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Thème 6 de terminale (26-28 heures) : comprendre les conditions nationales et internationales dans lesquelles se construit la connaissance, en particulier scientifique, et expliquer comment les États en favorisent ou en contrôlent la production et la diffusion, entre coopérations et conflits — de l’alphabétisation des femmes et de la communauté savante de la radioactivité au renseignement de la guerre froide, aux transferts de technologie indiens et au cyberespace.
5 sections~68 min de lecture6 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Fixez d’abord les distinctions (donnée, information, savoir, connaissance) et une quinzaine de repères sûrs : Drucker et la « société de la connaissance » (1969) ; l’alphabétisation des femmes du XVIᵉ siècle à nos jours (lois Guizot 1836, Falloux 1850, Camille Sée 1880, Ferry 1881-1882 ; Japon 1870, URSS 1919, Turquie 1928 ; Unesco 1946) ; la radioactivité de Becquerel (1896) aux Nobel des Curie (physique 1903, chimie 1911), à la radioactivité artificielle (1934), à la fission (1938-1939) et au projet Manhattan (1942) ; le renseignement de la guerre froide (CIA 1947, NSA 1952, KGB 1954, crise de Cuba 1962, affaire Farewell 1981-1985) ; l’Inde (premiers IIT à partir de 1951, IIT de Kanpur 1960-1963, « Make in India » 2014) ; le cyberespace (Arpanet 1969, ouverture au public 1993, Estonie 2007, Stuxnet 2010) et la cyberdéfense française (ANSSI 2009, COMCYBER 2017, VIGINUM 2021).
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, faites du paradoxe le fil d’Ariane de toute copie : encourager la production et la diffusion d’un savoir assoit la puissance d’un État, son développement et son rayonnement, mais l’expose à en être dépossédé. Ce paradoxe se décline dans les trois parties du thème — une communauté savante ne valide que ce qu’elle publie, un service de renseignement ne capte que ce qui circule, un État ne protège dans le cyberespace qu’une fraction de ce qu’il utilise. Sachez aussi discuter les notions plutôt que les appliquer : la « société de la connaissance » est critiquée pour son optimisme et sa sous-estimation des inégalités, et la « souveraineté numérique » est souvent remplacée, par les acteurs publics eux-mêmes, par la notion plus opérante d’autonomie stratégique.
Profondeur de lecture : Approfondi
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5 sections25 points clés0 formule25 pièges signalés
De la donnée à la connaissance
Les acteurs et les modalités de la circulation
Vocabulaire
→ CartesÉtude critique. Document : extrait d’un manuel scolaire, présentation rédigée par les auteurs, 2020. « Nous vivons désormais dans une société de la connaissance : le savoir a remplacé la terre, le travail et le capital comme ressource principale. Chacun peut aujourd’hui accéder à l’ensemble des savoirs disponibles, où qu’il se trouve, grâce au numérique. » Consigne : à partir du document et de vos connaissances, montrez ce que cette présentation doit à une notion précise et ce qu’elle laisse dans l’ombre.
Il s’agit d’un texte pédagogique de synthèse, écrit par des auteurs de manuel en 2020, destiné à des élèves. Sa nature engage sa lecture : un manuel simplifie pour transmettre, ce qui est légitime, mais expose au risque de présenter une notion discutée comme un constat.
La formule « société de la connaissance » vient de Peter Drucker, The Age of Discontinuity (1969), pour qui la connaissance — la capacité à mettre en œuvre de l’information — devient la principale ressource du développement économique. Le document en reprend l’idée maîtresse, jusqu’à la formule « a remplacé la terre, le travail et le capital ».
Le texte opère deux déplacements. Il transforme une notion, portée par un auteur puis par des institutions (Unesco, Union européenne, Conseil européen de Lisbonne de mars 2000), en description objective du présent. Et il confond accéder à des informations et disposer d’une connaissance : la connaissance suppose validation, structuration et capacité réflexive.
