EuraStudy
Fiches/Mathématiques/Sommes de variables aléatoires
FR · Bac

Sommes de variables aléatoires

Ce thème franchit le pas du « une seule variable aléatoire » au « plusieurs variables qu'on additionne », pierre angulaire de la statistique. On y établit deux propriétés majeures : la linéarité de l'espérance, toujours vraie, et l'additivité de la variance, réservée au cas indépendant. Appliquées à un échantillon i.i.d., elles donnent l'espérance et la variance de la moyenne empirique MnM_nMn​, dont la variance σ2/n\sigma^2/nσ2/n s'effondre quand nnn grandit. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev rend cette concentration quantitative et conduit à la loi des grands nombres — la moyenne empirique se rapproche de l'espérance — que l'on illustre et estime par simulation en Python.

5 sections·~32 min de lecture·4 compétences·Vérifié · 08/2026

T·131313 / 14
Profil d’examen
Calculer l'espérance et la variance d'une somme ou d'une combinaison linéaire de variables aléatoires, en mobilisant la linéarité de l'espérance et l'additivité de la variance dans le cas indépendant.Déterminer l'espérance et la variance de la moyenne d'un échantillon de variables i.i.d., et interpréter la décroissance de la variance en σ²/n.Appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et l'inégalité de concentration pour majorer la probabilité d'un écart à l'espérance.Interpréter la loi des grands nombres et estimer, par simulation en Python, la probabilité qu'une moyenne empirique s'écarte de l'espérance.
Opérateurs :calculerdémontrermajorerappliquerinterpréterjustifiersimulerestimer

niveau de base

Maîtriser d'abord les deux automatismes-clés — E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X)V(aX+b)=a2V(X) — et, pour un échantillon i.i.d., les résultats E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n : ils suffisent à traiter la majorité des questions.

niveau approfondi

Approfondir les démonstrations exigibles (linéarité de l'espérance, additivité de la variance dans le cas indépendant via V(X)=E(X2)−E(X)2V(X)=E(X^2)-E(X)^2V(X)=E(X2)−E(X)2) et savoir enchaîner inégalité de concentration → loi des grands nombres, en reliant la majoration σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2) au nombre de simulations Python.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard · Interligne : Compact

Toujours charger les médias : désactivé

Sommaire · 5 sections▾
  1. Sommes de variables aléatoires
    • 01Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance○
    • 02Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes◐
    • 03Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique◐
    • 04Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration●
    • 05Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)●

5 sections · 20 points clés · 15 formules · 20 pièges signalés

§ 01
§ 01

Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance#

~6 min de lecture●○○BaseBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Linéarité de l'espérance : la somme des moyennes

Graphe, 3 nœuds, 2 arêtesGraphe, X — E(X) → X + Y — E(X) + E(Y), Y — E(Y) → X + Y — E(X) + E(Y)X — E(X)Y — E(Y)X + Y — E(X) +E(Y)++
Fig. 1On additionne deux variables aléatoires terme à terme (X+YX+YX+Y), et l'espérance de la somme est exactement la somme des espérances — sans condition.

Points clés

Somme de deux variables aléatoires : si XXX et YYY sont deux variables aléatoires définies sur le MÊME univers Ω\OmegaΩ, leur somme X+YX+YX+Y est la variable aléatoire qui, à chaque issue ω\omegaω, associe le réel X(ω)+Y(ω)X(\omega)+Y(\omega)X(ω)+Y(ω). De même, le produit d'une variable XXX par un réel aaa est la variable aXaXaX qui associe a X(ω)a\,X(\omega)aX(ω), et aX+baX+baX+b ajoute la constante bbb. Une combinaison linéaire aX+bYaX+bYaX+bY se construit en combinant ces deux opérations.
Linéarité de l'espérance — propriété FONDAMENTALE, toujours vraie : pour toutes variables aléatoires XXX et YYY et tous réels a,ba,ba,b, on a E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b. En particulier E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X) et E(b)=bE(b)=bE(b)=b (l'espérance d'une constante est cette constante). Attention : aucune hypothèse d'indépendance n'est requise — l'égalité E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) vaut même si XXX et YYY sont liées.
Généralisation à nnn variables : par récurrence, E(X1+X2+⋯+Xn)=E(X1)+E(X2)+⋯+E(Xn)E(X_1+X_2+\dots+X_n)=E(X_1)+E(X_2)+\dots+E(X_n)E(X1​+X2​+⋯+Xn​)=E(X1​)+E(X2​)+⋯+E(Xn​), et plus généralement E ⁣(∑aiXi)=∑aiE(Xi)E\!\left(\sum a_i X_i\right)=\sum a_i E(X_i)E(∑ai​Xi​)=∑ai​E(Xi​). C'est l'outil qui permet de calculer l'espérance d'un total (somme de gains, de scores, de durées) sans connaître la loi conjointe : il suffit des espérances individuelles.
Méthode de calcul d'une espérance individuelle : pour une variable discrète prenant les valeurs xix_ixi​ avec probabilités pip_ipi​, E(X)=∑ixi piE(X)=\sum_i x_i\,p_iE(X)=∑i​xi​pi​. Pour une variable suivant une loi de référence, on utilise les espérances connues : loi de Bernoulli B(p)\mathcal{B}(p)B(p) donne E=pE=pE=p ; loi binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p) donne E=npE=npE=np. La linéarité permet ensuite de combiner.
D'où vient la linéarité de l'espérance, et pourquoi n'exige-t-elle rien ? De la définition même de l'espérance, à condition de la lire sur les ISSUES et non sur les valeurs. Une variable aléatoire est une fonction sur l'univers, et son espérance s'écrit E(X)=∑ωX(ω) P({ω})E(X) = \sum_{\omega} X(\omega)\,P(\{\omega\})E(X)=∑ω​X(ω)P({ω}), somme portant sur toutes les issues. Or, par définition de la somme de deux variables, (X+Y)(ω)=X(ω)+Y(ω)(X+Y)(\omega) = X(\omega) + Y(\omega)(X+Y)(ω)=X(ω)+Y(ω) pour CHAQUE issue : en reportant dans la somme et en la scindant en deux, on obtient E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y) = E(X) + E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y). Aucune hypothèse sur la façon dont XXX et YYY se comportent l'une par rapport à l'autre n'est intervenue — c'est pourquoi la linéarité vaut toujours. Le programme précise que cette démonstration peut être admise ou justifiée sur un exemple ; ce qui est attendu, c'est de l'UTILISER à bon escient.
La conséquence pratique est celle qui rapporte des points : l'espérance d'une somme se calcule SANS connaître la loi de la somme. Pour la somme des points de deux dés équilibrés, inutile de dresser le tableau des onze valeurs possibles — chaque dé a pour espérance 3,53{,}53,5, donc le total a pour espérance 777. Mieux encore, l'argument survit à la dépendance. Tirez deux boules SANS remise dans une urne contenant les numéros 1, 2 et 3 : les deux tirages ne sont visiblement pas indépendants, et pourtant chaque tirage suit la même loi uniforme d'espérance 222, donc la somme a pour espérance 444 — ce que confirme le calcul direct sur les trois paires équiprobables, de sommes 3, 4 et 5. C'est exactement la capacité attendue « représenter une variable comme somme de variables aléatoires plus simples ».

Vocabulaire

→ Cartes
  • linéarité de l’espérancePropriété E(aX + bY) = aE(X) + bE(Y), valable pour toutes variables aléatoires, dépendantes ou non.
  • somme de variables aléatoiresVariable qui, à chaque issue, associe la somme des valeurs prises par chacune des variables.
  • universEnsemble Ω des issues de l'expérience ; une variable aléatoire en est une fonction à valeurs réelles.
  • décompositionÉcriture d'une variable comme somme de variables plus simples, technique centrale pour calculer une espérance.

Additivité de l'espérance

E(X+Y)=E(X)+E(Y)(toujours, sans hypotheˋse d’indeˊpendance)E(X+Y) = E(X) + E(Y) \qquad \text{(toujours, sans hypothèse d'indépendance)}E(X+Y)=E(X)+E(Y)(toujours, sans hypotheˋse d’indeˊpendance)

L'espérance d'une somme est la somme des espérances, quelles que soient les variables — c'est le résultat le plus puissant de cette section.

Espérance d'une transformation affine

E(aX+b)=a E(X)+b(a,b∈R)E(aX+b) = a\,E(X) + b \qquad (a,b \in \mathbb{R})E(aX+b)=aE(X)+b(a,b∈R)

Multiplier XXX par aaa multiplie l'espérance par aaa ; ajouter la constante bbb décale l'espérance de bbb.

