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Fiches/LLCER Anglais — Langues, littératures et cultures étrangères et régionales/L'expression des émotions
FR · Bac

L'expression des émotions

Axe d'étude n° 1 de la thématique « Expression et construction de soi » du programme de terminale LLCER anglais (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019). On y étudie, en anglais et à un niveau B2/C1, comment les arts du monde anglophone — poésie romantique, cinéma, danse, peinture, art vidéo, art oratoire, théâtre — disent, figurent et exploitent les émotions, et comment cette expression construit une identité individuelle et collective. L'axe nourrit les deux parties de l'épreuve, qui comptent chacune pour la moitié de la note : d'un côté la synthèse écrite d'environ 500 mots et la traduction ou transposition, de l'autre les vingt minutes d'oral adossées au dossier personnel.

5 sections·~34 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·0444 / 9
Profil d’examen
LLCER-EE-1 · Analyser en anglais comment une œuvre (poème, film, tableau, danse, discours) exprime ou figure une émotion, et nommer les procédés qui la portentLLCER-EE-2 · Situer l'expression des émotions dans un courant (romantisme, transcendantalisme, expressionnisme) et dans son contexte historique et culturel anglophoneLLCER-EE-3 · Mettre en relation des documents de natures, d'arts et d'époques différents autour de l'axe « L'expression des émotions » (synthèse problématisée) et montrer le lien émotion / construction de soiLLCER-EE-4 · Rédiger en anglais une synthèse structurée (env. 500 mots) et traduire / transposer fidèlement un passage anglais en français (niveau C1)
Opérateurs :analyserinterprétersituermettre en relationproblématiserjustifiersynthétisertraduire / transposer

niveau de base

Maîtrisez d'abord le vocabulaire des émotions et des procédés (imagery, tone, pathos, sublime, mood) et sachez dire QUELLE émotion une œuvre exprime et PAR QUEL moyen.

niveau approfondi

Construisez une problématique qui confronte plusieurs arts et époques, reliez l'émotion à la construction de soi et à un courant (romantisme, expressionnisme), nuancez (émotion exacerbée vs retenue) et soignez une langue C1 dans la synthèse comme dans la traduction.

Profondeur

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Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. L'expression des émotions
    • 01L'émotion, terreau et matériau de l'œuvre et de l'identité○
    • 02Romantisme, transcendantalisme et poésie : l'émotion en mots◐
    • 03Cinéma, danse, peinture, art vidéo : l'émotion par-delà les mots◐
    • 04Art oratoire et théâtre : émettre et faire éprouver l'émotion●
    • 05Méthode : dire l'émotion avec justesse en anglais — richesse lexicale, nuance et les deux parties de l'épreuve●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

L'émotion, terreau et matériau de l'œuvre et de l'identité#

~7 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Idée-clé de l'axe (libellé officiel) : pour de nombreux artistes, l'émotion est « tout à la fois le terreau et le matériau » grâce auxquels se construisent une œuvre, une personnalité et une identité. Exprimer une émotion n'est donc pas un simple ornement : c'est un acte de création et de construction de soi (self-expression as self-construction).
Distinguer trois opérations à tenir au Bac : EXPRIMER une émotion (la rendre sensible — to express / to convey), la FIGURER ou la mettre en forme (image, son, geste, couleur — to depict / to render) et l'EXPLOITER comme matériau d'une œuvre et d'une identité (to channel / to turn into art). Une même œuvre combine souvent les trois.
Vocabulaire critique de base à maîtriser en anglais : feelings, emotions, mood, tone, atmosphere ; pathos, the sublime, melancholy, grief, ecstasy, epiphany ; imagery, sensory detail, lyricism, first-person voice. Savoir nommer L'émotion ET le procédé qui la porte.
Repère structurant de la thématique : « Expression et construction de soi » — l'expression révèle autant qu'elle engendre une identité (le programme l'énonce ainsi). L'émotion exprimée façonne le « moi » du créateur (et du spectateur), d'où le lien permanent à tenir entre émotion et identité individuelle et collective.
Polarité majeure de l'axe (à mobiliser dans tout essai) : certains artistes poussent la recherche jusqu'aux émotions les plus intenses ou violentes, « de la douleur à l'épiphanie » ; d'autres expriment des émotions plus RETENUES, qui n'en constituent pas moins des œuvres fortes participant d'une construction identitaire singulière. Émotion exacerbée vs émotion retenue est l'axe de comparaison le plus rentable.
L'anglais découpe le sentiment plus finement que le français, et c'est là que se gagne la note de langue : grief (la douleur d'une perte) n'est ni sorrow (le chagrin) ni sadness (la tristesse) ; awe (le saisissement admiratif) n'est pas wonder (l'émerveillement) ; longing et yearning ne se confondent pas avec nostalgia ; indignation n'est ni anger ni rage. Choisir le mauvais mot, c'est peindre en noir et blanc une œuvre qui a des couleurs.
Une émotion, dans une œuvre, n'est presque jamais DÉCLARÉE : elle est fabriquée par quatre canaux qu'il faut nommer séparément — le lexique (le mot choisi et sa connotation), le rythme et le son (longueur des vers ou des plans, allitérations, silences), l'image (métaphore, cadrage, couleur), le point de vue (qui perçoit, et depuis où). Analyser, c'est dire par lequel de ces canaux l'œuvre passe : « The poem never says that the speaker grieves; it makes grief audible through the falling rhythm of its last line. »
Le cadre de l'axe (voir Fig. 1) — émotion, œuvre, identité — se lit dans les deux sens. L'émotion mise en forme devient une œuvre, et l'œuvre en retour dessine un « moi » : Frederick Douglass, écrivant sa douleur dans son « Narrative » (1845), se constitue en sujet et non seulement en témoin. Mais ce que le récepteur éprouve le range aussi dans une communauté — une salle qui pleure ensemble n'est plus une addition d'individus. Tenir les deux sens, c'est répondre à l'intitulé exact de la thématique : « Expression et construction de soi ».

