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Fiches/HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques/De nouveaux espaces de conquête
FR · Bac

De nouveaux espaces de conquête

Premier thème du programme de terminale, « De nouveaux espaces de conquête » demande de comprendre comment l’océan et l’espace extra-atmosphérique, longtemps hors d’atteinte, sont devenus en un demi-siècle des théâtres d’affirmation de la puissance, des objets de rivalités militaires et économiques et, simultanément, des laboratoires de coopération négociée — la Chine servant d’étude de cas conclusive à cette double dynamique.

5 sections·~53 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0333 / 8
Profil d’examen
Identifier les acteurs de la conquête — États, organisations internationales, communautés scientifiques, entreprises privées — et hiérarchiser leurs moyens plutôt que les mettre sur le même plan.Situer et dater les grandes étapes de la conquête spatiale et de la construction du droit de la mer, et les rattacher à leur contexte géopolitique.Confronter un cadre juridique (traité de l’espace de 1967, convention de Montego Bay de 1982, accord BBNJ de 2023) à la pratique effective des États, et en mesurer les limites.Articuler rivalité et coopération dans une même démonstration, au lieu de les traiter comme deux mondes séparés.Conduire l’étude critique d’un document — carte, texte, image — en distinguant ce qu’il montre, ce qu’il vaut et ce qu’il tait.
Opérateurs :analyserinterrogeradopter une démarche réflexivecontextualiserextraire des informationsconfronter des points de vuese documentertravailler de manière autonomes’exprimer à l’oral

niveau de base

Maîtrisez d'abord le vocabulaire-clé (ZEE, haute mer, res nullius / res communis, militarisation, traité de l'espace, CNUDM) et une dizaine de repères datés sûrs (1957, 1961, 1967, 1969, 1982/1994, 2016) : c'est le socle exigible pour la dissertation comme pour l'étude de document.

niveau approfondi

Pour viser l'excellence, sachez tenir ensemble les deux axes — opposer mais aussi articuler logiques de puissance et de coopération — et confronter le droit (CNUDM, traité de l'espace) à la pratique des États (mer de Chine méridionale, arsenalisation), en mobilisant l'objet conclusif chinois comme étude de cas transversale.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. De nouveaux espaces de conquête
    • 01Introduction — Océan et espace : quelles spécificités ?○
    • 02Axe 1 — Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités◐
    • 03Axe 2 — Enjeux diplomatiques et coopérations◐
    • 04Objet de travail conclusif — La Chine : à la conquête de l’espace, des mers et des océans●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur les nouveaux espaces de conquête◐

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Introduction — Océan et espace : quelles spécificités ?#

~9 min de lecture●○○BaseBOHGGSP-Tle-T1-Intro-Océan et espace : quelles spécificités ?BOHGGSP-Tle-T1-Intro-Une connaissance et une maîtrise en constante évolution.BOHGGSP-Tle-T1-Intro-Les dernières frontières ?

Points clés

Ni l’océan ni le cosmos ne sont des espaces neufs : ce qui est neuf, c’est notre capacité à les atteindre, à les exploiter et à prétendre en disposer. Le programme le dit d’une formule : l’écoumène a gagné la totalité des terres émergées, et il ne reste, au-delà, que ces deux immensités. Toute l’année part de la question que la ressource d’accompagnement place en tête du thème — comment la puissance s’affirme-t-elle dans les nouveaux espaces de conquête ?
Commencez par mesurer l’ignorance. Les surfaces marines couvrent 70,8 % du globe, soit 361 millions de kilomètres carrés, près de deux fois et demie la surface des continents ; on compte trois océans (Pacifique, Atlantique, Indien) ou cinq, selon que l’on individualise l’Austral et l’Arctique. Or l’Organisation des Nations unies estime que 20 % seulement des fonds océaniques sont cartographiés à la résolution du kilomètre — une maille beaucoup trop grossière pour y lire quoi que ce soit de chimique, de biologique ou de géologique. Le contraste que retient l’inspection générale est saisissant : douze hommes ont marché sur la Lune, à 300 000 kilomètres ; moins de cinq personnes sont descendues au point le plus profond des abysses, à environ 10 900 mètres. L’eau est un milieu physiologiquement hostile et opaque aux ondes électromagnétiques : la surface s’observe par satellite, la colonne d’eau et les fonds restent à découvrir.
L’espace extra-atmosphérique se définit, lui, en creux : c’est ce qui commence là où finit l’atmosphère. Comme la raréfaction de l’air est graduelle, il a fallu convenir d’une limite. C’est la ligne de Kármán, ligne imaginaire fixée à 100 kilomètres d’altitude, retenue par la Fédération aéronautique internationale : au-dessous, l’espace aérien, où s’appliquent les règles de l’aviation ; au-dessus, un vide dépourvu de gravité et d’air, aux températures extrêmes. La contrainte majeure n’y est pas la difficulté physique mais la distance, et donc le coût.
D’où la question que le programme pose au conditionnel : « Les dernières frontières ? » Elle renvoie explicitement à la Frontier américaine, notion forgée par l’historien Frederick Jackson Turner dans un article présenté en 1893 devant l’American Historical Association. Océan et espace seraient les nouveaux fronts pionniers : réservoirs de ressources, de connaissance et de prestige pour qui saura les atteindre. Le point d’interrogation du programme est un avertissement — reprendre le mythe de la frontière sans le discuter, c’est adopter le récit des conquérants au lieu de l’analyser. La ressource d’accompagnement rappelle d’ailleurs que la thèse de Turner peut se lire comme une légitimation rétrospective de l’expansion des États-Unis, des Appalaches au Pacifique.
Le droit répond à cette poussée par un découpage précis. En mer, la convention de Montego Bay de 1982 hiérarchise les compétences en s’éloignant du rivage (voir Fig. 1) : la mer territoriale, jusqu’à 12 milles marins, où l’État côtier est souverain sous réserve du droit de passage inoffensif ; la zone économique exclusive, jusqu’à 200 milles marins (370 kilomètres), où il détient des droits exclusifs d’exploration et d’exploitation des ressources — mais où la navigation et le survol demeurent libres pour les autres ; le plateau continental, dont la juridiction sur le sol et le sous-sol peut être portée jusqu’à 350 milles quand la marge continentale se prolonge ; enfin la haute mer, dont l’article 89 dispose qu’aucun État ne peut prétendre en soumettre une partie à sa souveraineté.

Les zones du droit de la mer (CNUDM, 1982)

Les zones du droit de la mer (CNUDM, 1982)colonne stratifiée, 5 couches, Données: Mer territoriale, Zone économique exclusive, Plateau continental étendu, Haute mer, La Zone (grands fonds)Du rivage vers le largeMer territoriale12 milles · souveraineté pleineZone économique exclusive200 milles · droits sur les ressourcesPlateau continental étendujusqu’à 350 milles · sol et sous-solHaute merarticle 89 : aucune souverainetéLa Zone (grands fonds)patrimoine commun · Autorité (AIFM)
Fig. 1Convention de Montego Bay, 10 décembre 1982 : la compétence de l’État décroît à mesure que l’on s’éloigne du rivage. La bande de la ZEE, la plus disputée, est mise en relief.
Fig. 1 ↓
Deux notions juridiques commandent alors la lecture de tout le thème (voir Fig. 2). La res nullius est la chose sans maître, que le premier occupant peut s’approprier : c’est la logique de la conquête. La res communis est le bien commun, inappropriable mais d’usage partagé : c’est la logique de la coopération. Sur ces deux milieux, le droit a tranché pour la seconde. Le traité de l’espace, signé à Londres, Moscou et Washington le 27 janvier 1967, interdit toute revendication de souveraineté sur la Lune et les autres corps célestes ; la convention de 1982 déclare les grands fonds situés au-delà des juridictions nationales — « la Zone » — patrimoine commun de l’humanité, administré par une Autorité internationale des fonds marins. Retenez que ces espaces ne sont donc pas des vides juridiques : le problème n’est pas l’absence de règles, mais leur portée face aux rapports de force.

Approprier ou partager : le statut juridique des deux milieux

Approprier ou partager : le statut juridique des deux milieuxArbre de probabilité, 5 chemins, Données: Sous juridiction d’un État → Mer territoriale; Sous juridiction d’un État → ZEE : ressources; Non appropriable, usage commun → Haute mer (art. 89); Non appropriable, usage commun → La Zone : bien commun; Non appropriable, usage commun → Espace : traité 1967Sous juridiction d’un ÉtatNon appropriable, usage communNouveaux espaces de conquêteMer territorialeZEE : ressourcesHaute mer (art. 89)La Zone : bien communEspace : traité 1967
Fig. 2La même alternative traverse la mer et le cosmos ; c’est la branche de droite, celle du bien commun, que le droit international a retenue dans les deux cas.
Fig. 2 ↓
Reste à nommer les acteurs, car le programme insiste sur leur diversification. Des États d’abord, très inégalement dotés : les États-Unis possèdent la plus vaste zone économique exclusive du monde avec 11,3 millions de kilomètres carrés, devant la France et ses 10,2 millions, dont 97 % outre-mer. Des organisations internationales ensuite, nées des conférences onusiennes. Des communautés scientifiques, sans lesquelles ni l’exploration abyssale ni l’exploration planétaire n’existeraient. Et, de plus en plus, des entreprises privées — armements de pêche industrielle, opérateurs offshore, firmes du New Space. Le piège que signale l’inspection est de mettre États et firmes sur le même plan : les secondes restent, pour l’heure, en position de subordination juridique et financière vis-à-vis des premiers.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Res nulliusChose sans maître, susceptible d’être appropriée par le premier occupant : la logique juridique de la conquête.
  • Res communisBien commun qui n’appartient à personne et ne peut être approprié, mais dont l’usage est partagé par tous.
  • Zone économique exclusive (ZEE)Bande maritime s’étendant jusqu’à 200 milles marins de la ligne de base, où l’État côtier détient des droits exclusifs sur les ressources sans y être pleinement souverain.
  • Ligne de KármánLimite conventionnelle entre espace aérien et espace extra-atmosphérique, fixée à 100 kilomètres d’altitude et retenue par la Fédération aéronautique internationale.
  • FrontierFront pionnier au sens de F. J. Turner (1893) : marge mouvante à repousser, chargée d’un imaginaire de liberté et de conquête.
  • ÉcoumèneEnsemble des espaces de la Terre habités et exploités durablement par les sociétés humaines.
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Exemple corrigé

Introduction rédigée : pourquoi parler de « nouveaux » espaces de conquête ?

