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Thème 2 du programme de PREMIÈRE (24-25 heures) : il forge la notion que toute la terminale réutilise. La règle d’examen est précise et souvent mal citée — les notions rencontrées en première mais non approfondies en terminale doivent être connues et mobilisables, mais elles ne peuvent pas constituer un ressort essentiel du sujet. Autrement dit : personne ne vous demandera de disserter sur l’empire ottoman, mais l’élève qui sait ce qu’est un déclin relatif, ce que pèse une langue et ce qu’un port en concession fait à une souveraineté écrit une autre copie sur les six thèmes de terminale. Le thème restreint volontairement la puissance à l’échelle des États : une introduction qui la définit et l’instrumente, un axe 1 qui la met dans le temps (l’empire ottoman, la Russie depuis 1991), un axe 2 qui l’observe dans ses formes indirectes (la langue, les géants du numérique, les « nouvelles routes de la Soie »), un objet de travail conclusif qui éprouve tout cela sur les États-Unis.
5 sections~62 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Sachez d’abord où vous êtes dans le cursus. Ce thème appartient au programme de première, qui compte cinq thèmes ; l’épreuve écrite de terminale porte sur les six thèmes de terminale, mais le texte en vigueur précise que les notions de première doivent être connues et mobilisables — elles ne peuvent simplement pas fournir le ressort essentiel d’un sujet. Retenez donc l’outillage plutôt que l’érudition : la définition de la puissance ; les cinq champs du programme (diplomatique, militaire, culturel, économique, financier) ; le couple puissance dure / puissance douce et leur combinaison, le smart power, popularisé par Joseph Nye ; une trajectoire d’essor et de déclin (l’empire ottoman, de la prise de Constantinople en 1453 au traité de Lausanne de 1923) ; une trajectoire de reconstruction (la Russie depuis la disparition de l’URSS en 1991) ; trois formes indirectes (la langue, les géants du numérique, les « nouvelles routes de la Soie » lancées par Xi Jinping en 2013) ; et trois entrées sur les États-Unis (leurs lieux, le débat unilatéralisme/multilatéralisme, leurs points d’appui).
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, tenez trois exigences que l’inspection formule elle-même dans la ressource d’accompagnement. Premièrement, ne jamais traiter un jalon pour lui-même : chaque exemple doit revenir à la question du thème, celle des fondements et des marques d’un État capable de rayonner, d’influencer l’ordre international et de dominer les autres. Deuxièmement, ne jamais comparer des États saisis dans des contextes historiques incomparables — la ressource l’interdit explicitement, et l’empire ottoman du XVIIIe siècle ne se met pas en balance avec la Russie de 2020. Troisièmement, ne jamais présenter une forme indirecte de puissance comme suffisante : la ressource conclut que la maîtrise des voies de communication ne suffit pas à s’imposer, et l’article de Nashidil Rouiaï montre que le soft power chinois devient contre-productif dès qu’il est reçu comme de la propagande. Une puissance s’analyse en fondements, en manifestations et en limites — les trois, toujours.
Profondeur de lecture : Approfondi
Taille du texte : Standard · Interligne : Compact
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5 sections25 points clés0 formule25 pièges signalés
Les cinq champs de la puissance selon le programme
Puissance dure, puissance douce, smart power
Vocabulaire
→ CartesQuestion de cours problématisée, à traiter en dix minutes à l’oral ou en une page rédigée : « À quelles conditions un État peut-il être qualifié de puissance de rang international aujourd’hui ? »
Commencez par la relation, non par l’inventaire. La puissance est la capacité d’un État à imposer ses choix, à peser sur l’ordre international et à résister aux pressions ; elle n’existe que par rapport à d’autres et se vérifie dans l’action. Annoncez aussitôt qu’elle repose sur des attributs en partie hérités (territoire, population, position) et en partie construits (armée, technologie, réseaux), ce qui interdit d’en faire une propriété stable.
Déroulez les champs dans leurs propres termes et donnez à chacun un vecteur concret : diplomatique (siège permanent, capacité à faire adopter une norme dans une institution internationale), militaire (défense du territoire d’un côté, capacité de projection de l’autre), culturel (langue, universités, industries de l’image), économique (production, marchés, avance technologique), financier (monnaie de référence, accès aux capitaux). Signalez que le programme sépare les deux derniers, et dites pourquoi.
