembre 1918 précède de plusieurs mois les traités de paix.
  • sortie de guerreProcessus long par lequel une société revient à la paix — démobilisation, deuil, reconstruction, règlement diplomatique — et non un simple retour à la situation d'avant 1914.
  • droit des peuples à disposer d'eux-mêmesPrincipe défendu par le président Wilson selon lequel chaque nation doit choisir librement son État ; appliqué de façon partielle en 1919-1920, il ne vaut ni pour les colonies ni pour les vaincus.
  • Société des NationsOrganisation créée par les traités de paix et installée à Genève en 1920 pour garantir la paix par la sécurité collective et l'arbitrage ; les États-Unis, dont le président l'a inspirée, n'y adhèrent jamais.
  • mandatRégime établi par la SDN confiant à une puissance l'administration d'un territoire détaché des empires allemand et ottoman, en principe jusqu'à son accession à l'indépendance ; la France reçoit ainsi la Syrie et le Liban.

Les sorties de guerre (1918-1920)

La paix : un processus (1918-1920)Frise chronologique de 1917 à 1921, 1918: Armistice (11 nov.), 1919: Traité de Versailles, 1920: Trianon · Sèvres, 1920: Société des Nations19171921année1918Armistice (11nov.)1919Traité deVersailles1920Trianon · Sèvres1920Société desNations
Fig. 9De l'armistice (11 novembre 1918) aux traités de paix (1919-1920) et à la SDN : la sortie de guerre est un processus, pas un instant.
Exemple corrigé

Étude critique de deux cartes : l'Europe en 1914 et vers 1923

À l'aide d'une carte de l'Europe en 1914 et d'une carte vers 1923, montrez comment la Première Guerre mondiale a entraîné la fin des empires et la recomposition territoriale de l'Europe.

  1. 01Lire la carte de 1914

    Identifier les grandes structures : quatre vastes empires multinationaux dominent l'Europe centrale et orientale — l'empire allemand, l'empire austro-hongrois, l'empire russe et l'empire ottoman (à cheval sur l'Europe et le Proche-Orient). Beaucoup de peuples sont alors intégrés dans ces ensembles.

  2. 02Lire la carte de 1923 et repérer les changements

    Constater la disparition de ces quatre empires et l'apparition de NOUVEAUX ÉTATS : Pologne reconstituée, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), Autriche et Hongrie devenues des États distincts et réduits. L'Allemagne devient une république (Weimar) et perd des territoires.

  3. 03Expliquer les transformations

    Relier ces changements aux causes : l'effondrement militaire et politique des Empires centraux, les révolutions (Russie 1917) et surtout les TRAITÉS DE PAIX de 1919-1920, qui appliquent — imparfaitement — le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et créent la SDN pour garantir le nouvel ordre.

  4. 04Nuancer (les limites de la nouvelle carte)

    Montrer que cette recomposition est porteuse de TENSIONS : minorités enclavées dans les nouveaux États, frontières contestées, Allemagne humiliée par un traité vécu comme un « diktat », SDN affaiblie (sans les États-Unis). La nouvelle carte est donc une paix fragile.

Résultat : La comparaison des deux cartes montre une mutation profonde : quatre empires multinationaux disparaissent et laissent place à une Europe d'États-nations, redessinée par les traités de 1919-1920 au nom du droit des peuples. Mais frontières contestées, minorités et ressentiments allemands font de cette recomposition une paix instable, qui prépare les crises des années 1930.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : maîtriser et utiliser les REPÈRES essentiels (11 novembre 1918 ; 1919-1920 traités de paix et SDN ; 28 juin 1919 traité de Versailles) et savoir nommer les QUATRE empires disparus et quelques nouveaux États issus de la guerre.
  • Objectif Bac : COMPARER la carte de l'Europe en 1914 et vers 1923 pour expliquer la fin des empires et la recomposition territoriale, et savoir discuter pourquoi la paix de 1919-1920 est une paix fragile.
  • Objectif Bac : CONFRONTER une carte de l'Europe en 1923 et un texte allemand dénonçant le « Diktat » de Versailles. La carte donne les faits territoriaux, le texte donne la perception qui en est faite, et c'est l'écart entre les deux qui explique la fragilité de la paix. Une carte ne se décrit pas, elle se lit.
  • Objectif Bac : CONTEXTUALISER le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » en montrant ses limites concrètes : il ne vaut ni pour les peuples colonisés, ni pour les vaincus (l'union de l'Autriche à l'Allemagne est interdite), et il laisse partout des minorités nationales du mauvais côté d'une frontière, à commencer par les quelque trois millions d'Allemands des Sudètes intégrés à la Tchécoslovaquie.
  • Objectif Bac : rédiger un PARAGRAPHE ARGUMENTÉ sur la sortie de guerre en pensant aux sociétés autant qu'aux traités. Environ 1,4 million de morts français, des centaines de milliers de veuves et d'orphelins de guerre, quelque 36 000 monuments aux morts communaux, le 11 novembre institué jour férié en 1922 : le deuil est ici un fait politique, pas un ornement de conclusion.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la signature de l'armistice (11 novembre 1918) règle tout immédiatement : la « sortie de guerre » est un processus long (démobilisation, deuils, reconstruction, traités) qui s'étale sur plusieurs années.
  • Confondre l'armistice (11 novembre 1918, fin des combats) et les traités de paix (1919-1920, dont Versailles le 28 juin 1919, qui fixent les conditions de la paix) : ce sont deux moments distincts.
  • Oublier que seuls QUATRE empires s'effondrent (allemand, austro-hongrois, russe, ottoman) — et confondre la fin de ces empires continentaux avec la fin des empires coloniaux, qui, eux, perdurent après 1918.
  • Écrire que le traité de Versailles « démembre l'Autriche-Hongrie ». Versailles (28 juin 1919) ne règle que le sort de l'Allemagne. L'Autriche relève du traité de Saint-Germain (1919), la Hongrie de celui de Trianon (1920), l'Empire ottoman de Sèvres (1920), remplacé par Lausanne (1923). « Les traités de paix » est un pluriel, et l'usage du singulier révèle immédiatement une connaissance approximative.
  • Prendre un texte de dénonciation du traité pour un constat historique. Quand un journal allemand de 1919 parle de « Diktat » et de paix d'esclavage, il exprime un ressentiment que l'historien doit expliquer, non les clauses telles qu'elles sont. Confondre les deux revient à reprendre à son compte l'argumentaire de la propagande nationaliste allemande.

§ 05

Révision active

À partir d'une carte de l'Europe en 1914 et d'une carte de l'Europe vers 1923, rédigez un paragraphe argumenté qui décrit et explique la recomposition territoriale : repérez les quatre empires disparus, citez deux ou trois nouveaux États, reliez ces transformations au principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et expliquez en quoi cette nouvelle carte porte en germe des tensions futures.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01Une guerre totale : ampleur du conflit et mobilisation des sociétés○
    • 02La violence de masse et l'expérience combattante (Verdun)◐
    • 03Le génocide des Arméniens (1915-1916)◐
    • 041917, une année de basculement (révolutions russes, entrée des États-Unis)●
    • 05Les sorties de guerre, la fin des empires et la recomposition de l'Europe●

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Des fiches à l'entraînement

La Première Guerre mondiale et la fin des empires

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019

Voir aussi

  • L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)Les nationalités dont la revendication fait éclater les empires multinationaux en 1918.
  • La Troisième République et l'empire colonialLe régime et l'empire qui entrent en guerre en 1914.
  • Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)La brutalisation des sociétés et les sorties de guerre manquées nourrissent les régimes des années 1930.

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La Troisième République et l'empire colonial

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