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Fiches/SES — Sciences économiques et sociales/Sources et défis de la croissance économique
FR · Bac

Sources et défis de la croissance économique

La croissance — la hausse soutenue du PIB en volume — n'a que deux sources : accumuler davantage de travail et de capital, ou combiner mieux ces facteurs, ce que mesure la productivité globale des facteurs. Comme l'accumulation seule bute sur les rendements décroissants, tout se joue sur la seconde : d'où viennent le progrès technique et l'innovation, comment les institutions et les droits de propriété donnent l'envie d'investir, pourquoi la destruction créatrice fait des gagnants et des perdants, et comment une croissance qui se heurte à l'épuisement des ressources, à la pollution et au réchauffement peut voir l'innovation reculer ces limites sans les supprimer.

5 sections·~41 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0111 / 12
Profil d’examen
C1 · Comprendre le processus de croissance économique et les sources de la croissance : accumulation des facteurs et accroissement de la productivité globale des facteurs ; comprendre le lien entre le progrès technique et l'accroissement de la productivité globale des facteurs.C2 · Comprendre que le progrès technique est endogène et qu'il résulte en particulier de l'innovation.C3 · Comprendre comment les institutions, notamment les droits de propriété, influent sur la croissance en affectant l'incitation à investir et innover ; savoir que l'innovation s'accompagne d'un processus de destruction créatrice.C4 · Comprendre comment le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.C5 · Comprendre qu'une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques (notamment l'épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique) et que l'innovation peut aider à reculer ces limites.
Opérateurs :définirmesurercalculerinterpréterexpliquerillustrerdistinguerjustifier

niveau de base

Fixez d'abord le socle quantitatif : savoir lire et calculer un taux de croissance du PIB, distinguer accumulation des facteurs et gains de PGF, et illustrer le progrès technique par un mécanisme (innovation, capital humain) — cela suffit à répondre aux questions de mobilisation des connaissances et à l'étude de document.

niveau approfondi

Visez le raisonnement argumenté complet : articuler PGF (résidu de Solow), croissance endogène (externalités, institutions, droits de propriété), destruction créatrice et inégalités, puis discuter la soutenabilité (capital naturel, soutenabilité faible vs forte) — c'est l'ossature d'une dissertation « la croissance est-elle soutenable ? » ou « quelles sont les sources de la croissance ? ».

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Sources et défis de la croissance économique
    • 01Mesurer la croissance : PIB, taux de croissance et accumulation des facteurs○
    • 02La productivité globale des facteurs : le résidu de Solow comme mesure du progrès technique◐
    • 03Innovation, destruction créatrice et croissance endogène◐
    • 04Progrès technique et inégalités de revenus●
    • 05Les défis : limites écologiques et soutenabilité de la croissance●

5 sections · 25 points clés · 7 formules · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Mesurer la croissance : PIB, taux de croissance et accumulation des facteurs#

~9 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Sources-et-défis-de-la-croissance-économiqueBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Les deux sources de la croissance : accumulation des facteurs et PGF

Les deux sources de la croissance du PIBGraphe, Accumulation des facteurs travail et capital → Croissance du PIB, Gains de PGF (efficacité, progrès tech.) → Croissance du PIBAccumulation desfacteurs travailet capitalGains de PGF(efficacité,progrès tech.)Croissance duPIBcroissanceextensivecroissanceintensive
Fig. 1La croissance du PIB a deux sources : accroître la QUANTITÉ de facteurs (croissance extensive) et mieux les COMBINER, c'est-à-dire gagner en efficacité (croissance intensive, mesurée par la PGF).

Points clés

La croissance économique est l'augmentation soutenue, sur une longue période, de la production de biens et services d'un pays, mesurée par la variation du produit intérieur brut (PIB) en volume (c'est-à-dire à prix constants, corrigé de l'inflation). On distingue le PIB nominal (en valeur, aux prix courants) du PIB réel (en volume) : seul ce dernier mesure une croissance « réelle » de la richesse produite.
Le taux de croissance du PIB se calcule comme un taux de variation : t = (PIB d'arrivée − PIB de départ) / PIB de départ × 100. Sur plusieurs années, on raisonne avec le taux de croissance annuel moyen (TCAM), qui « lisse » l'évolution ; un coefficient multiplicateur élevé sur longue période correspond à un TCAM modeste, en raison du caractère cumulatif (intérêts composés) de la croissance.
La production combine deux facteurs : le facteur travail (quantité de travail : nombre d'actifs occupés, volume d'heures travaillées) et le facteur capital (capital fixe : machines, bâtiments, équipements productifs). La fonction de production relie la quantité produite à la quantité de facteurs employés.
L'accumulation des facteurs est la première source de croissance : augmenter la quantité de travail (hausse de la population active, de la durée du travail) ou de capital (investissement, formation brute de capital fixe) accroît la production. On parle de croissance extensive lorsque la croissance provient surtout de cet accroissement des quantités de facteurs.
L'investissement est le moteur de l'accumulation du capital : il remplace le capital usé (amortissement) et accroît le stock de capital productif (investissement net). Mais l'accumulation d'un seul facteur se heurte à la loi des rendements décroissants : à travail constant, ajouter toujours plus de capital fait croître la production de moins en moins vite — l'accumulation seule ne peut donc pas, à elle seule, entretenir indéfiniment la croissance.
Rappel de première — le PIB et ses limites : le PIB ne mesure que la production marchande et non marchande comptabilisée ; il ignore le travail domestique, le bénévolat, les externalités négatives (pollution) et la répartition des revenus. Ces limites (déjà vues en classe de première) seront réinvesties au chapitre sur la soutenabilité.
L'accumulation des facteurs se lit dans des grandeurs précises. Côté capital, l'investissement productif est mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF) : une partie ne fait que remplacer le capital usé, et seul l'investissement NET accroît réellement le stock. Côté travail, le volume d'heures travaillées dépend de la démographie, du taux d'activité et de la durée du travail. On peut d'ailleurs écrire la production comme le produit du volume d'heures travaillées par la productivité horaire : cette identité montre d'un seul coup les deux leviers de la croissance — travailler davantage, ou produire davantage par heure. Le premier bute vite sur les limites démographiques et sur les rendements décroissants ; le second, l'efficacité productive, fait l'objet de la section suivante. En France, ces grandeurs sont établies par les comptes nationaux de l'INSEE.

Vocabulaire

→ Cartes
  • croissance économiqueAugmentation soutenue, sur une longue période, de la production de biens et services d'un pays, mesurée par la variation du PIB en volume.
  • PIB en volumeProduit intérieur brut évalué à prix constants, corrigé de l'inflation : il mesure la variation des quantités produites et non celle des prix.
  • coefficient multiplicateurRapport entre la valeur d'arrivée et la valeur de départ d'une grandeur : il indique par combien cette grandeur a été multipliée sur la période.
  • croissance extensiveCroissance obtenue en augmentant la QUANTITÉ de facteurs employés, travail et capital, sans amélioration de leur efficacité.
  • loi des rendements décroissantsÀ quantité fixe des autres facteurs, chaque unité supplémentaire d'un facteur apporte un supplément de production de plus en plus faible.
  • formation brute de capital fixe (FBCF)Mesure comptable de l'investissement en capital fixe : achats de machines, bâtiments et équipements durables destinés à produire.

