EuraStudy
Deuxième thème de terminale, « Faire la guerre, faire la paix » articule deux gestes politiques inverses — conduire un affrontement armé, et construire un ordre qui y mette fin — à travers une introduction sur les formes de conflits actuelles, un axe sur la dimension politique de la guerre (de Clausewitz aux « guerres irrégulières », d’Al Qaïda à Daech), un axe sur la construction de la paix (des traités de Westphalie de 1648 aux actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan) et un objet de travail conclusif sur le Moyen-Orient, où les deux mouvements se lisent ensemble.
5 sections~62 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord le vocabulaire-clé (guerre, paix, conflit, violence, sécurité collective, guerre asymétrique, terrorisme) et une dizaine de repères datés sûrs (1648, 1832, 1919, 1945, 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011, 2014) : c'est le socle exigible pour la dissertation comme pour l'étude de document.
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, sachez confronter les modèles théoriques (Clausewitz, guerre asymétrique) à la réalité des conflits actuels et tenir ensemble les deux faces du thème — faire la guerre / faire la paix — en mesurant les limites de la construction de la paix, l'objet conclusif sur le Moyen-Orient servant d'étude de cas transversale qui réinvestit tout le thème.
Profondeur de lecture : Approfondi
Taille du texte : Standard · Interligne : Compact
Toujours charger les médias : désactivé
5 sections25 points clés0 formule25 pièges signalés
Deux grilles pour classer les conflits
Les degrés de la paix
Vocabulaire
→ CartesSujet de dissertation : « Les formes de la guerre ont-elles changé depuis 1945 ? » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé en trois parties, chacune adossée à des repères précis.
« Formes » invite à une typologie (acteurs, conduite, échelles), non à un récit. « Depuis 1945 » fixe la borne : la Charte de l’ONU, la dissuasion nucléaire et la décolonisation redéfinissent le cadre. Le verbe « changer » appelle une réponse nuancée : il faudra mesurer ce qui se déplace et ce qui demeure, sans conclure à une rupture totale.
Formulation possible : dans quelle mesure la diversification des formes de la guerre depuis 1945 a-t-elle déplacé les acteurs et les logiques du conflit sans en abolir la dimension politique ? La question engage déjà la réponse en trois temps : ce qui recule, ce qui monte, ce qui reste.
La guerre déclarée entre armées régulières devient l’exception : dissuasion nucléaire, interdépendance économique, ordre fondé sur la Charte. Mais elle n’a pas disparu — Malouines 1982, Haut-Karabagh 2020 — et la formule juste est celle d’un recul relatif. Une partie qui écrirait « disparition » se disqualifierait dès la première page.
Après 1991, l’affaiblissement des États-nations fait proliférer les guerres civiles et les conflits de moindre intensité. Parallèlement s’impose la guerre irrégulière au sens du programme — guérilla, attentat, opérations spéciales — dont le trait commun est de ne pas s’articuler autour de la bataille, et dont le terrorisme transnational est la forme la plus diffuse.
Sous les formes nouvelles, la définition clausewitzienne tient : les groupes armés poursuivent eux aussi des buts politiques, idéologiques ou religieux, et cherchent à contraindre une volonté adverse. Ce qui change est l’acteur, le front et la fin du conflit — non la nature politique de l’affrontement. C’est le pivot vers l’axe 1.
Résultat : Le sujet appelle un plan en trois temps — recul relatif de l’interétatique, essor de l’infra-étatique et de l’irrégulier, permanence de la dimension politique — et la conclusion doit refuser la fausse alternative « tout a changé » / « rien n’a changé » : ce sont les formes qui se déplacent, pas la fonction politique de la guerre.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la ressource d’accompagnement récuse toute typologie trop rigide et propose de définir un conflit par la lecture que ses acteurs font eux-mêmes du rapport de forces — territorial, militaire, politique, social. Un très bon devoir mobilise cette idée pour relativiser sa propre grille : la Syrie depuis 2011 combine guerre civile, internationalisation et terrorisme transnational, et c’est cette superposition, plus que l’étiquette, qui explique la difficulté du règlement.
