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Fiches/Histoire-Géographie/L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)
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L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)

De la prise de la Bastille à la proclamation de l'Empire allemand, l'Europe passe de l'ordre des dynasties à l'ordre des nations : la Révolution française forge une conception nouvelle de la nation (souveraineté nationale, droits de l'homme, citoyenneté), que l'Empire napoléonien diffuse par la conquête avant que le congrès de Vienne (1814-1815) ne tente de la refermer. Les révolutions de 1830 et le « printemps des peuples » de 1848 propagent les idées libérales et nationales, tandis que la France entre dans l'âge démocratique (Deuxième République, suffrage universel masculin, Second Empire) et s'industrialise, et que se construisent de nouveaux États-nations (unités italienne et allemande) par la guerre et la diplomatie. Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thèmes 1 et 2) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et mobilisable au Grand oral.

5 sections·~39 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0111 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique d'un document historique selon une approche historique : situer un texte fondateur, une image ou une caricature (auteur, date, contexte, intention), en dégager le sens et la portée, en mesurer les limites et la valeur de témoignage.Mettre un événement ou une figure majeurs en perspective et les contextualiser : Napoléon Bonaparte, le « printemps des peuples » de 1848, les unités italienne et allemande, en reliant chaque fait à la dynamique d'ensemble de la période 1789-1871.Identifier et expliquer les dimensions historiques d'un enjeu du présent : l'idée nationale et le principe démocratique (souveraineté du peuple, suffrage universel, État-nation) tels qu'ils se forment au XIXe siècle et structurent encore l'Europe contemporaine.Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique, puis procéder à la rédaction d'écrits argumentés (composition, paragraphe structuré) ordonnés autour d'une problématique et appuyés sur des connaissances précises (Niveau de première — évalué en contrôle continu, hors épreuve écrite terminale).
Opérateurs :analyser un documentcritiquer (mesurer la portée et les limites)contextualisermettre en perspectiveexpliquerargumenterrédiger un paragraphe structuré

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions clés : 1789 (Bastille, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen), 1799-1815 (Consulat et Empire, Code civil de 1804), 1814-1815 (congrès de Vienne), 1830 et 1848 (révolutions, printemps des peuples), 1848-1852 (Deuxième République), 1852-1870 (Second Empire), 1870-1871 (guerre franco-prussienne, Empire allemand, achèvement de l'unité italienne). Sachez DÉFINIR avec précision : nation, souveraineté nationale, libéralisme, nationalité, État-nation, suffrage universel.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : reliez la diffusion des idées de 1789 aux unifications de 1870-1871 en distinguant deux modèles de nation (la nation comme contrat de citoyens, « plébiscite de tous les jours » selon Renan, et la nation comme communauté de langue et de culture chez les romantiques allemands) ; analysez comment l'idée nationale, d'abord libérale et émancipatrice en 1848, devient aussi un instrument d'État chez Cavour et Bismarck ; confrontez plusieurs documents (texte, carte, caricature) pour nuancer le récit national.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)
    • 01La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation (1789-1815)○
    • 02L'Europe entre restauration et révolution (1814-1848) et le printemps des peuples◐
    • 03L'entrée de la France dans l'âge démocratique : Deuxième République et Second Empire◐
    • 04Industrialisation et transformations économiques et sociales en France◐
    • 05La construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie (1848-1871)●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation (1789-1815)#

~8 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-histoire-geographie

Le transfert de souveraineté en 1789

Du sujet du roi au citoyen de la nation (1789)Tableau de 3 colonnes et 4 lignes, Données: Ancien Régime (avant 1789) · La Nation (à partir de 1789); Souveraineté · Le roi, de droit divin · La nation (DDHC, art. 3); Société · Trois ordres (clergé, noblesse, tiers état) · Citoyens égaux devant la loi; L'individu · Un sujet du roi · Un citoyen, titulaire de droits; Lien politique · Tradition, naissance, privilèges · Adhésion à des principes (contrat), cellule mise en évidence : La nation (DDHC, art. 3)Ancien Régime (avant1789)La Nation (à partir de1789)SouverainetéLe roi, de droit divinLa nation (DDHC, art. 3)SociétéTrois ordres (clergé,noblesse, tiers état)Citoyens égaux devant la loiL'individuUn sujet du roiUn citoyen, titulaire dedroitsLien politiqueTradition, naissance,privilègesAdhésion à des principes(contrat)
Fig. 1En 1789 la souveraineté passe du roi à la NATION : la société d'ordres et de sujets fait place à une communauté de citoyens égaux devant la loi. C'est la naissance de la conception « élective » et contractuelle de la nation.

Points clés

La rupture de 1789 : le 14 juillet, la prise de la Bastille symbolise l'effondrement de la monarchie absolue ; dans la nuit du 4 août, l'Assemblée abolit les privilèges et la société d'ordres (noblesse, clergé, tiers état). La SOUVERAINETÉ passe du roi à la nation : « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation » (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, art. 3, 26 août 1789).
La nation des citoyens : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen fonde des droits universels (liberté, égalité devant la loi, sûreté, résistance à l'oppression) et fait de l'individu un CITOYEN, non plus un sujet. La nation devient une communauté politique d'individus égaux, unis par l'adhésion à des principes — conception dite « élective » ou contractuelle de la nation.
Radicalisation et guerre (1792-1799) : proclamation de la République (septembre 1792), exécution de Louis XVI (janvier 1793), Terreur, puis Directoire. La guerre contre les monarchies européennes (depuis 1792) répand par les armes les idées révolutionnaires et lève en masse une « nation armée » (Valmy, 1792 ; la patrie en danger).
Le Consulat et l'Empire (1799-1815) : Bonaparte, Premier consul après le coup d'État du 18 brumaire (1799), se proclame empereur en 1804. Il CONSOLIDE certains acquis (égalité civile, fin des privilèges) tout en confisquant la liberté politique (pouvoir personnel, censure). Le Code civil de 1804 fixe durablement l'égalité devant la loi, la propriété et la laïcité de l'état civil.
La diffusion européenne par la conquête : les conquêtes napoléoniennes exportent le Code civil, l'égalité civile et l'abolition de la féodalité dans une grande partie de l'Europe (Allemagne, Italie, Pologne). Mais la domination française suscite en retour des sentiments NATIONAUX d'opposition (Espagne, États allemands) : l'idée de nation se retourne contre l'occupant. L'Empire s'effondre après la campagne de Russie (1812) et Waterloo (1815).
Une figure à mettre en perspective : Napoléon est ambivalent. « Héritier » de la Révolution (il en pérennise l'égalité civile et l'administration centralisée), il en est aussi le « fossoyeur » politique (il rétablit un pouvoir autoritaire et héréditaire). Comprendre cette ambivalence est au cœur de l'analyse du point de passage « Napoléon Bonaparte ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • souveraineté nationalePrincipe selon lequel la souveraineté appartient à la nation entière, corps abstrait et indivisible des citoyens, et non au roi ni à la somme des individus : elle s'exerce par des représentants élus qui parlent au nom de tous.
  • suffrage censitaireMode de scrutin qui réserve le droit de vote aux citoyens acquittant un impôt direct — le cens — supérieur à un seuil fixé par la loi ; il fonde la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs de la Constitution de 1791.
  • nation électiveConception française de la nation comme communauté politique formée par l'adhésion volontaire de citoyens égaux à des principes communs, indépendamment de la langue, de la religion ou de l'origine.
  • égalité civileÉgalité de tous devant la loi, l'impôt et l'accès aux emplois publics, acquise en 1789 par l'abolition des privilèges et consolidée par le Code civil de 1804 ; elle n'implique ni égalité politique ni égalité des conditions.
  • levée en masseMobilisation générale des citoyens décrétée en août 1793, qui fait de la défense du territoire un devoir national et invente la figure du soldat-citoyen face aux armées de métier européennes.
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Exemple corrigé

Analyse de document — Napoléon, héritier ou fossoyeur de la Révolution ?