Superposez la seconde grille : chacun de ces champs peut fonctionner par contrainte ou par attraction. Le même levier économique peut être une sanction (dure) ou un débouché désirable (douce). C’est cette combinaison que Joseph Nye appelle smart power. Vous montrez ainsi que vous ne récitez pas deux listes parallèles mais que vous les faites jouer ensemble.
Introduisez la gradation — superpuissance, grandes puissances, puissances régionales, puissances émergentes — et datez-la : le terme d’hyperpuissance employé par Hubert Védrine décrit une configuration de la fin du XXe siècle, que la montée de la Chine a modifiée. La hiérarchie est un instantané, jamais un classement définitif.
Fermez par ce qui empêche d’en faire une notion simple : l’interdépendance rend la domination difficile à lire, et des acteurs transnationaux — firmes, marchés, organisations internationales, réseaux — captent une part de la capacité d’action des États. Précisez toutefois que le programme maintient l’État au centre de l’étude.
Résultat : Est une puissance de rang international l’État qui réunit des attributs dans les cinq champs du programme, sait les convertir en influence par la contrainte comme par l’attraction, et parvient à faire durer cette influence — sachant que la position obtenue est relative, contestée et révisable, ce qui est précisément l’objet du thème.
Erreurs fréquentes
Révision active
Construisez, sur une feuille, un schéma de synthèse à légende ordonnée intitulé « Les supports de la puissance internationale ». Placez au centre l’État, disposez autour de lui les cinq champs du programme, et sous chacun deux ou trois vecteurs concrets ainsi qu’un indicateur qui permettrait de le mesurer. Ajoutez, en marge, une flèche qui figure ce que les acteurs transnationaux retirent aux États. Terminez par un titre de légende en trois entrées hiérarchisées ; votre schéma doit se lire sans commentaire oral.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 2 « Analyser les dynamiques des puissances internationales » (septembre 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Glossaire de la géographie — entrée « Puissance » (mise à jour d’octobre 2025) (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)
L’empire ottoman, de l’essor au déclin
Les leviers de la reconstruction russe depuis 1991
Vocabulaire
→ CartesÉtude critique de documents. Document 1 : carte de l’empire ottoman vers 1683, à son extension maximale, portant les rives du bassin méditerranéen oriental, l’Égypte, la Syrie, l’Anatolie, une large Europe balkanique jusqu’aux abords de Vienne, et une bande nord-africaine ; les principaux ports et routes commerciales y sont figurés. Document 2 : carte des mêmes espaces au lendemain du congrès de Berlin (1878), où figurent en teintes distinctes les nouveaux États balkaniques indépendants ou autonomes, les provinces passées sous administration étrangère, et les zones de concessions accordées aux puissances européennes. Consigne : à partir de la confrontation des deux documents et de vos connaissances, montrez ce qu’ils révèlent — et ce qu’ils ne peuvent pas révéler — des facteurs de recomposition de la puissance ottomane.
Deux cartes ne sont pas deux photographies. Ce sont des constructions rétrospectives qui choisissent une date, un cadrage et des figurés. Dites-le d’emblée : l’écart de deux siècles est un montage destiné à faire apparaître une perte, et le choix de 1683 comme point de départ privilégie l’extension maximale plutôt que la moyenne des deux siècles précédents.
Nommez et localisez. Le premier document montre un ensemble à cheval sur trois continents, articulé par des espaces maritimes et des routes commerciales ; le second montre un repli continental vers les bases asiatiques, la fragmentation des Balkans en États nouveaux et l’apparition d’espaces sous tutelle étrangère. La perte n’est pas homogène : elle est d’abord européenne et littorale.
Une carte enregistre un résultat ; elle n’en donne pas la cause. Mobilisez vos connaissances : échec des réformes fiscales et militaires, dépendance financière, guerres perdues contre la Russie, essor du mouvement des nationalités exploité par les puissances européennes, abandon du principe posé au congrès de Vienne de préserver l’intégrité de l’empire. Ce sont ces facteurs, et non le tracé, qui expliquent le passage d’un document à l’autre.
Signalez trois angles morts. Les cartes ne disent rien des formes indirectes de puissance qui ont longtemps servi l’empire — alliances de revers, tolérance envers certaines minorités, prestige. Elles ne disent rien des populations : les déplacements de réfugiés et la recomposition des minorités sont invisibles sous une teinte plate. Elles ne disent rien du regard des acteurs : la seconde carte est très largement dessinée avec les catégories des chancelleries européennes qui ont produit ce recul.