Linéarité pour une combinaison de n variables

E ⁣(∑i=1naiXi)=∑i=1nai E(Xi)E\!\left(\sum_{i=1}^{n} a_i X_i\right) = \sum_{i=1}^{n} a_i\,E(X_i)E(i=1∑n​ai​Xi​)=i=1∑n​ai​E(Xi​)

L'espérance d'une combinaison linéaire est la combinaison linéaire des espérances : on « sort » les coefficients et on additionne.

La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Espérance d'une somme et d'une combinaison linéaire

Une roue de loterie donne un gain XXX (en euros) d'espérance E(X)=3E(X)=3E(X)=3. À chaque tour on paie une mise de 222 €, et on joue indépendamment trois tours, de gains X1,X2,X3X_1,X_2,X_3X1​,X2​,X3​ de même loi que XXX. On note T=X1+X2+X3T=X_1+X_2+X_3T=X1​+X2​+X3​ le gain brut total et B=T−6B=T-6B=T−6 le bénéfice net (après les trois mises). Calculer E(T)E(T)E(T) puis E(B)E(B)E(B).

  1. 01Espérance du total brut

    Les trois gains ont la même espérance E(Xi)=3E(X_i)=3E(Xi​)=3. Par linéarité (pas besoin de l'indépendance, mais elle est ici vérifiée), l'espérance de la somme est la somme des espérances.

    E(T)=E(X1+X2+X3)=E(X1)+E(X2)+E(X3)=3+3+3=9E(T) = E(X_1+X_2+X_3) = E(X_1)+E(X_2)+E(X_3) = 3+3+3 = 9E(T)=E(X1​+X2​+X3​)=E(X1​)+E(X2​)+E(X3​)=3+3+3=9
  2. 02Espérance du bénéfice net

    Le bénéfice B=T−6B=T-6B=T−6 est une transformation affine de TTT (ici a=1a=1a=1, b=−6b=-6b=−6). On applique E(aT+b)=aE(T)+bE(aT+b)=aE(T)+bE(aT+b)=aE(T)+b.

    E(B)=E(T−6)=E(T)−6=9−6=3E(B) = E(T-6) = E(T) - 6 = 9 - 6 = 3E(B)=E(T−6)=E(T)−6=9−6=3
  3. 03Interprétation

    En moyenne, après trois tours et trois mises, le joueur gagne 333 € : le jeu lui est, en espérance, favorable de 333 € sur trois parties.

Résultat : E(T)=9E(T)=9E(T)=9 € pour le gain brut total et E(B)=3E(B)=3E(B)=3 € pour le bénéfice net — obtenus par simple linéarité, sans déterminer la loi de TTT.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer l'espérance d'un total ou d'un gain modélisé par une somme de variables (par exemple le nombre total de succès, le gain cumulé sur plusieurs parties) en appliquant directement E(X1+⋯+Xn)=∑E(Xi)E(X_1+\dots+X_n)=\sum E(X_i)E(X1​+⋯+Xn​)=∑E(Xi​), sans chercher la loi de la somme.
  • Objectif Bac : exploiter E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b pour passer d'une variable « brute » à une variable transformée (changement d'unité, recentrage, gain net après mise) et conclure sur la valeur moyenne attendue.
  • Calculer l'espérance d'une somme sans chercher la loi de la somme : la linéarité suffit, et elle ne demande aucune hypothèse d'indépendance.
  • Décomposer une variable compliquée en somme de variables simples — indicatrices, gains par partie, succès par épreuve — avant tout calcul d'espérance.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la linéarité de l'espérance exige l'indépendance : c'est FAUX. E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) est toujours vraie ; l'indépendance n'intervient QUE pour la variance et pour E(XY)=E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y) (hors programme ici, mais ne pas confondre).
  • Appliquer la linéarité à un produit ou à un carré : E(XY)≠E(X)E(Y)E(XY)\neq E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y) en général, et surtout E(X2)≠E(X)2E(X^2)\neq E(X)^2E(X2)=E(X)2. La linéarité ne concerne QUE les sommes et les multiplications par des constantes, jamais les produits de variables ni les puissances.
  • Refuser d'appliquer la linéarité parce que les variables sont dépendantes : E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y) = E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) reste vraie, même pour un tirage sans remise.
  • Dresser la loi complète de la somme quand seule son espérance est demandée : c'est long, et la linéarité donne la réponse en une ligne.

§ 01

Révision active

Un jeu consiste à lancer deux dés équilibrés. On note XXX et YYY les résultats des deux dés, et S=X+YS=X+YS=X+Y le total. Sans déterminer la loi de SSS, calculer E(S)E(S)E(S), puis l'espérance du gain G=2S−5G=2S-5G=2S−5.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 02
§ 02

Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes#

~6 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Espérance vs variance : deux règles à ne pas confondre

Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, cellule mise en évidence : V(X) + V(Y) (si indépendance)Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: Règle · Espérance · Variance; Somme X + Y · E(X) + E(Y) (toujours) · V(X) + V(Y) (si indépendance); Affine aX + b · a · E(X) + b · a² · V(X), cellule mise en évidence : V(X) + V(Y) (si indépendance)RègleEspéranceVarianceSomme X + YE(X) + E(Y) (toujours)V(X) + V(Y) (siindépendance)Affine aX + ba · E(X) + ba² · V(X)
Fig. 2L'espérance est toujours additive ; la variance ne l'est QUE si les variables sont indépendantes. Le coefficient affine se comporte différemment : aaa pour l'espérance, a2a^2a2 pour la variance.

Points clés

Variance et transformation affine : la variance mesure la dispersion autour de l'espérance, V(X)=E((X−E(X))2)=E(X2)−E(X)2V(X)=E\big((X-E(X))^2\big)=E(X^2)-E(X)^2V(X)=E((X−E(X))2)=E(X2)−E(X)2, et l'écart-type est σ(X)=V(X)≥0\sigma(X)=\sqrt{V(X)}\ge0σ(X)=V(X)​≥0. Pour une transformation affine, V(aX+b)=a2 V(X)V(aX+b)=a^2\,V(X)V(aX+b)=a2V(X) : le coefficient aaa est ÉLEVÉ AU CARRÉ (la dispersion change d'échelle au carré), et l'ajout d'une constante bbb ne change PAS la variance (un décalage ne disperse pas). On en déduit σ(aX+b)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\,\sigma(X)σ(aX+b)=∣a∣σ(X).
Additivité de la variance dans le cas indépendant : si XXX et YYY sont INDÉPENDANTES, alors V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y). Cette propriété, contrairement à la linéarité de l'espérance, EXIGE l'indépendance — sans elle, l'égalité est en général fausse. Pour une combinaison de variables indépendantes deux à deux, V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y)V(aX+bY)=a^2V(X)+b^2V(Y)V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y).
Généralisation : si X1,X2,…,XnX_1,X_2,\dots,X_nX1​,X2​,…,Xn​ sont indépendantes (deux à deux), V(X1+X2+⋯+Xn)=V(X1)+V(X2)+⋯+V(Xn)V(X_1+X_2+\dots+X_n)=V(X_1)+V(X_2)+\dots+V(X_n)V(X1​+X2​+⋯+Xn​)=V(X1​)+V(X2​)+⋯+V(Xn​). C'est l'ingrédient décisif pour étudier la variance d'un total et, dans la section suivante, celle de la moyenne d'un échantillon.
Variances de référence à connaître : loi de Bernoulli B(p)\mathcal{B}(p)B(p) donne V=p(1−p)V=p(1-p)V=p(1−p) ; loi binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p) donne V=np(1−p)V=np(1-p)V=np(1−p) — résultat qui se RETROUVE en écrivant la binomiale comme somme de nnn Bernoulli indépendantes et en additionnant les variances p(1−p)p(1-p)p(1−p). Cet exemple illustre exactement la puissance de l'additivité de la variance.
Pourquoi l'indépendance est-elle indispensable ici alors qu'elle ne l'était pas pour l'espérance ? Deux cas extrêmes le montrent sans aucun calcul lourd. Prenez Y=XY = XY=X : alors X+Y=2XX + Y = 2XX+Y=2X, donc V(X+Y)=V(2X)=4V(X)V(X+Y) = V(2X) = 4V(X)V(X+Y)=V(2X)=4V(X), soit le DOUBLE de V(X)+V(Y)=2V(X)V(X) + V(Y) = 2V(X)V(X)+V(Y)=2V(X). Prenez maintenant Y=−XY = -XY=−X : alors X+YX + YX+Y est la variable nulle, de variance 000, alors que V(X)+V(Y)V(X) + V(Y)V(X)+V(Y) vaut 2V(X)2V(X)2V(X). Dans le premier cas les écarts se renforcent, dans le second ils s'annulent ; l'additivité ne peut donc valoir que lorsque les variables ne conspirent ni dans un sens ni dans l'autre — c'est ce que garantit l'indépendance. On en tire aussi la règle pratique sur les écarts-types : ils ne s'additionnent PAS, ils s'ajoutent en quadrature, σ(X+Y)=σ(X)2+σ(Y)2\sigma(X+Y) = \sqrt{\sigma(X)^2 + \sigma(Y)^2}σ(X+Y)=σ(X)2+σ(Y)2​, quantité toujours inférieure à σ(X)+σ(Y)\sigma(X) + \sigma(Y)σ(X)+σ(Y).
L'espérance et la variance de la loi binomiale forment la DÉMONSTRATION EXIGIBLE de ce chapitre, et elle tient en quatre lignes une fois la décomposition posée. Soit XXX suivant B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p), et pour chaque rang iii soit XiX_iXi​ la variable valant 111 si la iii-ème épreuve est un succès, 000 sinon. Par construction X=X1+⋯+XnX = X_1 + \dots + X_nX=X1​+⋯+Xn​, et les XiX_iXi​ suivent la même loi de Bernoulli de paramètre ppp, avec E(Xi)=pE(X_i) = pE(Xi​)=p et V(Xi)=p(1−p)V(X_i) = p(1-p)V(Xi​)=p(1−p). La linéarité de l'espérance donne alors E(X)=n×p=npE(X) = n \times p = npE(X)=n×p=np, sans autre hypothèse. L'additivité de la variance — que le programme ADMET, et qui s'applique parce que le schéma de Bernoulli est par construction une succession d'épreuves indépendantes — donne V(X)=n×p(1−p)=np(1−p)V(X) = n \times p(1-p) = np(1-p)V(X)=n×p(1−p)=np(1−p), puis σ(X)=np(1−p)\sigma(X) = \sqrt{np(1-p)}σ(X)=np(1−p)​. Notez que l'indépendance n'est pas à démontrer : elle est constitutive du modèle.