Le Code civil de 1804 dispose : « Tous les Français jouissent des droits civils » (art. 8) et garantit l'égalité devant la loi, la propriété et la liberté de conscience ; au même moment, le régime impérial rétablit un pouvoir personnel et héréditaire, encadre étroitement la presse et restaure une cour. En quoi ce contraste éclaire-t-il l'ambivalence de Napoléon vis-à-vis de l'héritage révolutionnaire ? Rédigez une réponse argumentée et organisée.

  1. 01Présenter le document et poser le problème

    Le Code civil (promulgué en 1804 sous le Consulat-Empire) est un texte de loi fondateur ; il s'inscrit dans le prolongement des principes de 1789. La question est de savoir si Napoléon prolonge ou trahit la Révolution. On formule une hypothèse : il en conserve les acquis SOCIAUX tout en abolissant ses acquis POLITIQUES.

  2. 02Premier temps — ce qu'il consolide de la Révolution

    Le Code civil pérennise l'ÉGALITÉ CIVILE (mêmes droits civils pour tous les Français), la fin des privilèges et de la féodalité, la garantie de la propriété et la laïcité de l'état civil. Napoléon stabilise aussi l'administration (préfets, lycées, Banque de France). À ce titre, il est l'« héritier » qui inscrit les acquis de 1789 dans la durée et les exporte en Europe.

  3. 03Second temps — ce qu'il en supprime

    Mais le régime confisque la LIBERTÉ POLITIQUE : pouvoir personnel et héréditaire (sacre de 1804), suppression de la souveraineté nationale réelle, censure de la presse, surveillance policière. Le citoyen redevient en partie sujet. Le Code civil lui-même consacre l'infériorité juridique des femmes. Napoléon est donc aussi le « fossoyeur » de la dimension démocratique de la Révolution.

  4. 04Conclure par la mise en perspective

    L'ambivalence est la clé : Napoléon fixe l'héritage CIVIL de 1789 (égalité, Code) mais étouffe l'héritage POLITIQUE (liberté, souveraineté du peuple). Sa diffusion par la conquête est elle-même double : elle répand l'égalité civile ET réveille, par réaction, les sentiments nationaux contre la France.

Résultat : Réponse argumentée : Napoléon est à la fois héritier et fossoyeur de la Révolution. Le Code civil de 1804 prouve qu'il consolide et exporte l'égalité civile, la propriété et la fin des privilèges (héritage social de 1789) ; mais le rétablissement d'un pouvoir personnel et héréditaire et la censure montrent qu'il supprime la liberté politique et la souveraineté nationale (héritage démocratique). Cette ambivalence définit son rôle dans l'histoire de l'idée nationale.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Sur un extrait de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, montrer le transfert de souveraineté (du roi à la nation) et expliquer en quoi le texte fonde une conception NOUVELLE de la nation (citoyenneté, droits universels).
  • Objectif Bac — Contextualiser et mettre en perspective la figure de Napoléon : distinguer ce qu'il consolide de la Révolution (égalité civile, Code civil) de ce qu'il en supprime (liberté politique), et analyser la diffusion AMBIVALENTE des idées révolutionnaires par la conquête (acquis ET réveil des nationalismes).
  • Objectif Bac — Justifier une périodisation : dater au mois près les bascules de régime (monarchie constitutionnelle jusqu'en 1792, République en septembre 1792, Consulat en novembre 1799, Empire en mai 1804, effondrement en 1815) et dire, pour chacune, ce qui change dans la définition de la nation. Une borne se démontre, elle ne se récite pas.
  • Objectif Bac — Confronter deux documents : la nuit du 4 août 1789, qui abolit les privilèges, et le Code civil de 1804. Montrer ce que Napoléon conserve de la Révolution (égalité devant la loi, propriété, état civil laïque) et ce qu'il en retranche (liberté politique, capacité juridique de la femme mariée).
  • Objectif Bac — Rédiger un paragraphe argumenté sur la guerre comme fabrique de la nation : de la patrie en danger (juillet 1792) à la levée en masse (août 1793), le service des armes fait le citoyen ; retournée par les peuples occupés — soulèvement de Madrid en mai 1808, États allemands — la même idée se retourne contre la France.

Erreurs fréquentes

  • Confondre souveraineté NATIONALE (la nation, corps abstrait des citoyens, est titulaire de la souveraineté, art. 3 de 1789) et souveraineté POPULAIRE (chaque citoyen détient une part de souveraineté). En 1789 la Constituante choisit la souveraineté nationale, ce qui justifie d'abord un suffrage CENSITAIRE, et non le suffrage universel.
  • Présenter Napoléon comme un pur continuateur de la Révolution OU comme un pur réactionnaire : la bonne réponse est l'ambivalence (il garde l'égalité civile mais supprime la liberté politique). Éviter aussi l'anachronisme qui ferait de lui un démocrate.
  • Écrire que 1789 abolit la monarchie : Louis XVI reste roi, et la Constitution de 1791 fait de lui un « roi des Français ». La monarchie tombe le 10 août 1792, la République est proclamée en septembre 1792, le roi est exécuté en janvier 1793. Trois années, trois actes distincts : les fondre en un seul est l'erreur de datation la plus coûteuse du chapitre.
  • Prêter à la Déclaration de 1789 le suffrage universel : la Constitution de 1791 sépare citoyens actifs, qui acquittent le cens et votent, et citoyens passifs, qui ne votent pas ; les femmes sont exclues des deux catégories. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges (1791) est une protestation contre cette exclusion, jamais un texte de loi.
  • Faire du Code civil de 1804 un code de l'égalité pour tous : il place la femme mariée sous l'autorité de son mari et lui retire la pleine capacité juridique, et deux ans plus tôt, en 1802, Bonaparte a rétabli l'esclavage dans les colonies. Citer le Code sans ces deux réserves, c'est en manquer à la fois la portée et les limites.

§ 01

Révision active

À partir de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément »), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, date, contexte), expliquez la conception de la nation et de la souveraineté qu'il instaure, puis indiquez sa portée et ses limites (suffrage censitaire, exclusion des femmes).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

L'Europe entre restauration et révolution (1814-1848) et le printemps des peuples#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

L'Europe morcelée du congrès de Vienne (1815)

L'Europe morcelée de 1815 : légitimité, équilibre, endiguementSchéma avec 7 éléments, France (endiguée), Conf. germanique (39 États), Autriche (Metternich), Italie morcelée, Royaume de Prusse, Empire russe, puissance dominanteFrance(endiguée)Conf. germanique(39 États)Autriche(Metternich)Italie morceléeRoyaume dePrusseEmpire russepuissancedominante
Fig. 2Le congrès de Vienne (1814-1815) restaure les dynasties et maintient l'Allemagne et l'Italie MORCELÉES, sous influence autrichienne. Les principes retenus (légitimité, équilibre, endiguement de la France) ignorent les peuples : c'est la matrice des révolutions de 1848 et des unifications de 1859-1871.