Sujet de dissertation : « En quoi l’océan et l’espace constituent-ils de nouveaux espaces de conquête ? » Rédigez l’introduction complète et justifiez chacun de ses quatre moments.

  1. 01Trouver une accroche qui pose déjà le problème

    Prenez le contraste que retient l’inspection générale : douze hommes ont marché sur la Lune, à 300 000 kilomètres de la Terre, quand moins de cinq personnes ont atteint le point le plus profond des abysses, vers 10 900 mètres. L’accroche n’est pas un ornement : elle installe d’emblée l’idée que la proximité géographique ne dit rien de l’accessibilité technique.

  2. 02Définir les termes un à un

    « Océan » : l’océan mondial, 70,8 % de la surface du globe, soit 361 millions de kilomètres carrés. « Espace » : l’espace extra-atmosphérique, conventionnellement au-delà de la ligne de Kármán, à 100 kilomètres d’altitude. « Conquête » : le triple mouvement d’exploration, d’exploitation et d’appropriation. Et surtout « nouveaux » : le mot ne qualifie pas les milieux, mais notre capacité récente à les investir.

  3. 03Poser la problématique

    Formulez-la de manière à ce que la réponse ne soit pas contenue dans la question. Par exemple : dans quelle mesure la conquête de ces deux milieux relève-t-elle moins de leur découverte que d’une redistribution de la puissance entre les États ? La problématique doit annoncer une tension, non un plan.

  4. 04Annoncer un plan qui promet une démonstration

    Trois temps possibles : des milieux longtemps soustraits à la souveraineté ; une conquête rendue possible par la technique et aussitôt disputée ; un droit qui a choisi le bien commun mais qui doit composer avec les rapports de force. Chaque partie doit être annonçable en une phrase, sinon elle n’est pas encore un argument.

  5. 05Vérifier ce qui manque

    Relisez : les acteurs sont-ils nommés autrement que par « les États » ? Une date sûre figure-t-elle dès l’introduction — 1967 pour l’espace, 1982 pour la mer ? Le point d’interrogation du programme sur « les dernières frontières » est-il assumé, c’est-à-dire la notion de Frontier discutée et non reprise telle quelle ?

Résultat : Une introduction réussie sur ce thème tient en quatre moments — accroche, définition, problématique, annonce — et pose dès l’abord la thèse du thème : ce sont de « nouveaux » espaces de conquête non parce qu’ils viennent d’apparaître, mais parce que la technique a rendu possible ce que le droit s’efforce d’encadrer.

Objectif Bac

  • Dater et citer les deux textes fondateurs sans les confondre : traité de l’espace, 27 janvier 1967 ; convention de Montego Bay, 10 décembre 1982, entrée en vigueur en 1994.
  • Distinguer, en une phrase chacune, res nullius et res communis, puis montrer que le droit a choisi la seconde pour les deux milieux.
  • Situer les quatre seuils du droit de la mer — 12, 200 et 350 milles marins, puis la haute mer — et préciser ce que l’État peut ou ne peut pas y faire.
  • Contextualiser la notion de Frontier (Turner, 1893) et justifier le point d’interrogation du programme au lieu de reprendre le mythe pionnier à son compte.
  • Hiérarchiser les acteurs : nommer un État, une organisation internationale, une communauté scientifique et une entreprise privée, en indiquant lequel encadre juridiquement les autres.

Erreurs fréquentes

  • Traiter la zone économique exclusive comme une extension du territoire national ; en réalité l’État y détient des droits exclusifs sur les ressources, mais la navigation et le survol y restent libres pour les autres États.
  • Écrire que la haute mer est un espace de non-droit ; en réalité elle est régie par la convention de 1982, dont l’article 89 interdit toute prétention de souveraineté et qui organise les libertés de navigation, de survol, de pose de câbles et de pêche.
  • Confondre la haute mer et « la Zone » ; en réalité la première désigne la colonne d’eau et sa surface au-delà des juridictions nationales, la seconde les fonds marins et leur sous-sol, seuls déclarés patrimoine commun de l’humanité et administrés par l’Autorité internationale des fonds marins.
  • Faire commencer l’espace à une altitude vague ou à la limite de l’atmosphère ; en réalité c’est un consensus conventionnel, la ligne de Kármán à 100 kilomètres, retenu par la Fédération aéronautique internationale — une convention, non une frontière physique.
  • Employer « nouveaux espaces » au sens de récemment apparus ; en réalité l’océan est parcouru depuis l’Antiquité : ce qui est nouveau, c’est la capacité technique de l’explorer en profondeur, de l’exploiter et de prétendre se l’approprier.

§ 01

Révision active

À l’aide de la seule Fig. 1, rédigez la légende ordonnée d’un schéma que vous pourriez porter sur votre copie : trois ou quatre entrées classées du rivage vers le large, chacune associant un seuil chiffré, le droit correspondant et un exemple d’usage disputé. Terminez par une phrase indiquant ce que votre schéma ne peut pas montrer.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Zone économique exclusive (ZEE) — glossaire de Géoconfluences (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)

§ 02
§ 02

Axe 1 — Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités#

~10 min de lecture●●○StandardBOHGGSP-Tle-T1-Axe1-Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités.BOHGGSP-Tle-T1-Axe1-Les enjeux géopolitiques d’une conquête : la course à l’espace des années 1950 à l’arrivée de nouveaux acteurs (Chine, Inde, entreprises privées…).BOHGGSP-Tle-T1-Axe1-Affirmer sa puissance à partir des mers et des océans : la dissuasion nucléaire et les forces de projection maritimes.

Points clés

L’axe 1 répond à une question unique — comment la puissance s’affirme-t-elle et évolue-t-elle dans ces milieux ? — à travers deux jalons de nature très différente : la course à l’espace, qui se raconte, et la maîtrise des mers, qui se décrit. Dans les deux cas, ne développez jamais l’exploit ou le matériel pour eux-mêmes : ce qui compte est le rapport de force qu’ils traduisent.
La conquête spatiale naît d’un programme militaire. C’est un missile balistique, le Semiorka, qui place en orbite le premier satellite artificiel, Spoutnik, le 4 octobre 1957 : l’exploit est indissociable de la capacité à porter une charge nucléaire jusqu’au territoire adverse. L’humiliation américaine est d’autant plus vive que le « bip-bip » du satellite soviétique est radiodiffusé vingt-deux jours durant, et que la fusée censée lancer le premier satellite américain, Vanguard, explose deux mois plus tard devant les caméras. La réponse est institutionnelle et financière : la NASA est créée en 1958, et son budget atteint 4,4 % du budget fédéral en 1966. Iouri Gagarine devient le premier homme dans l’espace en 1961 ; Neil Armstrong et Buzz Aldrin marchent sur la Lune le 20 juillet 1969, devant une retransmission mondiale. Le discours de John F. Kennedy du 12 septembre 1962, « We choose to go to the Moon », dit tout : il réactive le mythe pionnier et oppose implicitement les valeurs de liberté au modèle soviétique.
La course sert aussi à s’affirmer à l’intérieur de son propre camp. La France de la Ve République en fait un attribut de souveraineté : création du Centre national d’études spatiales en 1961, choix du site de Kourou en 1965, lancement du satellite Astérix la même année, qui fait d’elle la troisième puissance capable de mettre un objet en orbite — avant l’inscription de cet effort dans une coopération européenne avec la fondation de l’Agence spatiale européenne en 1975. La Chine suit une trajectoire comparable : sa Cinquième Académie de recherche est créée en 1956, un an après Bandung, et son premier satellite, Dong Fang Hong, est lancé en 1970. Le club s’élargit ensuite (voir Fig. 3) : l’Inde satellise une sonde autour de Mars en 2014 pour environ un milliard d’euros de budget spatial annuel, quand la Chine et l’Europe en dépensent huit à dix et les États-Unis près de quarante ; elle dispose depuis 2018 de son propre système de navigation par satellite, garantie d’indépendance dans le guidage de ses missiles. Ne minimisez donc pas l’avance américaine : les États-Unis concentrent encore 60 % des investissements civils et 80 % des investissements militaires du secteur.