Révision active
Construisez, sur une feuille, un schéma légendé (production graphique valorisée à l’épreuve) qui organise les formes de conflits du monde actuel : deux entrées — les acteurs, la conduite —, une légende hiérarchisée en trois niveaux, et pour chaque forme un exemple daté et localisé. Ajoutez un troisième bloc de légende pour les modes de résolution, en distinguant diplomatie, droit international et sécurité collective.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 2 « Faire la guerre, faire la paix » (février 2022) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Guerre — glossaire de Géoconfluences (ressource de géographie de l’ENS de Lyon) (Géoconfluences — ENS de Lyon)
Le système de Clausewitz
Les deux jalons de l’axe 1
Vocabulaire
→ CartesSujet de dissertation : « Le modèle de Clausewitz permet-il encore de penser les conflits contemporains ? » Construisez une réponse nuancée, en vous appuyant sur les deux jalons de l’axe.
Une copie qui critique Clausewitz sans l’avoir exposé ne vaut rien. Posez donc les trois propositions : la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ; elle mêle la passion, l’action et la raison ; elle est un acte de violence destiné à contraindre l’ennemi à exécuter notre volonté. Ajoutez le dédoublement guerre absolue / guerre réelle et les frictions, et datez : De la guerre, publié après la mort de l’auteur en 1832 et 1835.
Le modèle décrit exactement la guerre que Clausewitz a vue : guerre de Sept Ans (1756-1763), guerres napoléoniennes. Un affrontement déclaré entre États, conduit par des armées identifiables autour de la bataille décisive, close par un traité, et soumis à la décision d’un pouvoir politique qui fixe le but et choisit le moment d’arrêter.
Puis dressez la liste des écarts : pas de rapports politiques réguliers entre un réseau terroriste et les États qu’il vise, et refus revendiqué de ces relations ; différence de statut entre les belligérants ; enjeux territoriaux qui ne relèvent pas de la lutte classique entre deux États ; enfin, l’idée que la victoire n’est ni une finalité ni une nécessité pour l’un des camps. La « guerre contre le terrorisme » paraît sans fin et jamais gagnée.
La dimension politique, elle, tient. Al Qaïda poursuit un projet — la lutte contre l’influence américaine, la constitution d’émirats ; Daech en poursuit un autre — l’édification d’un « État du califat » proclamé en 2014. Dans les deux cas, la violence sert un but politique et provoque une riposte : l’interaction que Clausewitz décrit est bien là.
La conclusion doit trancher sans caricaturer. Le modèle reste un instrument de lecture — il oblige à chercher le but politique derrière la violence — mais il ne fournit plus la grille complète d’un conflit sans front ni fin. C’est le sens de l’avertissement d’Holeindre : traiter ces « conflits de ruse » comme des guerres classiques, c’est croire que la force brute suffira à les régler.
Résultat : Réponse : oui, à condition de s’en servir comme d’une question et non d’un gabarit — le modèle clausewitzien reste valide pour ce qu’il affirme (toute guerre sert un but politique) et insuffisant pour ce qu’il présuppose (deux États, un front, une bataille, un traité).
Commençons par l’erreur à éviter. Clausewitz ne dit pas que la politique continue la guerre : il dit l’inverse. La guerre est « la continuation de la politique par d’autres moyens ». Autrement dit, elle est un instrument, jamais une fin.
Deuxième précision, souvent oubliée : au début du XIXe siècle, « la politique » désigne la politique extérieure. La guerre est donc, avec la diplomatie, l’un des deux moyens dont un État dispose pour obtenir ce qu’il veut d’un autre État.