Points clés

Le congrès de Vienne (1814-1815) : après la chute de Napoléon, les grandes puissances (Autriche de Metternich, Russie, Prusse, Royaume-Uni) redessinent l'Europe selon trois principes — la LÉGITIMITÉ (restaurer les dynasties renversées), l'ÉQUILIBRE (qu'aucune puissance ne domine) et l'ENDIGUEMENT de la France. Les frontières sont tracées SANS tenir compte des peuples ni des sentiments nationaux.
L'ordre conservateur : la Sainte-Alliance et le « système Metternich » répriment les mouvements libéraux et nationaux. La carte de 1815 maintient une Italie et une Allemagne MORCELÉES (la Confédération germanique compte 39 États ; l'Italie est divisée et en partie sous tutelle autrichienne) et place des peuples sous des souverains étrangers (Belges sous les Pays-Bas, Polonais partagés).
Libéralisme et nationalités, deux forces montantes : le LIBÉRALISME réclame des libertés (presse, réunion), des constitutions et la limitation du pouvoir royal ; le principe des NATIONALITÉS affirme que chaque peuple (uni par la langue, la culture, l'histoire) a le droit de former son propre État. Ces aspirations se nourrissent du ROMANTISME, qui exalte les peuples, leur langue et leur passé (Hugo, Mazzini, les frères Grimm).
Les secousses de 1820 et 1830 : insurrections en Espagne, en Italie, en Grèce (indépendance reconnue en 1830) ; en France, les Trois Glorieuses (juillet 1830) renversent Charles X et installent la monarchie de Juillet ; la Belgique obtient son indépendance (1830-1831). Ces mouvements annoncent 1848.
Le « printemps des peuples » (1848) : une vague révolutionnaire embrase l'Europe (Paris, Vienne, Berlin, Milan, Budapest, États allemands et italiens). Elle combine revendications LIBÉRALES (constitutions, libertés) et NATIONALES (unité italienne et allemande, indépendances). Metternich tombe à Vienne. C'est le sommet de la diffusion des idées de 1789 en Europe.
Un échec immédiat mais une portée durable : dès 1849-1850, les monarchies reprennent le contrôle et écrasent les révolutions (Autriche en Hongrie et en Italie, Prusse refusant la couronne « offerte par le peuple »). Mais 1848 a IRRÉVERSIBLEMENT diffusé les idées nationales et libérales : les unifications de 1859-1871 en seront l'accomplissement par d'autres moyens (la guerre et la diplomatie, non plus la révolution populaire).

Vocabulaire

→ Cartes
  • principe des nationalitésIdée selon laquelle tout peuple partageant une langue, une culture et une histoire a le droit de se constituer en État souverain ; elle s'oppose frontalement à la logique dynastique retenue au congrès de Vienne.
  • légitimité (principe de)Règle appliquée à Vienne en 1814-1815 consistant à rétablir sur leur trône les dynasties renversées par la Révolution et l'Empire, sans consulter les populations dont on redessine les frontières.
  • libéralismeCourant politique qui réclame des libertés garanties par une constitution — presse, réunion, conscience —, la limitation du pouvoir du souverain et la responsabilité des gouvernants devant une assemblée élue.
  • romantismeMouvement artistique et littéraire du premier XIXe siècle qui exalte le sentiment, le passé national et la liberté des peuples, et fournit aux mouvements nationaux leurs images, leurs héros et leurs mythes.
  • printemps des peuplesNom donné à la vague révolutionnaire qui embrase l'Europe en 1848, de Paris à Budapest, et qui associe revendications libérales — constitutions, libertés — et revendications nationales — unité, indépendance.

1848 : une double aspiration, réprimée mais durable

1848 : diffusée, réprimée, durableGraphe, 1848 — Printemps des peuples → Aspirations libérales, 1848 — Printemps des peuples → Aspirations nationales, Aspirations libérales → Répression (1849-1850), Aspirations nationales → Répression (1849-1850), Répression (1849-1850) → Idée nationale → unifications 1859-711848 — Printempsdes peuplesAspirationslibéralesAspirationsnationalesRépression(1849-1850)Idée nationale →unifications1859-71
Fig. 31848 combine aspirations LIBÉRALES (constitutions, libertés) et NATIONALES (unités, indépendances) et embrase les capitales européennes. Réprimé dès 1849-1850, le mouvement échoue à court terme mais diffuse durablement l'idée nationale, qui triomphera par la guerre et la diplomatie en 1859-1871.
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Exemple corrigé

Composition (méthode) — En quoi l'Europe de 1815 prépare-t-elle les révolutions de 1848 ?

Sujet de composition : « L'ordre européen issu du congrès de Vienne (1814-1815) et la montée des aspirations libérales et nationales jusqu'en 1848. » Proposez une problématique et un plan détaillé en deux ou trois parties, en justifiant l'enchaînement des arguments.

  1. 01Analyser le sujet et problématiser

    Le sujet relie un ORDRE imposé (Vienne) et des FORCES qui le contestent (libéralisme, nationalités). Problématique possible : « Comment l'ordre conservateur de 1815, en ignorant les peuples, nourrit-il les aspirations libérales et nationales qui culminent en 1848 ? »

  2. 02Première partie — l'ordre de Vienne et ses principes

    On expose l'œuvre du congrès : restauration des dynasties (légitimité), équilibre des puissances, endiguement de la France, maintien du morcellement allemand et italien sous influence autrichienne, répression par la Sainte-Alliance et le système Metternich. Idée directrice : un ordre fondé sur les dynasties, pas sur les peuples.

  3. 03Deuxième partie — la montée des aspirations libérales et nationales

    On montre la diffusion du libéralisme (constitutions, libertés) et du principe des nationalités, portés par le romantisme. Les secousses de 1820-1830 (Grèce, Belgique, Trois Glorieuses de 1830) sont les premières fissures de l'ordre de Vienne.

  4. 04Troisième partie — 1848, l'embrasement et son bilan

    On présente le « printemps des peuples » : ampleur européenne, double dimension libérale et nationale, chute de Metternich, puis répression de 1849-1850. Bilan : échec immédiat mais diffusion irréversible de l'idée nationale, qui annonce les unifications. On conclut sur le passage de la révolution populaire à l'unification par la guerre et la diplomatie.

Résultat : Plan retenu : I. L'ordre de Vienne, un ordre des dynasties qui ignore les peuples (légitimité, équilibre, répression, morcellement). II. La montée des aspirations libérales et nationales portées par le romantisme (constitutions, principe des nationalités, secousses de 1820-1830). III. 1848, le printemps des peuples : un embrasement européen libéral et national, réprimé à court terme mais fondateur pour les unifications de 1859-1871. La problématique relie bien l'ordre imposé et les forces qui le minent.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Comparer une carte de l'Europe en 1815 (issue du congrès de Vienne) avec les aspirations des peuples : montrer que l'ordre de Vienne, fondé sur la légitimité et l'équilibre, IGNORE le principe des nationalités, ce qui explique les révolutions ultérieures.
  • Objectif Bac — Contextualiser et mettre en perspective le « printemps des peuples » de 1848 (point de passage) : caractériser sa double dimension (libérale et nationale), expliquer son ampleur européenne et analyser pourquoi il échoue à court terme tout en marquant durablement l'histoire de l'idée nationale.
  • Objectif Bac — Construire un croquis de l'Europe de 1815 : y placer la Confédération germanique et ses 39 États, l'Italie morcelée avec la Lombardie-Vénétie autrichienne, le royaume uni des Pays-Bas et la Pologne partagée. Sous chaque figuré, la légende doit nommer le principe appliqué — légitimité, équilibre, endiguement de la France.
  • Objectif Bac — Distinguer cause immédiate et causes profondes en février 1848 : l'interdiction du banquet du 22 février n'est que le détonateur ; les causes profondes sont la crise économique de 1846-1847, le refus obstiné d'élargir le suffrage censitaire et l'usure de la monarchie de Juillet. Un devoir qui s'arrête au détonateur n'explique rien.
  • Objectif Bac — Analyser une œuvre romantique pour ce qu'elle est, un document engagé : sur les Scènes des massacres de Scio de Delacroix (1824) ou sur La Liberté guidant le peuple (1830), identifier le parti pris, le public visé et l'effet recherché, puis dire ce que l'œuvre établit — l'existence d'un courant d'opinion — et ce qu'elle n'établit pas.

