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Fiches/LLCER Anglais — Langues, littératures et cultures étrangères et régionales/L'art du débat
FR · Bac

L'art du débat

Troisième axe de la thématique « Arts et débats d'idées » du programme de terminale LLCER anglais (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019). Là où « Art et contestation » étudie l'œuvre qui attaque un ordre établi et « L'art qui fait débat » l'œuvre qui divise, cet axe porte sur la PAROLE elle-même : la rhétorique, à double tranchant, qui sert tantôt à convaincre et à entraîner un auditoire (Churchill, Susan B. Anthony, John F. Kennedy, Martin Luther King), tantôt à manipuler ou à faire de la propagande (Marc Antoine dans « Julius Caesar », Old Major et Squealer dans « Animal Farm », « The Great Dictator »), ainsi que la joute verbale élevée au rang d'art, avec ses codes, ses rituels et son esprit — de Jane Austen au prétoire, du filibuster aux battles de hip-hop. C'est aussi l'axe où l'on apprend l'exercice qui pèse la moitié de la note de spécialité : les vingt minutes d'oral, en anglais, sans préparation.

5 sections·~37 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·0333 / 9
Profil d’examen
LLCER-ADD-1 · Analyser en anglais les procédés rhétoriques d'un discours, d'un débat ou d'un texte du monde anglophone (ethos, pathos, logos ; figures et structure) et expliquer comment ils visent à convaincre, émouvoir ou manipulerLLCER-ADD-2 · Mettre en relation des documents de natures et d'époques différentes autour de l'axe « L'art du débat » dans une synthèse problématisée (discours politique, scène théâtrale, plaidoirie, joute verbale)LLCER-ADD-3 · Mobiliser des œuvres, discours et références culturelles précises du monde anglophone pour étayer une argumentation nuancée sur le pouvoir, et le danger, de la paroleLLCER-ADD-4 · Rédiger en anglais une synthèse structurée (env. 500 mots) et traduire ou transposer fidèlement un passage anglais en français (niveau C1)
Opérateurs :analysermettre en relationproblématiserargumenter / discuterjustifiersynthétisertraduire / transposer

niveau de base

Maîtrisez le triangle rhétorique (ethos, pathos, logos) et le lexique du discours en anglais (to persuade, to address an audience, rhetorical device, rousing speech), et sachez repérer ces procédés dans un grand discours anglophone comme dans une scène manipulatrice.

niveau approfondi

Construisez une problématique qui confronte plusieurs documents et époques, distinguez nettement la rhétorique qui ÉCLAIRE (convaincre par la raison et l'émotion légitime) de celle qui MANIPULE (propagande, démagogie), analysez la mécanique des figures et soignez une langue C1 dans la synthèse comme dans la traduction.

Profondeur

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Sommaire · 5 sections▾
  1. L'art du débat
    • 01La rhétorique, art à double tranchant : ethos, pathos, logos et les codes du débat○
    • 02La parole qui éclaire : grands discours anglophones qui convainquent et entraînent◐
    • 03La parole qui manipule : rhétorique, démagogie et propagande◐
    • 04La joute verbale élevée au rang d'art : esprit, repartie, prétoire et débat contradictoire●
    • 05Méthode : l'épreuve orale — 20 minutes sans préparation, le dossier personnel et l'oral de contrôle●

5 sections · 25 points clés · 0 formule · 25 pièges signalés

§ 01
§ 01

La rhétorique, art à double tranchant : ethos, pathos, logos et les codes du débat#

~7 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

L'axe « L'art du débat » ne porte ni sur l'œuvre qui conteste un pouvoir (« Art et contestation ») ni sur l'œuvre qui divise (« L'art qui fait débat »), mais sur la PAROLE comme art : la rhétorique, c'est-à-dire l'art de bien parler pour convaincre. Le programme insiste sur son caractère à double tranchant — « the mastery of words can be a double-edged sword » : elle sert aussi bien à éclairer et à entraîner un auditoire qu'à manipuler ou à propager le mensonge.
Le triangle rhétorique, hérité d'Aristote et toujours opérant, structure toute analyse de discours : ETHOS (l'autorité et la crédibilité de l'orateur — « I have a dream » repose sur l'autorité morale de King) ; PATHOS (l'émotion suscitée chez l'auditoire — peur, espoir, indignation) ; LOGOS (la logique, les faits et les arguments). Un grand discours dose les trois ; une manipulation gonfle souvent le pathos au détriment du logos.
Le débat, dans le monde anglophone, est un art codifié, avec ses rituels et son jeu : la tradition du parliamentary debate (Westminster, débats contradictoires), du courtroom (la joute des avocats), de la public-speaking class et des debating societies (clubs de débat des écoles et universités, à l'origine de beaucoup d'orateurs britanniques et américains). Débattre s'apprend, comme un sport de l'esprit.
Procédés rhétoriques à savoir nommer EN ANGLAIS et repérer : anaphora (répétition en tête — « We shall fight… »), rhetorical question, tricolon / rule of three, antithesis, parallelism, metaphor, direct address (« my friends »), inclusive « we », appeal to emotion / to reason / to authority. Savoir nommer le procédé NE SUFFIT PAS : il faut dire QUEL EFFET il vise sur l'auditoire.
Vocabulaire critique à maîtriser : rhetoric, oratory, a speech / an address, to deliver a speech, to persuade / to convince / to sway an audience, rhetorical device, eloquence, a rousing/stirring speech, debate, to argue a case, propaganda, demagogue. Distinguer convaincre (par la raison) et persuader (par l'émotion), et garder le mot « rhetoric » neutre — il n'est péjoratif qu'en contexte.
Le triangle (voir Fig. 1) n'est pas une grille à cocher : c'est le DOSAGE qui se juge, et il dépend de la situation d'énonciation. Les rhéteurs grecs appelaient kairos le moment opportun. Churchill s'adresse d'abord aux Communes, puis, par la radio, à un pays entier ; King parle depuis les marches du Lincoln Memorial dans une syntaxe de prêche que son auditoire reconnaît d'instinct ; un avocat ne soulève pas douze jurés comme on soulève une foule. Avant toute analyse de forme, trois questions : qui écoute, où, et de quoi cet auditoire est-il déjà persuadé ?

