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La croissance — la hausse soutenue du PIB en volume — n'a que deux sources : accumuler davantage de travail et de capital, ou combiner mieux ces facteurs, ce que mesure la productivité globale des facteurs. Comme l'accumulation seule bute sur les rendements décroissants, tout se joue sur la seconde : d'où viennent le progrès technique et l'innovation, comment les institutions et les droits de propriété donnent l'envie d'investir, pourquoi la destruction créatrice fait des gagnants et des perdants, et comment une croissance qui se heurte à l'épuisement des ressources, à la pollution et au réchauffement peut voir l'innovation reculer ces limites sans les supprimer.
5 sections~41 min de lecture5 compétencesVérifié · 06/2026
niveau de base
Fixez d'abord le socle quantitatif : savoir lire et calculer un taux de croissance du PIB, distinguer accumulation des facteurs et gains de PGF, et illustrer le progrès technique par un mécanisme (innovation, capital humain) — cela suffit à répondre aux questions de mobilisation des connaissances et à l'étude de document.
niveau approfondi
Visez le raisonnement argumenté complet : articuler PGF (résidu de Solow), croissance endogène (externalités, institutions, droits de propriété), destruction créatrice et inégalités, puis discuter la soutenabilité (capital naturel, soutenabilité faible vs forte) — c'est l'ossature d'une dissertation « la croissance est-elle soutenable ? » ou « quelles sont les sources de la croissance ? ».
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Les deux sources de la croissance : accumulation des facteurs et PGF
Vocabulaire
→ CartesTaux de croissance du PIB (taux de variation)
Variation relative du PIB en volume entre deux dates, exprimée en pourcentage. C'est la mesure de base de la croissance économique.
Taux de croissance annuel moyen sur n années
Taux constant qui, appliqué chaque année pendant n années, conduit du PIB de départ au PIB d'arrivée. Il traduit le caractère cumulatif de la croissance.
Fonction de production : la production dépend du travail L et du capital K
La quantité produite Y est fonction des quantités de facteurs travail (L) et capital (K) employées ; accroître ces quantités est la source « extensive » de la croissance.
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Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 (année 0) à l'indice 134 (année 10). a) Calculer le taux de croissance global sur la période et le coefficient multiplicateur. b) En déduire le taux de croissance annuel moyen (TCAM). c) Interpréter l'écart avec une simple division de 34 % par 10.
Le taux de variation global vaut (134 − 100)/100 × 100 = 34 %. Le coefficient multiplicateur (CM) est le rapport des deux valeurs : CM = 134/100 = 1,34. Le PIB a donc été multiplié par 1,34 en dix ans.
Le TCAM est le taux constant t tel que (1+t)^10 = 1,34. On élève le coefficient multiplicateur à la puissance 1/10 : TCAM = 1,34^(1/10) − 1 ≈ 1,0297 − 1 ≈ 0,0297, soit environ 2,97 %.
Diviser 34 % par 10 donnerait 3,4 % : c'est faux car la croissance est cumulative. Chaque année, la croissance s'applique à un PIB déjà augmenté l'année précédente (effet des « intérêts composés »). Le taux annuel constant qui reproduit la hausse totale est donc inférieur à la moyenne arithmétique : environ 2,97 %.
On rédige : « Entre l'année 0 et l'année 10, le PIB en volume de ce pays a augmenté de 34 %, soit une croissance annuelle moyenne d'environ 3 % par an. »
Résultat : a) +34 % au total, CM = 1,34 ; b) TCAM ≈ 2,97 % par an ; c) ce taux est inférieur à 3,4 % car la croissance est cumulative (multiplicative), et non additive. À l'examen, on ne vous demandera pas ce calcul de racine : le taux de variation MOYEN appartient aux savoir-faire que le programme demande seulement de lire et d'interpréter, et la calculatrice est interdite. Ce qui est exigible ici, c'est le taux de variation global, le coefficient multiplicateur — et l'explication du caractère cumulatif de la croissance.