La course à l’espace, de Spoutnik aux nouveaux acteurs

La course à l’espace, de Spoutnik aux nouveaux acteursFrise chronologique de 1955 à 2025, 1957: Spoutnik (URSS), 1961: Gagarine, 1969: Apollo 11 (EU), 2003: Shenzhou 5, 2014: Inde : Mars, 2019: Chang’e 4, 1957–1991: Guerre froide, 2000–2025: New Space19552025annéeGuerre froideNew Space1957Spoutnik (URSS)1961Gagarine1969Apollo 11 (EU)2003Shenzhou 52014Inde : Mars2019Chang’e 4
Fig. 3D’un duel bipolaire de prestige à un club élargi où l’État délègue sans céder : la bande « New Space », mise en relief, se superpose à la compétition entre puissances, elle ne la remplace pas.
Fig. 3 ↓
Le troisième acteur est privé. Le New Space — SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic — a bouleversé les coûts et les usages, mais il reste sous tutelle. Juridiquement d’abord : le traité de l’espace de 1967 fait des États les seuls responsables des activités spatiales, y compris privées, ce qui leur donne le pouvoir d’autoriser ou non l’accès à l’espace. Financièrement ensuite : les commandes du département de la Défense et de la NASA ont permis à SpaceX de dégager les marges nécessaires à la mise au point du lanceur réutilisable Falcon 9, après le retrait de la navette américaine en 2011. La tension monte cependant : le Commercial Space Launch Competitiveness Act adopté unilatéralement par le Congrès le 25 novembre 2015 autorise les entreprises américaines à exploiter commercialement les ressources spatiales, ce que le principe de non-appropriation de 1967 semblait exclure.
Le second jalon change de regard : il faut penser depuis la mer vers la terre, et non l’inverse. La question est ancienne — en 1890, l’amiral américain Alfred Thayer Mahan publie The Influence of Sea Power upon History, 1660-1783, et fait de la suprématie navale le fondement de la puissance britannique puis le programme géopolitique des États-Unis. La rupture contemporaine tient en une formule reprise par la ressource d’accompagnement : on est passé « d’une puissance à la mer à une puissance depuis la mer ».
Cette puissance a deux visages (voir Fig. 4). La dissuasion d’abord : six pays disposaient en 2020 de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Le SNLE tire sa valeur de son invulnérabilité — il se dilue dans le volume océanique et doit rester indétectable —, de sa capacité de frappe massive et de sa portée : 12 000 kilomètres pour le Trident D-5 américain, environ 8 000 pour le M51 français et le JL-2 chinois. Les têtes du Trident II atteignent 450 kilotonnes ; celles d’un SNLE français de la classe Le Triomphant, 100 kilotonnes, à raison de seize missiles par bâtiment. La permanence à la mer est ce qui rend la dissuasion crédible. La projection ensuite : le porte-avions, positionné dans les eaux internationales sans autorisation diplomatique, permet de frapper à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur des terres — la Libye en 2011 lors de l’opération Harmattan, la Syrie depuis la fin de 2016 pour le groupe aéronaval russe. Les frégates multimissions tirent des missiles de croisière, les porte-hélicoptères amphibies débarquent troupes et matériels, et les sous-marins nucléaires d’attaque — sans armes nucléaires, mais à propulsion nucléaire — assurent renseignement et frappe dans la profondeur.

Affirmer sa puissance depuis la mer

Affirmer sa puissance depuis la merroue segmentée, 4 segments, Données: Puissance navale, Dissuasion, Projection, Routes, RessourcesDissuasionSNLE : frappe en secondProjectionporte-avions, SNA, frégatesRoutesMalacca, Ormuz, SuezRessourcespêche, hydrocarbures, ZEEPuissance navale
Fig. 4Quatre leviers d’une même puissance navale ; le secteur de la dissuasion est mis en relief parce qu’il est le seul dont la valeur tienne à ce qu’il ne serve jamais.
Fig. 4 ↓
Le résultat est une course à l’armement naval, qui redistribue les rangs : trois marines seulement projettent force et puissance à l’échelle mondiale, les États-Unis très loin devant, le Royaume-Uni et la France conservant leur statut de marines de haute mer, tandis que la Chine et l’Inde s’approchent. Cette compétition se prolonge dans les ressources et les routes — détroits de Malacca et d’Ormuz, canaux de Suez et de Panama, tracés de zones économiques exclusives contestés, ouverture de l’Arctique à la navigation par la fonte de la banquise. Retenez la formule de l’axe : ce qui est en jeu n’est pas la mer, mais ce que la mer permet de faire à terre.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Militarisation de l’espaceUsage militaire de l’espace par des satellites d’observation, de télécommunication et de navigation, sans armes placées en orbite.
  • Arsenalisation de l’espaceDéveloppement d’armes destinées à agir dans l’espace ou depuis l’espace, notamment les capacités antisatellites.
  • SNLESous-marin nucléaire lanceur d’engins : bâtiment à propulsion nucléaire emportant des missiles balistiques à charge nucléaire, cœur de la dissuasion océanique.
  • Projection de puissanceCapacité d’un État à porter une force militaire loin de son territoire, depuis la mer vers la terre, sans base terrestre alliée.
  • Sea powerPuissance maritime au sens de l’amiral Mahan (1890) : fondement de la puissance d’un État, tirée de sa maîtrise des espaces maritimes.
  • New SpaceEnsemble des entreprises privées, surtout américaines, entrées depuis les années 2000 dans des activités spatiales jusqu’alors réservées aux États.
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Exemple corrigé

Partie de dissertation : la course à l’espace comme affirmation de puissance

Sujet : « L’espace, un espace d’affirmation de la puissance des États depuis 1957. » Rédigez le plan détaillé de la première partie et justifiez le choix de chaque exemple.

  1. 01Poser l’argument de la sous-partie

    Premier argument : l’espace est d’emblée un théâtre militaire déguisé en aventure scientifique. Ne commencez pas par Spoutnik comme par un récit, mais par ce qui l’a mis en orbite — un missile balistique, le Semiorka. La prouesse et la menace sont le même objet technique.

  2. 02Choisir les preuves, pas les anecdotes

    Trois faits suffisent et se tiennent : le lancement du 4 octobre 1957 et ses vingt-deux jours de « bip-bip » radiodiffusé ; l’explosion de Vanguard deux mois plus tard devant les caméras ; la création de la NASA en 1958, dont le budget atteint 4,4 % du budget fédéral en 1966. Chacun documente une dimension différente — la capacité, l’humiliation, la réponse d’État.

  3. 03Montrer que le prestige est un instrument, non un supplément

    Le discours de Kennedy du 12 septembre 1962 et la retransmission mondiale du 20 juillet 1969 ne servent pas à décorer la démonstration : ils prouvent que l’exploit vaut par sa mise en scène. C’est la définition même du soft power appliqué à la conquête.

  4. 04Nuancer par les puissances moyennes

    La France constitue le contre-exemple utile : le CNES en 1961, Kourou en 1965, Astérix la même année font d’elle la troisième puissance à mettre un objet en orbite. L’espace sert ici à s’affirmer non contre l’autre bloc, mais à l’intérieur du sien, avant l’inscription dans l’Agence spatiale européenne en 1975.

  5. 05Fermer la partie par une transition qui ouvre la suivante

    Concluez sur le fait que ce duel s’est mué en club élargi — Chine, Inde, entreprises privées — puis annoncez que cet élargissement pose la question du droit applicable, ce qui prépare l’axe 2. Une transition qui n’annonce rien est une transition perdue.

Résultat : La première partie établit que l’espace est, dès 1957, un instrument d’affirmation de puissance à trois étages — militaire par ses lanceurs, idéologique par sa mise en scène, souverain par les programmes nationaux —, et prépare la question que l’élargissement des acteurs rend urgente : à quelles règles obéit cette conquête ?

Objectif Bac

  • Dater sans hésitation les quatre jalons de la course à l’espace : Spoutnik le 4 octobre 1957, Gagarine en 1961, Apollo 11 le 20 juillet 1969, Chang’e 4 sur la face cachée de la Lune en 2019.
  • Démontrer que la conquête spatiale est indissociable du nucléaire, en partant du lanceur de Spoutnik, un missile balistique.
  • Distinguer militarisation et arsenalisation de l’espace, et donner un exemple concret de la première (satellites d’observation, de télécommunication, de navigation).
  • Caractériser les deux fonctions militaires de l’océan — dissuasion par les SNLE, projection par les porte-avions et les forces amphibies — avec un ordre de grandeur pour chacune.
  • Situer les entreprises privées à leur juste place : citer le traité de 1967 pour montrer qu’elles restent sous la responsabilité juridique de leur État.

Erreurs fréquentes

  • Employer indifféremment « militarisation » et « arsenalisation » de l’espace ; en réalité la première désigne l’usage militaire de satellites d’observation, de communication et de navigation, ancienne et généralisée, la seconde le placement ou le ciblage d’armes, bien plus rare et bien plus contesté.
  • Présenter SpaceX ou Blue Origin comme des acteurs affranchis des États ; en réalité le traité de l’espace de 1967 rend l’État responsable des activités spatiales de ses ressortissants, et ces firmes dépendent des commandes publiques américaines.
  • Écrire que la conquête spatiale a échappé aux États-Unis au profit de la Chine ; en réalité les États-Unis concentrent encore, selon la ressource d’accompagnement du thème, 60 % des investissements civils et 80 % des investissements militaires du secteur.
  • Confondre SNLE et SNA ; en réalité seul le premier emporte des missiles balistiques à charge nucléaire, le second n’étant nucléaire que par sa propulsion et servant au renseignement, à la protection et à la frappe par missiles de croisière.
  • Dresser l’inventaire des matériels sans le relier à une fonction ; en réalité l’attendu de l’épreuve est de montrer en quoi tel bâtiment permet la dissuasion ou la projection — un catalogue de tonnages ne démontre rien.