Vocabulaire

→ Cartes
  • additivité de la variancePropriété V(X + Y) = V(X) + V(Y), admise par le programme et valable pour des variables indépendantes.
  • variables indépendantesVariables dont la réalisation de l'une ne modifie pas la loi de l'autre ; hypothèse constitutive du modèle de succession d'épreuves.
  • somme en quadratureComposition √(σ₁² + σ₂²) des écarts-types, conséquence de l'additivité des variances.
  • variable indicatriceVariable valant 1 si un événement se réalise et 0 sinon ; son espérance est la probabilité de cet événement.

Variance d'une transformation affine

V(aX+b)=a2 V(X)etσ(aX+b)=∣a∣ σ(X)V(aX+b) = a^2\,V(X) \qquad \text{et} \qquad \sigma(aX+b) = |a|\,\sigma(X)V(aX+b)=a2V(X)etσ(aX+b)=∣a∣σ(X)

Le facteur aaa est élevé au carré ; la constante bbb disparaît, car translater une variable ne modifie pas sa dispersion.

Additivité de la variance (cas indépendant)

X, Y indeˊpendantes  ⟹  V(X+Y)=V(X)+V(Y)X,\,Y \ \text{indépendantes} \;\Longrightarrow\; V(X+Y) = V(X) + V(Y)X,Y indeˊpendantes⟹V(X+Y)=V(X)+V(Y)

L'égalité n'est garantie que sous l'hypothèse d'indépendance — c'est la différence essentielle avec la linéarité de l'espérance, toujours vraie.

Variance d'une somme de n variables indépendantes

X1,…,Xn indeˊpendantes  ⟹  V ⁣(∑i=1nXi)=∑i=1nV(Xi)X_1,\dots,X_n \ \text{indépendantes} \;\Longrightarrow\; V\!\left(\sum_{i=1}^{n} X_i\right) = \sum_{i=1}^{n} V(X_i)X1​,…,Xn​ indeˊpendantes⟹V(i=1∑n​Xi​)=i=1∑n​V(Xi​)

Les variances s'additionnent terme à terme dès lors que les variables sont indépendantes.

Loi binomiale B(10 ; 0,5) : E = np = 5, V = np(1−p) = 2,5

Fig. 3La binomiale est une somme de 10 Bernoulli indépendantes : son espérance 5 s'obtient par linéarité (10 × 0,5) et sa variance 2,5 par additivité (10 × 0,25). L'écart-type vaut σ = √2,5 ≈ 1,58.
Exemple corrigé

Variance d'une somme de variables indépendantes et d'une transformation affine

Deux machines remplissent indépendamment des bouteilles. On note XXX la masse (en g) versée par la première machine, d'espérance E(X)=500E(X)=500E(X)=500 et de variance V(X)=4V(X)=4V(X)=4, et YYY la masse versée par la seconde, avec E(Y)=300E(Y)=300E(Y)=300 et V(Y)=9V(Y)=9V(Y)=9. Une bouteille reçoit le contenu des deux machines : sa masse totale est T=X+YT=X+YT=X+Y. a) Calculer E(T)E(T)E(T) et V(T)V(T)V(T). b) Pour un contrôle, on étudie l'écart à la cible D=T−800D=T-800D=T−800 ; donner E(D)E(D)E(D) et V(D)V(D)V(D). c) On change d'unité (g → cg) : la masse devient C=100 TC=100\,TC=100T. Donner V(C)V(C)V(C).

  1. 01a) Espérance et variance du total

    L'espérance est additive sans condition. La variance est additive CAR XXX et YYY sont indépendantes.

    E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,\qquad V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13
  2. 02b) Écart à la cible (translation)

    D=T−800D=T-800D=T−800 est une translation (a=1a=1a=1, b=−800b=-800b=−800). L'espérance se décale, mais la variance ne change PAS.

    E(D)=E(T)−800=0,V(D)=12×V(T)=13E(D)=E(T)-800=0,\qquad V(D)=1^2\times V(T)=13E(D)=E(T)−800=0,V(D)=12×V(T)=13
  3. 03c) Changement d'unité (facteur 100)

    C=100 TC=100\,TC=100T multiplie par a=100a=100a=100 : la variance est multipliée par a2=1002=10 000a^2=100^2=10\,000a2=1002=10000.

    V(C)=1002×V(T)=10 000×13=130 000V(C)=100^2\times V(T)=10\,000\times 13=130\,000V(C)=1002×V(T)=10000×13=130000

Résultat : a) E(T)=800E(T)=800E(T)=800 g, V(T)=13V(T)=13V(T)=13 ; b) E(D)=0E(D)=0E(D)=0, V(D)=13V(D)=13V(D)=13 (la translation ne disperse pas) ; c) V(C)=130 000V(C)=130\,000V(C)=130000 (le facteur 100100100 est élevé au carré).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer la variance d'une somme de variables INDÉPENDANTES en additionnant les variances, et la variance d'une transformation affine via V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X)V(aX+b)=a2V(X) — en justifiant explicitement l'hypothèse d'indépendance quand on additionne.
  • Objectif Bac : retrouver E=npE=npE=np et V=np(1−p)V=np(1-p)V=np(1−p) pour une loi binomiale en l'interprétant comme somme de nnn épreuves de Bernoulli indépendantes, puis l'utiliser dans un calcul d'écart-type.
  • Restituer la démonstration exigible de E(X)=npE(X) = npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X) = np(1-p)V(X)=np(1−p) par décomposition en variables de Bernoulli, linéarité puis additivité.
  • Composer les écarts-types en quadrature et non par addition : σ(X+Y)=σ(X)2+σ(Y)2\sigma(X+Y) = \sqrt{\sigma(X)^2 + \sigma(Y)^2}σ(X+Y)=σ(X)2+σ(Y)2​ pour des variables indépendantes.

Erreurs fréquentes

  • Additionner les variances sans vérifier l'indépendance : V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) n'est valable QUE si XXX et YYY sont indépendantes. Sans cette hypothèse, l'égalité est en général fausse et la rédaction est pénalisée.
  • Oublier le carré sur le coefficient : écrire V(aX+b)=aV(X)V(aX+b)=aV(X)V(aX+b)=aV(X) au lieu de a2V(X)a^2V(X)a2V(X), ou croire que la constante bbb modifie la variance. Erreur fréquente : pour σ\sigmaσ, ne pas mettre la valeur absolue (σ(aX)=∣a∣σ(X)\sigma(aX)=|a|\sigma(X)σ(aX)=∣a∣σ(X)).
  • Additionner les écarts-types : ce sont les VARIANCES qui s'ajoutent sous indépendance, donc les écarts-types s'ajoutent en quadrature.
  • Vouloir prouver l'indépendance des XiX_iXi​ dans la démonstration binomiale : elle fait partie de la définition du schéma de Bernoulli, et le programme écarte cette question.