Vient ensuite la partie qui piège les copies : la montée aux extrêmes. Livrée à sa seule logique, la violence tend à s’intensifier jusqu’à l’anéantissement des forces adverses. Clausewitz appelle cela la guerre absolue — une essence théorique, pas une description du réel.
Car la guerre réelle, elle, est freinée par deux choses. D’abord le but politique, qui dit pourquoi l’on se bat et quand l’on s’arrête. Ensuite les frictions : le hasard, la fatigue, l’information incertaine, le brouillard. Confondre les deux niveaux, c’est faire de Clausewitz un théoricien de la guerre totale qu’il n’a jamais été.
Dernier étage : la guerre « mêle la passion, l’action et la raison » — l’opinion, les militaires, le pouvoir politique. Trois forces qui ne pèsent jamais également, et dont le déséquilibre explique presque tous les enlisements.
Retenez donc trois phrases et une distinction : la guerre continue la politique ; elle mêle passion, action et raison ; elle contraint l’ennemi à exécuter notre volonté. Et surtout : guerre absolue n’est pas guerre réelle. Avec cela, vous pouvez affronter n’importe quel sujet de l’axe 1.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la ressource d’accompagnement suggère de tester point par point les principes que Clausewitz tire de Frédéric II et de Napoléon. La quête de la bataille décisive n’a plus de sens face à un adversaire disséminé qui la refuse ; la mobilité et la surprise changent de camp ; la supériorité de la défensive se vérifie dans la guérilla sur de vastes territoires accidentés, beaucoup moins quand un groupe se fixe sur un territoire à défendre — c’est l’un des ressorts de la défaite territoriale de Daech ; et l’anéantissement des forces adverses devient hors d’atteinte dans un contexte de dissémination des armements et de forte motivation idéologique.
Révision active
Étude critique de document : on vous soumet un extrait de De la guerre où Clausewitz énonce que la guerre est « un acte de violence destiné à contraindre l’ennemi à exécuter notre volonté » et qu’elle « mêle la passion, l’action et la raison ». Présentez le document (nature, auteur, date de rédaction et de publication, contexte des guerres napoléoniennes), montrez ce qu’il apporte à la compréhension de la dimension politique de la guerre, puis évaluez sa portée à partir d’un conflit irrégulier de votre choix, en disant précisément où le modèle tient et où il cède.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 2 « Faire la guerre, faire la paix » (février 2022) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Éric Weil, « Guerre et politique selon Clausewitz », Revue française de science politique, 1955, vol. 5, n° 2, p. 291-314 (Persée — Revue française de science politique)
Quatre siècles pour construire la paix
Trois manières de faire la paix
Vocabulaire
→ CartesSujet de dissertation : « Faire la paix : un ordre entre États ou un ordre au-dessus des États ? » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé, en mobilisant les deux jalons de l’axe 2.
Le sujet oppose deux logiques : la paix comme arrangement entre souverains égaux — c’est Westphalie — et la paix comme garantie confiée à une institution qui les surplombe — c’est la sécurité collective. Le devoir ne doit pas choisir un camp mais montrer que la seconde n’a jamais remplacé la première : elle s’y est superposée.
Formulation possible : la construction d’une sécurité collective au XXe siècle a-t-elle remis en cause l’ordre interétatique né en 1648, ou n’a-t-elle fait qu’en aménager les règles ? La réponse attendue est nuancée, et le troisième temps du plan doit la porter.
Détaillez le congrès : cinq ans de négociations, Münster et Osnabrück, deux traités signés le 24 octobre 1648. Puis les principes qui en sortent selon Arnaud Blin — équilibre des puissances, inviolabilité de la souveraineté, non-ingérence — et la faiblesse qu’ils portent : un équilibre se maintient par la négociation ou par la guerre, et le système des congrès n’empêchera pas 1914.
La SDN invente le principe et échoue ; l’ONU le reprend en 1945 avec un Conseil de sécurité et des opérations de maintien de la paix. Sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006), l’institution va plus loin : Objectifs du Millénaire en 2000, « responsabilité de protéger » en 2005, Conseil des droits de l’homme en 2006 — une inflexion réelle du principe de non-ingérence.
