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Fiches/Mathématiques/Dénombrement et combinatoire
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Dénombrement et combinatoire

Dénombrer, c'est compter le nombre d'éléments d'un ensemble fini sans les énumérer un à un. Ce thème construit les outils du comptage organisé : les deux principes fondateurs (additif et multiplicatif), puis les trois grands modèles — les k-uplets (listes avec répétition, ordonnées), les arrangements et permutations (sans répétition, ordonnés) et les combinaisons (sans répétition, sans ordre) décrites par les coefficients binomiaux. On en dégage les propriétés des C(n,k) (symétrie, triangle de Pascal) et on relie systématiquement le dénombrement au calcul de probabilités en situation d'équiprobabilité.

5 sections·~34 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·101010 / 14
Profil d’examen
Modéliser un dénombrement en mobilisant le principe additif et/ou le principe multiplicatif, et calculer le cardinal d'un ensemble produit.Dénombrer des listes (k-uplets), des arrangements et des permutations en distinguant ordre/sans ordre et répétition/sans répétition.Calculer et interpréter des combinaisons (coefficients binomiaux) C(n,k) et exploiter leurs propriétés : symétrie, relation et triangle de Pascal.Relier dénombrement et probabilités : calculer une probabilité en situation d'équiprobabilité comme un rapport de cardinaux.
Opérateurs :dénombrermodélisercalculerjustifierdémontrerinterpréterdistinguer

niveau de base

Maîtriser d'abord les deux principes (additif, multiplicatif) et savoir reconnaître, sur un énoncé concret, le bon modèle de comptage : ordre ou pas, répétition ou pas. Ce tri commande le choix de la formule (n^k, n!/(n−k)!, C(n,k)).

niveau approfondi

Approfondir l'interprétation combinatoire des coefficients binomiaux (preuves par dénombrement de la symétrie et de la relation de Pascal), savoir justifier le nombre 2^n de parties d'un ensemble, et conduire un raisonnement à prise d'initiative reliant dénombrement et probabilités.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Dénombrement et combinatoire
    • 01Principes additif et multiplicatif ; cardinaux et ensemble produit○
    • 02Listes (k-uplets), arrangements et permutations◐
    • 03Combinaisons et coefficients binomiaux◐
    • 04Propriétés des coefficients binomiaux et triangle de Pascal●
    • 05Applications au dénombrement et lien avec les probabilités●

5 sections · 21 points clés · 18 formules · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

Principes additif et multiplicatif ; cardinaux et ensemble produit#

~7 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Denombrement-combinatoire

Arbre de dénombrement : le principe multiplicatif

Arbre de probabilité, 6 cheminsArbre de probabilité, 6 chemins, Données: a → 1; a → 2; b → 1; b → 2; c → 1; c → 2121212abcabcdéparta1a2b1b2c1c2
Fig. 1Construire un objet par deux choix successifs (ici 333 possibilités puis 222) : on compte les FEUILLES de l'arbre, soit 3×2=63\times2=63×2=6 résultats. Multiplier les nombres de branches à chaque niveau, c'est appliquer le principe multiplicatif.

Points clés

Cardinal d'un ensemble fini : le cardinal d'un ensemble fini EEE, noté card(E)\mathrm{card}(E)card(E) (ou parfois ∣E∣|E|∣E∣ ou #E\#E#E), est le NOMBRE d'éléments de EEE. Dénombrer un ensemble, c'est déterminer son cardinal sans avoir à lister tous ses éléments — on organise plutôt le comptage à l'aide de principes et de modèles.
Principe additif : si un ensemble fini EEE est la RÉUNION de parties DISJOINTES (sans élément commun) A1,A2,…,ApA_1, A_2, \dots, A_pA1​,A2​,…,Ap​, alors card(E)=card(A1)+card(A2)+⋯+card(Ap)\mathrm{card}(E)=\mathrm{card}(A_1)+\mathrm{card}(A_2)+\dots+\mathrm{card}(A_p)card(E)=card(A1​)+card(A2​)+⋯+card(Ap​). Il modélise un choix « OU exclusif » : on répartit les cas en familles disjointes (par exemple selon une condition vraie/fausse) et on additionne. Si les parties ne sont pas disjointes, on retranche les doubles comptages : card(A∪B)=card(A)+card(B)−card(A∩B)\mathrm{card}(A\cup B)=\mathrm{card}(A)+\mathrm{card}(B)-\mathrm{card}(A\cap B)card(A∪B)=card(A)+card(B)−card(A∩B).
Principe multiplicatif : lorsqu'un objet se construit par une SUITE de kkk choix successifs, le premier offrant n1n_1n1​ possibilités, le deuxième n2n_2n2​, …, le kkk-ième nkn_knk​ possibilités (chaque nombre de possibilités étant indépendant des choix précédents), le nombre total de constructions est le PRODUIT n1×n2×⋯×nkn_1\times n_2\times\dots\times n_kn1​×n2​×⋯×nk​. Il modélise un choix « ET » (une étape PUIS une autre). On le visualise par un ARBRE de dénombrement dont on compte les feuilles.
Cardinal d'un ensemble produit : pour deux ensembles finis AAA et BBB, l'ensemble produit A×BA\times BA×B (ensemble des couples (a,b)(a,b)(a,b) avec a∈Aa\in Aa∈A et b∈Bb\in Bb∈B) vérifie card(A×B)=card(A)×card(B)\mathrm{card}(A\times B)=\mathrm{card}(A)\times\mathrm{card}(B)card(A×B)=card(A)×card(B) : c'est une conséquence directe du principe multiplicatif (choisir aaa PUIS bbb). Plus généralement card(A1×A2×⋯×Ak)=card(A1)×⋯×card(Ak)\mathrm{card}(A_1\times A_2\times\dots\times A_k)=\mathrm{card}(A_1)\times\dots\times\mathrm{card}(A_k)card(A1​×A2​×⋯×Ak​)=card(A1​)×⋯×card(Ak​).
Nombre de parties d'un ensemble : un ensemble EEE à nnn éléments possède exactement 2 n2^{\,n}2n parties (sous-ensembles, en comptant l'ensemble vide ∅\varnothing∅ et EEE lui-même). Justification multiplicative : constituer une partie revient, pour CHACUN des nnn éléments, à décider s'il appartient ou non à la partie — soit 222 choix indépendants par élément, donc 2×2×⋯×2=2 n2\times2\times\dots\times2=2^{\,n}2×2×⋯×2=2n.
Derrière les deux principes se cache le vocabulaire logique que le programme travaille de façon transversale, et le reconnaître accélère le choix du modèle. Le principe ADDITIF est un raisonnement par disjonction des cas : on partitionne l'ensemble en familles deux à deux disjointes — souvent selon qu'une condition est vraie ou fausse — et l'on additionne. Le principe MULTIPLICATIF traduit une conjonction de choix successifs : une étape PUIS une autre. Le mot « ou » de l'énoncé signale donc l'addition, le mot « et » la multiplication, à ceci près qu'un « ou » NON exclusif impose de retrancher l'intersection. Notez la portée : les symboles ∀ et ∃ ne sont pas exigibles, mais les modes de raisonnement le sont — disjonction des cas, contraposée, absurde, distinction entre condition nécessaire et condition suffisante.

Vocabulaire

→ Cartes
  • cardinalNombre d'éléments d'un ensemble fini, noté card(E).
  • principe additifRègle donnant le cardinal d'une réunion de parties deux à deux disjointes comme somme de leurs cardinaux.
  • principe multiplicatifRègle donnant le nombre de constructions par choix successifs comme produit des nombres de possibilités.
  • produit cartésienEnsemble des couples ou k-uplets formés à partir de plusieurs ensembles ; son cardinal est le produit des cardinaux.

Principe additif

A1,…,Ap disjoints deux aˋ deux  ⟹  card ⁣(⋃i=1pAi)=∑i=1pcard(Ai)A_1,\dots,A_p \text{ disjoints deux à deux} \;\Longrightarrow\; \mathrm{card}\!\left(\bigcup_{i=1}^{p} A_i\right) = \sum_{i=1}^{p} \mathrm{card}(A_i)A1​,…,Ap​ disjoints deux aˋ deux⟹card(i=1⋃p​Ai​)=i=1∑p​card(Ai​)

Quand on partitionne un ensemble en familles SANS recouvrement, le cardinal total est la somme des cardinaux : on découpe le comptage selon des cas exclusifs.