§ 02

Révision active

Vous disposez de deux documents fictifs à confronter : le discours de John F. Kennedy du 12 septembre 1962 sur la conquête lunaire, et une déclaration d’entreprise du New Space annonçant l’exploitation commerciale des ressources spatiales. Rédigez le paragraphe de confrontation : ce que les deux textes partagent, ce qui les oppose, et ce que leur écart de quarante ans révèle des rapports entre États et acteurs privés.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Éric Frécon, « Les marines nationales, définitions et redéfinitions de leurs missions dans le monde, après la Guerre froide » (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)

§ 03
§ 03

Axe 2 — Enjeux diplomatiques et coopérations#

~12 min de lecture●●○StandardBOHGGSP-Tle-T1-Axe2-Enjeux diplomatiques et coopérations.BOHGGSP-Tle-T1-Axe2-Coopérer pour développer la recherche : la station spatiale internationale.BOHGGSP-Tle-T1-Axe2-Rivalités et coopérations dans le partage, l'exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans : de la création des zones économiques exclusives (Convention de Montego Bay) à la gestion commune de la biodiversité (conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, BBNJ : Biological diversity beyond national juridiction).

Points clés

L’axe 2 n’est pas l’envers apaisé de l’axe 1 : c’est le même monde, vu depuis la table de négociation. La question de l’inspection est explicite — comment répondre aux enjeux géopolitiques de la découverte et de l’exploitation de l’espace, des mers et des océans ? Les États y sont à la fois les conquérants et les législateurs de leur propre conquête ; c’est cette double casquette qui explique à la fois la solidité des textes et la faiblesse de leur application.
Le droit de la mer s’est construit lentement, contre les usages des grandes puissances (voir Fig. 5). Jusqu’au XXe siècle, la mer territoriale s’étendait sur trois milles marins — la portée d’un canon. Après 1945, la revendication d’une bande de 200 milles, née en Amérique latine, gagne les États nouvellement indépendants : dès 1977, cinquante et un États ont porté leurs limites à 200 milles, y compris des puissances maritimes jusque-là hostiles. Les deux premières conférences des Nations unies échouent — celle de 1958 accouche des quatre conventions de Genève, celle de 1960 manque d’une seule voix l’adoption des 12 milles. Le tournant est un discours : en 1967, Arvid Pardo, représentant permanent de Malte, appelle à une « Constitution des océans ». La troisième conférence, convoquée en 1973, siège onze sessions avec les diplomates de cent soixante États et adopte pour la première fois le principe du consensus dans une grande conférence internationale. Elle aboutit le 10 décembre 1982 à la signature de la convention des Nations unies sur le droit de la mer à Montego Bay, en Jamaïque ; cent dix-sept pays signent, dont la France ; l’entrée en vigueur suit en 1994, après la soixantième ratification.

Négocier le droit des mers et de l’espace

Négocier le droit des mers et de l’espaceFrise chronologique de 1955 à 2030, 1958: Genève I, 1967: Traité espace, 1982: Montego Bay, 1994: CNUDM en vigueur, 1998: ISS, 2023: Accord BBNJ, 2026: BBNJ en vigueur, 1973–1982: 3e conférence, 2004–2023: Processus BBNJ19552030année3e conférenceProcessus BBNJ1958Genève I1967Traité espace1982Montego Bay1994CNUDM en vigueur1998ISS2023Accord BBNJ2026BBNJ en vigueur
Fig. 5Soixante-dix ans de négociation continue : la chronologie montre que le droit de ces espaces n’a jamais été un acquis, mais un chantier — le repère mis en relief est le plus récent.
Fig. 5 ↓
La convention n’a pas seulement tracé des lignes : elle a créé des institutions (voir Fig. 6). L’Autorité internationale des fonds marins administre « la Zone » au nom de l’humanité et avait délivré une trentaine de contrats de prospection en 2020, notamment dans la zone de fracture de Clarion-Clipperton. La Commission des limites du plateau continental, prévue en 1982 et installée en 1997, instruit les demandes d’extension au-delà des 200 milles. Le Tribunal international du droit de la mer, en service depuis 1996, avait jugé vingt-neuf affaires en 2020 ; l’article 279 oblige les États à régler pacifiquement leurs différends, et ce sont souvent des pays en développement — Sénégal, Malaisie, Costa Rica, Pérou, Bangladesh — qui ont saisi ces voies. Le droit de la mer judiciarise les rapports de force et, ce faisant, les atténue.

Ce que la convention de Montego Bay a institué

Ce que la convention de Montego Bay a instituéGraphe, CNUDM 1982 → États côtiers : ZEE, CNUDM 1982 → AIFM : la Zone, CNUDM 1982 → TIDM : différends, CNUDM 1982 → CLPC : plateau étendu, CNUDM 1982 → Accord BBNJ 2023CNUDM 1982États côtiers :ZEEAIFM : la ZoneTIDM :différendsCLPC : plateauétenduAccord BBNJ 2023
Fig. 6La convention de 1982 n’a pas seulement tracé des limites : elle a créé les organes qui les font vivre — et un accord de 2023 est venu compléter l’édifice sur la haute mer.
Fig. 6 ↓
La coopération spatiale a sa preuve massive : la Station spatiale internationale, assemblée depuis 1998. Elle a résolu quatre défis à la fois. Scientifique — laboratoire en microgravité où se préparent les futures missions martiennes, elle a pris la suite du Skylab américain abandonné en 1979 faute de crédits, et l’Europe y tient une place croissante avec le laboratoire Columbus assemblé depuis 2008. Financier — l’assemblage a coûté environ cent milliards de dollars, dont près de soixante-quinze pour la seule NASA, ce qui a contraint Washington à s’associer dès le milieu des années 1980 l’Europe, le Japon et le Canada. Technologique — la Russie, qui rejoint le programme en 1993 sur invitation adressée par George Bush à Boris Eltsine en 1992, apporte une expérience unique des stations orbitales, de Saliout 1 en 1971 à Mir mise en orbite en 1986. Géopolitique enfin — la station est pensée pour effacer progressivement les rivalités de la guerre froide, et la Russie accepte de désorbiter Mir en mars 2001 en échange de son intégration. La preuve la plus forte de cette robustesse est négative : la coopération n’a été suspendue ni par l’annexion de la Crimée en 2014 ni par les sanctions qui l’ont suivie.
Le chantier ouvert, c’est la haute mer. Elle représente environ 64 % des espaces maritimes, soit 230 millions de kilomètres carrés et 45 % de la surface du globe, quand les zones économiques exclusives n’en couvrent que 36 %. Or l’Autorité internationale des fonds marins n’avait reçu mandat que pour les ressources minérales, non pour les ressources vivantes, dont on ne connaît que 10 à 20 %. Les pays technologiquement avancés y voient un gisement de brevets ; les autres redoutent d’en être exclus. C’est l’objet de la conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale — l’accord BBNJ —, discutée aux Nations unies depuis 2004 et négociée sur quatre thèmes : les ressources génétiques marines et le partage de leurs avantages, les outils de gestion par zone dont les aires marines protégées de haute mer, les études d’impact environnemental, et le transfert de technologie.
Ce chantier vient d’aboutir, et c’est le fait le plus récent du thème. L’accord BBNJ a été adopté à New York le 19 juin 2023 et ouvert à la signature le 20 septembre suivant. Son article 68 prévoyait une entrée en vigueur cent vingt jours après le dépôt du soixantième instrument de ratification : la troisième conférence des Nations unies sur l’Océan, tenue à Nice du 9 au 13 juin 2025 et coorganisée par la France et le Costa Rica, en avait accéléré la ratification. L’accord est entré en vigueur le 17 janvier 2026 ; au 7 août 2026, la Collection des traités des Nations unies dénombre 145 signataires et 93 parties — dont la France, qui a ratifié le 5 février 2025, et la Chine, le 15 décembre 2025. Le désaccord se déplace aussitôt : trente-sept États soutenaient à Nice un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds, quand d’autres, dont les États-Unis et la Chine, y sont favorables.
Reste la limite, qui est la matière de vos nuances. Tous les États ne sont pas parties aux mêmes textes : les États-Unis n’ont pas ratifié la convention de 1982, notamment pour ne pas relever du Tribunal international du droit de la mer, tout en s’appuyant sur elle pour faire valoir la liberté de navigation. Et le droit ne dispose d’aucune force contraignante automatique : saisie en avril 2013 par les Philippines, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a rendu le 12 juillet 2016 une sentence jugeant que les îlots des Spratleys, au sens de l’article 121 de la convention, ne sont que des rochers — donc sans zone économique exclusive ni plateau continental. Pékin l’a rejetée. Concluez donc toujours de la même manière : le droit encadre réellement, il ne s’impose pas toujours.