Émotion → œuvre → identité : le cadre d'analyse de l'axe

Émotion → œuvre → identitéGraphe, Émotion → Procédé, Procédé → Œuvre, Œuvre → IdentitéÉmotionProcédéŒuvreIdentité
Fig. 1Le cadre de l’axe : une émotion (terreau et matériau) est mise en forme par un procédé (image, son, geste, couleur), produit une œuvre, et construit une identité (individuelle et collective). En retour, le spectateur éprouve l’émotion. « Which emotion — how conveyed — whose identity ? »
Fig. 1 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • grief/ɡriːf/le deuil, la douleur d'une perteÀ distinguer de sorrow (le chagrin) et de sadness (la tristesse ordinaire) : trois degrés, trois mots.
  • awe/ɔː/le saisissement, l'effroi admiratifLe sentiment du sublime romantique ; adjectif : awe-inspiring, awestruck.
  • longing/ˈlɒŋɪŋ/le désir ardent, l'aspiration douloureuseSe construit avec for : « a longing for home ». Plus tendu que nostalgia, qui regarde en arrière.
  • restraint/rɪˈstreɪnt/la retenue, la sobriétéLe mot exact du pôle « émotion retenue » de l'axe ; adjectif : restrained.
  • to convey/kənˈveɪ/rendre, faire passer, traduireLe verbe d'analyse par excellence : « the painting conveys… » plutôt que « the painting shows… ».
  • mood/muːd/l'atmosphère, la tonalité affectiveMood = ce que le récepteur éprouve ; tone = l'attitude de l'auteur. Ne jamais confondre les deux dans une copie.
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Exemple corrigé

Distinguer émotion exprimée et émotion analysée

« I wandered lonely as a cloud » — William Wordsworth opens his poem on a solitary speaker who, recalling a host of daffodils, feels his « heart with pleasure fills ». In English, identify the emotion expressed and the device that conveys it, and link it to the construction of a poetic self.

  1. 01Nommer l'émotion

    L'émotion centrale passe de la solitude mélancolique (« lonely as a cloud ») à la joie (« pleasure »), puis à un bonheur de la mémoire : l'œuvre exprime moins un fait qu'un mouvement intérieur du sentiment.

  2. 02Repérer le procédé dominant

    Le procédé clé est la comparaison / image (simile, imagery) : le « je » se compare à un nuage solitaire, puis la vision des jonquilles (« a host of golden daffodils ») projette l'émotion sur la nature. La communion avec la Nature est le vecteur de l'émotion — trait romantique.

  3. 03Relier à la construction de soi

    Le sentiment ne reste pas extérieur : il s'inscrit dans la mémoire du poète (« they flash upon that inward eye ») et nourrit son identité. L'émotion exprimée devient matériau d'un « moi » poétique — c'est exactement le lien émotion / construction de soi de l'axe.

  4. 04Situer dans un courant

    On reconnaît le romantisme britannique : exaltation du sentiment individuel, communion avec la Nature, valeur de la mémoire et de l'imagination. Le situer permet d'éviter l'analyse hors-sol.

Résultat : Le poème exprime un glissement de la solitude vers la joie par l'image (le « je » comme nuage, puis la vision des jonquilles), dans la communion romantique avec la Nature ; l'émotion, fixée par la mémoire, devient matériau d'une identité poétique — illustration directe du lien émotion / construction de soi.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir formuler en une phrase anglaise quelle émotion l'œuvre exprime ET par quel canal dominant (lexique, rythme et son, image, point de vue).
  • Objectif Bac : être capable de distinguer to express, to depict et to channel une émotion, et d'employer le verbe qui convient au geste analysé.
  • Objectif Bac : savoir relier toute émotion analysée à une identité, individuelle et collective — c'est l'intitulé même de la thématique « Expression et construction de soi ».
  • Objectif Bac : être capable de situer une œuvre sur la polarité émotion exacerbée / émotion retenue et de montrer que la retenue n'est pas une faiblesse d'expression.
  • Objectif Bac : savoir employer un lexique affectif différencié (grief, sorrow, awe, longing, indignation) plutôt que sad, happy et strong répétés d'un bout à l'autre de la copie.

Erreurs fréquentes

  • Confondre le SUJET de l'œuvre (un deuil, un amour) et l'analyse de l'ÉMOTION : au lieu de « the poem is about death », écrire « the poem makes loss audible through its shortening lines ».
  • Réduire l'axe à la littérature : le programme dit « les arts en général », et un dossier croise volontiers un texte, une image et un extrait filmique.
  • Le faux ami « sensible » : « the poem is very sensible » signifie « raisonnable ». Pour une personne, écrire « sensitive » ; pour une œuvre, « moving » ou « poignant ».
  • « To resent » ne veut pas dire ressentir : il signifie en vouloir à quelqu'un. Pour « ressentir », écrire « to feel » ou « to experience ».
  • Empiler « very sad », « very strong », « a lot of emotion » : les périphrases et les répétitions sont la marque du plafond B1 dans la grille de langue. Écrire « heart-rending », « understated », « overwhelming », « quietly devastating ».