Montrez la limite structurelle : le veto des cinq permanents, l’échec de l’élargissement du Conseil, le refus américain de s’associer à la Cour pénale internationale de 1998, l’impuissance devant la guerre d’Irak de 2003. Et la limite humaine : des mandats trop étroits, dont Srebrenica en juillet 1995 reste le cas d’école. La sécurité collective encadre les États sans les dominer.
Résultat : Réponse : la paix contemporaine n’est ni purement interétatique ni véritablement supra-étatique — elle est un ordre interétatique auquel une institution commune impose des règles que les États acceptent dans la mesure où ils y consentent, ce qui explique à la fois ses réussites et ses paralysies.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la ressource d’accompagnement souligne que les objectifs des puissances à Westphalie étaient territoriaux et confessionnels avant d’être « systémiques ». La Suède cherchait à protéger les protestants et à s’installer sur la Baltique ; la France à desserrer la tenaille des Habsbourg ; l’Empire à sauvegarder son unité. Le « système westphalien » est donc une lecture rétrospective d’un règlement conclu pour des raisons très concrètes — ce qui est en soi une belle leçon de méthode sur la manière dont on fabrique les modèles en relations internationales.
Révision active
Étude critique de document : on vous soumet un organigramme du Conseil de sécurité des Nations unies distinguant les cinq membres permanents dotés du droit de veto et les membres élus. Présentez le document, expliquez le mécanisme qu’il représente en le rattachant à la Charte de 1945, puis conduisez sa critique : que montre-t-il de la sécurité collective, et surtout que ne montre-t-il pas — les opérations de maintien de la paix, les moyens réellement disponibles, et le poids des rapports de force qui décident de l’usage du veto ?
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 2 « Faire la guerre, faire la paix » (février 2022) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Le prix Nobel de la paix 2001, décerné conjointement à l’Organisation des Nations unies et à Kofi Annan (The Nobel Foundation — NobelPrize.org)
Du conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien
Les deux guerres du Golfe
Vocabulaire
→ CartesDocument : une carte du Moyen-Orient depuis 1948, dont la légende distingue trois ensembles — les foyers de conflits datés, les acteurs extérieurs intervenus dans la région, et les principales négociations ou accords de paix. Consigne : montrez ce que cette carte apprend de l’enchevêtrement des conflits et des échelles d’acteurs, puis exposez ses limites.
Une carte thématique de synthèse, sans auteur ni date visibles dans l’énoncé — première remarque critique à faire dès l’introduction. Sa légende à trois entrées oriente déjà la lecture : elle propose de tenir ensemble les conflits, les intervenants et les tentatives de règlement, ce qui est exactement l’objet du programme.
Les foyers datés permettent d’identifier chaque forme étudiée dans le thème : guerres interétatiques (les guerres israélo-arabes, l’invasion du Koweït en 1990 et la guerre de 1991), guerre asymétrique et occupation (l’Irak après 2003), guerre civile internationalisée (la Syrie depuis 2011), acteur transnational (Daech à partir de 2014). La carte donne à voir ce que le thème a construit en trois chapitres.
Hiérarchisez sans les confondre : les acteurs locaux (États, oppositions, groupes armés), les puissances régionales qui s’affirment depuis les années 2000 (Arabie saoudite, Iran, Turquie, Qatar, Israël), les puissances mondiales et les organisations internationales (États-Unis, Russie, ONU). L’imbrication de ces trois niveaux est la première explication de la durée des conflits.
Confrontez les figurés des accords aux foyers qu’ils devaient éteindre. Camp David en 1978 aboutit à une paix durable entre deux États et à une restitution territoriale ; Oslo en 1993 ouvre un processus qui s’interrompt ; le mandat de l’ONU de 1991 obtient un résultat militaire mais laisse le règlement politique en suspens. La carte montre donc que « tentative » n’est pas « résolution ».