Erreurs fréquentes

  • Croire que le congrès de Vienne tient compte des peuples : au contraire, il les ignore (principe de légitimité dynastique et d'équilibre des puissances). C'est précisément ce déni qui nourrit les révolutions de 1830 et 1848.
  • Réduire 1848 à une révolution purement nationale OU purement sociale : c'est un mouvement à la fois LIBÉRAL, NATIONAL et, par endroits, SOCIAL (en France, ateliers nationaux, journées de Juin). Oublier l'une de ces dimensions appauvrit l'analyse.
  • Confondre le congrès de Vienne (1814-1815), qui redessine la carte, et la Sainte-Alliance (septembre 1815), pacte entre les souverains de Russie, de Prusse et d'Autriche destiné à garantir cet ordre. Le premier trace des frontières, la seconde organise la répression : ni le même acte, ni le même objet.
  • Parler de « l'Allemagne » et de « l'Italie » comme d'États en 1815 : ce sont alors des aires géographiques morcelées, 39 États pour la Confédération germanique, une péninsule divisée et en partie sous tutelle autrichienne pour l'Italie. L'anachronisme est ici une faute de fond, puisqu'il escamote ce que 1859-1871 devra précisément construire.
  • Traiter un tableau ou un texte romantique comme un témoignage factuel : une œuvre engagée construit une émotion pour convaincre. Sur Delacroix comme sur Mazzini, on attend l'analyse de l'intention et du destinataire, puis la portée et les limites — non le résumé de la scène représentée.

§ 02

Révision active

À l'aide d'une carte de l'Europe en 1815, expliquez en un paragraphe argumenté pourquoi l'ordre issu du congrès de Vienne porte en lui les germes des révolutions de 1848 : vous montrerez ce que le congrès cherche à restaurer, ce qu'il ignore (le principe des nationalités), et comment les peuples morcelés ou dominés réagissent.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

L'entrée de la France dans l'âge démocratique : Deuxième République et Second Empire#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

La France de 1848 à 1871 : régimes et âge démocratique

L'entrée de la France dans l'âge démocratiqueFrise chronologique de 1846 à 1872, 1848: IIᵉ Rép. · suffrage univ., 1851: Coup d'État (2 déc.), 1852: Second Empire, 1860: Empire libéral, 1870: Sedan → IIIᵉ République, 1848–1852: Deuxième République, 1852–1870: Second Empire18461872annéeDeuxièmeRépubliqueSecond Empire1848IIᵉ Rép. ·suffrage univ.1851Coup d'État (2déc.)1852Second Empire1860Empire libéral1870Sedan → IIIᵉRépublique
Fig. 4De 1848 à 1871 : la Deuxième République installe les fondements démocratiques (suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage), vite confisqués par le coup d'État de 1851 et le Second Empire (autoritaire puis libéral), avant la chute de 1870 et la Troisième République.

Points clés

La révolution de février 1848 et la Deuxième République : la monarchie de Juillet (Louis-Philippe) tombe en février 1848. La République est proclamée et prend des mesures FONDATRICES de l'âge démocratique : instauration du SUFFRAGE UNIVERSEL MASCULIN (mars 1848 — l'électorat passe d'environ 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs), abolition de l'ESCLAVAGE dans les colonies (décret du 27 avril 1848, porté par Victor Schœlcher), abolition de la peine de mort en matière politique, liberté de la presse et de réunion.
Les tensions sociales de 1848 : la Deuxième République est aussi traversée par la « question sociale ». Les ateliers nationaux (droit au travail) sont fermés ; les journées de Juin 1848 (insurrection ouvrière à Paris) sont durement réprimées. La République sort affaiblie et divisée de cet affrontement social.
De la République au coup d'État : Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu président au suffrage universel (décembre 1848). Le 2 décembre 1851, il réalise un COUP D'ÉTAT, puis rétablit l'Empire en 1852 (plébiscite) : il devient Napoléon III. La démocratie naissante est confisquée par un pouvoir autoritaire.
Le Second Empire (1852-1870), de l'Empire autoritaire à l'Empire libéral : d'abord AUTORITAIRE (pouvoir personnel, presse surveillée, élections encadrées par la « candidature officielle »), le régime s'assouplit dans les années 1860 (Empire « libéral » : libertés rendues au Corps législatif, droit de grève reconnu en 1864, libertés de presse et de réunion en 1868). Le suffrage universel masculin est conservé, mais encadré.
Une démocratie ambivalente : le Second Empire combine recours au PEUPLE (plébiscites, suffrage universel) et pouvoir AUTORITAIRE. Il illustre une tension durable de l'âge démocratique : la souveraineté du peuple peut être invoquée pour LÉGITIMER un pouvoir fort (« césarisme démocratique »). Cette ambivalence prépare, par contraste, l'enracinement ultérieur de la République.
La chute et le bilan : la défaite de Sedan (septembre 1870) face à la Prusse entraîne la chute de Napoléon III et la proclamation de la Troisième République. Sur le long terme, la période a IRRÉVERSIBLEMENT installé le suffrage universel masculin et l'idée que le pouvoir doit émaner du peuple — socle de la démocratie française.

Vocabulaire

→ Cartes
  • suffrage universel masculinDroit de vote reconnu à tous les hommes majeurs sans condition de fortune, instauré en France par le gouvernement provisoire en mars 1848 ; les femmes en restent exclues jusqu'en 1944.
  • plébisciteConsultation par laquelle un dirigeant fait approuver sa personne et sa politique par un oui ou un non, dans un cadre où le débat contradictoire est étroitement contrôlé ; instrument de légitimation du pouvoir personnel sous le Second Empire.
  • césarisme démocratiqueRégime autoritaire qui tire sa légitimité d'un appel direct au peuple — élection, plébiscite — tout en confisquant les libertés politiques et le contrôle des assemblées.
  • candidature officiellePratique du Second Empire par laquelle l'administration désigne et soutient ouvertement le candidat du régime lors des élections législatives, faussant la compétition au profit du pouvoir.
  • ateliers nationauxChantiers publics ouverts à Paris en février 1848 pour donner du travail aux chômeurs au nom du « droit au travail » ; leur fermeture en juin 1848 déclenche l'insurrection ouvrière des journées de Juin.
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Exemple corrigé

Analyse de document — le suffrage universel masculin de 1848

Le décret du 5 mars 1848 institue le suffrage universel direct : « Le suffrage sera direct et universel » (art. 5) ; « Sont électeurs tous les Français âgés de vingt et un ans, résidant dans la commune depuis six mois, et non judiciairement privés ou suspendus de l'exercice des droits civiques » (art. 6). Analysez la portée de cette mesure : en quoi marque-t-elle l'entrée dans l'âge démocratique, et quelles en sont les limites ?

  1. 01Présenter le document et le contexte

    Il s'agit d'un décret de la Deuxième République (mars 1848), pris quelques semaines après la révolution de février. Il rompt avec le suffrage CENSITAIRE de la monarchie de Juillet (réservé aux plus riches).