§ 02

Révision active

On note XXX le nombre de faces « pile » obtenues en lançant 202020 fois une pièce équilibrée. Justifier que XXX suit une loi binomiale, donner E(X)E(X)E(X) et V(X)V(X)V(X) par additivité, puis calculer la variance de Y=3X−4Y=3X-4Y=3X−4.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 03
§ 03

Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique#

~6 min de lecture●●○StandardBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Réduction de la variance σ²/n quand l'échantillon grandit

Graphe de fonction, n grand = 3.3*exp(-x^2/0.72); n moyen = 1.8*exp(-x^2/2); n petit = exp(-x^2/8)Courbe de n grand, maximum en (0, 3.3), ordonnée à l’origine y = 3.3, sur l’intervalle x de -6 à 6, Courbe de n moyen, maximum en (0, 1.8), ordonnée à l’origine y = 1.8, sur l’intervalle x de -6 à 6, Courbe de n petit, maximum en (0, 1), ordonnée à l’origine y = 1, sur l’intervalle x de -6 à 6−6−4−22460.511.522.533.5μn grandn moyenn petitMₙ
Fig. 4À mesure que nnn croît, la variance de la moyenne empirique σ2/n\sigma^2/nσ2/n rétrécit : la « cloche » de MnM_nMn​ se resserre autour de μ\muμ, alors que son centre reste fixé en μ\muμ.

Points clés

Définition d'un échantillon : un échantillon de taille nnn d'une loi est une suite X1,X2,…,XnX_1,X_2,\dots,X_nX1​,X2​,…,Xn​ de variables aléatoires INDÉPENDANTES et de MÊME LOI (on dit i.i.d. : indépendantes et identiquement distribuées). Elles modélisent nnn répétitions indépendantes de la même expérience aléatoire. On note μ=E(X1)\mu=E(X_1)μ=E(X1​) leur espérance commune et σ2=V(X1)\sigma^2=V(X_1)σ2=V(X1​) leur variance commune.
Moyenne empirique (ou moyenne d'échantillon) : c'est la variable aléatoire Mn=X1+X2+⋯+Xnn=1n∑i=1nXiM_n=\dfrac{X_1+X_2+\dots+X_n}{n}=\dfrac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}X_iMn​=nX1​+X2​+⋯+Xn​​=n1​∑i=1n​Xi​. Elle représente la moyenne observée sur l'échantillon ; comme les XiX_iXi​ sont aléatoires, MnM_nMn​ l'est aussi (elle change d'un échantillon à l'autre).
Espérance de la moyenne empirique : E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ. Démonstration par linéarité : E(Mn)=1n(E(X1)+⋯+E(Xn))=1n×nμ=μE(M_n)=\dfrac{1}{n}\big(E(X_1)+\dots+E(X_n)\big)=\dfrac{1}{n}\times n\mu=\muE(Mn​)=n1​(E(X1​)+⋯+E(Xn​))=n1​×nμ=μ. La moyenne empirique a la MÊME espérance que la variable individuelle : en moyenne, elle « vise juste » la vraie espérance μ\muμ (on dit qu'elle est sans biais).
Variance de la moyenne empirique : V(Mn)=σ2nV(M_n)=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=nσ2​. Démonstration : Mn=1nSnM_n=\dfrac{1}{n}S_nMn​=n1​Sn​ avec Sn=∑XiS_n=\sum X_iSn​=∑Xi​ ; par additivité (les XiX_iXi​ sont indépendantes) V(Sn)=nσ2V(S_n)=n\sigma^2V(Sn​)=nσ2, puis par V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^2V(X)V(aX)=a2V(X) avec a=1na=\tfrac{1}{n}a=n1​, V(Mn)=1n2×nσ2=σ2nV(M_n)=\dfrac{1}{n^2}\times n\sigma^2=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=n21​×nσ2=nσ2​. Point CLÉ : la variance décroît en σ2/n\sigma^2/nσ2/n, donc l'écart-type en σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​ — plus l'échantillon est grand, plus la moyenne empirique est resserrée autour de μ\muμ.
La loi en 1/n1/\sqrt{n}1/n​ est le résultat le plus lourd de conséquences du chapitre, et il vaut la peine de le formuler en termes de coût. L'écart-type de la moyenne empirique vaut σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​ : c'est la racine, pas nnn lui-même, qui figure au dénominateur. Diviser l'incertitude par deux exige donc de MULTIPLIER PAR QUATRE la taille de l'échantillon ; la diviser par dix exige de la multiplier par cent. Un sondage deux fois plus précis coûte quatre fois plus cher, et c'est cette loi des rendements décroissants qui explique pourquoi les enquêtes nationales se stabilisent autour de quelques milliers de personnes plutôt que de viser des échantillons gigantesques. La question type de l'épreuve suit ce raisonnement à l'envers : on fixe la précision voulue, on résout σ/n⩽s\sigma/\sqrt{n} \leqslant sσ/n​⩽s, et l'on conclut n⩾σ2/s2n \geqslant \sigma^2/s^2n⩾σ2/s2.
Une confusion doit être écartée avant toute interprétation : MnM_nMn​ est une VARIABLE ALÉATOIRE, pas un nombre. Chaque échantillon en donne une réalisation différente ; c'est précisément cette variabilité que mesure V(Mn)=σ2/nV(M_n) = \sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n. Dire que MnM_nMn​ est « sans biais » signifie que la moyenne de ses réalisations, sur un très grand nombre d'échantillons, vaut μ\muμ — et non qu'un échantillon particulier donne la bonne valeur. Les deux grandeurs à ne jamais confondre sont donc σ\sigmaσ, dispersion d'une observation isolée, qui ne dépend pas de nnn, et σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​, dispersion de la moyenne, qui décroît avec nnn. Un énoncé qui parle d'« écart-type » sans préciser laquelle des deux est visée doit être relu avec attention.

Vocabulaire

→ Cartes
  • échantillon i.i.d.Liste (X₁, …, Xₙ) de variables indépendantes suivant toutes la même loi.
  • moyenne empiriqueVariable aléatoire Mₙ = Sₙ/n, moyenne des observations d'un échantillon ; elle change d'un échantillon à l'autre.
  • sans biaisSe dit d'un estimateur dont l'espérance égale la quantité estimée ; ici E(Mₙ) = μ.
  • loi en racine de nDécroissance de l'écart-type de la moyenne en σ/√n : quadrupler la taille divise l'incertitude par deux.

Moyenne empirique d'un échantillon

Mn=1n∑i=1nXiavec X1,…,Xn i.i.d. (μ=E(Xi), σ2=V(Xi))M_n = \frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n} X_i \qquad \text{avec } X_1,\dots,X_n \ \text{i.i.d.}\ \big(\mu=E(X_i),\ \sigma^2=V(X_i)\big)Mn​=n1​i=1∑n​Xi​avec X1​,…,Xn​ i.i.d. (μ=E(Xi​), σ2=V(Xi​))

On somme les nnn variables de l'échantillon puis on divise par nnn : la moyenne observée, elle-même aléatoire.

Espérance de la moyenne empirique

E(Mn)=μE(M_n) = \muE(Mn​)=μ

La moyenne empirique a la même espérance que la variable individuelle : elle est centrée sur la vraie espérance μ\muμ (sans biais).

Variance et écart-type de la moyenne empirique

V(Mn)=σ2ndoncσ(Mn)=σnV(M_n) = \frac{\sigma^2}{n} \qquad \text{donc} \qquad \sigma(M_n) = \frac{\sigma}{\sqrt{n}}V(Mn​)=nσ2​doncσ(Mn​)=n​σ​

La dispersion de la moyenne empirique diminue avec nnn : sa variance est divisée par nnn, son écart-type par n\sqrt{n}n​.

Décroissance de l'écart-type σ(Mₙ) = σ/√n (ici σ = 2)

Fig. 5L'écart-type de la moyenne empirique décroît en σ/√n : il faut QUADRUPLER la taille de l'échantillon pour DIVISER PAR DEUX la dispersion (passer de n = 25 à n = 100 divise σ(Mₙ) par 2).
Exemple corrigé

Espérance, variance de la moyenne empirique et taille d'échantillon

Le temps d'attente XXX (en minutes) à un guichet a pour espérance μ=4\mu=4μ=4 et pour variance σ2=9\sigma^2=9σ2=9. On observe nnn clients, dont les temps X1,…,XnX_1,\dots,X_nX1​,…,Xn​ forment un échantillon i.i.d. de loi de XXX, et on note MnM_nMn​ le temps d'attente moyen observé. a) Donner E(Mn)E(M_n)E(Mn​) et V(Mn)V(M_n)V(Mn​) en fonction de nnn. b) Calculer σ(Mn)\sigma(M_n)σ(Mn​) pour n=36n=36n=36. c) Combien de clients faut-il observer pour que l'écart-type de MnM_nMn​ ne dépasse pas 0,30{,}30,3 min ?

