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Fiches/Enseignement scientifique/Une longue histoire de la matière
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Une longue histoire de la matière

De l'hydrogène primordial aux cristaux des roches, la matière s'organise à plusieurs niveaux : éléments chimiques, atomes (un noyau minuscule dans un quasi-vide), puis édifices ordonnés que sont les cristaux. Ce thème établit comment se sont formés les éléments et comment décrire un solide cristallin (maille, compacité, masse volumique). Périmètre : ce thème est celui de la classe de PREMIÈRE (annexe du BO n° 25 du 22 juin 2023). L'enseignement scientifique ne donne lieu à aucune épreuve terminale : il est évalué en contrôle continu, et ce thème compte donc dans la moyenne annuelle de première, affectée du coefficient 3. Il reste par ailleurs un prérequis des thèmes de terminale et une bonne réserve de sujets pour le Grand oral.

6 sections·~40 min de lecture·5 compétences·Vérifié · 06/2026

T·0111 / 8
Profil d’examen
Thème de première, évalué dans la moyenne annuelle de première (coefficient 3) — estimer la proportion d'éléments dans un échantillon et relier l'abondance des éléments à leur origine cosmique (nucléosynthèse)Décrire et utiliser un modèle simple du noyau et de l'atome ; comparer, par leurs ordres de grandeur, dimensions et masses du noyau et de l'atome (la matière est essentiellement constituée de vide)Représenter une maille cristalline en perspective et relier son organisation à la position des atomes ; calculer la compacité d'un système cubique simple et la masse volumique correspondanteRelier l'existence de plusieurs structures cristallines d'une même espèce (allotropie) à des différences de propriétés, et distinguer matière cristalline et matière amorpheThème de première (coefficient 3) — Situer les ordres de grandeur de l'atome à l'organisme, relier l'échelle de la cellule, de ses organites et de ses molécules, mettre en évidence des échanges à travers la membrane plasmique et discuter le statut des virus.
Opérateurs :estimercalculercomparerdécrirereprésenterrelierjustifierinterpréter

niveau de base

Mémorise d'abord l'essentiel mobilisable : H et He dominent l'Univers, Z définit l'élément, l'atome est ~10⁻¹⁰ m pour un noyau ~10⁻¹⁵ m (donc surtout du vide), et la compacité du cubique simple vaut π/6 ≈ 0,52.

niveau approfondi

Pour le Grand oral, sache mener les démonstrations : établir la compacité d'une maille (cubique simple et CFC) à partir de la relation entre a et r, en déduire une masse volumique, et expliquer l'allotropie carbone (graphite/diamant) par la géométrie des liaisons. Rappel : contenu de première, évalué dans la moyenne annuelle de première (coefficient 3).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 6 sections▾
  1. Une longue histoire de la matière
    • 01Les éléments chimiques : abondance, noyaux, atomes et ions○
    • 02L'origine des éléments : nucléosynthèse◐
    • 03L'atome, essentiellement constitué de vide (modèle de Rutherford)◐
    • 04Des édifices ordonnés : les cristaux (maille, compacité, masse volumique)●
    • 05Variétés cristallines, allotropie et matière amorphe◐
    • 061.3 Une structure complexe : la cellule vivante◐

6 sections · 30 points clés · 9 formules · 30 pièges signalés

§ 01
§ 01

Les éléments chimiques : abondance, noyaux, atomes et ions#

~6 min de lecture●○○BaseBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Modèle de l'atome : un noyau central et un cortège électronique en couches (exemple du carbone, Z = 6)

Atome de carbone (Z = 6) : noyau et cortège électroniquecercles concentriques, 2 anneaux, Données: noyau, couche K, couche Lcouche Lcouche Knoyau2 électrons sur la couche K, 4 sur la couche L
Fig. 2Le noyau, minuscule, rassemble les Z protons et N neutrons (il porte la charge +Z·e et presque toute la masse) ; les Z électrons se répartissent sur des couches successives. Exemple du carbone (Z = 6) : 2 électrons sur la couche K, 4 sur la couche L, ce qui assure la neutralité (6 électrons pour 6 protons).

Points clés

Un élément chimique est défini par un seul nombre : son numéro atomique Z, égal au nombre de protons du noyau. Z est l'identité de l'élément et rien d'autre ne l'est. Tous les noyaux de Z = 6 sont du carbone, qu'ils portent 6, 7 ou 8 neutrons ; changer le nombre de neutrons donne un autre isotope du même élément, changer Z donne un autre élément.
Un atome est électriquement neutre : autant d'électrons (charge −e) que de protons (charge +e). Un ion résulte d'un gain ou d'une perte d'électrons, jamais de protons — l'élément, donc Z, reste inchangé. Un cation a perdu des électrons et porte une charge positive (Na⁺, Ca²⁺) ; un anion en a gagné et porte une charge négative (Cl⁻, O²⁻). Un ion sodium est toujours du sodium.
Le nombre de nucléons, protons et neutrons confondus, est noté A. Un noyau se note ZAX^{A}_{Z}\mathrm{X}ZA​X : le bas donne les protons, le haut le total des nucléons, et le nombre de neutrons s'en déduit par N = A − Z. Deux isotopes ont même Z et des A différents : ils ont les mêmes propriétés chimiques, puisque la chimie ne dépend que du cortège électronique, mais des masses différentes et parfois une stabilité différente — c'est ce qui rend la radiochronologie possible.
La conservation de l'élément chimique est le principe qui rend les comptages possibles. Au cours d'une transformation chimique, les atomes se réarrangent mais ne se transforment pas les uns dans les autres : le nombre d'atomes de chaque élément est le même avant et après. Estimer la proportion d'un élément dans un échantillon revient donc à compter ses atomes, quelle que soit la molécule qui les porte — un atome d'oxygène compte pour un, qu'il soit dans H₂O, dans SiO₂ ou dans O₂.
Les abondances racontent une histoire, et elles ne sont pas les mêmes selon le milieu qu'on regarde (voir Fig. 1). Dans l'Univers, l'hydrogène et l'hélium écrasent tout le reste — environ 74 % et 24 % en masse — parce qu'ils sont issus de la nucléosynthèse primordiale ; l'abondance décroît ensuite globalement quand Z augmente. Dans la croûte terrestre, le classement est renversé : oxygène et silicium dominent, l'hydrogène et l'hélium ont largement échappé à la gravité d'une petite planète chaude. Dans la matière vivante, ce sont carbone, hydrogène, oxygène et azote qui dominent.

Abondance des éléments dans l'Univers en fonction du numéro atomique Z (échelle logarithmique)

Abondance des éléments dans l'Univers (échelle log)Diagramme en bâtons / spectre: fraction massique (%) selon numéro atomique Z, échelle logarithmique, Données: (1, 75); (2, 23); (6, 0.5); (8, 1); (10, 0.13); (26, 0.11)0.10.20.5125102050100510152025fraction massique (%)numéro atomique Z
Fig. 1Abondances moyennes (fractions massiques) reportées en fonction du numéro atomique Z, sur une échelle logarithmique. L'hydrogène (Z = 1, ≈ 75 %) et l'hélium (Z = 2, ≈ 23 %), issus du Big Bang, dominent très largement ; viennent ensuite l'oxygène (Z = 8, ≈ 1 %), le carbone (Z = 6, ≈ 0,5 %), le néon (Z = 10) et le fer (Z = 26), tous voisins de 0,1 %. L'échelle logarithmique révèle la décroissance globale de l'abondance lorsque Z augmente.
Fig. 1 ↓
Cette divergence est le point à savoir expliquer, et pas seulement à constater : la composition d'un milieu résulte de son histoire — nucléosynthèse pour l'Univers, tri gravitaire et volatilité lors de la formation planétaire pour la croûte, chimie du carbone pour le vivant. Un même élément peut donc être banal à une échelle et rare à une autre.