Taux de croissance du PIB (taux de variation)

t=PIBarriveˊe−PIBdeˊpartPIBdeˊpart×100t = \dfrac{\text{PIB}_{\text{arrivée}} - \text{PIB}_{\text{départ}}}{\text{PIB}_{\text{départ}}} \times 100t=PIBdeˊpart​PIBarriveˊe​−PIBdeˊpart​​×100

Variation relative du PIB en volume entre deux dates, exprimée en pourcentage. C'est la mesure de base de la croissance économique.

Taux de croissance annuel moyen sur n années

TCAM=(PIBarriveˊePIBdeˊpart)1n−1\text{TCAM} = \left(\dfrac{\text{PIB}_{\text{arrivée}}}{\text{PIB}_{\text{départ}}}\right)^{\frac{1}{n}} - 1TCAM=(PIBdeˊpart​PIBarriveˊe​​)n1​−1

Taux constant qui, appliqué chaque année pendant n années, conduit du PIB de départ au PIB d'arrivée. Il traduit le caractère cumulatif de la croissance.

Fonction de production : la production dépend du travail L et du capital K

Y=f(L,K)Y = f(L, K)Y=f(L,K)

La quantité produite Y est fonction des quantités de facteurs travail (L) et capital (K) employées ; accroître ces quantités est la source « extensive » de la croissance.

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Exemple corrigé

Calculer un taux de croissance global et un taux annuel moyen

Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 (année 0) à l'indice 134 (année 10). a) Calculer le taux de croissance global sur la période et le coefficient multiplicateur. b) En déduire le taux de croissance annuel moyen (TCAM). c) Interpréter l'écart avec une simple division de 34 % par 10.

  1. 01a) Taux global et coefficient multiplicateur

    Le taux de variation global vaut (134 − 100)/100 × 100 = 34 %. Le coefficient multiplicateur (CM) est le rapport des deux valeurs : CM = 134/100 = 1,34. Le PIB a donc été multiplié par 1,34 en dix ans.

    t=134−100100×100=34 %CM=134100=1,34t = \dfrac{134 - 100}{100} \times 100 = 34\,\% \qquad \text{CM} = \dfrac{134}{100} = 1{,}34t=100134−100​×100=34%CM=100134​=1,34
  2. 02b) Taux de croissance annuel moyen

    Le TCAM est le taux constant t tel que (1+t)^10 = 1,34. On élève le coefficient multiplicateur à la puissance 1/10 : TCAM = 1,34^(1/10) − 1 ≈ 1,0297 − 1 ≈ 0,0297, soit environ 2,97 %.

    TCAM=1,34110−1≈0,0297=2,97 %\text{TCAM} = 1{,}34^{\frac{1}{10}} - 1 \approx 0{,}0297 = 2{,}97\,\%TCAM=1,34101​−1≈0,0297=2,97%
  3. 03c) Pourquoi pas 3,4 % ?

    Diviser 34 % par 10 donnerait 3,4 % : c'est faux car la croissance est cumulative. Chaque année, la croissance s'applique à un PIB déjà augmenté l'année précédente (effet des « intérêts composés »). Le taux annuel constant qui reproduit la hausse totale est donc inférieur à la moyenne arithmétique : environ 2,97 %.

  4. 04Phrase d'interprétation

    On rédige : « Entre l'année 0 et l'année 10, le PIB en volume de ce pays a augmenté de 34 %, soit une croissance annuelle moyenne d'environ 3 % par an. »

Résultat : a) +34 % au total, CM = 1,34 ; b) TCAM ≈ 2,97 % par an ; c) ce taux est inférieur à 3,4 % car la croissance est cumulative (multiplicative), et non additive. À l'examen, on ne vous demandera pas ce calcul de racine : le taux de variation MOYEN appartient aux savoir-faire que le programme demande seulement de lire et d'interpréter, et la calculatrice est interdite. Ce qui est exigible ici, c'est le taux de variation global, le coefficient multiplicateur — et l'explication du caractère cumulatif de la croissance.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (partie 2, étude d'un document, 6 points, deux questions) : sur une série de PIB en volume ou un indice base 100, calculer un taux de variation et un coefficient multiplicateur, puis rédiger la phrase d'interprétation COMPLÈTE — grandeur, unité, champ géographique, dates.
  • Objectif Bac (partie 1, mobilisation des connaissances, 4 points, sans document) : définir la croissance économique en une phrase, puis distinguer croissance extensive (accumulation des facteurs) et croissance intensive (gains d'efficacité) avec un exemple chacune.
  • Savoir-faire de LECTURE, pas de calcul : la distinction valeur nominale / valeur réelle figure dans la liste des savoir-faire que le programme demande seulement de lire et d'interpréter. Sur un document, dites si la série est en valeur ou en volume et ce que cela change — ne cherchez pas à déflater vous-même.
  • La calculatrice et le dictionnaire sont interdits, comme l'indique chaque sujet récent : entraînez-vous aux calculs posés. Un taux de variation, un coefficient multiplicateur, une proportion et un indice base 100 se font à la main ; c'est exactement ce que la partie 2 attend.
  • Objectif Bac : justifier pourquoi l'accumulation d'un seul facteur ne suffit pas à entretenir la croissance de long terme (rendements décroissants). C'est la charnière du raisonnement vers la productivité globale des facteurs, et elle est très demandée en partie 3.

Erreurs fréquentes

  • Confondre PIB nominal (en valeur) et PIB réel (en volume) : une hausse du PIB en valeur peut n'être que de l'inflation, sans aucune croissance réelle de la production. La forme correcte : la croissance se mesure sur le PIB en volume, c'est-à-dire à prix constants.
  • Confondre le niveau et le taux, ou le PIB total et le PIB par habitant : un PIB élevé n'implique pas une croissance forte, et si la population augmente plus vite que la production, le PIB progresse pendant que le PIB par habitant recule.
  • Additionner des taux de croissance annuels pour obtenir un taux sur plusieurs années : la croissance est multiplicative, il faut multiplier les coefficients (1 + t), jamais additionner les pourcentages.
  • Diviser une hausse totale par le nombre d'années pour en tirer un « taux annuel moyen » : le taux de croissance annuel moyen n'est pas une moyenne arithmétique. Il est d'ailleurs classé par le programme parmi les savoir-faire de lecture et d'interprétation — sur un sujet, on vous le DONNE et on vous demande de le commenter, pas de le calculer.
  • Confondre un ralentissement de la croissance et un recul de la production : tant que le taux reste positif, le PIB continue d'augmenter, seulement moins vite. Il n'y a recul que si le taux devient négatif.

§ 01

Révision active

Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 (année 0) à l'indice 134 (année 10). a) Calculez le taux de variation sur l'ensemble de la période et le coefficient multiplicateur. b) Rédigez la phrase d'interprétation complète du taux obtenu. c) Un document indique que la croissance annuelle moyenne a été d'environ 3 % : expliquez, sans le recalculer, pourquoi ce chiffre n'est pas 34 divisé par 10. d) La population du pays a augmenté de 12 % sur la même période : le PIB par habitant a-t-il progressé ? Justifiez en comparant deux coefficients multiplicateurs, sans calculatrice.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La productivité globale des facteurs : le résidu de Solow comme mesure du progrès technique#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Sources-et-défis-de-la-croissance-économiqueBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Décomposition de la croissance : capital, travail et PGF (résidu de Solow)

Décomposition de la croissance : le résidu de SolowDiagramme en colonnes: contribution (points de %), Données: Capital · Croissance : +3 %: 1.2; Travail · Croissance : +3 %: 0.7; PGF (résidu) · Croissance : +3 %: 1.100.511.522.53Croissance :+3 %contribution (points de %)CapitalTravailPGF (résidu)
Fig. 2Comptabilité de la croissance : une croissance de 3 % se décompose ici en 1,2 point (capital) + 0,7 point (travail) + 1,1 point de PGF. Le résidu de PGF (mis en évidence) mesure le progrès technique.

