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Thème 1 du programme de première (arrêté du 17 janvier 2019, 24-25 heures) : on y apprend à caractériser un régime politique en partant de celui dans lequel on vit, à opposer démocratie directe et démocratie représentative, à mesurer les avancées et les reculs des démocraties, puis à éprouver ces notions sur un objet inédit, l’Union européenne — un socle que l’écrit de terminale suppose « connu et mobilisable », sans qu’il puisse constituer « un ressort essentiel du sujet » (note de service du 26-9-2023), et sur lequel un projet de Grand oral se bâtit très bien.
5 sections~59 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Situez d’abord le thème : il appartient au programme de première, et le texte qui régit l’épreuve écrite de terminale dit que les notions rencontrées en première « doivent être connues et mobilisables », sans pouvoir constituer « un ressort essentiel du sujet ». Autrement dit : on ne vous donnera pas un sujet de dissertation sur Athènes ou sur Tocqueville, mais on attend de vous que le vocabulaire du thème serve dès que vous parlez d’un régime. Maîtrisez donc, en priorité, la grille de caractérisation (souveraineté du peuple, élections libres, séparation des pouvoirs, État de droit, pluralisme) et les repères sûrs des jalons : la participation citoyenne à Athènes au Ve siècle av. J.-C. (Ecclésia, Boulè, tirage au sort, isonomie), le discours de Benjamin Constant de 1819, l’inquiétude de Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique » (1835 et 1840), le coup d’État chilien du 11 septembre 1973, la révolution portugaise du 25 avril 1974 et la Constitution espagnole de 1978, enfin les quatre institutions décisionnelles de l’Union européenne.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, tenez ensemble les trois gestes du thème et refusez le récit linéaire. Premier geste : penser la démocratie, c’est-à-dire arbitrer entre participation et représentation — la ressource officielle rappelle que Constant lui-même conclut à un équilibre, et que Moses I. Finley, en 1973, relativise sa dichotomie en montrant qu’Athènes connaissait aussi une protection par le droit. Deuxième geste : mesurer les avancées et les reculs sans téléologie — la même ressource met en garde contre l’idée que la séquence chilienne ouverte en 1970 « ne pouvait que » conduire au putsch, et Sophie Baby a montré que la transition espagnole dite pacifique fut traversée de violences. Troisième geste : éprouver le tout à l’échelle supranationale, en refusant de voir dans l’Union européenne une « forme achevée » de la démocratie : c’est un laboratoire, avec deux légitimités superposées et une contestation qui a ses arguments et ses limites. Le fil : un régime démocratique n’est jamais acquis ; il se construit, se défend, peut reculer, et parfois se reconquiert.
Profondeur de lecture : Approfondi
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5 sections25 points clés0 formule25 pièges signalés
Les quatre garanties, du cœur vers la périphérie
Qui vote en France, de 1791 à 1992
Vocabulaire
→ CartesDocument (rédigé pour l’exercice, à partir de la démarche proposée par la ressource d’accompagnement) : « Article premier. La République de Sylvanie est un État démocratique et social, fondé sur la souveraineté du peuple. » Notice jointe : la Sylvanie organise une élection présidentielle tous les six ans ; le président sortant a obtenu 87 % des voix au premier tour ; les deux principales chaînes de télévision appartiennent à l’État ; les juges de la cour suprême sont nommés et révoqués par le chef de l’État ; deux partis d’opposition ont vu leurs listes invalidées avant le scrutin. Consigne : à partir du document et de vos connaissances, montrez que le texte constitutionnel ne suffit pas à qualifier ce régime.
Il s’agit d’un article de constitution, texte normatif de valeur suprême, accompagné d’une notice décrivant des pratiques. La juxtaposition est l’intérêt même du sujet : elle oppose la norme proclamée à son application. Problématique : que faut-il examiner, au-delà de l’autoproclamation constitutionnelle, pour caractériser un régime politique ?
L’article premier coche le premier critère de notre définition : il fonde le pouvoir sur la souveraineté du peuple. Il faut le dire, et le dire d’abord — une étude critique qui commence par dénoncer le document sans l’avoir lu perd les points de compréhension. La ressource d’accompagnement rappelle d’ailleurs que plusieurs États non démocratiques se déclarent démocratiques dans leur article premier.