Principe multiplicatif (ensemble produit)

card(A×B)=card(A)×card(B)\mathrm{card}(A\times B) = \mathrm{card}(A)\times\mathrm{card}(B)card(A×B)=card(A)×card(B)

Choisir un couple (a,b)(a,b)(a,b), c'est choisir aaa parmi card(A)\mathrm{card}(A)card(A) possibilités PUIS bbb parmi card(B)\mathrm{card}(B)card(B) : on multiplie les nombres de possibilités des choix successifs.

Réunion de deux parties (cas non disjoint)

card(A∪B)=card(A)+card(B)−card(A∩B)\mathrm{card}(A\cup B) = \mathrm{card}(A) + \mathrm{card}(B) - \mathrm{card}(A\cap B)card(A∪B)=card(A)+card(B)−card(A∩B)

Quand AAA et BBB se chevauchent, additionner card(A)\mathrm{card}(A)card(A) et card(B)\mathrm{card}(B)card(B) compte deux fois l'intersection : on la retranche une fois pour corriger.

Nombre de parties d'un ensemble à n éléments

card(E)=n  ⟹  E admet 2 n parties\mathrm{card}(E)=n \;\Longrightarrow\; E \text{ admet } 2^{\,n} \text{ parties}card(E)=n⟹E admet 2n parties

Pour chaque élément, deux choix indépendants (dedans / dehors) : 2n2^n2n parties au total, vide et ensemble plein compris.

Les 2ⁿ parties d'un ensemble : exemple E = {a, b}

Arbre de probabilité, 4 cheminsArbre de probabilité, 4 chemins, Données: a ∈ → b ∈; a ∈ → b ∉; a ∉ → b ∈; a ∉ → b ∉b ∈b ∉b ∈b ∉a ∈a ∉a dedansa dehorsE = {a, b}{a, b}{a}{b}∅
Fig. 2Pour E={a,b}E=\{a,b\}E={a,b} (n=2n=2n=2), chaque élément est « dedans » ou « dehors » : 2×2=42\times2=42×2=4 parties — ∅\varnothing∅, {a}\{a\}{a}, {b}\{b\}{b}, {a,b}\{a,b\}{a,b}. Plus généralement, un ensemble à nnn éléments possède 2 n2^{\,n}2n parties.
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Exemple corrigé

Codes d'accès : additif et multiplicatif combinés

Un immeuble utilise des codes d'accès formés de caractères pris parmi les 101010 chiffres (000 à 999) et les 262626 lettres de l'alphabet (sans distinction majuscule/minuscule). 1) Combien de codes de 444 caractères peut-on former si les répétitions sont autorisées ? 2) Combien de ces codes commencent par une lettre PUIS comportent 333 chiffres ? 3) Combien de codes de 444 caractères sont SOIT formés uniquement de chiffres, SOIT formés uniquement de lettres ?

  1. 01Compter l'alphabet total

    Chaque caractère est choisi parmi 101010 chiffres et 262626 lettres, soit 363636 symboles disponibles.

    n=10+26=36 symbolesn = 10 + 26 = 36 \text{ symboles}n=10+26=36 symboles
  2. 021) Codes de 4 caractères (principe multiplicatif)

    On effectue 444 choix successifs INDÉPENDANTS (répétitions autorisées), chacun parmi 363636 symboles. On multiplie.

    36×36×36×36=364=1 679 61636 \times 36 \times 36 \times 36 = 36^{4} = 1\,679\,61636×36×36×36=364=1679616
  3. 032) Une lettre puis trois chiffres

    Premier caractère : 262626 lettres possibles. Chacun des trois suivants : 101010 chiffres possibles. Principe multiplicatif.

    26×10×10×10=26×103=26 00026 \times 10 \times 10 \times 10 = 26 \times 10^{3} = 26\,00026×10×10×10=26×103=26000
  4. 043) Uniquement chiffres OU uniquement lettres (principe additif)

    Les codes « tout chiffres » (10410^4104) et « tout lettres » (26426^4264) forment deux familles DISJOINTES (un code ne peut être les deux à la fois). On additionne.

    104+264=10 000+456 976=466 97610^{4} + 26^{4} = 10\,000 + 456\,976 = 466\,976104+264=10000+456976=466976

Résultat : 1) 364=1 679 61636^4 = 1\,679\,616364=1679616 codes ; 2) 26 00026\,00026000 codes ; 3) 466 976466\,976466976 codes. Les questions 1 et 2 relèvent du principe multiplicatif (choix successifs), la question 3 du principe additif (deux familles disjointes).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : reconnaître sur un énoncé concret s'il faut ADDITIONNER (cas disjoints, « ou exclusif ») ou MULTIPLIER (étapes successives, « et »), et justifier le principe employé par une phrase claire avant tout calcul.
  • Objectif Bac : calculer le cardinal d'un ensemble produit ou le nombre de parties 2 n2^{\,n}2n d'un ensemble, en explicitant le dénombrement (souvent via un arbre ou une description des choix successifs).
  • Repérer dans l'énoncé le « et » qui multiplie et le « ou » qui additionne, puis vérifier que les familles additionnées sont bien DISJOINTES.
  • Retrancher l'intersection dès que les cas se recouvrent : card(A ∪ B) = card(A) + card(B) − card(A ∩ B).
  • Choisir une représentation adaptée — arbre, tableau, ensemble, diagramme — avant de compter : c'est la première capacité attendue du chapitre.

Erreurs fréquentes

  • Additionner alors qu'il faut multiplier (ou l'inverse) : « ou » disjoint ⇒\Rightarrow⇒ additif, « et » (étapes enchaînées) ⇒\Rightarrow⇒ multiplicatif. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente du thème.
  • Appliquer le principe additif à des parties qui ne sont PAS disjointes : si AAA et BBB se recoupent, card(A∪B)≠card(A)+card(B)\mathrm{card}(A\cup B)\neq\mathrm{card}(A)+\mathrm{card}(B)card(A∪B)=card(A)+card(B) ; il faut retrancher card(A∩B)\mathrm{card}(A\cap B)card(A∩B) pour ne pas compter deux fois.
  • Oublier l'ensemble vide (et l'ensemble plein) en comptant les parties : un ensemble à nnn éléments a 2 n2^{\,n}2n parties, ∅\varnothing∅ et EEE compris — répondre 2 n−22^{\,n}-22n−2 ou 2 n−12^{\,n}-12n−1 par oubli est une erreur classique.
  • Additionner des familles qui se recouvrent : les éléments communs sont alors comptés deux fois, et il faut retrancher leur nombre.
  • Multiplier des étapes dont le nombre de possibilités dépend des choix précédents sans le dire : le principe multiplicatif exige que chaque étape offre un nombre de choix connu à ce moment-là.

§ 01

Révision active

Un menu de restaurant propose 333 entrées, 444 plats et 222 desserts. 1) Combien de menus « entrée + plat + dessert » différents peut-on composer ? 2) Combien de repas peut-on composer si l'on prend SOIT une entrée et un plat, SOIT un plat et un dessert (deux formules distinctes) ? Justifier le principe utilisé dans chaque cas.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 02
§ 02

Listes (k-uplets), arrangements et permutations#

~7 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Denombrement-combinatoire

Avec remise (k-uplets) vs sans remise (arrangements)

Tableau de 3 colonnes et 5 lignes, cellule mise en évidence : 2 issuesTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Tirage ordonné · Avec remise · Sans remise; Modèle · k-uplet · arrangement; 1ᵉʳ choix · 3 issues · 3 issues; 2ᵉ choix · 3 issues · 2 issues; Nombre · 3² = 9 · 3 · 2 = 6; Formule · nᵏ · n! / (n − k)!, cellule mise en évidence : 2 issuesTirage ordonnéAvec remiseSans remiseModèlek-upletarrangement1ᵉʳ choix3 issues3 issues2ᵉ choix3 issues2 issuesNombre3² = 93 · 2 = 6Formulenᵏn! / (n − k)!
Fig. 3Tirer 222 éléments parmi {A,B,C}\{A,B,C\}{A,B,C} EN ORDONNANT. À gauche, AVEC remise : 3×3=93\times3=93×3=9 listes (323^232). À droite, SANS remise : 3×2=63\times2=63×2=6 listes (3!1!\frac{3!}{1!}1!3!​), car le second choix exclut l'élément déjà pris.