Erreurs fréquentes
Révision active
Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 (année 0) à l'indice 134 (année 10). a) Calculez le taux de variation sur l'ensemble de la période et le coefficient multiplicateur. b) Rédigez la phrase d'interprétation complète du taux obtenu. c) Un document indique que la croissance annuelle moyenne a été d'environ 3 % : expliquez, sans le recalculer, pourquoi ce chiffre n'est pas 34 divisé par 10. d) La population du pays a augmenté de 12 % sur la même période : le PIB par habitant a-t-il progressé ? Justifiez en comparant deux coefficients multiplicateurs, sans calculatrice.
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Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Décomposition de la croissance : capital, travail et PGF (résidu de Solow)
Vocabulaire
→ CartesProductivité (du travail)
Rapport entre la production obtenue et la quantité de facteur utilisée ; une hausse de ce rapport, à facteur constant, traduit un gain de productivité.
Décomposition de la croissance (comptabilité de la croissance)
La croissance du PIB se répartit entre la contribution du capital, celle du travail et le résidu de PGF. La PGF se déduit par solde : g(PGF) = g(PIB) − contributions des facteurs.
La PGF (résidu de Solow) calculée par solde
On retire de la croissance du PIB la part imputable à l'accumulation des facteurs ; ce qui reste est le résidu, mesure indirecte du progrès technique.
Le PIB en volume croît de 3 % sur une année. Le capital augmente de 4 %, le travail de 1 %. La contribution du capital correspond à 0,3 fois son taux de croissance, celle du travail à 0,7 fois le sien. a) Calculer la contribution du capital et celle du travail. b) En déduire la croissance de la PGF. c) Identifier et interpréter la source dominante.
On multiplie le coefficient (0,3) par le taux de croissance du capital (4 %) : contribution du capital = 0,3 × 4 = 1,2 point de pourcentage.
De même, contribution du travail = 0,7 × 1 = 0,7 point de pourcentage.
Le résidu de Solow se déduit en retirant les contributions des facteurs de la croissance totale : g(PGF) = 3 − (1,2 + 0,7) = 3 − 1,9 = 1,1 point.
La PGF apporte 1,1 point sur 3, soit environ 37 % de la croissance : c'est la deuxième contribution, juste derrière celle du capital (1,2 point, soit 40 %) et loin devant celle du travail (0,7 point). La croissance n'est donc pas seulement extensive : une part majeure provient des gains d'efficacité, c'est-à-dire du progrès technique (croissance intensive). On rédige : « Plus d'un tiers de la croissance s'explique par l'amélioration de l'efficacité productive, indépendamment de la hausse des facteurs. »
Résultat : a) Capital : 1,2 point ; travail : 0,7 point. b) PGF = 1,1 point (résidu). c) La contribution la plus forte est celle du capital (1,2 point), mais le progrès technique (PGF) explique à lui seul ≈ 37 % de la croissance : plus d'un tiers de celle-ci est donc intensive, et non extensive.
Erreurs fréquentes
Révision active
Le PIB en volume d'un pays croît de 3 % sur une année. Le capital augmente de 4 % et le travail de 1 %. On admet que la contribution du capital vaut 0,3 fois son taux de croissance et celle du travail 0,7 fois le sien. a) Calculez les deux contributions et vérifiez qu'elles ne suffisent pas à expliquer les 3 %. b) Déduisez-en par solde la croissance de la PGF. c) Rédigez la phrase d'interprétation en nommant ce que ce résidu mesure — et ce qu'il ne mesure pas. d) La croissance de ce pays est-elle plutôt extensive ou plutôt intensive ? Justifiez en une phrase.
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Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Le processus de destruction créatrice (Schumpeter)
Vocabulaire
→ CartesLe cercle vertueux de la croissance endogène
À partir de l'essor du commerce en ligne, montrez en quoi cette innovation illustre le processus de destruction créatrice, puis expliquez le rôle du capital humain et des droits de propriété.