Le triangle rhétorique : ethos, pathos, logos

Le triangle rhétoriqueroue segmentée, 3 segments, Données: Discours convaincant, Ethos, Pathos, LogosEthoscrédibilitéPathosémotionLogoslogiqueDiscours convaincant
Fig. 1Le triangle rhétorique (Aristote) : ETHOS (l’autorité et la crédibilité de l’orateur), PATHOS (l’émotion suscitée chez l’auditoire), LOGOS (la logique et les arguments). Un grand discours dose les trois ; une manipulation gonfle le pathos au détriment du logos.
Fig. 1 ↓
Le passage du repérage à l'analyse tient dans une phrase-type qu'il faut savoir écrire en anglais : « By repeating 'we shall fight', Churchill turns a military bulletin into a collective vow. » Sujet = l'orateur, verbe = ce que le procédé FAIT, complément = l'effet visé. Trois phrases de ce moule pèsent plus qu'une liste de figures repérées.

Vocabulaire

→ Cartes
  • oratory/ˈɒrətri/l'art oratoireLe mot couvre à la fois l'art et la pratique du discours ; ne jamais le rendre par « oratoire » seul.
  • an audience/ˈɔːdiəns/un auditoire, un publicLe mot juste pour ceux qui écoutent un discours ; « the public » désigne l'opinion, pas la salle.
  • anaphora/əˈnæfərə/l'anaphoreRépétition en tête de segment. Toujours dire ce qu'elle martèle, pas seulement qu'elle est là.
  • a tricolon/traɪˈkəʊlɒn/un rythme ternaireTrois membres de longueur croissante ; le procédé de mémorisation le plus courant du discours anglophone.
  • to sway/sweɪ/faire basculer, entraîner« To sway an audience » est plus fort que « to persuade » : l'auditoire change de camp.
  • to hedge/hedʒ/nuancer, prendre des précautions oratoiresUtile pour décrire un orateur prudent — et pour écrire soi-même la nuance qu'attend le niveau C1.
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Exemple corrigé

Situer un extrait de discours dans le triangle rhétorique

Read this closing of a (fictional) campaign speech: « I have stood where you stand. I have known the cold of an empty pantry and the fear of a closing factory. The figures are plain: one in five of our children goes to bed hungry. We can change this — and we will. » In English, identify the dominant appeal and name two devices with their effect.

  1. 01Repérer l'ethos

    « I have stood where you stand… I have known the cold of an empty pantry » : l'orateur construit sa crédibilité en se présentant comme issu du même monde que l'auditoire (shared experience) — c'est un appel à l'ETHOS, qui établit l'autorité morale du locuteur.

  2. 02Repérer le pathos

    « the cold of an empty pantry », « the fear of a closing factory », « one in five of our children goes to bed hungry » : des images concrètes de privation visent l'émotion (peur, compassion) de l'auditoire — c'est le PATHOS, ici le ressort dominant.

  3. 03Repérer le logos

    « The figures are plain: one in five… » : la statistique donne un vernis de preuve et de raison (LOGOS), mais elle est mince et au service de l'émotion plutôt que d'une démonstration — un discours politique typique penche vers ethos + pathos.

  4. 04Nommer les procédés et leur effet

    Le parallélisme « I have stood… I have known… » martèle l'expérience partagée et installe l'ethos ; le tricolon implicite (pantry / factory / children) accumule les images de détresse pour amplifier le pathos ; la formule finale « We can change this — and we will » use du « we » inclusif et d'une antithèse can/will pour transformer l'émotion en élan d'action.

Résultat : L'extrait repose surtout sur l'ETHOS (l'orateur « comme vous ») et le PATHOS (images de privation, statistique émouvante), le LOGOS restant accessoire. Le parallélisme installe la crédibilité, le tricolon amplifie l'émotion, et le « we » inclusif final convertit cette émotion en promesse d'action : analyser un discours, c'est nommer ces leviers ET dire ce qu'ils font à l'auditoire.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir situer tout document oratoire dans le triangle ethos / pathos / logos, dire lequel domine et le prouver par une citation, jamais par une impression.
  • Objectif Bac : être capable de nommer en anglais deux ou trois procédés (anaphora, tricolon, rhetorical question, antithesis) ET d'énoncer leur effet dans une phrase du moule « By X-ing, the speaker turns A into B ».
  • Objectif Bac : savoir reconstruire la situation d'énonciation avant d'analyser la forme — qui parle, à qui, où, quand, contre qui, et de quoi cet auditoire est déjà persuadé.
  • Objectif Bac : être capable de distinguer to convince (emporter la raison) et to persuade (emporter l'adhésion par l'émotion), et d'employer « rhetoric » comme un terme technique neutre.
  • Objectif Bac : savoir RÉEMPLOYER quatre termes critiques anglais dans sa propre synthèse, et pas seulement les reconnaître dans le dossier — c'est le lexique produit qui est évalué.

Erreurs fréquentes

  • Confondre cet axe avec « L'art qui fait débat » : ici, l'objet d'étude n'est pas l'œuvre qui divise, mais la parole elle-même — discours, plaidoirie, joute, débat réglé.
  • Nommer sans analyser : « There is an anaphora in this speech » ne vaut presque rien. Écrire « The anaphora on "we shall" turns a list of places into a vow the audience is invited to repeat ».
  • Employer « rhetoric » comme une insulte : « his speech is just rhetoric » suppose l'adjectif — écrire « empty rhetoric » ou « grandstanding » quand on veut condamner ; « Churchill's rhetoric » désigne simplement son art oratoire.
  • Le faux ami « argument » : « Brutus and Antony have an argument » signifie qu'ils se disputent. Pour l'opposition raisonnée, écrire « Antony puts forward an argument » ou « Antony makes his case ».
  • Enchaîner les procédés par « and… and… » : la juxtaposition et les connecteurs élémentaires sont, dans la grille de langue, la marque des niveaux bas. Articuler avec « whereas », « in contrast », « what is more », « hence ».