Vocabulaire

→ Cartes
  • numéro atomique (Z)Nombre de protons du noyau ; il définit à lui seul l'identité de l'élément chimique.
  • nombre de masse (A)Nombre total de nucléons du noyau, protons et neutrons confondus.
  • isotopesNoyaux de même Z et de A différents : même élément, mêmes propriétés chimiques, masses différentes.
  • cationIon de charge positive, formé par PERTE d'un ou plusieurs électrons (Na⁺, Ca²⁺).
  • anionIon de charge négative, formé par GAIN d'un ou plusieurs électrons (Cl⁻, O²⁻).
  • abondanceProportion d'un élément dans un milieu donné, exprimée en masse ou en nombre d'atomes — les deux ne donnent pas le même classement.

Notation d'un noyau

ZAXavecA=Z+N^{A}_{Z}\mathrm{X}\quad\text{avec}\quad A = Z + NZA​XavecA=Z+N

Z est le numéro atomique (nombre de protons), A le nombre de nucléons et N le nombre de neutrons. L'élément est entièrement fixé par Z.

Charge et neutralité

qnoyau=+Z eatome neutre:Neˊlectrons=Zq_{\text{noyau}} = +Z\,e \qquad \text{atome neutre} : N_{\text{électrons}} = Zqnoyau​=+Zeatome neutre:Neˊlectrons​=Z

Le noyau porte la charge +Z·e ; l'atome est neutre car il possède Z électrons de charge −e. Un ion de charge q a gagné ou perdu q/e électrons.

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Exemple corrigé

Composition d'un noyau et d'un ion

L'ion aluminium s'écrit 1327Al3+^{27}_{13}\mathrm{Al}^{3+}1327​Al3+. Déterminer le nombre de protons, de neutrons et d'électrons de cet ion. Quel est l'élément chimique concerné ? Justifier que cet ion porte la charge +3e.

  1. 01Identifier Z et A

    Pour 1327Al^{27}_{13}\mathrm{Al}1327​Al, le numéro atomique est Z = 13 et le nombre de nucléons est A = 27. L'élément, fixé par Z = 13, est l'aluminium.

  2. 02Compter les nucléons

    Le noyau contient Z = 13 protons. Le nombre de neutrons est N = A − Z = 27 − 13 = 14.

  3. 03Compter les électrons de l'ion

    L'atome neutre aurait 13 électrons. La charge +3e (cation 3+) signifie qu'il a perdu 3 électrons : il en reste 13 − 3 = 10.

  4. 04Justifier la charge

    Le noyau porte +13e (13 protons) et les 10 électrons portent −10e. La charge totale vaut +13e − 10e = +3e.

Résultat : L'ion 1327Al3+^{27}_{13}\mathrm{Al}^{3+}1327​Al3+ possède 13 protons, 14 neutrons et 10 électrons ; c'est un ion de l'élément aluminium, de charge +3e.

Objectif Bac

  • Déterminer la composition d'un noyau à partir de la notation ZAX^{A}_{Z}\mathrm{X}ZA​X : nombre de protons (Z), de neutrons (A − Z) et d'électrons (Z si l'atome est neutre, Z − q pour un ion de charge q+).
  • Reconnaître deux isotopes sur un tableau de noyaux et justifier qu'ils ont les mêmes propriétés chimiques mais des masses différentes.
  • Estimer la proportion d'un élément dans un échantillon, en nombre d'atomes ou en masse, à partir d'une formule chimique ou d'un tableau de composition — et préciser laquelle des deux on donne.
  • Lire un diagramme d'abondance à échelle logarithmique et comparer deux milieux (Univers, croûte terrestre, matière vivante) en expliquant l'écart par leur histoire.
  • Distinguer atome et ion sur un schéma ou une formule, et écrire la charge correcte en justifiant par le nombre d'électrons gagnés ou perdus.

Erreurs fréquentes

  • Confondre Z (nombre de protons, qui définit l'élément) et A (nombre de nucléons). Le nombre de neutrons ne se lit pas directement : il vaut N = A − Z.
  • Croire qu'un ion est un autre élément : Na et Na⁺ sont tous deux du sodium (Z = 11). Seuls les électrons ont changé ; Z, donc l'élément, est inchangé.
  • Donner une abondance sans dire si elle est en masse ou en nombre d'atomes. Les deux classements diffèrent : l'hydrogène est très abondant en nombre d'atomes dans la croûte terrestre, mais faible en masse, parce qu'un atome d'hydrogène est seize fois plus léger qu'un atome d'oxygène.
  • Transposer l'abondance de l'Univers à la Terre : H et He dominent l'Univers, mais la croûte terrestre est dominée par O et Si. Le classement n'est pas universel, il dépend du milieu.
  • Lire une échelle logarithmique comme une échelle linéaire : sur un diagramme d'abondance, deux graduations d'écart signifient un facteur 100, pas un écart de 2.

§ 01

Révision active

Une roche silicatée modèle a pour formule globale SiO₂ (silice). Dans un échantillon contenant 6,0 × 10²² motifs SiO₂, déterminer le nombre d'atomes de chaque élément, puis la proportion (en nombre d'atomes) de l'élément oxygène dans cet échantillon.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 02
§ 02

L'origine des éléments : nucléosynthèse#

~5 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Points clés

L'abondance des éléments n'est pas un fait arbitraire : c'est la trace d'une histoire en trois épisodes, et savoir raconter ces trois épisodes suffit à expliquer la forme du diagramme d'abondance.
Premier épisode, la nucléosynthèse primordiale. Quelques minutes après le Big Bang, l'Univers est assez chaud pour que des protons et des neutrons s'assemblent, et assez bref pour que la fusion s'arrête aussitôt : il en sort essentiellement de l'hydrogène et de l'hélium, plus une trace de lithium. C'est pourquoi ces deux éléments représentent encore aujourd'hui près de 98 % de la matière ordinaire de l'Univers. Aucun élément lourd n'a été produit à ce stade.
Deuxième épisode, la nucléosynthèse stellaire. Au cœur des étoiles, la température et la pression permettent à des noyaux légers de fusionner en noyaux plus lourds, en libérant de l'énergie — c'est cette énergie qui fait briller les étoiles. La chaîne monte par étapes : hydrogène vers hélium, puis, dans les étoiles massives, hélium vers carbone et oxygène, jusqu'au fer. Elle s'arrête là, et pour une raison précise : le noyau de fer (Z = 26) est le plus stable de tous. Au-delà, la fusion consomme de l'énergie au lieu d'en libérer, donc elle ne peut plus alimenter l'étoile (voir Fig. 3).