Points clés

La productivité est le rapport entre une production et la quantité de facteurs utilisés pour l'obtenir. La productivité du travail rapporte la production au facteur travail (par tête ou par heure travaillée) ; la productivité du capital rapporte la production au capital. Des gains de productivité signifient que l'on produit davantage avec la même quantité de facteurs.
La productivité globale des facteurs (PGF) mesure l'efficacité de la combinaison de TOUS les facteurs ensemble : c'est la part de la croissance qui ne s'explique NI par l'augmentation du travail NI par celle du capital. Elle reflète la manière dont les facteurs sont combinés et utilisés — donc l'efficacité productive globale.
Le résidu de Solow : en décomposant la croissance, l'économiste Robert Solow a montré qu'une large part de la croissance du PIB ne provient pas de l'accumulation des facteurs ; cette part « inexpliquée » est le résidu, identifié à la croissance de la PGF et attribué au progrès technique. La PGF est ainsi la mesure indirecte (« résiduelle ») du progrès technique, car celui-ci n'est pas directement observable.
La décomposition comptable de la croissance s'écrit, en taux de croissance : taux de croissance du PIB = contribution du travail + contribution du capital + croissance de la PGF. La PGF se calcule par solde : on retire de la croissance du PIB ce qui est imputable à l'accumulation des facteurs, et le reste mesure les gains d'efficacité.
Les gains de PGF correspondent à la croissance intensive : on produit plus à quantité de facteurs inchangée. Ils proviennent du progrès technique (nouvelles machines plus performantes, meilleure organisation du travail, qualification accrue de la main-d'œuvre, innovations). C'est cette source qui permet d'échapper aux rendements décroissants et d'entretenir la croissance de long terme.
Limite de mesure : la PGF étant un résidu, elle agrège tout ce qui n'est pas mesuré par les facteurs (progrès technique, mais aussi qualité des institutions, effets de qualité mal mesurés, erreurs statistiques). Elle est donc une mesure imparfaite et indirecte du progrès technique, et non une grandeur directement observée.
Le lien entre progrès technique et PGF est le cœur de l'objectif d'apprentissage : sachez nommer les CANAUX par lesquels le premier fait monter la seconde. Le progrès technique est incorporé dans les équipements — une machine de nouvelle génération produit davantage par heure sans ouvrier supplémentaire ; il est incorporé dans le travail — une main-d'œuvre mieux formée tire davantage des mêmes machines ; il est organisationnel — méthodes de production, logistique, informatisation ; il est enfin affaire de DIFFUSION, une innovation ne pesant sur la croissance que lorsqu'elle se répand dans le tissu productif. Aucun de ces canaux n'ajoute de facteurs : leurs effets se logent intégralement dans le résidu. Attention en revanche à une erreur d'attribution fréquente : dans le modèle de croissance de Solow (1956), le progrès technique est supposé EXOGÈNE, donné de l'extérieur ; c'est l'exercice de comptabilité de la croissance, l'année suivante, qui le mesure par solde, et ce sont les théories de la croissance endogène, dans les années 1980, qui en feront le produit de décisions économiques.

Vocabulaire

→ Cartes
  • productivité globale des facteurs (PGF)Mesure de l'efficacité avec laquelle travail et capital sont combinés : la part de la production qui ne s'explique par la quantité d'aucun facteur.
  • résidu de SolowPart de la croissance du PIB qui subsiste une fois retirées les contributions du travail et du capital ; on l'identifie au progrès technique.
  • productivité du travailRapport entre la production obtenue et la quantité de travail utilisée, exprimée en heures travaillées ou en nombre d'actifs occupés.
  • croissance intensiveCroissance obtenue en produisant davantage à quantité de facteurs inchangée, donc par des gains d'efficacité et non par accumulation.
  • contribution à la croissanceNombre de points de croissance imputables à un facteur donné ; la somme des contributions et du résidu reconstitue le taux de croissance total.
  • progrès technique incorporéProgrès technique contenu dans les équipements ou dans la qualification des travailleurs, et non dans une amélioration purement organisationnelle.

Productivité (du travail)

Productiviteˊ du travail=Production (volume)Quantiteˊ de travail (heures ou actifs)\text{Productivité du travail} = \dfrac{\text{Production (volume)}}{\text{Quantité de travail (heures ou actifs)}}Productiviteˊ du travail=Quantiteˊ de travail (heures ou actifs)Production (volume)​

Rapport entre la production obtenue et la quantité de facteur utilisée ; une hausse de ce rapport, à facteur constant, traduit un gain de productivité.

Décomposition de la croissance (comptabilité de la croissance)

gPIB=α gK⏟contrib. capital+(1−α) gL⏟contrib. travail+gPGF⏟progreˋs techniqueg_{\text{PIB}} = \underbrace{\alpha\, g_{K}}_{\text{contrib. capital}} + \underbrace{(1-\alpha)\, g_{L}}_{\text{contrib. travail}} + \underbrace{g_{\text{PGF}}}_{\text{progrès technique}}gPIB​=contrib. capitalαgK​​​+contrib. travail(1−α)gL​​​+progreˋs techniquegPGF​​​

La croissance du PIB se répartit entre la contribution du capital, celle du travail et le résidu de PGF. La PGF se déduit par solde : g(PGF) = g(PIB) − contributions des facteurs.

La PGF (résidu de Solow) calculée par solde

gPGF=gPIB−[α gK+(1−α) gL]g_{\text{PGF}} = g_{\text{PIB}} - \big[\alpha\, g_{K} + (1-\alpha)\, g_{L}\big]gPGF​=gPIB​−[αgK​+(1−α)gL​]

On retire de la croissance du PIB la part imputable à l'accumulation des facteurs ; ce qui reste est le résidu, mesure indirecte du progrès technique.

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Exemple corrigé

Décomposer la croissance et isoler le résidu de PGF

Le PIB en volume croît de 3 % sur une année. Le capital augmente de 4 %, le travail de 1 %. La contribution du capital correspond à 0,3 fois son taux de croissance, celle du travail à 0,7 fois le sien. a) Calculer la contribution du capital et celle du travail. b) En déduire la croissance de la PGF. c) Identifier et interpréter la source dominante.

  1. 01a) Contribution du capital

    On multiplie le coefficient (0,3) par le taux de croissance du capital (4 %) : contribution du capital = 0,3 × 4 = 1,2 point de pourcentage.

    α gK=0,3×4=1,2 point\alpha\, g_K = 0{,}3 \times 4 = 1{,}2 \text{ point}αgK​=0,3×4=1,2 point
  2. 02a) Contribution du travail

    De même, contribution du travail = 0,7 × 1 = 0,7 point de pourcentage.