Une carte fige un espace mouvant : elle superpose des situations séparées de plusieurs décennies, ne rend pas l’intensité ni la durée des conflits, ne dit rien des sociétés ni des populations déplacées, et ses figurés de paix ne distinguent pas un accord appliqué d’un accord signé puis abandonné. Elle appelle donc à être complétée par la chronologie et par les connaissances.
Résultat : La carte démontre que le Moyen-Orient est moins une addition de conflits qu’un système où trois échelles d’acteurs et quatre formes de conflictualité s’entretiennent ; lue de façon critique, elle explique pourquoi les tentatives de paix y sont si nombreuses et leurs résultats si inégaux.
L’objet conclusif se tient sur deux jalons, et ils ne racontent pas la même chose. Le premier suit un conflit long — israélo-arabe puis israélo-palestinien — par ses tentatives de résolution. Le second compare deux guerres brèves, celles du Golfe, pour montrer comment on passe d’un conflit entre États à un conflit asymétrique.
Commençons par le premier. Le programme demande d’étudier les tentatives de résolution, pas la succession des affrontements. Vos repères sont donc des textes et des négociations : le plan de partage de 1947, la résolution 242 après la guerre de 1967, les accords de Camp David de 1978, les accords d’Oslo de 1993, l’échec de Camp David II en 2000.
Un basculement structure la période : la guerre des Six Jours de 1967. Avant, le conflit oppose Israël à des États arabes portés par le panarabisme. Après, l’arabisme se divise, et c’est un nationalisme proprement palestinien qui devient l’interlocuteur. Le conflit israélo-arabe devient le conflit israélo-palestinien.
Passons au second jalon. En 1991, tout est lisible : l’Irak a envahi le Koweït l’année précédente, l’agresseur est identifié, le Conseil de sécurité n’est plus bloqué par la guerre froide, une coalition mandatée par l’ONU libère le Koweït. On parle alors de « nouvel ordre mondial ».
Mais regardez le règlement, car c’est là que tout se joue. Le mandat s’arrêtait au Koweït : Saddam Hussein reste au pouvoir, les sanctions et le programme « pétrole contre nourriture » frappent la population, et le Conseil de sécurité se divise peu à peu. Douze ans plus tard, les États-Unis interviennent seuls, sans mandat.
La leçon du thème est là. La campagne de 2003 dure six semaines, l’occupation dure des années, et de la déliquescence de l’État irakien naît une insurrection puis, à la faveur de la guerre civile syrienne, Daech en 2013-2014. Une guerre mal terminée fabrique la guerre suivante : c’est ce que l’objet conclusif démontre.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la ressource d’accompagnement propose de faire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995, un cas d’école de science politique — un événement suffit-il à ruiner un processus de paix ? La réponse attendue est non, et elle est instructive : les accords d’Oslo étaient déjà contestés dans les deux sociétés et laissaient ouvertes les questions les plus lourdes, du statut de Jérusalem au retour des réfugiés. L’événement révèle une fragilité plutôt qu’il ne la crée, ce qui est la manière la plus sûre de traiter un « moment clé » sans tomber dans l’histoire providentielle.
Révision active
Sujet de dissertation à préparer sous forme de plan détaillé : « Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique. » Organisez trois parties — la guerre de 1991 comme conflit interétatique réglé par la sécurité collective ; les impasses de son règlement ; la bascule de 2003 dans un conflit asymétrique et ses prolongements régionaux — et placez dans chacune au moins deux repères datés et un acteur nommé, en distinguant systématiquement l’échelle locale, l’échelle régionale et l’échelle mondiale.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 2 « Faire la guerre, faire la paix » (février 2022) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Le prix Nobel de la paix 1994, décerné conjointement à Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin (The Nobel Foundation — NobelPrize.org)
Les cinq gestes de la dissertation
Les trois temps de l’étude critique
Vocabulaire
→ CartesSujet : « Faire la paix est-il plus difficile aujourd’hui qu’hier ? » Rédigez intégralement l’introduction — accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan — puis justifiez chacun de ses quatre moments.