  1. 01a) Espérance et variance

    Par les formules de la moyenne empirique d'un échantillon i.i.d. : l'espérance vaut μ\muμ (indépendante de nnn), la variance vaut σ2/n\sigma^2/nσ2/n.

    E(Mn)=μ=4,V(Mn)=σ2n=9nE(M_n)=\mu=4,\qquad V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}=\frac{9}{n}E(Mn​)=μ=4,V(Mn​)=nσ2​=n9​
  2. 02b) Écart-type pour n = 36

    On prend la racine de la variance : σ(Mn)=σ/n=3/36\sigma(M_n)=\sigma/\sqrt{n}=3/\sqrt{36}σ(Mn​)=σ/n​=3/36​.

    σ(M36)=336=36=0,5 min\sigma(M_{36})=\frac{3}{\sqrt{36}}=\frac{3}{6}=0{,}5\ \text{min}σ(M36​)=36​3​=63​=0,5 min
  3. 03c) Taille pour atteindre la précision

    On résout 3n≤0,3\dfrac{3}{\sqrt{n}}\le0{,}3n​3​≤0,3, soit n≥30,3=10\sqrt{n}\ge\dfrac{3}{0{,}3}=10n​≥0,33​=10, donc n≥100n\ge100n≥100.

    3n≤0,3  ⟺  n≥10  ⟺  n≥100\frac{3}{\sqrt{n}}\le0{,}3 \iff \sqrt{n}\ge 10 \iff n\ge 100n​3​≤0,3⟺n​≥10⟺n≥100

Résultat : a) E(Mn)=4E(M_n)=4E(Mn​)=4, V(Mn)=9/nV(M_n)=9/nV(Mn​)=9/n ; b) σ(M36)=0,5\sigma(M_{36})=0{,}5σ(M36​)=0,5 min ; c) il faut au moins n=100n=100n=100 clients pour que l'écart-type de la moyenne descende à 0,30{,}30,3 min.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : établir E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ par linéarité et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n par additivité puis V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^2V(X)V(aX)=a2V(X) — même schéma de preuve que la démonstration exigible sur la loi binomiale.
  • Objectif Bac : déterminer la taille nnn d'échantillon nécessaire pour atteindre une précision donnée sur la moyenne (par exemple un écart-type cible), en résolvant σ/n≤\sigma/\sqrt{n}\leσ/n​≤ seuil.
  • Traduire la décroissance en σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​ en exigence de taille : diviser l'incertitude par deux impose de multiplier nnn par quatre.
  • Distinguer par écrit σ\sigmaσ, dispersion d'une observation, et σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​, dispersion de la moyenne : ce sont deux grandeurs différentes.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l'espérance et la variance face à nnn : l'espérance E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ NE dépend PAS de nnn (elle reste constante), tandis que la variance V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n décroît. Croire que la moyenne empirique « se rapproche » en espérance est faux : c'est sa DISPERSION qui diminue.
  • Oublier le carré du 1/n1/n1/n : on a V(Mn)=1n2V(Sn)V(M_n)=\dfrac{1}{n^2}V(S_n)V(Mn​)=n21​V(Sn​) et non 1nV(Sn)\dfrac{1}{n}V(S_n)n1​V(Sn​) ; c'est la combinaison 1n2×nσ2\dfrac{1}{n^2}\times n\sigma^2n21​×nσ2 qui donne σ2n\dfrac{\sigma^2}{n}nσ2​. Sauter cette étape conduit souvent à une erreur d'un facteur nnn.
  • Croire qu'un échantillon deux fois plus grand divise l'incertitude par deux : le gain est en n\sqrt{n}n​, il faut quadrupler nnn pour diviser l'écart-type par deux.
  • Traiter MnM_nMn​ comme un nombre fixe : c'est une variable aléatoire, dont la variance σ2/n\sigma^2/nσ2/n est justement ce qui mesure sa fluctuation d'un échantillon à l'autre.

§ 03

Révision active

Une variable XXX a pour espérance μ=12\mu=12μ=12 et écart-type σ=3\sigma=3σ=3. On prélève un échantillon i.i.d. de taille nnn et on note MnM_nMn​ la moyenne empirique. Déterminer E(Mn)E(M_n)E(Mn​) et V(Mn)V(M_n)V(Mn​) en fonction de nnn, puis la plus petite taille nnn telle que l'écart-type de MnM_nMn​ soit inférieur à 0,50{,}50,5.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 04
§ 04

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration#

~5 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Bienaymé-Tchebychev : l'écart à l'espérance est contrôlé

Droite numérique, [0, 10], 3 points, 1 intervallesDroite numérique, E(X) − a, E(X), E(X) + a, |X − E(X)| < a0246810|X − E(X)| < aE(X) − aE(X)E(X) + a
Fig. 6Hors de l'intervalle ]E(X)−a ;E(X)+a[]E(X)-a\,;E(X)+a[]E(X)−a;E(X)+a[, la probabilité totale ne dépasse pas V(X)/a2V(X)/a^2V(X)/a2 : presque toute la masse reste à moins de aaa de l'espérance.

Points clés

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour toute variable aléatoire XXX admettant une espérance E(X)E(X)E(X) et une variance V(X)V(X)V(X), et pour tout réel a>0a>0a>0, P(∣X−E(X)∣≥a)≤V(X)a2P\big(|X-E(X)|\ge a\big)\le\dfrac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣≥a)≤a2V(X)​. Lecture : la probabilité que XXX s'écarte de son espérance d'AU MOINS aaa est majorée par V(X)a2\dfrac{V(X)}{a^2}a2V(X)​. C'est une majoration UNIVERSELLE (valable pour n'importe quelle loi), donc souvent grossière, mais utilisable sans connaître la loi exacte.
Lecture quantitative : plus la variance est petite, plus la probabilité d'un grand écart est faible ; et pour un écart aaa fixé, doubler aaa divise la borne par 444 (le a2a^2a2 au dénominateur). L'événement complémentaire donne P(∣X−E(X)∣<a)≥1−V(X)a2P\big(|X-E(X)|<a\big)\ge1-\dfrac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣<a)≥1−a2V(X)​ : une garantie de concentration autour de l'espérance.
Inégalité de concentration (cas de la moyenne empirique) : en appliquant Bienaymé-Tchebychev à X=MnX=M_nX=Mn​, dont E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2nV(M_n)=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=nσ2​, on obtient pour tout ε>0\varepsilon>0ε>0 : P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)\le\dfrac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​. La probabilité que la moyenne empirique s'écarte de μ\muμ d'au moins ε\varepsilonε est majorée par une quantité qui TEND VERS 000 quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞.
Méthode d'application : (1) identifier la variable, son espérance et sa variance ; (2) identifier l'écart aaa (ou ε\varepsilonε) ; (3) appliquer la formule pour MAJORER une probabilité, ou la résoudre pour trouver le nnn garantissant P≤P\leP≤ seuil. La borne n'est qu'une majoration : la vraie probabilité est en général bien plus petite (on ne « calcule » pas la probabilité, on la borne).
L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est universelle, et le programme insiste pour qu'on sache que cette universalité se paie : elle est loin d'être optimale. Appliquée à un écart de deux écarts-types, elle donne P(∣X−μ∣⩾2σ)⩽V(X)/(2σ)2=σ2/(4σ2)=1/4P(|X - \mu| \geqslant 2\sigma) \leqslant V(X)/(2\sigma)^2 = \sigma^2/(4\sigma^2) = 1/4P(∣X−μ∣⩾2σ)⩽V(X)/(2σ)2=σ2/(4σ2)=1/4. Or les simulations menées en classe montrent que, pour la plupart des lois rencontrées, cette probabilité est en réalité de l'ordre de quelques centièmes. L'écart entre 0,250{,}250,25 et la valeur observée n'est pas une erreur : c'est le prix d'une majoration valable pour TOUTE loi, y compris les plus défavorables. Retenez donc les deux moitiés de l'énoncé — l'inégalité est toujours vraie, et elle est presque toujours pessimiste.
Dimensionner un échantillon avec Bienaymé-Tchebychev, c'est raisonner par CONDITION SUFFISANTE, et il faut l'écrire ainsi. On part de P(∣Mn−μ∣⩾ε)⩽σ2/(nε2)P(|M_n - \mu| \geqslant \varepsilon) \leqslant \sigma^2/(n\varepsilon^2)P(∣Mn​−μ∣⩾ε)⩽σ2/(nε2), on impose à la BORNE d'être inférieure au risque α\alphaα toléré, et l'on résout : σ2/(nε2)⩽α\sigma^2/(n\varepsilon^2) \leqslant \alphaσ2/(nε2)⩽α équivaut à n⩾σ2/(αε2)n \geqslant \sigma^2/(\alpha\varepsilon^2)n⩾σ2/(αε2). Tout entier nnn vérifiant cette inégalité CONVIENT — mais rien ne dit qu'il soit le plus petit possible, puisque la vraie probabilité est plus petite que la borne. La rédaction attendue le reconnaît : « une taille n⩾…n \geqslant \dotsn⩾… suffit à garantir … », et non « il faut au moins … ». La nuance entre condition suffisante et condition nécessaire est ici évaluée.