    (1−α) gL=0,7×1=0,7 point(1-\alpha)\, g_L = 0{,}7 \times 1 = 0{,}7 \text{ point}(1−α)gL​=0,7×1=0,7 point
  3. 03b) Croissance de la PGF (par solde)

    Le résidu de Solow se déduit en retirant les contributions des facteurs de la croissance totale : g(PGF) = 3 − (1,2 + 0,7) = 3 − 1,9 = 1,1 point.

    gPGF=3−(1,2+0,7)=1,1 pointg_{\text{PGF}} = 3 - (1{,}2 + 0{,}7) = 1{,}1 \text{ point}gPGF​=3−(1,2+0,7)=1,1 point
  4. 04c) Source dominante et interprétation

    La PGF apporte 1,1 point sur 3, soit environ 37 % de la croissance : c'est la deuxième contribution, juste derrière celle du capital (1,2 point, soit 40 %) et loin devant celle du travail (0,7 point). La croissance n'est donc pas seulement extensive : une part majeure provient des gains d'efficacité, c'est-à-dire du progrès technique (croissance intensive). On rédige : « Plus d'un tiers de la croissance s'explique par l'amélioration de l'efficacité productive, indépendamment de la hausse des facteurs. »

Résultat : a) Capital : 1,2 point ; travail : 0,7 point. b) PGF = 1,1 point (résidu). c) La contribution la plus forte est celle du capital (1,2 point), mais le progrès technique (PGF) explique à lui seul ≈ 37 % de la croissance : plus d'un tiers de celle-ci est donc intensive, et non extensive.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (partie 2) : à partir d'un tableau donnant la production et la quantité de travail, calculer une productivité du travail puis son taux de variation, et interpréter — en distinguant bien le NIVEAU de la productivité de sa VARIATION.
  • Objectif Bac (partie 1) : définir la PGF en une phrase et expliquer pourquoi on l'appelle résidu. La formulation qui rapporte les points : « la part de la croissance qui n'est expliquée ni par l'augmentation du travail ni par celle du capital ».
  • Objectif Bac : sur une décomposition de la croissance en contributions, retrouver le résidu par simple soustraction et vérifier d'abord que la somme des contributions reconstitue bien le taux de croissance affiché. Ce contrôle se fait de tête, calculatrice interdite.
  • Objectif Bac (partie 3, raisonnement sur dossier) : montrer que la PGF est la source de croissance qui échappe aux rendements décroissants. C'est le pivot qui autorise l'enchaînement vers le progrès technique, l'innovation et la croissance endogène.
  • Objectif Bac : savoir ILLUSTRER un point de PGF par un canal concret — machine plus performante, réorganisation de la production, main-d'œuvre plus qualifiée, diffusion du numérique. Le programme demande explicitement de savoir illustrer le lien entre progrès technique et croissance.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la PGF à la seule productivité du travail : la PGF mesure l'efficacité de la combinaison de TOUS les facteurs, pas le rendement d'un seul.
  • Présenter la PGF comme une mesure directe du progrès technique : c'est un résidu, donc une mesure indirecte de ce que l'accumulation des facteurs n'explique pas. La formulation correcte est « mesure indirecte, résiduelle, du progrès technique ».
  • Écrire que des gains de productivité consistent à « employer plus de facteurs » : ils consistent à produire plus avec autant de facteurs — c'est la définition même de la croissance intensive.
  • Confondre le ralentissement des gains de productivité et une baisse de la productivité : tant que le taux de croissance de la productivité reste positif, la productivité continue d'augmenter, plus lentement seulement.
  • Attribuer à Solow la thèse d'un progrès technique endogène : dans son modèle, le progrès technique est EXOGÈNE, et c'est précisément ce que Romer et Lucas contesteront dans les années 1980. Inverser cette attribution coûte cher dans un devoir.

§ 02

Révision active

Le PIB en volume d'un pays croît de 3 % sur une année. Le capital augmente de 4 % et le travail de 1 %. On admet que la contribution du capital vaut 0,3 fois son taux de croissance et celle du travail 0,7 fois le sien. a) Calculez les deux contributions et vérifiez qu'elles ne suffisent pas à expliquer les 3 %. b) Déduisez-en par solde la croissance de la PGF. c) Rédigez la phrase d'interprétation en nommant ce que ce résidu mesure — et ce qu'il ne mesure pas. d) La croissance de ce pays est-elle plutôt extensive ou plutôt intensive ? Justifiez en une phrase.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Innovation, destruction créatrice et croissance endogène#

~8 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Sources-et-défis-de-la-croissance-économiqueBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Le processus de destruction créatrice (Schumpeter)

La destruction créatrice (Schumpeter)Graphe, Innovation → Destructions : secteurs et emplois anciens, Innovation → Créations : produits et emplois nouveaux, Destructions : secteurs et emplois anciens → Croissance (solde net > 0), Créations : produits et emplois nouveaux → Croissance (solde net > 0)InnovationDestructions :secteurs etemplois anciensCréations :produits etemplois nouveauxCroissance(solde net > 0)détruitcrée
Fig. 3Pour Schumpeter, l'innovation détruit les activités anciennes tout en créant de nouvelles : c'est la destruction créatrice. Le solde net (créations − destructions), positif, nourrit la croissance — au prix d'un coût social de transition.

Points clés

L'innovation est l'application économique d'une invention : c'est la mise sur le marché d'un produit, d'un procédé ou d'une organisation nouvelle. Joseph Schumpeter distingue cinq types d'innovations : nouveaux produits, nouvelles méthodes de production, nouveaux débouchés (marchés), nouvelles sources de matières premières et nouvelles formes d'organisation. L'entrepreneur-innovateur est, chez Schumpeter, le moteur de la dynamique capitaliste.
La destruction créatrice (Schumpeter) : l'innovation est un processus par lequel les activités, entreprises et emplois nouveaux remplacent les anciens devenus obsolètes. La croissance s'accompagne donc simultanément de DESTRUCTIONS (secteurs et emplois qui disparaissent) et de CRÉATIONS (secteurs et emplois nouveaux). Exemple : la photographie numérique a détruit l'argentique tout en créant des activités nouvelles. Le solde net est positif et tire la croissance, mais la transition a un coût social.
Le progrès technique est endogène : contrairement à une vision où il « tomberait du ciel » (exogène), les théories de la croissance endogène (Paul Romer, Robert Lucas) montrent qu'il est PRODUIT par l'activité économique elle-même — par les décisions d'investissement en recherche, en éducation et en équipements. La croissance s'auto-entretient : elle génère les ressources et les connaissances qui nourrissent la croissance future.
Les sources de la croissance endogène reposent sur l'accumulation de différents capitaux porteurs d'externalités positives (des effets bénéfiques non rémunérés par le marché) : le capital humain (Lucas) — connaissances et compétences accumulées par l'éducation et la formation ; le capital technologique / la recherche-développement (Romer) — les connaissances sont en partie un bien non rival qui profite à tous ; le capital public — infrastructures (transports, réseaux) financées par l'État.
Le rôle des institutions et des droits de propriété : un cadre institutionnel sécurisé (État de droit, respect des contrats) et, en particulier, la protection de la propriété intellectuelle (brevets) incitent à innover, car l'innovateur peut s'approprier temporairement les gains de son innovation. Sans cette protection, l'innovation insuffisamment rémunérée serait sous-produite (les connaissances étant facilement imitables).
Le cercle vertueux : innovation et investissement en capital humain/technologique → hausse de la productivité (PGF) → croissance → ressources supplémentaires réinvesties dans la recherche et l'éducation → nouvelles innovations. Ce mécanisme cumulatif explique pourquoi la croissance peut se maintenir durablement, sans buter sur les rendements décroissants de l'accumulation d'un seul facteur.
Le programme formule précisément l'effet des institutions : elles influent sur la croissance en affectant l'INCITATION à investir et à innover. Le mécanisme est un calcul d'horizon — un droit de propriété sûr, des contrats exécutés et une règle stable permettent à l'entrepreneur d'espérer conserver les fruits d'un investissement dont le rendement n'arrivera que des années plus tard ; l'insécurité juridique rend au contraire la captation d'une rente plus rentable que la création. Le brevet condense cet arbitrage : le monopole temporaire qu'il accorde rémunère l'innovateur, mais il freine la diffusion du savoir — d'où sa durée limitée et l'obligation de publier l'invention, contrepartie du droit exclusif.