§ 01

Révision active

In English (about 120 words), define the difference between expressing an emotion and depicting it, then take one anglophone work and explain which emotion it conveys, by which single device, and how that emotion shapes a sense of self.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

Romantisme, transcendantalisme et poésie : l'émotion en mots#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Le courant romantique est, selon le programme, l'exemple le plus évident de l'expression des émotions. Trois grandes veines anglophones à mémoriser : la communion avec la Nature (William Wordsworth, « I wandered lonely as a cloud »), le deuil (Edgar Allan Poe, « Annabel Lee ») et la passion amoureuse menant jusqu'à la folie (Emily Brontë, « Wuthering Heights »).
La figure du poète romantique — passionné, tourmenté — trouve dans l'écriture une forme de SUBLIMATION de ses sentiments exacerbés. Le programme en donne pour exemple le portrait de John Keats dans le film « Bright Star » (Jane Campion, 2009) : l'écriture transforme la douleur et le désir en œuvre, donc en identité.
Il est attendu de DÉFINIR avec précision les termes : romantisme (primauté du sentiment, de l'imagination, du « je » et de la Nature), transcendantalisme américain (Emerson, Thoreau : confiance dans l'intuition et l'expérience individuelle de la nature) et expressionnisme (déformation expressive du réel pour traduire une intensité intérieure). En dégager des traits universels ET d'autres propres à des cultures diverses.
Procédés poétiques de l'émotion à repérer et nommer en anglais : first-person lyric voice, imagery and sensory detail, simile / metaphor, rhythm and sound (alliteration, repetition, refrain), tone and mood. La forme (mètre, son, image) FABRIQUE l'émotion, elle ne la déclare pas seulement.
Élargir au-delà du romantisme : la poésie de l'intensité (Emily Dickinson, Sylvia Plath) explore des émotions extrêmes (de la douleur à l'épiphanie) ; la prose de James Joyce ou de Virginia Woolf restitue le flux intérieur des sensations et sentiments (stream of consciousness). L'émotion littéraire ne se limite donc pas au lyrisme romantique.
Wordsworth a donné de la poésie la définition qui fonde tout l'axe, dans la préface aux « Lyrical Ballads » (1800) : « the spontaneous overflow of powerful feelings », qui pourtant « takes its origin from emotion recollected in tranquillity ». La formule est un piège utile : le romantisme n'est pas l'épanchement brut, c'est l'émotion RESSAISIE et mise en forme à distance.
Repères chronologiques : le romantisme britannique se date conventionnellement des « Lyrical Ballads » (Wordsworth et Coleridge, 1798) aux années 1830, avec une première génération (Blake, Wordsworth, Coleridge) et une seconde, plus brève et plus brûlante (Byron, Shelley, Keats). Le transcendantalisme américain lui succède et le déplace : Emerson, « Nature » (1836), Thoreau, « Walden » (1854), puis le « je » dilaté de Walt Whitman dans « Song of Myself » (1855).
Le pôle inverse, non moins intense, est celui de la compression : Emily Dickinson enferme la douleur dans des quatrains courts, des tirets qui suspendent la phrase et des rimes approchantes (« After great pain, a formal feeling comes ») ; le sentiment y est d'autant plus violent qu'il est contenu. Le tableau des trois veines (voir Fig. 2) donne l'entrée ; la comparaison la plus rentable en synthèse oppose ensuite le débordement (Poe, Brontë) à cette compression.

Trois veines romantiques de l'émotion (Nature, deuil, passion)

Trois veines romantiques de l’émotionTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Veine romantique · Auteur-repère · Procédé / émotion; Nature · Wordsworth · imagery, joie; Deuil · Poe · rythme, refrain; Passion / folie · Emily Brontë · intensitéVeine romantiqueAuteur-repèreProcédé / émotionNatureWordsworthimagery, joieDeuilPoerythme, refrainPassion / folieEmily Brontëintensité
Fig. 2Trois veines de l’émotion romantique anglophone : la communion avec la Nature (Wordsworth, « I wandered lonely as a cloud »), le deuil (Poe, « Annabel Lee »), la passion jusqu’à la folie (Emily Brontë, « Wuthering Heights ») — l’écriture sublime l’émotion en œuvre, donc en identité.
Fig. 2 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • a stanza/ˈstænzə/une strophe« The opening stanza » ; ne jamais écrire « a verse », qui désigne un vers ou la poésie en général.
  • imagery/ˈɪmɪdʒri/les images, le réseau d'imagesIndénombrable : jamais « imageries ». « Water imagery runs through the poem ».
  • the sublime/səˈblaɪm/le sublimeLe beau qui effraie — montagne, tempête, immensité. Notion clé du romantisme britannique.
  • enjambment/ɪnˈdʒæmmənt/l'enjambementLa phrase qui déborde le vers : produit l'élan, la précipitation ou la rupture selon le contexte.
  • wistful/ˈwɪstfl/mélancolique, empreint de regretUn regret doux, sans amertume ; l'adjectif n'a pas d'équivalent français exact, ce qui en fait un mot précieux.
  • to sublimate/ˈsʌblɪmeɪt/sublimerTransformer une pulsion ou une douleur en œuvre : le geste même du poète romantique.
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Exemple corrigé

Analyser le procédé sonore d'un poème de deuil

In Poe's « Annabel Lee », the speaker mourns a dead beloved in « a kingdom by the sea », endlessly repeating her name and the phrase « in this kingdom by the sea ». In English, analyse how form conveys grief.

  1. 01Nommer l'émotion

    L'émotion dominante est le deuil obsessionnel : un amour qui survit à la mort et tourne à la fixation. Le poème n'explique pas la douleur, il la fait entendre.

  2. 02Analyser la répétition

    La reprise insistante du nom « Annabel Lee » et du refrain « in this kingdom by the sea » (repetition, refrain) mime la pensée tournée en boucle du endeuillé : la forme imite l'incapacité à se détacher de la perte.

  3. 03Analyser le rythme et le son

    Le balancement régulier des vers et les sonorités liquides (the rhyme, the lulling rhythm) créent une mélodie funèbre, presque berceuse, qui esthétise la douleur — c'est la sublimation de l'émotion par la musique du vers.

  4. 04Relier au sujet de l'axe

    Le deuil devient ici matériau d'une identité poétique : le « je » se définit tout entier par sa fidélité à la morte. L'expression de l'émotion construit le sujet.