Points clés

k-uplets (ou kkk-listes) d'un ensemble à nnn éléments : un kkk-uplet est une liste ORDONNÉE de kkk éléments où les RÉPÉTITIONS sont autorisées. Modèle du tirage SUCCESSIF AVEC remise. Par le principe multiplicatif, à chacune des kkk positions on dispose des nnn éléments : le nombre de kkk-uplets est n kn^{\,k}nk. (Cohérent avec l'ensemble produit : un kkk-uplet est un élément de E×E×⋯×EE\times E\times\dots\times EE×E×⋯×E, soit card(E)k=nk\mathrm{card}(E)^k=n^kcard(E)k=nk.)
p-listes d'éléments DISTINCTS = arrangements : un arrangement de kkk éléments parmi nnn (avec 0≤k≤n0\le k\le n0≤k≤n) est une liste ORDONNÉE de kkk éléments DEUX À DEUX DISTINCTS. Modèle du tirage SUCCESSIF SANS remise. À la première position, nnn choix ; à la deuxième, n−1n-1n−1 (un élément est déjà pris) ; …, à la kkk-ième, n−k+1n-k+1n−k+1 choix. Leur nombre est le produit des kkk entiers décroissants à partir de nnn, soit n!(n−k)!\dfrac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​.
Factorielle : pour un entier n≥1n\ge1n≥1, n!=1×2×3×⋯×nn!=1\times2\times3\times\dots\times nn!=1×2×3×⋯×n (« factorielle nnn ») est le produit de tous les entiers de 111 à nnn ; par convention 0!=10!=10!=1. La factorielle croît très vite (par exemple 5!=1205!=1205!=120, 10!=3 628 80010!=3\,628\,80010!=3628800). Elle vérifie la relation de récurrence n!=n×(n−1)!n!=n\times(n-1)!n!=n×(n−1)!.
Permutations d'un ensemble à nnn éléments : une permutation est un ARRANGEMENT de TOUS les nnn éléments — c'est-à-dire une façon d'ORDONNER (ranger en ligne) les nnn éléments, sans répétition. Leur nombre est n!n!n! (cas particulier de l'arrangement avec k=nk=nk=n : n!(n−n)!=n!0!=n!\dfrac{n!}{(n-n)!}=\dfrac{n!}{0!}=n!(n−n)!n!​=0!n!​=n!). Ordonner nnn objets, c'est choisir le 1er1^{\text{er}}1er (nnn choix), puis le 2e2^{\text{e}}2e (n−1n-1n−1), …, jusqu'au dernier (111 choix).
Critère de choix du modèle : on parle d'ARRANGEMENT/permutation/kkk-uplet dès que l'ORDRE compte (le résultat est une LISTE : un podium, un mot, un code, un classement). Avec remise (répétition possible) : nkn^knk. Sans remise (éléments distincts) : n!(n−k)!\dfrac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​, et n!n!n! si l'on ordonne tout. C'est lorsque l'ordre ne compte PAS que l'on passe aux combinaisons (section suivante).
Trois questions posées dans l'ordre déterminent le modèle à coup sûr, et il vaut mieux les écrire au brouillon que se fier à l'intuition. Un : l'ORDRE compte-t-il ? Si échanger deux éléments choisis change le résultat — un podium, un mot, un code, un classement — l'ordre compte. Deux : les RÉPÉTITIONS sont-elles autorisées ? Un tirage avec remise, un code où un chiffre peut revenir, les autorisent ; un tirage sans remise, une distribution de rôles distincts, les interdisent. Trois : prend-on TOUS les éléments ou seulement k ? La réponse combinée donne le modèle : ordre et répétitions, c'est n^k ; ordre sans répétition, c'est n!/(n−k)! ; ordre sans répétition et k = n, c'est n! ; et si l'ordre ne compte pas, on bascule vers les combinaisons de la section suivante. Aucun quatrième cas n'existe au programme.

Vocabulaire

→ Cartes
  • k-upletListe ordonnée de k éléments, répétitions autorisées ; il y en a n^k dans un ensemble à n éléments.
  • arrangementListe ordonnée de k éléments deux à deux distincts ; il y en a n!/(n−k)!.
  • permutationArrangement de tous les éléments d'un ensemble fini ; il y en a n!.
  • factorielleProduit n! = 1 × 2 × … × n des entiers de 1 à n, avec la convention 0! = 1.

k-uplets (ordonnés, avec répétition)

Nombre de k-uplets d’un ensemble aˋ n eˊleˊments=n k\text{Nombre de } k\text{-uplets d'un ensemble à } n \text{ éléments} = n^{\,k}Nombre de k-uplets d’un ensemble aˋ n eˊleˊments=nk

Tirage successif AVEC remise : à chacune des kkk positions, les nnn éléments restent tous disponibles — on multiplie nnn par lui-même kkk fois.

Arrangements (ordonnés, sans répétition)

Arrangements de k parmi n=n (n−1)⋯(n−k+1)⏟k facteurs=n!(n−k)!\text{Arrangements de } k \text{ parmi } n = \underbrace{n\,(n-1)\cdots(n-k+1)}_{k \text{ facteurs}} = \frac{n!}{(n-k)!}Arrangements de k parmi n=k facteursn(n−1)⋯(n−k+1)​​=(n−k)!n!​

Tirage successif SANS remise : nnn choix puis n−1n-1n−1, … puis n−k+1n-k+1n−k+1 ; le produit de ces kkk entiers décroissants se condense en n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​.

Factorielle

n!=1×2×3×⋯×n,0!=1,n!=n×(n−1)!n! = 1\times2\times3\times\cdots\times n, \qquad 0! = 1, \qquad n! = n\times(n-1)!n!=1×2×3×⋯×n,0!=1,n!=n×(n−1)!

Produit des entiers de 111 à nnn ; la convention 0!=10!=10!=1 rend cohérentes les formules d'arrangements et de combinaisons.

Permutations

Nombre de permutations d’un ensemble aˋ n eˊleˊments=n!\text{Nombre de permutations d'un ensemble à } n \text{ éléments} = n!Nombre de permutations d’un ensemble aˋ n eˊleˊments=n!

Ordonner les nnn éléments : nnn choix pour la première place, n−1n-1n−1 pour la suivante, … , 111 pour la dernière, soit n!n!n!.

Explosion de la factorielle n!

Fig. 4La factorielle n! croît plus vite que toute puissance : 5!=120, mais 8!=40 320 et 10!=3 628 800. D'où le très grand nombre de permutations dès que n dépasse quelques unités.
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Exemple corrigé

Podium d'une course : arrangement

Une course oppose 888 coureurs, tous d'arrivées distinctes (pas d'ex æquo). 1) De combien de façons peut-on former le podium (les coureurs des places 111, 222 et 333, dans l'ordre) ? 2) De combien de façons peut-on établir le classement COMPLET des 888 coureurs ? 3) Combien de podiums incluent un coureur donné, disons Alice, à la première place ?

  1. 1) Identifier le modèle du podium

    On choisit 333 coureurs parmi 888, DISTINCTS (un coureur ne peut occuper deux places) et ORDONNÉS (la place 111 diffère de la place 222). C'est un ARRANGEMENT de 333 parmi 888.

    8!(8−3)!=8!5!=8×7×6=336\frac{8!}{(8-3)!} = \frac{8!}{5!} = 8 \times 7 \times 6 = 336(8−3)!8!​=5!8!​=8×7×6=336
  2. 2) Classement complet : permutation

    Ordonner les 888 coureurs, c'est une permutation des 888 éléments.

    8!=40 3208! = 40\,3208!=40320
  3. 3) Alice en première place

    La place 111 est fixée (Alice). Il reste à choisir les places 222 et 333 parmi les 777 autres coureurs, DISTINCTS et ordonnés : arrangement de 222 parmi 777.