Concluez sur le statut de la preuve cartographique dans une analyse de puissance : elle mesure une emprise territoriale, qui n’est qu’un des attributs, et elle date une perte sans l’expliquer. Elle est indispensable pour établir le fait, insuffisante pour établir la cause.
Résultat : La confrontation des deux cartes établit un recul territorial massif et orienté — l’Europe balkanique échappe à l’empire, qui se recentre sur l’Asie — mais l’explication tient à des facteurs que les documents ne portent pas : échec des réformes, dépendance financière, défaites face à la Russie et instrumentalisation des nationalités par les puissances européennes. Une carte prouve un état, elle ne prouve jamais une dynamique.
L’idée la plus difficile de tout le thème tient en un mot : « relatif ». Une puissance décline le plus souvent parce que d’autres montent plus vite, pas parce qu’elle s’effondre. Confondre les deux, c’est écrire une copie fausse avec assurance.
Premier temps : datez l’apogée en nommant les fondements qui le rendent possible. Pour l’empire ottoman, ce sont les capacités militaires, la continuité dynastique, l’héritage byzantin, l’unité politico-religieuse et la puissance commerciale. Un apogée n’est jamais une date seule : c’est un système qui fonctionne.
Deuxième temps : cherchez le moment où ces fondements cessent d’être des avantages. L’échec devant Vienne en 1683 puis le traité de Karlowitz en 1699 marquent la bascule, non parce que l’empire s’affaiblit soudain, mais parce que ses voisins ont changé de gabarit.
Troisième temps : distinguez ce qui vient de l’intérieur et ce qui vient de l’extérieur. Réformes fiscales et militaires manquées, dépendance financière : facteurs internes. Guerres avec la Russie, soutien européen aux sécessions, abandon du principe d’intégrité posé au congrès de Vienne : facteurs externes. La ressource d’accompagnement demande explicitement de faire ce partage.
Quatrième temps : appliquez la même grille à la trajectoire inverse. La Russie depuis 1991 reconstruit une capacité d’action par la remilitarisation, la rente des hydrocarbures et la diplomatie de réseaux ; mais l’économie reste peu diversifiée et le rang de l’URSS n’est pas retrouvé. Reconstruction réelle, restauration incomplète.
Dernier temps : formulez la conclusion sous forme de règle transférable. Une puissance repose sur des fondements datés ; quand le contexte change, ces fondements perdent de leur rendement ; le déclin qui suit est presque toujours relatif. Cette phrase-là vous servira sur n’importe quel acteur des six thèmes de terminale.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Deux prolongements pour une copie ambitieuse. D’abord, la notion d’empire elle-même : la ressource d’accompagnement rappelle en note que les Ottomans n’emploient le mot « empire » qu’à partir du XXe siècle et lui préfèrent jusque-là celui d’État — un rappel utile pour ne pas plaquer sur un objet historique un vocabulaire forgé ailleurs. Ensuite, la question du soutien extérieur au déclin : le sécessionnisme balkanique n’est pas un phénomène spontané, il est appuyé par des puissances qui ont pourtant garanti l’intégrité de l’empire au congrès de Vienne. Une puissance ne décline jamais seule ; son recul est aussi la stratégie d’un tiers, ce qui vaut également pour l’espace post-soviétique après 1991.
Révision active
Rédigez le plan détaillé et l’introduction complète d’une composition sur le sujet : « La Russie depuis 1991 : une puissance reconstruite ? ». Votre introduction doit dégager les enjeux, poser une problématique qui interroge le point d’interrogation du sujet et annoncer le fil conducteur. Votre plan doit distinguer les moyens mobilisés, les résultats obtenus et les fragilités qui les limitent, et chaque sous-partie doit être adossée à deux exemples datés. Indiquez enfin, en une ligne, quelle production graphique vous joindriez et ce qu’elle ferait apparaître.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 2 « Analyser les dynamiques des puissances internationales » (septembre 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Clara Loïzzo, « La Russie, puissance arctique contrariée » (18 février 2025) (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)
Les trois leviers indirects du programme
Le jeu d’acteurs du numérique
Vocabulaire
→ CartesComposition : « La maîtrise des voies de communication fait-elle de la Chine une puissance de rang international ? » Construisez l’introduction et le plan détaillé, en veillant à ce que chaque partie réponde à une facette du point d’interrogation.