Les sites de la nucléosynthèse : du Big Bang aux supernovæ

Sites de la nucléosynthèse (du Big Bang aux supernovæ)Graphe, Big Bang : H, He → Fusion stellaire, Fusion stellaire → Fer Z=26 (le plus stable), Fer Z=26 (le plus stable) → Supernovæ : éléments lourdsBig Bang : H, HeFusion stellaireFer Z = 26 (leplus stable)Supernovæ :éléments lourdsjusqu'au ferau-delà du fer
Fig. 3Chaîne des sites de formation des éléments. Le Big Bang produit H et He ; la fusion au cœur des étoiles édifie les noyaux jusqu'au fer (Z = 26), le plus stable et terminus de la fusion productrice d'énergie ; les éléments plus lourds naissent lors d'événements violents (supernovæ, fusions d'astres compacts) et restent rares.
Fig. 3 ↓
Troisième épisode, les événements violents. Les éléments plus lourds que le fer — cuivre, argent, or, plomb, uranium — ne peuvent naître d'une fusion ordinaire, puisque celle-ci ne libère plus d'énergie. Ils se forment lors d'événements qui apportent brutalement l'énergie manquante : explosions de supernovae et fusions d'astres compacts. Ces événements sont rares et brefs, d'où la rareté de ces éléments.
La conséquence se lit directement sur le diagramme : l'abondance décroît globalement quand Z augmente, avec une chute nette au-delà du fer. L'or est environ un milliard de fois moins abondant que l'hydrogène — non parce qu'il serait « précieux », mais parce que sa seule voie de formation est un cataclysme stellaire.
Une distinction est constamment évaluée ici : chimique ou nucléaire. Une transformation CHIMIQUE réarrange les atomes en molécules ; les noyaux ne changent pas, Z est conservé, et aucun élément n'est créé ni détruit. Une transformation NUCLÉAIRE — fusion, fission, radioactivité — modifie le noyau lui-même : Z change, donc l'élément change. La nucléosynthèse est nucléaire. C'est la seule manière connue de fabriquer un élément à partir d'un autre, et elle demande des énergies des millions de fois supérieures à celles de la chimie.
Il en découle une formule qui n'est pas qu'une image : tous les atomes plus lourds que l'hélium présents dans notre corps ont été fabriqués dans des étoiles aujourd'hui mortes. Le carbone de nos molécules organiques et le fer de notre hémoglobine ont une origine stellaire datable.

Vocabulaire

→ Cartes
  • nucléosynthèse primordialeFormation de l'hydrogène et de l'hélium dans les premières minutes de l'Univers, avant toute étoile.
  • nucléosynthèse stellaireFormation des éléments jusqu'au fer par fusion au cœur des étoiles, avec libération d'énergie.
  • fusion nucléaireAssemblage de deux noyaux légers en un noyau plus lourd ; elle libère de l'énergie tant qu'on reste en deçà du fer.
  • supernovaExplosion d'une étoile massive en fin de vie, l'un des sites de formation des éléments plus lourds que le fer.
  • transformation nucléaireTransformation qui modifie le noyau lui-même, donc Z et l'élément — au contraire d'une transformation chimique.

Chaîne de fusion stellaire (schéma)

11H+11H+…  ⟶  24He  ⟶  …  ⟶  2656Fe^{1}_{1}\mathrm{H} + {}^{1}_{1}\mathrm{H} + \ldots \;\longrightarrow\; {}^{4}_{2}\mathrm{He} \;\longrightarrow\; \ldots \;\longrightarrow\; {}^{56}_{26}\mathrm{Fe}11​H+11​H+…⟶24​He⟶…⟶2656​Fe

Schématiquement, l'hydrogène fusionne en hélium, puis des fusions successives édifient des noyaux de plus en plus lourds, jusqu'au fer 2656Fe{}^{56}_{26}\mathrm{Fe}2656​Fe, terminus de la fusion productrice d'énergie.

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Exemple corrigé

Lire et interpréter une abondance

Dans l'Univers, la fraction massique de l'hydrogène est d'environ 75 % et celle du fer d'environ 0,11 %. Estimer combien de fois l'hydrogène est plus abondant (en masse) que le fer, puis interpréter ce résultat à l'aide de la nucléosynthèse.

  1. 01Poser le rapport

    On compare les deux fractions massiques en formant leur quotient.

  2. 02Calculer

    Le quotient vaut environ 6,8 × 10². L'hydrogène est donc à peu près 700 fois plus abondant que le fer.

  3. 03Interpréter

    L'hydrogène est primordial (Big Bang) et n'a pas été « consommé » en totalité. Le fer, lui, ne se forme que par fusion au cœur des étoiles : il est bien plus rare. Plus largement, l'abondance décroît avec Z, ce qui reflète l'histoire de la nucléosynthèse.

Résultat : L'hydrogène est environ 700 fois plus abondant que le fer en masse, ce qui traduit son origine primordiale et la rareté des éléments synthétisés ultérieurement dans les étoiles.

Objectif Bac

  • Reconstituer les trois sites de nucléosynthèse (primordiale, stellaire, événements violents) et attribuer à chacun le domaine d'éléments qu'il produit.
  • Justifier la rupture au fer : le noyau de fer est le plus stable, donc au-delà la fusion cesse de libérer de l'énergie et ne peut plus alimenter une étoile.
  • Interpréter un diagramme d'abondance en échelle logarithmique : reconnaître la prédominance de H et He, la décroissance globale avec Z et la chute au-delà de Z = 26.
  • Distinguer, sur une équation donnée, une transformation chimique (Z conservé pour chaque élément) d'une transformation nucléaire (Z modifié) et nommer la différence d'ordre de grandeur énergétique.
  • Relier l'abondance d'un élément donné (or, carbone, fer) à son site de formation, en une phrase causale et non descriptive.

Erreurs fréquentes

  • Écrire que tous les éléments se forment dans le cœur des étoiles : la fusion stellaire ne construit que jusqu'au fer. Au-delà, il faut des supernovae ou des fusions d'astres compacts.
  • Dire que la fusion « s'arrête au fer parce que le fer est trop lourd » : la raison est énergétique, pas une question de masse. Le noyau de fer étant le plus stable, fusionner au-delà CONSOMME de l'énergie.
  • Confondre fusion et fission : la fusion assemble des noyaux légers (elle est à l'œuvre dans les étoiles), la fission casse des noyaux lourds (elle est à l'œuvre dans les centrales nucléaires).
  • Traiter la nucléosynthèse comme une réaction chimique et écrire une équation où Z se conserve : dans une transformation nucléaire, Z change — c'est précisément ce qui crée un nouvel élément.
  • Croire que l'hydrogène est encore fabriqué aujourd'hui : il est primordial, il n'est pas produit, il est au contraire CONSOMMÉ par les étoiles depuis leur formation.

§ 02

Révision active

À l'aide d'un diagramme d'abondance des éléments dans l'Univers (échelle logarithmique), expliquer pourquoi l'or (Z = 79) est environ un milliard de fois moins abondant que l'oxygène, en mobilisant les mécanismes de nucléosynthèse.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 03
§ 03

L'atome, essentiellement constitué de vide (modèle de Rutherford)#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Points clés

Le modèle de Rutherford n'est pas une intuition, c'est la lecture obligée d'une expérience. En 1909-1911, on bombarde une très mince feuille d'or avec des particules α (des noyaux d'hélium). Si la matière était pleine et la charge positive répartie uniformément, toutes les particules devraient être légèrement déviées. Or la quasi-totalité traverse sans dévier, et une sur dix mille environ rebondit presque vers l'arrière. Rutherford en tire la seule conclusion compatible : la charge positive et la masse sont concentrées dans un volume minuscule, et le reste est vide.
Le modèle qui en sort tient en une phrase : un noyau très petit, très dense, chargé positivement, concentrant la quasi-totalité de la masse, entouré d'un cortège d'électrons occupant l'essentiel du volume. C'est un exemple canonique de la démarche scientifique — une mesure quantitative inattendue impose de remplacer un modèle par un autre.
Les deux ordres de grandeur à retenir sont le cœur du sous-thème (voir Fig. 4). Rayon d'un atome : environ 10⁻¹⁰ m, soit 0,1 nm. Rayon d'un noyau : environ 10⁻¹⁵ m, soit 1 fm. Le rapport des rayons vaut donc 10⁻¹⁰ / 10⁻¹⁵ = 10⁵ : le noyau est cent mille fois plus petit que l'atome.