    7!(7−2)!=7×6=42\frac{7!}{(7-2)!} = 7 \times 6 = 42(7−2)!7!​=7×6=42

Résultat : 1) 336336336 podiums possibles ; 2) 8!=40 3208! = 40\,3208!=40320 classements complets ; 3) 424242 podiums avec Alice en tête. Le modèle est l'arrangement (ordre + sans répétition), et la permutation pour le classement intégral.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : reconnaître si un tirage est AVEC remise (nkn^knk) ou SANS remise (n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​), et le justifier explicitement avant de calculer — l'énoncé contient toujours l'indice (« on remet », « distincts », « sans répétition »).
  • Objectif Bac : dénombrer des situations d'ORDRE (codes, mots, podiums, classements, anagrammes) en mobilisant arrangements et permutations, et manipuler correctement la factorielle (simplification de n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​).
  • Poser les trois questions — ordre ? répétitions ? tous ou k éléments ? — et nommer le modèle retenu AVANT tout calcul.
  • Traduire la situation par un mot ou un chemin dans un arbre : c'est la représentation que le programme met en avant pour justifier un comptage.

Erreurs fréquentes

  • Confondre tirage avec et sans remise : utiliser nkn^knk alors que les éléments doivent être distincts (ou n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​ quand les répétitions sont autorisées). Toujours repérer si un élément déjà choisi reste disponible.
  • Oublier que l'ordre compte (ou non) : pour un PODIUM (1er1^{\text{er}}1er, 2e2^{\text{e}}2e, 3e3^{\text{e}}3e distincts) l'ordre compte ⇒\Rightarrow⇒ arrangement ; pour une simple SÉLECTION de 333 personnes l'ordre ne compte pas ⇒\Rightarrow⇒ combinaison (à venir). Se tromper de modèle fausse tout.
  • Mal évaluer 0!0!0! ou simplifier la factorielle de travers : 0!=10!=10!=1 (pas 000), et n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​ n'est PAS nn−k\frac{n}{n-k}n−kn​ ; il faut développer les facteurs décroissants.
  • Utiliser n^k pour un tirage sans remise : la répétition y est interdite, et le nombre de choix décroît à chaque position.
  • Confondre le nombre de PLACES et le nombre d'ÉLÉMENTS dans n^k : l'exposant compte les positions à remplir, la base les valeurs disponibles.

§ 02

Révision active

Un club de 101010 membres élit un bureau composé d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier (trois personnes distinctes). 1) Combien de bureaux différents peut-on former ? 2) Avec le mot « MATHS » (555 lettres distinctes), combien d'anagrammes (mots, avec ou sans sens) peut-on écrire ? Préciser à chaque fois le modèle de dénombrement.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 03
§ 03

Combinaisons et coefficients binomiaux#

~7 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Denombrement-combinatoire

Combinaison vs arrangement : choisir 2 éléments parmi {A, B, C}

Arbre de probabilité, 6 cheminsArbre de probabilité, 6 chemins, Données: {A,B} → AB; {A,B} → BA; {A,C} → AC; {A,C} → CA; {B,C} → BC; {B,C} → CB{A,B}{A,C}{B,C}{A,B}{A,C}{B,C}{A,B,C}ABBAACCABCCB
Fig. 5Sans ordre, il y a (32)=3\binom{3}{2}=3(23​)=3 combinaisons : {A,B}\{A,B\}{A,B}, {A,C}\{A,C\}{A,C}, {B,C}\{B,C\}{B,C}. En ordonnant chacune (2!=22!=22!=2 ordres), on retrouve les 666 arrangements. Diviser les 666 arrangements par 2!2!2! donne les 333 combinaisons.

Points clés

Combinaison : une combinaison de kkk éléments parmi nnn (avec 0≤k≤n0\le k\le n0≤k≤n) est une PARTIE (un sous-ensemble) à kkk éléments d'un ensemble à nnn éléments. C'est un choix SANS ORDRE et SANS RÉPÉTITION : seuls comptent les éléments choisis, pas leur ordre de sélection. Modèle du tirage SIMULTANÉ de kkk éléments. Le nombre de telles combinaisons est le COEFFICIENT BINOMIAL noté (nk)\binom{n}{k}(kn​) (lu « kkk parmi nnn », noté aussi CnkC_n^kCnk​).
Formule des coefficients binomiaux : (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}(kn​)=k!(n−k)!n!​. Idée : un arrangement de kkk parmi nnn (n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​) revient à choisir une combinaison de kkk éléments PUIS à les ordonner (k!k!k! ordres possibles pour les mêmes kkk éléments). Donc n!(n−k)!=(nk)×k!\frac{n!}{(n-k)!}=\binom{n}{k}\times k!(n−k)!n!​=(kn​)×k!, d'où (nk)=1k!⋅n!(n−k)!=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\frac{1}{k!}\cdot\frac{n!}{(n-k)!}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}(kn​)=k!1​⋅(n−k)!n!​=k!(n−k)!n!​. C'est le LIEN-CLÉ entre arrangements et combinaisons : on « divise par k!k!k! » pour effacer l'ordre.
Valeurs particulières utiles : (n0)=1\binom{n}{0}=1(0n​)=1 (l'unique partie vide), (nn)=1\binom{n}{n}=1(nn​)=1 (l'unique partie pleine), (n1)=n\binom{n}{1}=n(1n​)=n (les nnn singletons) et (nn−1)=n\binom{n}{n-1}=n(n−1n​)=n. Ces valeurs servent de garde-fou : un calcul de (nk)\binom{n}{k}(kn​) qui ne redonne pas ces cas particuliers est faux.
Lien avec le nombre de parties : en triant TOUTES les parties d'un ensemble à nnn éléments selon leur nombre kkk d'éléments (kkk allant de 000 à nnn), le principe additif donne ∑k=0n(nk)=2 n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{\,n}∑k=0n​(kn​)=2n : la somme d'une ligne du triangle de Pascal vaut 2n2^n2n, ce qui retrouve le dénombrement des parties vu plus haut.
Critère de reconnaissance : on emploie une COMBINAISON dès que l'ORDRE NE COMPTE PAS — choisir une main de cartes, un comité, un sous-ensemble, un groupe de kkk objets « pris ensemble ». Si l'on remarque qu'échanger deux éléments choisis ne change PAS le résultat, c'est une combinaison (sans ordre), pas un arrangement.
Le programme demande d'expliciter les coefficients binomiaux pour les petites valeurs de k, et ces trois formules servent de garde-fou permanent. Pour k = 0, on a (n0)=1\binom{n}{0} = 1(0n​)=1 : il n'existe qu'une partie vide. Pour k = 1, (n1)=n\binom{n}{1} = n(1n​)=n : autant de parties à un élément que d'éléments. Pour k = 2, (n2)=n(n−1)2\binom{n}{2} = \dfrac{n(n-1)}{2}(2n​)=2n(n−1)​ : on choisit un premier élément parmi n puis un second parmi n − 1, et l'on divise par 2 puisque l'ordre du couple est sans importance. Cette dernière formule se reconnaît partout — nombre de poignées de main dans un groupe, nombre de segments joignant n points, nombre de matchs d'un tournoi toutes rondes. Pour n = 10, elle donne 45, et un résultat qui s'en écarte signale une erreur de modèle.
Le programme insiste sur deux représentations qui rendent les combinaisons tangibles : les MOTS et les CHEMINS. Une combinaison de k éléments parmi n correspond exactement à un mot de n lettres écrit sur deux symboles, disons S et É, comportant k fois la lettre S — le rang de chaque S indiquant l'élément retenu. Elle correspond aussi à un chemin dans un arbre à n niveaux, chaque niveau offrant deux branches, le chemin descendant k fois du côté « choisi ». Ces trois lectures — partie, mot, chemin — comptent les mêmes objets, ce qui explique que (nk)\binom{n}{k}(kn​) apparaisse aussi bien en dénombrement qu'en probabilités : dans un schéma de Bernoulli, les chemins à k succès sont ces mêmes mots.

Vocabulaire

→ Cartes
  • combinaisonPartie à k éléments d'un ensemble à n éléments ; choix sans ordre et sans répétition.
  • coefficient binomialNombre C(n, k) de combinaisons de k éléments parmi n.
  • tirage simultanéPrélèvement de k éléments d'un coup, sans ordre : il se dénombre par une combinaison.
  • mot sur deux lettresÉcriture d'une combinaison comme suite de n symboles dont k marquent les éléments choisis.

Coefficient binomial (nombre de combinaisons de k parmi n)

(nk)=n!k! (n−k)!(0≤k≤n)\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!\,(n-k)!} \qquad (0 \le k \le n)(kn​)=k!(n−k)!n!​(0≤k≤n)

Nombre de parties à kkk éléments d'un ensemble à nnn éléments : on part de l'arrangement n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​ et on divise par k!k!k! pour effacer l'ordre des kkk éléments choisis.