Le sujet contient un mot piège : « fait-elle ». Il ne demande pas de décrire un projet mais d’évaluer un rendement politique. Définissez donc en introduction ce qu’est une forme indirecte de puissance, puis formulez la problématique : dans quelle mesure le contrôle des infrastructures de transport se convertit-il en influence sur les États desservis ? Annoncez que la réponse suppose de distinguer les leviers, les résultats et les contre-effets.
Présentez le projet lancé par Xi Jinping en 2013, à l’horizon 2049 : deux axes, terrestre et maritime, six corridors, des infrastructures lourdes (voies ferrées, ports, oléoducs, câbles), et un discours de coopération gagnant-gagnant adapté à chaque auditoire. Insistez sur le fait qu’aucun document écrit ne fixe un tracé précis, ce qui est en soi un choix stratégique : la souplesse est un attribut du dispositif.
Déroulez les conversions, une par une. Levier militaire avec les points d’appui du « collier de perles », à Djibouti notamment. Levier financier avec la gestion de nœuds stratégiques — Le Pirée, Gwadar, Hambantota, Khorgos — et le « piège de la dette », le Sri Lanka ayant cédé fin 2017 le contrôle de Hambantota pour quatre-vingt-dix-neuf ans. Levier institutionnel avec la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, lancée en 2015. Levier régional enfin, avec l’Organisation de la coopération de Shanghai et le partenariat conclu avec seize pays d’Europe centrale et orientale.
Montrez que le rendement est incertain. Projets alternatifs, dont le corridor de croissance Asie-Afrique porté par l’Inde et le Japon. Concurrence en Asie centrale avec l’Union économique eurasiatique promue par la Russie, dans une relation qui mêle rivalité et partenariat. Vigilance américaine face à la militarisation de certaines emprises. Et surtout, coût d’image : l’accusation de néocolonialisme économique abîme le soft power chinois, exactement selon le mécanisme décrit par Nashidil Rouiaï.
Annoncez en fin d’introduction que vous joindrez un croquis. Sa légende doit être ordonnée en trois entrées, correspondant aux trois parties : le dispositif (corridors terrestres et maritimes), les points d’appui obtenus (nœuds portuaires et terrestres), les tensions et projets concurrents. Cette production est valorisée à l’épreuve et son absence n’est jamais pénalisée : c’est donc un gain sans risque.
Résultat : Les voies de communication procurent à la Chine des leviers réels et localisables — militaires, financiers, institutionnels, régionaux — mais leur conversion en influence durable se heurte à des projets concurrents, à des rivalités régionales et à une méfiance qui érode l’image même que le projet devait servir. Elles renforcent une puissance déjà constituée ; elles ne la fondent pas à elles seules.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Un prolongement qui distingue une très bonne copie. La langue n’est pas seulement un véhicule : elle structure les concepts. La ressource d’accompagnement note que le vocabulaire scientifique forgé dans une langue donnée n’est pas toujours traduisible et s’impose alors tel quel dans les autres — ce qui donne à la langue dominante un pouvoir sur les catégories mêmes de la pensée savante. La même logique vaut pour le numérique : imposer un standard technique, c’est fixer le cadre dans lequel les concurrents devront ensuite agir. Dans les deux cas, la forme la plus profonde de la puissance indirecte n’est pas de gagner une partie, c’est d’écrire la règle du jeu.
Révision active
Comparez deux stratégies linguistiques d’influence — celle que la France conduit à travers l’Organisation internationale de la Francophonie et son réseau d’instituts, et celle que la Chine conduit à travers les Instituts Confucius. Construisez un tableau à trois colonnes : objectifs affichés, moyens réellement engagés, résistances rencontrées. Sous le tableau, rédigez un paragraphe de conclusion qui répond à une seule question : ces deux stratégies visent-elles la même chose ? Aucune des deux ne doit être présentée comme un simple service culturel.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 2 « Analyser les dynamiques des puissances internationales » (septembre 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Nashidil Rouiaï, « Sur les routes de l’influence : forces et faiblesses du soft power chinois » (14 septembre 2018) (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)
Unilatéralisme et multilatéralisme : une oscillation datée
Du territoire national aux contre-influences
Vocabulaire
→ CartesComposition : « Les États-Unis, une puissance encore sans partage dans un monde multipolaire ? » Construisez l’introduction et le plan détaillé, en veillant à traiter les trois jalons du programme et à éviter la vision partisane.