Élections : elles ont lieu, mais les listes d’opposition sont invalidées et le score de 87 % signale l’absence de concurrence — le deuxième critère tombe. Séparation des pouvoirs : des juges suprêmes nommés et révocables par l’exécutif ne contrôlent personne — l’État de droit tombe. Pluralisme : deux chaînes publiques dominantes et une opposition écartée ne laissent pas de débat contradictoire. Trois des quatre cercles de la Fig. 1 sont vides.
Le cas ne relève ni de la démocratie ni du totalitarisme : rien n’indique un parti unique encadrant la société entière. Il correspond au régime autoritaire mixte décrit par la ressource officielle — la quête d’un soutien populaire par les urnes, jointe à la restriction des libertés publiques. Le nommer précisément vaut mieux que l’insulte « dictature ».
Limite du document : un article de constitution et une notice ne disent rien de la société civile, des contre-pouvoirs locaux ou de l’évolution du régime dans le temps ; une étude complète demanderait des sources d’observation électorale et des données sur la liberté de la presse. Portée : l’exercice montre que la qualification d’un régime est une opération de comparaison, non de lecture.
Résultat : La Sylvanie est un régime autoritaire à façade électorale : elle satisfait le premier critère de la définition et aucun des trois autres — ce qui signifie qu’en histoire-géopolitique, la nature d’un régime se lit dans ses garanties effectives, jamais dans l’adjectif que sa constitution s’attribue.
Erreurs fréquentes
Révision active
On vous soumet deux États : l’un organise des élections tous les cinq ans, dispose d’un parlement élu et d’une presse contrôlée par le pouvoir ; l’autre n’a pas connu d’élection depuis dix ans mais garantit une justice indépendante et une presse libre. Construisez une grille de quatre critères, appliquez-la aux deux cas, puis rédigez le paragraphe qui explique pourquoi aucun des deux ne peut être qualifié de démocratie — et formulez, en une phrase, la problématique d’un devoir intitulé « Suffit-il de voter pour être en démocratie ? ».
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 1 « Comprendre un régime politique : la démocratie » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur (Conseil constitutionnel)
Le circuit de la décision à Athènes
Les deux libertés de Benjamin Constant
Vocabulaire
→ CartesTraitez le sujet suivant en construisant une introduction problématisée et un plan détaillé en trois parties, appuyé sur les deux jalons de l’axe : « Participer ou être représenté : faut-il choisir ? »
Participer désigne l’exercice direct du pouvoir par les citoyens eux-mêmes ; être représenté désigne sa délégation à des élus. Le piège est la forme du sujet : « faut-il choisir ? » invite à répondre non, mais une réponse immédiate priverait la copie de son analyse. Bornes : Athènes au Ve siècle avant notre ère pour le premier terme, l’Europe post-révolutionnaire pour le second, les démocraties contemporaines pour l’arbitrage.
La participation directe et la représentation répondent-elles au même besoin politique, ou la seconde a-t-elle remplacé la première parce que les sociétés modernes ne pouvaient plus se permettre la première ? Annonce : la démocratie athénienne montre ce que participer veut dire ; Constant explique pourquoi les Modernes délèguent ; les régimes contemporains montrent que l’arbitrage reste ouvert.
Athènes : Ecclésia, Boulè tirée au sort, Héliée, magistratures annuelles, isonomie et isègoria (voir Fig. 3). Le prix est double : une communauté de citoyens étroite, et une disponibilité permanente que seule une économie servile rend possible — Paulin Ismard a montré qu’une administration d’esclaves publics faisait tourner la cité. Transition : ce prix, les sociétés commerçantes du XIXe siècle ne peuvent plus le payer.
Constant, 1819 : dans de vastes sociétés occupées par l’activité économique, la liberté change de contenu — elle devient garantie de droits individuels, et le gouvernement représentatif en est le corollaire (voir Fig. 4). Le droit consacre cette voie : article 6 de la Déclaration de 1789, qui prévoit que le citoyen concourt à la loi personnellement ou par ses représentants. Limite à énoncer ici : la distance entre gouvernants et gouvernés, et la critique récurrente de la confiscation du pouvoir par les élus.