Lien arrangements / combinaisons

n!(n−k)!=(nk)×k!⟺arrangement=combinaison×(ordres des k eˊleˊments)\frac{n!}{(n-k)!} = \binom{n}{k}\times k! \quad\Longleftrightarrow\quad \text{arrangement} = \text{combinaison} \times (\text{ordres des } k \text{ éléments})(n−k)!n!​=(kn​)×k!⟺arrangement=combinaison×(ordres des k eˊleˊments)

Un arrangement, c'est choisir un sous-ensemble de kkk éléments PUIS l'ordonner : il y a k!k!k! façons d'ordonner les mêmes kkk éléments, d'où le facteur k!k!k!.

Valeurs remarquables

(n0)=1,(nn)=1,(n1)=n,(nn−1)=n\binom{n}{0}=1, \quad \binom{n}{n}=1, \quad \binom{n}{1}=n, \quad \binom{n}{n-1}=n(0n​)=1,(nn​)=1,(1n​)=n,(n−1n​)=n

Une seule partie vide et une seule partie pleine ; nnn singletons et nnn parties à n−1n-1n−1 éléments. Ces cas servent à vérifier un calcul.

Somme d'une ligne (lien avec 2^n)

∑k=0n(nk)=(n0)+(n1)+⋯+(nn)=2 n\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} = \binom{n}{0}+\binom{n}{1}+\dots+\binom{n}{n} = 2^{\,n}k=0∑n​(kn​)=(0n​)+(1n​)+⋯+(nn​)=2n

En classant les parties d'un ensemble à nnn éléments selon leur taille kkk, le principe additif redonne le nombre total 2n2^n2n de parties.

Une ligne du triangle : les C(8, k) pour k = 0, …, 8

Fig. 6Les coefficients C(8, k) : 1, 8, 28, 56, 70, 56, 28, 8, 1. Profil symétrique en cloche, maximal au centre (C(8, 4) = 70). Leur somme vaut 2⁸ = 256 (nombre de parties d'un ensemble à 8 éléments).
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Exemple corrigé

Comité mixte : combinaisons et principe multiplicatif

Une association compte 666 femmes et 555 hommes. On forme un comité de 444 personnes. 1) Combien de comités différents peut-on constituer ? 2) Combien de comités sont composés de 222 femmes et 222 hommes ? 3) Combien de comités comportent AU MOINS une femme ? (On pourra raisonner par complémentaire.)

  1. 1) Comité quelconque : une combinaison

    Un comité est un ENSEMBLE de 444 personnes (l'ordre ne compte pas) choisi parmi 6+5=116+5=116+5=11 personnes : c'est une combinaison de 444 parmi 111111.

    (114)=11×10×9×84!=792024=330\binom{11}{4} = \frac{11\times10\times9\times8}{4!} = \frac{7920}{24} = 330(411​)=4!11×10×9×8​=247920​=330
  2. 2) Deux femmes ET deux hommes : principe multiplicatif

    On choisit 222 femmes parmi 666 (combinaison), PUIS 222 hommes parmi 555 (combinaison). Deux choix successifs ⇒\Rightarrow⇒ on multiplie.

    (62)×(52)=15×10=150\binom{6}{2}\times\binom{5}{2} = 15 \times 10 = 150(26​)×(25​)=15×10=150
  3. 3) Au moins une femme : par complémentaire

    Le contraire de « au moins une femme » est « aucune femme », soit un comité de 444 personnes prises uniquement parmi les 555 hommes : (54)=5\binom{5}{4}=5(45​)=5. On retranche du total.

    (114)−(54)=330−5=325\binom{11}{4} - \binom{5}{4} = 330 - 5 = 325(411​)−(45​)=330−5=325

Résultat : 1) (114)=330\binom{11}{4}=330(411​)=330 comités ; 2) (62)(52)=150\binom{6}{2}\binom{5}{2}=150(26​)(25​)=150 comités mixtes 222+222 ; 3) 330−5=325330-5=325330−5=325 comités comportant au moins une femme. La combinaison (sans ordre) et le complémentaire (« au moins » via « aucun ») sont les deux réflexes-clés.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : identifier qu'une situation relève d'une COMBINAISON (l'ordre ne compte pas) et calculer (nk)\binom{n}{k}(kn​), soit à la main par simplification de n!k!(n−k)!\frac{n!}{k!(n-k)!}k!(n−k)!n!​, soit à la calculatrice (touche (nk)\binom{n}{k}(kn​) / nCr).
  • Objectif Bac : combiner combinaisons et principe multiplicatif dans un même dénombrement (par exemple : choisir 222 filles parmi 555 ET 333 garçons parmi 777, soit (52)×(73)\binom{5}{2}\times\binom{7}{3}(25​)×(37​)) — un grand classique des sujets.
  • Contrôler tout coefficient binomial sur les cas explicites du programme : (n0)=1\binom{n}{0} = 1(0n​)=1, (n1)=n\binom{n}{1} = n(1n​)=n, (n2)=n(n−1)/2\binom{n}{2} = n(n-1)/2(2n​)=n(n−1)/2.
  • Traduire une combinaison en mot sur deux lettres ou en chemin d'arbre pour justifier un comptage — c'est la représentation attendue.

Erreurs fréquentes

  • Compter l'ordre alors qu'il ne doit pas l'être : utiliser un arrangement (n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​) pour une simple sélection « ensemble » fait compter chaque groupe k!k!k! fois de trop ; il faut diviser par k!k!k!, c'est-à-dire prendre (nk)\binom{n}{k}(kn​).
  • Mal simplifier n!k!(n−k)!\frac{n!}{k!(n-k)!}k!(n−k)!n!​ : ne pas développer assez de facteurs au numérateur, ou simplifier (nk)\binom{n}{k}(kn​) en nk\frac{n}{k}kn​. Astuce : (nk)=n(n−1)⋯(n−k+1)k!\binom{n}{k}=\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{k!}(kn​)=k!n(n−1)⋯(n−k+1)​ (kkk facteurs au numérateur).
  • Additionner au lieu de multiplier des combinaisons indépendantes : choisir 222 parmi 555 PUIS 333 parmi 777 donne (52)×(73)\binom{5}{2}\times\binom{7}{3}(25​)×(37​) (et NON (52)+(73)\binom{5}{2}+\binom{7}{3}(25​)+(37​)) — deux choix successifs relèvent du principe multiplicatif.
  • Écrire (n2)=n(n−1)\binom{n}{2} = n(n-1)(2n​)=n(n−1) en oubliant de diviser par 2 : l'ordre des deux éléments choisis ne compte pas.
  • Calculer (nk)\binom{n}{k}(kn​) en développant toute la factorielle de n : on n'écrit que les k facteurs décroissants du numérateur, n(n−1)⋯(n−k+1)n(n-1)\cdots(n-k+1)n(n−1)⋯(n−k+1), divisés par k!k!k!.

§ 03

Révision active

Un jeu de 323232 cartes ; une « main » est un ensemble de 555 cartes (l'ordre ne compte pas). 1) Combien de mains de 555 cartes existe-t-il ? 2) Combien de mains contiennent exactement 222 rois (le jeu compte 444 rois) ? 3) Combien de mains contiennent au moins un roi ? (Indication : passer par le complémentaire « aucun roi ».)

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 04
§ 04

Propriétés des coefficients binomiaux et triangle de Pascal#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Denombrement-combinatoire

Triangle de Pascal et la relation de Pascal

Matrice: Tableau de 7 colonnes et 6 lignes, cellule mise en évidence : 6Tableau de 7 colonnes et 6 lignes, Données: n \ k · 0 · 1 · 2 · 3 · 4 · 5; 0 · 1 · · · · · ; 1 · 1 · 1 · · · · ; 2 · 1 · 2 · 1 · · · ; 3 · 1 · 3 · 3 · 1 · · ; 4 · 1 · 4 · 6 · 4 · 1 · ; 5 · 1 · 5 · 10 · 10 · 5 · 1, cellule mise en évidence : 6n \ k01234501111212131331414641515101051
Fig. 7Lignes 000 à 555. Bords toujours égaux à 111 ; chaque terme intérieur est la somme des deux du dessus. Ici (42)=(31)+(32)=3+3=6\binom{4}{2}=\binom{3}{1}+\binom{3}{2}=3+3=6(24​)=(13​)+(23​)=3+3=6 (en couleur d'accent) — c'est la relation de Pascal lue sur le triangle.