Le sujet oppose deux termes : « sans partage » suppose l’exclusivité, « multipolaire » la suppose impossible. C’est là qu’est le problème. Formulez donc : les États-Unis conservent-ils une supériorité dans tous les registres de la puissance, alors même que d’autres pôles s’affirment dans chacun d’eux ? Annoncez que la réponse suppose de distinguer les registres plutôt que de trancher globalement.
Traitez le premier jalon en géographe. Les lieux nommés par le programme — Hollywood à Los Angeles, le Massachusetts Institute of Technology près de Boston, le siège de l’ONU à Manhattan — matérialisent respectivement les puissances culturelle, scientifique et institutionnelle. Montrez la logique de leur localisation : métropolisation, littoralisation, position péricentrale. Concluez la partie sur l’idée que ces lieux sont exposés autant qu’occupés : les faire visiter, c’est déjà exercer une influence.
Passez au deuxième jalon. Définissez multilatéralisme, unilatéralisme et bilatéralisme, puis montrez que l’attribut de puissance n’est aucune des trois attitudes mais la faculté d’en changer sans y être contraint. Appuyez-vous sur des moments datés : les quatorze points de 1918, la Charte de l’ONU de 1945, l’Alliance atlantique de 1949, l’intervention en Irak de 2003 sans mandat du Conseil de sécurité, le discours du Caire de 2009, l’investiture de 2017. Soulignez que chaque inflexion a des retombées sur toutes les autres puissances.
Traitez le troisième jalon en deux temps. Les appuis d’abord : bases à l’étranger, présence navale, alliances, complexe militaro-industriel, diffusion culturelle et technologique. Les contre-influences ensuite, nommées et non évoquées : Bollywood et Nollywood face à Hollywood, K-pop et J-pop face aux productions musicales américaines, affirmation d’autres pôles. La conclusion de partie est la clef du sujet : il n’y a plus d’hégémonie culturelle exclusive, il y a superposition.
Répondez à la problématique en distinguant les registres : la supériorité militaire et financière reste sans équivalent, l’influence culturelle et technologique se partage désormais avec d’autres foyers. « Sans partage » ne convient plus comme description d’ensemble, « déclin » ne convient pas davantage. Ouvrez sur ce que le thème enseigne : aucune position ne se conserve sans être entretenue.
Résultat : Les États-Unis restent la seule puissance à agir dans les cinq champs du programme à l’échelle mondiale, et leur liberté de choisir entre unilatéralisme et multilatéralisme est en soi un attribut de puissance ; mais leurs aires d’influence se superposent désormais à d’autres, ce qui définit exactement un monde multipolaire — une supériorité maintenue, une exclusivité perdue.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Un prolongement rarement mobilisé et pourtant décisif : la puissance américaine est aussi une puissance de la norme. Fixer un standard technique, un format de données, une règle comptable ou une monnaie de facturation, c’est obliger les autres acteurs à jouer sur un terrain qu’on a dessiné. Cette dimension explique pourquoi le siège de l’ONU à Manhattan compte davantage qu’un simple bâtiment, pourquoi le Massachusetts Institute of Technology pèse au-delà de ses laboratoires, et pourquoi une contre-influence culturelle — Bollywood, la K-pop — ne suffit pas à équilibrer la relation tant que le cadre juridique et technique reste inchangé. Une copie qui pose cette question dépasse la simple énumération des registres.
Révision active
Réalisez un croquis de synthèse intitulé « Points d’appui et zones d’influence des États-Unis dans un monde multipolaire », avec une légende construite en trois entrées hiérarchisées et titrées. Faites figurer au minimum : les grands foyers de la puissance sur le territoire national, les principaux appuis extérieurs (bases, alliances, présence navale), les aires de diffusion culturelle et technologique, et au moins deux foyers de contre-influence. Rédigez ensuite, sous le croquis, les trois sous-titres de légende sous forme de phrases argumentées et non de mots isolés.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 2 « Analyser les dynamiques des puissances internationales » (septembre 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Marie-Christine Doceul, « Visites virtuelles de quelques lieux de la puissance américaine » (7 juillet 2015) (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)
L’épreuve écrite de spécialité, dans le texte
La grille de la puissance en cinq temps
Vocabulaire
→ CartesÉtude critique d’un document. Document : allocution prononcée par un ministre lors de l’inauguration d’un terminal portuaire financé par un partenaire étranger, dont voici la substance, rédigée ici en résumé. L’orateur remercie « l’ami qui a cru en nous quand personne d’autre n’y croyait », annonce que le terminal doublera le trafic de conteneurs et créera des emplois, affirme que le financement a été obtenu « à des conditions que nul autre bailleur ne proposait », rappelle que la concession d’exploitation court sur plusieurs décennies, et conclut que le pays « entre enfin dans les grands courants du monde ». Consigne : montrez ce que ce discours révèle des formes indirectes de la puissance, et ce qu’il dissimule.