§ 01

Révision active

Choose one famous English-language speech you know (e.g. M. L. King's « I Have a Dream » or W. Churchill's « We Shall Fight on the Beaches »). In about 140 English words, identify whether ethos, pathos or logos dominates, name two rhetorical devices and explain the effect each one has on the audience.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02
§ 02

La parole qui éclaire : grands discours anglophones qui convainquent et entraînent#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Le programme cite explicitement, comme exemples de la parole qui « emmène l'auditoire avec soi », les discours de Winston Churchill, Susan B. Anthony, John Fitzgerald Kennedy et Martin Luther King. Ce sont des œuvres oratoires à connaître précisément : leur contexte, leur visée et un ou deux procédés signature.
Repères à pouvoir citer : Winston Churchill, discours de guerre de 1940 (« Blood, toil, tears and sweat » ; « We shall fight on the beaches ») — l'anaphore et le rythme soutiennent la résistance d'un peuple ; Martin Luther King, « I Have a Dream » (Washington, 1963) — anaphore (« I have a dream… »), métaphores bibliques et appel à l'unité ; John F. Kennedy, discours inaugural de 1961 (« Ask not what your country can do for you… ») — chiasme célèbre — et « We choose to go to the Moon » (1962).
Susan B. Anthony, militante américaine des droits des femmes, et son discours « Is it a Crime for a Citizen of the United States to Vote? » (1873), prononcé après son arrestation pour avoir voté : il argumente sur le terrain du LOGOS (lecture juridique de la Constitution et du mot « citizens ») plus que de l'émotion — un exemple précieux pour montrer qu'un grand discours peut convaincre par la raison.
Mécanique de ces discours : ils combinent un ethos fort (légitimité du locuteur), un pathos maîtrisé (espoir, devoir, indignation juste) et un logos présent, et ils s'appuient sur des procédés de mémorisation et d'entraînement — anaphore, tricolon, chiasme, métaphore filée, « we » inclusif. Le but est de transformer un auditoire en communauté qui agit.
Vocabulaire critique à maîtriser : a rousing/stirring/landmark speech, to rally / to galvanise an audience, to make a case for, common ground, a call to action, uplifting, to inspire, to appeal to shared values. Savoir reformuler la THÈSE d'un discours en une phrase et en restituer le mouvement (montée, climax).
La mécanique décrite plus haut (voir Fig. 2) suppose une VOIX : ces discours ont été faits pour être entendus, et la page n'en garde que la moitié. Churchill dicte, reprend, ménage les silences ; King emprunte à la chaire noire américaine son call-and-response, ses cadences montantes et ses images bibliques — « a stone of hope » taillée « out of the mountain of despair ». Un épisode fameux veut que Mahalia Jackson lui ait lancé « Tell them about the dream, Martin! » et que la péroraison la plus citée du siècle soit née d'une improvisation. Quand le dossier vous donne une transcription, lisez-la comme une partition : longueur des phrases, reprises, points d'appui.

Comment un grand discours entraîne son auditoire

Comment un discours entraîne l’auditoireGraphe, 1 Ethos → 2 Pathos, 2 Pathos → 3 Logos, 3 Logos → 4 Procédés, 4 Procédés → 5 Appel à l’action1 Ethos2 Pathos3 Logos4 Procédés5 Appel àl’action
Fig. 2La mécanique d’un grand discours : l’orateur établit sa crédibilité (ethos), émeut (pathos), argumente (logos) et martèle par des procédés (anaphore, tricolon, « we » inclusif) — pour transformer l’auditoire en communauté qui agit (appel à l’action).
Fig. 2 ↓
Élargissez le corpus au-delà des quatre noms cités : Frederick Douglass, « What to the Slave Is the Fourth of July? » (Rochester, 1852), retourne la fête nationale américaine contre elle-même et convainc en mettant son auditoire en contradiction avec lui-même. Un discours qui éclaire n'est donc pas forcément consensuel : il peut emporter l'adhésion en dérangeant.

Vocabulaire

→ Cartes
  • an address/əˈdres/une allocution« The inaugural address » = le discours d'investiture. Jamais « discourse ».
  • to deliver a speech/dɪˈlɪvə/prononcer un discoursL'anglais soigné dit « to deliver » ou « to give », jamais « to make a speech to someone » au sens de le lire.
  • a chiasmus/kaɪˈæzməs/un chiasmeInversion en miroir : « Ask not what your country can do for you — ask what you can do for your country » (Kennedy).
  • to rally/ˈræli/rassembler, galvaniser« To rally a nation » : le verbe exact de la parole qui transforme un auditoire en communauté agissante.
  • to concede/kənˈsiːd/concéder, admettreLe verbe de la nuance : « Admittedly… yet » est la structure que le niveau C1 attend d'une argumentation.
  • a peroration/ˌperəˈreɪʃn/une péroraisonLa montée finale d'un discours ; utile pour décrire le mouvement plutôt que le contenu.
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Exemple corrigé

Analyser la stratégie d'un discours qui convainc par la raison

In her 1873 speech « Is it a Crime for a Citizen of the United States to Vote? », arrested for voting, Susan B. Anthony argued that the Constitution's preamble says « We, the people » — not « we, the white male citizens ». In English, explain which appeal dominates and how she builds her case.

  1. 01Situer le discours

    Susan B. Anthony, militante américaine du suffrage féminin, prononce ce discours après son arrestation pour avoir voté à l'élection de 1872 : la visée est de prouver que voter n'est pas un crime mais un droit constitutionnel pour toute citoyenne.

  2. 02Identifier l'appel dominant

    Contrairement à un King ou un Churchill, elle s'appuie d'abord sur le LOGOS : une lecture serrée du texte de la Constitution. Le pathos est contenu ; c'est l'argument juridique qui porte — utile pour montrer qu'un grand discours peut convaincre par la raison.

  3. 03Reconstituer l'argument central

    Le préambule dit « We, the people of the United States », non « we, the white male citizens » : si « the people » inclut tous les citoyens et que les femmes sont des citoyennes (citizens), alors leur refuser le vote viole la Constitution. C'est un raisonnement par définition et par déduction.

  4. 04Repérer le procédé qui sert le logos

    Elle isole et martèle le mot « citizens » et oppose « people » à « male citizens » : cette antithèse lexicale rend l'incohérence du droit en vigueur tangible. Le procédé n'orne pas, il DÉMONTRE — la forme est au service de l'argument.