Points clés

Symétrie : pour tous entiers 0≤k≤n0\le k\le n0≤k≤n, (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}(kn​)=(n−kn​). Interprétation combinatoire (preuve par dénombrement) : choisir les kkk éléments d'une partie revient EXACTEMENT à choisir les n−kn-kn−k éléments laissés de côté (le complémentaire) ; les deux choix sont en correspondance un à un, donc aussi nombreux. Par exemple (82)=(86)=28\binom{8}{2}=\binom{8}{6}=28(28​)=(68​)=28. La symétrie allège les calculs : on remplace (nk)\binom{n}{k}(kn​) par (nn−k)\binom{n}{n-k}(n−kn​) quand n−kn-kn−k est plus petit.
Relation de Pascal : pour 1≤k≤n−11\le k\le n-11≤k≤n−1, (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​). Preuve par dénombrement : on fixe un élément particulier xxx de l'ensemble à nnn éléments. Les parties à kkk éléments se répartissent en deux familles DISJOINTES : celles qui CONTIENNENT xxx (il reste à choisir k−1k-1k−1 éléments parmi les n−1n-1n−1 autres : (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1}(k−1n−1​)) et celles qui ne le contiennent PAS ((n−1k)\binom{n-1}{k}(kn−1​)). Le principe additif conclut.
Triangle de Pascal : tableau triangulaire où la ligne nnn contient les coefficients (n0),(n1),…,(nn)\binom{n}{0},\binom{n}{1},\dots,\binom{n}{n}(0n​),(1n​),…,(nn​). On le construit LIGNE PAR LIGNE sans aucune factorielle : les bords valent toujours 111 ((n0)=(nn)=1\binom{n}{0}=\binom{n}{n}=1(0n​)=(nn​)=1) et chaque terme intérieur est la SOMME des deux termes situés juste au-dessus de lui (à gauche et à droite), exactement la relation de Pascal. Chaque ligne est symétrique.
Lectures du triangle : la ligne nnn se lit de gauche à droite (k=0k=0k=0 à k=nk=nk=n) ; la somme d'une ligne vaut 2 n2^{\,n}2n (nombre de parties). Le triangle fournit instantanément de petits coefficients binomiaux sans calcul de factorielle, ce qui est précieux en contrôle et pour vérifier un résultat.
Lien avec la loi binomiale (anticipation) : ces coefficients (nk)\binom{n}{k}(kn​) sont exactement ceux qui apparaissent dans la formule de la loi binomiale P(X=k)=(nk)pk(1−p) n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{\,n-k}P(X=k)=(kn​)pk(1−p)n−k étudiée dans le thème des probabilités : (nk)\binom{n}{k}(kn​) y compte le nombre de façons de placer les kkk succès parmi les nnn répétitions. Le dénombrement est donc le socle combinatoire des probabilités.
Le programme exige la relation de Pascal démontrée de DEUX façons : par une méthode combinatoire et par le calcul. La voie combinatoire est déjà écrite plus haut ; voici la voie calculatoire, qu'un sujet peut demander séparément. On part des deux termes du membre de droite et on les met au même dénominateur k! (n−k)!k!\,(n-k)!k!(n−k)!. Le premier vaut (n−1)!(k−1)! (n−k)!=(n−1)! kk! (n−k)!\dfrac{(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!} = \dfrac{(n-1)!\,k}{k!\,(n-k)!}(k−1)!(n−k)!(n−1)!​=k!(n−k)!(n−1)!k​, puisque k!=k×(k−1)!k! = k \times (k-1)!k!=k×(k−1)!. Le second vaut (n−1)!k! (n−1−k)!=(n−1)! (n−k)k! (n−k)!\dfrac{(n-1)!}{k!\,(n-1-k)!} = \dfrac{(n-1)!\,(n-k)}{k!\,(n-k)!}k!(n−1−k)!(n−1)!​=k!(n−k)!(n−1)!(n−k)​, puisque (n−k)!=(n−k)×(n−k−1)!(n-k)! = (n-k) \times (n-k-1)!(n−k)!=(n−k)×(n−k−1)!. Leur somme est donc (n−1)! (k+n−k)k! (n−k)!=n!k! (n−k)!=(nk)\dfrac{(n-1)!\,(k + n - k)}{k!\,(n-k)!} = \dfrac{n!}{k!\,(n-k)!} = \binom{n}{k}k!(n−k)!(n−1)!(k+n−k)​=k!(n−k)!n!​=(kn​). Deux démonstrations, deux compétences distinctes — l'une raisonne sur les objets, l'autre sur les écritures.
La relation ∑k=0n(nk)=2n\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k} = 2^nk=0∑n​(kn​)=2n est elle aussi une démonstration exigible, et le programme précise « par dénombrement » : il s'agit de compter le même ensemble de deux manières. Considérons toutes les parties d'un ensemble E à n éléments. Premier comptage : on les trie selon leur nombre d'éléments k, qui va de 0 à n, et l'on additionne les (nk)\binom{n}{k}(kn​) parties de chaque taille — le principe additif s'applique puisque ces familles sont disjointes. Second comptage : construire une partie revient à décider, pour CHACUN des n éléments, s'il y appartient ou non, soit deux possibilités par élément et 2n2^n2n au total par le principe multiplicatif. Les deux comptages portent sur le même ensemble, donc les deux résultats sont égaux. Ce raisonnement « compter deux fois » est un modèle général, pas une astuce isolée.

Vocabulaire

→ Cartes
  • relation de PascalÉgalité C(n, k) = C(n−1, k−1) + C(n−1, k), démontrable par dénombrement et par le calcul.
  • symétrieÉgalité C(n, k) = C(n, n−k), qui traduit le passage au complémentaire d'une partie.
  • triangle de PascalTableau construit ligne à ligne par la relation de Pascal, sans aucune factorielle.
  • double comptageTechnique consistant à dénombrer un même ensemble de deux façons pour établir une égalité.

Symétrie

(nk)=(nn−k)(0≤k≤n)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k} \qquad (0 \le k \le n)(kn​)=(n−kn​)(0≤k≤n)

Choisir les kkk éléments d'une partie, c'est choisir les n−kn-kn−k éléments du complémentaire : les deux comptages coïncident.

Relation de Pascal

(nk)=(n−1k−1)+(n−1k)(1≤k≤n−1)\binom{n}{k} = \binom{n-1}{k-1} + \binom{n-1}{k} \qquad (1 \le k \le n-1)(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​)(1≤k≤n−1)

On classe les parties à kkk éléments selon qu'elles contiennent ou non un élément fixé xxx : (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1}(k−1n−1​) contiennent xxx, (n−1k)\binom{n-1}{k}(kn−1​) ne le contiennent pas (principe additif).

Bords du triangle de Pascal

(n0)=(nn)=1(bords du triangle)\binom{n}{0}=\binom{n}{n}=1 \quad\text{(bords du triangle)}(0n​)=(nn​)=1(bords du triangle)

Chaque ligne commence et finit par 111 : il n'y a qu'une partie vide et qu'une partie pleine.

Exemple corrigé

Démontrer la relation de Pascal par dénombrement

Soit nnn un entier et kkk un entier tel que 1≤k≤n−11\le k\le n-11≤k≤n−1. Démontrer, par un raisonnement combinatoire (dénombrement), la relation de Pascal (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​). En déduire le calcul de (63)\binom{6}{3}(36​) à partir de la ligne 555 du triangle.

  1. 01Poser le cadre

    Soit EEE un ensemble à nnn éléments. Par définition, (nk)\binom{n}{k}(kn​) compte le nombre de parties de EEE ayant exactement kkk éléments. On fixe un élément particulier xxx de EEE.

  2. 02Partitionner selon x

    Toute partie à kkk éléments est de l'un des deux types EXCLUSIFS : soit elle contient xxx, soit elle ne le contient pas. Ces deux familles sont disjointes et leur réunion est l'ensemble de TOUTES les parties à kkk éléments.

  3. 03Compter chaque famille

    Familles contenant xxx : il reste à choisir les k−1k-1k−1 autres éléments parmi les n−1n-1n−1 éléments de EEE différents de xxx, soit (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1}(k−1n−1​). Familles ne contenant pas xxx : on choisit les kkk éléments parmi les n−1n-1n−1 éléments autres que xxx, soit (n−1k)\binom{n-1}{k}(kn−1​).