C’est une allocution officielle, donc un acte de communication politique et non un compte rendu. L’auteur est un membre du gouvernement du pays hôte, pas le financeur : le document dit ce que l’État receveur veut faire entendre à sa propre opinion. Cette dissymétrie est le premier acquis de l’analyse, et elle doit apparaître dès l’introduction.
Hiérarchisez trois informations. La logique d’infrastructure : un terminal, un trafic annoncé, des emplois — la puissance passe ici par l’équipement. La logique financière : un prêt obtenu à des conditions introuvables ailleurs, ce qui indique un financeur qui accepte un risque que d’autres refusent. La logique de durée : une concession de plusieurs décennies, c’est-à-dire un transfert de gestion, non un simple chantier.
Ce que le discours décrit sans le nommer, le cours le nomme. Les infrastructures de transport confèrent un pouvoir de gestion et de contrôle sur les réseaux, et favorisent indirectement l’emprise politique sur les territoires desservis. La combinaison prêt-concession est précisément ce que la littérature appelle le « piège de la dette », dont le port de Hambantota au Sri Lanka, cédé pour quatre-vingt-dix-neuf ans à la fin de 2017, est l’exemple canonique.
Trois silences sont analysables. Le document ne dit rien du coût du service de la dette ni de ce qui se produit en cas de défaut. Il ne dit rien de l’usage possible du terminal par la marine du financeur, alors que la question des points d’appui militaires se pose sur ce type de site. Il ne dit rien enfin de l’effet sur les concurrents régionaux, alors que ces projets suscitent des projets alternatifs et des tensions. Un silence n’est pas une preuve, mais il est une piste qu’il faut savoir désigner comme telle.
Refermez sur la question posée : le document révèle une forme indirecte de puissance en action — le financement et la gestion d’une infrastructure — et il en révèle même le mode d’acceptation, puisque c’est le receveur lui-même qui la présente comme une chance. Il dissimule la contrepartie, c’est-à-dire la durée de la dépendance créée. Rappelez que cette forme de puissance ne suffit pas à elle seule : elle produit aussi de la méfiance, et donc une perte d’image pour son émetteur.
Résultat : Le discours est une preuve de première main de l’efficacité d’une forme indirecte de puissance — l’infrastructure financée est reçue comme un don et proclamée comme une victoire nationale — et, par ses silences sur le service de la dette, sur l’usage stratégique du site et sur les tensions régionales, il montre exactement où l’analyse doit chercher les limites de cette puissance.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Une remarque de méthode qui vaut pour toute la terminale. La grille en cinq temps est un instrument de brouillon, et le meilleur usage qu’on en fasse consiste à la parcourir puis à la ranger. Une copie qui laisse voir la grille — cinq parties, cinq rubriques — signale qu’elle a classé sans penser. Une copie qui l’a utilisée sans la montrer construit un cheminement dans lequel la question des limites n’arrive pas en dernier par convention, mais parce que les trois parties précédentes l’ont rendue inévitable. C’est la différence entre une réponse ordonnée et une réponse argumentée, et c’est ce que la définition de l’épreuve appelle « faire preuve de capacités de réflexion en les étayant sur des connaissances ».
Révision active
Transformez trois libellés bruts en sujets problématisés, puis justifiez chaque transformation en deux lignes. Libellé 1 : « la langue française dans le monde ». Libellé 2 : « les infrastructures de transport chinoises ». Libellé 3 : « les bases militaires américaines ». Pour chacun, écrivez la question que vous poseriez en introduction, indiquez à quelle partie du programme de terminale vous la rattacheriez, et précisez quelle production graphique vous joindriez. Aucune des trois questions ne doit pouvoir recevoir une réponse par oui ou par non.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 2 « Analyser les dynamiques des puissances internationales » (septembre 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Baccalauréat général — définition de l’épreuve terminale de l’enseignement de spécialité HGGSP, version consolidée de mai 2024 (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol
Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO
Voir aussi