Échelles comparées de l'atome et de son noyau : une matière presque vide

Échelles comparées de l'atome et de son noyauSchéma avec 4 éléments, r(atome) ≈ 10⁻¹⁰ m, noyau : r ≈ 10⁻¹⁵ mr(atome) ≈ 10⁻¹⁰mnoyau : r ≈10⁻¹⁵ m
Fig. 4Représentation conceptuelle (hors échelle) : le disque en pointillés figure l'atome (r ≈ 10⁻¹⁰ m) et le point central le noyau (r ≈ 10⁻¹⁵ m), environ 10⁵ fois plus petit. Comme le volume varie comme le cube du rayon, le noyau occupe ≈ 10¹⁵ fois moins de place que l'atome : la matière est essentiellement constituée de vide.
Fig. 4 ↓
Le passage des longueurs aux volumes est le calcul le plus souvent raté. Le volume varie comme le CUBE de la dimension : si les rayons sont dans un rapport 10⁵, les volumes sont dans un rapport (10⁵)³ = 10¹⁵. Le noyau occupe donc un millionième de milliardième du volume de l'atome. Une image juste : si le noyau était une bille d'un centimètre placée au centre d'un stade, le premier électron serait dans les tribunes, et tout l'espace entre les deux serait vide.
La masse, elle, se répartit exactement à l'inverse. Un proton et un neutron ont des masses voisines, de l'ordre de m_nucléon ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg. Un électron pèse environ 1 836 fois moins : sa contribution est négligeable au niveau de précision demandé. La masse d'un atome s'estime donc par m ≈ A × m_nucléon, en ne comptant que les nucléons.
En rassemblant les deux résultats, on obtient la propriété la plus frappante de la matière : presque toute la MASSE est dans le noyau, presque tout le VOLUME est occupé par le cortège électronique. Le noyau atteint donc une masse volumique de l'ordre de 10¹⁷ kg·m⁻³ — un centimètre cube de matière nucléaire pèserait cent millions de tonnes. C'est cette densité que l'on retrouve dans les étoiles à neutrons.
Enfin, une précision de vocabulaire que le programme entretient : dire que « la matière est essentiellement constituée de vide » est correct à l'échelle atomique, mais ne signifie pas qu'un objet soit traversable. Ce sont les interactions électriques entre cortèges électroniques qui rendent la matière impénétrable, pas le remplissage de l'espace.

Vocabulaire

→ Cartes
  • nucléonConstituant du noyau : proton ou neutron. Les deux ont une masse voisine de 1,67 × 10⁻²⁷ kg.
  • cortège électroniqueEnsemble des électrons de l'atome ; il occupe l'essentiel du volume et une part négligeable de la masse.
  • particule αNoyau d'hélium (2 protons, 2 neutrons) ; c'est le projectile de l'expérience de Rutherford.
  • femtomètre (fm)Unité valant 10⁻¹⁵ m, à l'échelle du noyau atomique.
  • masse volumiqueMasse par unité de volume, en kg·m⁻³ ; celle du noyau atteint environ 10¹⁷ kg·m⁻³.

Masse d'un atome

matome≈A×mnucleˊonmnucleˊon≈1,67×10−27 kgm_{\text{atome}} \approx A \times m_{\text{nucléon}} \qquad m_{\text{nucléon}} \approx 1{,}67\times 10^{-27}\ \mathrm{kg}matome​≈A×mnucleˊon​mnucleˊon​≈1,67×10−27 kg

La masse de l'atome est portée par ses A nucléons (protons et neutrons), de masse quasi identique ; la masse des électrons est négligeable.

Atome / noyau : tailles et volumes

ratomernoyau≈10−1010−15=105VatomeVnoyau≈(105)3=1015\dfrac{r_{\text{atome}}}{r_{\text{noyau}}} \approx \dfrac{10^{-10}}{10^{-15}} = 10^{5} \qquad \dfrac{V_{\text{atome}}}{V_{\text{noyau}}} \approx (10^{5})^{3} = 10^{15}rnoyau​ratome​​≈10−1510−10​=105Vnoyau​Vatome​​≈(105)3=1015

Le rayon de l'atome est environ 100 000 fois celui du noyau ; comme le volume varie comme le cube du rayon, l'atome est environ 10¹⁵ fois plus volumineux que son noyau : il est presque vide.

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Exemple corrigé

Masse d'un atome de fer et densité du noyau

Le noyau de fer le plus courant est 2656Fe{}^{56}_{26}\mathrm{Fe}2656​Fe. Calculer la masse d'un atome de fer (on prend mₙ ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg). Sachant que le rayon de l'atome est ~1,3 × 10⁻¹⁰ m et celui du noyau ~5 × 10⁻¹⁵ m, comparer les volumes occupés et conclure.

  1. 01Masse de l'atome

    L'atome compte A = 56 nucléons. Sa masse vaut m ≈ A × mₙ = 56 × 1,67 × 10⁻²⁷ kg.

  2. 02Rapport des rayons

    On compare les rayons de l'atome et du noyau.

  3. 03Rapport des volumes

    Le volume varie comme le cube du rayon : on élève le rapport précédent au cube.

  4. 04Conclure

    L'atome est environ dix mille milliards de fois plus volumineux que son noyau, alors que presque toute sa masse y est concentrée : la matière est essentiellement constituée de vide et le noyau est extrêmement dense.

Résultat : Un atome de fer pèse environ 9,4 × 10⁻²⁶ kg ; son noyau, ~10¹³ fois moins volumineux que l'atome, porte presque toute la masse : l'atome est quasi vide.

Explication pas à pas5 étapes
  1. 1

    À l'échelle de l'atome, presque tout est vide. Comparons d'abord les tailles : l'atome mesure environ 10⁻¹⁰ mètre, le noyau environ 10⁻¹⁵ mètre.

  2. 2

    Le rapport des rayons vaut donc environ cent mille. Mais ce qui compte pour le vide, c'est le volume.

  3. 3

    Comme le volume varie comme le cube du rayon, le rapport des volumes atteint dix puissance quinze.

  4. 4

    Et pourtant, presque toute la masse est dans ce noyau minuscule, car les électrons sont quasiment sans masse.

  5. 5

    Conclusion : un noyau dense et lourd, perdu dans un immense espace presque entièrement vide. C'est le modèle de Rutherford.

Objectif Bac

  • Comparer les ordres de grandeur du noyau et de l'atome, et en déduire le rapport des rayons (10⁵) puis celui des volumes (10¹⁵) en explicitant le passage au cube.
  • Calculer la masse d'un atome à partir de son nombre de nucléons A et de la masse d'un nucléon, puis justifier que la masse des électrons est négligeable.
  • Estimer la masse volumique du noyau et la comparer à celle d'un solide ordinaire, en commentant l'écart obtenu.
  • Interpréter le résultat de l'expérience de Rutherford : relier « presque tout passe » au vide de l'atome et « quelques-unes rebondissent » à un noyau minuscule, dense et chargé.
  • Reformuler correctement l'expression « la matière est essentiellement vide » : elle porte sur l'occupation du volume, pas sur la possibilité de traverser un objet.

Erreurs fréquentes

  • Appliquer le rapport des rayons au rapport des volumes : un facteur 10⁵ sur les rayons donne 10¹⁵ sur les volumes, car V ∝ r³. C'est l'erreur la plus fréquente du sous-thème.
  • Ajouter la masse des électrons au calcul : elle est environ 1 836 fois plus petite que celle d'un nucléon, donc m(atome) ≈ A × m_nucléon suffit largement à la précision demandée.
  • Utiliser Z au lieu de A dans le calcul de masse : la masse vient de TOUS les nucléons (protons ET neutrons), donc de A, pas des seuls protons.
  • Conclure de « l'atome est essentiellement vide » qu'on devrait pouvoir traverser un mur : l'impénétrabilité vient de la répulsion électrique entre cortèges électroniques, pas du remplissage de l'espace.
  • Oublier de convertir avant de comparer : 0,1 nm et 1 fm ne se comparent pas tels quels ; il faut passer aux mètres (10⁻¹⁰ m et 10⁻¹⁵ m) avant de faire le quotient.