Résultat : Dans « Annabel Lee », la répétition du nom et du refrain ainsi que le rythme lancinant transforment le deuil en mélodie obsédante : la forme sonore FABRIQUE la douleur et la sublime, et le « je » se construit tout entier autour de cette perte — exemple type d'émotion romantique exacerbée.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir définir romantisme, transcendantalisme et expressionnisme sans les confondre, avec au moins un nom et une date pour chacun.
  • Objectif Bac : être capable de citer la définition de Wordsworth (« emotion recollected in tranquillity ») et d'en tirer que le romantisme met l'émotion en FORME au lieu de l'épancher.
  • Objectif Bac : savoir relier un procédé formel précis (image, mètre, allitération, tiret, refrain) à l'émotion produite, dans une phrase d'analyse rédigée en anglais.
  • Objectif Bac : être capable d'opposer une expression débordante (Poe, Emily Brontë) et une expression comprimée (Emily Dickinson), et de dire quel « moi » chacune construit.
  • Objectif Bac : savoir sortir du romantisme quand le dossier l'exige — Dickinson, Plath, le stream of consciousness de Joyce ou de Woolf relèvent du même axe.

Erreurs fréquentes

  • Employer « romantique » au sens courant (sentimental, amoureux) : en anglais, « a Romantic poet » avec majuscule désigne le mouvement ; « a romantic dinner » désigne le dîner en amoureux. Les deux ne se rencontrent jamais dans la même phrase.
  • Paraphraser le poème (« the poet is sad ») au lieu d'analyser : montrer comment le rythme, le son ou l'image construisent le deuil ou la joie.
  • « Poetry » est indénombrable : jamais « a poetry » ni « poetries ». Écrire « a poem », « two poems », « Romantic poetry ».
  • Confondre le transcendantalisme américain et le romantisme britannique : Emerson et Thoreau écrivent en prose, en Nouvelle-Angleterre, une génération après les Lakistes.
  • Analyser au prétérit : l'analyse d'un texte se conduit au présent (« the speaker recalls », « the poem opens on »), le prétérit étant réservé aux faits d'histoire littéraire (« Wordsworth published the poem in 1807 »).

§ 02

Révision active

Compare two short poems on grief or love (e.g. Poe's « Annabel Lee » and a poem by Emily Dickinson) in about 180 English words: which emotion does each express, by which formal devices, and how exacerbated or restrained is the expression in each case?

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

Cinéma, danse, peinture, art vidéo : l'émotion par-delà les mots#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Le programme insiste : il ne faut PAS limiter l'axe à la littérature, car ce sont « les arts en général » qui apportent leur contribution à l'expression des émotions et à la construction d'une identité individuelle et collective. Un dossier d'épreuve croise volontiers un texte et un document iconographique ou filmique.
Cinéma : le cinéma de Jane Campion « ne recule pas devant l'expression d'une véritable violence émotionnelle » qui malmène ses personnages féminins mais contribue aussi à les construire. Procédés filmiques à repérer en anglais : framing, close-up, lighting, colour, editing / pacing, music and sound, point of view — le langage de l'image porte l'émotion.
Danse : l'art chorégraphique exploite les émotions « à divers titres et de façon plus ou moins expressive » et offre une entrée sensible vers des aspects culturels propres à différentes nations et époques. Repères du programme : les danses traditionnelles amérindiennes et les chorégraphies de Martha Graham (pionnière de la modern dance, dont le mouvement traduit la tension intérieure).
Peinture et art vidéo : les arts picturaux et narratifs peuvent se rejoindre dans une véritable « cosmogonie » faite d'émotions, de mémoire et de sentiments — le programme cite le « Dreamtime » des aborigènes australiens : l'émotion s'y lie alors à une forme de spiritualité, comme dans les installations vidéo de Bill Viola (temps ralenti, eau, lumière, naissance et mort).
Polarité de l'intensité dans les arts visuels : la peinture peut chercher l'émotion la plus violente (J. M. W. Turner, Francis Bacon : déformation, matière, lumière) ou des émotions plus RETENUES qui n'en sont pas moins des œuvres fortes participant d'une construction identitaire (Mary Cassatt, Edward Hopper, Grant Wood — solitude, intimité, contemplation discrète).
Chaque art impose son propre lexique d'analyse, et l'employer est la moitié de la note. Au cinéma : shot scale (long shot, medium shot, close-up), camera movement, editing et pacing, diegetic ou non-diegetic sound, colour palette, point of view. « The Piano » de Jane Campion (1993), film inscrit sur la liste du programme limitatif en vigueur pour les années scolaires 2026-2027 et 2027-2028, en fait la démonstration : Ada est muette, l'émotion passe donc entièrement par les mains, l'instrument, le cadre et la lumière. Une héroïne sans parole est le meilleur cas d'école de l'axe.
En peinture, nommez composition, brushwork, palette, light and shadow, negative space — et souvenez-vous que le vide est un procédé : « Nighthawks » d'Edward Hopper (1942) n'a pas de porte, la vitre sépare, la rue est déserte ; la solitude y est construite par la géométrie, non déclarée. En danse, la technique de Martha Graham porte le nom même de son moteur émotionnel, contraction and release — le souffle qui se retire puis se rend. Et l'art vidéo de Bill Viola étire le temps jusqu'à rendre lisible une émotion qui, à vitesse réelle, passerait inaperçue. Placez chaque œuvre sur le spectre de l'intensité (voir Fig. 3) avant de comparer : c'est la confrontation qui produit l'analyse, jamais la description.