Constant lui-même conclut à l’équilibre et met en garde contre l’effacement de la liberté politique ; Moses I. Finley, en 1973, relativise sa dichotomie en rappelant qu’Athènes protégeait aussi par le droit. Les régimes contemporains le traduisent en institutions : la Constitution de 1958 fait exercer la souveraineté « par [les] représentants et par la voie du référendum », et les conventions citoyennes ou les initiatives populaires réintroduisent de la participation dans un cadre représentatif.
Réponse : il ne faut pas choisir, parce que les deux libertés ne remplissent pas la même fonction — l’une fabrique de la légitimité, l’autre protège l’individu. Ouverture possible vers l’objet conclusif du thème : à l’échelle de l’Union européenne, la même tension prend la forme d’une légitimité directe et d’une légitimité déléguée.
Résultat : Le plan répond non — et le démontre : Constant n’oppose deux libertés que pour refuser, en conclusion, d’en sacrifier une, si bien que la démocratie moderne se définit moins par le choix entre participer et être représenté que par la manière dont elle dose les deux.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : l’axe se prête à une entrée par l’historiographie, que la ressource d’accompagnement recommande explicitement. La démocratie athénienne n’est pas seulement un objet historique, c’est un miroir que chaque époque retaille — Constant en fait le contre-modèle de la liberté moderne, Moses I. Finley lui répond en 1973 dans « Démocratie antique et démocratie moderne » qu’il existait à Athènes une protection par le droit, Claude Mossé met en avant l’isonomie et l’isègoria comme instruments de décision collective dans une société inégale, Paulin Ismard déplace le regard vers les esclaves publics qui administrent la cité hors de la délibération citoyenne. Montrer cette chaîne de relectures, c’est faire ce que la spécialité demande : traiter un objet politique dans son épaisseur temporelle et dans ses controverses.
Révision active
Voici la description d’un document que vous devez analyser : une gravure du XIXe siècle représente une salle de vote parisienne en 1848, où des hommes de toutes conditions déposent un bulletin sous le regard d’un bureau présidé par un notable ; aucune femme n’y figure. Rédigez l’introduction d’une étude critique (présentation, problématique) puis un paragraphe qui confronte l’image à vos connaissances sur le suffrage universel masculin de 1848 — en montrant ce que la gravure met en scène et ce qu’elle passe sous silence.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 1 « Comprendre un régime politique : la démocratie » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Martin Ostwald, « La démocratie athénienne : réalité ou illusion ? », Mètis, vol. 7, n° 1-2, 1992, p. 7-24 (Persée — Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens) · Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (texte intégral) (Conseil constitutionnel)
La bifurcation de Tocqueville
Reculer, puis reconquérir (1970-1982)
Vocabulaire
→ CartesDocuments rédigés pour l’exercice à partir des travaux cités par la ressource d’accompagnement. Document 1, note d’un dirigeant syndical chilien, octobre 1972 : « L’usine ne reçoit plus ses pièces. Les camionneurs bloquent les routes, les commerçants ferment. Nos comités tiennent la distribution, quartier par quartier, mais dans le bus on entend les employés dire qu’avec ce gouvernement on ne trouve plus rien. » Document 2, éditorial d’un quotidien conservateur de Santiago, juillet 1973 : « Le pays n’a plus de règles. L’armée est la dernière institution debout ; qu’elle prenne ses responsabilités avant que d’autres ne le fassent. » Consigne : montrez ce que ces deux documents apprennent des mécanismes qui ont conduit à la fin de la démocratie chilienne, et ce qu’ils ne peuvent pas expliquer.
Deux sources engagées et de nature différente : une note interne syndicale, écrite au cœur de la grève d’octobre 1972, et un éditorial de presse d’opposition, deux mois avant le putsch. Ni l’une ni l’autre n’est un document neutre : chacune parle depuis un camp. Problématique : comment une démocratie élue en 1970 en vient-elle, en trois ans, à être renversée par son armée ?
Le texte donne à voir le deuxième moment de la séquence : la grève lancée par le patronat et l’opposition en octobre 1972, les pénuries, l’auto-organisation par les comités de quartier — et, en une phrase, le décrochage des classes moyennes que la ressource d’accompagnement pointe comme décisif. Le syndicaliste enregistre donc à la fois la mobilisation populaire et l’érosion du soutien.