La notion est critiquée pour son optimisme, pour sa faible prise en compte des inégalités et des conflits sociaux, et pour la surestimation du caractère post-industriel de l’économie. Le « chacun peut accéder » du document est démenti par la fracture numérique, par les inégalités d’alphabétisation et par la barrière de la langue, mais aussi par l’accès payant à une partie des publications scientifiques.
La réponse dit ce que le document apporte — un repérage juste du rôle moteur de la connaissance — et ce qu’il masque : le caractère construit et contesté de la notion, et l’inégalité de l’accès qui fait précisément de la connaissance un enjeu politique.
Résultat : Le document reprend fidèlement la thèse de Drucker (1969) mais la présente comme un fait établi et comme un accès universel ; l’étude critique consiste à restituer la notion à son auteur et à ses débats, puis à opposer au « chacun peut accéder » les inégalités d’alphabétisation, de langue et d’accès numérique qui font de la connaissance un enjeu de pouvoir.
L’idée la plus difficile du thème n’est pas une définition : c’est un paradoxe. Un État a intérêt à ce que la connaissance se produise et circule — et intérêt à ce qu’elle ne circule pas trop.
Premier versant : diffuser rend puissant. Un pays qui alphabétise sa population augmente le nombre de gens capables de produire, de recevoir et de diffuser du savoir. C’est le raisonnement de l’axe 1.
Second versant : diffuser expose. Ce qui circule peut être capté. Le renseignement de la guerre froide, les transferts de technologie négociés par l’Inde : dans les deux cas, le savoir qui sort d’un laboratoire ne revient pas.
Le paradoxe se résout par une distinction pratique : les États ne choisissent pas entre diffuser et retenir, ils trient. Ils diffusent l’alphabétisation et la vulgarisation, et classifient la recherche militaire.
Retenez la formule à réutiliser dans toute dissertation du thème : la connaissance n’est un enjeu de pouvoir que parce qu’elle doit circuler pour exister — sans circulation, pas de savoir validé ; avec circulation, plus de monopole.
Erreurs fréquentes
Révision active
Construisez un croquis de synthèse, avec sa légende organisée en trois parties (produire · diffuser · contrôler), qui présente les acteurs de la circulation de la connaissance et les inégalités d’accès. Placez dans chaque partie au moins deux acteurs et une modalité concrète (école, revue, congrès, accès ouvert, plateforme, brevet, censure), puis rédigez sous le croquis les trois phrases de légende qui en font une réponse à la question : pourquoi la connaissance est-elle un enjeu politique ?
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 6 « L’enjeu de la connaissance » (janvier 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Conseil européen de Lisbonne, 23 et 24 mars 2000 — conclusions de la présidence (Parlement européen)
Alphabétisation des adultes dans le monde, femmes et hommes
La radioactivité, d’une science neuve à l’ère nucléaire
Vocabulaire
→ CartesTraitez le sujet de dissertation suivant : « Dans quelle mesure les recherches sur la radioactivité, de 1896 aux années 1950, illustrent-elles à la fois la coopération et la rivalité au sein d’une communauté scientifique internationale ? » Rédigez l’introduction et proposez un plan détaillé.
Les bornes sont données par le programme et doivent être justifiées, non subies : 1896 est la découverte de Becquerel, les années 1950 l’engagement de plusieurs savants pour le contrôle international des armes atomiques. « Communauté scientifique » renvoie à la définition héritée de Merton : un collectif professionnalisé qui discute, vérifie et valide. « Coopération » et « rivalité » ne s’opposent pas terme à terme : ce sont deux régimes d’un même réseau.
On peut poser : comment un champ de recherche neuf, fondé sur l’échange international d’articles, de personnes et d’échantillons, est-il devenu en un demi-siècle un enjeu de puissance placé sous la tutelle des États ? La réponse suivra la chronologie plutôt qu’un plan thématique, parce que c’est le basculement lui-même qu’il faut expliquer.