Vocabulaire

→ Cartes
  • innovationApplication économique d'une invention : mise sur le marché d'un produit, d'un procédé, d'un débouché ou d'une organisation nouvelle.
  • destruction créatriceProcessus par lequel l'innovation fait disparaître des activités, des entreprises et des emplois anciens tout en en créant de nouveaux.
  • croissance endogèneCroissance qui s'auto-entretient parce que le progrès technique est produit par l'activité économique elle-même : recherche, éducation, infrastructures.
  • capital humainEnsemble des connaissances, compétences et qualifications accumulées par les individus, notamment par l'éducation, la formation et l'expérience.
  • externalité positiveEffet bénéfique qu'une activité exerce sur d'autres agents sans être rémunéré par le marché, ce qui conduit à la produire en quantité insuffisante.
  • bien non rivalBien dont l'usage par une personne n'empêche pas l'usage simultané par une autre : la connaissance en est l'exemple type.

Le cercle vertueux de la croissance endogène

Le cercle vertueux de la croissance endogèneGraphe, Investissement : capital humain, R&D, public → Innovation / progrès technique, Innovation / progrès technique → Hausse de la PGF, donc croissance, Hausse de la PGF, donc croissance → Ressources réinvesties, Ressources réinvesties → Investissement : capital humain, R&D, publicInvestissement :capital humain,R&D, publicInnovation /progrèstechniqueHausse de laPGF, donccroissanceRessourcesréinvesties
Fig. 4La croissance endogène est un processus cumulatif auto-entretenu : investir dans le capital humain, la recherche et les infrastructures nourrit l'innovation, qui élève la PGF, donc la croissance, qui finance à son tour de nouveaux investissements. Institutions et droits de propriété sécurisent la boucle.
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Exemple corrigé

Illustrer la destruction créatrice par un exemple raisonné

À partir de l'essor du commerce en ligne, montrez en quoi cette innovation illustre le processus de destruction créatrice, puis expliquez le rôle du capital humain et des droits de propriété.

  1. 01Identifier l'innovation

    Le commerce en ligne est une innovation de procédé et d'organisation (au sens de Schumpeter) : il transforme la manière de vendre (plateformes numériques, logistique automatisée) et crée de nouveaux débouchés.

  2. 02Repérer les destructions

    Des activités anciennes déclinent : fermetures de commerces physiques sur certains segments, recul de l'emploi dans la distribution traditionnelle, disparition de certains intermédiaires. C'est la face « destruction » du processus.

  3. 03Repérer les créations

    Simultanément naissent des emplois et secteurs nouveaux : développeurs, métiers de la logistique et de la livraison, data analysts, services numériques. Le solde net d'emplois/valeur peut être positif et soutenir la croissance, même si la transition impose des reconversions coûteuses pour les salariés concernés.

  4. 04Rôle du capital humain

    Ces innovations exigent une main-d'œuvre qualifiée (informatique, gestion de données). L'accumulation de capital humain (Lucas) — formation, compétences — conditionne la capacité à innover et à occuper les emplois créés ; c'est une source de croissance endogène.

  5. 05Rôle des droits de propriété

    La protection de la propriété intellectuelle (brevets sur les technologies, protection des logiciels) et un cadre institutionnel sécurisé incitent les entreprises à investir dans l'innovation, car elles peuvent s'approprier temporairement les gains. Sans cette protection, l'innovation — facilement imitable — serait sous-produite.

Résultat : Le commerce en ligne illustre la destruction créatrice : il détruit des emplois de la distribution traditionnelle tout en créant des emplois numériques et logistiques (solde net soutenant la croissance). Capital humain (qualification) et droits de propriété (brevets, incitations à innover) en sont des moteurs de croissance endogène.

Explication pas à pas4 étapes
  1. 1

    Partons de Schumpeter. Pour lui, le moteur du capitalisme est l'entrepreneur-innovateur, qui introduit de nouveaux produits, procédés, marchés, matières premières ou formes d'organisation.

  2. 2

    Cette innovation est un processus à double face : elle détruit les activités anciennes devenues obsolètes tout en créant des activités nouvelles. C'est la destruction créatrice.

  3. 3

    Mais d'où vient le progrès technique ? Les théories de la croissance endogène répondent : il est produit de l'intérieur, par l'investissement en capital humain, en recherche et en infrastructures.

  4. 4

    Le tout s'auto-entretient : la croissance finance de nouveaux investissements, qui nourrissent de nouvelles innovations. Institutions et droits de propriété sécurisent ce cercle vertueux.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (partie 1) : définir la destruction créatrice et l'illustrer par UN exemple précis, en nommant explicitement les destructions et les créations. Une définition sans les deux faces ne vaut pas la totalité des points.
  • Objectif Bac : expliquer en quoi le progrès technique est endogène. La formulation attendue oppose « donné de l'extérieur » à « produit par les décisions d'investissement en recherche, en éducation et en infrastructures » — et cite Romer ou Lucas, pas Solow.
  • Objectif Bac : montrer comment les institutions, et en particulier les droits de propriété, agissent sur l'INCITATION à investir et à innover. Ce sont les mots mêmes de l'objectif d'apprentissage, et un sujet de dissertation les reprend presque tels quels.
  • Objectif Bac (partie 2) : sur un document consacré aux dépenses de recherche et développement, calculer un pourcentage de répartition (part de chaque financeur ou de chaque pays) ou un taux de variation, puis relier le chiffre au mécanisme de croissance endogène.
  • Objectif Bac (partie 3) : construire l'enchaînement complet investissement en capital humain et en recherche, puis innovation, puis hausse de la PGF, puis croissance, puis ressources réinvesties — et le fonder sur les externalités positives de la connaissance plutôt que sur une simple affirmation.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la destruction créatrice aux seules destructions : c'est un processus à DOUBLE face, dont le solde net est positif et soutient la croissance, même si la transition a un coût social réel.
  • Présenter le progrès technique comme exogène, tombé du ciel : les théories de la croissance endogène montrent qu'il résulte de choix d'investissement en recherche, en éducation et en infrastructures.
  • Confondre invention (découverte technique) et innovation (application économique d'une invention, mise sur le marché) : seule la seconde crée de la valeur économique et entre dans l'analyse de Schumpeter.
  • Attribuer la destruction créatrice à la croissance endogène, ou l'inverse : la destruction créatrice est de Schumpeter (première moitié du XXe siècle) ; la croissance endogène est un programme des années 1980 (Romer, Lucas, Barro), dont Aghion et Howitt donneront en 1992 une version schumpétérienne.
  • Présenter le brevet comme un pur bienfait : c'est un ARBITRAGE. Il crée l'incitation à innover en accordant un monopole temporaire, mais ce monopole freine la diffusion de la connaissance — d'où sa durée limitée et la publication obligatoire de l'invention.