  2. 02Mesurer la portée démocratique

    Le suffrage devient UNIVERSEL (tous les hommes de 21 ans) et DIRECT : l'électorat passe d'environ 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs. C'est une transformation majeure : le pouvoir doit désormais émaner de l'ensemble des citoyens, et non plus d'une élite de propriétaires. La France entre dans l'âge démocratique.

  3. 03Identifier les limites

    Le suffrage est universel MASCULIN : les femmes en sont exclues (elles voteront en 1944). De plus, ce suffrage tout neuf servira aussi à élire Louis-Napoléon (décembre 1848) puis à légitimer son pouvoir par plébiscites après le coup d'État de 1851 : l'outil démocratique peut être détourné au profit d'un pouvoir autoritaire.

  4. 04Conclure sur la portée historique

    Malgré ses limites, le suffrage universel masculin est désormais IRRÉVERSIBLE en France : aucun régime ne reviendra durablement au cens. C'est un acquis fondateur de la démocratie française, même si son extension aux femmes attendra près d'un siècle.

Résultat : Le décret de mars 1848 fait entrer la France dans l'âge démocratique en remplaçant le suffrage censitaire par le suffrage universel masculin direct (de 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs). Sa portée est immense et irréversible, mais ses limites sont réelles : exclusion des femmes (jusqu'en 1944) et possibilité d'un usage plébiscitaire par un pouvoir autoritaire (Second Empire). La démocratie naissante est à la fois fondée et fragile.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Identifier les mesures de 1848 qui font entrer la France dans l'âge démocratique (suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage) et en mesurer la portée comme les limites (femmes exclues du vote, journées de Juin, confiscation par le coup d'État de 1851).
  • Objectif Bac — Analyser l'ambivalence du Second Empire : un régime à la fois autoritaire et appuyé sur le suffrage universel (plébiscites, candidature officielle), et son évolution de l'Empire autoritaire vers l'Empire libéral dans les années 1860.
  • Objectif Bac — Justifier la place du décret du 27 avril 1848 dans l'histoire de la démocratie française, et pas seulement dans celle des colonies : porté par Victor Schœlcher, il fait de l'ancien esclave un citoyen et ouvre aux vieilles colonies la représentation à l'Assemblée. C'est le lien entre abolition et citoyenneté qui est attendu.
  • Objectif Bac — Confronter deux documents sur un même suffrage : une image de la première élection au suffrage universel masculin (1848) et un document sur la candidature officielle du Second Empire. Le corps électoral est identique ; ce qui change est le cadre — presse surveillée, candidat désigné par l'administration. Le vote seul ne fait pas la démocratie.
  • Objectif Bac — Mettre en perspective la fragilité de la conquête démocratique : la loi du 31 mai 1850 retire le droit de vote à environ un tiers du corps électoral, et c'est Louis-Napoléon Bonaparte qui, après le coup d'État du 2 décembre 1851, se pose en restaurateur du suffrage universel. Savoir raconter ce retournement vaut mieux qu'aligner des dates.

Erreurs fréquentes

  • Croire que le suffrage universel de 1848 est VRAIMENT universel : il est universel MASCULIN ; les femmes restent exclues du droit de vote (elles ne l'obtiendront qu'en 1944). Le qualifier de « universel » sans préciser « masculin » est une erreur de précision sanctionnée.
  • Présenter le Second Empire comme une simple dictature niant toute démocratie : il s'appuie sur le suffrage universel masculin et les plébiscites (légitimation populaire) et se libéralise après 1860. C'est un régime AMBIVALENT, pas une pure tyrannie, ni une démocratie achevée.
  • Dater le Second Empire de 1851 : le 2 décembre 1851 est le coup d'État, l'Empire n'est rétabli qu'un an plus tard, le 2 décembre 1852, après plébiscite. Ne pas confondre non plus Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848, et Louis-Napoléon Bonaparte, président en 1848 puis empereur en 1852.
  • Traiter un plébiscite comme une élection libre : il pose une question de confiance à un homme, par oui ou par non, dans un cadre où la presse est surveillée et l'administration engagée. Un score massif n'y mesure pas l'adhésion sincère du pays ; le lire ainsi revient à prendre l'affirmation d'une source pour un fait établi.
  • Écrire que le suffrage universel masculin est acquis « définitivement » en mars 1848 : la loi du 31 mai 1850 en ampute le corps électoral, qui n'est rétabli qu'après le coup d'État de décembre 1851. L'âge démocratique s'installe par à-coups et par reculs, non d'un seul geste fondateur.

§ 03

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi l'année 1848 fait-elle entrer la France dans l'âge démocratique ? » Vous présenterez deux ou trois mesures fondatrices (en les datant), puis vous en nuancerez la portée (limites et fragilité de cette démocratie naissante jusqu'au coup d'État de 1851).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Industrialisation et transformations économiques et sociales en France#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-histoire-geographie

L'industrialisation : facteurs et conséquences

Causes, manifestations et conséquences de l'industrialisationGraphe, Techniques (charbon, vapeur, rail) → Industrialisation, Capitaux (banques, crédit) → Industrialisation, État (grands travaux) → Industrialisation, Industrialisation → Marché national unifié, Industrialisation → Urbanisation, Industrialisation → Question sociale (ouvriers, bourgeoisie)Techniques(charbon,vapeur, rail)Capitaux(banques,crédit)État (grandstravaux)IndustrialisationMarché nationalunifiéUrbanisationQuestion sociale(ouvriers,bourgeoisie)
Fig. 5L'industrialisation française combine facteurs techniques (charbon, vapeur, chemin de fer), financiers (banque, crédit) et politiques (État, grands travaux) ; elle transforme le territoire (marché unifié, villes) et la société (bourgeoisie d'affaires, classe ouvrière, question sociale).

Points clés

L'essor industriel sous le Second Empire : à partir du milieu du XIXe siècle, la France connaît une INDUSTRIALISATION marquée. Elle repose sur le charbon, la machine à vapeur, la sidérurgie et surtout le CHEMIN DE FER, dont le réseau est massivement construit sous le Second Empire (d'environ 3 000 km de voies en 1852 à environ 17 000 km en 1870), désenclavant les régions et unifiant le marché national.
Le rôle de l'État et du crédit : le Second Empire favorise l'industrialisation par de grands travaux (transformation de Paris par le préfet Haussmann), le libre-échange (traité de commerce franco-britannique de 1860) et l'essor de la BANQUE et du crédit (Crédit Lyonnais, Société générale, grands magasins), qui mobilisent l'épargne pour financer l'industrie et les transports.
L'urbanisation et les transformations sociales : l'industrialisation entraîne l'EXODE RURAL et la croissance des villes. Une nouvelle géographie sociale apparaît : la BOURGEOISIE d'affaires (industriels, banquiers, négociants) s'enrichit et domine, tandis que naît une CLASSE OUVRIÈRE concentrée dans les usines et les quartiers populaires, soumise à des conditions de travail et de logement difficiles.
L'émergence de la question sociale et du mouvement ouvrier : face à la misère ouvrière se développent des idées et des organisations nouvelles — socialisme, mutuelles, premières grèves. Le DROIT DE GRÈVE est reconnu en 1864 et la liberté de réunion en 1868. La « question sociale » (les conditions de vie du monde ouvrier) devient un enjeu politique majeur, qui pèsera sur toute la suite du siècle.
Une industrialisation à la française : plus PROGRESSIVE qu'au Royaume-Uni, elle laisse longtemps coexister une France encore largement rurale et paysanne avec les foyers industriels (Nord, Lorraine, région lyonnaise, bassin parisien). La société française reste donc, en 1870, une société de TRANSITION, entre tradition rurale et modernité industrielle.
Un changement de cadre de vie : chemin de fer, télégraphe, grands magasins, presse à grand tirage et expositions universelles (1855, 1867 à Paris) transforment les modes de vie, accélèrent la circulation des hommes, des marchandises et des idées, et donnent le sentiment d'entrer dans une ère nouvelle, celle du « progrès ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • question socialeEnsemble des problèmes posés par la condition ouvrière — salaires, durée du travail, logement, accidents, chômage — et des réponses politiques qu'elle appelle ; elle devient un enjeu national à partir de 1848.
  • exode ruralDépart durable des habitants des campagnes vers les villes, attirés par l'emploi industriel et les services ; il vide certaines régions rurales sans que la France cesse d'être majoritairement rurale au XIXe siècle.
  • prolétariatEnsemble des travailleurs qui ne possèdent que leur force de travail et vivent d'un salaire ; le terme, forgé au XIXe siècle, désigne la classe ouvrière née de la concentration industrielle.
  • libre-échangePolitique commerciale d'abaissement ou de suppression des droits de douane, adoptée par le Second Empire avec le traité franco-britannique de 1860, qui expose l'industrie française à la concurrence et la contraint à se moderniser.
  • haussmannisationTransformation de Paris conduite à partir de 1853 par le préfet Haussmann — percées de grands boulevards, immeubles alignés, égouts, parcs — qui modernise la capitale, stimule le bâtiment et repousse les populations pauvres vers la périphérie.
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Exemple corrigé