Quelques dizaines de chercheurs, quelques villes et quatre laboratoires majeurs — Institut du radium à Paris, Cavendish à Cambridge, Institut für Radiumforschung à Vienne, institut Kaiser Wilhelm de chimie à Berlin. Correspondances, congrès réguliers à partir de 1910, échanges d’échantillons depuis la mine de Saint-Joachimsthal. La reconnaissance passe par la communauté internationale : Nobel de physique 1903, de chimie 1911. Ce champ neuf ouvre aussi des carrières à des femmes — Gleditsch, Meitner, Karlik, les 45 chercheuses formées par Marie Curie entre 1906 et 1934.
L’équipement se renchérit : accélérateurs, instruments lourds. La découverte du neutron puis celle de la radioactivité artificielle par les Joliot-Curie en 1934 prennent l’allure de courses de vitesse entre équipes allemandes, britanniques et françaises. La coopération n’a pas disparu — les publications continuent de circuler — mais l’antériorité devient un enjeu.
La fission observée fin 1938 et la réaction en chaîne établie en 1939 changent la nature de l’objet. Le projet Manhattan, lancé en 1942, est le premier grand programme scientifique et technologique et inaugure les politiques scientifiques ; Hiroshima et Nagasaki imposent la puissance de la physique à toutes les sociétés. La communauté se déplace d’Europe vers les États-Unis, et une partie de ses membres passe de la recherche à l’engagement politique pour le contrôle international des armes.
Coopération et rivalité n’ont jamais été successives mais simultanées ; ce qui change, c’est l’acteur qui arbitre. Jusqu’en 1938 c’est la communauté elle-même, par la publication et la validation entre pairs ; après, c’est l’État, par le secret et le financement. La reconnaissance en porte la trace : le Nobel de chimie 1944 à Otto Hahn seul laisse Lise Meitner de côté, ce que Margaret W. Rossiter appellera en 1993 l’« effet Matilda ».
Résultat : Le sujet appelle un plan chronologique justifié : un réseau coopératif restreint (1896-1914), une compétition croissante entre laboratoires équipés (1918-1938), puis la reprise en main par les États à partir de la fission (1938-années 1950). La démonstration montre que la rivalité n’a pas remplacé la coopération : elle a changé d’arbitre, en passant de la validation par les pairs au secret d’État.
Erreurs fréquentes
Révision active
Comparez deux échelles, sans rédiger. Mettez face à face, en deux colonnes, l’alphabétisation des femmes à l’échelle d’un État — la France, de la loi Guizot de 1836 aux lois Ferry de 1881-1882 — et à l’échelle du monde, l’écart entre femmes et hommes de 1995 à 2024. Pour chaque colonne, nommez l’acteur décisif, la mesure ou l’indicateur qui atteste le changement, et la chose que cette échelle-là ne permet pas de voir. Concluez en une phrase : que perd-on à ne travailler que sur la France, et que perd-on à ne travailler que sur les moyennes mondiales ?
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Rappel actif
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Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 6 « L’enjeu de la connaissance » (janvier 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Le prix Nobel de physique 1903 — Henri Becquerel, Pierre Curie et Marie Curie (motivations officielles) (Nobel Prize Outreach — nobelprize.org) · Literacy — séries mondiales d’alphabétisation des adultes, femmes et hommes (Our World in Data (université d’Oxford))
Le renseignement de la guerre froide : institutions et affaires
L’Inde : de la formation au transfert de technologie
Vocabulaire
→ CartesÉtude critique. Document : extrait, reformulé, d’une note interne rédigée en 1957 par un responsable occidental du renseignement. « Les moyens techniques dont nous disposons désormais — écoutes, photographies aériennes, bientôt satellites — nous affranchiront de la source humaine, toujours coûteuse, lente et suspecte. Le temps de l’agent est passé ; celui de la machine commence. » Consigne : à partir du document et de vos connaissances, expliquez la conviction exprimée par son auteur, puis discutez-la.
Note interne, donc écrite pour convaincre une hiérarchie et engager des budgets, non pour informer un public. Elle date de 1957, année où les avions de reconnaissance U-2 entrent en service régulier et où le lancement de Spoutnik ouvre l’ère spatiale : le document est écrit au moment précis où la promesse technique paraît la plus crédible.