Résultat : Le discours d'Anthony convainc d'abord par le LOGOS : une lecture juridique de « We, the people » qui, par définition et déduction, fait du vote des femmes un droit et non un crime. L'antithèse « people » / « male citizens » et la répétition de « citizens » servent l'argument. C'est l'exemple type de la rhétorique qui éclaire en raisonnant, non en flattant l'émotion.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir situer et dater les quatre discours cités par le programme (Churchill 1940, Anthony 1873, Kennedy 1961, King 1963) et énoncer la thèse de chacun en une phrase anglaise.
  • Objectif Bac : être capable de montrer qu'un grand discours peut convaincre par le LOGOS — Susan B. Anthony argumente en juriste sur le mot « citizens » — et pas seulement par l'émotion.
  • Objectif Bac : savoir repérer le procédé signature (l'anaphore chez Churchill et King, le chiasme chez Kennedy) et en formuler l'effet sur l'auditoire.
  • Objectif Bac : être capable de restituer le MOUVEMENT d'un discours (ouverture, montée, climax, appel à l'action) plutôt que d'en résumer les idées.
  • Objectif Bac : savoir mobiliser un exemple hors des noms cités (Douglass 1852) pour prouver une culture personnelle — les éléments (inter)culturels pertinents sont explicitement valorisés par la grille.

Erreurs fréquentes

  • Raconter la vie de l'orateur ou l'événement au lieu d'analyser la parole : le document est le discours, pas la biographie.
  • Écrire « this speech is very moving » sans montrer le procédé. Écrire « The threefold repetition of "we shall" makes surrender literally unsayable ».
  • Le faux ami « discourse » : un discours se dit « a speech » ou, pour une allocution officielle, « an address » ; « discourse » désigne le discours au sens du discours dominant ou de la production langagière.
  • Confondre les deux discours de Churchill de 1940 : « Blood, toil, tears and sweat » (13 mai, prise de fonctions) et « We shall fight on the beaches » (4 juin, après Dunkerque) — deux situations, deux visées.
  • Répéter « he says » d'un bout à l'autre de la copie : la pauvreté lexicale plafonne la note de langue. Varier : to argue, to contend, to urge, to warn, to concede, to remind, to pledge.

§ 02

Révision active

Compare in about 170 English words the opening strategy of M. L. King's « I Have a Dream » (1963) and J. F. Kennedy's inaugural address (1961). For each, name the dominant appeal and one signature device (anaphora, chiasmus), and explain how it aims to carry the audience.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03
§ 03

La parole qui manipule : rhétorique, démagogie et propagande#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

L'autre tranchant de l'épée : la même maîtrise des mots peut devenir une arme de manipulation ou de propagande. Le programme cite explicitement trois exemples canoniques du monde anglophone — la rhétorique de Marc Antoine dans « Julius Caesar » de Shakespeare, « les discours de Major dans Animal Farm de George Orwell », et le discours caricatural du dictateur dans « The Great Dictator » de Charlie Chaplin.
Dans « Julius Caesar » (acte III, scène 2), l'oraison funèbre de Marc Antoine est un chef-d'œuvre de manipulation : sous couvert d'éloge des conjurés (« Brutus is an honourable man », répété jusqu'à devenir ironique), il retourne la foule contre eux. Procédés : ironie verbale, répétition qui se charge de sarcasme, fausse modestie (« I am no orator, as Brutus is »), exhibition du testament et du corps de César pour déchaîner le pathos.
Dans « Animal Farm » (1945), la parole sert l'embrigadement de la ferme. Le programme cite « les discours de Major » : le vieux verrat Old Major lance la rébellion par un discours mobilisateur (« Beasts of England », vision d'un monde sans l'homme) — une rhétorique d'entraînement aux accents utopiques. Mais c'est ensuite Squealer, porte-parole des cochons, qui en fait une propagande totalitaire : euphémismes (« readjustment » pour la réduction des rations), réécriture des Sept Commandements, statistiques inventées, faux dilemme (« Surely you do not want Jones to come back? »). Orwell montre la langue dévoyée — un thème qu'il théorisera dans « Politics and the English Language » (1946).
Dans « The Great Dictator » (1940), Chaplin caricature la rhétorique fasciste : un charabia gutturalement allemand, des gestes outranciers, un micro qui se recroqueville — la satire dévoile la VIOLENCE et le VIDE du discours démagogique, par contraste avec le discours humaniste final du barbier. La forme dénonce le fond.
Vocabulaire critique à maîtriser : propaganda, to manipulate / to sway / to incite a crowd, a demagogue, dog-whistle, doublespeak / euphemism, half-truth, fearmongering, to twist the truth, loaded language, a rabble-rouser, verbal irony. Distinguer convaincre (legitimate persuasion) et manipuler (deception) : la frontière est l'honnêteté du moyen.
Une manipulation n'opère jamais sur un auditoire neutre : la foule romaine veut être émue, les animaux de la Ferme veulent croire que Jones ne reviendra pas. Le procédé trompeur donne forme à ce que l'auditoire souhaite déjà entendre — c'est pourquoi Squealer est moins un menteur qu'un traducteur : il reformule le réel dans les mots que le troupeau accepte. Analyser une propagande, c'est décrire le procédé ET le désir sur lequel il s'appuie.
Chaplin répond au démagogue avec le dispositif du démagogue : le barbier prend le même micro, la même tribune, le même cadrage, et y met une parole nue, sans figure ni cri (« Soldiers! Don't give yourselves to brutes »). C'est le contraste FORMEL, à matériel identique, qui fait la démonstration (voir Fig. 3). Et en anglais, « propaganda » n'est pas réservé aux régimes totalitaires : les démocraties en guerre employaient le mot pour leur propre production.