Paragraphe argumenté — le chemin de fer, moteur et symbole de l'industrialisation

« Le chemin de fer, moteur de l'industrialisation et de la transformation de la France au XIXe siècle. » Rédigez un paragraphe argumenté qui montre les effets économiques, territoriaux et sociaux du chemin de fer.

  1. 01Annoncer l'idée directrice

    Le chemin de fer est à la fois un produit et un moteur de l'industrialisation française : il stimule l'industrie, recompose le territoire et accompagne les transformations sociales. On l'illustre par des faits précis.

  2. 02Effets économiques

    La construction des voies (d'environ 3 000 km en 1852 à environ 17 000 km en 1870) dope la sidérurgie, l'extraction du charbon et la mécanique. Elle mobilise le crédit et la banque (financement des compagnies) et s'appuie sur l'État (grands travaux, concessions). Le chemin de fer unifie le marché national en abaissant les coûts et les délais de transport.

  3. 03Effets territoriaux

    En reliant les régions à Paris et aux ports, il DÉSENCLAVE les territoires, accélère l'urbanisation et favorise la circulation des hommes, des marchandises et des idées. La transformation de Paris par Haussmann s'inscrit dans cette logique de modernisation.

  4. 04Effets sociaux et conclusion

    Le chemin de fer concentre une main-d'œuvre ouvrière, accélère l'exode rural et nourrit la croissance de la bourgeoisie d'affaires comme de la classe ouvrière — donc la « question sociale ». Conclusion : le rail est l'emblème d'une France qui entre, progressivement, dans l'âge industriel.

Résultat : Paragraphe attendu : le chemin de fer stimule l'industrie (sidérurgie, charbon), mobilise crédit et État, et unifie le marché national (économie) ; il désenclave le territoire et accélère l'urbanisation (territoire) ; il concentre la main-d'œuvre et amplifie l'essor de la bourgeoisie comme de la classe ouvrière, nourrissant la question sociale (société). Le rail est donc à la fois moteur et symbole de l'industrialisation française du Second Empire.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Décrire les principaux facteurs et manifestations de l'industrialisation de la France au XIXe siècle (charbon et vapeur, chemin de fer, banque et crédit, grands travaux) et expliquer ses effets sur le territoire (unification du marché, urbanisation).
  • Objectif Bac — Analyser les transformations sociales liées à l'industrialisation : essor de la bourgeoisie d'affaires, naissance de la classe ouvrière et émergence de la « question sociale » (conditions de travail, premières conquêtes comme le droit de grève en 1864).
  • Objectif Bac — Analyser une série statistique au lieu de la réciter : sur une courbe du réseau ferré ou de la population urbaine, dégager d'abord les phases, ensuite les ruptures, enfin les causes — loi de 1842 et réseau rayonnant depuis Paris, capitaux bancaires, commandes de l'État. Un chiffre commenté vaut mieux que dix chiffres recopiés.
  • Objectif Bac — Construire un croquis de la France industrielle du Second Empire : localiser les foyers (Nord, Lorraine, région lyonnaise, bassin parisien), les bassins houillers et le réseau ferré en étoile. La légende doit être organisée en rubriques — ressources, industries, circulation — et jamais présentée en liste.
  • Objectif Bac — Confronter la vitrine et l'atelier : une gravure d'Exposition universelle (Paris, 1855 puis 1867) célèbre le progrès, un témoignage sur les conditions ouvrières le dément. Confronter les deux documents, c'est montrer qu'un même mouvement produit la richesse et la question sociale.

Erreurs fréquentes

  • Penser que la France s'industrialise aussi vite et aussi massivement que le Royaume-Uni : l'industrialisation française est plus PROGRESSIVE, et la France reste largement rurale jusqu'à la fin du XIXe siècle. Surestimer la rupture est une erreur fréquente.
  • Réduire l'industrialisation à une histoire purement technique (machines, usines) en oubliant ses conséquences SOCIALES (bourgeoisie, classe ouvrière, question sociale, mouvement ouvrier), qui sont précisément ce que le programme demande d'analyser.
  • Confondre droit de grève et liberté syndicale : la loi de 1864 supprime le délit de coalition et autorise la grève, mais les syndicats ne deviennent légaux qu'avec la loi Waldeck-Rousseau de 1884. Écrire « les syndicats sont autorisés en 1864 » est un anachronisme de vingt ans.
  • Déduire de l'exode rural que la France est devenue urbaine : le mouvement est réel et continu, mais la population urbaine ne dépasse la population rurale qu'au recensement de 1931. Sous le Second Empire, la France industrielle est un archipel dans un pays de campagnes.
  • Recopier un tableau ou une courbe au lieu de l'analyser : écrire que le réseau passe d'environ 3 000 km en 1852 à environ 17 000 km en 1870, c'est lire le document, pas l'exploiter. On attend l'étape suivante — quel rythme, quelles causes (État, crédit, technique), quels effets (marché national unifié, exode rural, désenclavement des campagnes).

§ 04

Révision active

À partir de l'exemple du chemin de fer, rédigez un paragraphe montrant comment l'industrialisation transforme la France du Second Empire sur le plan économique, territorial et social (vous mentionnerez le rôle de l'État et du crédit, l'unification du marché et l'urbanisation, ainsi que les transformations de la société : bourgeoisie, classe ouvrière, question sociale).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

La construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie (1848-1871)#

~9 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-histoire-geographie

Deux unifications « par le haut » : Italie et Allemagne

Cavour et Bismarck : réaliser la nation par la forceTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Unité italienne · Unité allemande; Artisan · Cavour (Piémont) · Bismarck (Prusse); Acteurs · Garibaldi ; France (1859) · Armée prussienne; Méthode · « Par le haut » : guerre + diplomatie · « Par le haut » : guerre + diplomatie; Guerres · 1859, 1860, 1866 · 1864, 1866, 1870-1871; Achèvement · 1870 : Rome capitale · 1871 : Empire allemand (Versailles), cellule mise en évidence : 1871 : Empire allemand (Versailles)Unité italienneUnité allemandeArtisanCavour (Piémont)Bismarck (Prusse)ActeursGaribaldi ; France (1859)Armée prussienneMéthode« Par le haut » : guerre +diplomatie« Par le haut » : guerre +diplomatieGuerres1859, 1860, 18661864, 1866, 1870-1871Achèvement1870 : Rome capitale1871 : Empire allemand(Versailles)
Fig. 6Après l'échec de 1848, les unités se réalisent « par le haut » : le Piémont de Cavour (avec Garibaldi) et la Prusse de Bismarck les construisent par la guerre et la diplomatie. L'année 1870-1871 (guerre franco-prussienne, Sedan) est le pivot commun : proclamation de l'Empire allemand et achèvement de l'unité italienne.