    #{x∈P}=(n−1k−1),#{x∉P}=(n−1k)\#\{x\in P\}=\binom{n-1}{k-1}, \qquad \#\{x\notin P\}=\binom{n-1}{k}#{x∈P}=(k−1n−1​),#{x∈/P}=(kn−1​)
  4. 04Appliquer le principe additif

    Les deux familles étant disjointes, le nombre total de parties à kkk éléments est la somme des deux cardinaux, ce qui est exactement la relation de Pascal.

    (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​)
  5. 05Application numérique

    Ligne 555 du triangle : 1,5,10,10,5,11,5,10,10,5,11,5,10,10,5,1. On a (52)=10\binom{5}{2}=10(25​)=10 et (53)=10\binom{5}{3}=10(35​)=10. La relation de Pascal donne (63)\binom{6}{3}(36​) comme leur somme.

    (63)=(52)+(53)=10+10=20\binom{6}{3}=\binom{5}{2}+\binom{5}{3}=10+10=20(36​)=(25​)+(35​)=10+10=20

Résultat : La relation de Pascal (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​) est démontrée par dénombrement (élément fixé + principe additif), et fournit (63)=20\binom{6}{3}=20(36​)=20 par simple lecture de la ligne 555 du triangle.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : DÉMONTRER la relation de Pascal ou la symétrie par un raisonnement combinatoire (dénombrement) — preuve exigible : partitionner les parties selon qu'elles contiennent ou non un élément fixé, ou faire correspondre une partie à son complémentaire.
  • Objectif Bac : construire ou compléter quelques lignes du triangle de Pascal via la relation de Pascal (sans factorielle) et l'utiliser pour lire ou vérifier un coefficient (nk)\binom{n}{k}(kn​).
  • Savoir donner LES DEUX démonstrations de la relation de Pascal — combinatoire par l'élément fixé, calculatoire par mise au même dénominateur.
  • Démontrer ∑k(nk)=2n\sum_k \binom{n}{k} = 2^n∑k​(kn​)=2n en comptant deux fois les parties de E : par taille, puis par choix d'appartenance élément par élément.

Erreurs fréquentes

  • Décaler les indices de la relation de Pascal : c'est (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}(kn​)=(k−1n−1​)+(kn−1​) (le bas diminue de 111, le haut aussi ; un seul des deux kkk baisse). Écrire (n−1k)+(n−1k+1)\binom{n-1}{k}+\binom{n-1}{k+1}(kn−1​)+(k+1n−1​) est faux.
  • Construire le triangle en oubliant les bords : chaque ligne DOIT commencer et finir par 111 ; un terme intérieur est la somme des DEUX du dessus, pas d'un seul.
  • Donner une « preuve » par exemples numériques : vérifier (42)=(31)+(32)\binom{4}{2}=\binom{3}{1}+\binom{3}{2}(24​)=(13​)+(23​) sur un cas n'est PAS une démonstration ; il faut le raisonnement combinatoire général (élément fixé / complémentaire).
  • Traiter la relation de Pascal comme une simple lecture du triangle : le programme demande une démonstration, et deux voies distinctes sont attendues.
  • Croire que les combinaisons AVEC répétitions figurent au programme : elles n'en sont qu'un approfondissement possible, jamais une capacité attendue.

§ 04

Révision active

1) Démontrer, par un raisonnement de dénombrement, que pour tout 0≤k≤n0\le k\le n0≤k≤n on a (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}(kn​)=(n−kn​). 2) Construire les lignes 000 à 666 du triangle de Pascal à l'aide de la seule relation de Pascal, puis vérifier que la somme de la ligne 666 vaut 26=642^6=6426=64.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 05
§ 05

Applications au dénombrement et lien avec les probabilités#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Denombrement-combinatoire

Tableau de synthèse : ordre et répétition fixent le modèle

Matrice: Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, cellule mise en évidence : C(n, k) (combinaisons)Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: Ordre \ Répétition · Avec répétition · Sans répétition; L’ordre compte · nᵏ (k-uplets) · n! / (n − k)! (arrangements); L’ordre ne compte pas · (hors programme) · C(n, k) (combinaisons), cellule mise en évidence : C(n, k) (combinaisons)Ordre \ RépétitionAvec répétitionSans répétitionL’ordre comptenᵏ (k-uplets)n! /(n − k)!(arrangements)L’ordre ne comptepas(hors programme)C(n, k)(combinaisons)
Fig. 8La grille des quatre modèles de dénombrement. Deux questions suffisent : l'ORDRE compte-t-il ? Y a-t-il RÉPÉTITION (remise) ? Les trois cases au programme sont nkn^knk, n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​ et (nk)\binom{n}{k}(kn​) ; la combinaison (sans ordre, sans répétition) est mise en avant.

Points clés

Équiprobabilité : lorsqu'une expérience aléatoire a un univers Ω\OmegaΩ FINI dont toutes les issues sont également probables (modèle équiprobable — dés équilibrés, tirages au hasard, mélange parfait), la probabilité d'un événement AAA est le RAPPORT de deux cardinaux : P(A)=card(A)card(Ω)=nombre de cas favorablesnombre de cas possiblesP(A)=\dfrac{\mathrm{card}(A)}{\mathrm{card}(\Omega)}=\dfrac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}}P(A)=card(Ω)card(A)​=nombre de cas possiblesnombre de cas favorables​. Calculer une probabilité revient alors à DÉNOMBRER deux ensembles.
Méthode générale en quatre temps : (1) décrire précisément l'univers Ω\OmegaΩ et choisir un MODÈLE cohérent (avec/sans ordre, avec/sans remise) ; (2) dénombrer card(Ω)\mathrm{card}(\Omega)card(Ω) avec ce même modèle ; (3) dénombrer card(A)\mathrm{card}(A)card(A), les cas favorables, AVEC LE MÊME MODÈLE (point crucial : ne pas compter l'univers sans ordre et l'événement avec ordre) ; (4) former le quotient et conclure.
Le complémentaire au service du « au moins » : pour un événement du type « au moins un … », il est souvent bien plus simple de calculer la probabilité de l'événement CONTRAIRE « aucun … » puis d'utiliser P(A)=1−P(A‾)P(A)=1-P(\overline{A})P(A)=1−P(A). Au niveau du dénombrement, cela revient à compter card(A‾)\mathrm{card}(\overline{A})card(A) (les cas où il n'y a aucun élément du type voulu) plutôt que d'additionner les cas 1,2,3,…1, 2, 3, \dots1,2,3,… favorables.
Tirages simultanés vs successifs : un tirage SIMULTANÉ de kkk boules (l'ordre est sans importance) se modélise par des COMBINAISONS : card(Ω)=(nk)\mathrm{card}(\Omega)=\binom{n}{k}card(Ω)=(kn​). Un tirage SUCCESSIF se modélise par des arrangements (sans remise, n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!}(n−k)!n!​) ou des kkk-uplets (avec remise, nkn^knk). Pour une probabilité, les deux modèles « avec ordre » et « sans ordre » donnent le même résultat À CONDITION d'être cohérent au numérateur ET au dénominateur.
Le coefficient binomial fonde la loi binomiale : dans une répétition de nnn épreuves de Bernoulli indépendantes de probabilité de succès ppp, le nombre de façons d'obtenir exactement kkk succès parmi les nnn épreuves est (nk)\binom{n}{k}(kn​) (on CHOISIT les positions des succès, sans ordre entre elles), d'où P(X=k)=(nk)pk(1−p) n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{\,n-k}P(X=k)=(kn​)pk(1−p)n−k. Le dénombrement est ainsi le socle direct du thème « probabilités — loi binomiale ».
Le programme demande d'effectuer des dénombrements « dans des situations issues de divers domaines scientifiques », et l'épreuve exploite cette ouverture. En GÉNÉTIQUE, compter les génotypes possibles d'un individu sur k gènes à deux allèles relève des k-uplets. En INFORMATIQUE, le nombre de mots de longueur n sur un alphabet à deux symboles vaut 2n2^n2n — c'est le nombre de valeurs codables sur n bits, et c'est aussi le nombre de parties d'un ensemble à n éléments. En THÉORIE DES JEUX, une main de cartes est une combinaison, un ordre de jeu une permutation. Le travail attendu n'est pas la connaissance du domaine, mais la TRADUCTION : identifier les objets à dénombrer, décider si l'ordre compte, si les répétitions sont possibles, et reconnaître le modèle. Un énoncé habillé de biologie ou d'informatique se résout avec les quatre formules du chapitre, pas avec des connaissances extérieures.