L’auteur oppose deux régimes de renseignement : le renseignement d’origine électromagnétique et l’imagerie d’un côté, le renseignement d’origine humaine de l’autre. Il annonce le remplacement du second par le premier, argument classique de l’époque, appuyé sur le coût croissant des matériels et sur la course technologique en matière de transmissions.
L’affirmation est démentie dès les années où elle est écrite. L’opération Gold, tunnel d’écoute creusé à Berlin depuis 1954 et exploité de 1955 à 1956, était connue des Soviétiques dès 1954 par un agent britannique : la source humaine a neutralisé le dispositif technique le plus sophistiqué de son temps. La suite le confirme : les transfuges de l’Est ont livré tout au long de la guerre froide des renseignements souvent plus importants que la surveillance aérienne ou les premiers systèmes d’écoute.
Le document n’est pas faux sur tout : le renseignement technique fournit bien la part majeure du volume, et la crise de Cuba en octobre 1962 est éclairée par les U-2 et par le programme satellitaire Corona, opérationnel depuis 1960. L’erreur est de poser un remplacement là où s’installe une complémentarité — chaque source servant aussi à valider l’autre.
La note dit surtout quelque chose de son auteur et de son institution : elle plaide pour un budget et pour une conception du métier. C’est la limite propre au genre — un document interne argumente. Son intérêt est ailleurs : il enregistre le moment où les États font de la maîtrise technologique elle-même un objet de rivalité, ce qui est le cœur de l’axe.
Résultat : Le document exprime la conviction, datée de 1957, que la technique va rendre l’agent inutile ; l’étude critique la restitue, la confronte à l’opération Gold et aux transfuges qui l’ont démentie, puis la nuance en montrant que renseignement humain et renseignement technique se sont révélés complémentaires — et qu’une note interne plaide toujours autant qu’elle décrit.
Erreurs fréquentes
Révision active
Problématisez, sans rédiger. Voici trois sujets de dissertation possibles sur le jalon indien : « La connaissance, moteur de l’émergence indienne ? » ; « Former ailleurs, produire chez soi : l’Inde et la circulation des savoirs » ; « Les transferts de technologie font-ils la puissance ? ». Pour chacun, écrivez en deux lignes la tension que le sujet contient et la problématique que vous poseriez, puis nommez le jalon ou le chiffre qui servirait de preuve centrale. Terminez en désignant celui des trois qui est le plus difficile à traiter, et en disant pourquoi.
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Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 6 « L’enjeu de la connaissance » (janvier 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Aurélie Varrel et Hortense Rouanet, « De Bangalore à Whitefield : trajectoire et paysages d’une région urbaine en Inde » (2015) (Géoconfluences — ENS de Lyon)
Les trois couches du cyberespace et leurs attaques
La cyberdéfense française : qui fait quoi
Vocabulaire
→ CartesTraitez le sujet de dissertation suivant : « Le cyberespace, un espace sans frontières ? » Rédigez l’introduction et proposez un plan détaillé. Le sujet appelle une réponse nuancée : la forme interrogative invite à discuter une affirmation, non à la valider.
Le sujet ne demande pas de décrire le cyberespace mais de discuter une thèse — celle de son affranchissement des territoires. La formule « sans frontières » vient de l’histoire même de l’objet : la déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow, en 1996, affirmait qu’il n’était borné par aucune frontière étatique. Le sujet vous invite donc à confronter une promesse fondatrice à trente ans de pratiques.
On peut poser : dans quelle mesure un espace conçu comme un réseau ouvert et sans frontières s’est-il retrouvé structuré par des territoires, des rapports de force et des tentatives de contrôle ? La réponse ne sera ni oui ni non, mais une chronologie et une hiérarchie de couches.
Une architecture technique conçue pour l’interconnexion mondiale, depuis Arpanet en 1969 jusqu’à l’ouverture au public en 1993. Une utopie assumée en 1996. Des effets réels : circulation ouverte des savoirs, science, éducation, encyclopédies collaboratives, logiciels libres ; rôle des réseaux sociaux dans les « printemps arabes » de 2011. Et une gouvernance technique qui n’est pas étatique, l’ICANN étant pilotée par des acteurs non gouvernementaux.