Points clés

Un changement de méthode après 1848 : l'échec des révolutions populaires de 1848 fait passer la réalisation des unités nationales d'une logique de RÉVOLUTION par le bas à une logique d'unification par le HAUT — menée par des États (Piémont-Sardaigne, Prusse) au moyen de la GUERRE et de la DIPLOMATIE, et non plus par le seul soulèvement des peuples. C'est l'idée centrale du point de passage « l'unité allemande / italienne ».
L'unité italienne (le Risorgimento) : conduite par le royaume de PIÉMONT-SARDAIGNE et son ministre CAVOUR, par alliance diplomatique avec la France de Napoléon III (campagne de 1859 contre l'Autriche : Magenta, Solférino) et avec l'appui populaire de GARIBALDI et de ses « Mille » (conquête du Sud, 1860). Le royaume d'Italie est proclamé en 1861 (Victor-Emmanuel II roi). Rome ne devient capitale qu'en 1870 : l'unité italienne s'ACHÈVE en 1870-1871.
L'unité allemande : menée par la PRUSSE et son chancelier BISMARCK, par la politique du « fer et du sang » — trois guerres successives : contre le Danemark (1864), contre l'Autriche (1866, qui exclut l'Autriche de l'Allemagne), puis contre la France (1870). La victoire de 1870-1871 permet la proclamation de l'EMPIRE ALLEMAND dans la galerie des Glaces de Versailles (18 janvier 1871), Guillaume Ier devenant empereur, Bismarck chancelier.
Le rôle pivot de la France et de 1870-1871 : la guerre franco-prussienne (déclarée en juillet 1870) est le détonateur commun. La défaite française de SEDAN (septembre 1870) entraîne à la fois la chute du Second Empire et la naissance de la Troisième République en France, le PARACHÈVEMENT de l'unité italienne (les troupes françaises quittent Rome, qui devient capitale de l'Italie en 1870) et la PROCLAMATION de l'Empire allemand (1871). La France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine (traité de Francfort, 1871).
Deux conceptions de la nation : l'aboutissement de la période révèle deux modèles. La nation « élective » à la française (la nation comme adhésion volontaire de citoyens, un « plébiscite de tous les jours » selon Ernest Renan, 1882) s'oppose à la nation « culturelle » à l'allemande (la nation définie par la langue, la culture et l'histoire communes, théorisée par les romantiques). Cette opposition, cristallisée par la question de l'Alsace-Lorraine, structure durablement l'Europe.
Une Europe transformée : en 1871, la carte de l'Europe a profondément changé par rapport à 1815. Deux grands États-nations sont nés (Italie, Allemagne), l'équilibre de Vienne est rompu, et l'Empire allemand devient la première puissance continentale. L'idée nationale, née en 1789 et diffusée par 1848, a triomphé — mais par la guerre et la diplomatie, et en portant désormais en germe de nouvelles rivalités (revanche française, tensions européennes).

Vocabulaire

→ Cartes
  • RisorgimentoMouvement politique, culturel et militaire de « résurrection » de la nation italienne qui aboutit, entre 1859 et 1870, à l'unification de la péninsule sous la conduite du royaume de Piémont-Sardaigne.
  • unification par le hautRéalisation de l'unité nationale conduite par un État et ses dirigeants au moyen de la guerre et de la diplomatie, et non par le soulèvement des peuples comme l'avaient tenté les révolutionnaires de 1848.
  • État-nationÉtat dont les frontières politiques prétendent coïncider avec l'aire d'un peuple partageant une conscience nationale, et qui puise dans cette correspondance sa légitimité.
  • nation culturelleConception qui définit l'appartenance nationale par des critères hérités — langue, culture, histoire, parfois ascendance — indépendamment de la volonté des individus ; elle sert à justifier l'annexion de l'Alsace-Moselle en 1871.
  • esprit de revancheCourant d'opinion né en France après le traité de Francfort de 1871, qui fait de la reconquête de l'Alsace et de la Moselle annexées un objectif national et nourrit le nationalisme des décennies suivantes.

De l'ordre de Vienne (1815) à l'ordre des nations (1871)

1815 → 1871 : la carte de l'Europe basculeGraphe, Ordre de Vienne (1815) : équilibre → Allemagne & Italie morcelées, Allemagne & Italie morcelées → Unifications 1859-1871, Unifications 1859-1871 → Ordre des nations (1871), Ordre des nations (1871) → Alsace-Lorraine perdue → rivalitésOrdre de Vienne(1815) :équilibreAllemagne &Italie morceléesUnifications1859-1871Ordre desnations (1871)Alsace-Lorraineperdue →rivalités
Fig. 7En une cinquantaine d'années, la carte de l'Europe bascule : l'Allemagne et l'Italie morcelées de 1815 deviennent en 1871 deux grands États-nations unifiés. L'équilibre de Vienne est rompu, l'idée nationale a triomphé — mais la perte de l'Alsace-Lorraine par la France porte en germe de nouvelles rivalités.
Exemple corrigé

Composition (méthode) — Réaliser l'idée nationale : 1848 contre 1859-1871

Sujet de composition : « En quoi les unités italienne et allemande (1859-1871) accomplissent-elles, par d'autres moyens, l'idée nationale née de la Révolution et diffusée en 1848 ? » Proposez une problématique et un plan détaillé, en mobilisant des exemples précis.

  1. 01Problématiser le sujet

    Le sujet relie une CONTINUITÉ (l'idée nationale héritée de 1789 et 1848) et une RUPTURE de méthode (la révolution populaire échoue, l'unification se fait par la guerre et la diplomatie). Problématique : « Comment l'idée nationale, née en 1789 et portée par les peuples en 1848, finit-elle par triompher non par la révolution mais par la guerre et la diplomatie des États ? »

  2. 02Première partie — l'héritage : une idée nationale diffusée mais inaccomplie en 1848

    On rappelle la naissance de l'idée nationale (1789, souveraineté de la nation) et sa diffusion en 1848 (printemps des peuples, aspirations à l'unité italienne et allemande), puis son ÉCHEC immédiat (répression de 1849-1850). L'idée est mûre, mais la méthode révolutionnaire a montré ses limites.

  3. 03Deuxième partie — une nouvelle méthode : la guerre et la diplomatie

    On montre l'unification « par le haut » : en Italie, Cavour (diplomatie, alliance française, guerre de 1859) et Garibaldi (conquête du Sud, 1860) ; en Allemagne, Bismarck et le « fer et le sang » (guerres de 1864, 1866, 1870). Ce ne sont plus les peuples insurgés mais des États (Piémont, Prusse) qui réalisent l'unité.