Vocabulaire

→ Cartes
  • CNUDMConvention des Nations unies sur le droit de la mer, dite convention de Montego Bay, signée le 10 décembre 1982 et entrée en vigueur en 1994.
  • Patrimoine commun de l’humanitéStatut juridique de « la Zone », les fonds marins situés au-delà des juridictions nationales : inappropriable, exploitée au bénéfice de tous sous le contrôle d’une autorité internationale.
  • Accord BBNJAccord des Nations unies sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, adopté le 19 juin 2023 et entré en vigueur le 17 janvier 2026.
  • Aire marine protégéeEspace maritime délimité où les activités humaines sont réglementées afin de conserver les écosystèmes ; l’accord BBNJ permet d’en créer en haute mer.
  • TIDMTribunal international du droit de la mer, institué par la convention de 1982 et en service depuis 1996, chargé de trancher les différends maritimes entre États.
  • Res communis maritimePrincipe de l’article 89 de la convention de 1982 : aucun État ne peut soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté.
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Exemple corrigé

Étude critique : un extrait de l’appel d’Arvid Pardo (1967)

Document — extrait reformulé du discours prononcé le 1er novembre 1967 aux Nations unies par Arvid Pardo, représentant permanent de Malte : « Les fonds des mers, au-delà des juridictions nationales, sont la propriété commune de l’humanité. Leur exploitation ne doit pas devenir le privilège des rares États qui possèdent la technique de les atteindre, mais servir à construire un monde plus pacifique, plus coopératif et plus équitable. » Consigne : montrez ce que ce texte demande, à qui il s’adresse, et ce que soixante ans de pratique en ont fait.

  1. 01Présenter le document en le situant

    Un discours diplomatique, prononcé à la tribune des Nations unies par le représentant d’un très petit État, à un moment où les progrès techniques rendent les grands fonds atteignables. La nature du document commande la lecture : ce n’est ni un traité ni un constat, c’est une revendication adressée à une assemblée.

  2. 02Analyser la demande, mot à mot

    « Propriété commune de l’humanité » : la formule anticipe le statut de patrimoine commun que la convention de 1982 donnera à « la Zone ». « Le privilège des rares États qui possèdent la technique » : Pardo désigne l’inégalité d’accès, non l’absence de règles. « Plus équitable » : la revendication est celle des pays du Sud, en pleine décolonisation.

  3. 03Mesurer ce que la pratique en a fait

    L’appel a réussi : il conduit à la convocation en 1973 de la troisième conférence, puis à la convention du 10 décembre 1982 et à la création de l’Autorité internationale des fonds marins. Il a partiellement échoué : le mandat de cette autorité ne portait que sur les ressources minérales, laissant les ressources vivantes de la haute mer sans statut jusqu’à l’accord BBNJ.

  4. 04Porter le regard critique

    Un discours n’est pas un état du monde. Celui-ci tait ce qui va coûter le plus cher : l’absence de force contraignante. Il faut donc le confronter à un cas contraire — la sentence du 12 juillet 2016 sur la mer de Chine méridionale, que Pékin a rejetée. Le document dit un projet ; l’histoire dit son rendement.

  5. 05Formuler la réponse à la problématique

    La problématique pouvait être : la haute mer peut-elle être gouvernée au nom de l’humanité ? Le document permet de répondre qu’elle l’a été partiellement, et seulement pour ce que les États ont accepté de placer sous mandat commun — le reste ayant attendu quarante ans de plus.

Résultat : Le discours de Pardo est à la fois l’acte de naissance du patrimoine commun de l’humanité et la mesure de ses limites : il a produit une convention et des institutions, mais il aura fallu attendre l’accord BBNJ, entré en vigueur le 17 janvier 2026, pour que la biodiversité de la haute mer reçoive enfin un statut — preuve que la coopération avance, lentement, et seulement là où les États y consentent.

Explication pas à pas6 étapes
  1. 1

    La difficulté du thème tient en une phrase : ces espaces sont à la fois très encadrés par le droit et très mal protégés par lui. Comprendre pourquoi, c’est comprendre tout l’axe 2.

  2. 2

    Premier temps : le droit existe, et il est ambitieux. Le traité de l’espace de 1967 interdit toute appropriation des corps célestes ; la convention de Montego Bay de 1982 découpe les zones maritimes et déclare les grands fonds patrimoine commun de l’humanité.

  3. 3

    Deuxième temps : ce droit a fabriqué des institutions vivantes. L’Autorité internationale des fonds marins administre « la Zone » ; le Tribunal international du droit de la mer, en service depuis 1996, avait jugé vingt-neuf affaires en 2020, souvent saisi par des pays en développement.

  4. 4

    Troisième temps : il a même produit une coopération durable. La Station spatiale internationale, assemblée depuis 1998, n’a été suspendue ni par l’annexion de la Crimée en 2014 ni par les sanctions qui l’ont suivie.

  5. 5

    Quatrième temps, et c’est le point de bascule : ce droit ne dispose d’aucune force contraignante automatique. La sentence du 12 juillet 2016 a jugé les revendications chinoises en mer de Chine méridionale sans fondement ; Pékin l’a rejetée, sans qu’aucune conséquence juridique s’ensuive.

  6. 6

    Conclusion à retenir pour la copie : le droit international n’est pas un arbitre au-dessus des États, c’est un accord entre eux. Il progresse — l’accord BBNJ est entré en vigueur le 17 janvier 2026 — mais il ne progresse que là où les États acceptent qu’il progresse.

Objectif Bac

  • Dater la construction du droit de la mer en trois temps : appel d’Arvid Pardo en 1967, signature de Montego Bay le 10 décembre 1982, entrée en vigueur en 1994.
  • Citer un jalon récent que peu de copies connaîtront : l’accord BBNJ, adopté le 19 juin 2023, entré en vigueur le 17 janvier 2026.
  • Nommer les institutions nées de la convention de 1982 — Autorité internationale des fonds marins, Commission des limites du plateau continental, Tribunal international du droit de la mer — au lieu de parler vaguement de « l’ONU ».
  • Analyser la Station spatiale internationale par les quatre défis qu’elle résout — scientifique, financier, technologique, géopolitique — plutôt que par la liste de ses expériences.
  • Justifier la limite du droit international par un cas précis et daté : la sentence du 12 juillet 2016 rejetée par la Chine.

Erreurs fréquentes

  • Présenter le droit de la mer comme un processus achevé en 1982 ; en réalité la négociation s’est poursuivie sur la haute mer, jusqu’à l’accord BBNJ adopté en 2023 et entré en vigueur le 17 janvier 2026.
  • Réduire la convention de Montego Bay à un tracé de limites ; en réalité elle a institué des organes de gouvernance — Autorité internationale des fonds marins, Commission des limites du plateau continental, Tribunal international du droit de la mer — qui sont l’essentiel de son apport.
  • Écrire que les États-Unis ignorent la convention de 1982 ; en réalité ils ne l’ont pas ratifiée mais s’en réclament couramment pour faire respecter la liberté de navigation.
  • Attribuer la coopération de la Station spatiale internationale à une simple bonne volonté scientifique ; en réalité elle naît d’une contrainte financière — environ cent milliards de dollars d’assemblage — et d’un calcul géopolitique d’après-guerre froide.
  • Opposer l’axe 1 et l’axe 2 comme deux mondes séparés ; en réalité les mêmes États coopèrent et s’affrontent simultanément, et une copie qui les cloisonne manque l’objet même du thème.

§ 03

Révision active

Construisez, sur deux colonnes et en une page, le dossier documentaire que vous donneriez à un camarade : à gauche, trois faits qui prouvent que ces espaces sont régulés ; à droite, trois faits qui prouvent que cette régulation reste tributaire des rapports de force. Chaque fait doit être daté et sourçable. Terminez par la phrase de synthèse que ce dossier autorise, et par une phrase qu’il ne permet pas d’écrire.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Accord se rapportant à la CNUDM et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale — état des ratifications (Collection des traités des Nations unies) · Clara Loïzzo, « UNOC-3 à Nice : quelles avancées en matière de protection des océans ? » (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO)

§ 04
§ 04

Objet de travail conclusif — La Chine : à la conquête de l’espace, des mers et des océans#

~11 min de lecture●●●ApprofondissementBOHGGSP-Tle-T1-OTC-La Chine : à la conquête de l’espace, des mers et des océans.BOHGGSP-Tle-T1-OTC-Une volonté politique d’affirmation (discours, investissements, appropriations…).BOHGGSP-Tle-T1-OTC-Des enjeux économiques et géopolitiques considérables pour la Chine et le reste du monde.

Points clés

L’objet de travail conclusif n’est pas un chapitre supplémentaire : c’est le thème entier ramené à un cas. La question posée par l’inspection est simple — comment la Chine affirme-t-elle sa puissance par la conquête spatiale et maritime ? — et le premier jalon en donne la méthode : suivre le triptyque discours, investissements, appropriations, dont les trois éléments évoluent ensemble (voir Fig. 7).

Discours, investissements, appropriations

Discours, investissements, appropriationsArbre de probabilité, 6 chemins, Données: Discours → Livre blanc 2016; Discours → « Rêve de renaissance »; Investissements → Tiangong, Beidou; Investissements → Porte-avions; Appropriations → Îles artificielles; Appropriations → Ports : Gwadar, PiréeDiscoursInvestissementsAppropriationsLa conquête chinoiseLivre blanc 2016« Rêve de renaissance »Tiangong, BeidouPorte-avionsÎles artificiellesPorts : Gwadar, Pirée
Fig. 7Le triptyque du premier jalon, illustré : les trois registres progressent ensemble, et c’est le troisième — mis en relief — qui transforme une ambition proclamée en fait accompli.
Fig. 7 ↓
La ressource d’accompagnement propose une périodisation en trois temps séparés de trente ans chacun, et c’est le meilleur plan possible. De 1956 à 1986, la Chine cherche la souveraineté : la Cinquième Académie de recherche du ministère de la Défense, créée en 1956, un an après Bandung, marque son indépendance vis-à-vis des deux Grands ; le premier satellite chinois, Dong Fang Hong, part de Jiuquan en 1970 et fait d’elle le cinquième pays capable d’en mettre un en orbite — tout en diffusant le chant patriotique dont il porte le nom. En mer, la Déclaration du gouvernement sur la mer territoriale du 4 septembre 1958 revendique douze milles à partir de lignes de base continentales et insulaires ; la marine n’a alors qu’une mission de défense côtière, la mer restant, depuis les Ming, un glacis protecteur.
De 1986 à 2016, ces espaces changent de statut : de vecteurs de souveraineté, ils deviennent vecteurs de puissance. Dans l’espace, le programme « 863 », lancé en mars 1986, fixe deux objectifs — le vol habité et une station. Le premier vaisseau Shenzhou part en 1999 pour le cinquantenaire du régime ; Shenzhou 5 fait de la Chine, en 2003, la troisième puissance capable d’envoyer un homme dans l’espace ; Shenzhou 8 puis 9 réalisent en 2011 l’amarrage à la première station chinoise, Tiangong 1. En mer, l’amiral Liu Huaqing impose en 1986 la doctrine de la défense au large : la Chine investit dans une flotte hauturière de frégates et de destroyers, se hisse au troisième rang mondial dès 2008 et s’impose comme deuxième flotte de guerre du monde en 2016 (voir Fig. 8). Les appropriations suivent : en 1988, l’installation d’une station météorologique dans les Spratleys coûte la vie à au moins cent quarante soldats vietnamiens.