Convaincre ou manipuler : mêmes outils, intentions opposées

Convaincre ou manipuler : un outillage communDiagramme de Venn avec 2 ensembles, Convaincre, ManipulerConvaincreManipulerpreuvesvérifiablesfaux dilemmeanaphore,pathos
Fig. 3Les procédés de la zone commune — anaphore, pathos, répétition — appartiennent aux deux camps : aucun n’est manipulateur en soi. Ce qui sépare King ou Churchill de Marc Antoine et de Squealer tient au moyen employé (une preuve vérifiable, ou un faux dilemme et un euphémisme) et à l’intention, avouée ou dissimulée.
Fig. 3 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • a euphemism/ˈjuːfəmɪzəm/un euphémismeSquealer parle de « readjustment » là où les rations sont réduites : l'euphémisme est le procédé de propagande le plus fréquent.
  • loaded language/ˈləʊdɪd/un vocabulaire orienté, des mots chargésLe choix du mot porte déjà le verdict ; à opposer à « neutral wording » dans une analyse.
  • a false dilemma/dɪˈlemə/un faux dilemme, une fausse alternative« Surely you do not want Jones to come back? » : deux issues proposées là où il en existe d'autres.
  • to whip up/wɪp/attiser, déchaîner« To whip up a crowd » : le verbe de l'agitateur ; plus violent que « to stir ».
  • a demagogue/ˈdeməɡɒɡ/un démagogueAdjectif : demagogic ; nom abstrait : demagoguery. Trois formes à connaître pour ne pas répéter le nom.
  • verbal irony/ˈaɪrəni/l'ironie verbale, l'antiphraseDire le contraire de ce que l'on pense faire entendre : le moteur de toute l'oraison d'Antoine.
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Exemple corrigé

Démonter une rhétorique de manipulation : l'oraison d'Antoine

In « Julius Caesar » (III.2), Mark Antony repeatedly calls the conspirators, and Brutus in particular, « honourable » while turning the crowd against them. In English, explain how his speech manipulates the crowd although he claims to praise the conspirators.

  1. 01Situer la scène

    Après l'assassinat de César, Brutus a convaincu la foule que le meurtre était nécessaire. Antoine obtient de parler aux funérailles « pour louer César, non pour blâmer Brutus » — une promesse qu'il va vider de l'intérieur.

  2. 02Repérer l'ironie de la répétition

    Antoine répète « Brutus is an honourable man » / « they are honourable men ». À chaque reprise, il l'accole à une preuve de la générosité de César (le testament, les rançons versées au trésor public) : l'écart entre le mot et les faits charge peu à peu « honourable » d'ironie mordante (verbal irony).

  3. 03Repérer la fausse modestie et le pathos

    « I am no orator, as Brutus is » : il feint l'incompétence pour paraître sincère (fausse modestie qui renforce son ethos), puis exhibe le testament et le corps ensanglanté de César pour déchaîner le PATHOS de la foule — l'émotion submerge le raisonnement de Brutus.

  4. 04Nommer la mécanique manipulatrice

    Il ne CONTREDIT jamais ouvertement Brutus : il laisse la foule conclure elle-même (« You all did love him once »), donnant l'illusion de la liberté de jugement. Mêmes outils qu'un grand discours (répétition, pathos), mais au service d'une vérité dissimulée — c'est ce qui en fait une manipulation.

Résultat : Antoine manipule la foule en feignant de louer des hommes « honorables » : la répétition ironique de « honourable », la fausse modestie et l'exhibition du testament et du corps retournent le pathos contre les conjurés sans jamais les accuser ouvertement. Mêmes procédés qu'un discours noble, mais une intention dissimulée : la frontière entre persuasion et manipulation tient à l'honnêteté du moyen.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser l'oraison d'Antoine (« Julius Caesar », III, 2) comme un retournement progressif, en montrant comment « honourable » se charge d'ironie à chaque reprise.
  • Objectif Bac : être capable de nommer en anglais quatre procédés trompeurs (euphemism, false dilemma, loaded language, fabricated figures) et de les illustrer par Squealer.
  • Objectif Bac : savoir distinguer Old Major (rhétorique d'entraînement, utopique et mobilisatrice) et Squealer (propagande de maintien du pouvoir) — ce ne sont pas les mêmes discours ni la même intention.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer comment une satire dénonce PAR LA FORME (le charabia, le geste, le micro qui recule chez Chaplin) sans jamais énoncer sa thèse.
  • Objectif Bac : savoir problématiser en essai la frontière entre persuasion légitime et manipulation en tenant les deux bouts — mêmes outils, honnêteté du moyen — et non en condamnant la rhétorique en bloc.

Erreurs fréquentes

  • Prendre la parole manipulatrice au premier degré : ne pas voir l'ironie de « Brutus is an honourable man », c'est manquer toute la scène. Signaler l'ironie explicitement : « the epithet turns against itself ».
  • Attribuer à Old Major la propagande de Squealer : le discours d'Old Major est un appel révolutionnaire ; ce sont les bulletins de Squealer qui sont de la propagande.
  • « Propaganda » est indénombrable : jamais « a propaganda » ni « propagandas ». Écrire « a piece of propaganda », « propaganda techniques », « wartime propaganda ».
  • Mélanger les temps : l'analyse d'une œuvre se conduit au présent (« Squealer rewrites the Seven Commandments ») et le contexte historique au prétérit (« Orwell published Animal Farm in 1945 »).
  • Écrire « this is propaganda » sans preuve : il faut nommer le procédé trompeur (euphémisme, faux dilemme, chiffre inventé, antiphrase) et l'effet visé sur l'auditoire.

§ 03

Révision active

« The same rhetorical devices can enlighten or deceive. » In about 170 English words, discuss this claim, contrasting one persuasive speech (e.g. King or Churchill) with one manipulative one (Mark Antony in « Julius Caesar » or Squealer in « Animal Farm »).

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04
§ 04

La joute verbale élevée au rang d'art : esprit, repartie, prétoire et débat contradictoire#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-llcer-anglais