Vocabulaire

→ Cartes
  • équiprobabilitéHypothèse selon laquelle toutes les issues d'un univers fini ont la même probabilité ; elle seule autorise le quotient favorables sur possibles.
  • cas favorablesIssues réalisant l'événement étudié, dénombrées avec le même modèle que l'univers.
  • événement contraireComplémentaire d'un événement ; il simplifie souvent le comptage des situations « au moins un ».
  • modèle de tirageChoix explicite entre simultané, successif avec remise et successif sans remise, qui fixe la formule de dénombrement.

Probabilité en situation d'équiprobabilité

P(A)=card(A)card(Ω)=nombre de cas favorablesnombre de cas possibles(eˊquiprobabiliteˊ)P(A) = \frac{\mathrm{card}(A)}{\mathrm{card}(\Omega)} = \frac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}} \quad (\text{équiprobabilité})P(A)=card(Ω)card(A)​=nombre de cas possiblesnombre de cas favorables​(eˊquiprobabiliteˊ)

Quand toutes les issues sont également probables, une probabilité est un simple rapport de cardinaux : calculer une probabilité, c'est dénombrer.

Passage au complémentaire (« au moins un »)

P(au moins un)=1−P(aucun)=1−card(A‾)card(Ω)P(\text{au moins un}) = 1 - P(\text{aucun}) = 1 - \frac{\mathrm{card}(\overline{A})}{\mathrm{card}(\Omega)}P(au moins un)=1−P(aucun)=1−card(Ω)card(A)​

L'événement « au moins un » se calcule plus vite par son contraire « aucun » : on compte les cas SANS aucun élément voulu, puis on retranche de 111.

Coefficient binomial dans la loi binomiale

P(X=k)=(nk) pk (1−p) n−kP(X=k) = \binom{n}{k}\,p^{k}\,(1-p)^{\,n-k}P(X=k)=(kn​)pk(1−p)n−k

(nk)\binom{n}{k}(kn​) dénombre les façons de placer les kkk succès parmi nnn épreuves : le dénombrement est le socle combinatoire de la loi binomiale.

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Exemple corrigé

Probabilité par dénombrement : tirage simultané

Une urne contient 777 boules numérotées : 444 blanches et 333 noires, indiscernables au toucher. On tire au hasard et SIMULTANÉMENT 333 boules. 1) Quelle est la probabilité d'obtenir exactement 222 boules blanches et 111 boule noire ? 2) Quelle est la probabilité d'obtenir au moins une boule noire ?

  1. 01Choisir le modèle et dénombrer l'univers

    Tirage SIMULTANÉ de 333 boules parmi 777 : l'ordre ne compte pas, on modélise par des combinaisons. L'univers Ω\OmegaΩ est équiprobable (boules indiscernables).

    card(Ω)=(73)=7×6×53!=35\mathrm{card}(\Omega)=\binom{7}{3}=\frac{7\times6\times5}{3!}=35card(Ω)=(37​)=3!7×6×5​=35
  2. 021) Dénombrer les cas favorables (2 blanches, 1 noire)

    On choisit 222 blanches parmi 444 ET 111 noire parmi 333 (principe multiplicatif), avec le MÊME modèle de combinaisons.

    card(A)=(42)×(31)=6×3=18\mathrm{card}(A)=\binom{4}{2}\times\binom{3}{1}=6\times3=18card(A)=(24​)×(13​)=6×3=18
  3. 031) Former la probabilité

    On divise les cas favorables par les cas possibles.

    P(A)=1835≈0,514P(A)=\frac{18}{35}\approx 0{,}514P(A)=3518​≈0,514
  4. 042) Au moins une noire : complémentaire

    L'événement contraire est « aucune noire », soit 333 boules toutes blanches : (43)=4\binom{4}{3}=4(34​)=4 cas. On retranche de 111.

    P(au moins une noire)=1−(43)(73)=1−435=3135≈0,886P(\text{au moins une noire})=1-\frac{\binom{4}{3}}{\binom{7}{3}}=1-\frac{4}{35}=\frac{31}{35}\approx 0{,}886P(au moins une noire)=1−(37​)(34​)​=1−354​=3531​≈0,886

Résultat : 1) P(2 blanches, 1 noire)=1835≈0,514P(\text{2 blanches, 1 noire})=\dfrac{18}{35}\approx 0{,}514P(2 blanches, 1 noire)=3518​≈0,514 ; 2) P(au moins une noire)=3135≈0,886P(\text{au moins une noire})=\dfrac{31}{35}\approx 0{,}886P(au moins une noire)=3531​≈0,886. Le réflexe : même modèle (combinaisons) au numérateur et au dénominateur, et complémentaire pour le « au moins un ».

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer une probabilité en situation d'équiprobabilité comme un rapport card(A)card(Ω)\frac{\mathrm{card}(A)}{\mathrm{card}(\Omega)}card(Ω)card(A)​, en dénombrant numérateur et dénominateur AVEC LE MÊME MODÈLE (souvent des combinaisons pour un tirage simultané).
  • Objectif Bac : traiter un événement « au moins un … » par passage au complémentaire 1−P(aucun)1-P(\text{aucun})1−P(aucun), et reconnaître (nk)\binom{n}{k}(kn​) comme le facteur combinatoire de la loi binomiale.
  • Traduire un énoncé issu d'un autre domaine en objets à dénombrer, puis appliquer le modèle : la difficulté est la modélisation, jamais le calcul.
  • Retenir la triple lecture de 2n2^n2n : parties d'un ensemble à n éléments, mots de n lettres sur deux symboles, chemins d'un arbre à n niveaux.

Erreurs fréquentes

  • Mélanger les modèles entre numérateur et dénominateur : compter l'univers SANS ordre (combinaisons) mais les cas favorables AVEC ordre (arrangements) — ou l'inverse — fausse la probabilité. Le modèle doit être IDENTIQUE en haut et en bas.
  • Additionner directement les cas pour « au moins un » sans voir le complémentaire : c'est long et source d'oublis ; passer par « aucun » est plus sûr.
  • Oublier que l'équiprobabilité est une HYPOTHÈSE : le rapport favorablespossibles\frac{\text{favorables}}{\text{possibles}}possiblesfavorables​ ne vaut QUE si toutes les issues sont également probables (boules indiscernables, dé équilibré, tirage au hasard) ; sinon il faut un autre modèle.
  • Se laisser impressionner par l'habillage scientifique d'un énoncé : les outils exigibles restent les quatre modèles du chapitre.
  • Compter l'univers et les cas favorables avec des modèles différents : la cohérence entre numérateur et dénominateur est la condition de validité du quotient.

§ 05

Révision active

On tire au hasard et simultanément 222 cartes d'un jeu de 323232 cartes (dont 444 as). 1) Quelle est la probabilité d'obtenir exactement deux as ? 2) Quelle est la probabilité d'obtenir au moins un as ? (Passer par le complémentaire.) Donner les résultats sous forme de fractions irréductibles puis en valeurs approchées.

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Rappel actif

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Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

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Sommaire

Section -- / 05

    • 01Principes additif et multiplicatif ; cardinaux et ensemble produit○
    • 02Listes (k-uplets), arrangements et permutations◐
    • 03Combinaisons et coefficients binomiaux◐
    • 04Propriétés des coefficients binomiaux et triangle de Pascal●
    • 05Applications au dénombrement et lien avec les probabilités●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Dénombrement et combinatoire

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~34
min
4
Compétences
50
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A)

Voir aussi

  • Probabilités — schéma de Bernoulli et loi binomialeLe coefficient binomial compté ici est exactement celui qui apparaît dans P(X = k).
  • Suites numériquesLa relation de Pascal se démontre par récurrence, et les coefficients forment un triangle.
  • Algorithmique et programmationDénombrer par énumération exhaustive permet de contrôler un calcul combinatoire sur de petits cas.

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Géométrie dans l'espace

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Probabilités conditionnelles et indépendance

EuraStudy·Fiches T·10·MMXXVI

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