La flotte de guerre chinoise, du littoral au large

La flotte de guerre chinoise, du littoral au largeDiagramme en colonnes: milliers de tonnes, Données: Tonnage de la flotte de guerre · vers 1990: 100; Tonnage de la flotte de guerre · 2008: 847; Tonnage de la flotte de guerre · 2016: 1200020040060080010001200vers 1990200820161008471200milliers de tonnes
Fig. 8Tonnage de la flotte de guerre chinoise, en milliers de tonnes. Ordres de grandeur donnés par la ressource d’accompagnement Éduscol du thème (août 2020) : un peu plus de 100 000 tonnes au départ des investissements hauturiers, 847 000 tonnes en 2008 — troisième rang mondial —, un peu plus de 1,2 million de tonnes en 2016, deuxième flotte du monde. La première valeur est approximative.
Fig. 8 ↓
Depuis 2016, l’échelle est mondiale. Le livre blanc « Les activités spatiales de la Chine en 2016 » énonce l’ambition de faire du pays la première puissance spatiale à l’horizon 2045, avec une base lunaire d’abord robotisée puis habitée. Le quatrième site de lancement, Wenchang, est inauguré en 2016 pour plus de huit cents millions de dollars ; en 2019, la Chine réussit un tir depuis une plateforme mobile en mer Jaune, capacité que seuls les États-Unis et la Russie possédaient, et surtout pose Chang’e 4 sur la face cachée de la Lune — une première mondiale. Elle déploie son système de navigation Beidou, alternative souveraine au GPS, et s’est imposée depuis 2018 comme le premier lanceur orbital du monde, ce qui a contraint l’Agence spatiale européenne à développer Ariane 6 pour un coût nominal inférieur de 40 % à celui d’Ariane 5. Notez que la Chine n’est pas partenaire de la Station spatiale internationale : sa station, Tiangong, est aussi une réponse à cette absence.
En mer de Chine méridionale, la stratégie est celle du fait accompli. La revendication chinoise s’appuie sur une ligne discontinue — neuf traits, portés à dix depuis 2023 — dont Pékin n’a jamais précisé le contenu juridique, ce qui a fini par exaspérer ses voisins. En avril 2013, les Philippines saisissent la voie arbitrale ; la Cour permanente d’arbitrage de La Haye rend le 12 juillet 2016 une sentence qui leur donne largement raison : au sens de l’article 121 de la convention de 1982, les îlots des Spratleys ne peuvent entretenir de vie économique propre et ne sont donc que des rochers, ouvrant droit à une mer territoriale de douze milles mais ni à une zone économique exclusive ni à un plateau continental. La Chine a rejeté la sentence — puis, sans la reconnaître, a déplacé son discours : elle ne parle plus d’îles individuelles ni de la ligne, mais de « quatre archipels » censés générer des espaces maritimes. Entre-temps, la poldérisation a créé des îles artificielles pourvues de phares, de pistes et de garnisons, ce qu’un amiral américain a nommé en 2015 une « grande muraille de sable ».
À l’échelle des océans, l’instrument est économique. L’initiative des nouvelles routes de la soie, lancée par Xi Jinping en 2013, se traduit en mer par les investissements de grands conglomérats — Cosco, China Merchant — dans des ports qui sont autant de points d’appui civils et militaires : Le Pirée en Grèce, Gwadar au Pakistan, Hambantota au Sri Lanka, cédé à la Chine en juin 2017. Pékin ne cache plus son ambition de « routes de la soie polaires » pour diversifier ses approvisionnements en hydrocarbures et en minerais ; les prêts consentis à l’Islande après la crise de 2008 lui ont valu en 2013 un siège d’observateur au Conseil de l’Arctique. Le système, présenté comme gagnant-gagnant, inquiète jusque chez ses partenaires, qui parlent de piège de la dette.
Concluez par les effets, sur la Chine et sur le reste du monde — c’est la lettre du second jalon. La conquête spatiale sert le développement économique et la souveraineté ; la Force de soutien stratégique de l’Armée populaire de libération, qui réunit les capacités spatiales et cyber, constitue à elle seule un instrument de dissuasion. La conquête maritime sécurise les approvisionnements et les exportations. Mais l’ensemble se double d’une montée en puissance dans les institutions : Pékin est devenue la deuxième contributrice au budget des opérations de maintien de la paix des Nations unies avec 15 % des apports, et un ressortissant chinois dirige l’Union internationale des télécommunications depuis 2014 — organisation qui attribue les orbites de satellites. Gardez-vous toutefois du piège que signale l’inspection : lire cette stratégie à travers le seul prisme de la menace, c’est cesser de l’analyser.

Vocabulaire

→ Cartes
  • Ligne en neuf traitsTracé discontinu par lequel la Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, sans en avoir jamais précisé le contenu juridique ; porté à dix traits depuis 2023.
  • Île artificielleRécif remblayé et équipé par poldérisation ; au regard de la convention de 1982, une telle construction ne crée aucun droit maritime nouveau.
  • Belt and Road InitiativeInitiative des nouvelles routes de la soie, lancée par Xi Jinping en 2013, visant à relier la Chine au monde par des réseaux terrestres et maritimes.
  • Marine de haute merMarine capable d’opérer durablement loin de ses côtes, par opposition à une marine de défense côtière ; la Chine y accède à partir de la doctrine de 1986.
  • Piège de la detteSituation où un État endetté auprès d’un créancier étranger doit lui céder le contrôle d’une infrastructure stratégique, comme le port sri-lankais de Hambantota en 2017.
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Exemple corrigé

Étude critique : une carte de la mer de Chine méridionale

Document — carte de la mer de Chine méridionale figurant la ligne discontinue revendiquée par la Chine, les archipels des Paracels et des Spratleys, les îlots poldérisés et les zones économiques exclusives revendiquées par le Vietnam, les Philippines et la Malaisie. Consigne : montrez en quoi cette carte donne à voir une stratégie de puissance qui s’écarte du droit de la mer, et indiquez ce qu’elle ne montre pas.

  1. 01Identifier ce qu’est réellement le document

    Une carte de revendications, non une carte de frontières reconnues. La différence commande toute l’analyse : les tracés qu’elle porte sont des prétentions d’acteurs, et la carte elle-même est un instrument de la revendication — la ligne discontinue est apparue dans un atlas de la fin des années 1940 avant d’être reprise par la République populaire.

  2. 02Localiser et nommer avec précision

    Ne dites pas « la zone » : nommez les Paracels, disputées avec le Vietnam, et les Spratleys, disputées avec le Vietnam, les Philippines et la Malaisie ; situez les récifs poldérisés ; rappelez que cette mer est traversée par des routes commerciales majeures et bordée de gisements d’hydrocarbures et de zones de pêche.

  3. 03Confronter le tracé au droit

    La ligne excède très largement les 200 milles marins qu’autorise une zone économique exclusive. La sentence rendue le 12 juillet 2016 par la Cour permanente d’arbitrage, saisie par les Philippines en avril 2013, a jugé que les îlots des Spratleys ne sont que des rochers au sens de l’article 121 : ils n’ouvrent droit qu’à douze milles de mer territoriale. La Chine a rejeté la sentence.

  4. 04Analyser la stratégie que la carte rend visible

    Poldériser, construire un phare, une piste, une garnison : chaque installation crée un fait sur le terrain, sans jamais déclencher d’affrontement ouvert. C’est l’escalade sans le déclenchement, ce qui rend la réponse des voisins et de la communauté internationale particulièrement difficile à calibrer.

  5. 05Dire ce que la carte ne montre pas

    Elle ne montre ni le déplacement du discours chinois — depuis 2016, Pékin argumente en termes de « quatre archipels » plutôt qu’en termes d’îles ou de ligne —, ni les rapports de force navals qui rendent la revendication tenable, ni les intérêts des États tiers, États-Unis en tête, qui invoquent la liberté de navigation. Une étude critique nomme les silences du document.

Résultat : La carte documente une stratégie d’appropriation par le fait accompli, contraire à la lecture de la convention de 1982 retenue par la sentence de 2016 ; mais, parce qu’elle ne figure qu’un tracé, elle doit être complétée par le déplacement du discours chinois et par le rapport de force naval qui, seuls, expliquent pourquoi une revendication invalidée en droit reste effective sur l’eau.