La couche infrastructurelle est située : centres de données concentrés aux États-Unis, 38 % du parc et 71 % de l’offre commerciale mondiale en 2021 ; câbles sous-marins désormais investis par les grandes plateformes. Les États re-territorialisent : obligation russe de stockage local depuis 2014, routage national en Chine et en Iran, blocage des plateformes internationales depuis 2009-2010. Le droit suit la même logique : Patriot Act de 2001, Cloud Act de 2018 côté américain, RGPD adopté en 2016 et applicable en 2018 côté européen. Enfin la conflictualité désigne des adversaires : Estonie 2007, Stuxnet 2010, WannaCry 2017, ingérences électorales.
La ligne de partage n’oppose pas ouverture et fermeture mais deux modèles de gouvernance : multi-acteurs, associant États, entreprises, communautés techniques et société civile, ou multilatéral et purement étatique, revendiqué par la Russie, la Chine et de nombreux pays en développement. Les coopérations existent : engagement des États sous l’égide de l’ONU depuis 2013, Appel de Paris de 2018, stratégie de cybersécurité de l’Union européenne de 2017 révisée en 2020. Le cas français illustre la solution intermédiaire : renoncer à la maîtrise intégrale, viser l’autonomie stratégique, et coopérer à l’échelle européenne.
Un schéma des trois couches, avec pour chacune un acteur, une menace et un instrument de régulation, sert exactement la démonstration. Sa réalisation valorise la note et son absence ne peut pénaliser : c’est un gain sans risque, à condition de le tenir en quinze minutes.
Résultat : La réponse est que le cyberespace n’a jamais été sans frontières et ne s’est pas pour autant cloisonné : sa couche matérielle est territorialisée, ses données sont l’objet de législations concurrentes, mais sa gouvernance reste partagée entre acteurs publics et privés. La bonne copie remplace donc l’alternative ouverture/fermeture par une question de gouvernance, et conclut sur l’autonomie stratégique comme réponse réaliste des États européens.
La difficulté de cet objet conclusif est de tenir ensemble deux affirmations contraires : le cyberespace est un espace de conflit, et c’est un espace de coopération. Les trois couches permettent de le faire sans se contredire.
Couche par couche, d’abord. En bas, l’infrastructure : câbles sous-marins, centres de données, serveurs. Elle est située quelque part, donc elle relève d’un territoire et d’un État.
Au milieu, la couche logicielle : protocoles, programmes, applications. C’est la plus attaquée — rançongiciels, intrusions, sabotages comme Stuxnet en 2010.
En haut, la couche informationnelle : les contenus et les données. C’est là que se jouent l’espionnage révélé par Edward Snowden à partir de 2013 et la subversion, des trolls de 2016 aux Macron Leaks de 2017.
Maintenant l’autre face. Sur la même infrastructure circulent la science ouverte, l’éducation et les encyclopédies collaboratives ; sur les mêmes protocoles reposent les normes communes ; sur la même couche informationnelle s’appliquent le RGPD et les engagements pris sous l’égide de l’ONU depuis 2013.
La conclusion à retenir : conflit et coopération ne se succèdent pas dans le temps, ils se superposent dans l’espace. C’est pourquoi la France ne vise pas la maîtrise totale du réseau mais l’autonomie stratégique, avec l’ANSSI d’un côté, le COMCYBER de l’autre, et l’échelle européenne par-dessus.