Points clés

Le programme rappelle que l'échange verbal est parfois « élevé au rang d'art, avec ses codes, son jeu, ses rituels » : la joute verbale (a battle of wits), pleine de mots d'esprit (witticisms). Il nomme à ce titre Jane Austen, Woody Allen et Quentin Tarantino. Au débat sérieux s'ajoute donc le débat-spectacle, où la vivacité de la forme compte autant que le fond — et où l'on peut perdre en ayant raison.
La tradition anglophone de l'esprit (wit) : chez Jane Austen, les passes d'armes d'Elizabeth Bennet et de Mr Darcy dans « Pride and Prejudice », roman inscrit au programme limitatif des années scolaires 2026-2027 et 2027-2028 ; dans les dialogues de Woody Allen et les joutes de Quentin Tarantino, cités par le programme ; et, en amont, la comédie de mœurs d'Oscar Wilde (« The Importance of Being Earnest ») ou de George Bernard Shaw, où le paradoxe et l'épigramme font de la conversation un duel élégant : « I can resist everything except temptation » (Lord Darlington, « Lady Windermere's Fan », 1892).
Le prétoire est l'arène la plus théâtrale de la culture anglophone : la plaidoirie d'Atticus Finch dans « To Kill a Mockingbird » (Harper Lee, 1960), les procès de « Philadelphia » (Jonathan Demme, 1993) et de « Mississippi Burning » (Alan Parker, 1988), le tribunal de la chasse aux sorcières dans « The Crucible » (Arthur Miller, 1953). Cas à part : « 12 Angry Men » (Sidney Lumet, 1957) ne met en scène AUCUN avocat — le procès n'y est jamais montré, tout se joue dans la salle de délibération d'un jury, et l'objet du film est la persuasion entre pairs, sans robe ni protocole. Il figure au programme limitatif des mêmes années ; rappelez-vous que seul l'ORAL évalue les œuvres de cette liste.
Le débat comme institution : la Chambre des communes, où l'on s'adresse au Speaker et jamais à l'adversaire ; le filibuster, cette obstruction par la parole continue que « Mr Smith Goes to Washington » (Frank Capra, 1939) porte à l'écran ; les debating societies des écoles et des universités ; « The Great Debaters » (Denzel Washington, 2007), qui suit l'équipe de débat d'un college noir du Texas dans les années 1930 ; et, à l'autre bout du spectre social, les battles de hip-hop, où la rime, le tempo et la repartie désignent le vainqueur.
Les codes du débat formel : une motion (« This House believes that… »), deux camps (proposition et opposition), des temps de parole minutés, la réfutation (rebuttal), le point of information, l'arbitrage du chair. On y défend parfois une position qu'on ne partage pas : l'exercice forme l'agilité, pas la conviction. La voix elle-même est un enjeu — « Singin' in the Rain » (1952), « My Fair Lady » (1964) et « The King's Speech » (2010) disent tous que l'accent, la diction ou le bégaiement décident de qui a le droit de parler.
Analyser une joute n'est pas résumer le désaccord : c'est décrire un rapport de forces qui se déplace (voir Fig. 4). Repérez qui pose les questions, qui concède, qui change de terrain, et à quel moment l'ascendant bascule. La phrase d'analyse nomme le coup et son effet : « Elizabeth answers a compliment with a correction, and the exchange leaves Darcy holding the weaker position. »

Le débat formel : l'anatomie d'une joute codifiée

L’anatomie d’une joute codifiéeGraphe, La motion → Proposition, La motion → Opposition, Proposition → Opposition, Opposition → Proposition, Proposition → Arbitrage · chair, Opposition → Arbitrage · chairLa motionPropositionOppositionArbitrage ·chairargumentrebuttal
Fig. 4L’anatomie d’un débat contradictoire : une MOTION (« This House believes that… »), deux camps (proposition défend / opposition réfute), l’échange d’arguments et de réfutations (rebuttal), l’arbitrage du président de séance. On défend parfois une position qu’on ne partage pas.
Fig. 4 ↓

Vocabulaire

→ Cartes
  • wit/wɪt/l'esprit, l'esprit d'à-proposNe jamais rendre par « l'humour » : le wit est bref, paradoxal et vise à retourner l'adversaire.
  • repartee/ˌrepɑːˈtiː/la repartieDésigne l'échange rapide de traits d'esprit, non une réplique isolée.
  • a quip/kwɪp/un mot d'esprit, une saillieLe mot juste pour la réplique brève et piquante d'un dialogue chez Wilde ou Tarantino.
  • a rebuttal/rɪˈbʌtl/une réfutationDans le débat formel, le temps de parole où l'on répond point par point à l'adversaire.
  • cross-examination/ˌkrɒs ɪɡzæmɪˈneɪʃn/le contre-interrogatoireLe moment le plus tendu du courtroom drama : l'avocat interroge le témoin de la partie adverse.
  • banter/ˈbæntə/le badinage, les taquineriesÉchange piquant mais amical ; à ne pas confondre avec une attaque, ce qui change toute l'interprétation d'une scène.
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Exemple corrigé

Analyser une joute verbale comme un duel codifié

In Oscar Wilde's « The Importance of Being Earnest », Gwendolen and Cecily, each believing she is engaged to « Ernest », exchange icily polite remarks over tea — every courtesy hiding a blow. In English, analyse this scene as an art of verbal sparring.

  1. 01Poser le cadre du duel

    La scène est une joute (a battle of wits) déguisée en politesse mondaine : les deux femmes respectent les codes de la conversation victorienne (le thé, le vouvoiement des formules) tout en se livrant un combat — c'est le contraste entre la forme courtoise et l'intention hostile qui crée l'art.

  2. 02Repérer l'arme : l'ironie polie

    Chaque réplique est une amabilité de surface qui porte un coup (a barbed compliment) : sous l'apparente courtoisie, l'ironie verbale fait mouche. La règle du jeu est de ne jamais rompre la politesse — gagner, c'est blesser sans hausser le ton.

  3. 03Repérer le rythme et la repartie

    L'échange procède par repartie (repartee) : chaque pique appelle une riposte symétrique et immédiate. Le timing et la concision (l'épigramme) font le sel du duel ; Wilde construit la scène comme un ping-pong de traits d'esprit (witticisms).

  4. 04Dégager qui prend l'ascendant et la portée

    L'ascendant passe d'une réplique à l'autre jusqu'au quiproquo qui les égalise (aucune n'est fiancée au vrai « Ernest »). Au-delà du comique, Wilde fait de la conversation un art réglé et révèle, par l'esprit, l'hypocrisie des codes mondains : le débat est ici pur jeu de forme.

Résultat : La scène est une joute verbale codifiée : sous une politesse rituelle, les deux femmes échangent des amabilités empoisonnées par ironie, dans une repartie rapide et symétrique où le timing et l'épigramme priment. Wilde élève la conversation au rang d'art — un duel d'esprit dont la forme courtoise est l'arme même, et dont la mécanique réglée fait tout le plaisir.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser un échange comme un duel codifié — identifier les coups (assertion, réfutation, concession, trait d'esprit), le rythme, et le moment précis où l'ascendant bascule.
  • Objectif Bac : être capable de distinguer wit (bref, paradoxal, fondé sur un retournement) de humour et de comique de situation, avec un exemple précis pris chez Wilde ou Austen.
  • Objectif Bac : savoir énoncer en anglais les règles d'un débat formel (motion, proposition, opposition, rebuttal, point of information, chair) et dire ce que le rituel change à la parole.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer que « 12 Angry Men » est une délibération de jury et non un affrontement d'avocats, et ce que ce huis clos change à l'exercice de la persuasion.
  • Objectif Bac : savoir soutenir en essai que le débat est un ART (codes, jeu, plaisir de la forme) sans cesser d'en montrer l'enjeu — la vérité, la justice, le pouvoir.