L'émotion dans les arts visuels : un spectre de l'intensité

Émotion exacerbée ↔ retenueDroite numérique, Bacon, Turner · Campion, Graham · Viola, Cassatt, HopperBaconTurner · CampionGraham · ViolaCassattHopper
Fig. 3Un spectre de l’intensité dans les arts visuels anglophones, de l’émotion EXACERBÉE (violence, douleur — Bacon, Turner, le cinéma de Campion, Graham, Bill Viola) à l’émotion RETENUE (intimité, contemplation — Cassatt, Hopper). Une émotion retenue peut être tout aussi forte et identitaire.
Fig. 3 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • a close-up/ˈkləʊs ʌp/un gros plan« An extreme close-up » = un très gros plan ; le plan de l'émotion par excellence au cinéma.
  • a still/stɪl/un photogramme, un arrêt sur imageLe document iconographique d'un dossier est souvent un film still : le nommer correctement pose le registre d'analyse.
  • framing/ˈfreɪmɪŋ/le cadrageCe que le cadre inclut et surtout ce qu'il exclut ; premier procédé à interroger devant une image.
  • chiaroscuro/kiˌɑːrəˈskʊərəʊ/le clair-obscurContraste tranché entre ombre et lumière ; utilisable en peinture comme au cinéma.
  • brushwork/ˈbrʌʃwɜːk/la touche, la facture« Visible brushwork » = une touche apparente, qui rend le geste du peintre lisible et donc chargé d'affect.
  • a score/skɔː/la musique de film, la partition« A non-diegetic score » = une musique que les personnages n'entendent pas ; l'outil émotionnel le plus direct du cinéma.
Exemple corrigé

Analyser une émotion retenue dans un tableau de Hopper

Edward Hopper's paintings often show a single figure alone by a window in a bare, light-filled room, looking away from the viewer. In English, analyse the emotion conveyed and the pictorial devices that build it, then say what sense of self it expresses.

  1. 01Nommer l'émotion

    L'émotion dominante n'est pas violente mais RETENUE : une solitude paisible et mélancolique, une attente silencieuse (quiet solitude, introspection). L'œuvre exprime un sentiment contenu, non un débordement.

  2. 02Analyser la composition et la lumière

    Le cadrage isole une figure unique dans un espace dépouillé ; la lumière nette qui entre par la fenêtre (the stark light, the bare composition) crée une atmosphère suspendue. Le vide autour du personnage matérialise l'isolement.

  3. 03Analyser le regard et le point de vue

    La figure détourne le regard, refusant le contact (the figure looks away) : le spectateur observe sans entrer dans l'intimité, ce qui renforce la distance et la réserve émotionnelle.

  4. 04Relier à la construction de soi

    Cette émotion contenue dit une identité moderne, urbaine, marquée par l'isolement et l'introspection : selon le programme, une émotion retenue n'en constitue pas moins une œuvre forte et une construction identitaire singulière.

Résultat : Par un cadrage isolant, une lumière crue et un regard détourné, Hopper exprime une solitude RETENUE plutôt qu'un débordement : l'émotion contenue suffit à construire une identité moderne marquée par l'introspection — démonstration que la force d'une œuvre ne tient pas à l'intensité affichée du sentiment.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser un document non littéraire avec le lexique de SON art (framing, editing, brushwork, choreography) et non avec celui du texte.
  • Objectif Bac : être capable de dire par quel procédé visuel ou sonore précis l'émotion est produite, au lieu de décrire ce que la scène ou le tableau représente.
  • Objectif Bac : savoir mettre en relation un art visuel et un texte autour d'une même émotion dans une synthèse problématisée.
  • Objectif Bac : être capable de défendre qu'une émotion retenue (Hopper, Cassatt) construit une identité aussi fortement qu'une émotion violente (Turner, Bacon).
  • Objectif Bac : savoir citer, pour la danse et l'art vidéo, un repère précis du programme (Martha Graham, les danses traditionnelles amérindiennes, le Dreamtime aborigène, Bill Viola) plutôt que de rester dans le général.

Erreurs fréquentes

  • Décrire un tableau ou un photogramme « comme un texte » : chaque art a ses procédés propres — composition, framing, colour, light — et il faut les nommer en anglais.
  • Opposer mécaniquement émotion violente = œuvre forte et émotion retenue = œuvre faible : Hopper et Cassatt prouvent le contraire, et le programme le souligne.
  • Écrire « picture » pour tout : « a painting » (un tableau), « a still » (un photogramme), « a shot » (un plan), « a frame » (une image) — quatre mots pour quatre objets différents.
  • Confondre « scene » et « shot » : une scene est une unité d'action, un shot une unité de tournage. Écrire « in the opening shot » quand on parle d'un plan.
  • Écrire « the painting feels sad » (registre parlé) : préférer « the painting conveys a muted sadness » ou « the composition makes the isolation palpable ».

§ 03

Révision active

Choose one anglophone visual work that conveys a violent emotion (e.g. a Francis Bacon painting or a Jane Campion film still) and one that conveys a restrained emotion (e.g. an Edward Hopper painting). In about 180 English words, analyse the devices each uses and what sense of self each expresses.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

Art oratoire et théâtre : émettre et faire éprouver l'émotion#

~6 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Le programme le rappelle : l'art oratoire (oratory) ne peut être oublié, « tant il est par nature sur l'expression des émotions de l'orateur ET de l'auditeur à sa réception ». L'émotion y est donc DOUBLE : exprimée par celui qui parle, et éprouvée par celui qui écoute (the speaker's pathos and the audience's response).
Repères oratoires du programme : le discours « I have a dream » de Martin Luther King et l'annonce, par Robert F. Kennedy, de la mort de King (« Statement on the Assassination of Martin Luther King »). Procédés rhétoriques à nommer en anglais : repetition / anaphora, rhythm, imagery, direct address (« you »), appeal to emotion (pathos) — l'émotion partagée fonde une identité collective.
Théâtre : certains grands monologues de Shakespeare (dans « Hamlet » ou « Romeo and Juliet ») sont par excellence des lieux d'expression de l'émotion de l'orateur et de l'auditeur. La parole dite, adressée, fait éprouver le doute, la passion ou le désespoir au spectateur (the soliloquy as a window onto inner feeling).
Théâtre expressionniste : le programme cite le théâtre « expressionniste » d'Eugene O'Neill et de Tennessee Williams, qui poussent loin la recherche des émotions les plus intenses ou les plus violentes — de la douleur à l'épiphanie. La déformation expressive (intensité du dialogue, tension, didascalies) traduit une vérité intérieure.
Notion-clé de l'axe : la « dimension EXISTENTIELLE » de l'expression des émotions est centrale (terme du programme). Exprimer une émotion intense, c'est interroger ce que c'est qu'exister, souffrir, désirer — d'où le lien constant avec la construction d'une identité, individuelle (le « je » du monologue) comme collective (le « nous » du discours).
Le second exemple oratoire du programme est le plus fort : le 4 avril 1968, à Indianapolis, Robert F. Kennedy annonce à une foule majoritairement noire, qui ne le sait pas encore, l'assassinat de Martin Luther King. Il parle sans texte préparé, évoque pour la première fois en public le meurtre de son propre frère et cite Eschyle (« pain which cannot forget falls drop by drop upon the heart »). L'émotion n'y est pas un effet ajouté : elle est l'objet du discours, et elle circule dans les deux sens (voir Fig. 4). La ville resta calme cette nuit-là quand d'autres brûlaient : un orateur peut faire éprouver pour retenir, autant que pour entraîner.