L’éditorial de juillet 1973 fait autre chose : il délégitime le jeu politique lui-même (« le pays n’a plus de règles ») et désigne l’armée comme institution de recours. On est après la tentative de coup de force manquée de juin 1973, au moment où plusieurs généraux, dont Pinochet, entrent au gouvernement. Le document montre que le putsch a été précédé d’un travail d’opinion qui l’a rendu pensable.
Les deux textes éclairent des mécanismes internes : polarisation, crise d’approvisionnement, autonomisation des mouvements sociaux, appel à l’arbitrage militaire. Ils taisent la dimension extérieure — la multiplication des coups d’État en Amérique du Sud et l’implication directe des États-Unis dans le renversement de démocraties — que seules d’autres sources documentent.
Le piège serait de lire ces documents comme les annonces d’une fin inévitable. La ressource d’accompagnement demande précisément l’inverse : mettre entre parenthèses le résultat pour penser l’histoire en train de se faire. En octobre 1972 comme en juillet 1973, d’autres issues restaient ouvertes ; ce sont des choix d’acteurs, non une pente, qui ont conduit au 11 septembre 1973.
Résultat : Les deux documents montrent une démocratie asphyxiée par la conjonction d’une crise économique, d’une polarisation sociale et d’un appel à l’arbitrage militaire — mais parce qu’ils sont des sources partisanes et internes, ils ne prouvent ni le rôle des États-Unis ni le caractère inévitable du putsch, ce que seule la confrontation à d’autres sources permet d’établir.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : l’axe se prête à une réflexion sur les mémoires des transitions, que la ressource d’accompagnement ouvre en citant les travaux de Sophie Baby sur la violence politique en Espagne entre 1975 et 1982 et ceux de Marie-Christine Doran sur les luttes contre l’impunité au Chili. Deux pays sortis d’une dictature à la même décennie ont fait deux choix opposés de traitement du passé : l’Espagne a bâti sa transition sur une loi d’amnistie de 1977 qui a longtemps fermé la voie judiciaire, tandis que le Chili post-Pinochet a vu les procès rouvrir des décennies plus tard et devenir un moteur de démocratisation. Comparer ces deux régimes de mémoire, c’est faire dialoguer ce thème avec « Histoire et mémoires » en terminale — et c’est un excellent terrain de question pour le Grand oral.
Révision active
Construisez, sur une feuille, le schéma fléché d’une dissertation portant sur « Les démocraties peuvent-elles disparaître ? » : trois blocs (fragilités internes, effondrement par la force, restauration), les jalons placés dans chaque bloc avec leur date, et deux flèches croisées montrant que le mouvement est réversible. Rédigez ensuite la légende du schéma en cinq lignes — c’est exactement le type de production graphique que la définition de l’épreuve valorise.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 1 « Comprendre un régime politique : la démocratie » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Diego Palacios Cerezales, « Des Œillets à la menace de guerre civile. Violence politique dans la révolution (1974-1975) », Lusotopie, n° 11, 2004, p. 67-82 (Persée — Lusotopie) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Deux légitimités, une décision
La participation française aux élections européennes, 1979-2024
Vocabulaire
→ CartesRédigez l’introduction et le plan détaillé d’une dissertation sur le sujet : « L’Union européenne souffre-t-elle d’un déficit démocratique ? »
Le « déficit démocratique » n’est pas une notion neutre : c’est un mot de la contestation, né dans les années 1980, qui suppose une norme implicite — la démocratie parlementaire d’un État-nation. Le sujet demande donc autant d’examiner l’Union que d’interroger l’étalon avec lequel on la mesure. Bornes chronologiques : de la première élection du Parlement au suffrage universel direct en 1979 aux européennes de 2024.
Dans quelle mesure une union d’États peut-elle être jugée démocratique à l’aune de critères conçus pour des États ? Trois temps : les griefs sont réels et documentés ; les mécanismes de légitimation existent et se sont renforcés ; la difficulté tient moins à un déficit qu’à la nature inédite de l’objet.