Le commerce en ligne est une innovation de procédé et d'organisation (au sens de Schumpeter) : il transforme la manière de vendre (plateformes numériques, logistique automatisée) et crée de nouveaux débouchés.
Des activités anciennes déclinent : fermetures de commerces physiques sur certains segments, recul de l'emploi dans la distribution traditionnelle, disparition de certains intermédiaires. C'est la face « destruction » du processus.
Simultanément naissent des emplois et secteurs nouveaux : développeurs, métiers de la logistique et de la livraison, data analysts, services numériques. Le solde net d'emplois/valeur peut être positif et soutenir la croissance, même si la transition impose des reconversions coûteuses pour les salariés concernés.
Ces innovations exigent une main-d'œuvre qualifiée (informatique, gestion de données). L'accumulation de capital humain (Lucas) — formation, compétences — conditionne la capacité à innover et à occuper les emplois créés ; c'est une source de croissance endogène.
La protection de la propriété intellectuelle (brevets sur les technologies, protection des logiciels) et un cadre institutionnel sécurisé incitent les entreprises à investir dans l'innovation, car elles peuvent s'approprier temporairement les gains. Sans cette protection, l'innovation — facilement imitable — serait sous-produite.
Résultat : Le commerce en ligne illustre la destruction créatrice : il détruit des emplois de la distribution traditionnelle tout en créant des emplois numériques et logistiques (solde net soutenant la croissance). Capital humain (qualification) et droits de propriété (brevets, incitations à innover) en sont des moteurs de croissance endogène.
Partons de Schumpeter. Pour lui, le moteur du capitalisme est l'entrepreneur-innovateur, qui introduit de nouveaux produits, procédés, marchés, matières premières ou formes d'organisation.
Cette innovation est un processus à double face : elle détruit les activités anciennes devenues obsolètes tout en créant des activités nouvelles. C'est la destruction créatrice.
Mais d'où vient le progrès technique ? Les théories de la croissance endogène répondent : il est produit de l'intérieur, par l'investissement en capital humain, en recherche et en infrastructures.
Le tout s'auto-entretient : la croissance finance de nouveaux investissements, qui nourrissent de nouvelles innovations. Institutions et droits de propriété sécurisent ce cercle vertueux.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un exemple de votre choix (téléphonie mobile, commerce en ligne, énergies renouvelables, intelligence artificielle…), montrez que l'innovation retenue illustre le processus de destruction créatrice : nommez précisément les activités et les emplois détruits, puis ceux qui sont créés, et dites ce que vous savez du solde. Expliquez ensuite par quel mécanisme les droits de propriété et le capital humain ont pu rendre cette innovation possible, et identifiez ce qui, dans cet exemple, relève d'un progrès technique ENDOGÈNE.
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Rappel actif
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Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Progrès technique biaisé : effet sur la demande de travail selon la qualification
Vocabulaire
→ CartesExpliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs qualifiés et peu qualifiés, puis discutez le rôle des politiques publiques.
Le progrès technique récent est dit « biaisé » en faveur du travail qualifié : les nouvelles technologies (logiciels, robots) augmentent la productivité des travailleurs qualifiés (elles les complètent) mais remplacent les tâches routinières des travailleurs peu qualifiés (elles s'y substituent).
La demande de travail qualifié s'accroît (compétences recherchées pour concevoir et piloter les technologies), ce qui pousse leurs salaires à la hausse. À l'inverse, la demande de travail peu qualifié sur les tâches automatisables recule, pesant sur l'emploi et les salaires de ces travailleurs.
L'écart de revenus entre qualifiés et peu qualifiés se creuse. La destruction créatrice fait par ailleurs des gagnants (innovateurs, qualifiés) et des perdants (salariés des secteurs détruits), ce qui accentue le mouvement.