Explication pas à pas6 étapes
  1. 1

    L’objet de travail conclusif se traite en trois temps de trente ans, et cette périodisation est la meilleure défense contre le piège le plus courant : croire que tout commence avec Xi Jinping.

  2. 2

    De 1956 à 1986, la Chine cherche la souveraineté. Elle crée son programme spatial en 1956, un an après Bandung, lance Dong Fang Hong en 1970, et proclame en 1958 une mer territoriale de douze milles. Sa marine ne fait que défendre ses côtes.

  3. 3

    De 1986 à 2016, ces espaces deviennent des vecteurs de puissance. Le programme « 863 » vise le vol habité ; Shenzhou 5 envoie un homme dans l’espace en 2003. En mer, la doctrine de la défense au large fait passer la flotte de guerre au deuxième rang mondial en 2016.

  4. 4

    Depuis 2016, l’échelle est mondiale : Chang’e 4 se pose sur la face cachée de la Lune en 2019, Beidou concurrence le GPS, et les routes de la soie maritimes essaiment des ports d’appui du Pirée à Hambantota.

  5. 5

    Le point de tension est daté : le 12 juillet 2016, la sentence arbitrale juge les îlots des Spratleys sans droit à une zone économique exclusive. Pékin la rejette et poursuit la poldérisation.

  6. 6

    La formule à retenir pour la copie : la Chine réunit à elle seule les deux axes du thème — elle affirme sa puissance comme dans l’axe 1, et elle éprouve les limites du droit comme dans l’axe 2. C’est pour cela qu’elle est l’objet conclusif.

Objectif Bac

  • Contextualiser la conquête chinoise sur la longue durée, et non sur la seule dernière décennie : partir de 1956 et de la Déclaration de 1958, non de Xi Jinping.
  • Articuler les trois volets du jalon — discours, investissements, appropriations — en donnant pour chacun un exemple daté.
  • Dater et énoncer la portée de la sentence du 12 juillet 2016 : les îlots des Spratleys sont des rochers au sens de l’article 121, sans zone économique exclusive ni plateau continental.
  • Distinguer les trois échelles de l’affirmation chinoise : l’espace, la mer de Chine méridionale, puis les océans mondiaux par les routes maritimes et polaires.
  • Analyser les effets sur le reste du monde sans se limiter à la menace : citer un partenaire qui y trouve un intérêt et un partenaire qui s’en inquiète.

Erreurs fréquentes

  • Faire commencer l’affirmation chinoise aux années 2010 ; en réalité le programme spatial date de 1956 et la revendication maritime de la Déclaration du 4 septembre 1958 — l’inspection signale explicitement ce raccourci comme un piège.
  • Écrire que la Chine a été exclue de la Station spatiale internationale ; en réalité elle n’en a jamais été partenaire — les partenaires sont les États-Unis, la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada — et Tiangong est sa réponse propre à cette absence.
  • Parler de la « ligne en neuf traits » comme d’une revendication juridiquement explicitée ; en réalité Pékin n’en a jamais précisé le contenu, et depuis 2016 son discours officiel s’est déplacé vers la notion de « quatre archipels ».
  • Présenter la sentence de 2016 comme ayant tranché la souveraineté sur les îles ; en réalité elle a statué sur le statut juridique des îlots au regard de l’article 121, donc sur les espaces maritimes qu’ils peuvent ou non générer.
  • Traiter les routes de la soie maritimes comme un plan minutieusement programmé ; en réalité la doctrine est établie mais les modalités de mise en œuvre n’ont jamais été énoncées, ce qui laisse à Pékin une latitude que la ressource d’accompagnement souligne.

§ 04

Révision active

Rédigez la conclusion — et elle seule — d’une dissertation intitulée « La Chine, une puissance à la conquête de l’espace, des mers et des océans ». Elle doit répondre en trois phrases à une problématique que vous rappellerez, puis proposer une ouverture qui ne soit ni une question rhétorique ni un pronostic : appuyez-la sur un fait daté extérieur au cas chinois.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Frédéric Lasserre et Olga Alexeeva, « Carte à la une. En mer de Chine méridionale, le jeu politique de l’interprétation du droit de la mer » (Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)

§ 05
§ 05

Méthode — Disserter et étudier un document sur les nouveaux espaces de conquête#

~10 min de lecture●●○StandardBOHGGSP-Tle-T1-Axe1-Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités.BOHGGSP-Tle-T1-Axe2-Enjeux diplomatiques et coopérations.BOHGGSP-Tle-T1-OTC-La Chine : à la conquête de l’espace, des mers et des océans.

Points clés

Avant toute méthode, sachez exactement ce qui vous attend. L’épreuve écrite de spécialité dure quatre heures et compte pour un coefficient 16. Elle comporte deux exercices notés chacun sur dix points : une dissertation, et une étude critique d’un ou deux documents. Ces deux nombres commandent votre gestion du temps mieux que n’importe quel conseil.
La structure du sujet réserve deux bonnes nouvelles, que beaucoup de candidats découvrent le jour même. D’une part, vous avez le choix entre deux sujets de dissertation, portant chacun sur un thème distinct du programme. D’autre part, l’étude critique porte sur un thème qui n’est celui d’aucun des deux sujets de dissertation : trois thèmes différents sont donc mobilisés par un même sujet. Ce thème, traité en début d’année, peut apparaître à n’importe laquelle de ces trois places.
Le fait d’épreuve le plus mal connu est le suivant, et il est écrit noir sur blanc dans la définition ministérielle : « La réalisation d’une illustration en appui du propos (croquis, schéma, etc.) amènera une valorisation de la note ; un fond de carte pourra être fourni si cela est adapté au sujet. La réalisation de cette production graphique n’a aucun caractère obligatoire, et son absence ne peut aucunement pénaliser le candidat. » Autrement dit, un schéma réussi ne peut que vous faire gagner des points (voir Fig. 9). Sur ce thème, le rendement est excellent : une coupe des zones maritimes, un schéma des trois échelles de la conquête chinoise, une frise des textes de 1967 à 2026 se dessinent en dix minutes. Les candidats en situation de handicap moteur ou visuel peuvent, s’ils le souhaitent, ne bâtir qu’une légende détaillée décrivant ce qu’ils auraient fait figurer.

Le plan attendu, et le croquis qui valorise

Le plan attendu, et le croquis qui valoriseArbre de probabilité, 8 chemins, Données: Introduction → Définir, problématiser; Introduction → Annoncer le plan; Développement → I. Puissance; Développement → II. Coopérations; Développement → III. Limites; Conclusion → Répondre puis ouvrir; Croquis facultatif → Valorise la note; Croquis facultatif → Jamais pénalisantIntroductionDéveloppementConclusionCroquis facultatifDissertation (10 points)Définir, problématiserAnnoncer le planI. PuissanceII. CoopérationsIII. LimitesRépondre puis ouvrirValorise la noteJamais pénalisant
Fig. 9La quatrième branche, mise en relief, est celle que les copies oublient : selon la définition de l’épreuve, une illustration en appui du propos valorise la note et son absence ne peut aucunement pénaliser le candidat.
Fig. 9 ↓
La dissertation se joue en trois moments. L’introduction accroche, définit les termes, pose une problématique et annonce le plan ; le développement, en deux ou trois parties, mobilise notions, acteurs, échelles et exemples datés ; la conclusion répond à la problématique et ouvre. La définition de l’épreuve précise l’attendu : montrer que vous maîtrisez des connaissances et savez les sélectionner, que vous savez les organiser pour traiter le sujet, et que vous avez acquis des capacités d’analyse et de réflexion. Le verbe « sélectionner » est le plus exigeant des trois : réciter tout ce que l’on sait est le contraire de ce que l’on demande.
Sur ce thème précisément, le meilleur plan articule les deux axes au lieu de les juxtaposer. Un plan qui traite d’abord la puissance et les rivalités, puis la coopération et le droit, puis leur coexistence et ses limites — souvent illustrée par le cas chinois — vaut mieux qu’un plan « puissance / coopération » qui laisse le lecteur choisir. Retenez la formule : sur ces espaces, il faut penser « puissance ET coopération », jamais « puissance OU coopération ». Les repères que vous placerez dans chaque partie sont peu nombreux et doivent être sûrs : 1957, 1961, 1969 pour la première ; 1967, 1982, 1994, 1998 et 2026 pour la deuxième ; 2016 et la mer de Chine méridionale pour la troisième.
L’étude critique suit une démarche en trois temps qu’il ne faut jamais confondre (voir Fig. 10). Présenter : nature, auteur, date, contexte, et surtout ce que le titre du sujet indique. Analyser : comprendre le sens général, sélectionner les informations, les hiérarchiser, les expliciter à l’aide de vos connaissances. Critiquer : prendre du recul en réponse à votre problématique, en vous appuyant à la fois sur le contenu du document et sur vos connaissances personnelles. Les deux fautes symétriques sont bien identifiées : paraphraser, c’est rester au premier temps ; plaquer le cours, c’est sauter le deuxième. Avec deux documents de nature différente, ajoutez le travail de confrontation — convergences, divergences, complémentarités.