L'émotion oratoire : une émotion partagée (orateur ↔ auditoire)

L’émotion oratoire : un circuit à deux sensGraphe, Orateur · met en forme → Auditoire · éprouve, Auditoire · éprouve → Orateur · met en forme, Anaphore, adresse → Orateur · met en forme, Orateur · met en forme → Identité collective, Auditoire · éprouve → Identité collectiveOrateur · meten formeAuditoire ·éprouveAnaphore,adresseIdentitécollectivepathosadhésion,clameur
Fig. 4L’émotion oratoire circule dans les deux sens : l’orateur la met en forme (anaphore, adresse directe, image), l’auditoire l’éprouve et la lui renvoie — c’est la flèche de retour, en pointillé, qui fait la différence avec un texte lu seul. De ce circuit naît une identité collective (« I have a dream ») ; le monologue de Hamlet, privé d’auditoire, n’en construit qu’une individuelle.
Fig. 4 ↓
Trois termes de théâtre à ne jamais confondre : a SOLILOQUY (le personnage est seul en scène et pense à voix haute — « To be, or not to be »), a MONOLOGUE (une longue prise de parole devant d'autres personnages), an ASIDE (l'aparté, adressé au public et censé n'être pas entendu des autres). Le soliloque ouvre le for intérieur au spectateur, qui devient confident.
Chez O'Neill et Williams, l'expressionnisme est dans les didascalies autant que dans le dialogue : « The Emperor Jones » (Eugene O'Neill, 1920) fait battre un tam-tam qui accélère jusqu'à la fin, et la peur devient son ; « The Glass Menagerie » (Tennessee Williams, 1944) s'annonce comme une pièce-souvenir — « The play is memory… it is not realistic » — et justifie ainsi ses éclairages et sa musique. La déformation n'est pas un défaut de vraisemblance : elle est l'argument.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a soliloquy/səˈlɪləkwi/un soliloqueLe personnage est seul en scène : c'est la condition du terme. Devant d'autres personnages, on dit a monologue.
  • an aside/əˈsaɪd/un apartéAdressé au public et censé n'être pas entendu des autres personnages ; crée une complicité immédiate.
  • a stage direction/steɪdʒ dɪˈrekʃn/une didascalieChez Tennessee Williams, les didascalies portent l'émotion autant que le dialogue : ne jamais les sauter.
  • pathos/ˈpeɪθɒs/le pathétiqueAttention au faux ami : le « pathos » français connote l'excès, alors que l'anglais critique est neutre.
  • to move an audience/muːv/émouvoir un auditoire« The speech moved the crowd to tears » ; adjectif : moving. Le verbe exact de l'émotion reçue.
  • an outpouring/ˈaʊtpɔːrɪŋ/un épanchement, un déferlement« An outpouring of grief » se dit d'une émotion collective : le mot juste pour l'identité que fonde le deuil partagé.
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Exemple corrigé

Analyser l'émotion partagée d'un discours (anaphore)

In « I have a dream » (M.L. King, 1963), the orator repeats « I have a dream that… » at the start of successive sentences before a vast crowd. In English, analyse how the speech expresses emotion in both speaker and audience, and what identity it builds.

  1. 01Repérer le procédé dominant

    Le procédé central est l'anaphore (anaphora) : la répétition de « I have a dream that… » en tête de phrases successives. La structure répétitive crée un rythme montant, presque incantatoire, qui porte l'émotion.

  2. 02Analyser l'émotion de l'orateur

    L'anaphore exprime l'espérance et la conviction de l'orateur (hope, faith, determination) : chaque reprise renforce l'intensité du sentiment et fait de la parole une profession de foi.

  3. 03Analyser l'émotion de l'auditoire

    Le rythme et l'adresse à la foule (the crescendo, the shared rhythm) entraînent l'auditoire : l'émotion se communique et se partage en temps réel. C'est la dimension réceptive de l'art oratoire que souligne le programme.

  4. 04Relier à l'identité collective

    Le « dream » répété fédère un « nous » : l'émotion partagée construit une identité collective (la communauté des droits civiques) autour d'un espoir commun. L'expression de l'émotion devient acte fondateur d'un groupe.

Résultat : Par l'anaphore « I have a dream that… », le discours exprime l'espérance de l'orateur ET la fait éprouver à la foule dans un crescendo partagé : l'émotion, communiquée en temps réel, fonde une identité collective — illustration de la double émotion (orateur ↔ auditoire) propre à l'art oratoire.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir montrer la double émotion d'un discours — celle de l'orateur et celle de l'auditoire — et nommer le procédé qui fait passer l'une dans l'autre.
  • Objectif Bac : être capable de distinguer soliloquy, monologue et aside, et d'employer le terme exact devant un extrait de théâtre.
  • Objectif Bac : savoir relier une émotion partagée à une identité collective (le « we » du discours) et une émotion intime à une identité individuelle (le « I » du soliloque).
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer ce que l'expressionnisme théâtral déforme et pourquoi (O'Neill, Williams), sans le confondre avec le drame réaliste.
  • Objectif Bac : savoir mobiliser la « dimension existentielle » que nomme le programme — dire ce que l'émotion intense révèle de la condition du personnage, et pas seulement de son humeur.