Les pouvoirs publics peuvent atténuer ces inégalités : formation et requalification (élever le capital humain des moins qualifiés), accompagnement des reconversions, redistribution (fiscalité, prestations) et protection sociale. La croissance reste alors socialement soutenable. On nuance enfin : selon les politiques menées et le type d'innovation, le progrès technique peut aussi réduire certaines inégalités (baisse de prix, accès élargi).
Résultat : L'automatisation, complémentaire des qualifiés et substituable aux peu qualifiés, creuse les écarts de salaires selon la qualification ; les politiques publiques (formation, redistribution, protection sociale) peuvent en limiter les effets et rendre la croissance socialement soutenable.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du mécanisme du progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié, expliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs. Vous préciserez pourquoi le mouvement prend la forme d'une polarisation des emplois plutôt que d'un simple déclassement du bas de l'échelle. Vous discuterez enfin ce que la course entre l'éducation et la technologie, d'une part, et les politiques publiques de formation et de redistribution, d'autre part, changent à ce résultat.
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Soutenabilité faible vs soutenabilité forte : substituabilité des capitaux
Vocabulaire
→ CartesLe patrimoine global transmis aux générations futures
La soutenabilité se pense comme la préservation d'un stock de capital transmis. La soutenabilité faible vise à maintenir le TOTAL (capitaux substituables) ; la forte exige de préserver spécifiquement capital naturel critique.
Externalité négative : coût privé, coût social et surproduction du marché
Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez soutenabilité faible et soutenabilité forte en explicitant l'hypothèse sur laquelle repose cette distinction, et les politiques que chacune privilégie.
Première limite : l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, minerais) — la production puise dans un stock fini. Seconde limite : la pollution et la dégradation de l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité), externalités négatives qui détériorent le capital naturel.
Une croissance soutenable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs (rapport Brundtland, 1987) : il s'agit de transmettre un patrimoine — physique, humain, naturel, institutionnel/social — suffisant.
Hypothèse : les capitaux sont SUBSTITUABLES. Le capital naturel détruit peut être compensé par du capital physique, humain ou technologique. Ce qui importe est le maintien du stock TOTAL de capital. Le progrès technique (recyclage, efficacité énergétique, substituts) rend la croissance compatible avec la soutenabilité. Politiques privilégiées : innovation, prix incitatifs (taxe carbone), efficacité, économie circulaire.
Hypothèse : le capital naturel est en partie NON substituable. Certaines fonctions écologiques (climat stable, biodiversité) sont irremplaçables et leur perte est irréversible (effets de seuil). Il faut préserver un stock minimal spécifique de capital naturel « critique », même au prix d'un ralentissement de la croissance matérielle. Politiques privilégiées : réglementation, interdictions, normes, sobriété, protection de la nature.
Tout repose sur la substituabilité du capital naturel. Faible : substituable → préserver le total → confiance dans le progrès technique. Forte : non substituable → préserver le naturel critique pour lui-même → contraindre la croissance. C'est un débat normatif sur le degré de confiance accordé à l'innovation pour compenser la dégradation de l'environnement.
Résultat : Limites : épuisement des ressources et pollution. Soutenabilité FAIBLE = capitaux substituables, on préserve le stock total, le progrès technique compense (innovation, taxe carbone) ; soutenabilité FORTE = capital naturel non substituable, on préserve un stock minimal critique (réglementation, sobriété). La distinction tient à l'hypothèse de substituabilité du capital naturel.
Erreurs fréquentes
Révision active
Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez la soutenabilité faible de la soutenabilité forte en explicitant l'hypothèse de substituabilité sur laquelle repose cette distinction. Vous montrerez ensuite par quels canaux concrets l'innovation peut faire reculer ces limites, et vous expliquerez pourquoi l'effet rebond et la distinction entre découplage relatif et découplage absolu invitent à ne pas en attendre la solution complète.
S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème
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Sources : Programme de sciences économiques et sociales de terminale générale — annexe de l’arrêté du 19-7-2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Vérifié · 06/2026Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol
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