Erreurs fréquentes
Révision active
Comparez deux échelles, sans rédiger, sur le second jalon — la cyberdéfense française. Dressez deux colonnes : ce que l’échelle nationale permet (ANSSI, COMCYBER, DGSE et DGSI, VIGINUM, séparation entre protection et action offensive) et ce que seule l’échelle européenne rend possible (RGPD, stratégie de cybersécurité de l’Union, financements communs, neutralité du net). Notez dans chaque colonne une réussite et une limite précises, puis concluez en une phrase sur ce que les acteurs publics français appellent l’autonomie stratégique plutôt que la souveraineté.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 6 « L’enjeu de la connaissance » (janvier 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · L’Agence — l’ANSSI, autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)) · Le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) — missions, organisation, lutte informatique défensive, offensive et d’influence (Ministère des Armées et des Anciens combattants)
L’épreuve écrite de spécialité HGGSP
L’étude critique de document(s) en quatre gestes
Vocabulaire
→ CartesSujet : « Diffuser la connaissance, est-ce affaiblir sa puissance ? » Rédigez l’introduction complète et annoncez le plan. L’introduction seule est notée ici : elle doit contenir une accroche, la définition des termes, la problématique et l’annonce du plan.
Une accroche utile est un fait daté qui contient déjà la tension. Ici : en 1961, un accord associe neuf universités américaines, dont le MIT, à la création de l’Indian Institute of Technology de Kanpur ; deux ans plus tard, un ordinateur IBM 1620 y est installé. Les États-Unis diffusent une compétence — et forment les ingénieurs qui feront la puissance informatique indienne.
« Diffuser » est le deuxième des trois moments du thème, entre produire et contrôler. La « connaissance » se distingue de l’information : elle suppose validation, structuration et capacité réflexive. La « puissance » recouvre ici la capacité économique, militaire et scientifique d’un État à agir et à peser. Le cadre spatial est mondial, le cadre temporel court du XVIᵉ siècle à nos jours, avec un cœur au XXᵉ siècle.
La question du sujet est fermée : il faut l’ouvrir. On peut poser : à quelles conditions la diffusion d’un savoir renforce-t-elle la puissance de celui qui le diffuse, et à partir de quel seuil l’expose-t-elle à en être dépossédé ? La réponse ne sera donc ni « oui » ni « non » mais une distinction entre types de savoirs et types de diffusion.
I. Diffuser est d’abord une condition de la puissance : sans alphabétisation, pas de population capable de produire et de recevoir du savoir, et sans circulation entre laboratoires, pas de validation scientifique. II. Mais diffuser expose : la guerre froide fait du savoir un objet de captation, et le transfert de technologie négocié par l’Inde montre qu’un savoir qui sort ne revient pas. III. Les États ne choisissent donc pas entre diffuser et retenir : ils trient, et le cyberespace est le lieu où ce tri devient le plus difficile.
Chacune des trois parties s’ancre-t-elle sur au moins un jalon du programme ? La problématique annoncée est-elle bien celle à laquelle la conclusion répondra ? Une production graphique est-elle envisageable — ici, un schéma des trois moments avec, pour chacun, un acteur et un exemple ? Si oui, réservez-lui quinze minutes en fin d’épreuve.
Résultat : L’introduction ouvre une question fermée en la transformant en question de seuil et de tri, définit les quatre termes qui commandent la démonstration, et annonce un plan en trois temps dont chacun s’ancre sur un jalon : alphabétisation et communauté savante, renseignement et transferts indiens, cyberespace. C’est cette annonce, et non l’accumulation d’exemples, qui fait le reste de la copie.
Erreurs fréquentes
Révision active
Prenez le sujet d’étude critique suivant et travaillez-le en quarante minutes, sans rédiger : « Former des ingénieurs, transférer une technologie ». Document à construire vous-même en deux ou trois phrases, à partir de la fiche : la genèse de l’Indian Institute of Technology de Kanpur entre 1960 et 1963. Repérez au brouillon, pour chacun des quatre gestes de l’étude critique, les trois éléments que vous mobiliseriez — et vérifiez que le quatrième geste, la critique, ne se réduit pas à une phrase de conclusion.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Baccalauréat général — épreuve de l’enseignement de spécialité HGGSP, définition consolidée (version de mai 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 6 « L’enjeu de la connaissance » (janvier 2024) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol
Nobel Prize Outreach — nobelprize.org
Our World in Data (université d’Oxford)
Géoconfluences — ENS de Lyon
Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)
Ministère des Armées et des Anciens combattants
Voir aussi