Distance des décisions, complexité des procédures, poids d’une Commission non élue directement, pouvoirs longtemps limités du Parlement. Les traductions politiques : rejet du traité constitutionnel par les référendums français et néerlandais de 2005, référendum britannique du 23 juin 2016 et retrait effectif le 31 janvier 2020, montée des partis eurosceptiques. La participation française tombée à 40,63 % en 2009 illustre le désintérêt (voir Fig. 8).
Le Parlement est élu au suffrage universel direct depuis 1979 et colégifère avec le Conseil depuis que la codécision est devenue la procédure législative ordinaire ; il investit et peut censurer la Commission. Les deux Conseils portent une légitimité déléguée : les gouvernements y siègent parce qu’ils ont été élus chez eux (voir Fig. 7). La ressource officielle insiste sur cette primauté du principe représentatif, direct et indirect. S’y ajoutent la citoyenneté européenne de Maastricht et ses droits, dont l’initiative citoyenne.
L’Union n’est pas un État fédéral classique : elle repose sur un partage volontaire de souveraineté, encadré par la subsidiarité et par des traités que les États ratifient. Andrew Moravcsik parle même d’un « mythe » du déficit démocratique. Mais un point résiste : il n’existe pas de peuple européen constitué, et la devise « In varietate concordia » assume cette pluralité — la légitimité de l’Union est donc plurielle par construction, ce qui la rend difficile à ressentir.
Réponse en deux temps : oui, si l’on mesure l’Union à l’aune d’une démocratie parlementaire nationale ; non, si l’on tient compte de la double légitimité et de son renforcement continu. La remontée de la participation française à 51,49 % en 2024 suggère d’ailleurs que la distance n’est pas une fatalité.
Résultat : La copie soutient que le « déficit démocratique » décrit un écart réel entre les citoyens et la décision européenne, mais qu’il mesure l’Union avec l’étalon d’un État-nation : l’Union superpose une légitimité représentative directe et une légitimité déléguée, et c’est cette originalité — non un manque de démocratie — que le mot masque.
Partons du geste le plus simple : vous glissez un bulletin dans une urne. Qu’est-ce que ce bulletin fait, exactement, quand il s’agit de l’Europe ? La réponse est qu’il emprunte deux chemins différents, et que c’est cette double route qui rend l’Union si difficile à juger.
Premier chemin, le plus court. Tous les cinq ans depuis 1979, vous élisez directement des députés au Parlement européen. C’est de la démocratie représentative, exactement comme pour votre assemblée nationale : des citoyens élisent des représentants qui votent la loi. Le Parlement adopte les textes européens et le budget de l’Union.
Les deux routes du bulletin
Second chemin, plus long et souvent invisible. Aux élections nationales, vous choisissez aussi un gouvernement. Or ce sont ses ministres qui siègent au Conseil de l’Union européenne, et son chef qui siège au Conseil européen. Vos préférences arrivent donc à Bruxelles une seconde fois, par un relais : c’est ce que l’on appelle la démocratie déléguée.
D’où l’erreur à ne pas commettre. Démocratie déléguée ne veut pas dire absence de représentation : c’est une représentation de second degré. La ressource officielle du programme le dit clairement — dans les deux organes législatifs que sont le Parlement européen et le Conseil des ministres, c’est bien le principe représentatif qui prime, sous ses deux formes, directe et indirecte.
Reste la Commission, qui n’est élue par personne : elle propose les textes et veille à leur application, elle est désignée par le Conseil européen et investie par le Parlement, qui peut aussi la censurer. Elle n’est donc pas hors contrôle — mais son absence d’élection directe est le point où la critique du « déficit démocratique » a le plus de prise.
Retenez la formule qui vous fera gagner des points : à l’échelle européenne, un citoyen vote deux fois, une fois pour être représenté, une fois pour être délégué. Juger l’Union revient à décider si ce second chemin compte autant que le premier.
Erreurs fréquentes
Approfondissement
Pour aller plus loin : la ressource d’accompagnement propose une entrée par la définition du mot « peuple », et c’est de loin la plus féconde. Face aux contours précis du dèmos athénien et à la formule inaugurale de la Constitution américaine de 1787, « We, the people of the United States », l’Union européenne articule la réalité d’une pluralité de peuples et de nations — sa devise « In varietate concordia » l’assume — avec l’idéal d’un peuple européen qui n’existe pas juridiquement et qui, politiquement, reste à venir. Une démocratie suppose un dèmos ; que se passe-t-il quand il y en a vingt-sept ? Cette question relie l’objet conclusif au jalon athénien de l’axe 1 et fournit une problématique de dissertation ou une question de Grand oral qui tient debout toute seule.