Erreurs fréquentes

  • Analyser un discours comme un simple texte d'idées : un discours vise à FAIRE ÉPROUVER (espoir, indignation, deuil) autant qu'à convaincre, et cette visée performative doit être nommée.
  • Confondre théâtre expressionniste et drame réaliste : l'expressionnisme déforme pour intensifier (tension extrême, symbolisme, éclairage) ; il ne cherche pas la vraisemblance mais la vérité intérieure.
  • Appeler « monologue » le « To be, or not to be » de Hamlet : c'est un soliloquy, puisque le personnage est seul en scène.
  • Écrire « the public » pour l'auditoire d'un discours ou la salle d'un théâtre : le mot est « the audience » ; « the public » désigne l'opinion publique.
  • Le calque « to assist to a play » : on écrit « to attend a play » ou « to see a play ». « To assist » signifie aider.

§ 04

Révision active

Take an excerpt from M.L. King's « I have a dream » and a short Shakespearean soliloquy (e.g. Hamlet's « To be, or not to be »). In about 200 English words, compare how each expresses emotion in both speaker and listener, and which identity — collective or individual — each builds.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Méthode : dire l'émotion avec justesse en anglais — richesse lexicale, nuance et les deux parties de l'épreuve#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-llcer-anglais

Plan de synthèse pour un dossier « l’expression des émotions »

Plan de synthèse — « l’expression des émotions »Graphe, Poème → Problématique, Tableau / image → Problématique, Film → Problématique, Problématique → Quelle émotion, Problématique → Par quels procédés, Problématique → Quelle identité, Quelle émotion → Conclusion = réponse, Par quels procédés → Conclusion = réponse, Quelle identité → Conclusion = réponsePoèmeTableau /imageFilmProblématiqueQuelleémotionPar quelsprocédésQuelleidentitéConclusion = réponse
Fig. 5Une synthèse n’est pas un résumé document par document : les documents du dossier convergent vers une problématique, que trois axes de confrontation développent — ici l’émotion représentée, les moyens de sa mise en forme, ce qu’elle construit — avant une conclusion qui répond à la problématique.

Points clés

Sur cet axe, la note se perd rarement sur les idées : elle se perd sur le mot. Un candidat qui écrit quatre fois « sad » là où l'œuvre passe du chagrin à la stupeur puis à la fureur a compris le dossier et l'a mal rendu. La grille d'évaluation annexée à la note de service attend, au niveau le plus haut, un vaste répertoire lexical incluant des expressions idiomatiques et des nuances de formulation ; le palier B1 s'y reconnaît à ce que l'étendue lexicale nécessite l'usage de périphrases et de répétitions.
La structure de l'épreuve, pour savoir où va cet effort. Deux parties, une écrite et une orale, chacune pour la MOITIÉ de la note ; coefficient 16 pour la spécialité. À l'écrit — 3 h 30, sur 20 — on choisit entre DEUX sujets, portant sur deux des trois thématiques. La synthèse vaut 16 points : dossier de trois ou quatre documents adossés à UNE thématique, 4 000 à 5 000 signes cumulés, un texte littéraire obligatoire, environ 500 mots à produire, guidés par deux ou trois questions ou consignes. La traduction ou transposition en français vaut 4 points. Dictionnaire unilingue non encyclopédique autorisé ; niveau attendu B2/C1.
Deux précisions qui changent la préparation. La synthèse PEUT être complétée par un écrit complémentaire de type argumentatif, l'ensemble n'excédant pas 500 mots : l'essai n'est donc pas un second devoir, c'est une part du même budget de mots. Et pour la partie sur 4 points, ce n'est pas le candidat qui choisit : le sujet précise s'il faut traduire un passage d'environ 500 signes ou transposer, c'est-à-dire rendre compte en français des idées principales d'un texte. Les deux gestes se préparent.
Le lexique de l'affect se révise comme des verbes irréguliers, en trois familles. Les émotions différenciées : grief / sorrow / sadness, awe / wonder, longing / yearning / nostalgia, indignation / anger / rage. Les verbes d'analyse : to convey, to evoke, to render, to channel, to withhold, to understate. Les adjectifs d'intensité : poignant, harrowing, overwhelming, muted, restrained, understated. Une expression idiomatique bien placée — « a lump in the throat », « to bottle up one's feelings », « raw grief » — pèse plus que trois adjectifs empilés.
Comment on sort du plafond des périphrases et des répétitions : on remplace la périphrase par le mot (« a feeling of being very sad because someone has died » devient grief), la répétition par la variation de degré (sadness, melancholy, despair), et l'intensificateur passe-partout par le collocatif juste (very sad devient heart-rending). Réservez une relecture entière à cet objectif : entourez chaque « very », chaque « a lot of », chaque « thing », et remplacez-les.
En version, l'écueil que la grille nomme est le CALQUE : une traduction claire « mais trop calquée sur le texte original » plafonne, tandis que le niveau supérieur transmet aussi les implications du texte. Concrètement : « She was overwhelmed with grief » ne devient pas « Elle était submergée avec le chagrin » mais « Le chagrin la submergeait ». Un verbe fort reste fort, et l'ordre des mots redevient français. Relisez toujours la version SANS l'anglais sous les yeux : si elle ne se lit pas comme du français, elle est calquée.