§ 03

Révision active

Le noyau d'or a un rayon d'environ 7 × 10⁻¹⁵ m et l'atome d'or un rayon d'environ 1,4 × 10⁻¹⁰ m. Estimer le rapport de leurs rayons, puis le rapport de leurs volumes, et conclure sur la proportion de vide dans l'atome.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 04
§ 04

Des édifices ordonnés : les cristaux (maille, compacité, masse volumique)#

~7 min de lecture●●●ApprofondissementBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Points clés

Un solide cristallin est défini par une propriété géométrique : la périodicité. Un même motif — atome, ion ou molécule — se répète régulièrement dans les trois directions de l'espace. La maille est le plus petit volume qui, recopié par translations, reconstitue tout le cristal ; connaître la maille, c'est connaître le cristal entier.
Compter les atomes d'une maille est l'opération de base, et elle repose entièrement sur le partage entre mailles voisines. Un atome placé à un sommet d'un cube est partagé entre 8 mailles : il compte pour 1/8. Un atome au centre d'une face est partagé entre 2 mailles : 1/2. Un atome au milieu d'une arête est partagé entre 4 : 1/4. Un atome strictement à l'intérieur n'est partagé avec personne : il compte pour 1.
Deux structures suffisent au programme (voir Fig. 5 et Fig. 6). La maille CUBIQUE SIMPLE ne porte que ses 8 sommets, soit 8 × 1/8 = 1 atome par maille ; les atomes s'y touchent le long de l'arête, d'où a = 2r. La maille CUBIQUE À FACES CENTRÉES porte 8 sommets et 6 centres de faces, soit 8 × 1/8 + 6 × 1/2 = 1 + 3 = 4 atomes par maille ; les atomes s'y touchent le long de la DIAGONALE d'une face, d'où a√2 = 4r. Se tromper de contact est l'erreur qui invalide tout le reste du calcul.

Maille cubique simple en perspective (atomes aux sommets, a = 2r)

Maille cubique simple : 8 sommets, 1 atome par maille, a = 2rFigure géométrique (3D), a = 2rx1x2x3a = 2r

Maille cubique à faces centrées (CFC) : 8 sommets + 6 centres de faces

Maille CFC : 8 sommets + 6 centres de faces (4 atomes/maille, a√2 = 4r)Figure géométrique (3D), a√2 = 4rx1x2x3a√2 = 4r
Fig. 6Maille CFC : aux 8 sommets s'ajoutent 6 atomes au centre des faces, soit 8 × 1/8 + 6 × 1/2 = 4 atomes par maille. Les atomes se touchent le long de la diagonale d'une face, d'où la relation a√2 = 4r (et la compacité maximale C = π√2/6 ≈ 0,74). Un atome de centre de face est mis en évidence.
Fig. 5 ↓Fig. 6 ↓
La compacité C est la fraction du volume de la maille réellement occupée par la matière : C = (volume des atomes de la maille) / (volume de la maille) = n × (4/3)πr³ / a³. Son intérêt tient à un fait remarquable : elle ne dépend pas de la taille des atomes. En remplaçant r par son expression en fonction de a, le rayon disparaît et il ne reste qu'un nombre purement géométrique — C = π/6 ≈ 0,52 pour le cubique simple, C = π√2/6 ≈ 0,74 pour le cubique à faces centrées. La compacité caractérise donc l'ARRANGEMENT, pas l'élément.
La valeur 0,74 n'est pas un résultat parmi d'autres : c'est l'empilement le plus compact possible de sphères identiques, quel qu'il soit. Un cristal métallique adopte très souvent cette structure, précisément parce qu'elle minimise le vide.
La masse volumique fait le lien entre le modèle et une grandeur mesurable en laboratoire : ρ = (masse des atomes de la maille) / (volume de la maille) = n × M / (N_A × a³), où n est le nombre d'atomes par maille, M la masse molaire, N_A la constante d'Avogadro et a l'arête. Toute la démarche du sous-thème tient dans cette confrontation : on postule une structure, on en déduit une masse volumique, on la compare à la valeur mesurée. L'accord valide le modèle cristallin — c'est un exemple de validation quantitative d'un modèle, exactement ce que le programme cherche à faire comprendre.
Attention aux unités dans ce calcul : M est le plus souvent donnée en g·mol⁻¹ et a en nanomètres ou en picomètres. Pour obtenir ρ en kg·m⁻³, il faut convertir M en kg·mol⁻¹ et a en mètres AVANT d'élever au cube — une erreur de conversion sur a est amplifiée d'un facteur 10⁹ ou plus.

Vocabulaire

→ Cartes
  • maillePlus petit volume qui, répété par translations dans les trois directions, reconstitue tout le cristal.
  • motifEntité chimique (atome, ion ou molécule) qui se répète périodiquement aux nœuds du réseau.
  • compacitéFraction du volume de la maille occupée par la matière ; nombre sans unité, entre 0 et 1, indépendant de la taille des atomes.
  • cubique à faces centréesMaille cubique portant un atome à chaque sommet et au centre de chaque face : 4 atomes par maille, compacité 0,74.
  • constante d’Avogadro (N_A)Nombre d'entités par mole, N_A ≈ 6,02 × 10²³ mol⁻¹ ; elle fait le pont entre l'échelle atomique et l'échelle du laboratoire.
  • masse volumique (ρ)Masse par unité de volume, en kg·m⁻³ ; c'est la grandeur mesurable qui valide le modèle de maille.

Compacité d'une maille

C=n ⋅ 43πr3a3C = \dfrac{n\,\cdot\,\frac{4}{3}\pi r^{3}}{a^{3}}C=a3n⋅34​πr3​

C est le rapport du volume réellement occupé par les n atomes (assimilés à des sphères de rayon r) au volume a³ de la maille cubique.

Compacité du cubique simple

Ccubique simple=1⋅43πr3(2r)3=π6≈0,52C_{\text{cubique simple}} = \dfrac{1\cdot\frac{4}{3}\pi r^{3}}{(2r)^{3}} = \dfrac{\pi}{6} \approx 0{,}52Ccubique simple​=(2r)31⋅34​πr3​=6π​≈0,52

Avec 1 atome par maille et a = 2r, le rayon r se simplifie : la compacité vaut exactement π/6, soit environ 52 % du volume occupé.

Masse volumique d'un cristal

ρ=n MNA a3\rho = \dfrac{n\,M}{N_{A}\,a^{3}}ρ=NA​a3nM​

n est le nombre d'atomes par maille, M la masse molaire, N_A la constante d'Avogadro et a l'arête de la maille cubique.

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Exemple corrigé

Compacité du cubique simple, puis masse volumique du polonium

Le polonium α cristallise dans une structure cubique simple d'arête a = 0,334 nm. Données : M(Po) = 209 g·mol⁻¹, N_A = 6,02 × 10²³ mol⁻¹. 1) Établir la compacité d'une maille cubique simple. 2) Calculer la masse volumique du polonium.

  1. 01Atomes par maille

    Les 8 atomes occupent les sommets ; chacun est partagé entre 8 mailles. Le nombre d'atomes par maille est n = 8 × 1/8 = 1.

  2. 02Relation a–r

    Dans le cubique simple, les atomes se touchent le long de l'arête : a = 2r, donc r = a/2.

  3. 03Compacité

    On reporte n = 1 et r = a/2 dans la définition de C. Le rayon se simplifie et l'on obtient un résultat indépendant de a.