Proposition rédigée : « En 1648, cinq années de négociations à Münster et à Osnabrück ont suffi à clore une guerre de trente ans ; depuis 1948, aucune négociation n’a clos le conflit israélo-palestinien. » L’accroche n’est pas un ornement : elle installe déjà l’écart que le devoir devra expliquer, et elle est datée, donc vérifiable.
Proposition rédigée : « Faire la paix ne signifie pas seulement obtenir le silence des armes : c’est construire un ordre durable, garanti par des traités, du droit et des institutions. Le mot difficile invite donc à comparer non des durées de guerre, mais des conditions de règlement. » Le correcteur cherche cette clarification ; sans elle, tout le devoir flotte.
Proposition rédigée : « Les transformations de la conflictualité depuis 1945 — recul relatif des guerres entre États, essor des conflits infra-étatiques et irréguliers, poids d’acteurs non étatiques — ont-elles rendu la construction de la paix plus difficile, alors même que les instruments juridiques et institutionnels dont dispose la communauté internationale n’ont jamais été aussi nombreux ? » Une bonne problématique contient déjà la tension du devoir.
Proposition rédigée : « On montrera d’abord que les instruments de la paix se sont accumulés depuis 1648 (I), puis que les formes de la conflictualité ont changé au point de les prendre en défaut (II), avant d’examiner au Moyen-Orient ce que produit leur rencontre (III). » L’annonce doit se lire comme une démonstration en trois temps, jamais comme une liste de thèmes.
Signalez en fin d’introduction, ou au moment utile du développement, le schéma que vous produirez : ici, un schéma des trois modèles de paix — par la victoire, par l’équilibre, par le droit — avec pour chacun un repère daté. Il rendra visible l’architecture du devoir et, selon la définition d’épreuve, il valorisera la note.
Résultat : L’introduction rédigée occupe une quinzaine de lignes, comporte quatre moments identifiables et ne contient aucune connaissance qui ne serve la problématique ; c’est à ce prix qu’elle remplit sa fonction officielle, « dégager les enjeux du sujet et un fil conducteur en énonçant une problématique ».
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la définition d’épreuve n’impose aucun type de plan et n’interdit rien, mais elle évalue explicitement « les capacités d’analyse et de réflexion ». Sur ce thème, un plan chronologique se justifie pour l’axe 2 (Westphalie, SDN, ONU), un plan par échelles pour l’objet conclusif (local, régional, mondial), un plan dialectique pour les sujets qui opposent guerre et paix. Le seul plan à proscrire est le plan par jalons, qui recopie l’architecture du programme au lieu de répondre au sujet — le programme est votre réserve de connaissances, pas votre table des matières.
Révision active
Entraînez-vous à l’épreuve orale de contrôle. Tirez au hasard deux questions de cours problématisées portant sur deux parties différentes du programme de terminale — par exemple « Pourquoi la construction de la paix est-elle plus difficile après une guerre civile qu’après une guerre entre États ? » et une question issue d’un autre thème —, choisissez-en une, préparez-la en vingt minutes montre en main, puis exposez une réponse construite en dix minutes sans notes rédigées, en plaçant au moins quatre repères datés et deux acteurs nommés.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de terminale générale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Définition de l’épreuve terminale de l’enseignement de spécialité HGGSP du baccalauréat général — version consolidée, mai 2024 (note de service n° 2020-025 du 11-2-2020, modifiée le 26-9-2023) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP terminale, thème 2 « Faire la guerre, faire la paix » (février 2022) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol
Géoconfluences — ENS de Lyon
Persée — Revue française de science politique
Voir aussi