Vocabulaire

→ Cartes
  • inégalité de Bienaymé-TchebychevMajoration P(|X − μ| ⩾ a) ⩽ V(X)/a², valable pour toute loi admettant une variance.
  • inégalité de concentrationCas particulier appliqué à la moyenne empirique : P(|Mₙ − μ| ⩾ ε) ⩽ σ²/(nε²).
  • condition suffisanteCondition qui garantit le résultat sans être nécessairement la plus faible possible ; statut exact d'un dimensionnement par Bienaymé-Tchebychev.
  • majorationBorne supérieure d'une quantité ; elle ne dit pas la valeur exacte, seulement qu'on ne la dépasse pas.

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev

∀a>0,P(∣X−E(X)∣≥a)≤V(X)a2\forall a>0,\qquad P\big(|X-E(X)|\ge a\big) \le \frac{V(X)}{a^2}∀a>0,P(∣X−E(X)∣≥a)≤a2V(X)​

La probabilité d'un écart à l'espérance d'au moins aaa est majorée par la variance divisée par a2a^2a2 — valable pour toute loi.

Forme complémentaire (garantie de proximité)

P(∣X−E(X)∣<a)≥1−V(X)a2P\big(|X-E(X)|< a\big) \ge 1 - \frac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣<a)≥1−a2V(X)​

En passant à l'événement contraire, on minore la probabilité que XXX reste à moins de aaa de son espérance.

Inégalité de concentration pour la moyenne empirique

∀ε>0,P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2\forall \varepsilon>0,\qquad P\big(|M_n-\mu|\ge \varepsilon\big) \le \frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}∀ε>0,P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​

Appliquée à MnM_nMn​, l'inégalité montre que la probabilité d'un écart ε\varepsilonε à μ\muμ tend vers 000 lorsque nnn augmente.

Borne de concentration σ²/(n ε²) en fonction de n (ici σ² = 4, ε = 0,5)

Fig. 7La majoration P(|Mₙ − μ| ≥ 0,5) ≤ 4/(n × 0,25) = 16/n décroît vers 0. Elle devient inférieure à 1 dès n > 16, et inférieure à 0,05 pour n ≥ 320 : la majoration garantit la concentration, même si elle est grossière.
Exemple corrigé

Application de Bienaymé-Tchebychev et de l'inégalité de concentration

La durée de vie XXX (en heures) d'un composant a pour espérance μ=1000\mu=1000μ=1000 et variance σ2=2500\sigma^2=2500σ2=2500. a) Majorer P(∣X−1000∣≥100)P(|X-1000|\ge100)P(∣X−1000∣≥100). b) On teste un échantillon i.i.d. de n=400n=400n=400 composants et on note MnM_nMn​ la durée de vie moyenne. Majorer P(∣Mn−1000∣≥10)P(|M_n-1000|\ge10)P(∣Mn​−1000∣≥10). c) Quelle taille nnn garantit P(∣Mn−1000∣≥10)≤0,01P(|M_n-1000|\ge10)\le0{,}01P(∣Mn​−1000∣≥10)≤0,01 ?

  1. 01a) Bienaymé-Tchebychev sur X

    On applique l'inégalité avec a=100a=100a=100 : la borne est V(X)/a2V(X)/a^2V(X)/a2.

    P(∣X−1000∣≥100)≤25001002=250010 000=0,25P(|X-1000|\ge100)\le\frac{2500}{100^2}=\frac{2500}{10\,000}=0{,}25P(∣X−1000∣≥100)≤10022500​=100002500​=0,25
  2. 02b) Inégalité de concentration sur la moyenne

    Ici V(Mn)=σ2/n=2500/400=6,25V(M_n)=\sigma^2/n=2500/400=6{,}25V(Mn​)=σ2/n=2500/400=6,25 et ε=10\varepsilon=10ε=10. On applique l'inégalité de concentration P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\sigma^2/(n\varepsilon^2)P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2).

    P(∣M400−1000∣≥10)≤2500400×102=250040 000=0,0625P(|M_{400}-1000|\ge10)\le\frac{2500}{400\times10^2}=\frac{2500}{40\,000}=0{,}0625P(∣M400​−1000∣≥10)≤400×1022500​=400002500​=0,0625
  3. 03c) Résoudre pour la taille n

    On impose la borne ≤0,01\le0{,}01≤0,01 et on isole nnn.

    2500n×102≤0,01  ⟺  25n≤0,01  ⟺  n≥250,01=2500\frac{2500}{n\times10^2}\le0{,}01 \iff \frac{25}{n}\le0{,}01 \iff n\ge\frac{25}{0{,}01}=2500n×1022500​≤0,01⟺n25​≤0,01⟺n≥0,0125​=2500

Résultat : a) P(∣X−1000∣≥100)≤0,25P(|X-1000|\ge100)\le0{,}25P(∣X−1000∣≥100)≤0,25 ; b) P(∣M400−1000∣≥10)≤0,0625P(|M_{400}-1000|\ge10)\le0{,}0625P(∣M400​−1000∣≥10)≤0,0625 ; c) il faut n≥2500n\ge2500n≥2500 composants pour garantir une probabilité d'écart d'au plus 0,010{,}010,01.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : appliquer correctement l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev pour MAJORER une probabilité d'écart, en identifiant proprement E(X)E(X)E(X), V(X)V(X)V(X) et l'écart aaa, et en concluant par « la probabilité est donc au plus … ».
  • Objectif Bac : utiliser l'inégalité de concentration P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\sigma^2/(n\varepsilon^2)P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2) pour déterminer une taille nnn garantissant un niveau de confiance donné (résoudre σ2/(nε2)≤α\sigma^2/(n\varepsilon^2)\le\alphaσ2/(nε2)≤α).
  • Écrire la conclusion d'un dimensionnement comme une condition SUFFISANTE : « une taille n⩾…n \geqslant \dotsn⩾… suffit », jamais « il faut au moins ».
  • Savoir que l'inégalité majore P(∣X−μ∣⩾2σ)P(|X-\mu| \geqslant 2\sigma)P(∣X−μ∣⩾2σ) par 1/41/41/4 alors que la valeur réelle est le plus souvent bien inférieure — la borne est universelle, donc pessimiste.

Erreurs fréquentes

  • Transformer la majoration en égalité : Bienaymé-Tchebychev donne une BORNE supérieure, pas la valeur de la probabilité. Écrire P(∣X−E(X)∣≥a)=V(X)/a2P(|X-E(X)|\ge a)=V(X)/a^2P(∣X−E(X)∣≥a)=V(X)/a2 est faux ; la vraie probabilité est en général strictement plus petite.
  • Se tromper de sens d'inégalité ou d'événement : confondre ≥a\ge a≥a (écart au moins aaa) et ≤a\le a≤a, ou appliquer la formule à P(X≥a)P(X\ge a)P(X≥a) au lieu de P(∣X−E(X)∣≥a)P(|X-E(X)|\ge a)P(∣X−E(X)∣≥a). La formule porte sur la valeur absolue de l'écart à l'ESPÉRANCE, pas sur XXX directement.
  • Conclure « il faut au moins nnn » à partir de Bienaymé-Tchebychev : la borne étant pessimiste, une taille plus petite peut suffire ; on ne démontre qu'une condition suffisante.
  • Appliquer l'inégalité à P(X⩾a)P(X \geqslant a)P(X⩾a) : elle porte sur l'écart ∣X−E(X)∣|X - E(X)|∣X−E(X)∣ à l'espérance, jamais sur la valeur de XXX elle-même.

§ 04

Révision active

Une variable XXX a pour espérance E(X)=50E(X)=50E(X)=50 et variance V(X)=16V(X)=16V(X)=16. Majorer, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, la probabilité P(∣X−50∣≥8)P(|X-50|\ge8)P(∣X−50∣≥8), puis minorer P(42<X<58)P(42<X<58)P(42<X<58).