  4. 04Masse volumique

    On applique ρ = nM/(N_A a³) avec n = 1, M = 209 × 10⁻³ kg·mol⁻¹ et a = 0,334 × 10⁻⁹ m, soit a³ ≈ 3,73 × 10⁻²⁹ m³.

  5. 05Résultat numérique

    Le calcul donne ρ ≈ 9,3 × 10³ kg·m⁻³, soit 9,3 g·cm⁻³, en bon accord avec la valeur tabulée du polonium (~9,2 g·cm⁻³).

Résultat : La compacité du cubique simple vaut π/6 ≈ 0,52 ; la masse volumique calculée du polonium, ρ ≈ 9,3 g·cm⁻³, est cohérente avec la valeur mesurée.

Objectif Bac

  • Compter le nombre d'atomes par maille en appliquant les fractions de partage (sommet 1/8, face 1/2, arête 1/4, intérieur 1) et en présentant le compte terme à terme.
  • Établir la relation entre l'arête a et le rayon r selon la structure : a = 2r pour le cubique simple (contact sur l'arête), a√2 = 4r pour le cubique à faces centrées (contact sur la diagonale d'une face).
  • Calculer une compacité et montrer explicitement que r se simplifie — c'est ce qui prouve qu'elle ne dépend que de la géométrie.
  • Calculer une masse volumique par ρ = n·M / (N_A·a³) en convertissant M en kg·mol⁻¹ et a en mètres avant le cube, puis comparer à la valeur tabulée pour conclure sur le modèle.
  • Représenter une maille en perspective avec les atomes aux bonnes positions, et indiquer sur le schéma la direction selon laquelle les atomes se touchent.

Erreurs fréquentes

  • Compter 8 atomes pour une maille cubique simple : chaque sommet est partagé entre 8 mailles, donc 8 × 1/8 = 1 seul atome par maille.
  • Utiliser a = 2r pour la structure cubique à faces centrées : les atomes n'y touchent PAS le long de l'arête. Le contact se fait sur la diagonale d'une face, d'où a√2 = 4r.
  • Croire que la compacité dépend de l'élément ou de la taille des atomes : le rayon se simplifie dans le calcul. Deux métaux différents de même structure ont exactement la même compacité.
  • Oublier d'élever la conversion au cube : si a est donnée en nanomètres, a³ vaut (a × 10⁻⁹)³ = a³ × 10⁻²⁷ m³, pas a³ × 10⁻⁹. Cette seule erreur fait manquer la masse volumique de 18 ordres de grandeur.
  • Prendre la masse d'UN atome pour la masse de la maille : il faut multiplier par n, le nombre d'atomes réellement contenus dans la maille (1 pour le cubique simple, 4 pour le cubique à faces centrées).

§ 04

Révision active

L'aluminium cristallise dans une structure cubique à faces centrées d'arête a = 0,405 nm. Données : M(Al) = 27,0 g·mol⁻¹, N_A = 6,02 × 10²³ mol⁻¹. Déterminer le nombre d'atomes par maille, puis calculer la masse volumique de l'aluminium et la comparer à la valeur tabulée (2,70 g·cm⁻³).

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 05
§ 05

Variétés cristallines, allotropie et matière amorphe#

~6 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Points clés

Une même espèce chimique peut cristalliser sous plusieurs structures distinctes : ce sont ses variétés allotropiques. La composition ne change pas d'un allotrope à l'autre — seul change l'arrangement géométrique des atomes et la nature des liaisons entre eux. C'est le thème d'un principe plus général : les propriétés d'un solide ne se déduisent pas de sa seule composition.
Le carbone en est l'exemple canonique, et il est demandé de savoir l'argumenter par la géométrie, pas seulement de citer les deux noms (voir Fig. 7). Dans le GRAPHITE, chaque atome est lié à trois voisins dans un plan, formant des feuillets d'hexagones ; ces feuillets ne sont retenus entre eux que par des interactions faibles. Ils glissent donc les uns sur les autres — d'où un solide tendre, qui laisse une trace sur le papier, et bon conducteur électrique puisque des électrons restent délocalisés dans le plan des feuillets.

Allotropie du carbone : graphite (feuillets) et diamant (réseau tétraédrique)

Allotropie du carbone : graphite et diamantfigure à plusieurs panneaux, 2 panneaux, Données: a) graphite — Formule développée avec 6 atomes et 6 liaisons; b) diamant — Formule développée avec 5 atomes et 4 liaisonsAllotropie du carbone : graphite et diamantCCCCCCa) graphiteCCCCCb) diamantMême élément (C), deux structures : c'est la structure qui fait la propriété.
Fig. 7Même élément (carbone), deux structures cristallines, des propriétés opposées. (a) Graphite : feuillets d'hexagones à liaisons délocalisées (anneau aromatique) — tendre et conducteur. (b) Diamant : chaque carbone est lié à quatre voisins selon un réseau tétraédrique tridimensionnel — très dur et isolant. C'est la structure, et non la composition, qui fait la propriété.
Fig. 7 ↓
Dans le DIAMANT, chaque atome de carbone est lié à quatre voisins selon un tétraèdre, et ces liaisons fortes se propagent dans les trois directions de l'espace sans aucun plan de faiblesse. Il en résulte le solide le plus dur que l'on connaisse, transparent, et isolant électrique — tous les électrons de valence sont engagés dans des liaisons, aucun n'est libre de circuler.
La conclusion à formuler explicitement : à composition chimique identique, des structures différentes donnent des propriétés physiques très différentes. Dureté, transparence, conductivité, aptitude au clivage sont gouvernées par la STRUCTURE et par la nature des liaisons — pas par l'identité de l'élément.
Cette même logique s'applique aux solides naturels. Les minéraux qui composent les roches sont, pour la plupart, cristallins, et le programme relie leur taille à une histoire thermique : un magma qui refroidit LENTEMENT en profondeur laisse aux atomes le temps de s'ordonner et donne de gros cristaux visibles à l'œil nu (structure grenue, comme le granite) ; un magma refroidi BRUTALEMENT en surface donne de très petits cristaux, voire du verre volcanique. La taille des cristaux est donc un enregistrement de la vitesse de refroidissement.
Les êtres vivants construisent eux aussi des solides cristallins : le carbonate de calcium des coquilles et des calcaires biogènes, le phosphate de calcium des os et des dents. Le cristal n'est pas une affaire de minéral inerte.
Un solide amorphe, enfin, n'a PAS d'ordre périodique à grande distance : ses atomes sont figés dans un désordre proche de celui du liquide dont il vient. Le verre en est l'exemple type, obtenu par refroidissement trop rapide pour que l'ordre s'installe. Il n'a donc pas de maille qui se répète, et — conséquence observable — pas de température de fusion nette : il se ramollit progressivement au lieu de fondre à une température fixe, alors qu'un cristal fond à température constante.

Vocabulaire

→ Cartes
  • variété allotropiqueStructure cristalline distincte d'une même espèce chimique (graphite et diamant pour le carbone).
  • solide amorpheSolide dépourvu d'ordre périodique à grande distance ; ses atomes sont figés dans un désordre proche de celui du liquide.
  • structure grenueTexture d'une roche magmatique entièrement cristallisée en grands cristaux visibles, signe d'un refroidissement lent en profondeur.
  • clivageAptitude d'un cristal à se rompre selon des plans privilégiés, hérités de son arrangement atomique.
  • électron délocaliséÉlectron non engagé dans une liaison fixe, libre de se déplacer — c'est lui qui rend le graphite conducteur.
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Exemple corrigé

Argumenter l'allotropie carbone et reconnaître l'amorphe

On dispose de trois échantillons constitués des mêmes éléments : du diamant (carbone), du graphite (carbone) et un verre de silice (silice SiO₂). 1) Justifier que diamant et graphite, bien que de même composition, aient des propriétés opposées. 2) Préciser lequel des solides n'est pas cristallin et pourquoi.