§ 03

Révision active

À l'aide d'un exemple de votre choix (téléphonie mobile, commerce en ligne, énergies renouvelables, intelligence artificielle…), montrez que l'innovation retenue illustre le processus de destruction créatrice : nommez précisément les activités et les emplois détruits, puis ceux qui sont créés, et dites ce que vous savez du solde. Expliquez ensuite par quel mécanisme les droits de propriété et le capital humain ont pu rendre cette innovation possible, et identifiez ce qui, dans cet exemple, relève d'un progrès technique ENDOGÈNE.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Progrès technique et inégalités de revenus#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Sources-et-défis-de-la-croissance-économiqueBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Progrès technique biaisé : effet sur la demande de travail selon la qualification

Progrès technique biaisé et inégalitésGraphe, Progrès technique biaisé → Complément du qualifié : ↑ salaires, Progrès technique biaisé → Substitut du peu qualifié : ↓ salaires, Complément du qualifié : ↑ salaires → Creusement des inégalités de revenus, Substitut du peu qualifié : ↓ salaires → Creusement des inégalités de revenusProgrèstechnique biaiséComplément duqualifié : ↑salairesSubstitut du peuqualifié : ↓salairesCreusement desinégalités derevenus
Fig. 5Le progrès technique « biaisé » est complémentaire du travail qualifié (↑ demande, ↑ salaires) mais substituable au travail peu qualifié routinier (↓ demande, ↓ salaires) : l'écart de revenus se creuse selon la qualification.

Points clés

Le progrès technique, s'il accroît la richesse globale, ne profite pas également à tous : il peut engendrer des inégalités de revenus. Le programme demande explicitement de comprendre ce mécanisme. La croissance n'est donc pas neutre socialement.
Le progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié : les technologies récentes (numérique, automatisation) sont surtout complémentaires des compétences élevées et substituables au travail peu qualifié. La demande de travailleurs qualifiés (et leurs salaires) augmente, tandis que celle de travailleurs peu qualifiés — dont les tâches sont automatisables — stagne ou recule. L'écart de revenus se creuse selon le niveau de qualification.
La polarisation des emplois : l'automatisation touche surtout les emplois intermédiaires (tâches routinières, automatisables), tandis que les emplois très qualifiés (non routiniers, cognitifs) et certains emplois peu qualifiés de services (non automatisables) résistent. Le marché du travail se « creuse » en son milieu, ce qui alimente les inégalités.
Le mécanisme schumpetérien et les rentes d'innovation : l'innovateur qui réussit bénéficie d'une situation de quasi-monopole temporaire (protégé par les brevets) et capte des profits élevés (rentes d'innovation). Les « gagnants » de la destruction créatrice s'enrichissent fortement, tandis que les « perdants » (salariés des secteurs détruits, en reconversion) subissent chômage et pertes de revenu : le processus redistribue les revenus.
Le rôle ambivalent des institutions et des politiques publiques : si les droits de propriété intellectuelle incitent à innover (donc à croître), ils confèrent aussi un pouvoir de marché qui peut accroître les inégalités. Les pouvoirs publics arbitrent : protéger l'innovation tout en accompagnant les perdants (formation, redistribution, protection sociale) pour rendre la croissance socialement soutenable.
À nuancer : le progrès technique peut aussi réduire certaines inégalités (baisse du prix de biens autrefois réservés à une élite, accès élargi à l'information et aux services). L'effet net sur les inégalités dépend du type d'innovation, des qualifications de la population et des politiques d'accompagnement — il n'est pas mécaniquement inégalitaire.
Le lien n'a rien de mécanique, et c'est ce qui sépare une copie moyenne d'une bonne copie : l'écart de salaire entre qualifiés et peu qualifiés résulte d'une COURSE entre la demande de qualifications, que le progrès technique biaisé pousse vers le haut, et l'offre de qualifications, que le système éducatif fait progresser. Quand l'éducation avance plus vite que la technologie, la prime à la qualification se réduit et les inégalités se resserrent malgré le progrès technique ; quand elle décroche, la prime s'envole. L'idée remonte à Jan Tinbergen et est connue sous le nom de course entre l'éducation et la technologie. Un second canal, indépendant de la qualification, opère en parallèle : dans les activités numériques, où reproduire une unité supplémentaire ne coûte presque rien et où les effets de réseau concentrent la demande sur quelques acteurs, le vainqueur emporte une part très large du marché — ce qui concentre profits et très hauts revenus sur un petit nombre de firmes et d'individus.

Vocabulaire

→ Cartes
  • progrès technique biaiséProgrès technique complémentaire du travail qualifié, dont il augmente la demande, et substituable aux tâches routinières, dont il réduit la demande.
  • polarisation des emploisDéformation de la structure des emplois au profit des postes très qualifiés et de certains services peu qualifiés, au détriment des emplois intermédiaires routiniers.
  • rente d'innovationProfit élevé et temporaire que retire l'innovateur du quasi-monopole conféré par son innovation, souvent protégé par un brevet.
  • coefficient de GiniIndicateur synthétique d'inégalité compris entre 0 (égalité parfaite) et 1 (un seul détient tout) ; le programme demande de le lire, non de le calculer.
  • rapport interdécileRapport entre le seuil au-dessus duquel se situent les 10 % les plus aisés et celui au-dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes.
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Exemple corrigé

Expliquer le creusement des inégalités par le progrès technique biaisé

Expliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs qualifiés et peu qualifiés, puis discutez le rôle des politiques publiques.

  1. 01Poser le mécanisme

    Le progrès technique récent est dit « biaisé » en faveur du travail qualifié : les nouvelles technologies (logiciels, robots) augmentent la productivité des travailleurs qualifiés (elles les complètent) mais remplacent les tâches routinières des travailleurs peu qualifiés (elles s'y substituent).

  2. 02En déduire l'effet sur la demande de travail

    La demande de travail qualifié s'accroît (compétences recherchées pour concevoir et piloter les technologies), ce qui pousse leurs salaires à la hausse. À l'inverse, la demande de travail peu qualifié sur les tâches automatisables recule, pesant sur l'emploi et les salaires de ces travailleurs.

  3. 03Conclure sur les inégalités

    L'écart de revenus entre qualifiés et peu qualifiés se creuse. La destruction créatrice fait par ailleurs des gagnants (innovateurs, qualifiés) et des perdants (salariés des secteurs détruits), ce qui accentue le mouvement.

  4. 04Discuter le rôle des politiques publiques

    Les pouvoirs publics peuvent atténuer ces inégalités : formation et requalification (élever le capital humain des moins qualifiés), accompagnement des reconversions, redistribution (fiscalité, prestations) et protection sociale. La croissance reste alors socialement soutenable. On nuance enfin : selon les politiques menées et le type d'innovation, le progrès technique peut aussi réduire certaines inégalités (baisse de prix, accès élargi).

Résultat : L'automatisation, complémentaire des qualifiés et substituable aux peu qualifiés, creuse les écarts de salaires selon la qualification ; les politiques publiques (formation, redistribution, protection sociale) peuvent en limiter les effets et rendre la croissance socialement soutenable.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (partie 1) : expliquer le mécanisme du progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié — complémentarité avec les qualifiés, substituabilité aux tâches routinières — et en déduire l'effet sur l'écart de salaires.
  • Objectif Bac (partie 2) : sur un document d'inégalités, LIRE et INTERPRÉTER l'indicateur fourni. Le coefficient de Gini, la courbe de Lorenz et le rapport interdécile relèvent des savoir-faire de lecture ; en revanche, un pourcentage de répartition des salaires ou un taux de variation du salaire médian se calcule, et se calcule à la main.
  • Objectif Bac (partie 3) : opposer gagnants et perdants de la destruction créatrice puis discuter le rôle des politiques publiques. Un raisonnement qui s'arrête au constat « le progrès technique creuse les inégalités » plafonne.
  • Objectif Bac : nuancer par la course entre l'éducation et la technologie — l'effet du progrès technique sur les inégalités dépend de la vitesse à laquelle l'offre de qualifications suit la demande. Le programme demande de comprendre que le progrès technique PEUT engendrer des inégalités, pas qu'il en engendre nécessairement.
  • Situez le champ : ce questionnement relève de la science économique. Les notions de justice sociale restent connues et mobilisables, mais leur questionnement est hors du programme d'examen depuis la session 2025 — servez-vous-en comme argument d'appui, jamais comme colonne vertébrale du devoir.