  4. 04Troisième partie — l'aboutissement et la nouvelle carte européenne (1870-1871)

    On présente l'année pivot : guerre franco-prussienne, Sedan, proclamation de l'Empire allemand à Versailles (1871), achèvement de l'unité italienne (Rome capitale, 1870), chute du Second Empire et Troisième République en France. On conclut sur une Europe transformée et sur les deux conceptions de la nation (élective à la française, culturelle à l'allemande), cristallisées par l'Alsace-Lorraine.

Résultat : Plan retenu : I. Une idée nationale héritée de 1789 et diffusée en 1848, mais inaccomplie (échec de la révolution populaire). II. Une nouvelle méthode d'unification « par le haut » : la guerre et la diplomatie des États (Cavour et Garibaldi en Italie, Bismarck en Allemagne). III. L'aboutissement de 1870-1871 et une Europe transformée (Empire allemand, Italie unie, France amputée de l'Alsace-Lorraine), révélant deux conceptions de la nation. La problématique articule bien continuité de l'idée et rupture de la méthode.

Explication pas à pas5 étapes
  1. 1

    En 1848, le printemps des peuples avait fait rêver d'une Italie et d'une Allemagne unies. Mais partout, les monarchies ont écrasé la révolution. L'idée nationale était mûre — la méthode, elle, avait échoué.

    1848 : une idée nationale diffusée mais réprimée

    1848 : diffusée mais répriméeGraphe, Révolutions de 1848 → Diffusion de l'idée nationale, Révolutions de 1848 → Répression (1849-1850)Révolutions de1848Diffusion del'idée nationaleRépression(1849-1850)
    Fig.L'idée nationale de 1848 est diffusée mais réprimée : la révolution populaire échoue.
  2. 2

    Alors la méthode change. Ce ne sont plus les peuples insurgés, mais des États qui prennent les choses en main : le Piémont en Italie, la Prusse en Allemagne. Leur arme : la guerre et la diplomatie.

  3. 3

    En Italie, Cavour s'allie à la France et bat l'Autriche en 1859, pendant que Garibaldi conquiert le Sud. Le royaume d'Italie naît en 1861.

  4. 4

    En Allemagne, Bismarck mène trois guerres — contre le Danemark, l'Autriche, puis la France — selon sa politique du « fer et du sang ».

  5. 5

    Tout bascule en 1870-1871. La défaite française de Sedan fait tomber le Second Empire, libère Rome qui devient capitale de l'Italie, et permet la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces de Versailles. L'Europe des nations est née.

    1870-1871 : l'année pivot

    1870-1871 : l'année pivotFrise chronologique de 1869 à 1872, 1870: Guerre fr.-prussienne, 1870.7: Sedan + Rome, 1871.05: Empire allemand18691872année1870Guerrefr.-prussienne1870.7Sedan + Rome1871.05Empire allemand
    Fig.1870-1871 : la guerre franco-prussienne et Sedan font basculer l'Europe — chute du Second Empire, unité italienne achevée, Empire allemand proclamé.

Objectif Bac

  • Objectif Bac — Contextualiser et mettre en perspective les unités italienne et allemande (point de passage) : montrer qu'elles se réalisent « par le haut », par la guerre et la diplomatie (Cavour, Garibaldi ; Bismarck, le « fer et le sang »), et non plus par la révolution populaire de 1848.
  • Objectif Bac — Expliquer le rôle pivot de l'année 1870-1871 (guerre franco-prussienne, Sedan, proclamation de l'Empire allemand, achèvement de l'unité italienne, chute du Second Empire) et comparer une carte de l'Europe en 1815 et en 1871 pour mesurer la victoire de l'idée nationale.
  • Objectif Bac — Bâtir un plan comparatif plutôt que deux récits juxtaposés : traiter l'Italie et l'Allemagne selon des critères communs — l'État moteur, l'homme d'État, la place de la guerre, l'appui ou l'absence d'appui populaire, le rôle de la France — et faire dialoguer les deux cas dans chaque partie. Deux monographies collées ne composent pas.
  • Objectif Bac — Analyser une image du pouvoir : la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871. Interroger le lieu choisi — le château de Louis XIV, en territoire occupé —, les absents autant que les présents, l'intention, puis marquer les limites d'une image de commande qui met en scène une unité plus lisse qu'elle ne le fut.
  • Objectif Bac — Mettre en perspective deux conceptions de la nation : la nation élective, que Renan résume en 1882 par « un plébiscite de tous les jours », et la nation culturelle, fondée sur la langue et l'histoire communes. Rappeler que Renan écrit onze ans après l'annexion de l'Alsace-Moselle et contre elle : ce texte est une prise de position, non une définition neutre.

Erreurs fréquentes

  • Croire que les unités italienne et allemande sont l'œuvre des révolutions de 1848 : ces révolutions ont ÉCHOUÉ. Les unifications se font ensuite « par le haut », par des États (Piémont, Prusse) au moyen de la guerre et de la diplomatie. Confondre les deux moments est l'erreur la plus pénalisée du chapitre.
  • Confondre Cavour et Garibaldi (le premier est le stratège diplomatique du Piémont, le second le chef militaire populaire de la conquête du Sud) ou attribuer l'unité allemande à l'Autriche : c'est la PRUSSE de Bismarck qui l'unifie, en EXCLUANT précisément l'Autriche en 1866.
  • Faire de Rome la capitale de l'Italie dès 1861 : le royaume est proclamé en 1861 avec Turin pour capitale, Florence lui succède en 1865, et Rome n'est prise que le 20 septembre 1870, une fois la garnison française rappelée par la guerre contre la Prusse. L'unité italienne se compte en étapes, pas en un millésime.
  • Donner à Bismarck un titre qu'il n'a pas encore : il est ministre-président de Prusse à partir de 1862, chancelier seulement à partir de 1867, puis chancelier de l'Empire en 1871. Même exigence pour « l'Autriche-Hongrie », qui n'existe qu'à partir du compromis de 1867 : avant, on écrit « Autriche » ou « empire d'Autriche ».
  • Prendre la dépêche d'Ems pour un compte rendu neutre : le texte publié en juillet 1870 est une version abrégée par Bismarck d'un télégramme, resserrée pour paraître humiliante et provoquer la déclaration de guerre française. C'est le cas d'école du document dont l'auteur, la date et l'intention commandent le sens ; l'analyser sans cela, c'est servir son auteur.

§ 05

Révision active

Rédigez une réponse argumentée à la question : « En quoi les unités italienne et allemande illustrent-elles une nouvelle manière de réaliser l'idée nationale après l'échec de 1848 ? » Vous comparerez la méthode de 1848 (révolution populaire) et celle de 1859-1871 (guerre et diplomatie menées par un État), en vous appuyant sur des exemples précis (Cavour, Garibaldi, Bismarck, 1870-1871).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation (1789-1815)○
    • 02L'Europe entre restauration et révolution (1814-1848) et le printemps des peuples◐
    • 03L'entrée de la France dans l'âge démocratique : Deuxième République et Second Empire◐
    • 04Industrialisation et transformations économiques et sociales en France◐
    • 05La construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie (1848-1871)●

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Des fiches à l'entraînement

L'Europe entre révolutions et nationalités (1789-1871)

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie de première générale — annexe 2 de l’arrêté du 17-1-2019

Voir aussi

  • La Troisième République et l'empire colonialOù aboutit le combat républicain commencé en 1789 : le régime qui s'enracine enfin après 1870.
  • La Première Guerre mondiale et la fin des empiresLe principe des nationalités forgé au XIXᵉ siècle mène aux tensions qui font éclater l'Europe en 1914.
  • Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)Ce que devient le nationalisme européen une fois porté à son extrême dans les années 1930.

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