  1. 01Même élément, structures différentes

    Diamant et graphite sont deux variétés allotropiques du carbone : la composition est identique (uniquement du carbone), mais l'arrangement des atomes diffère.

  2. 02Relier structure et propriétés

    Dans le diamant, chaque carbone est lié à 4 voisins dans un réseau tétraédrique rigide en trois dimensions : d'où sa grande dureté et son caractère isolant. Dans le graphite, les atomes forment des feuillets plans faiblement liés entre eux, qui glissent : d'où sa douceur, et des électrons délocalisés dans les feuillets le rendent conducteur.

  3. 03Conclusion sur l'allotropie

    À composition identique, c'est la structure cristalline qui détermine les propriétés : l'allotropie illustre directement le lien structure → propriétés.

  4. 04Identifier l'amorphe

    Le verre de silice n'est pas cristallin : ses atomes ne présentent pas d'ordre périodique à grande distance (pas de maille répétée). C'est un solide amorphe, contrairement au diamant et au graphite qui sont cristallins.

Résultat : Diamant et graphite diffèrent par leur structure cristalline (allotropie du carbone), d'où des propriétés opposées ; le verre de silice, lui, est amorphe (pas d'ordre périodique) et donc non cristallin.

Objectif Bac

  • Argumenter une différence de propriétés entre deux allotropes (graphite/diamant) en partant de la géométrie des liaisons — nombre de voisins, dimension du réseau, présence ou non de plans de faiblesse.
  • Distinguer un solide cristallin (ordre périodique, maille répétée, fusion à température fixe) d'un solide amorphe (désordre figé, pas de maille, ramollissement progressif).
  • Relier la taille des cristaux d'une roche magmatique à sa vitesse de refroidissement, et en déduire un lieu de formation (profondeur ou surface).
  • Justifier la conductivité électrique du graphite et le caractère isolant du diamant par la disponibilité ou l'engagement des électrons de valence.
  • Citer un exemple de solide cristallin d'origine biologique (carbonate de calcium des coquilles, phosphate de calcium des os) et le rattacher à la notion de motif répété.

Erreurs fréquentes

  • Traiter graphite et diamant comme deux éléments chimiques différents : ce sont deux structures du MÊME élément carbone. La différence est structurale, jamais compositionnelle.
  • Ranger le verre parmi les cristaux : le verre est amorphe, il n'a pas d'ordre périodique à grande distance ni de maille répétée. La preuve expérimentale la plus simple est qu'il n'a pas de température de fusion nette.
  • Inverser le lien refroidissement / taille des cristaux : c'est le refroidissement LENT qui donne de GROS cristaux, parce que les atomes ont le temps de se placer. Un refroidissement brutal fige le désordre.
  • Justifier la dureté du diamant par « des liaisons plus fortes » sans rien dire de la géométrie : la clé est que le réseau tétraédrique est tridimensionnel et sans plan de faiblesse, alors que le graphite est feuilleté.
  • Confondre solide amorphe et liquide : un verre est bien un SOLIDE — ses atomes sont figés et ne s'écoulent pas. Il partage avec le liquide le désordre, pas la mobilité.

§ 05

Révision active

Le diamant et le graphite sont tous deux constitués uniquement de carbone. Expliquer, en s'appuyant sur la disposition des atomes et des liaisons, pourquoi le diamant est très dur et isolant alors que le graphite est tendre et conducteur. Conclure sur le rôle de la structure cristalline.

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Rappel actif

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Sources : Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 06
§ 06

1.3 Une structure complexe : la cellule vivante#

~7 min de lecture●●○StandardBOeduscol-programme-enseignement-scientifique

Points clés

Après les éléments et les cristaux, le programme franchit une marche : il existe une organisation de la matière que le non-vivant ne produit pas. La cellule en est l'unité. Elle n'est pas faite d'atomes particuliers — carbone, hydrogène, oxygène, azote se trouvent aussi dans une roche — mais d'un agencement particulier, entretenu en permanence par des échanges avec le milieu.
La théorie cellulaire est née d'un instrument. Sans microscope, la cellule est invisible : Hooke observe en 1665 des logettes dans le liège, et il faut deux siècles d'observations convergentes, sur des végétaux puis des animaux, pour oser l'énoncé général — tout être vivant est composé de cellules, et toute cellule provient d'une cellule. Le microscope électronique, dans les années 1930-1950, ouvre l'intérieur : on y voit les organites, et le lien se fait entre l'échelle moléculaire et l'échelle cellulaire. C'est un cas d'école de la manière dont un savoir scientifique se construit : une technique nouvelle, des observations répétées sur des objets variés, puis une généralisation prudente.
Les ordres de grandeur sont exigibles et se retiennent comme une échelle à cinq barreaux, chacun séparé du suivant par un facteur voisin de 10³ à 10⁴ (voir Fig. 8). Atome : 10⁻¹⁰ m. Molécule organique courante : 10⁻⁹ m. Organite (mitochondrie, chloroplaste) : 10⁻⁶ m, soit le micromètre. Cellule : de 10⁻⁵ m (une cellule animale typique, 10 à 50 µm) à 10⁻⁴ m. Organisme : 1 m pour l'être humain. Entre l'atome et la cellule, dix ordres de grandeur — d'où l'utilité du microscope optique pour la cellule et du microscope électronique pour tout ce qui est plus petit qu'environ 0,2 µm.

Les cinq ordres de grandeur du vivant, de l'atome à l'organisme

Longueurs en mètres, exposant de la puissance de 10Droite numérique, atome, molécule, organite, cellule, organisme, microscope optique−10−9−8−7−6−5−4−3−2−10microscopeoptiqueatomemoléculeorganitecelluleorganisme
Fig. 8Échelle logarithmique des longueurs, graduée en puissances de 10 du mètre. Chaque barreau est séparé du suivant par un facteur 10³ à 10⁴. La zone marquée « microscope optique » indique le domaine réellement accessible à l'optique (limite de résolution ≈ 0,2 µm, soit 10^−6,7 m) : la cellule y est visible, l'organite à peine, la molécule et l'atome jamais.
Fig. 8 ↓
La cellule est un milieu réactionnel aqueux séparé de l'extérieur par la membrane plasmique. Cette membrane n'est pas une paroi étanche : c'est une bicouche de lipides d'environ 7 à 8 nm d'épaisseur, dans laquelle sont insérées des protéines. Les molécules apolaires et les petites molécules non chargées (dioxygène, dioxyde de carbone) la traversent directement ; l'eau, les ions et les molécules polaires passent par des protéines de transport spécialisées. La membrane est donc sélective, et c'est cette sélectivité qui permet à la cellule de maintenir une composition interne différente du milieu extérieur.
Maintenir une différence coûte de l'énergie. Une cellule vivante consomme en permanence : elle prélève des nutriments et du dioxygène, rejette des déchets, et cesse d'être vivante dès que ces échanges s'arrêtent. Cette dépendance permanente à l'environnement est le critère qui sépare le vivant du non-vivant beaucoup plus sûrement que la composition chimique. Un cristal de sel est un ordre stable qui ne consomme rien ; une cellule est un ordre entretenu, qui s'effondre sans apport.
Le statut des virus est le cas limite que le programme demande de discuter, non de trancher. Un virus possède un matériel génétique et une capside protéique, il évolue, il se réplique — mais il n'a ni membrane plasmique délimitant un milieu réactionnel propre, ni métabolisme, et il ne se réplique qu'en détournant la machinerie d'une cellule hôte. Selon le critère retenu — hérédité et évolution, ou métabolisme et autonomie — on le range ou non parmi les vivants. Une bonne réponse nomme le critère avant de conclure.
Enfin, des molécules exogènes — venues de l'extérieur — peuvent entrer et modifier le fonctionnement cellulaire. Certaines sont indispensables : les vitamines, que l'organisme ne sait pas synthétiser. D'autres sont des toxiques cellulaires : éthanol, solvants, métaux lourds, composés de la fumée de cigarette. Le même mécanisme d'échange qui nourrit la cellule est donc aussi sa vulnérabilité.