Erreurs fréquentes

  • Affirmer que le progrès technique réduit toujours les inégalités parce qu'il « enrichit tout le monde » : le programme demande au contraire de comprendre comment il peut les engendrer, notamment par le biais en faveur des qualifiés.
  • Ne retenir que les créations d'emplois de la destruction créatrice et oublier les perdants : salariés des secteurs détruits, territoires spécialisés, reconversions longues et coûteuses.
  • Présenter le lien progrès technique / inégalités comme mécanique et inévitable : il dépend du type d'innovation, du niveau de qualification de la population et des politiques de formation et de redistribution.
  • Écrire que l'automatisation « détruit les emplois peu qualifiés » en bloc : elle se substitue aux TÂCHES routinières, qui sont surtout des emplois intermédiaires, tandis que beaucoup de services peu qualifiés de proximité résistent. La forme correcte est la polarisation des emplois, pas un simple glissement du bas vers le haut.
  • Calculer un coefficient de Gini ou un rapport interdécile dans une copie : le programme les classe parmi les savoir-faire de lecture et d'interprétation, et la calculatrice est interdite, comme l'indique chaque sujet récent. On vous les donne : commentez-les.

§ 04

Révision active

À l'aide du mécanisme du progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié, expliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs. Vous préciserez pourquoi le mouvement prend la forme d'une polarisation des emplois plutôt que d'un simple déclassement du bas de l'échelle. Vous discuterez enfin ce que la course entre l'éducation et la technologie, d'une part, et les politiques publiques de formation et de redistribution, d'autre part, changent à ce résultat.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Les défis : limites écologiques et soutenabilité de la croissance#

~8 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-ses-terminale-§Sources-et-défis-de-la-croissance-économiqueBONdS-2024-MENE2416667N-§Questionnement-évaluable

Soutenabilité faible vs soutenabilité forte : substituabilité des capitaux

Soutenabilité faible vs soutenabilité forteTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Critère · Soutenabilité faible · Soutenabilité forte; Hypothèse · capitaux substituables · capital naturel non substituable; À préserver · le stock total de capital · un stock de capital naturel critique; Progrès technique · compense le naturel détruit · ne peut pas tout compenser; Auteurs · Solow, Hartwick · économie écologique; Politiques · innovation, taxe, recyclage · réglementation, sobriété, cellule mise en évidence : capital naturel non substituableCritèreSoutenabilité faibleSoutenabilité forteHypothèsecapitaux substituablescapital naturel nonsubstituableÀ préserverle stock total de capitalun stock de capital naturelcritiqueProgrès techniquecompense le naturel détruitne peut pas tout compenserAuteursSolow, Hartwickéconomie écologiquePolitiquesinnovation, taxe, recyclageréglementation, sobriété
Fig. 6La distinction repose sur la substituabilité : soutenabilité FAIBLE (capitaux substituables, seul le stock total compte, le progrès technique compense) vs soutenabilité FORTE (capital naturel en partie non substituable, à préserver pour lui-même).

Points clés

La croissance se heurte à des limites écologiques. Le programme en nomme explicitement trois : l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, minerais), la pollution (dégradation de l'air, de l'eau, des sols, perte de biodiversité) et le réchauffement climatique (lié aux émissions de gaz à effet de serre). La production et la consommation prélèvent et dégradent le capital naturel, qui n'est pas illimité.
Le capital naturel et les externalités négatives : l'activité économique génère des externalités négatives (coûts non payés par le pollueur, supportés par la collectivité ou les générations futures). Le capital naturel — stock de ressources et de services écosystémiques — est une condition de la production future ; sa dégradation menace la croissance de long terme.
Une croissance est dite soutenable (durable) lorsqu'elle « répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (définition du rapport Brundtland, 1987). La soutenabilité suppose de préserver pour l'avenir un stock de capital suffisant.
Le patrimoine d'une société se compose de plusieurs types de capitaux : le capital physique (machines, infrastructures), le capital humain (compétences, santé), le capital naturel (ressources, écosystèmes) et le capital institutionnel et social (institutions, confiance, liens sociaux). La soutenabilité se pense en termes de transmission de ce patrimoine global aux générations futures.
Soutenabilité FAIBLE (Solow, Hartwick) : les différents capitaux sont supposés SUBSTITUABLES. Le capital naturel détruit peut être compensé par du capital physique, humain ou technologique (le progrès technique trouve des substituts aux ressources épuisées, recycle, améliore l'efficacité). Ce qui doit être préservé, c'est le stock TOTAL de capital, peu importe sa composition. La croissance reste compatible avec la soutenabilité grâce à l'innovation.
Soutenabilité FORTE : le capital naturel est en partie NON substituable — certaines ressources et fonctions écologiques (climat stable, biodiversité, couche d'ozone) sont irremplaçables et leur destruction est parfois irréversible. Il faut alors préserver spécifiquement un stock minimal de capital naturel (« capital critique »), même au prix d'un ralentissement de la croissance matérielle. Le progrès technique ne peut pas tout compenser.
La seconde moitié de l'objectif d'apprentissage est souvent oubliée : l'innovation peut aider à RECULER ces limites. Quatre canaux se distinguent. L'innovation de procédé réduit la matière et l'énergie nécessaires à une même production (efficacité énergétique, écoconception). L'innovation de substitution remplace une ressource rare ou polluante par une autre (électricité bas carbone, matériaux de remplacement). L'innovation de bouclage réinjecte les déchets dans la production (recyclage, réemploi, économie circulaire). L'innovation de dépollution traite ou capte les rejets. Et puisque le progrès technique est endogène — c'est l'acquis des sections précédentes — sa DIRECTION est un choix collectif : un prix du carbone, une norme, un financement public de la recherche réorientent l'effort d'innovation vers les techniques économes. Reculer une limite n'est toutefois pas la supprimer : l'effet rebond, décrit au XIXe siècle par William Stanley Jevons à propos du charbon, veut qu'un gain d'efficacité abaisse le coût d'usage et puisse relancer la consommation, annulant une partie du gain espéré.

Vocabulaire

→ Cartes
  • capital naturelStock de ressources et de services rendus par les écosystèmes dont dépend la production future : sols, eau, énergies, climat stable, biodiversité.
  • soutenabilité faibleConception selon laquelle les capitaux sont substituables : seul compte le stock total transmis, le capital naturel détruit pouvant être compensé par les autres.
  • soutenabilité forteConception selon laquelle le capital naturel est en partie irremplaçable : il faut en préserver un stock critique pour lui-même, sans compensation possible.
  • effet rebondPhénomène par lequel un gain d'efficacité, en abaissant le coût d'usage d'une ressource, en relance la consommation et annule une partie de l'économie attendue.
  • découplageRupture du lien entre la croissance de la production et les pressions environnementales ; il est relatif si celles-ci croissent moins vite, absolu si elles baissent.
  • externalité négativeEffet dommageable qu'une activité impose à des tiers sans le payer, la pollution en étant l'exemple type ; le marché seul conduit alors à surproduire.