Erreurs fréquentes

  • Ne lire le débat que pour son sujet et manquer sa dimension de JEU : le rythme, la repartie et le plaisir de la forme font partie de ce qui est analysé.
  • Confondre wit et humour : un witticism n'est pas une blague — il repose sur le paradoxe, le retournement et la concision (« I can resist everything except temptation »).
  • Écrire que « 12 Angry Men » met en scène des avocats : le procès n'y est jamais montré. Écrire « a jury-room deliberation », « the twelve jurors », « persuasion among peers ».
  • Le calque « to discuss about » : en anglais le verbe est transitif direct — « they discuss the verdict », jamais « they discuss about the verdict ».
  • Rendre la repartie par des verbes pauvres : « he said something funny back » plafonne la note de langue. Écrire « he retorted », « she shot back », « a quip », « a comeback », « to have the last word ».

§ 04

Révision active

Choose either a witty exchange (Elizabeth and Darcy in « Pride and Prejudice », or a scene from Oscar Wilde's « The Importance of Being Earnest ») or a deliberation scene from « 12 Angry Men ». In about 180 English words, analyse it as a codified contest: state the rules in force, name two devices of wit or of argument, and say at which precise moment the upper hand changes sides, and why.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05
§ 05

Méthode : l'épreuve orale — 20 minutes sans préparation, le dossier personnel et l'oral de contrôle#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-llcer-anglais

Plan de synthèse pour un dossier « l’art du débat »

Plan de synthèse — « l’art du débat »Graphe, Discours → Problématique, Scène / texte → Problématique, Doc · presse → Problématique, Problématique → Parole qui éclaire, Problématique → Parole qui manipule, Problématique → Débat comme jeu, Parole qui éclaire → Conclusion = réponse, Parole qui manipule → Conclusion = réponse, Débat comme jeu → Conclusion = réponseDiscoursScène / texteDoc · presseProblématiqueParole quiéclaireParole quimanipuleDébat commejeuConclusion = réponse
Fig. 5Une synthèse n’est pas un résumé document par document : les documents du dossier convergent vers une problématique, que trois axes de confrontation développent — ici la situation de parole, les moyens rhétoriques, l’effet obtenu — avant une conclusion qui répond à la problématique.

Points clés

La moitié de la note de spécialité se joue sans qu'on écrive une ligne. L'épreuve de LLCER anglais comporte DEUX parties, une écrite et une orale, chacune pour la moitié du total : le coefficient 16 se répartit à parts égales entre une copie et vingt minutes de parole. Cet axe, qui porte sur l'art de convaincre de vive voix, est le lieu naturel pour apprendre l'exercice.
Le format, exactement : 20 minutes, SANS temps de préparation — on entre et on parle. Dix minutes de présentation en continu, puis dix minutes d'interaction, le tout en anglais. Support : un dossier personnel visé par le professeur de terminale, de quatre à six documents textuels et/ou iconographiques, étudiés ou non en classe, reliés par un fil conducteur rattaché à une ou plusieurs thématiques. Sa composition est contrainte : au moins une des œuvres intégrales étudiées (extrait ou illustration), au moins un texte littéraire, au plus deux œuvres d'art visuel, au moins un texte non littéraire. C'est aussi la seule partie de l'épreuve où les œuvres du programme limitatif sont évaluées.
Le point que presque tout le monde manque : le dossier lui-même n'est PAS évalué — c'est la parole qu'il rend possible qui est notée. Les dix minutes en continu ne sont donc pas un exposé sur les documents : il faut justifier les choix et exprimer la logique interne du dossier, pourquoi ces quatre à six documents-là, ce qui les relie, ce que leur rapprochement fait apparaître qu'aucun ne dit seul. Un dossier magnifique présenté comme une liste vaut moins qu'un dossier modeste dont on démontre l'architecture.
Ce que « contribuer habilement à la construction de l'échange » demande concrètement, dans les dix minutes d'interaction : ni répondre poliment, ni monologuer. Reprendre un mot de l'examinateur pour l'infléchir, distinguer deux sens d'une question, accorder un point avant de le retourner (« Admittedly… yet »), relancer sur un exemple gardé en réserve, demander une précision quand la question est ambiguë. Le palier inférieur se contente d'argumenter et de relancer ; celui d'en dessous engage, soutient et clôt une conversation simple. La différence tient à qui CONDUIT l'échange.
Deux cas de figure à connaître d'avance. Sans dossier, l'examinateur remet trois documents de natures différentes à commenter : ce n'est pas une sanction, c'est la procédure prévue. Et l'oral de contrôle (rattrapage) suit un autre format : 20 minutes d'épreuve, mais cette fois 20 minutes de préparation, deux documents proposés au choix, aucun commentaire formel attendu, puis les mêmes dix minutes en continu et dix minutes d'interaction.
Ce qui s'entraîne. La fluidité d'abord : le haut de la grille valorise une argumentation complexe menée de manière synthétique et fluide, en s'assurant de sa bonne réception ; le palier en dessous se reconnaît aux reformulations qui rompent le fil. Chronométrez-vous debout, sans texte rédigé, jusqu'à tenir dix minutes. Enregistrez-vous et comptez les hésitations. L'accent peut garder l'empreinte du français sans pénalité tant qu'il n'entrave pas l'intelligibilité : ce sont les blancs et le lexique pauvre qui coûtent, pas le « r » français.