Révision active
Comparez deux échelles pour un même geste électoral. En une page, expliquez ce que fait un électeur français lorsqu’il vote aux élections législatives nationales, puis ce qu’il fait lorsqu’il vote aux élections européennes : qui est élu, quel pouvoir cette assemblée exerce, avec qui elle le partage, et quel autre canal — non électoral pour lui — mène ses préférences jusqu’à la décision européenne. Concluez sur ce que cette comparaison change au reproche de « déficit démocratique ».
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Types d’institutions, d’organes et d’organismes de l’UE (Union européenne — portail officiel) · Résultats des élections européennes 2024 — Participation (par année et par pays, résultats définitifs) (Parlement européen) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 1 « Comprendre un régime politique : la démocratie » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Quatre heures, deux exercices sur dix points chacun
L’entonnoir de l’étude critique
Vocabulaire
→ CartesSujet : « La démocratie est-elle un régime fragile ? ». Rédigez l’introduction complète et l’annonce de plan, en montrant chaque geste méthodologique.
Démocratie : régime où la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens, qui l’exercent par des élections libres et régulières, directement ou par des représentants. Fragile : susceptible de se dégrader ou de disparaître — le mot suppose donc une menace, et il faut demander laquelle : intérieure ou extérieure ? La forme interrogative fermée annonce une réponse nuancée, jamais un oui sec.
Une accroche efficace est courte et vérifiable. Exemple : le 11 septembre 1973, une démocratie élue trois ans plus tôt au Chili est renversée par l’armée. Deux lignes suffisent ; on n’explique pas encore, on plante un fait qui rend la question urgente.
Bornes : les démocraties contemporaines, avec des incursions dans l’Athènes du Ve siècle et dans l’Europe du XIXe siècle pour la théorie. Problématique proposée : la démocratie est-elle menacée de l’extérieur, par des adversaires qui la renversent, ou de l’intérieur, par des mécanismes qu’elle produit elle-même ?
Trois temps. D’abord, oui : les démocraties peuvent s’effondrer, et le Chili en donne l’exemple daté. Ensuite, la fragilité est aussi interne — Tocqueville la décrit dès 1835 avec la tyrannie de la majorité et le pouvoir tutélaire. Enfin, la fragilité n’est pas la fatalité : le Portugal et l’Espagne montrent entre 1974 et 1982 qu’un régime démocratique se reconquiert.
Le texte de l’épreuve valorise une production graphique en appui du propos. Ici, un schéma simple en fin de deuxième partie — deux flèches opposées, l’une de la démocratie vers l’autoritarisme et l’autre en retour, avec un jalon daté sur chacune — suffit. Une légende de quatre lignes accompagne le schéma, et sa réalisation ne coûte pas plus de cinq minutes.
Résultat : L’introduction obtenue tient en une quinzaine de lignes et fait quatre choses : elle accroche par un fait daté, définit les deux mots du sujet, pose une problématique qui oppose menace externe et menace interne, et annonce trois parties dont la troisième contient déjà la réponse — la fragilité de la démocratie est réelle mais réversible.
Erreurs fréquentes
Révision active
Préparez une prise de parole de cinq minutes, chronométrée, répondant à la question « Une démocratie peut-elle se défendre sans se renier ? ». Contrainte : trois parties, au moins quatre repères datés issus de ce thème, une notion définie explicitement au passage, et une position personnelle assumée en conclusion. Enregistrez-vous, puis notez les deux endroits où vous avez récité plutôt qu’argumenté.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Définition de l’épreuve terminale de spécialité HGGSP — version consolidée mai 2024 (note de service du 11-2-2020, modifiée le 26-9-2023) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Programme d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques de première générale (arrêté du 17-1-2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol) · Ressource d’accompagnement Éduscol — HGGSP première, thème 1 « Comprendre un régime politique : la démocratie » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse — Éduscol
Conseil constitutionnel
Persée — Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens
Persée — Lusotopie
Union européenne — portail officiel
Voir aussi