Vocabulaire

→ Cartes
  • théorie cellulaireGénéralisation selon laquelle tout être vivant est constitué de cellules et toute cellule provient d'une cellule préexistante.
  • membrane plasmiqueBicouche de lipides d'environ 7 nm, riche en protéines, qui délimite la cellule et règle sélectivement ses échanges.
  • organiteCompartiment spécialisé de l'intérieur de la cellule (mitochondrie, chloroplaste, noyau), de taille voisine du micromètre.
  • milieu réactionnelVolume aqueux dans lequel se déroulent les réactions chimiques du métabolisme cellulaire.
  • molécule exogèneMolécule provenant de l'extérieur de l'organisme, indispensable (vitamine) ou toxique (éthanol, solvant).
  • capsideEnveloppe protéique qui protège le matériel génétique d'un virus ; elle ne délimite pas un milieu réactionnel.

Rapport d'échelle entre la cellule et l'atome

ℓcelluleℓatome≈3×10−51×10−10=3×105\dfrac{\ell_{\text{cellule}}}{\ell_{\text{atome}}} \approx \dfrac{3 \times 10^{-5}}{1 \times 10^{-10}} = 3 \times 10^{5}ℓatome​ℓcellule​​≈1×10−103×10−5​=3×105

ℓ désigne une longueur caractéristique, en mètres. Le quotient de deux longueurs est sans unité : environ trois cent mille atomes alignés pour traverser une cellule. C'est ce type de rapport, et non une valeur absolue, que l'on demande de commenter.

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Exemple corrigé

Situer une bactérie et un virus sur l'échelle des tailles

Une bactérie mesure environ 2 µm de long, un virus de la grippe environ 100 nm. La limite de résolution d'un microscope optique est d'environ 0,2 µm. Exprimer les trois longueurs en mètres sous forme de puissances de dix, calculer combien de fois la bactérie est plus grande que le virus, puis dire lequel des deux objets peut être observé au microscope optique et lequel exige la microscopie électronique.

  1. 01Convertir en puissances de 10

    Une bactérie mesure environ 2 µm de long. Or 1 µm = 10⁻⁶ m, donc 2 µm = 2 × 10⁻⁶ m. Un virus de la grippe mesure environ 100 nm ; 1 nm = 10⁻⁹ m, donc 100 nm = 1 × 10⁻⁷ m.

  2. 02Comparer les deux objets

    On divise la plus grande longueur par la plus petite.

    2×10−61×10−7=20\dfrac{2 \times 10^{-6}}{1 \times 10^{-7}} = 201×10−72×10−6​=20
  3. 03Conclure sur l'instrument

    La limite de résolution du microscope optique vaut environ 0,2 µm = 2 × 10⁻⁷ m. La bactérie (2 × 10⁻⁶ m) est dix fois plus grande que cette limite : elle est observable en microscopie optique. Le virus (1 × 10⁻⁷ m) est deux fois plus PETIT que la limite : il faut la microscopie électronique.

Résultat : Une bactérie est une vingtaine de fois plus grande qu'un virus grippal, et cet écart tombe précisément de part et d'autre de la limite de résolution optique — ce qui explique historiquement pourquoi les bactéries ont été vues au XIXᵉ siècle et les virus seulement dans les années 1930.

Objectif Bac

  • Situer sur une échelle logarithmique les cinq ordres de grandeur exigibles — atome 10⁻¹⁰ m, molécule 10⁻⁹ m, organite 10⁻⁶ m, cellule 10⁻⁵ m, organisme 1 m — et en déduire quel instrument permet d'observer quoi.
  • Analyser un document historique sur la théorie cellulaire : identifier l'apport de l'instrument, dire ce que l'observation autorise à généraliser et ce qu'elle n'autorise pas.
  • Interpréter une expérience d'échange à travers la membrane (plasmolyse, turgescence, coloration vitale) en distinguant passage direct à travers la bicouche et passage par une protéine de transport.
  • Discuter le statut des virus en énonçant d'abord le critère de définition du vivant retenu, puis en concluant selon ce critère — jamais l'inverse.
  • Relier la présence d'une molécule exogène au fonctionnement cellulaire, dans les deux sens : molécule indispensable (vitamine) ou toxique cellulaire (éthanol, solvant, métal lourd).

Erreurs fréquentes

  • Écrire que la cellule est « la plus petite unité de matière » : la plus petite unité de matière est l'atome. La cellule est la plus petite unité du VIVANT, ce qui n'est pas la même affirmation — elle contient déjà des milliards de molécules.
  • Confondre l'échelle de l'organite et celle de la cellule : une mitochondrie mesure environ 1 µm, une cellule animale 10 à 50 µm. Un facteur 10 à 50 les sépare, pas un facteur 1 000.
  • Décrire la membrane plasmique comme une barrière imperméable : elle est SÉLECTIVE. Le dioxygène et le dioxyde de carbone la traversent directement, l'eau et les ions passent par des protéines. Sans échanges, la cellule meurt.
  • Trancher le statut des virus sans énoncer de critère (« un virus est vivant car il se reproduit » / « un virus n'est pas vivant, c'est tout »). La réponse attendue nomme le critère — métabolisme et autonomie, ou hérédité et évolution — puis conclut relativement à lui.
  • Croire que « molécule exogène » est synonyme de « molécule toxique » : une vitamine est exogène et indispensable. Exogène veut dire venue de l'extérieur, pas nocive.

§ 06

Révision active

Une mitochondrie mesure environ 1 µm de long, une cellule animale environ 30 µm de diamètre, et un atome environ 0,1 nm. (a) Exprimer ces trois longueurs en mètres, en puissances de 10. (b) Combien d'atomes alignés faudrait-il pour traverser une cellule ? (c) Le pouvoir de résolution d'un microscope optique est d'environ 0,2 µm. Lequel de ces trois objets peut-on espérer y distinguer ? Justifier.

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Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'enseignement scientifique — classe de première, voie générale (annexe, BO n° 25 du 22 juin 2023), sous-thème 1.3 (Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse)

Vérifié · 06/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 06

    • 01Les éléments chimiques : abondance, noyaux, atomes et ions○
    • 02L'origine des éléments : nucléosynthèse◐
    • 03L'atome, essentiellement constitué de vide (modèle de Rutherford)◐
    • 04Des édifices ordonnés : les cristaux (maille, compacité, masse volumique)●
    • 05Variétés cristallines, allotropie et matière amorphe◐
    • 061.3 Une structure complexe : la cellule vivante◐

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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme d’enseignement scientifique de première générale — annexe, texte en vigueur (BO n° 25 du 22 juin 2023, mathématiques intégrées)

Voir aussi

  • La Terre, un astre singulierLes mêmes éléments chimiques, à l’échelle de la planète : composition, âge et datation.
  • Le Soleil, notre source d’énergieLa nucléosynthèse stellaire y devient un flux d’énergie reçu par la Terre.
  • Une histoire du vivantDe la cellule à la biodiversité : l’organisation de la matière vivante à l’échelle des populations.

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Le Soleil, notre source d’énergie

EuraStudy·Fiches T·01·MMXXVI

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