Le patrimoine global transmis aux générations futures

Ktotal=Kphysique+Khumain+Knaturel+Kinstit./socialK_{\text{total}} = K_{\text{physique}} + K_{\text{humain}} + K_{\text{naturel}} + K_{\text{instit./social}}Ktotal​=Kphysique​+Khumain​+Knaturel​+Kinstit./social​

La soutenabilité se pense comme la préservation d'un stock de capital transmis. La soutenabilité faible vise à maintenir le TOTAL (capitaux substituables) ; la forte exige de préserver spécifiquement capital naturel critique.

Externalité négative : coût privé, coût social et surproduction du marché

Externalité négative : le marché surproduit (q marché > q optimum social)Courbe de Cm social, ordonnée à l’origine y = 2, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 10, Courbe de Cm privé, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 10, Courbe de bénéfice, ordonnée à l’origine y = 11, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 1024681024681012optimum q≈5,6marché q≈7,7Cm socialCm privébénéficecoût / bénéficequantité produite
Fig. 7Le coût social marginal (qui inclut la pollution) est au-dessus du coût privé : l'écart est l'externalité négative. Le marché égalise bénéfice et coût privé et produit q≈7,7, au-delà de l'optimum social q≈5,6 (bénéfice = coût social) : il surproduit, d'où la pollution et la justification d'une intervention publique.
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Exemple corrigé

Distinguer soutenabilité faible et soutenabilité forte

Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez soutenabilité faible et soutenabilité forte en explicitant l'hypothèse sur laquelle repose cette distinction, et les politiques que chacune privilégie.

  1. 01Présenter deux limites écologiques

    Première limite : l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, minerais) — la production puise dans un stock fini. Seconde limite : la pollution et la dégradation de l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité), externalités négatives qui détériorent le capital naturel.

  2. 02Définir la soutenabilité

    Une croissance soutenable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs (rapport Brundtland, 1987) : il s'agit de transmettre un patrimoine — physique, humain, naturel, institutionnel/social — suffisant.

  3. 03Soutenabilité faible

    Hypothèse : les capitaux sont SUBSTITUABLES. Le capital naturel détruit peut être compensé par du capital physique, humain ou technologique. Ce qui importe est le maintien du stock TOTAL de capital. Le progrès technique (recyclage, efficacité énergétique, substituts) rend la croissance compatible avec la soutenabilité. Politiques privilégiées : innovation, prix incitatifs (taxe carbone), efficacité, économie circulaire.

  4. 04Soutenabilité forte

    Hypothèse : le capital naturel est en partie NON substituable. Certaines fonctions écologiques (climat stable, biodiversité) sont irremplaçables et leur perte est irréversible (effets de seuil). Il faut préserver un stock minimal spécifique de capital naturel « critique », même au prix d'un ralentissement de la croissance matérielle. Politiques privilégiées : réglementation, interdictions, normes, sobriété, protection de la nature.

  5. 05Conclure sur la distinction

    Tout repose sur la substituabilité du capital naturel. Faible : substituable → préserver le total → confiance dans le progrès technique. Forte : non substituable → préserver le naturel critique pour lui-même → contraindre la croissance. C'est un débat normatif sur le degré de confiance accordé à l'innovation pour compenser la dégradation de l'environnement.

Résultat : Limites : épuisement des ressources et pollution. Soutenabilité FAIBLE = capitaux substituables, on préserve le stock total, le progrès technique compense (innovation, taxe carbone) ; soutenabilité FORTE = capital naturel non substituable, on préserve un stock minimal critique (réglementation, sobriété). La distinction tient à l'hypothèse de substituabilité du capital naturel.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (partie 1) : citer et expliquer les trois limites écologiques que le programme nomme — épuisement des ressources, pollution, réchauffement climatique — et définir la soutenabilité en une phrase, en reprenant la formulation du rapport Brundtland (1987).
  • Objectif Bac (dissertation) : sur un sujet du type « la croissance économique est-elle soutenable ? », construire le plan sur l'hypothèse de SUBSTITUABILITÉ entre capital naturel et autres capitaux, et non sur un catalogue de dégâts écologiques.
  • Objectif Bac : ne jamais s'arrêter aux limites. L'objectif d'apprentissage demande explicitement de comprendre que l'innovation peut aider à les reculer : une copie sans partie ou sans sous-partie sur ce point est incomplète, quelle que soit la qualité du reste.
  • Objectif Bac (partie 2) : sur deux séries — PIB et émissions — lire des indices base 100 et calculer des taux de variation pour caractériser un découplage, puis dire s'il est relatif ou absolu. C'est l'interprétation, plus que le calcul, qui départage les copies.
  • Objectif Bac (partie 3) : un dossier « croissance et environnement » associe typiquement une série chiffrée et un texte strictement factuel. Confrontez-les au lieu de les paraphraser l'un après l'autre — et rappelez-vous que le texte du dossier ne dépasse pas 2 500 signes : tout y est utile.

Erreurs fréquentes

  • Confondre soutenabilité faible et soutenabilité forte : la faible suppose les capitaux SUBSTITUABLES et ne vise que le stock total ; la forte suppose le capital naturel en partie NON substituable et exige d'en préserver un stock minimal spécifique.
  • Réduire la soutenabilité à sa dimension environnementale : elle porte sur la transmission d'un patrimoine global — capital physique, humain, naturel, institutionnel et social — aux générations futures.
  • Croire que la soutenabilité forte interdit toute croissance : elle impose de préserver le capital naturel critique, ce qui contraint la forme et le rythme de la croissance sans nécessairement l'annuler.
  • Confondre découplage relatif et découplage absolu : des émissions qui augmentent MOINS VITE que le PIB continuent d'augmenter ; seul le découplage absolu les fait baisser pendant que le PIB croît.
  • Présenter l'innovation comme la solution automatique : l'effet rebond montre qu'un gain d'efficacité peut relancer la consommation, et une partie des progrès nationaux tient au déplacement des productions polluantes à l'étranger — d'où l'écart entre les émissions territoriales d'un pays et son empreinte carbone, qui inclut les émissions incorporées dans ses importations.

§ 05

Révision active

Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez la soutenabilité faible de la soutenabilité forte en explicitant l'hypothèse de substituabilité sur laquelle repose cette distinction. Vous montrerez ensuite par quels canaux concrets l'innovation peut faire reculer ces limites, et vous expliquerez pourquoi l'effet rebond et la distinction entre découplage relatif et découplage absolu invitent à ne pas en attendre la solution complète.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01Mesurer la croissance : PIB, taux de croissance et accumulation des facteurs○
    • 02La productivité globale des facteurs : le résidu de Solow comme mesure du progrès technique◐
    • 03Innovation, destruction créatrice et croissance endogène◐
    • 04Progrès technique et inégalités de revenus●
    • 05Les défis : limites écologiques et soutenabilité de la croissance●

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Des fiches à l'entraînement

Sources et défis de la croissance économique

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019

Voir aussi

  • Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?L'ouverture commerciale est l'un des canaux par lesquels la concurrence et l'innovation nourrissent la productivité globale des facteurs.
  • Quelle action publique pour l'environnement ?Les limites écologiques rencontrées ici y deviennent un problème public et des instruments d'action publique.
  • Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?Les politiques structurelles européennes visent précisément les déterminants de la croissance potentielle.

Chapitre suivant

Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

EuraStudy·Fiches T·01·MMXXVI

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