Les trois temps de l’étude critique

Les trois temps de l’étude critiquepyramide, 3 niveaux, Données: Présenter, Analyser, CritiquerPrésenternature, auteur, date, contexteAnalysersélectionner, expliciter, hiérarchiserCritiquerportée, intérêt, limites, point de vue
Fig. 10Les trois opérations se succèdent sans jamais se confondre ; c’est le sommet, mis en relief, qui départage les copies — la définition de l’épreuve l’appelle « prendre un recul critique ».
Fig. 10 ↓
Une carte appelle une lecture méthodique. Repérez d’abord la légende, l’échelle et la date ; localisez et nommez précisément — archipels, détroits, lignes de revendication —, car un document localisé mais non nommé ne prouve rien ; interprétez enfin les dynamiques : flux, tensions, stratégies. N’oubliez jamais qu’une carte de revendications n’est pas une carte de frontières reconnues, et qu’elle porte le point de vue de qui l’a tracée. La question à se poser en dernier est celle qui distingue les meilleures copies : que ce document ne montre-t-il pas ?
Deux règles d’examen encadrent enfin votre révision. L’épreuve porte sur le programme de terminale en vigueur ; les notions rencontrées en première mais non approfondies en terminale doivent être connues et mobilisables, mais elles ne peuvent constituer un ressort essentiel du sujet — vous pouvez donc vous en servir, jamais vous y réfugier. Et s’il vous faut passer l’oral de contrôle, sachez qu’il dure vingt minutes après vingt minutes de préparation : vous tirez au sort un sujet comportant deux questions de cours au choix, problématisées, qui ne reprennent pas le libellé du programme et ne portent pas sur la même partie du programme de terminale ; vous répondez dix minutes, puis échangez dix minutes avec le jury. Chaque thème, chaque axe, chaque objet de travail conclusif et chaque jalon peut par ailleurs servir de support au projet du grand oral.

Vocabulaire

→ Cartes
  • ProblématiqueQuestion qui transforme un sujet en problème à résoudre et qui guide la démonstration ; la conclusion doit y répondre explicitement.
  • Étude critique de document(s)Exercice de l’épreuve écrite, noté sur dix points, consistant à présenter un ou deux documents, à les analyser en mobilisant ses connaissances, puis à en évaluer la portée et les limites.
  • CroquisReprésentation cartographique simplifiée et légendée d’une situation géographique ; facultative à l’épreuve, elle valorise la note sans que son absence puisse pénaliser.
  • JalonÉtude de cas obligatoire inscrite au programme sous un axe ou un objet de travail conclusif, et destinée à illustrer et à démontrer sa problématique.
  • Objet de travail conclusifDernière partie d’un thème, qui remobilise sur un cas unique les notions travaillées dans l’introduction et les deux axes.
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Exemple corrigé

Problématiser un sujet et bâtir son plan

Sujet : « Les nouveaux espaces de conquête, entre rivalités et coopérations. » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé, en indiquant à chaque étape la décision de méthode que vous prenez.

  1. 01Analyser les mots du sujet, y compris les petits

    « Nouveaux espaces de conquête » désigne l’océan et l’espace extra-atmosphérique. « Rivalités » renvoie à l’axe 1, « coopérations » à l’axe 2. Le mot décisif est « entre » : il indique une tension à tenir, non un choix à faire. Un sujet qui contient « entre » interdit un plan en deux parties opposées.

  2. 02Écarter les problématiques qui n’en sont pas

    « Ces espaces sont-ils des lieux de rivalité ou de coopération ? » reformule le sujet sans l’ouvrir. Préférez : dans quelle mesure la coopération négociée sur ces espaces parvient-elle à contenir les rivalités qu’y font naître les stratégies de puissance ? La bonne problématique contient déjà l’idée que la réponse sera nuancée.

  3. 03Bâtir un plan qui démontre au lieu d’énumérer

    I. Des espaces investis par des stratégies de puissance — course à l’espace depuis 1957, militarisation des satellites, dissuasion océanique, contrôle des routes et des ressources. II. Des espaces effectivement régulés — traité de 1967, convention de Montego Bay de 1982 entrée en vigueur en 1994, Station spatiale internationale depuis 1998, accord BBNJ entré en vigueur le 17 janvier 2026. III. Une coexistence sous tension, où le droit encadre sans contraindre — la Chine, la ligne discontinue, la sentence du 12 juillet 2016 rejetée.

  4. 04Sécuriser les repères partie par partie

    Deux ou trois dates sûres par partie suffisent, à condition qu’elles soient exactes et localisées. Une date fausse énoncée avec assurance coûte plus cher qu’une date manquante : si vous hésitez entre 1982 et 1984, écrivez « au début des années 1980 » et passez.

  5. 05Décider du croquis, et le décider tôt

    Ce sujet appelle une coupe des zones maritimes ou un schéma en trois blocs — rivalités, régulation, limites. Décidez-en dès le plan et réservez-lui dix minutes, car un croquis improvisé en fin d’épreuve est illisible. Rappelez-vous qu’il ne peut que valoriser la note.

  6. 06Prévoir la conclusion avant de rédiger

    Écrivez, au brouillon, la phrase qui répondra à votre problématique. Si vous ne pouvez pas l’écrire maintenant, votre plan ne démontre rien encore. L’ouverture, elle, doit s’appuyer sur un fait, par exemple le désaccord persistant sur l’exploitation minière des grands fonds.

Résultat : Le sujet appelle un plan dialectique en trois temps — puissance, régulation, coexistence sous tension — commandé par une problématique qui annonce la nuance ; le croquis, décidé dès le plan, ajoute des points sans jamais pouvoir en coûter.

Objectif Bac

  • Mémoriser les paramètres exacts de l’épreuve : quatre heures, coefficient 16, deux exercices notés chacun sur dix points, et un choix entre deux sujets de dissertation.
  • Citer, pour ne jamais l’oublier, la règle du croquis : sa réalisation valorise la note, son absence ne peut aucunement pénaliser le candidat.
  • Construire un plan qui articule les deux axes plutôt que de les juxtaposer, et l’annoncer en une phrase par partie.
  • Distinguer les trois temps de l’étude critique — présenter, analyser, critiquer — et vérifier, en vous relisant, qu’aucun n’a été sauté ni fondu dans un autre.
  • Réviser en sachant que les notions de première doivent être connues et mobilisables, sans jamais pouvoir constituer le ressort essentiel d’un sujet de terminale.

Erreurs fréquentes

  • Réviser l’épreuve sur la base d’une durée de 3 h 30 et d’un exercice noté sur 20 ; en réalité la définition consolidée fixe quatre heures et deux exercices notés chacun sur dix points.
  • Ignorer qu’il y a un choix ; en réalité le candidat choisit entre deux sujets de dissertation portant sur deux thèmes distincts, et l’étude critique porte sur un troisième thème — un thème mal maîtrisé ne condamne donc pas la copie.
  • Croire les thèmes de première hors de l’épreuve écrite de terminale ; en réalité les notions vues en première doivent être connues et mobilisables, mais elles ne peuvent pas constituer un ressort essentiel du sujet.
  • Renoncer au croquis par crainte de le rater ; en réalité la définition de l’épreuve précise que sa réalisation valorise la note et que son absence ne peut aucunement pénaliser — le risque est donc nul et le gain réel.
  • Traiter l’étude critique en paraphrasant le document, ou à l’inverse en récitant le cours ; en réalité l’exercice exige de partir du document, de l’éclairer par les connaissances, puis d’en évaluer la portée et les limites, sans confondre ces trois opérations.

§ 05

Révision active

Chronométrez-vous. En quarante-cinq minutes et sans notes, produisez le plan détaillé de la dissertation « Les nouveaux espaces de conquête : des biens communs ? », puis, en dix minutes supplémentaires, la légende ordonnée du croquis ou du schéma que vous joindriez à cette copie. Comparez ensuite votre plan à celui de la Fig. 9 et notez, pour chaque partie, le repère daté qui vous manquait.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Baccalauréat général — épreuve terminale de l’enseignement de spécialité HGGSP (version consolidée, mai 2024 ; programme d’examen fixé par la note de service du 26-9-2023, NOR MENE2323020N) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Introduction — Océan et espace : quelles spécificités ?○
    • 02Axe 1 — Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités◐
    • 03Axe 2 — Enjeux diplomatiques et coopérations◐
    • 04Objet de travail conclusif — La Chine : à la conquête de l’espace, des mers et des océans●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur les nouveaux espaces de conquête◐

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Des fiches à l'entraînement

De nouveaux espaces de conquête

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~53
min
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol

  • Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)
  • Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 1 « De nouveaux espaces de conquête »
  • Baccalauréat général — épreuve terminale de l’enseignement de spécialité HGGSP (version consolidée, mai 2024 ; programme d’examen fixé par la note de service du 26-9-2023, NOR MENE2323020N)

Géoconfluences — ENS de Lyon / DGESCO

  • Zone économique exclusive (ZEE) — glossaire de Géoconfluences
  • Éric Frécon, « Les marines nationales, définitions et redéfinitions de leurs missions dans le monde, après la Guerre froide »
  • Clara Loïzzo, « UNOC-3 à Nice : quelles avancées en matière de protection des océans ? »
  • Frédéric Lasserre et Olga Alexeeva, « Carte à la une. En mer de Chine méridionale, le jeu politique de l’interprétation du droit de la mer »

Collection des traités des Nations unies

  • Accord se rapportant à la CNUDM et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale — état des ratifications

Voir aussi

  • Analyser les dynamiques des puissances internationalesLa grille de la puissance construite en première, appliquée à deux milieux neufs.
  • Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolutionDissuasion nucléaire et forces de projection : le même arsenal, lu du côté des conflits.
  • L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaireZones économiques exclusives et BBNJ : l’exploitation des ressources marines rejoint la question environnementale.

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Analyser les dynamiques des puissances internationales

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