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

§ 05
§ 05

Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)#

~8 min de lecture●●●ApprofondissementBOBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Trajectoires de moyennes empiriques convergeant vers μ

Graphe de fonction, 0.5 + 0.4*exp(-0.3*x)*cos(2*x); 0.5 - 0.42*exp(-0.32*x)*cos(1.6*x + 0.8); 0.5 + 0.45*exp(-0.28*x)*sin(1.3*x)Courbe représentative, minimum en (1.496, 0.247), maximum en (3.067, 0.658), minimum en (4.638, 0.402), maximum en (6.209, 0.561), minimum en (7.78, 0.462), maximum en (9.35, 0.524), minimum en (10.921, 0.485), ordonnée à l’origine y = 0.9, sur l’intervalle x de 0 à 12, Courbe représentative, maximum en (1.34, 0.768), minimum en (3.304, 0.357), maximum en (5.267, 0.576), minimum en (7.231, 0.459), maximum en (9.194, 0.522), minimum en (11.158, 0.488), ordonnée à l’origine y = 0.207, sur l’intervalle x de 0 à 12, Courbe représentative, maximum en (1.045, 0.828), minimum en (3.462, 0.333), maximum en (5.878, 0.585), minimum en (8.295, 0.457), maximum en (10.712, 0.522), ordonnée à l’origine y = 0.5, sur l’intervalle x de 0 à 12246810120.20.40.60.8μμ + εμ − εMₙn
Fig. 8Plusieurs simulations indépendantes : chaque trajectoire MnM_nMn​ oscille puis se resserre vers μ\muμ (la bande μ±ε\mu\pm\varepsilonμ±ε). La loi des grands nombres garantit que la quasi-totalité des trajectoires finit dans la bande.

Points clés

Loi (faible) des grands nombres : pour un échantillon i.i.d. X1,X2,…X_1,X_2,\dotsX1​,X2​,… d'espérance μ\muμ et de variance σ2\sigma^2σ2, la moyenne empirique MnM_nMn​ converge (en probabilité) vers μ\muμ quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞. Concrètement : pour tout écart ε>0\varepsilon>0ε>0 fixé, P(∣Mn−μ∣≥ε)→0P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)\to0P(∣Mn​−μ∣≥ε)→0. La preuve repose entièrement sur l'inégalité de concentration : la borne σ2nε2\dfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}nε2σ2​ tend vers 000, donc la probabilité aussi.
Interprétation : si l'on répète un grand nombre de fois une même expérience aléatoire indépendamment, la moyenne des résultats observés se rapproche de l'espérance théorique. C'est le fondement de l'estimation statistique (une moyenne sur un grand échantillon approche la « vraie » valeur) et la justification rigoureuse de l'intuition « la fréquence se rapproche de la probabilité » (cas particulier où XiX_iXi​ est une Bernoulli).
Ce que la loi des grands nombres ne dit PAS : elle ne garantit pas que MnM_nMn​ atteigne μ\muμ, ni que l'écart décroisse à chaque étape (MnM_nMn​ peut s'écarter ponctuellement). Elle affirme seulement que la probabilité d'un écart notable devient négligeable pour nnn grand. Ce n'est pas non plus une « loi de compensation » : les tirages passés n'influencent pas les futurs.
Estimation par simulation en Python : on ne calcule pas toujours P(∣Mn−μ∣≥ε)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)P(∣Mn​−μ∣≥ε) exactement ; on l'ESTIME en simulant un grand nombre NNN d'échantillons, en calculant la moyenne empirique de chacun, et en comptant la proportion de ceux qui s'écartent de μ\muμ d'au moins ε\varepsilonε. Cette fréquence observée approche la probabilité cherchée (c'est encore la loi des grands nombres appliquée à l'événement). On utilise le module `random` (ou `numpy.random`) : `random.random()`, `random.randint`, `random.gauss`, etc.
Le cas de Bernoulli est celui qui donne son sens à toute la théorie des probabilités enseignée depuis la seconde. Prenez pour XiX_iXi​ l'indicatrice d'un événement AAA — elle vaut 111 si AAA se réalise lors de la iii-ème répétition, 000 sinon. Son espérance est alors μ=P(A)\mu = P(A)μ=P(A), et la moyenne empirique MnM_nMn​ n'est rien d'autre que la FRÉQUENCE observée de AAA sur nnn répétitions. La loi des grands nombres affirme donc que cette fréquence se concentre autour de P(A)P(A)P(A) : la phrase « la fréquence se rapproche de la probabilité », utilisée depuis le collège comme une évidence, est exactement ce théorème. Sa démonstration tient d'ailleurs en une ligne à partir de l'inégalité de concentration : 0⩽P(∣Mn−μ∣⩾ε)⩽σ2/(nε2)0 \leqslant P(|M_n - \mu| \geqslant \varepsilon) \leqslant \sigma^2/(n\varepsilon^2)0⩽P(∣Mn​−μ∣⩾ε)⩽σ2/(nε2), et l'encadrement conclut puisque le majorant tend vers 000.
Le programme propose de CONFRONTER la borne théorique à la réalité, et l'exercice est instructif. Soit SnS_nSn​ suivant B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p) ; on estime par simulation la probabilité P(∣Sn−np∣>n )P(|S_n - np| > \sqrt{n}\,)P(∣Sn​−np∣>n​), puis on la compare à ce que donne Bienaymé-Tchebychev. Le calcul de la borne est court : V(Sn)=np(1−p)V(S_n) = np(1-p)V(Sn​)=np(1−p) et l'écart vaut n\sqrt{n}n​, donc la majoration s'écrit np(1−p)/(n)2=p(1−p)np(1-p)/(\sqrt{n})^2 = p(1-p)np(1−p)/(n​)2=p(1−p), quantité qui ne dépend pas de nnn et ne dépasse jamais 0,250{,}250,25. La fréquence obtenue par simulation, elle, se révèle nettement plus petite. Deux enseignements : la borne est correcte mais grossière, et une simulation ne remplace pas une démonstration — elle éclaire un ordre de grandeur, elle ne prouve rien.

Vocabulaire

→ Cartes
  • loi des grands nombresThéorème selon lequel la probabilité que la moyenne empirique s'écarte de l'espérance d'au moins ε tend vers 0 quand n augmente.
  • fréquence observéeProportion de réalisations d'un événement sur n répétitions ; c'est la moyenne empirique des indicatrices.
  • indicatriceVariable de Bernoulli valant 1 si l'événement se réalise, 0 sinon, d'espérance égale à la probabilité de cet événement.
  • estimation par simulationApproche d'une probabilité par la fréquence obtenue sur un grand nombre de simulations ; elle éclaire sans démontrer.

Loi (faible) des grands nombres

∀ε>0,lim⁡n→+∞P(∣Mn−μ∣≥ε)=0\forall \varepsilon>0,\qquad \lim_{n\to+\infty} P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)=0∀ε>0,n→+∞lim​P(∣Mn​−μ∣≥ε)=0

La probabilité que la moyenne empirique s'écarte de l'espérance d'au moins ε\varepsilonε tend vers 000 : MnM_nMn​ se concentre autour de μ\muμ.

Preuve par l'inégalité de concentration (théorème des gendarmes)

0≤P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2→n→+∞00 \le P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big) \le \frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2} \xrightarrow[n\to+\infty]{} 00≤P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0

Coincée entre 000 et une borne qui tend vers 000, la probabilité d'écart tend vers 000 : c'est la démonstration de la loi des grands nombres.

Estimation par simulation (fréquence observée)

p^=#{ eˊchantillons tels que ∣Mn−μ∣≥ε }N≈P(∣Mn−μ∣≥ε)\widehat{p} = \frac{\#\{\,\text{échantillons tels que } |M_n-\mu|\ge\varepsilon\,\}}{N} \approx P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)p​=N#{eˊchantillons tels que ∣Mn​−μ∣≥ε}​≈P(∣Mn​−μ∣≥ε)

En simulant NNN échantillons, la fréquence des écarts ≥ε\ge\varepsilon≥ε estime la probabilité cherchée — d'autant mieux que NNN est grand.

Une trajectoire simulée : moyenne empirique du lancer d'un dé (μ=3,5)

Fig. 9Moyenne cumulée des résultats d'un dé équilibré simulé en Python. Très instable au début, elle se stabilise autour de l'espérance μ=3,5 quand n grandit — illustration directe de la loi des grands nombres.
La lecture charge du contenu depuis YouTube (Google).Ouvrir sur YouTube ↗
Exemple corrigé

Loi des grands nombres : borne théorique et estimation Python

Un dé équilibré donne un résultat XXX d'espérance μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 et de variance σ2=3512≈2,917\sigma^2=\dfrac{35}{12}\approx2{,}917σ2=1235​≈2,917. On lance le dé n=100n=100n=100 fois (échantillon i.i.d.) et on note MnM_nMn​ la moyenne des résultats. a) Justifier que MnM_nMn​ se concentre autour de 3,53{,}53,5 quand nnn grandit. b) Majorer P(∣M100−3,5∣≥0,5)P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)P(∣M100​−3,5∣≥0,5). c) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité par simulation de N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons.