Vocabulaire

→ Cartes
  • a common thread/θred/un fil conducteurLe mot exact pour ce qui relie les quatre à six documents du dossier ; à placer dans la première phrase de l'exposé.
  • a rationale/ˌræʃəˈnɑːl/la justification, les raisons d'un choix« The rationale behind my file » : précisément ce que les dix minutes en continu doivent donner.
  • to qualify/ˈkwɒlɪfaɪ/nuancer, apporter une nuance« I would qualify that » : la formule qui transforme un désaccord en contribution à l'échange.
  • to build on/bɪld/rebondir sur, prolonger« To build on your point » : le geste d'interaction que la grille valorise le plus haut.
  • to elaborate/ɪˈlæbəreɪt/développer, préciser« Could you elaborate? » et « let me elaborate » ; ne jamais employer « to develop » dans ce sens.
  • delivery/dɪˈlɪvəri/la diction, la manière de direDébit, pauses, appuis ; distinct du contenu, et évalué séparément dans la correction orale.
Exemple corrigé

Tenir les vingt minutes : dix en continu, dix en interaction

Your oral is in a week. Rehearse the opening ten minutes on a five-document dossier about political speech, then prepare for the ten minutes of interaction that follow. No preparation time is given on the day.

  1. 01Ouvrir sur le fil, pas sur le premier document

    La première phrase annonce la question qui tient le dossier ensemble — « Why do the speeches we still quote so often come from moments of defeat ? » — et non « My dossier contains five documents ». L'examinateur attend la logique interne, c'est ce que la consigne demande de justifier.

  2. 02Faire travailler l'œuvre intégrale

    Le dossier comporte au moins une des œuvres intégrales étudiées, et c'est le seul moment de l'épreuve où le programme limitatif est évalué : lui donner une vraie place, un extrait précis, pas une mention de politesse.

  3. 03Tenir le rythme sans réciter

    Dix minutes au plus, ce qui fait environ deux minutes par document si l'on en présente cinq. Un texte appris par cœur s'entend et coûte cher sur l'interaction : mieux vaut trois repères notés par document — pourquoi il est là, un procédé à nommer, la transition vers le suivant.

  4. 04Traiter l'interaction comme la moitié qui rapporte

    La grille officielle place le haut de l'échelle non dans la réponse correcte mais dans la capacité à contribuer à la construction de l'échange : relancer, nuancer une affirmation trop nette, proposer un contre-exemple, demander une précision. Répondre par oui ou non à une question ouverte est le réflexe le plus coûteux.

  5. 05Prévoir le second groupe

    À l'oral de contrôle, le format change : vingt minutes de préparation, deux documents proposés dont on choisit un, aucun commentaire formel attendu — le document sert d'amorce à une prise de parole libre de dix minutes, puis dix minutes de conversation. S'entraîner une fois sur ce format évite de le découvrir le jour même.

Résultat : On arrive avec un fil, cinq entrées de deux minutes et une réserve d'objections à soi-même. Le dossier n'est pas noté : ce qui compte est la parole qu'il rend possible, et l'interaction pèse autant que l'exposé.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir énoncer sans hésiter le format — 20 minutes, sans préparation, 10 minutes en continu puis 10 minutes d'interaction, en anglais — et savoir que cette partie pèse la moitié de la note.
  • Objectif Bac : être capable de justifier chaque document du dossier par une phrase anglaise disant ce qu'il apporte que les autres n'apportent pas.
  • Objectif Bac : savoir exposer la logique interne du dossier en une minute — fil conducteur, ordre choisi, tension révélée — puisque le dossier lui-même n'est pas noté.
  • Objectif Bac : être capable de conduire l'interaction — concéder puis retourner, demander une précision, sortir un exemple gardé en réserve, reprendre le mot de l'examinateur pour l'infléchir.
  • Objectif Bac : savoir composer un dossier conforme (au moins une œuvre intégrale étudiée, au moins un texte littéraire, au plus deux œuvres d'art visuel, au moins un texte non littéraire) et le faire viser par le professeur.

Erreurs fréquentes

  • Préparer l'écrit et négliger l'oral : les deux parties comptent chacune pour la moitié de la note, et l'oral est la seule qui évalue les œuvres du programme limitatif.
  • Traiter les dix minutes en continu comme un exposé document par document (« Document 1 is a photograph… ») : ce qui est attendu est la justification des choix et la logique interne du dossier. Ouvrir sur le fil conducteur, puis montrer ce que la confrontation produit.
  • Compter sur un temps de préparation : il n'y en a aucun pour cette épreuve. Les 20 minutes de préparation n'existent qu'à l'oral de contrôle.
  • Réciter un texte appris par cœur : la première question fait dérailler l'exposé, et l'interaction, qui pèse autant, révèle aussitôt que rien n'a été pensé. Parler d'après cinq points-repères, jamais d'après un texte.
  • Répondre par oui, par non ou par une reformulation de la question : la communication qui repose sur la répétition et la reformulation est le bas de l'échelle. Répondre « I would qualify that: … » puis apporter un exemple neuf.

§ 05

Révision active

Build a four-document file on « L'art du débat »: one whole work you have studied, one literary text, one non-literary text, one visual work. Then write out — and time yourself saying — the first ninety seconds of your ten-minute presentation, in about 200 English words: state the common thread, justify the order of the documents, and name the tension the file is designed to make audible. Do not describe the documents one by one.

S’entraîner sur des exercices associés17 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Définition de l'épreuve terminale de spécialité LLCER — version consolidée mai 2024 (note de service du 23-7-2020, NOR MENE2019311N, modifiée les 26-9-2023 et 5-12-2023) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01La rhétorique, art à double tranchant : ethos, pathos, logos et les codes du débat○
    • 02La parole qui éclaire : grands discours anglophones qui convainquent et entraînent◐
    • 03La parole qui manipule : rhétorique, démagogie et propagande◐
    • 04La joute verbale élevée au rang d'art : esprit, repartie, prétoire et débat contradictoire●
    • 05Méthode : l'épreuve orale — 20 minutes sans préparation, le dossier personnel et l'oral de contrôle●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

L'art du débat

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~37
min
4
Compétences
17
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de langues, littératures et cultures étrangères et régionales — anglais, terminale générale (annexe 2 de l’arrêté du 19-7-2019)

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Définition de l'épreuve terminale de spécialité LLCER — version consolidée mai 2024 (note de service du 23-7-2020, NOR MENE2019311N, modifiée les 26-9-2023 et 5-12-2023)

Voir aussi

  • Art et contestationL'autre manière de peser sur le débat public : par l'œuvre plutôt que par le discours.
  • L'art qui fait débatLe débat qui porte sur l'art lui-même, et non sur la cité.
  • L'expression des émotionsL'art oratoire travaille l'émotion de l'auditoire : les deux axes se recouvrent sur ce point.

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L'art qui fait débat

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L'expression des émotions

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