Vocabulaire

→ Cartes
  • poignant/ˈpɔɪnjənt/poignant, déchirantSe dit d'une émotion contenue mais aiguë ; le g ne se prononce pas. Adverbe : poignantly.
  • harrowing/ˈhærəʊɪŋ/éprouvant, atrocePour un récit ou une expérience insoutenable : « a harrowing account of the crossing ».
  • to understate/ˌʌndəˈsteɪt/atténuer, dire en deçàUnderstated = tout en retenue. Le mot exact du pôle « émotion retenue » de l'axe.
  • overwhelming/ˌəʊvəˈwelmɪŋ/accablant, écrasantConstructions à retenir : to be overwhelmed WITH grief, to be overwhelmed BY emotion.
  • to bottle up/ˈbɒtl ʌp/refouler, garder pour soiExpression idiomatique : « he bottles up his grief ». C'est exactement le type d'idiome que la grille valorise.
  • bittersweet/ˌbɪtəˈswiːt/doux-amerPour une émotion double : « a bittersweet ending ». Un seul mot là où le français en demande deux.
Exemple corrigé

Faire monter une phrase du B1 au C1 sans la gonfler

A candidate writes: « The poem is very sad and the reader feels sad too because the poet lost someone. » Rewrite it three times, each time gaining one band, and name what you changed.

  1. 01Diagnostiquer, pas juger

    La phrase n'est pas fausse : elle est pauvre. La grille décrit exactement ce plafond — un lexique dont l'étendue « nécessite l'usage de périphrases et de répétitions ». Ici « sad » sert deux fois et « feels sad » paraphrase « is sad ».

  2. 02Remplacer la répétition par une nuance

    « The poem is elegiac rather than merely mournful, and it draws the reader into that grief. » On a gagné un mot précis (elegiac), une distinction (rather than merely) et un verbe qui décrit un effet plutôt qu'un état (draws … into).

  3. 03Nommer le moyen, pas seulement l'effet

    « The elegiac tone is sustained by the poem's falling rhythms and its refusal of a consoling last line. » L'émotion est désormais rattachée à un procédé repérable dans le texte : c'est ce que la grille appelle un écrit « étayé ».

  4. 04Ajouter la réserve qui fait le C1

    « Admittedly the grief is never named as the poet's own — which is precisely what keeps the elegy from turning into confession. » La restriction concédée puis retournée est la marque de l'argumentation complexe ; elle vaut mieux qu'une accumulation d'adjectifs.

  5. 05Vérifier qu'on n'a pas seulement allongé

    Relire en supprimant tout adjectif qui ne s'appuie sur rien dans le texte. Un écrit plus long mais toujours répétitif ne change pas de bande ; ce qui fait monter, c'est la précision lexicale, la nuance et l'articulation, pas le volume.

Résultat : Trois réécritures font passer d'un constat d'humeur à une analyse étayée et nuancée. La règle tient en une ligne : un mot juste, un procédé nommé, une réserve assumée — et jamais deux fois le même adjectif.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir énoncer la structure complète de l'épreuve — deux parties, écrite et orale, à parts égales ; écrit de 3 h 30 sur 20 ; synthèse sur 16 points ; traduction ou transposition sur 4.
  • Objectif Bac : être capable de tenir environ 500 mots au total, écrit complémentaire argumentatif compris, sans dépasser ni sacrifier la conclusion.
  • Objectif Bac : savoir préparer les DEUX gestes de la partie sur 4 points, puisque le sujet impose la traduction ou la transposition et que le candidat ne choisit pas.
  • Objectif Bac : être capable de nommer une émotion par le mot exact plutôt que par une périphrase, et de varier le degré (sadness, melancholy, despair) au lieu de répéter le même adjectif.
  • Objectif Bac : savoir rendre une phrase affective en français idiomatique sans calque — réordonner la phrase, choisir le verbe français fort, conserver la litote ou l'hyperbole du texte source.

Erreurs fréquentes

  • Écrire quatre fois « sad » ou « very moving » : la grille de langue nomme précisément ce plafond, celui des périphrases et des répétitions. À la relecture, entourer chaque « very » et le remplacer par un adjectif juste (heart-rending, harrowing, muted).
  • Croire qu'on choisit entre traduction et transposition : c'est le sujet qui l'indique, et un candidat préparé à un seul des deux gestes perd les 4 points.
  • Dépasser les 500 mots parce qu'on a ajouté l'écrit complémentaire : synthèse et complément confondus, l'ensemble n'excède pas 500 mots.
  • Calquer en version : « She was overwhelmed with grief » rendu par « Elle était submergée avec le chagrin ». Écrire « Le chagrin la submergeait » — le français change l'ordre et la construction.
  • Confondre transposition et résumé libre : la transposition rend compte en français des idées principales du texte, sans commentaire personnel, sans ajout et sans jugement.

§ 05

Révision active

Choose an English passage of about 500 characters in which a character is overwhelmed by an emotion, or deliberately withholds one. First translate it into idiomatic French, reordering clauses where French demands it and keeping every strong verb strong. Then write about 120 English words explaining the two choices you made in order to avoid a calque, and naming the one English word you could not render exactly in French, and what you did instead.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Définition de l'épreuve terminale de spécialité LLCER — version consolidée mai 2024 (note de service du 23-7-2020, NOR MENE2019311N, modifiée les 26-9-2023 et 5-12-2023) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01L'émotion, terreau et matériau de l'œuvre et de l'identité○
    • 02Romantisme, transcendantalisme et poésie : l'émotion en mots◐
    • 03Cinéma, danse, peinture, art vidéo : l'émotion par-delà les mots◐
    • 04Art oratoire et théâtre : émettre et faire éprouver l'émotion●
    • 05Méthode : dire l'émotion avec justesse en anglais — richesse lexicale, nuance et les deux parties de l'épreuve●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

L'expression des émotions

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~34
min
4
Compétences
17
questions
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019)

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Définition de l'épreuve terminale de spécialité LLCER — version consolidée mai 2024 (note de service du 23-7-2020, NOR MENE2019311N, modifiée les 26-9-2023 et 5-12-2023)

Voir aussi

  • La mise en scène de soiExprimer une émotion et se construire une figure publique sont deux gestes voisins et distincts.
  • L'art du débatLe pathos comme ressort rhétorique, du monologue shakespearien au discours politique.
  • Initiation et apprentissageLe roman de formation est traversé d'émotions qui font passer d'un âge à l'autre.

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L'art du débat

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La mise en scène de soi

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