  1. 01a) Concentration (loi des grands nombres)

    Les lancers sont indépendants et de même loi : X1,…,XnX_1,\dots,X_nX1​,…,Xn​ forment un échantillon i.i.d. Par l'inégalité de concentration, pour tout ε>0\varepsilon>0ε>0, P(∣Mn−3,5∣≥ε)≤σ2nε2→0P(|M_n-3{,}5|\ge\varepsilon)\le\dfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\to0P(∣Mn​−3,5∣≥ε)≤nε2σ2​→0. La moyenne empirique converge donc (en probabilité) vers μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 : c'est la loi des grands nombres.

    P(∣Mn−3,5∣≥ε)≤σ2nε2→n→+∞0P(|M_n-3{,}5|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\xrightarrow[n\to+\infty]{}0P(∣Mn​−3,5∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0
  2. 02b) Borne pour n = 100, ε = 0,5

    On applique l'inégalité de concentration avec σ2=35/12\sigma^2=35/12σ2=35/12, n=100n=100n=100, ε=0,5\varepsilon=0{,}5ε=0,5.

    P(∣M100−3,5∣≥0,5)≤35/12100×0,25=35/1225=35300≈0,117P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)\le\frac{35/12}{100\times0{,}25}=\frac{35/12}{25}=\frac{35}{300}\approx0{,}117P(∣M100​−3,5∣≥0,5)≤100×0,2535/12​=2535/12​=30035​≈0,117
  3. 03c) Estimation par simulation Python

    On simule N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons de n=100n=100n=100 lancers, on calcule chaque moyenne, et on compte la proportion d'écarts ≥0,5\ge0{,}5≥0,5. La fréquence obtenue (de l'ordre de 0,0030{,}0030,003 à 0,0040{,}0040,004) est BIEN inférieure à la borne 0,1170{,}1170,117 — confirmant que Bienaymé-Tchebychev majore largement la vraie probabilité. import random N = 10000 n = 100 mu = 3.5 eps = 0.5 compteur = 0 for _ in range(N): somme = 0 for _ in range(n): somme = somme + random.randint(1, 6) moyenne = somme / n if abs(moyenne - mu) >= eps: compteur = compteur + 1 print(compteur / N)

Résultat : a) MnM_nMn​ converge vers 3,53{,}53,5 (loi des grands nombres) ; b) P(∣M100−3,5∣≥0,5)≤0,117P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)\le0{,}117P(∣M100​−3,5∣≥0,5)≤0,117 ; c) l'algorithme renvoie une fréquence observée de l'ordre de 0,0030{,}0030,003 à 0,0040{,}0040,004, bien en dessous de la borne — la majoration de Bienaymé-Tchebychev est correcte mais grossière.

Explication pas à pas6 étapes
  1. 1

    But : démontrer la loi des grands nombres, c'est-à-dire que la moyenne empirique MnM_nMn​ d'un échantillon i.i.d. se concentre autour de l'espérance μ\muμ, puis l'illustrer par simulation.

  2. 2

    Étape 1 — la moyenne empirique. Pour un échantillon i.i.d. d'espérance μ\muμ et de variance σ2\sigma^2σ2, on a établi E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n : la moyenne est centrée sur μ\muμ et sa variance s'effondre quand nnn grandit.

    E(Mn)=μ,V(Mn)=σ2nE(M_n)=\mu,\qquad V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}E(Mn​)=μ,V(Mn​)=nσ2​
  3. 3

    Étape 2 — l'inégalité de concentration. En appliquant Bienaymé-Tchebychev à MnM_nMn​, pour tout écart ε>0\varepsilon>0ε>0, la probabilité d'un écart ≥ε\ge\varepsilon≥ε est majorée par σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2).

    P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​
  4. 4

    Étape 3 — le passage à la limite. La borne σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2) tend vers 000 quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞. Coincée entre 000 et cette borne, la probabilité d'écart tend vers 000 : c'est la loi des grands nombres.

    0≤P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2nε2→n→+∞00\le P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\xrightarrow[n\to+\infty]{}00≤P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0
  5. 5

    Étape 4 — l'illustration. En simulant la moyenne cumulée des lancers d'un dé, on voit la trajectoire se stabiliser autour de μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 : instable au début, elle se resserre à mesure que nnn augmente.

    Moyenne empirique du dé convergeant vers 3,5

  6. 6

    Bilan : la moyenne empirique d'un grand échantillon approche l'espérance — fondement de toute estimation statistique. En Python, on l'estime en comptant, sur NNN simulations, la proportion d'échantillons dont la moyenne s'écarte trop de μ\muμ.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : énoncer et interpréter la loi des grands nombres (la moyenne empirique se concentre autour de l'espérance), et la démontrer à partir de l'inégalité de concentration via le théorème des gendarmes.
  • Objectif Bac : lire, compléter ou écrire un algorithme Python qui simule NNN échantillons, calcule chaque moyenne empirique et estime, par la fréquence observée, la probabilité P(∣Mn−μ∣≥ε)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)P(∣Mn​−μ∣≥ε) ; comparer cette estimation à la borne de Bienaymé-Tchebychev.
  • Reconnaître le cas de Bernoulli : avec XiX_iXi​ indicatrice d'un événement, MnM_nMn​ est la fréquence observée et μ=P(A)\mu = P(A)μ=P(A) — c'est ce cas qui fonde « fréquence ≈ probabilité ».
  • Comparer une fréquence simulée à la borne de Bienaymé-Tchebychev et commenter l'écart : la borne est universelle, donc pessimiste.

Erreurs fréquentes

  • Interpréter la loi des grands nombres comme une « loi des séries » : penser qu'après une série de faces, pile « doit » rattraper son retard est FAUX. Les tirages sont indépendants ; c'est la MOYENNE (et non la somme des écarts) qui se rapproche de l'espérance.
  • Confondre NNN (nombre de simulations) et nnn (taille de chaque échantillon) dans le code : on simule NNN échantillons de taille nnn chacun. Augmenter nnn concentre MnM_nMn​ autour de μ\muμ ; augmenter NNN améliore la PRÉCISION de l'estimation de la probabilité, pas la concentration elle-même.
  • Présenter une simulation comme une preuve : elle estime, elle n'établit pas, et une conclusion de sujet doit le dire.
  • Oublier que la borne p(1−p)p(1-p)p(1−p) obtenue pour un écart n\sqrt{n}n​ ne dépend pas de nnn : la faire décroître avec nnn est une erreur de calcul, pas une intuition.

§ 05

Révision active

On lance n=50n=50n=50 fois une pièce équilibrée et on note MnM_nMn​ la fréquence de « pile » (moyenne de variables de Bernoulli B(0,5)\mathcal{B}(0{,}5)B(0,5), donc μ=0,5\mu=0{,}5μ=0,5, σ2=0,25\sigma^2=0{,}25σ2=0,25). a) Majorer P(∣Mn−0,5∣≥0,1)P(|M_n-0{,}5|\ge0{,}1)P(∣Mn​−0,5∣≥0,1) par l'inégalité de concentration. b) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité en simulant N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons.

S’entraîner sur des exercices associés50 questions sur ce thème→

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A) (Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel)

Vérifié · 08/2026 · Version complète via le réglage de profondeur — même endroit, mêmes ancres

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance○
    • 02Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes◐
    • 03Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique◐
    • 04Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration●
    • 05Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Sommes de variables aléatoires

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~32
min
4
Compétences
50
questions
S'entraîner
Planifier une révision

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel

  • Programme de l'enseignement de spécialité de mathématiques — classe terminale, voie générale (annexe de l'arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921246A)

Voir aussi

  • Probabilités — schéma de Bernoulli et loi binomialeEspérance et variance de la binomiale se retrouvent en une ligne par les formules de somme.
  • Algorithmique et programmationLa loi des grands nombres se voit sur une simulation, bien mieux que sur un énoncé.
  • Dénombrement et combinatoireLe dénombrement fonde les lois discrètes que l'on somme ici.

Chapitre précédent

Probabilités — schéma de Bernoulli et loi binomiale

Chapitre suivant

Algorithmique et programmation

EuraStudy·Fiches T·13·MMXXVI

Continuez avec le chapitre suivant — le parcours est conservé.